MACHINES ARTICULÉES DIRECTEMENT A L'HÉLICE
Machines dc simooh. — Ces appareils, construits par MM. James Watt et Cie (anciennement Boulton Watt et Cie), pour le vapeur de S. M. B. le
Simoon, sont représentés sur la planche générale des machines directes, et consistent en quatre cylindres oscillants placés à plat, et dont les tiges de piston sont directement articulées aux manivelles de l'arbre de l’hélice. Deux tiges opposées sont unies à la même manivelle, et les deux autres à la seconde : le vilebrequin de l’arbre intermédiaire fait mouvoir les pistons deB pompes à air, qui sont placées dans des positions inclinées l’une par rapport à l'autre, comme on le voit sgr le plan : elles ont été omises sur l’élévation, afin d'éviter la confusion. Les tiroirs sont mus par l’arc fendu des locomotives , et sur le plan on voit le double excentrique nécessaire à ce genre de mouvement. Les soupapes de détente sont levées au moyen de cames elliptiques placées sur l'arbre, contre lesquelles les extrémités des tiges Bont maintenues par des ressorts en spirale contenus dans des tubes. Les tiroirs sont comme ceux employés dans les autres machines oscillantes, et la poussée de l’arbre est reçue à un point inter-
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médiaire entre l'appareil moteur et le contre-étambot, de manière que la machine elle-même n’éprouve aucun effort.
Machines du Niger. — Les machines pour le navire de S. M. B. le Niger, par MM. Maudslay (ils et Field , ont aussi quatre cylindres placés
horizontalement; mais ils sont Gxes , et le mouvement est donné aux manivelles d'une manière semblable à celle de la Biche et de la Sentinelle déjà décrite. Deux tiges de piston sortent horizontalement de chaque cylindre à des hauteurs différentes, de sorte que l’une est au-dessus et l’autre au-dessous du niveau de l’arbre. Celles de chaque paire de cylindre sont unies à une traverse qui, naturellement, se meut en avant et en arrière dans l'intervalle entre les couvercles de la même manière que les pistons eux-mêmes : et, de cette traverse, part une grande bielle, qui s'articule à la manivelle et la fait tourner.
Par conséquent, les cylindres de l'un des côtés de l'arbre sont plus près de la ligne de quille que ceux situés à l’opposé, puisqu'il faut laisser d’un côté l’espace nécessaire au mouvement de la bielle, ce qui n’est pas nécessaire de l’autre. Les pompes à air sont horizontales et mises en mouvement par un arrangement semblable à celui au moyen duquel le mouvement des pis ons est communiqué aux manivelles. Cette espèce de machine ressemble sous quelques rapports à celles de la Pomone et de l'Ampliion, que je regarde sous le rapport de sa disposition générale , comme un des meilleurs types d'appareil direct qu’on ait encore produit; mais l'emploi de quatre cylindres et le raccourcissement de la course qui distinguent la machine du Niger ne sont pas, d’après moi, des perfectionnements. Ce changement occasionne un plus grand rayonnement de chaleur de la surface des cylindres, tandis que je ne découvre aucune compensation à ce défaut. On remarquera, en examinant le plan des machines du Niger, que la poussée est reçue par l’extrémité de l’arbre de l'hélice et qu’elle est, par conséquent, transmise aux manivelles qui, dès lors, doivent être forgées de la même pièce que l’arbre. Les tiroirs sont mus par l'arc fendu des locomotives, qui se voit également sur l’élévation et sur le plan : leur grande largeur cache presque entièrement le cylindre : ils sont menés par des tiges communes aux deux tiroirs opposés, qui traversent d’un cylindre à l’autre.
Machines de l’arrogant et de i.’ENCOLster. — Les machines construites par MM. John Penn et 01s , pour les bâtiments de S. M. B. l' Arrogant et l'Encounter, sont le premier exemple d’une nouvelle sorte d’ap- pareil maintenant en usage pour tourner l’hélice. En les considérant sous .
leur aspect général, elles me paraissent les meilleures machines à hélice qu’on ait encore faites. Elles ne doivent pas toutefois cet avantage à leur disposition générale qui, bien que digne d’être adoptée, ne doit cependant pas l’être sans objection. Mais elles le méritent surtout à cause de l'admirable ajustage de leurs détails, qualité pour laquelle les machines de MM. l’enn ont été longtemps sans égales. Ces machines sont formées de deux cylindres placés horizontalement, et traversés par une pièce fondue avec le piston, qui a la forme d’un gros tuyau ou fourreau, an milieu duquel est articulé le pied de la grande bielte. Quand le piston est poussé en avant et en arrière par la vapeur, le bout de la grande bielle suit nécessairement ce mouvement et fait tourner la manivelle; le tuyau a un diamètre suffisant pour permettre à la bielle de prendre les angleB nécessaires, pour suivre les mouvements de la manivelle sans toucher ses bords.
La pompe à air, qui est à double effet et par conséquent à piston plein, se trouve placée horizontalement dans le condenseur. Elle est mise en mouvement de la manière la plus simple, au moyen d’une tige qui passe à travers le couvercle, le piston et le fond du cylindre, à l’opposé du côté où se trouve la pompe. Il y a deux pompes à air, une pour chaque cylindre, et, comme elles sont à double effet, chacune a nécessairement deux clapets d’aspiration ou clapets de pied, et deux de refoulement où clapets de tête. Chacune des soupapes consiste en plusieurs disques en caoutchouc établis sur une plaque de bronze; cette disposition est expliquée plus au long dans le chapitre suivant sur les détails des machines. La pompe alimentaire et celle de la cale sont conduites de la même manière que celle à air, et par conséquent toutes ces pompes ont la même course que le piston à vapeur. Les tiroirs sont conduits par l’arc fendu des locomotives. La vapeur s'échappe du cylindre vers le condenseur par un gros tuyau déduction, qui vient de la partie supérieure de la chemise du tiroir, et s’incline vers le condenseur pour donner un écoulement naturel à l'eau qui, sans cela, s'amasserait par la condensation partielle de la vapeur. Les manivelles sont forgées de la même pièce que les arbres, et sont chacune soutenues des deux côtés de la bielle, condition nécessaire pour donner la solidité indispensable à des machines qui travaillent avec une grande vitesse; et une manivelle qui porte à faux est tellement sujette à tordre les bâtis, qu’à la fin elle les fait jouer, à moins qu'ils ne soient établis très-solidement. Le condenseur, avec les pompes à air dans son intérieur, n'est pas aussi grand que les
cylindre», et par conséquent les tuyaux d'éduction convergent en s'approchant de lui.
Les objections contre les machines à quatre cylindres s'appliquent aussi en grande partie à celle-ci; car les tubes intérieurs ou fourreaux peuvent être regardes comme des cylindres additionnels, en ce qu'ils présentent une surface réfrigérante considérable. Je pense qu'en général cette machine serait perfectionnée, si les fourreaux étaient abandonnés en faveur des doubles tiges de piston de la Pomone et de l'Amphion. Les cylindres pourraient alors être portés plus près deB manivelles, et la longueur de la course serait augmentée, tout en conservant autant de simplicité. Je suis sûr que des machines faites, comme je le dis, seraient plus économiques en combustible que celles avec un fourreau , et c’est une considération tellement importante, que les autres doivent lui être sacrifiées.
Machines du cokfuct. — Ces machines, construites par MM. Seaward pour le bâtiment de S. M. B. le ton flirt, sont en tout semblables à celles du Termagant déjà décrites, à cela près qu’elles n'ont pas d’engrenage. Ce sont quatre cylindres couchés horizontalement, avec des bielles placées entre les cylindres et les manivelles comme sur les locomotives. Les deux pompes à air sont verticales , ont peu de course et sont mues par des manivelles partioulières de l’arbre de l'hélice.
Machines du fulcain , du fohth, du sea uorse et de la eecæra. — Ces appareils construits par MM. llennie ont quatre cylindres horizontaux, et leur aspect général ressemble à celui de Conflicl . mais les pompes à air font un angle l’une par rapport à l'autre et sont mises en mouvement par une seule manivelle à l'extrémité de l'arbre de l'hélice. Les condenseurs sont de grandes chambres plates sur les côtés deB cylindres, et ils encombrent beaucoup. Le plan de cette machine, quoique dénotant beaucoup d’habileté, dans la disposition des détails, n'est pas un de ceux qui seront imités, surtout parce qu'il Berait dispendieux à construire.
Machines a hélice par MM. Blïth. — Ces machines ont 450 chevaux de force : elles étaient destinées à la propulsion d’une frégate de 74 canons, et, dans mon opinion, elles dénotent une très-grande habileté. Les cylindres sont oscillants et ont deux tiges de piston, ce qui vaut mieux qu'une seule, lorsque la vitesse est considérable, et cette modification permet en même temps à la manivelle de passer beaucoup plus près du couvercle, dans lequel il y a même une càvité pour lui permettre d’ap-
procher encore plus. I/arbre de l'hélice situé plus bas que celui de la machine, est tourné au moyen d’un cadre triangulaire, et, par cette combinaison, il n’y a évidemment pas de point mort, puisqu'un piston
est au milieu de sa course quand l'autre est à la fin. Je pense qu’il serait désirable de se dispenser d’avoir des manivelles pour mouvoir les pompes à air et de leur donner le mouvement par celles des cylindres à vapeur avec un bouton de manivelle courbe ou excentrique. Les arbres de la machine seraient faits plus courts; et, aün que la solidité du bâtis ne fut pas diminuée, on lui donnerait une forme en diagonale, d’où il résulterait une augmentation de longueur pour les palliers.
Machines a iiêlice car MM.Stothert et Slacghter. — La principale particularité de cette machine consiste en ce que les pompes à air sont disposées de manière à marcher moins vite que les machines. Ce but est atteint par l'interposition d'un engrenage, qui diminue la vitesse de la pompe, en renversant le rapport des roues admis ordinairement pour faire marcher les hélices. Les deux cylindres sont placés en diagonale dans un plan vertical à angle droit avec la quille. Comme chaque cylindre fait à peu près 45" avec la verticale, et par conséquent 90" avec l’autre, l’effet est le même avec les tiges de piston articulées à une seule manivelle, que lorsqu’elles sont parallèles et que les manivelles sont placées d’équerre : de la sorte, une seule manivelle suffit aux deux machines. Dans cet appareil, c’est un disque de métal, qui est employé au lieu de manivelle, au moyen d’un bouton planté sur sa surface. L'arbre sur lequel ce disque est placé entraîne un pignon engrené dans une plus grande roue, sur le côté de laquelle est un bouton, qui donne le mouvement à des tiges horizontales, articulées avec les mouvements de sonnette, qui conduisent les pompes à air.
Je ne pense pas que l’usage de cette machine se répande. Elle a été disposée pour surmonter une difficulté qui n'existe plus, et toute la disposition de mécanisme de la pompe à air entraine à une complication, supertlue. Avant l'adoption du caoutchouc pour les soupapes de pompe à air, cette idée eût été utile, mais maintenant elle arrive trop tard. Dans les détails de ce plan, je ne puis rien découvrir qui mérite d’être imité; toutefois cette machine est très-compacte et montre beaucoup de capacité.
Machines du fhascfort. — Ces machines, construites par MM. J. et G. Thompson, figurent parmi les meilleurs types des machines à hélices directes que nous possédons. Elles sont simples, compactes, solides, et,
sous tous les rapports, elles méritent d’être choisies pour les navires marchands; mais elles ne conviendraient pas aux navires de guerre, en ce qu'elles s'élèveraient au-dessus de la ligne d’eau. Leur disposition générale ressemble à celle que M. Nasmyth a employée pour son marteaupilon; mais, dans ce dernier, la machine est naturellement à simple effet, et n’a pas de manivelle articulée au bout de sa lige. On voit par la figure qu’il ÿ a deux cylindres et deux pompes à air, avec une bâche placée entre elles. Le condenseur est une grande caisse carrée située entre les cylindres et la bâche : le tuyau d’éduction y entre par le sommet, et un robinet d’injection fournit l’eau par le côté du condenseur opposé à chaque tuyau d’éduction. Les autres détails sont si faciles à comprendre qu’il suffit d’examiner la figure, et qu’il est inutile de s’étendre en longs détails. La machine est manceuvrée de dessus le pont, comme on le voit par la position des poignées des tiges d’enclanche. Ces machines ont 1“,00 de diamètre, O”, 838 de course, et la pression dans les chaudières est de I‘,123 par centimètre carré. Plusieurs machines du même genre ont été faites par MH. Caird et Cie, par MM. Miller et ltavenhill et par d’autres fabricants.
Machines d’on vapeur suédois. — Ces machines, tracées par MM. Carlsund pour un navire à vapeur suédois, sont semblables, sous le rapport de la position des cylindres, à celles de MM. Stothert et Slaughter déjà décrites, mais les pompes à air sont menées par des bras tenus sur les tiges de piston ; de sorte qu’elles ont la même course que le piston à vapeur. Les cylindres sont fixés entre deux cloisons étanches en tôle, s’étendant d’un côté à l’autre du navire, de manière a bien distribuer leur poids et leur effort sur toute la coque. Dans cet arrangement, M. Carlsund avait pour but de permettre de donner à cette partie du navire une section transversale triangulaire, c’est-à-dire des façons fines, et, en même temps, de placer l’arbre de l'hélice aussi bas que possible dans l'eau. La disposition de la machine remplit parfaitement ce but, mais, sous d’autres rapports, elle n’est pas satisfaisante. Les pompes à air sont placées dans les condenseurs situés eux-mêmes sous les cylindres, et les bielles sont à fourche, les tiges de piston se trouvant guidées par leurs extrémités, qui sortent en passant par des trous convenablement disposés. Les pistons, au lieu d’être plats, ont la forme d’une coupe, et les couvercles sont faits de même, de manière à entrer dans les pistons et à laisser assez de place pour les presse-étoupes des liges. Les garnitures sont disposées d’une manière différente de celle usitée
•n Angleterre : chaque piston est d’abord Tait comme un grand bouehon solide, qui entre très-juste dans le cylindre, et ensuite on y tourne deux rainures dans lesquelles on introduit des anneaux d’un plus grand diamètre que le cylindre, mais avec des morceaux enlevés de manière
à leur permettre d’entrer comme les garnitures ordinaires : une fois ces anneaux en place, le piston est introduit de force dans le cylindre. Il n’y a, par conséquent, pas de couronne, et quand les anneaux sont usés par le côté, on en met d'autres. Les clapets de pompe à air sont en bronxe, et cependant faits de manière à produire très-peu de bruit, même lorsque les machines font 120 révolutions par minute. Ce but est atteint en donnant à la partie inférieure du clapet une forme conique, de manière que l'eau, en montant, le rencontre graduellement et l’ouvre par degrés. Quand il s’ouvre, il presse un ressort en boudin placé dans un tube fondu daus son sommet, et ce ressort a 1 effet de fermer le clapet graduellement et saus choc dès que la pression n’existe plus. Je trouve que les soupapes de pompes en formo de cène, nu lieu de celle en disques, sont indiquées dans le Tlientrum Machinamm , de Leupold, publié eu 1727, et ce moyen d’éviter les chocs est probablement très-ancien, mais excepté les machines de ce navire, je ne connais aucun exemple récent de l'application pratique de cette idée. Une roue portée sur l'arbre de l’hélice et le pignon qui l’accompagne, servent uniquement à tourner lentement les machines à force de hras.
Machines du phiscetok. — Ces machines, construites par MM. Merricket Towne d'après les dessins d'F.ricsson pour le vapeur de la marine des États- Unis, Princeton, sont si détaillées et dessinées sur la planche , qu’une courte notice suffit ici. M. Watt eut l'idée de machines de cette sorte, et elles sont décrites dans les spécifications de l'une de ses patentes prise pendant le siècle dernier. Mais celles du Princeton ont été les premières réellement exécutées d'après ce principe et qui se Boient élevées au-dessus du rôle de jouets. Avec autant de nouveauté dans la disposition et de difficulté apparente dans l'exécution, une manière de fonctionner médiocre pouvait très-bien être acceptée comme un succès. Mais le fonctionnement des machines du Princeton supporte une comparaison très-favorable avec les machines ordinaires, et j 'apprends de M. Shock, auquel je dois les détails donnés sur la planche, que la vieille coque du Princeton étant hors d'état, un nouveau navire a été construit pour les machines qui, après avoir fonctionné dix ans, sont encore en très-bon état. Le Princeton est le premier navire dont l'appareil moteur ait été placé en dessous
Di
delà ligne d'eau, et le but d’Ericsson, en Taisant cette aorte de machine, était d’écarter lee craintes de ceui qui redoutaient que l'inertie dee parties mouvantes ne détruisit promptement toute la machine , avec la grande rapidité de mouvement nécessaire à toute machine directement
réunie à l’hélice. On sait maintenant que cette idée est dénuée de tout fondement, quoiqu'elle soit enracinée chez certaines personnes qui affectionnent encore les machines à engrenages.
Il est clair, que dans cette machine le piston se meut comme une porte. sur ses gonds, et l’arbre du piston qui répond aux charnières, étant prolongé au delà de la chambre de vapeur, donne le mouvement à la manivelle de l'hélice au moyen d'un levier court et d'une bielle. I.e piston est rendu étanche sur ses quatre côtés par des garnitures métalliques , car on remarquera que l’arbre n’est pas placé sur l’arête même du piston, mais seulement à côté, et la petite partie Bituée en dehors est rendue étanche dans l’intérieur du tuyau qui couvre l’arbre du piston.
Machines de l'étoile. • — Ces machines sont disposées aussi d’après les dessins d’Éricsson, et de nombreux bateaux de canaux et de rivières ont été construits par lui sur ce plan en Amérique ; la plupart sont à haute pression. Dans cette machine il n'y a qu’un cylindre, et les bielles qui répondent aux bielles pendantes dans ieB machines, qui ont un té Bur leur tige de piston, servent ici de grande bielle et font tourner des manivelles placées dans des directions opposées. La pompe a air est conduite d’une manière exactement semblable par les manivelles placées but les arbres que le cylindre à vapeur fait mouvoir. Cette machine est la plus simple que je connaisse pour donner le mouvement à deux hélices en même temps. Pour les navires à petit tirant d’eau, et probablement pour toute sorte de bâtiments, deux hélices valent mieux qu'une. Si la machine est à haute pression, la pompe à air et tout ce qui la regarde est enlevé, et les autres parties restent ce qu'elles étaient auparavant, •
Machines de la mikx. — Ces machines sont à haute pression ; elles ont été construites par MM. Seaward et Capel pour le navire de 8. M. B. in Minx, et elles ressemblent à celles sur une plus grande échelle et avec quatre cylindres des mêmes fabricants ; mais les cylindres placés l’un devant l’autre n’y sont pas employés. Ces machines sont si simples et leurs dispositions si claires, qu elles ne demandent aucune explica* tion.
Machines a hélice de M. Whitelaw. — Ces appareils Bont, à bien dire, des machines de terre, avec un balancier à bras inégaux, dans le but de concilier ensemble une longue manivelle et une petite course de piston , et d’obvier à trop d’inertie des parties en mouvement; tandis qu’en même temps on arrive ainsi à ne pas produire une trop forte pression sur les articulations et sur l'arbre de l'hélice. On exagère beaucoup les dangers des chocs dus à l'inertie de grandes masses douées d'un mouvement de rotation rapide, et il n’y a aucune difficulté à faire marcher des machines avec les vitesses nécessaires pour les hélices, avec les proportions de longueur de course adoptées. Cependant les mécaniciens timides, dont la foi dans ces doctrines n’est pas forte, désireront avoir une sorte de compromis entre les grandes et les petites vitesses de piston, et ils trouveront ce qu'ils souhaitent dans la disposition de M. VVhitelaw qui est très-répandue à bord des navires marchands.
Machines de la pomosk. — Ces appareils , dessinés par M. Holm et exécutés par M. Mazeline du Havre, sont des machines en clocher mises sur le côté; mais il y a deux tiges de piston au lieu d'une seule, et le bas du châssis triangulaire repose sur une glissière pour soutenir son poids et celui des tiges de piston. La pompe à air de chacune des machines est horizontale, à double effet, et mise en mouvement par un bras ou arc-boutant, qui part de l'une des extrémités du té des deux tiges de piston. La Pomone est le premier navire qui ait été construit avec des pompes à air à double effet placées horizontalement, c’est le second dont les machines aient été mises en dessous de la flottaison, le Princeton ayant été le premier. Ces machines sont, dans mon opinion, un très-bon type d'appareil à hélice direct, et même, à l'époque actuelle, je pense qu'il n’y aurait aucune amélioration à leur apporter. Elles ont une soupape de détente très-ingénieuse, et un anneau flxé de manière à être étanche sur le derrière du tiroir pour frotter sur le dos de la chemise, de manière à ne pas laisser la vapeur presser sur le tiroir lui-même. Les cylindres de cette machine ont l'",152 de diamètre, 1”,t52 de course, et les manivelles font 40 tours à la minute.
Maciiines a disque. — Quoiqu'il y ait plusieurs années que cette machine ait été exécutée, l'usage ne s’en est pas répandu , et il y en a fort peu qui soient réellement en action. La manière dont cet appareil fonctionne n’est pas facile à faire comprendre aux personnes qui s’en occupent pour la première fois; cependant je tenterai d’expliquer en peu de mots son mode d’action.
Un disque plat est placé dans un cylindre horizontal de peu de longueur et avec des extrémités coniques. Les sommets des deux cônes se rencontrent dans une grosse boule au milieu du cylindre, par lequel le disque
est soutenu. Un diaphragme s'élève du côté le plus bas du cylindre jusqu’à la boule, et une fente est coupée de la circonférence au centre du disque, de manière à lui permettre d’entrer dans le cylindre, nonobstant l’existence du diaphragme. La vapeur entre dans le cylindre par un côté du diaphragme et s’échappe par l’autre, et, lorsque le disque porte sur le côté supérieur de l’un des cônes, il appuie sur le côté inférieur de l’autre. Du centre de la boule, un bras s’étend à l’extérieur du cylindre, et communique le mouvement du disque à une manivelle placée pour le recevoir. Maintenant si nous supposons le disque amené contre l'orifice de la vapeur, et que celle-ci soit admise, elle pressera d’un côté sur le diaphragme, et de l’autre elle cherchera à passer le point de contact du disque et du cône; mais, comme elle ne peut le faire, elle le poussera elle-même en avant comme un coin , en changeant constamment le point de contact, le faisant reculer et augmentant l’espace qu’elle occupe. Un mouvement oscillatoire est ainsi imprimé au disque, qui le communique à la manivelle, et l’action continue tant que la vapeur arrive dans la machine. Les premières machines à disque faisaient du bruit et avaient des fuites, mais ces défauts ont été complètement corrigés, et maintenant elles travaillent avec autant d’économie de combustible que les autres appareils à vapeur, et avec une plus grande régularité de mouvement, ce qui est un avantage pour quelques espèces de travaux. Cependant je ne crois pas qu'elles deviennent en usage pour la navigation. Une telle machine, d’une grande puissance et fonctionnant à la vitesse nécessaire à l’hélice, aurait un diamètre gênant, et il faut, dans la construction de ce genre d’appareil, une perfection d’ajustage qu’il serait très-difficile d’obtenir même avec toute la précision du travail des outils modernes.
Machines de l'ampuioh. — Ces machines sont une sorte d’appareil en clocher placé à plat. Deux tiges de piston sortent du cylindre dans des plans verticaux différents, et en même temps dans des plans horizontaux différents aussi ; ces tiges sont unies à une traverse qui se meut dans des guides et qui porte la grande bielle. Une saillie située sur le côté supérieur de cette traverse reçoit une des tiges de piston , et une autre placée en dessous contient l’autre tige. La figure 1 6 est la section verticale de l’un des cylindres et de son tiroir. On remarquera que les deux
tiges sont jointes au piston par des clavettes , et que la garniture f>». i». est métallique : elle con-
siste en un anneau tourné excentriquement, et une cale en forme de V placée à la fente sert à remplir l'espace libre, et par la pression d'un ressort plat A étendre l'anneau. Le tiroir est i trois orifices comme celui des locomotives, mais il est fait en deux parties boulonnées ensemble, afin d’introduire une plaque percée qui sert de soupape de détente, et qui est mise en mouvement par une tige particulière qui perce la chemise du tiroir. Il y a un anneau Stctiun tmiisvemie du c}iw»rc o du üroir d« r.ini/jtwn. appliqué contre le dos
du tiroir, et il frotte contre la chemise sans laisser passer de vapeur : de la sorte il diminue la pression sur toute la surface comprise dans son contour au moyen d'une communication constante établie avec le condenseur par un petit tuyau, comme on le voit sur le coin supérieur i gaucho du tiroir de la figure.
Micaiaas di la wasp. — Ce Bont des appareils oscillants ordinaires employés à donner le mouvement à une hélice, dont l'arbre fait un petit angle avec la ligne de flottaison, de manière à permettre à la machine d'être placée sous l’eau. Pour tourner la machine à bras, on emploie une disposition composée d’une vis sans fin engrenée dans une roue striée placée sur uu petit arbre, et d'un pignon qui tourne une roue dentée fixée sur l’arbre de la machine. La poussée de l’hélice est reçue par de nombreux anneaux placés autour de l’arbre et tournant dans un support disposé pour cela près de l'arrière , et une poignée avec un mécanisme convenable est employée à tirer ce support et l'arbre lui-même vers l’avant, pour le rentrer quand il s’agit de monter l’hélice hors de l’eau.
— l'JI
Près de ce support est un espace libre entre les bouts des deux portions de l'arbre, pour qu'ils ne buttent pas l’un contre l’autre, quand on rentre celui de l’hélice. Un manchon couvre cette partie, et est disposé de manière à Faire tourner l'une des deux portions de l’arbre par l’autre, tout en laissant celle de l’arrière libre de glisser suivant son axe, pour entrer ou sortir de l’arbre spécial de l'hélice, et par conséquent laisser celle-ci folle ou l’entraîner par le mouvement de la machine.
Machines de l'ajax. — Ces machines, sont de la même construction que celles du IViger déjà décrites, et, dans la section verticale, on peut voir à quels points les tiges de piston sortent du cylindre. La poussée de l'hélice est reçue contre un montant en fonte placé dans ce but devant l'extrémité de l’arbre. Dans les commencements, le parquet des chauffeurs de ce navire était excessivement chaud, et il fut trouvé nécessaire d’employer une machine supplémentaire pour mouvoir un ventilateur et répandre de l’air froid dans l'intérieur.
Ce qui précède comprend toutes les remarques que j’ai à faire sur les différentes sortes de machines employées émouvoir l’hélice. En général, j’ai une opinion très-favorable des dispositions dans lesquelles les cylindres sont placés horizontalement et où le mouvement eBt communiqué à la manivelle par une grande bielle , qui part de deux tiges de piston plaoées diagonalement comme dans la machine de la Pomone et de i Ampli ion , et je suis persuadé que les dispositions de cette nature deviendront d’un usage presque général. Sans doute les détails de la machine de la Pomone et de l’Amphion peuvent être modifiés, mais non la disposition générale, qui ne laisse presque rien à désirer.
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