‹ Traité de l'expression musicaleChapitre 36 sur 63 · MÉHUL · texte numérisé non relu

MÉHUL

pour

rHHj-rr-r+F^^a^^^lr^^^^

Syncope.

§ 2. Exceptions rhythmiques.

Nous comprenons dans ce paragraphe toute note, tout groupe de notes qui par sa valeur exceptionnelle, par sa direction ascendante ou descendante, par sa marche par degré conjoint ou disjoint, etc., détruit la symétrie du dessin rhythmique auquel il appartient et fait ainsi contraste avec les notes qui le précèdent ou le suivent.

S'il se présente exceptionnellement une grande valeur, après des petites, elle prend une énergie très-grande ; on l'enfle :

Mozart.

^g^pgjp

accet. . . . accel.

Beethoven. L'Absence.

pe

Quand ton des - tin au mien al - lait s'u - nir ! Auge a - do - ré , prèa de toi c'est la vi - e.

Mozart. Fantaisie en ré mineur.

ÉpiPS

te

pm

Bien entendu, si la grande valeur est la dernière d'un rhylhme féminin, elle ne prend pas d'accent particulier.

Si une seule note ayant exceptionnellement une grande valeur prend de la force et modifie le mouvement, à plus forte raison doit-on énergiquemenl accentuer une note qui, exceptionnellement, est répétée plusieurs fois de suite. Évidemment ces notes représentent une recrudescence et une énergie intentionnelle très-grandes, surtout quand elles s'offrent en syncope. Le dernier exemple se présente d'abord avec 4 ré #, do \; aussi exigent-ils autant de force que l'instrument peut en donner. (Voyez dans la Lucia: 0 bel ange; dans la Favorite : Pour tant d'amour, et l'exemple de Bellini, page précédente.)

BBJ^-^

Rossini. Guillaume Tell,

Si, à la place d'une grande valeur ou d'une seule note, le pendant d'un rhythme présente de petites valeurs, on accentue celles-ci:

Donizetti. La Fille du régiment.

|H3ga^=EESsi^;

Ê^fe

Verdi. Le Trouvère.

Éïiêi^ï

ft=h=

*=£feÊ=É

Paër.

fesq J-J-3 j I f-fcmi r~r»

O salu - ta

ris , O sa - lu - ta - pis hos

3SË

Lorsque, dans une phrase composée de blanches, de noires, de croches, de doubles croches, etc., il se présente exceptionnellement une mesure à contexture ascendante, avec une se?<Ze note par temps, autant de notes que de temps, celles-ci sont accentuées.

Meyerbeer.

ffe^pBj^

HËfcË

Abt. /{osée atnère.

sfc

fiil^t^sî^fer^^E^ES^ig^ë^Ësgg^gi

Quand la mesure est à contexture descendante, les notes, dans le même cas, exigent une grande élasticité.

Donizetti.

ëS

Ai

i ffi

Ut

Adam. iVot/.

Verdi. Traviata.

in-

^p^^^m^h^ipim^^^m

Ces notes exceptionnelles prennent surtout de l'accent si elles marchent par degré disjoint, quand les notes qui précèdent et suivent se succèdent par degré conjoint.

ROSSINI. Guillaume Tell, Sombre forêt. BEETHOVEN. Septuor.

M1' il li Ç r 1 J h IgB

HEE^B^S^g

Ap-pren-dra mes se - crets.

On donne de l'accent aux notes qui forment triolets exceptionnels, surtout à la fin d'une phrase. (Voyez l'exemple de Meyerbeer, page 81.)

Norma.

Mercadante. Crucifixus.

sr 1~«3 k v v v

5fEË£

A la fin d'un rhythme, si ces triolets ou petites valeurs forment un dessin uniforme descendant, une espèce de cascade, on ne les accentue pas.

Bellini. Norma. — .

pp

-as

Rossini. Sombre forêt.

Bellini. Norma.

giapigi^^^p^^^^

mÈÊ^ês^^r^

PP

ttj:

On n'accentue pas non plus les notes de broderie qui remplacent la pénultième à grande valeur. (Voyez Accent rhythmique, pages 45 et 88.)

Notes de broderie.

On donne de l'accent aux notes du 2e rhythme qui exceptionnellement sont plus hautes, ou qui procèdent par plus grand intervalle que celles qui leur îontpendant dans le premier rhythme.

:fc=fc

I | 3 — »-i ^ jp 3 •-j-—é.j 7^ •=*'r=i^ f—* — *-* * 2

if. Quel est l'artiste qui ne serait pas surpris par le 1er si de la 3e mesure? Son premier mouvement est de le regarder comme une faute. Puis, répétant la phrase, tout en ralentis- '

sant un peu, il voit que c'est avec intention que l'auteur l'a employé. Aussi lui prête-t-il toute son attention et découvre une beauté réelle là où il croyait voir une erreur. Il en est de même de l'exemple suivant :

BE

zk±z

Quel est l'artiste qui n'est pas surpris par le mi V de la 6e mesure? Cette note trompe son attente et confond sa logique. Aussi manifeste-t-il son étonnement par une accentuation beaucoup plus forte.

Bellini. Sonnambula.

pÈim^ïàmmt^y^mmÊmmËm

Mendelssohn. Op. 44.

lÊg

^SeéeS

Bellini. Norma.

ffi^fc^N^^^S

^•îT

rail. .

gg

Au lieu de

=P^ (EZiZ

On accentue énergiquement les notes d'élan (voyez page 50) qui, à la reprise, commencent le 1er rhythme sur le temps faible: 1° si la première fois il a commencé sur le temps fort; 2° si ces notes sont plus nombreuses; 3° si elles changent de direction (voyez l'exemple de Leybach, cité page 84):

Field. 5e Nocturne.

gg

'=Hrf

allegretto.

aTOPgBBg

SI

On accentue fortement la note /icrate qui vient par grand saut ascendant, surtout si elle est précédée de notes se succédant par degré conjoint ou de notes d'élan.

Page 1