EMPLOI DE PRESSIONS PLUS ÉLEVÉES
La tendance actuelle est vers l’emploi de pressions plus élevées que celles usitées jusqu’à présent (page 371). Les Anglais adoptent souvent 25 et même 30 livres par pouce carré (1*,66 et 2" par centimètre carré), et nous commençons à admettre une atmosphère et demie effective, c’està-dire 1“, 500 par centimètre carré. M. Penn exécute un appareil sans condensateur de 4 atmosphères effectives, dont les chaudières auront toutes leurs parties cylindriques. Sous le rapport mécanique c'est un progrès, mais il présente des dangers et surtout des chances de mécomptes. Les pressions élevées sont beaucoup plus dangereuses à bord des navires que sur terre , une déchirure de chaudière remplit instantanément tout la
cale d’une vapeur brillante , nu milieu de laquelle il est impossible de pénétrer pour porter secours. Plus la pression est forte , plus la température de l’eau est élevée et ce surcroît de chaleur est une force acquise à l’eau qui, si une issue se présente, la dépense à produire de la vapeur jusqu’à ce qu’elle tombe à 100*. L’écoulement est en outre d’autant plus rapide que la tension est plug grande. On en a déjà eu plusieurs exemples, notamment celui arrivé à bord du Comte d'Eu, où 4000 mètres cubes de vapeur à 100’ se formèrent ainsi spontanément et firent périr quatorze hommes (voy. Catéchisme du mécanicien, pages 416 et 417). L’énergie donnée au moteur exige donc dans toutes les parties de la chaudière et du tuyautage un grand surcroît de solidité et d'épaisseur. Car la rouille ronge si rapidement les tôles, qu'au bout de trois ou quatre ans le meilleur appareil ne présente plus la sécurité convenable, et que pour éviter des dangers il faut diminuer la pression, c’est-à-dire renoncer aux avantages qu’on avait recherchés à tant de frais et se résigner à une marche médiocre, suite naturelle d’un affaiblissement delà force motrice.
LES CHAl'DIÈRES PLIS ÉPAISSES, ÉTABLIES SI R BU FER.
11 conviendrait d’augmenter beaucoup l'épaisseur des feuilles de tôle, dans toutes les parties que l’expérience a reconnues présenter une durée moindre. Les grosses tôles sont réunies par des rivets moins nombreux, mais plug forts et qui résistent aussi plus longtemps à l’oxydation. Les fonds de chaudière et les devantures de foyers, sont ainsi que quelques parties de la chambre à vapeur plutôt percés de trous de rouille que le reste de l’appareil ; on les a déjà fortifiés eu leur donnant 12 millimètres; mais ce n’est pas suffisant et il en faudrait, je crois, 0°,0I5, dans les fonds, et au moins 0",012, dans toutes les parties, qu’on ne peut réparer sans déplacer les chaudières, démonter le tuyautage et une partie du fauxpont. Les foyers conserveraient la même épaisseur tant pour favoriser le passage de la chaleur, que parce que ce sont les parties les plus faciles à réparer, par les moyens du bord, eh démontant une partie des tubes. Il conviendrait cependant de donner 0", 011, ou 0”,012, aux cendriers auxquels on ne peut travailler.
Pour éviter l’activité de l’oxydation des fonds on couvre quelquefois les carlingues en bois, avec des feuilles de plomb ou de zinc, ou bien on établit une plate-forme et un mastic continu. Ce dernier est peu utile en ce qu’il conserve l’humidité et empêche l'accès aux parties avariées.
Il vaudrait mieux établir les chaudières sur les carlingues en fer ou en fonte, et même faire ces dernières en parties unies par des boulons, afin de les démonter pour atteindre partout. Comme de la sorte tout le fond delà chaudière serait découvert, on s'opposerait à ce qu’il perde de la chaleur par rayonnement, en plaçant au-dessous et sans le toucher des panneaux volants en bois, appuyés sur les rebords des carlingues.