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2. Kern melodischer Wissensehaft, par Mattheson ; Hambourg, chez Ch Ilerold , 1737.

« (colon) marquées par un point et virgule (;) et en quarts de phrase indiqués par les trois « virgules (,) (semi-colon). L'astérisque (*) à la première et à la cinquième mesure indique « la triple emphase (accent pathétique). Le rapport géométrique (les rhythmes) est indiqué « par les quatre croix (t) et les pieds forts et faibles par — et u. Les mesures 5 et 6 ont « le même nombre de pieds que la première et la deuxième. Les valeurs des neuvième et «dixième mesures sont reproduites aux onzième et douzième; d'où naît l'uniformité arith- « métique. »

Nous n'ajouterons rien à cette analyse si bizarre et si remarquable, surtout pour l'époque où elle a été faite; nous ferons seulement remarquer que Mattheson déjà donnait le nom A'emphase (accent pathétique), c'est-à-dire son fort en dehors de la mesure et du rhythme, à la syncope fa ff de la lre mesure, à la voisine aiguë fa jf sol % fa ff et à l'intervalle de 7e diminuée sol (aigu) — la $ de la 6e mesure. (Voyez Accent pathétique.)

§ 5. Des Hémistiches et des Incises1

Nous venons de voir que la longueur des rhythmes correspond à la longueur des vers, qu'il y a des rhythmes masculins et des rhythmes féminins, comme il y a des vers masculins et des vers féminins; que les différentes cadences ou points de repos correspondent exactement aux différents signes de la ponctuation grammaticale. L'analogie entre un vers et un rhythme ne s'arrête pas là; car de même qu'un vers se fractionne en hémistiches et incises par la césure, de même un rhythme peut être partagé en plusieurs fragments dont chacun offre un repos plus ou moins complet. Si, par exemple, nous examinons de près le rhythme du n° 9, page 40, nous verrons qu'il offre un repos, une césure, après la 4e syllabe et qu'il pourrait être écrit comme suit:

■fr-t-

rz

otr

Charmant mis -seau, le ga - zon do

L'exemple suivant offre une césure après la 6e syllabe :

y i+ii « ^ p n s *,

l" Il II -•

* tr~" o e *

fm ' a J

J il ^ J J y

b . • liJ m * n

Lors-que dans ton re-gard je ne sau-rai plus li-re, Quandl'heure où je te vois len-temont passe-ra.

K. Hémistiche (du grec hemi, demi, et slikhos, vers), moitié d'un vers héroïque ou alexandrin.

Césure (du latin cœsus, coupé), section du vers, repos suspensif qui se place ordinairement dans les vers alexandrins après la sixième syllabe, c'est-à-dire entre les deux hémistiches; dans les vers de dix et de huit syllabes, après la quatrième syllabe.

Incise (du latin incisus, coupé), un mot ou ensemble de mots formant un sens détaché, quand il a peu d'étendue. Exemple :

Que toujours dana vos vers le sens, coupant les mots, Suspende l'hémistiche, en marque le repos.

Dans ces deux vers il y a incises après toujours et sens et deux hémistiches après vers et l'hémistiche-

Donc chacun de ces trois rhythmes' est partagé en deux demi-rhythmes ou hémistiches. De même que les rhythmes se coupent en hémistiches, ceux-ci se scindent en incises. Exemple :

fe=Ê

U - ne fie - vre bru - lan

te un jour me ter -ras - sait.

Dans cet exemple le premier rhylhme offre une incise après «.une» et après « fièvre», le second après t jour t. Le dernier rhythme du n° 8 renferme 7 incises:

ffil

TO

Je sens mon cœur qui bat, qui bat, je ne sais pas pour-quoi.

Ces exemples nous montrent que les hémistiches et incises peuvent, aussi bien que les rhythmes, commencer et terminer sur chaque temps et chaque partie du temps; et ces éléments sont aussi qualifiés forts ou faibles, masculins ou féminins.

Dans la musique vocale, les rhythmes, les hémistiches et les incises coïncidant avec les pareils éléments du vers, l'observation en est facile. Quant aux rhythmes, hémistiches et incises qu'on rencontre dans la musique instrumentale, nous allons les aborder et y appliquer tous nos soins, car de leur observation rigoureuse dépend en grande partie la clarté et l'intelligence de l'exécution.

§ 6. Des Rhythmes dans la musique instrumentale.

Jusqu'ici, les vers nous ont aidé à trouver les rhythmes; malheureusement ce guide infaillible manque dans la musique instrumentale. Souvent les rhythmes n'y sont pas indiqués et plus souvent encore ils sont indiqués à contre-sens. Il est à peine croyable combien on rencontre, à cet égard, d'énormités, même dans les pages des plus grands maîtres. Avant de donner quelques spécimens de ces incorrections , nous allons indiquer les moyens les plus efficaces pour reconnaître les rhythmes dans un morceau de musique instrumentale:

1° Il faut examiner si les notes présentent, de 2 en 2, de 3 en 3, de 4 en 4 mesures, des groupes ayant des dessins similaires, symétriques. Chaque groupe, dont on distingue la différence ou la ressemblance avec celui qui précède ou celui qui suit, forme évidemment une unité, un rhythme, une incise, selon son étendue plus ou moins grande.

2° Il faut examiner si, de 2 en 2, de 3 en 3 ou de 4 en 4 mesures, les mêmes notes ou les mêmes valeurs se présentent, et si elles ne sont pas terminées, soit par une grande valeur, soit par un silence.

3° Enfin, et c'est là l'indice capital, il faut écouter la tendance au repos que la dernière note de chaque groupe fait sentir à l'oreille, si elle lui annonce seulement un repos incomplet qui laisse désirer une suite ou si elle marque un repos définitif.

Supposons que nous ayons à rhythmer les phrases suivantes: Mozart.

St

tf

Nous dirions: la première et la deuxième mesure présentent identiquement le même dessin, donc chacune forme une unité, un groupe. La quatrième diffère un peu de la troisième. Par leur contexture ascendante, puis descendante, à degré conjoint, ces deux mesures forment un ensemble qu'on pourrait appeler un cercle ouvert. La cinquième mesure est identiquement la même que la première; la sixième la même que la deuxième; la septième et la huitième conservent les notes des troisième et quatrième mesures, mais avec un léger changement: les notes montent de la tonique à la sous-dominanle par degré conjoint, puis descendent à la tonique et forment ainsi un véritable cercle fermé. Nous pouvons donc rhythmer sans hésitation de la manière suivante:

Mozart.

Mozart.

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