NAVIRES A HÉLICE ET A ROUES SUR L'OCÉAN ATLANTIQUE
On a ému à Liverpool des opinions très-différentes au sujet des qualités des naviros à hélice et de ceux à roues à aubes employés sur l'Océan Atlantique : celte question renferme, dans toute son étendue, la comparaison des deux genres de bâtiments pour la navigation sur l'Océan. Dans une rencontre, le Frankfort , navire à hélice, se dirigeant vers la Méditerranée, dépassa V America, faisant route pour New -York , quoique ce dernier soit un navire de 4880 tonneaux, d'après les constructeurs , et do 750 chevaux de force ; tandis que le Frankfort n'est que de 657 tonneaux et 100 chevaux de force. Dans d'autres occasions, des navires à hélice faisant le service entre Liverpool et New-York, ont opéré des passages aussi rapides, ou peu s’en faut, que quelques-uns des vapeurs à roues de la même ligne ; ^quoique ces derniers aient plus de puissance motrice. D’après cela, il en a été conclu par plusieurs personnes que l'hélice valait mieux que les roues pour les voyages sur l’Océan. Cette conclusion a été réfutée d'un autre côté, et les partisans de chacun des propulseurs ont déployé beaucoup de zèle pour soutenir leurs préférences. Après de fréquentes discussions dans les journaux de Liverpool , MM. Richardson , représentants des navires à hélice City of Glascvic et City of Manchester, considérant que ces navires avaient été dénigrés par quelques remarques récentes, publièrent dans le Liverpool-Albion la table de loch de la Cité de Manchester, accompagnée de quelques remarques, pour montrer la supériorité do ce navire sur le Niagara , qui faisait les traversées de l'Atlantique en mèmè temps. Ce rapport fut adssitôt suivi d'un àulre de MM. Mc. Iver, pour les navires à roues, dans lequel ils admettaient d’abord, que, dans des circonstances spéciales et exceptionnelles, un navire à hélice d’une petite puissance est capable de dépasser un navire à roues, puisque des bâtiments à voiles l'ont fait sans l'aide de la force de la vapeur ; mais ils ajoutaient, qu’il était impossible de déduire, d'un cas isolé , aucune conclusion raisonnable des qualités comparatives des deux propulseurs. Ils donnaient donc un tableau comparatif des vitesses réalisées par les navires à roues et par ceux à hélice, pendant do nombreux voyages. Voici les données de chacun des deux propulseurs :