ÉPREUVES DES CHAUDIÈRES
La marine n’éprouve scs chaudières lors des recettes, qu’à deux fois la pression effective, et ensuite elle ne leur fait plus subir d’épreuves : s’il ne lui arrive pas d'accidents c'est parce qu’elle se résigne à des marches médiocres et à changer souvent ses chaudières. Elle est exempte de toute surveillance en vertu de l’article 60 de l’ordonnance du 17 janvier 1846, relative aux bâtiments à vapeur qui naviguent sur mer. Le commerce éprouve ses chaudières, à trois fois la pression effective et de plus il est tenu de répéter les épreuves à chaque réparation et toutes les fois que les commissions de surveillance l’exigent. On allègue contre l’épreuve à trois fois la pression, la fatigue éprouvée par les chaudières, quand on les force trop. Mais aussi on est bien sur que les fabricants ne donnent à leurs chaudières que juste la force nécessaire pour ces épreuves, au moment où elles sont neuves. De sorte que la moindre détérioration les rend impropres à la pression de régime et il faut baisser cette dernière, ou changer la chaudière au bout de trois ou quatre ans, comme on ne l'a vu que trop souvent. En éprouvant à trois fois, on augmenterait beaucoup la durée des appareils évaporatoires et si ce n'est pas comme moyen de sécurité pour les hommes, cette pression devrait être exigée comme garantie de durée. Le changement d'une chaudière est une opération très-longue et très-dispendieuse à bord d’un vaisseau; elle entraîne la démolition d’une partie des ponts, un désarmement presque complet et le long chômage d’une artillerie puissante et d'un appareil dont le prix élevé dénote assez l’importance. Nos chaudières de vaisseaux ayant été construites comme celles des anciens navires à roues, il faut s’attendre a ies voir durer beaucoup moins à cause de nos pressions et à voir des navires importants quitter leur poste , pour venir se réparer dans les arsenaux. Il vaudrait donc mieux payer les chaudières plus cher et déterminer leur poids, en excluant tous les objets de fonte, ou même les solder tout à fait au poids. On a maintenant des moyens assez exacts de peser de telles masses.