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DÉTAILS DE LA CONSTRUCTION DES MACHINES ET DES NAVIRES A HÉLICE

Afin que les machines directement unies à hélice soient à même de marcher avec la rapidité nécessaire, leurs pompes à air doivent avoir des clapets en caoutchouc. Les suiTaces frottantes ou portages ont environ deux fois la longueur habituelle, et les bâtis, ainsi que toutes les parties fixes des machines, ont une grande solidité. Une course de piston courte produit un grand effort sur le bouton de mauivelle et sur les palliera de l'arbre de l'hélice ; tandis qu'il n'en est pas ainsi avec une longue course : aussi dans les machines qui n’ont pas de balancier, je regarde comme désavantageux de rendre la course du piston très-courte, comme on le fait quelquefois pour diminuer le mouvement du piston. Son inertie n'occasionne pas de chocs, quand les manivelles sont forgées de la mèmè pièce que l'arbre , comme les axes des locomotives , ou avec toute autre sorte de manivelle solide et bien soutenue; mais si l’effort et le choc sont reçus par une manivelle en porte à faux , comme celles dont le bouton n’est lié à rien, il en résulte, si on marche très-vite, une vibration communiquée à tout le bâtis, surtout quand ce dernier n'est pas très-solide et calculé pour résister â la torsion. Pour diminuer l’influence de l’inertie, il faut rendre les pistons aussi légers que possible, et on y arrive en les faisant en bronze, ou en fer forgé. Si les cylindres sont oscillants, il sera utile de mettre des guides à leur tige ou de faire cette dernière très-forte, ou encore d’en avoir deux, comme dans l’arrangement de MM. Blytb ; car quelques cylindres oscillants, marchant à grande vitesse, ont cassé leur tige de, piston au-dessous de la traverse ou té, qui la réunit au bouton de manivelle.

Soupapes de pompe a air. — Le premier perfectionnement des soupapes de pompe à air, pour permettre aux machines de fonctionner plus vite , a été l’adoption des clapets en toile à voile de la même dimension que les anciens en bronze , et à ces dernières soupapes ont bientôt succédé de nombreux petits disques de caoutchouc, qui agissent tellement

bien, qu'ils ne laissent rien à désirer. I.a figure 1 7 représente les soupapes

n* it.

Soupapes de pompe à air de FAmphion.

de la frégate de S. M. B. l'Amphion , le premier des navires construits en Angleterre avec les machines au-dessous de la flottaison, et avec des pistons se mouvant avec beaucoup de rapidité. Les sièges de ces soupapes sont tenus en place au moyen de tiges vissées dans des traverses s’étendant d'un côté à l'autre du condenseur.

La figure 18 est une section, et celle 19 est le plan d'une sorte de rig. i». soupape employée par MM. Penn. La pompe à

air est à double effet, son piston est plein, et pour chaque soupape de tête ou de pied on introduit un plateau percé d'un grand nombre de trous comme une grille, ainsi qu’on le voit, figure 19. Au-dessus de chacun est un disque de caoutchouc disposé r'g- ’»• comme on le voit sur la figure 18. Les flèches

courbées montrent la direction suivie par l'eau; et la surface présentée à l'écoulement par ces nombreux orifices étant très-grande, les disques en caoutchouc ne sont élevés qu’à une petite distance du siège. Le nombre de ces disques substitués aux soupapes varie suivant les dimensions des machines, et dans un appareil de la force de 400 chevaux le nombre en serait de huit ou neuf par soupape : comme dans une telle machine il y a deux soupapes de pied et deux de tête à chaque pompe, et deux pompes à air à chaque machine : le nombre total de disques serait d’environ U4.

Soupape à disque de M. Penn pour la pompe à air.

La ligure 20 représente f espèce de disque employé par MM. Maud- Fi8- “■ slay, et il n’ofTre qu’une petite différence dans

la configuration du buttoir. Celui-ci doit être . x f- r^/' , fait de manière à toucher le métal du grillage \U i”-' {( quand son boulon est vissé et serré, car il ne so»m>c i diuiiedoM. s*ud«ut. faut pas que l’effort de l’écrou porte sur le caoutchouc, sans quoi il serait découpé par cette pression. Les disques eu caoutchouc ont environ O”, 150 de diamètre et 0”, 015 d’épaisseur.

Portages des coussinets he machines a hélice. — Dans les machines directes à hélice de MM. Penn, la longueur du portage des coussinets de l’arbre de la manivelle est habituellement double du diamètre , et tous les autres ont aussi plus de longueur que d’habitude. Les coussinets sont tous garnis avec le métal de Babbit (c’est ce qu’on nomme aussi le métal antifriction), dont l’étain forme la plus grande partie. Chaque coussinet est alaisé de manière à enlever assez de métal pour laisser une partie vide d’environ un quart de pouce (0“,0Ü6) afin de recevoir le métal doux ; mais un rebord est conservé autour du coussinet pour le retenir : alors on fait un mandrin tourné du même diamètre que l’arbre, on le met au milieu des coussinets et on verse le métal entre les deux. Les portages des coussinets de la plupart des mabhines à hélice sont actuellement faits de la sorte, mais dans beaucoup de cas on ne se sert pas de bronze, et le métal employé pour recevoir l’antifriction est de la fonte de fer, qui est alors aussi bonne, mais dont l’épaisseur est naturellement un peu plus forte, parce que sa force est moindre que celle du bronze. Dans les machines de la Wiwp, les coussinets de l'arbre de l’hélice sont en fonte de fer garni de ce métal doux, et toutes les dispositions de cette machine montrent une grande habileté. Lorsque le métal doux est employé, je considère comme une précaution utile délaisser autour une largeur suffisante du métal qui le contient, que ce soit du bronze ou de la fonte de fer, pour permettre à la machine de continuer à fonctionner même quand le métal doux serait fondu; car c’est un accident qui s’est présenté plusieurs fois, tant dans les machines à engrenages, que dans celles unies directement à l’hélice. Il est convenable aussi d’amener un tuyau le long de l'arbre de l'hélice avec un robinet s’ouvrant sur chaque palier, de manière à pouvoir faire tomber un courant d'eau, sur les parties qui paraîtraient avoir une tendance à s’échauffer. De toutes les parties frottantes, la plus difficile & lubrifier, ou à rafraîchir, est le bouton de manivelle, et on a proposé différentes manières de le graisser

d’une façon efficace ; la meilleure de toutes paraît être un petit tuyau tournant comme une manivelle, et au travers duquel passe l’huile nécessaire. Quand il n'est pas possible d’installer ce tuyau , un petit trou est foré dans la manivelle elle-même, dans le sens de sa longueur, pour servir de conduit à l’huile. Mais, il est presque toujours possible de placer un petit tuyau, dont un des bouts tourne dans une douille convenablement disposée dans la direction du centre de l'arbre , tandis que l'autre entre dans un godet placé au sommet de la grande bielle, qui alors n’a ni tube, ni lumière. L'huile est fournie par un petit réservoir placé à une hauteur suffisante pour la faire couler à travers le coussinet par 8a pression hydrostatique, et un robinet sert à régler la quantité. Le même tuyau peut aussi servir à transmettre de l’eau, si c'est nécessaire, et avec une telle disposition il n’y a pas à craindre de voir les coussinets s'échauffer, tant que l’huile ne manque pas. MM. Maudslay, dans quelques-uns de leurs derniers appareils, opèrent la lubrifaction des coussinets de bouton de manivelle, en mettant à l'extrémité de chaque grande bielle une sorte de cheminée ou tuyau avec un plan incliné d’un côté. , Les godets à huile sont pris dans les trous d'une traverse fixée au bâtis de la machine au-dessus des manivelles, et du fond de chaque godet part une mèche qui, par l'attraction capillaire, suce l’huile hors du godet comme à l'ordinaire, et amène une goutte au bout de ce fil pendant. Le tuyau porté parla manivelle vient toucher ce fil & chaque révolution et prend l'huile sur son plan incliné pour la faire tomber naturellement jusqu'au coussinet. Je pense qu’il serait préférable de laisser tomber une goutte, ou un petit filet d’huile dans le tuyau à chaque révolution , quand la manivelle atteint le point le plus élevé, et il n’y aurait • aucune difficulté à faire que la machine ouvre un petit robinet, ou une petite soupape à chaque tour, afin que la quantité voulue d’huile descende au moment convenable, pour entrer dans le tuyau qui conduit au coussinet. A bord de la Queen of thc South et de quelques-uns de leurs derniers appareils, MM. Maudslay font les coussinets de l’arbre de la manivelle en quatre portions; la plus haute et la plus basse sont maintenues par un chapeau de palier comme à l’ordinaire, et celles des côtés le sont par des coins poussés par des boulons passés dans les chapeaux. Dans les machines de ces navires, les cylindres font entre eux un angle de 45*, et leurs tiges fonctionnent sur la même manivelle, comme dans celles du Bordeaux ou dans les dispositions de MM. Stothert et 81aughter et de M. Carlsund.

Dans beaucoup de machines fonctionnant doucement, ou à grande vitesse, les coussinets reçoivent de l'huile de la même manière que dans les anciennes machines à roues ; mais ces procédés ne me paraissent pas suffisants, surtout dans le cas de mouvements rapides. Comme réchauffement des tourillons est alors un accident très-sérieux, et que la facilité de s’échauffer est augmentée par la rapidité du frottement, il me paraît indispensable d'avoir non-seulement une plus grande surface frottante, de manière à diminuer la pression sur un même espace, dans le même rapport que l’augmentation de vitesse; mais en outre d’employer les moyens les plus efficaces de graisser et de rafraîchir. De grands godets avec de nombreux tuyaux ou orifices satisferont à ces conditions, partout où ils peuvent être facilement examinés et remplis. Mais, pour le bouton de manivelle, on ne peut agir ainsi, et il faut avoir des procédés de fournir en toute circonstance la quantité d’huile nécessaire à ses coussinets, sans être forcé de ralentir la marche pour en verser. La disposition particulière adoptée pour cette partie dépend surtout de la configuration de la machine, et, dans beaucoup de cas, on peut adopter l’une de celles déjà employées.

Pour donner constamment un accès facile à l’arbre de l'hélice et à ses paliers, il est nécessaire de l’entourer d’un tube, ou plutôt d’une galerie en tôle d’une largeur suffisante pour le passage d’un homme. Afin de tenir les coussinets froids, il est bon de prolonger leur portage d’une longueur assez grande pour permettre de laisser une engoujure ou rainure dans le palier en fonte, près de chaque extrémité, afin d’y recevoir de l’eau, qui circule ainsi autour de l’arbre, rafraîchit constamment les deux extrémités de la partie où il frotte et l’empêche de s’échauffer. Pour cela, il faudrait un tuyau pour apporter l’eau comme on l’a déjà recommandé, et en avoir un second pour la reconduire vers quelque partie de la machine. Une circulation constante serait ainsi maintenue autour des parties les plus voisines des paliers, et, de la sorte, l’arbre serait maintenu froid, sans répandre de l’eau dans la cale, excepté toutefois celle qui s'échappe par les fuites. 11 est clair que le réservoir nécessaire pour l’eau doit être formé en construisant les paliers avec des extrémités à douilles, danB lesquelles entrent des collets qui ne pénètrent pas jusqu’au fond, mais qui laissent assez de place pour former un anneau d’eau à chaque bout de la surface frottante. Quelle que soit la disposition adoptée , il faut s'arranger de manière que l’eau, qui s'échappe des extrémités des portages de l’arbre, soit conduite

Palier pour recevoir le pc.a»*<k* de l'hélue , employé per MM. Penn.

pelier ayant le chapeau enlevé. Collier* de I arbre pour rerevoir la poaenée.

coussinet de cette nature avec son chapeau en place, et la 23 montre l’intérieur à découvert , tandis que la 24 représente l'arbre avec la suite

Pig. a».

dans le compartiment de la chambre de la machine, pour qu’il ne s'en répande pas une goutte dans la cale.

Manières de recevoir la poussée de l’hélice. — On a déjà parlé de la méthode de recevoir la poussée de l'hélice en interposant des rondelles mobiles entre l’extrémité de l'arbre et le point choisi en dedans du navire. La ûgure 21 représente cette disposition : une boîte en fonte, fixée

à une partie convenable du fond du navire, a dans son intérieur une autre caisse disposée de manière & glisser et à recevoir la position qu’on désire, au moyen de la clef B.

Dans cette boîte, est une série de disques ou rondelles, A, faites alternativement de bronze et de fer, et c'est sur le dernier de ces disques que l’arbre appuie. La caisse qui contient le tout est remplie d'huile.

Quand cette méthode est employée, il est nécessaire d’avoir une buttée en dedans de l’étambot, pour recevoir la poussée quand la machine marche en arrière, et il est convenable qu’il y ait aussi au moins une rondelle dans cette partie. Il y a encore une manière plus habituelle de recevoir la poussée, c’est au moyen de nombreux collets en saillie formés sur l’arbre et s’introduisant dans des rainures correspondantes du palier, comme on l’a déjà expliqué au sujet de la Wasp. La figure 22 donne une représentation en perspective d'un

Fig.M.

F.atrémiié de l'arbre de ( hélice du Corrtu, montrant la manière do recevoir la pommée.

Fig. as.

Fig- M.

de collets laissés à sa surface : ils sont formés sur le tour en découpant dans le fer de l’arbre les intervalles laissés entre les collets. Les saillies ont environ 0n ,025 d’épaisseur et 0m,G25 de distanoe respective, et leurs angles sont un peu arrondis , au lieu d'être coupés à vive arête. Chaque

collet est fourni d’huile par une mèche plongée par un bout dans un godet, et une rainure est pratiquée dans le chapeau de palier pour faire communiquer tous les compartiments, de sorte que si l’un vient à manquer d’huile, il en reçoit des voisins. Ce genre de portage ainsi que tous ceux des machines à hélice, se mouvant avec une grande vitesse, est garni de métal de Babbit. Avec cette disposition, il est inutile dégarnir l'étainbot avec une plaque pour la marche en arrière; cependant il serait utile d’en avoir une, si le palier dont nous parlons est mobile, comme on le voit souvent, afin de rentrer plus facilement l’arbre : car alors le palier glisserait vers l’arrière, si la machine était mise en mouvement après que le frein est desserré et le bout de l’arbre causerait du dégât.

Presse-étoupe et tuyau four paire traverser l’arrière par l’arbre de l’bëlice. — Los fig. 25 et 26 Boni les sections verticale et horizon-

Section verticale del’urrif re du navire à hélice le Correc

taie d’une portion de l’arrière du navire à hélice le Correo. AA montrent les disques pour recevoir la poussée de l’hélice et B la clavette déjà représentée sur la figure 21, pour pousser les disques en avant lorsque c’est

nécessaire. Le petit arbre qui porte l'hélice forme un tuyau en bronze représenté en section sur la figure 26, dans lequel entre le bout carré de

ri*, m.

Section horiionule de l*»rrttre do niTire à bdllce U Corrto.

l’arbre de l’hélice et une clavette les réunit tous deux. Le presse-étoupe, pour empêcher l’introductiou de l’eau et le tuyau qui traverse l’arriére sont représentés très-clairement sur ces ligures. Les coussinets de l’arbre, situés dans l'eau sont sur le tuyau et sont par conséquent en bronze euxmêmes. Les disques pour recevoir la poussée en arrière sont visibles sur les figures, ainsique ceux pour soutenir celle en avant. On remarquera que l'arbre n'appuie pas sur toute la longueur du tuyau, qui sert à l'introduire dans le navire, mais seulement sur une certaine étendue à partir de chaque extrémité. Dans les machines de la l Xasp, l'arbre porte sur toute la longueur du tuyau de l’arrière, et je crois cela préférable lorsque l’hélice sort par un manchon, car l'usure sera d’autant plus petite que la surface frottante sera plus grande. Mais , dans les appareils tels que ceux du Corrco, dont l'hélice est disposée pour se monter, la solidité de l’arbre dépend surtout de la manière dont le dernier portage est établi. Ce coussinet est ordinairement trop court et d'un trop petit diamètre. 11 faut non-seulement que le portage soit très-solide, mais il devrait y avoir des moyens de le maintenir et de l’élever sans être forcé de mettre le navire dans un bassin. MM. Penn introduisent un

tube tel que celui de la figure 27, dans l'extrémité postérieure du tuyau qui passe à travers l'arriére : ce tube est garui de métal doux et une petite dent ou projection est laissée sur sa partie extérieure, pour s'enfoncer dans une cavité correspondante du tuyau, et

Douille pour entourer Itobre do l'héde* 1 »

ciupiuyec par mm. l'eun. l'empêcher de tourner dans 1 autre, ce

qui aurait lieu quelquefois sans cela. Lorsque ce tube est usé, on peut

l’enlever et en mettre un autre à la place. S'il était fait conique avec une section en spirale, on pourrait le serrer à mesure qu'il s'use, afin de l’enfoncer davantage dans le cène. Quels que soient les arrangements adoptés pour faire traverser l’arrière par l’arbre de l'hélice et pour assujettir son extrémité, il est très-nécessaire d’obtenir et de conserver la plus parfaite solidité , lorsqu’il tourne, et s'il y a du jeu, c’est un surcroît d’effort sur la charpente de l’arrière, qui se trouve être très-ébranlée. Pour diminuer la trémitation, il faut non-seulement que le trou du massif arrière, dans lequel tourne l'hélice, soit assez grand pour laisser un libre passage à sa rotation, mais que l'espèce d'enveloppe d’eau entraînée par les ailes ne rencontre pas la surface du massif: car, si cette enveloppe est arrachée à chaque révolution, le tremblement est plus violent et il en résulte aussi une perte de force. Dans la plupart des navires à hélice, on laisse un peu fuir le presse-étoupe de l’arbre pour lubrifier la garniture et l’empêcher de s’échauffer, et cette eau devrait être conduite dans le compartiment de la machine par un tuyau particulier, au lieu

d'être laissée stagnante dans la cale. A bord de tous les navires en bois, l'hélice doit être en bronze et l’arbre est enveloppé de ce métal, jusqu’à ce qu’il sorte du tuyau de l’arrière, de manière à être protégé contre l’effet corrosif de l’eau de mer. Que les navires soient en bois ou en fer, il n’en faut pas moins que les coussinets de l'arbre de l’hélice plongés dans l'eau soient garnis de bronze et en général les surfaces doivent être couvertes de bronze ou de métal doux , dans toutes les positions où il y a de l'attrition sous l’eau. A bord des navires où ces précautions

n'ont pas été prises, l’arbre a été tellement rongé en peu d'années qu’il

a fallu le remplacer.

Manières d'élever l'hélice. — C'est surtout à bord des navires de

guerre, qu’on a trouvé utile de pouvoir élever l’hélice hors de l’eau. On exécute cette opération de la manière suivante : l'hélice est fixée sur un petit arbre séparé, soutenu par ses deux bouts par des coussinets contenus dans les bras d’un cadre disposé comme une fenêtre à coulisses , de manière à monter et a descendre dans des rainures pratiquées sur l’é— tambot et le contre-étambot. L’extrémité de cet arbre porte du côté du navire une douille carrée ou hexagonale dans laquelle s'encastre une partie semblable et en saillie de l’arbre de la machine , de manière que , dès que ce dernier tourne, il entraîne l’hélice. L’aspect général de cet arrangement sera compris en examinant la planche représentant le vaisseau l'Ajax; mais les figures ci-jointes montreront mieux les différentes

Fig- ».

Fig. 11.

sortes d’expédients inventés pour monter l'hélice. I.es figures 28, 29 et 30

représentent les dispositions adoptées pour élever l’hélice de l’Amphion. Une douille carrée est placée au-dessus de l’arhre d’une petite roue dentée située au-dessous du pont, et cette douille esttournéepar des poignées comme celles d'une tarière.

Cette première petite roue en entraîne deux autres qui sont engrenées avec elle, et sont fixées au sommet de deux grandes vis verticales , qui , en tournant, montent le châssis. La figure 30 représente l’arrêt ou loquet destiné à retenir l'hélice dans une

Eléntion de t'eppereil déminé à eoulever “ position verticale ,

rbélicederXmpAtOfi. Rebelle^ de pouce EléTetion de l'eppereil peur .ou- . ... , . .

, , > lever l'hélice de l'Ajaj. Ê. belle lorsqu 11 B agit Q6 la

ide ponce pour un pied, ouo, 01. lever hors de l’eau.

La figure 31 représente la disposition adoptée à bord de VAjaao pour lever l’hélice : au lieu de longues'vis, on emploie des pièces de vis fondues, introduites à des intervalles sur deux guides verticaux; et ces portions de vis tournent dans les côtés

pour ud pied, oao,oi7.

Fi#. 29.

Fig. 30.

Plan de l’appareil destiné à soulever l'hélice de CAmphion; même échelle que l'élévation.

Arrêt pour retenir l’hélice de l'Amp! lion.

du châssis glissant qui est convenablement denté de manière à leur permettre d’agir. D'après cela, avant que les dents de ce châssis quittent les filets

d’une paire de vis courtes, elles sont engagées dans ceux de la paire suivante, et de la sorte on obtient le même effet que si on en avait employé de longues. La disposition représentée (flg. 31) est à peu près la même que celle adoptée sur In D’asp, où les vis sont tournées au moyen de rochets comme ceux employés dans les manufactures, et on obtient ainsi un très-grand effort avec un appareil très-peu compliqué. Un homme fait mouvoir la poignée de chaque rochet en avant et en arrière , et il n’y a pas de difficulté à faire agir les deux hommes ensemble afin de monter également les deux bouts du cadre.

Les figures 32 et 33 représentent la disposition adoptée à bord du Itaunlless. On y emploie deux longues vis comme à bord de l'Amphion , mais elles sont tournées par un appareil ressemblant à uu virevaut placé sur le pont. Les deux vis et le cadre du châssis sont en bronze et les coussinets de l’arbre court qui porte l’hélice, sont entourés de oe métal pour éviter la cor- Fi» 51 rosion produite par l’eau de mer. On remar-

quera, sur ces différentes figures, qu’il y a une plaque interposée entre l’étambotet l'extrémité de l’arbre pour recevoir la poussée de l’hélice lorsqu'on marche en arrière.

La figure 34 représente l’arrangementcmployé par MM. Seaward pour élever l'hélice, et il est très-différent des autres, en ce qu’il est basé sur le principe de la presse hydraulique. L’eau d’une petite pompe, mue par un procédé convenable, est conduite sous deux pistons pleins, sur le haut desquels repose le châssis qui porte l’hélice. CeB deux pistons plongeurs, au lieu d'être faits comme ceux des pompes alimentaires.

Elévation de l’appareil pour soulever l'hélice 4 bord du Paunlltn. Echeilp, o,ot.

Plan de l'appareil dour soulever l’hélice à bord du üauntltn.

Echelle, 0,01.

de la même manière. D'après cela, il est évident pT' ’’ que lorsque la pression de l’eau agira, le plus

ont deux autres petits pistons cylindriques du même genre dans leur intérieur; de sorte que le tout ressemble aux différents tuyaux d’une .fi«. h. longue-vue, chacun des tubes glissant danB l'autre

grand des tubes montera le premier et entraînera les plus petits avec lui; tout s’élèvera ainsi jusqu'à ce que le plus gros des tuyaux soit arrivé à bu limite, alors le petit commeuce a monter et ils continuent ainsi a s'élever jusqu'à ce qu'ils parviennent au buttoir placé pour les empêcher d'aller trop loin, ou juBqu'à ce que l'hélice soit arrivée à la hauteur convenable. La section transversale est faite par la ligne AU.

Chemisées eh télescope. — Lu planche qui représente l'intérieur du vaisseau l'Ajaw montre la disposition pour élever et abaisser la cheminée. La manière dont cela s'opère est tellement claire qu'elle n'a pas besoin d’explication. Le but est de permettre d'abaisser les cheminées, comme on racourcit une longue-vue, et de les descendre auj dessous du pont quand le navire est sous voiles; section îioriuinuie « éirnuou se par conséquent, la cheminée est faite de deux uKi«i«rtodio!»!»iT " ou trois tuyaux de diamètres différents, afin de glisser les uns dans les autres. Au sommet de la partie la plus basse sont des poulies sur lesquelles passent des chaînes dont le bout est fixé au bas de la portion qu’il s’agit d’élever. L’autre bout de la chaîne est tourné sur un appareil mécanique qui , par sa traction, élève la portion intérieure. S’il yen aune autre dans celle-ci, elle est soulevée de la même manière, et les chaînes les maintiennent à leurs positions respectives. S’il s’agit d’abaisser la cheminée, il suffit de filer, ou do dévirer les chaînes, et la pesanteur fait descendre les différentes portions à leur place dans la partie fixe qui ne dépasse pas le pont. On doit remarquer que les cheminées de ce genre ont une très-grande action sur le compas, et que l'aiguille aimantée prend des directions différentes, suivant que la cheminée est élevée ou abaissée; il est donc necessaire de déterminer l’erreur pour chacune des deux positions de la cheminée.

Ventilation. — Tous les navires à vapeur, à roues ou à hélice, oxi-

gent des moyens efficaces de ventilation, et je pense que le petit cheval de tout vapeur portant des passagers devrait être fait assez fort, pour faire marcher an ou deux puissants ventilateurs, sans toutefois que ce

fût avec une vitesse assez grande pour causer on bourdonnement désagréable. L’air serait conduit de ces ventilateurs à chaque cabine par des tuyaux en bois ou en tôle, disposés sous le pont, et il y aurait des dispositions pour rafraîchir ou échauffer à volonté cet air. Il faut naturellement avoir soin de ne pas prendre dans la machine l'air destiné aux cabines, sans quoi, il emporterait l'odeur de graisse et d'huile de cette partie du navire. Dans les climats chauds et surtout sur les paquebots encombrés de passagers, de tels moyens de ventilation sont indispensables pour la santé et le comfort. En 1 847, j’eus occasion d’aller d'Angleterre dans l’Inde par les paquebots de la Compagnie orientale péninsulaire, et je revins par la même route. Dans les deux trajets, le navire était encombré de passagers et je trouvai que l'atmosphère des cabines, surtout pendant la nuit, était tellement viciée et nuisible qu’il semblait être une imitation parfaite du Black-hole de Calcutta, et que je passai presque toutes les nuits sur le pont. Je fis, en arrivant, des représentations aux directeurs, ainsi que beaucoup d’autres passagers, et M. Jackson, ingénieur de beaucoup d'habileté, qui se trouvait à bord, exécuta le dessin d’un ventilateur pour aérer les cabines, montrant avec combien peu de difficultés et de dépenses il serait exécuté convenablement. Nos représentations furent acceptées avec plaisir, et aussitôt il fut décidé que les procédés que nous avions proposés seraient exécutés. Mais , jusqu’à présent aucun moyen de ventilation des cabines n’a été exécuté.

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