‹ Traité de l'exploitation des mines de houille; ou, Exposition comparative des méthodes employées en Belgique, en France, en Allemagne et en Angleterre, pour l'arrachement et l'extraction des minéraux combustibles;Chapitre 264 sur 324 · ÉVALUATION DES MINES DE HOUILLE. S · texte numérisé non relu

ÉVALUATION DES MINES DE HOUILLE. S

froissants* Mais oes prévisions ne peuvent être mises en ligne de compte que quand leur réalisation a pour objet un avenir très-prochain ; autrement le calcul se ba^ç exclusivement sur Véifki commercial existant au moment de Tévaluation.

Uo exemple spf&ra pour rendre sensible la manière de procéder i Vévaluation des mines de bouille. Soit dqnc une concession de 320 hectares , dans laquelle a été constatée Texistence de 18 couches exploitables sur une profondeur de 400 mètres. Ces stratiflcations , réunies et considérées comme occupant toute la surface, offrent une puissance en houille pur^ de 11.50 mètres. Les excavations existantes équivalent à 1/10 des couches reconnues. Quelle peut être la valeur approximsitive d*une semblable concession, qui, possédant trois sièges d'exploitation et une machine d*exhaure, est actuellement en pleine exploitation?

Après avoir acquis quelque certitude relativement à la vente apnuelle, l'ingénieur déduira de cette connaissance et des circonstances locales le nombre de puits à maintenir en constante activité. Si, par exemple, celte vente s*élève*ft 1,080,000 hectolitres et si le gisement permet d*ien extraire 540,000 par un seul puits, il est évident que deux de ces derniers suffisent à la consommation (1)« Un chanf)p d'exploitation de 2400 mètres , suivant la direction, et 300 sur l'inclinaison, ou une surface de 72 hectares , produira :

730,000 M» X H.80 mètres = 8,980,000 M'.

(1 ) Un troisième puits, loin d*étre inutile , rend de grands services en ce que chacun des sièges peut être mis successivement en préparation par des travaux de fonçagc , pendant que les deux autres produisant rextraeUon demandât sans aucune iqterrnpti^.

400 CIJAIMTHE VII. — VMl*. SECTION.

Mais rexpéricncc de Tcxploitacion antérieure ayant prouvé que 1/5 de ee volume est absorbé par les pertes résultant de Firrégularité des eouches , des intercalations schisteuses , des dérangements, etc., il reste 6,624,000 M^ qui, en comptant le foisonnement comme 10 : 18 , produisent définitivement 9,936,000, ou 99,360,000 hectolitres.

L'extraction annuelle de chaque siège devant être de 840,000 hectolitres, le champ d'exploitation de deux puits pourra fournir des produits pendant une période de 92 ans. Or, la surface totale de la concession est de 320 hectares; une quantité équivalent à 1/10 en a été enlevée; il en reste donc 280 , c'est-à-dire pour quatre périodes de 92 ans , ou pour 368 ans.

Si Tétat des choses est tel que le prix de revient soit de fr. 0.60 et le prix moyen de vente de fr. 0.78, il sera permis de réaliser un bénéfice de fr. 0.18 à rhectolitre; le produit de la concession en une année sera de fr. 162,000 et la recherche de In valeur de la mine revient a la question suivante :

Quel est le capital qui serait remboursé en 368 ans par le palment d'une somme annuelle de 160,000 fr. ?

Ici se rencontre la difficulté de déterminer le taux de l'intérêt auquel doit être placé le capital. Ce ne sera certes pas 8 pour cent, carq lel capitaliste voudrait exposer son argent dans une opération régie par de semblables conditions financières? Ne sait-il pas à combien de chances sont soumises les propriétés de cette nature ?NVtMl pas à craindre la rencontre de terrains stériles, quoique les recherches aient fait espérer l'existence de la houille sur le prolongement des parties de couches exploitées; les interruptions de travail et les dépenses d'un coup de feu, dune inondation, etc. ; les prévisions trompées relativement aux dépenses des travaux préparatoires; enfin, la multitude

ÉVALUAtlON DËà m^té DÉ HOUiLtË. 401

de» chances auxquelles sont exposées les mines de houille. ÉTidemment , il voudra recevoir non-seulement rintérët de la somme exposée, mais il exigera l'amortissement de celle-ci dans un temps peu éloigne , et , en outre , un tantième pour cent qui lui donne la garantie de couvrir les déflcits résultant des accidents, des crises commerciales, etc., en sorte que l'intérêt ne pourra être moindre de 7 è 10 pour cent, suivant les chances plus ou moins avantageuses de Texploi* tation future.

Si, dans l'exemple actuel, le taux choisi est de 10, la formule d'amortissement (1) indiquera pour capital fr. 1,599,999.99, etc., soit 1,600,000, à moins de 1/10 de centime près, c'est-è-dire le capital simple de l'annuité 160,000 fr. à 10 pour cent; car^ pour un espace de temps qui dépasse trois siècles et demi , la fraction constitutive de l'amortissement est si petite qu'elle peut être considérée comme nulle.

Ce résultat suggère deux observations remarquables. Dans l'évaluation d'une concession , les stratifications inférieures non reconnues peuvent être négligées sans inconvénient, pourvu que les couches accessibles de dessus puissent fournir à l'extraction pendant un certain laps de temps (IKOà 200 ans); car la somme calculée sur de semblable»

(t) Cette formate est la saivante, dans laquelle ont ëté employée» les mêmes désignations que ci-dessus :

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