CHAPITRE IV LONDRES
Géxéralitks. — Adminislratioii et léi,Nslation sanitaires. — Résumé scieiUifique de l'iiyg^iène de i'air. — Dispositions sanitaires relatives à l'air. — Résumé scientifique de l'liyi;ièno de l'eau.
— Dispositions sanitairesrelatives à l'eau. — Résumé scientifique de l'hygiène alimentaire.
— Dispositions sanitaires relatives aux denrées alimentaires. — Vente des denrées alimentaires. — Commerce du lait. — Résumé scientifique de l'hygiène du sol. — Nettoiement de Londres. — Letts wharf et les fours pour la destruction des balayures. — Marchés aux bestiaux. — Abattoirs. — Résumé scientifique des systèmes de vidange. — Systèmes de cabinets d'aisance. — Règles générales concernant la construction des égouts. — Purification de l'eau d'égout. — Egouts de Londres. — Fermes d'irrigation de Wimbledon et de Crovdon.
Génér.\lités. — Londres, qui est la plus grande ville du monde, a uuiinlenanl une population de 4,300,000 âmes. Cette ville est située à l'intersection des comtés de Middlesex, Surrey et Kent. Les quartiers principaux de la ville, situés au nord de la Tamise; font partie du Middlesex, ceux situés au sud du fleuve sont du comté de Kent et les quartiers occidentaux du comté de Surrey.
Le sol consiste en une argile ferrugineuse brun rougeàtre appelée London Clay. Au nord le terrain s'élève des rives de la Tamise vers les hauteurs ondoyantes de Ilampstead et de Highgate; à l'ouest il s'élève de Westminster, ■ de Chelsea, Fulliam et Ilammersmith vers Paddinglon, Hannover-square, -Saint-James Westminster et Marylebone. .V l'est le terrain s'abaisse de Shoreditch, Dethnal green et White-Chapel vers les quartiers inférieurs de Saint-George in the Est, de Stepney, de Poplar et de Bow, situés sur les bords de la Tamise et de son affluent la Lea. Le Southwark side est occupé sur les bords du fleuve par une série ininterrompue de chantiers et de magasins; il s'élève lentement vers Norwood, Eltham et Sgdenfiam.
La hauteur moyenne des quartiers méridionaux au-dessus du niveau de la Tamise à marée haute est de l'",82, celles des quartiers de l'est de 8 mètres, celle de l'ouest de 8"\o0, celle des quartiers du nord de 41 mètres, La hauteur moyenne de Londres, en totalité, est de il™, 8 au-dessus du niveau de la Tamise à marée haute.
Londres est située à l;2o kilomètres de la mer; cependant la marée se fait •sentir jusqu'à Teddington, localité distante d'environ 15 kilomètres en amont vers l'ouest.
Sa suj)erficie est de 310 kilomètres carrés. La pojjulation par kilomètre carré est de 13.000 habitants en moyenne. Il y a 52:2,000 maisons, et chacune est habitée en jnoyenne par 7.9 habitants.
Ce petit nombre.provient de ce que suivant la coutume anglaise, chaque famille habite une maison seule.
Sauf les maisons de la City et quelques édifices publics pour lesquels le terrain a été exproprie', le reste du sol de Londres est une terre féodale. Ce sol appartient aux comtes de Middlesex, de Surrey et de Kent. Les contrats de location se font pour soixante-dix ans.
La mortalité par 1,000 a été répartie ainsi pendant la dernière période de vingt ans :
18(Jo-1869 24,4
Administration et législ.\tion sanitaires. — Londres a conservé son ancienne organisation sanitaire et ses vieilles lois d'hygiène, antérieures au Public Health Act of 1876. On n'aurait pu changer quoi que ce soit à ce mécanisme qui fonctionnait depuis si longtemps sans provoquer de graves troubles. Ce qui a aussi contribué à la conservation de l'ancien ordre de choses, c'est que l'on voulait aussi peu que possible empiéter sur la souveraineté de la City ou la modifier; les Londonniens et les Anglais en général considérant les droits et les libertés de la City comme le symbole de la liberté du peuple.
On se tromperait néanmoins si Ion croyait qu'à cause de cela les dispositions sanitaires de Londres sont moins parfaites que celles des autres villes d'Angleterre. Au contraire, comme il convient d'ailleurs à une capitale, elles sont supérieures sous plusieurs rapports.
Les lois sanitaires de Londres se distinguent fort peu de celles des autres villes anglaises. La plupart de celles-ci étaient en vigueur dans tout le pays avant la promulgation du Public Health Act of 1875, dans lequel elles forment des chapitres spéciaux.
La principale différence est dans l'organisation des services d'hygiène. L'administration sanitaire de Londres n'est pas subordonnée au Local Government Board ; elle dépend d'une part du Metropolitan Doard of Works (bureau des travaux publics de Londres) ; et, d'autre part, du Metropolitan asylums Board (Assistance publique).
Pour avoir une idée complète de cette organisation, il faut d'abord connaître la division de la ville au point de vue sanitaire.
Les districts sanitaires de Londres sont, comme dans la province, les mêmes que ceux de l'Assistance publique. Certaines communes de Londres [Parishes] forment des districts spéciaux de l'Assistance publique, alors ce sont aussi des districts sanitaires particuliers. Quand plusieurs communes ont une même Assistance publique, elles forment une union; cette union forme aussi un district sanitaire.
Londres est actuellement divisée en 'i^ parishes et en 15 unions oudistricts.
Comme autorité sanitaire de chaque parish fonctionne la vestry (assem-
blée des représentants de la commune) nommée par les électeurs. Le Dis- Irict Doard des unions consiste en un nombre déterminé de délégués de chaque commune {parish); il remplit les fonctions de commission de salubrité. Les délégués sont choisis par les vestries.
Le nombre des membres d'une Vestry est fixé suivant la quantité des électeurs. Pour le premier mille d'électeurs, il y a 18 membres et 6 par chaque mille en sus.
Le nombre des membres d"un District Board est fixé une fois pour- toutes. 11 varie suivant les districts entre 27 et 58.
Ils sont nomm.és pour trois ans, renouvelables par tiers chaque aimée. Les membres sortants sont rééligibles.
Le conseil municipal de la City porte le nom de Corporation of Lonclon. 11 comprend un président, lord maj/or, choisi pour un an ; 25 aldermen nommés à vie et 206 conimon councillors (conseillers comnninaux) élus chaque année.
Les conimi^sioners of sewers (commir-sion de salubrité de la Gitv) sont au nondjre de 95 qui font en même temps partie de la Corporation ofLondon.
Le nom de commissioners of sewers tire son origine des premières lois sanitaires de l'Angleterre, The stalule of sewers, promulguée en 1532 sous Henri YlII. Les 95 mcndjres qui forment celle commission sont le lord mayor le clerk of corporation, G aldermen, 84 common councillors, et 3 membres que la City nomme pour faire partie du Metropolitan Board of Work<.
Celui-ci comprend un président, à ti-aitement fixe, et 43 membres nommés par les Vestries et District Boards ([ui les choisissent presque toujours dans leur sein. La City en nonnne 3; 6 Vestries en nomment 2 , les autres Vestrie& et Districts Boarils en nomuient 1.
Ils sont é'ius pour trois ans, renouvelables par tiers et rééligibles.
Le Metropolitan Board ofWorks est à proprement parler le Conseil supérieur pour la canalisation, la vidange, l'enlrelien et le nettoyage des rues.
Ce Conseil a le droit de disposer annuellement de 1,250,000 francs iiour les améliorations de son service. Si une somme plus importante lui est nécessaire il en demande l'autorisation aux commissioners of lier Mujesly works and building (conseil de Sa Majesté pour les bâtisses). S'il faut plus de 2,500,000 francs, il en réfère au Parlement qui décide.
Les soins à donner aux pauvres et aux personmjs atleiuies de maladies contagieuses sontdu ressort du Metropolitan Asylums Board (Assistance publi(iue) qui a, dans ce but, un système complet d'hôpitaux et d'aui bu lances, dont il sera question i)lus loin.
La Commission communale de la City renq)lit les fonctions de la Port aanilary Authority avec les mêmes devoirs et les mêmes droits (pie les autres d'après le Public Health Actde 1875 (voir p. 35,36).
Chacun îles districts sanitaires [jossède un Médical oflicer of Hcallh mi iioiidjre suflisant d'inspectors of nuisances, un surveyor, un treasurcr et un cleik. Leurs devoirs et leurs droits sont presqueUes mêmes (jue dans les aulres villes.
La loi sanitaire [)ropremenl dite pour LouLli'es est Tluj Local manaycnienl
IIYGIÈ.NK PUBLIQUE 7
ict oflBoo, avec les suppléments de 1856 et de 186^. L'organisation sanitaire a été établie d'après les dispositions de cet act. Les règlements sanitaires les plus importants de cette loi sont :
i" Toutes les maisons doivent communiquer avec l'égout auraoj'ende branchements ;
2" Les Vestries et les Districts Boards doivent surveiller les privés, les réservoirs à immondices et les dépotoirs. Toutes les constructions nouvelles doivent avoir un noudîre suffisant de water-closets. Les fosses fixes ou mobiles sont interdites. Ils peuvent, s'ils le jugent utile, établir des lieux d'aisances publics et des urinoirs ;
3° Ils doivent aussi surveiller la canalisation, le pavage, le nettoiement, l'arrosage, l'éclairage et la réparation des rues. La pureté et l'intensité lumineuse du gaz doivent être contrôlées.
^" Ils sont obligés d'examiner et de faire disparaître tout ce qui peut avoir une influence nocive sur l'état sanitaire, de contrôler les abattoirs enregistrés. La demande d'autorisation pour établir un abattoir doit leur être adressée.
Outre le Local management Act of 18oo, il existe un grand nombre de byelaws (règlements locaux) publiés [par le Metropolitan Board of Works. Ces règlements locaux concernent :
1° Les plans, la largeur et le nivellement des rues, les matériaux de pavage; 'i" Les dimensions la forme et la construction des égouts, des canalisations de drainage, etc.
3'^ Les réparations et la vidange des réseaux d'égout et des tuyaux de drainage ;
4" Les autres mesures pour lesquelles des règlements locaux sont jugés nécessaires.
Les lois sanitaires anglaises, fondues en partie dans le Public Health Act of 1875, oii existant encore sous forme de lois spéciales, Gommon lodging Ilouses Acts, Diseases Prévention Acts, Nuisances removal Acts, Sanitary Acts, Artizans and Labourer Dwellings Acts, Vaccination Acts, Factory Acts, Sale of Food andDrugs Acts, etc., etc., sont exécutoires à Londres.
Lorsqu'en 1871 le Local Government Board fut rétabli*, le Privy Council (conseil privé) avait la direction de l'hygiène publique. C'est pourquoi, à Londres, suivant l'ancienne législation, il appartient au Privy Gouncil,- lors de la déclaration d'une épidémie redoutable, de publier les règlements provisoires pour empêcher sa propagation. Ces règlements n'ont force de loi que pendant six mois.
La vaccination, l'Assistance publique, le service de statistique et la surveillance des eaux de Londres dépendent du Local Government Board. Il y a des dispositions spéciales relatives aux eaux de Londres dans les 3Ietropolis loater Actsi^^i>-\^~'y.
' Comme il a étédit leLocal Government Board futétabli par la loi sanitaire de 1848. En 1858, comme on cherchait à modifier cette loi, il fut supprimé et ses fonctions furent transférées au Privy Council avec un Médical officer comme chef du département sanitaire el rapporteur des questions afférentes à ce dépaitement. En 1871, le Local Government Board fut rétabli dans ses fonctions.
RÉSUMÉ SCIENTIFIQUE DE l'oygikne DE l'aih.— L'air pur contient en volumes, sur 100 parties, 20,99 d'oxygène, 0,033 d'acide carbonique, 78,6 d'azote et une quantité variable de vapeur d'eau. Sauf la vapeur d'eau, les autres éléments de l'air ne sont pas soumis à de grands changements.
La quantité d'oxygène de l'air varie, selon Angus Smith entre 20,999 (à la côte de l'Ecosse) et 20,910 à Manchester (ville manul'acturière couverte de brouillards). La quantité d'acide carbonique varie entre 0,03 et 0,05 p. 100.
Le D'' Smith a trouvé dans l'atmosphère des localités ci-dessous les quantités d'acide carbonique suivantes :