Exercices de piano, page
3. Il est certain, en théorie, que la première note de chaque mesure doit être forte. Mais il est étonnant combien, dans la pratique, cette règle peut être rarement observée. On rencontre fréquemment des pages entières dans lesquelles la première note de chaque mesure est faible étant finale d'incise ou de rhythme. (Voyez G. Tell, de Thalberg, pages 4, 6 et 1 2.) Même dans la musique de danse, la première note de la mesure ou du temps fort est faible si elle est finale d'incise. C'est précisément la disparition fréquente de l'accent métrique au commencement de la mesure qui donne à quelques valses modernes un cachet si éminem-
Ces deux accents doivent, à leur tour, céder la place à l'accent pathétique, qui prime et domine les deux autres.
Les altérations du mouvement, les accélérations résultant soit de l'animation de l'artiste, des efforts qu'il fait pour rendre une suite de sons pathétiques successifs, soit de l'entraînement d'une contexture uniforme, descendante; les ralentissements résultant de la fatigue, de l'épuisement des forces "dépensées dans un passage passionné ou de la présence d'un obstacle subit, imprévu, d'une contexture pathétique compliquée, constituent le mouvement passionnel.
Les oppositions de force, les contrastes résultant de la succession des phrases forte et des phrases piano, de leur crescendo et de leur decrescendo, constituent les nuances.
Nous allons consacrer à chacun de ces phénomènes une étude spéciale; puis nous examinerons le milieu dans lequel ils se produisent.
En effet, c'est du mouvement général adopté pour l'exécution d'un morceau que dépendent non-seulement la force des accents métriques, rhythmiques, pathétiques, mais encore le style, l'exéculion tout entière. C'est lui qui est l'âme de toute bonne exécution. Nous lui attribuerions volontiers l'importance qu'Archimède attachait au point d'appui: «Qu'on nous donne, dirons-nous, le mouvement exact d'un morceau, et infailliblement nos règles en indiqueront l'accentuation, les mouvements passionnels et les nuances.»
ment vaporeux. Voyez par exemple: la valse de Faust, parGounod ; le Juif errant, parBurgmùller; la valse des Roses, par Métra, etc. Les musiciens trouvent ces valses délirantes, les personnes qui possèdent à peine l'instinct de la mesure, les trouvent détestables. Cela s'explique: l'entraînement résultant de la force et de la régularité de l'accent métrique disparaît. Par ce fait ces compositions sortent du domaine de l'instinct et rentrent dans celui de l'intelligence. 11 y a dilatation, agrandissement de la pensée.
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