PRESSE-ÉTOUPE
Le presse-étoupe qui entoure l’arbre et empêche l’eau de pénétrer dans le navire, est établi avec le plus grand soin, car su rupture laisserait entrer une masse d’eau qu’il serait impossible d’arrêter pendant que la machine est en marche. Toutes ses parties sont solides et disposées de manière à céder aux déformations : l’oubli de cette dernière précaution a déjà causé des accidents , en ce que , quelle que soit sa force, le presse-étoupe ne saurait résister à l'effort de l’arbre. Aussi, dans la disposition représentée pl. XI, on voit qu'il est établi sur une plaque, glissant sur une autre plaque en bronze fixée au navire. (Pour plus de détail , voir la description des appareils du Tourviijc.) 11 est bon que la couronne du presse-
étoupe ne soit pas trop juste sur l’arbre et que la garniture soit plus épaisse que pour une tige de piston, afin d’avoir de l’élasticité, pour éviter des ébranlements à tout le système. On estactuellementdans l'usage d’employer à cette garniture du caoutchouc très-épais, et on a soin de la graisser au moyen d’un godet place dans le bois , et dont le tuyau arrive sur la garniture. Afin de la visiter, M. Labrousse a fait disposersur le Chaptal une sorte de puits J (fig. 5, pl. XIII) , situé sur l’avant du presse-étoupe , dans lequel on descend , après avoir remonté l’hélice et bouché la coulisse de l’étambot avant , avec une vanne. Dè la sorte, le puits est isolé de l’extérieur, et en pompant l’eau, un homme descend travailler à la garniture. M. Labrousse a voulu étendre ce système aux constructions en bois; mais alors il deviendrait beaucoup moins praticable qu’avec le fer, et d’ailleurs on est arrivé à refaire les garnitures par l'in— . térieur.
L’arbre ne touche le tube à la partie où il sort du navire que lorsqu’il est en porte-à-faux, c’est-à-dire lorsqu’il n’est pas supporté par l’étambot arrière , ou lorsque l’hélice se démonte ; mais , avec le système de M. Dupuy de Lôme , il est libre dans le tuyau et n’est soutenu que par le coussinet à coulisse de l’étambot arrière : avec l’embrayage à T, la partie renflée de la fente de l'arbre de la machine est contenue dans une cavité, où elle est soutenue, afin de se trouver de niveau quand l’hélice vient se présenter.
La sortie de l’aTbre à travers la charpente des navires en bois présente des difficultés , parce que le fer serait-rongé par l’effet galvanique du doublage en cuivre, s’il n’était pas protégé par une couche de ce mé- -tal : aussi on fait quelquefois cette portion en bronze. Dans ce dernier cas, l’arbre n’aurait pas autant de force que le fer à diamètre égal, et dans le premier il est difficile d’obtenir une couche de cuivre, qui adhèreparfaitement au métal. Toutefois, c’est do cette dernière manière qu’on agit ordinairement, et on coule cette chemise en cuivre rouge sur l'arbn , qu’on à soin de décaper et de porter à une température voisine de celle delà fusion du' cuivre. Maison n’obtientpas toujours une adhérence parfaite entre des métaux dont les coefficients de dilatation sont si différent*, et qui sont loin de se refroidir également. Les efforts éprouvés à la surface exposent à faire jouer l’enveloppe en cuivre, malgré les goujons qui la maintiennent, et même à la fendre. Comme dans une pareille partie il n!y a pas lieu de chercher de la dureté, puisqu’il n’y a point de frottement; il serait possible, si ce n’est pas trop dispendieux, de se servir
avec avantage de la galvanoplastie pour dépoter cette couche de cuivre , et dans l'industrie on a produit de la sorte des couche* assez étendues pour espérer qu’on réussisse. Dans la portion prise par le presse-étoupe, on ne saurait employer le cuivre rouge, il y serait rongé en peu de temps, et on met une couche de bronze coulé autour de l’arbre, de manière à s'étendre jusqu’au dedans du navire, et à se joindre par l’autre bout avec la chemise en cuivre rouge. Il faut s’assurer, quand on le peut, qu’aucune des parties de cuivre n’a été usée par le frottement, car si le fer se trouvait à nu , il serait rongé activement par l’effet galvanique, et l’arbre serait monacé d’être mis hors de service. Aussi, quand on passe au bassin , toutes ces parties importantes doivent être visitées ayec soin.