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Vitesse moyenne H, 248
Si , d’après cette vitesse , on effectue le calcul de l’utilisation comme le pratique M. Bourne, on trouve que pour une maîtresse section.de 93 mètres carrés, l’utilisation est de 147, relativement à la puissance nominale de 600 chevaux, et seulement de 54 en se rapportant à celle de 2268 chevaux , que le Nautical Standard dit avoir été produite dans les eapériences. Quelque faible que soit ee chiffre , il n’en est pas moins remarquable que M. Penn soit parvenu à placer dans un vaisseau, ayant à peu prés le rapport de la longueur à la largeur des anciens modèles, un appareil capable de faire filer 1 1 ',25, et cela en permettantà ce vaisseau de conserver quatre mois de vivres, deux mois et demi d’eau et cinq jours de combustible : il reste à savoir au prix de combien de charbon c’est obtenu. Pendant ses essais, la Fairy, dont la marche est rapide, ne l’a gagné que d’une longueur de vaisseau pendant le trajet du mille mesuré; elle a également gagné le Bue de Wellington. Depuis, l'Ai/amermum a été essayé à la mer et a donné une bonne opinion de ses qualités ; seulement on a récemment ajouté près d’un pied d’épaisseur de fausse quille à l’arrière. H tourne, dit-on, dans an cercle n’ayant guère pour diamètre que la longueur du vaisseau.
L’hélice Griffith , après n’avoir donné que la vitesse de l’ancien propulseur, mais avoir produit moins de vibrations, a éprouvé dans les essais
une rupture qui aurait été funeste à la machine, si on n’avait eu la présence d’esprit de la stopper aussitôt. On filait 8 nœuds et deriii avec 45 révolutions par minute, lorsque, quelque eliosc manquant en has, la machine partit avec une rapidité effrayante. On sentit un ébranlement général , comme celui d'un tremblement de terre : les vibrations furent si violentes, que chacun s’attendait à voir tomber les mâts par-dessus le bord, et on craignit que les chaudières n’éclatassent.' Heureusement le mécanicien stoppa la machine et l’empêcha d’ôtre mise en pièces par la rapidité du mouvement (voir page 838). On s’aperçut alors que l’arbre de l’hélice était brisé en dedans des ailes , probablement à cause de quelque défaut du métal, qui pour l’expérience était de la fonte de fer. L’ancienne hélice fut montée et le vaisseau reprit la mer.
Les procédés mécaniques destinés à modifier l'angle des organes de propulsion les affaiblissent et les exposent à des accidents aussi graves que celui dont il vient d’être fait mention ; ils seront toujours un inconvénient assez important pour éloigner de leur emploi.
On arme actuellement le Saint-Jean A' Acre et le James Watt, qui ont beaucoup d'analogie avec l’Agamemnon. Le James Watt doit avoir 28 canons de 8 pouces, 62 de 32 et un canon de 68 à pivot. Il a les dimensions suivantes : longueur de tête en tête, 81", 57, entre perpendiculaires, 70", 15; largeur extrême, 16", 90; creux, 17 mètres; tonnage ( ’old measurement), 3083 tonneaux.
La Princesse royale, vaisseau de 90 canons, semblable au Cressy et armé comme l’Agamemnon, a des machines de M. Maudslay, d’une confection remarquable, et qui , placées très-bas sous l’eau, n’occupent que 6", 4 5 sur 5", 49 : elle a filé 1 1 nœuds avec 57 tours d’hélice et au tirant d’eau de 6", 16 à l’avant et 6'”, 59 à l’arrière ; elle avait une pression de 1k,966 par centimètre carré : c’est la plus élevée qu’on ait employée sur les vaisseaux , et elle demande beaucoup de solidité dans l’appareil évaporatoire et le tuyautage. Essayée avec le Cotijlicl, la Princesse royale a filé 1 1,03 en gagnant ce dernier de 1,5 par heure. 11 se présente là un fait assez difficile à expliquer. LeCon/lict, navire de 1000 tonneaux (voy le tableau I de l’Appendice) et de 400 chevaux nominaux, avec lè livres de pression (1“,123 par centimètre carré), fait 9', 5 à l’heure; on fait un autre navire qui a 2200 tonneaux de plus, en ne changeant pas la puissance nominale et en se bornant à élever la pression à 28 livres (1 *,966 par centimètre carré) : on penserait que la marche du second sera plus faible; mais au contraire, elle excède de !',5
celle du premier, tout en ayant un tonnage triple. 11 faut que dans les évaluations des forces il y ait de grandes erreurs, pour arriver à de tels résultats, et que, d'un côté, les formes soient aussi défavorables et les machines aussi faibles relativement à leur force nominale, qu’elles sont fortes et que les façons se trouvent avantageuses de l’autre. En comparant au combustible brûlé ces erreurs ne se présenteraient pas.
Le Royal Georges et le Royal Albert sont des trois-ponts de deuxième classe, allongés de 3'", CO par l’arrière, qu’on armera de 121 canons. Le premier vaisseau n'aura que la mâture de la troisième classe, et sa surface de voilure sera réduite de 7 pour 1 00 relativement à celle de l’Ayamemnon ; sa machine, de M. Penn, est de 450 chevaux nominaux, et elle en déploiera environ 1350. L'étambot du Royal Albert a 1”,525 dans le sens de la quille, O"1, 457 d’épaisseur et 1 1 mètres de hauteur : il est composé de pièces solidement boulonnées. L'étambot à lunette est formé dedeux pièces juxtaposées et découpées pourle passage del’hélice. A ces constructions on ajoute actuellement l'Algiers, le Ceesar, l’Exmouth, l'Annibul, le Majeslic, le Nil et l’Orion, qui, allongé, portera 90 canons, comme les précédents; sa machine, de 600 chevaux, est de M. Penn. Le Curaeoa , frégate de 50 canons, va recevoir une machine de M. Maudslay de 350 clievanx. Ainsi tous ces vaisseaux sont destinés à recevoir des appareils moteurs très-puissants, et cela sans leur faire subir de grandes modifications de forme.