HYGIÈNE PUBLIQUE. H
o) Le bulletin d'admission d'un malade à l'hùpital doit être transmis au médecin en chef.
4) Le chef de bureau de l'Asylums Board (the clerk of the Board) peut donner au comité des Ambulances les instructions nécessaires concernant le transport des malades dans les hôpitaux et la translation d'un hôpital à un autre pour les convalescents ou pour les patients légèrement atteints.
o) Au moment de quitter le domicile du malade, la garde doit remettre à quelqu'un de la famille, oîi, à son défaut, à un habitant de la maison, un avis imprimé désignant l'hôpital où le malade est conduit ; cet avis doit être accompagné d'un exemplaire du règlement des hôpitaux. Aussitôt après l'arrivée, la garde-malade écrit un bulletin de livraison portant en outre le nom et l'adresse de la personne susdite.
6) Dès qu'un malade a été remis à l'iiôpilal, le chef de l'ambulance doit en avertir la direction de l'Assistance publique du district où demeurait le malade. Cet avis doit être accompagné d'un exemplaire du règlement.
7) Lors du transport d'un malade d'un hôpital dans un autre, l'administration du premier avertira de ce déplacement la famille du patient et le bureau de l'Assistance publique de son district.
8) Tout malade ainsi transféré doit être nanti d'une copie du bulletin d'entrée.
Règles concernant les rapports sur l'état du maladb et les visites. — 1) Dès qu'un malade a été reçu dans un hôpital, une lettre est expédiée au parent le plus proche pour l'informer de l'état du patient. On y joint un exemplaire du présent règlement. En cas de maladie grave, une lettre semblable est envoyée chaque jour. Si l'état du malade donne de l'inquiétude, le commissaire (steward) de l'hôpital se rend chez le parent en question pour l'engager à rendre visite au malade. Il est alors accompagné soit en allant, soit en revenant par ledit commissaire, conformément aux instructions que le médecin en chef aura jugé à propos de donner.
2) Les renseignements concernant l'état de santé du patient doivent être demandés par écrit au médecin en chef qui est tenu de répondre par lettre. Les parents du malade ne sont pas admis à demander oralement des nouvelles à l'hôpital même.
3) Les personnes dont la maladie est dangereuse ne peuvent recevoir d'autre visite que celles de leurs plus proches parents et amis ; encore ces visites ne doivent-elles avoir lieu qu'une fois par jour et avec l'autorisatioi. du médecin.
Chaque visite doit, en règle générale, durer tout au plus un quart d'heure. Dans les cas urgents, le médecin peut autoriser deu^ parents à la fois à visiter le patient et accorder une prolongation de la visite.
4) Les visiteurs sont prévenus des dangers auxquels ils s'exposent en entrant dans l'hôpital. Si c'est un hôpital de varioleux, personne ne peut y pénétrer avant d'avoir été revacciné. Les personnes, domiciliées aux lieux mêmes oùla
LOXDKES 163
variole s'est déclarée, sont expressément priées crinsister pour que tous les habitants de la maison se soumettent à cette opération.
o; Les visiteurs ne doivent entrer à Thùpital que s'ils sont en parfaite santé et si leurs forces ne sont pas épuise'es par les fatigues. Avant leur visite, ils doivent prendre un repas substantiel pour se fortifier. Ils doivent s'abstenir de tout contact avec le malade et ne pas s'exposer à son haleine et à sa transpiration. Il leur est défendu de s'asseoir sur le lit et de toucher aux draps. Les visiteurs doivent rester assis sur une chaise près du lit, mais à une certaine distance.
6) Avant d'entrer chez le malade, le visiteur doit se vêtir d'un long surtout que l'établissement lui fournit et qui recouvre entièrement son costume. A son départ, il doit se laveries mains et le visage avec du savon phéniqué ou subir quelque autre désinfection prescrite par le médecin en chef de l'hôpital.
Il est formellement recommandé aux visiteurs de ne pas monter dans un omnibus, un tramway ou une autre voiture publique immédiatement après qu'ils ont quitté l'hôpital.
Sortie de l'uôi'ital. — 1) Règle générale, les malades adultes sont renvoyés aussitôt qu'ils sont entièrement rétablis et ont recouvré assez de forces pour s'en retourner chez eux.
2) Le jour et l'heure du renvoi pour les enfants au-dessous de 16 ans sont annoncés à leurs familles en temps utile. Ceux qu'on n'est pas venu chercher au terme fixé sont conduits à l'asile (workhouse) de leur district.
Règles concernant les postes d'ambulances. — Les stations d'ambulance doivent être établies à proximité' d'un hôpital, mais le bâtiment et l'administration en sont tout à fait indépendants. Le bureau central doit être relié téléphoniquement à tous les postes.
Les voitures d'ambulance doivent être construites d'après le meilleur modèle et le même mode d'attelage doit être adopté pour toutes.
Avant de retourner à la station, chaque voiture d'ambulance doit être complètement désinfectée à l'hôpital où le malade a été mené.
L'infirmière qui l'accompagne doit venir de l'hôpital voisin du poste. Après avoir conduit le patient, elle doit immédiatement retoui'ner à son hôpital sans entrer dans la station.
En aucun cas, il n'est permis de se servir de la même voiture pour transporter les varioleux et les malades atteints d'une autre lièvre.
Chaque poste doit contenir : un appartement et un bureau pour le gérant, un vestiaire; une remise; une écurie; une sellerie; une forge; un local pour les désinfections; une buanderie; une cuisine ; des salles à manger; des ofTices ; des dortoirs; des cabinets de toilette et de bain.
Le personnel de chaque station se comj)Ose : d'un gérant, responsable de tout le fonctionnement ; d'un téléi)honiste ; d'un maître d'écurie; de cochers: de garçons pour nettoyer les voitures et les harnais; d'un cui&inicr-inlen-
H)i ANGLETERRE
<lant; d"in(lnnières ' ; de blaiicliisseiises; de 'servantes et garçons de cuisine.
11 n'est permis, sous aucun prétexte, aux cochers de s'arrêter devant les restaurants ni de s'attarder en chemin ; celui qui enfreint celte règle est congédié sur-le-champ.
Dans l'exercico de leurs fonctions, les gens de service, hommes et femmes, portent l'uniforme fourni par l'établissement ; en dehors du service, il n'est pas permis de le porter.
Les infirmières doivent, lorsqu'elles accompagnent une voilure d'ambulance, être pourvues d'un surtout qui, après leur arrivée à l'hôpital, est désinfecté avec le reste de réquipemenl de l'ambulance.
Désinfection. — La désinfection des voitures et bateaux ambulances et de l'équipement s'effectue par le lavage à l'eau et au savon phe'niqué. Le linge de l'hôpital est bouilli, lessivé et ensuite lavé avec du savon au phénol. Dans les hôpitaux, de construction récente, les vêtements sont désinfectés dans des étuves à vapeur, dans les vieux hôpitaux, la désinfection se fait au moyen -de l'air sec à 110". L'air est échauffé par de la vapeur qui circule dans un système de tuyaux.
Dans la plupart des districts sanitaires, la chambre de dé>infectionest organisée à l'ancienne manière. Ce qui manque généralement c'est une salle de ■désinfection pour les membres bien portants d'une famille atteinte de la contagion. Toutefois, ce besoin se fait moins sentir à Londres, car les logements ■sont séparés les uns des autres, et la population évite toute maison infectée et ses habitants aussi longtemps qu'ils peuvent être regardés comme dangereux.
A peine un malade a-t-il été amené à Ihôpital, que les désinfecteurs du Board of Health viennent fumiger le local avec du soufre ou du chlore. L'habitude qu'ont les Anglais d'aérer continuellement y supplée d'une manière «ffîcace.
Dépots mortuaires. — Enterrements. — Lieux de sépulture. — Conformément à la loi d'hygiène publique (voir p. 31), chaque district de Londres a sa maison mortuaire pour le dépôt des cadavres des personnes mortes d'une maladie contagieuse et de ceux dont l'état offre quehjue danger pour leur famille.
Les règles relatives aux enterrements, inscrites dans le General Mémorandum et rapportées p. 66 sont suivies à Londres.
Actuellement les inhumations se font toutes hors la ville.
Prostitution. — En Angleterre, la prostitution n'est pas réglementée par une loi, bien que les hygiénistes aient plus d'une fois signalé les graves dan- ;gers de cet état de choses. Les projets qui ont été présentés ont toujours rencontré de l'opposition au sein du Parlement, soit qu'Usaient paru empiéter trop directement sur la liberté individuelle, soit qu'ils aient été jugés contraires à la morale.
' Ainsi qu'il a été dit, les infirmières sont ordinairement prises à l'iiôpital le plus voisin ; ■mais s'il n'est destiné qu'au traitement d'une seule affection, telle que la variole ou autre fièvre (comme c'est le cas maintenant), le poste d'ambulance doitrenfermer un nombre fixed'infîrirnères pour les autres maladies.
La seule disposition légale qui se rapporte à cette plaie de l'humanité est urt article des Towns Police Act de 1847. D'après cet article, la police a le droit d'interveni:- si une prostituée accoste les passants sur la voie publique ou cause un scandale quelconque dans un lieu public, restaurant, etc. La^olicedoit aussi intervenir si deux contribuables portent plainte, sous leur propreresponsabilité et après avoir verse un cautionnement.
La syphilis ayant pris une énorme extension surtout parmi les soldats (!2"JJ sur iOOO étaient atteints) les prostituées furent soumises à l'inspection, en '1864dans quatorze villes de garnison et ports de mer, doid Woolwich, près- Londres (C'o«/<7^/o us DiseasesActs, 1864, 1868-1860}. Le traitement des maladesà l'hùpital était obligatoire.
Bien qu'à la suite de cette mesure le mal eût considérablement diminuétant parmi les prostituées que parmi les militaires, l'agitation ne s'apaisa qu'après la révocation de ces lois survenue en 1883. La situation est à présent aussi déplorable qu'auparavant.
De plus, comme les sujets notoirement malades ne sont pas forcés d'entrer à l'hôpital, la syphilis se présente sous des formes d'un caractère beaucoup plus grave dans la Grande-Bretagne que sur le continent. A Bruxellei, où l'ort se ressent du voisinage, ces lormes sont désignées sous le nom de syphilis anglaise.
Cependant pour combattre tant soit peu cette plaie, le Towns Police Act snsdit est appliqué à Londres avec une grande sévérité. Une quantité de femmes^ sont arrêtées et expédiées aux maisons de correction, soit pour avoir mis tropd'iinleur à olTrir leurs charmes, soit pour avoir causé un scandale public.
Edifices publics. — HôinTAU.v. — Tous les nouveaux hôpitaux de Londressont construits d'après le système des pavillons séparés. Les hôpitaux anglais ditlV'rent sensibleaient de ceux du continent quant au moile de ch'auHage et deventilation. Le chauflage s'effectue princii)a]ement au moyen de cheminées où l'on brûle de la houille. L'entretien du feu dans une cheminée, du matin au soir, durant la saison froide, fait partie du confort de la vie anglaise. On ne veut [)as que les malades soient privés de cette jouissance ; d'ailleurs une cheniinéc forme en même temps un excellent appareil d'aération.
Outre ces cheminées, chacjue pavillon, dans les hôpitaux plus vastes, possède encoi-e un système de chaud'age à l'eau. Tmilrrois (in n'en lait usage pour les salles des malades (pie dans les froids rigoureux (piand les cheminées ne donnent [)as ass(v. de chaleur. I^es cori'idors et les antichambres sont chaulî'ésfxclusiveni(,-nt au moyen dCau chaude.
Dans ces d(^rniers temps, on a refait à peu |)r('S partout les cheminée& dapriîs hi système de l'ingimieur D )Uglas Galton; de sorte ([u'une partie de l'air nouveau amené dans la chambre s'est échauiTé dans la cheminée avant des'y répandre. I^es salles de l'Ilerliert liospilal à ^^'o^l\vi(•ll ne soiil chaiilVeesqu(! par cette nn-lhode.
Le systèuK' de ventilation usili- en .\nglelerre a ili'J.i (■■l('- iniliipn'" eu piiueipe; voici luu; desciMplion déL.iilh-c de celle in>l.illalii>n dans rileibecl.
hospital construit par Douglas Gallon d'après le système des doubles pavillons
(ng.3,p.53). ' . „ , „
Les fenêtres, dans les salles de malade, sontplacées en face 1 une de l autre; elles s:ouvrent à volonté, soit en bas, soit en haut. Dans chaque coin de la salle se trouve un tuyau d'appel de 3S centimètres sur 'ào qui monte tout droit vers le toit pour la sortie de l'air vicié.
Fi<'. 61 A.
Cheminée Doiiii^las Galton.
Des ventilateurs Sheringham sont posés dans l'intervalle des fenètresafin de renouveler l'air quand elles sont fermées. Quand le temps est froid, la ventilation se fait surtout par les cheminées Douglas Galton (voir p. 59). Il y en a deux dans chaque salle placées sur la ligne médiane de la pièce, à égale distance l'une de l'autre et des murs de façade. La fumée s'échappepar le tuyau b, placé horizontalement sous le plancher jusqu'au mur d'où il se dirige droit en haut. L'air frais entre par les tuyaux a et rf qui entourent le tuyau b (fig. 61) sous le plancher. L'air est donc déjà à une certaine température quand il pénètre dans la partie chaude de la cheminée a a; de là il se répand dans la pièce.
Le feu se trouve dans une caisse en barreaux de fer, encastrés dans les cloisons du fond et des côtés. Ces cloisons c sont en briques réfractaires. Le foyer entier est construit avec ces mêmes briques; le tuyau de fumée b passe au milieu et les tuyaux d'air pur a sur les côtés. Une ouverture pratiquée dans la cloison postérieure du foyer amène sur le feu un courant d'air qui active la combustion et empêche la cheminée de fumer. Cet air pénètre par e. Le foyer est cintré de façon que la fumée s'échappe plus facilement par le tuyau b, et /"indique la surface du plancher de la salle. La largeur de la cheminée est de l'",20.
LONDRES HJ7
La surface de section du tuyau d'aii' frais est de 6'"'"-,!2d par chaque l^'"'',! d'une salle K
Le conduit horizontal de fumée se compose d'un douhle tuyau en tôle avec une mince couche de terre glaise entre les parois afin d'empêcher le surchaulfage. Il aune section de 687''"'-,o et déhouche dans un tuyau vertical un peu plus large que celui qui passe dans le mur. Sa longueur verticale doit être le double de sa longueur horizontale. Son autre extrémité aboutit au rez-de-chaussée pour qu'on puisse plus facilement le ramoner. Les joints de la partie horizontale et de la partie verticale sont soigneusement arrondis pour faciliter le passage de la fumée. Le tuyau horizontal se nettoie par une ouverture pratiquée dans le plancher au moyen d'une brosse qui pousse la suie dans le tuyau v(M-tical.
A côté de chacun de ceux-ci court un tuyau plus petit partant des foyers du rez-de-chaussée; ceux des salles conservent ainsi une certaine chaleur, mcuie quand les cheminées sont inactives; elles peuvent ainsi appeler constamment l'air vicié de la salle.
La partie du plancher au-dessus du tuyau peut s'enlever fa(;ilenient quand on veut le nettoyer.
Les cabinets de toilette, les water-closets et les antichaudjres {(iii. o, p. o") sont chauffés par des conduits d'eau chaude.
L'air vicié en est enlevé par des tuyaux d'appel placés dans chaque pièce, qui montent droit. au-dessus du toit. L'air pur pénètre par des ouvertures {)ratiquées dans la muraille derrière les tuyaux d'eau chaude où il s'échauffe pendant son passage.
Les escaliers et les corridors sont chaufl'és et aérés à part au moyen dune circulation d'eau chaude, suivant le même système.
Chacune des parties de l'hôpital a donc son chauffage et sa ventilation à elle seule.
Dans le célèbre Saint-Thomas Ifoapilal, le chauffage et la vfnlilation sont organisés d'après les mêmes principes. Les ouvertures d'échappement de l'air vicié sont à des hauteurs dinV'i-entes dans les murs; elles couiuuuiifpieiit avec des tuyaux (jui se rejoigneut et débouchent dans de grands tuyaux d'appc-l. Ceux-ci sont chaudes par le tuyau de fumée ilu calorifère et aussi par h's réservoirs d'«%-iu chaude phu'('S au grenier, ce (jui augmeule le tirage.
Dans l'hùpilal llollant Castalia, qui est ancré près de Long Reaeli. sur la Tamise, eu aval, avec les navires Atlas et Endyniion, qui servent aussi d'hôpitaux pour les varioleux. les arrangements et la ventilation sont diMUî nature particulière qui exige une explication spéciale.
Le Caslalia est un navire composé de deux parties égales, jumelles, sous un seul et même pont. Ktant destiné à transporter les voyageurs de l'autre côté du canal de la Manche, il avait été construit de cette façon singulière pour ({ue le roulis y fût moins sensible (pie sur les autres navires, et (|ue les passagers fussent ainsi préservés du mal de mer. Mais comme il ne r(''a!isait qu iiiq)arfaitement ces espérances, il l'ut vendu .lu MelropnlJlan Asylums Hoard, qui en fit un hôpital pour les varioleux.
Duiis les pays froids, ci.'ltc [H'opuilion |t(;iil è'ii." ri'iliiite.
Par suite de celle nouvelle destinalion on conslruisit obliquement sur le pont 5 pavillons pour les malades; ils sont placés parallèlement les uns aux autres et séparés par un espace de 3°',5. Ils ont 16 mètres de longueur, ceux de l'avant et de l'arg rière sont larges de 8 mètres, ceux du
2 milieu de 3 mètres.
^ Tous les pavillons communiquent 5' entre eux par des couloirs. Aux deux extrémités du navire il y en a encore 5 deux, renfermant chacun des salles 5 de bain, de toilette, des water-closets > et une chambre isolée.
= L'aération a été établie d'une ma- = nière aussi simple qu'ingénieuse par i la maison Bo3'le and Son. L'air vicié " s'échappe par des tuyaux verticaux ^ en fer, d'un diamètre variant de i 7o centimètres à l'",26. Chacun d'eux £ se termine en haut par un airpump S venlilator (voir les fig. !28, 29 et ^^ 30, p. 101 ) de '1"',80 de diamètre.
3 Les deux grands pavillons en ont -j chacun trois; les plus petits n'en S ont que deux.
I Dans chaque intervalle entre les
3 pavillons, se trouvent deux ventii laleurs pour renouveler l'air du pont D inférieur.
= Les salles de bain, de toilette, les
I \vater-closets et les pièces isolées ^ sont ventilées par 46 mitrons sem- I blablesdeOOcentimètresdediamèlre.
<i Les ouvertures pour l'air frais sont
placées près du plancher, sur toutes ^ les parois, l^'air en y pénétrant passe à travers les tuyaux d'eau chaude logés dans un lambris qui court le long des murs à l'intéi-ieur. Dans le haut, à peu de distance du plancher, ce landjris est recouvert d'un treillis de fil de fer par lequel l'air extérieur entre contiauellement et insensiblement dans la chand^re. Le tirage se règle au moyen de registres ou de soupapes qui s'ouvrent et se ferment par vissage.
Il résuUe des expé-rieiices faites avec le plus grand soin que la quanlilé d'air renouvelé par ces ventilateurs s'élève ù 13,000 mètres cubes par heure, et cela sans qu'il se produise un courant d"airïàcheux. Une pareille ventilation fait cdianger l'air des salles des malades toutes les cinq minutes. On n'y a jamais remarqué le moindre vent coulis vers le bas.
Le Caslalia peut contenir loO malades.
Les hôpitaux sont tous éclairés au gaz.Ciluique bec est surmonté d'un tuyau qui emporte directement hors de la chandjre les pi'oduits de la combustion en même temps qu'une bonne partie de l'air vicié de la salle. Ce tuyau s'élargit au-dessus de la llaunne en forme d'entomioir. Dans (}uelques hôpitaux la flamme est libre, dans d'autres, tels que le lloiiierton feoer hospital, elle est cntouréed'une lanterne en verre dont le fond est percé à jour j)our livrer passage à l'air. Ces lanler.ies sont placées prèî, du plal'und afin d.' miiuix expulser l'air vicié.
l-'ij;. G3. — Lampi! veiililaU-ice Bovlt; Fii;. Ci. — Laiiipe vciitilati ico WfiiliMiii
aiul Son.
La cliaieur si; trouve ainsi moiudrt;. pmsipie h's produits de la combuslidn s'en viint. Un a cbcrché à réduire eucnri' eelle dégagée par le gaz en appli- (piaiit un double tuyau aux lampes. La hyure 03 repn-sente unt; lampe de ce sysicmc de la maison l{i»yl«; and S<»n. L'air arrive en V dans le bec; l'air vicié de la cliainbre .sor-t en (i, les produits de la combustion s'eidia|»peMt par les tuyau \i.
I.,a Wenbam Company, renouniK'i' pour la l'abricatioii des lanqies a gaz. a aussi construit des lampes ventilalriees (pii sont d'une autre l'orme (lig. (î4 ettî.*»).
l'ne rage eu l'er .\ est lixi-e entre les ehevrons du loil; les produits de la combusti(»n y ari-ivent par le tuyau B. \) est le conduit du gaz. C e-t un tuyau d'éeli.ippenient qui ilébourlie il.ins la rlieminee; an point dt- jonction de re
tuyau et de la cheminée, on a adapté un clapet en tùle pour empêcher la fumée de pénétrer de la cheminée dans la chambre, en cas d'un courant d'air venant vers le bas. E est une masse de matière non conductrice, telle que l'amiante ou autre substance semblable.
Fig. 6ô. — Coupe d'un bec ventilateur Wenham.
La figure 65 représente la coupe d'un bec Wenham. Le gaz qui descend par F au bec A rencontre en G et en D un double courant d'air qui rend la combustion plus complète et la lumière plus intense. B est un anneau qui retient le bec A à sa place. H est un autre anneau qui s'ouvre et se ferme au moyen d'une serrure à baïonnette pour régler la pression du bec au point B.
A chaque hôpital est joint un lieu de désinfection. Plusieurs hôpitaux, en particulier ceux des varioleux, possèdent aussi un endroit où Ton brûle les débris de la cuisine, les balayures et les vêtements des malades lorsqu'ils ne valent plus rien.
Palais du Parlemi:nt. — Dans la House of Gommons (Palais du Parlement), l'air frais pénètre dans une pièce de sous-sol où il s'échauffe au contact de tuyaux de vapeur. Afin d'accroître la quantité de chaleur, ils sont munis, à certaines distances, d'ailettes qui ont toutes la même puissance calorifique.
Le nombre des personnes présentes au Parlement étant très variable, il est nécessaire que l'on y puisse régler la chaleur. On y parvient en couvrant avec de la laine un nombre plus ou moins grand de tuyaux. On se base sur le thermomètre pour régulaiiscr la température.
L'entrée de l'air frais se fait par la cour qui est asphaltée et doit être tenue bien propre.
Une foi^échaulfé, l'air monte dans quatre grands tuyaux d'environ 1 mètre de diamètre. Ils débouchent au-dessous du plancher delà salle, fait en treillis et recouvert d'une natte poreuse. De cette façon, la chaleur traverse le plancher.
Le plafond est en verre, avec des ouvertures de sortie pour l'air vicié qui, par le tuyau d (fig. 66), est conduit au tuyau c. Un foyer placé au bas de ce dernier active le tirage.
Les expériences directes ont montré qu'il passe ainsi 40,000 mètres cubes
d'air par heure. Si le palais était complèteracat rempli, il y aurait .o3 mètres cubes d'air par heure et par personne.
L'éclairage au gaz se fait par des becs placés au-dessus du toit, en verre.
GuiLDiiALL. — A Guildhall, dans la City, se trouve la ^alle des séances du conseil communal. La ventilation de cette salle a été installée par iMM. Boyle and Son de la façon suivante.
L'air impur sort par neuf tuyaux en tôle de fer qui vont du plafond au toit. Ils se terminent à des hauteurs différentes au-dessus de celuici, par un air pump ventilator (voyez lesfig. 28, 29 et 30, p. 101).
Quatre de ces tuyaux, deux de chaque côté de la salle, ont un diamètre de 33 centimètres. Chacun d'eux, un peu au-dessus du plafond, se sépare en deux tuyaux de 2o centimètres, reliés à des ouvertures de 60 centimètres faites dans le plafond sur les bas-côtés et couvertes d'ornements en forme de rosettes. A l'extrémité de chaque tuyau est un mitron de 60 centimètres de diamètre.
Au bout de la salle, côté Est, se trouve un tuyau de 45 centimètres avec un mitron de 7o centimètres.
Au plafond, ce diamètre s'élargit jusfpi'à 68 centimètres, correspitndant à une ouverture égale dans le plafond.
Du côté Ouest, il y a un conduit de ol cenlimètrcs de diamètre, relié
aune ouverture du plafond de 76''"'- o, Le niitron a 1>0 rcnlimètres de cliamètre.
Au milieu de la coupole, au-dessus du gaz, est une buutthc qui conduit à un luyau de 40 centimètres. II est relié à celui de ol centimètres dont nous avons pai-l(''.
i)(i cette e<*up(jle, partent encore trois tuyaux de 33 ccnliinèlrcs, munis de mitrons de 50 centimètres.
L'.iir pur pi'nètre par seize tubes rectangulaires dontles dimensions sont 60 sur 90 cenliiiièires et 45 sur (!0 cenlinièlres. Ils smil en luniiiiiniication directe
OC— Coupe liii Palais du Parleiiiciit (vciililalioii). (D'après Douglas Galtoii.,»
a, toit en verre, percé. — b. plancher en fin-ine «le gi:«ilins. — f. tiiy:i 11 il'.ippel. chaude, traversant le c ocheton — d, tiivau près du mur pour conduire l'air impur nu tiivau c,
Fig. 67. — Cliauffeiir de l'air pour la ventilation à Guildhali.
avec l'exlérieur par des trous dans les murs, fermés en dehors par im grillage en fer.
L'air entre dans la salle à des hauteurs inégales au-dessus du plancher.
Chaque tube est muni d'un chaufîeur spécial breveté, pour chauffer l'air pendant la saison froide.
Le chauffeur représenté figure G7 est construit et fonctionne de la manière suivante :
Le tube ventilateur A renferme un brûleur Bunsen D, contenu dans une boîte métallique C. En E, est une ouverture, close par une plaque de zinc perforée, pour l'introduction d' l'air au brûleur. On allume le gaz par l'ouverture F, que ferme un clapet. La boite G est jointe à un tuyau B de 4 centimètres de diamètre et courbé comme le montre la figure. Il débouche dans une boite G où se recueillent les ])roduits lie la condensation; de là, l'air sort par l'ouverture H, tandis que la vapeur d'eau condensée s'échappe jiar le tuyau J. Le tuyau K, indiqué en pointillé, est une autre position que Ion peut donner au tuyau B. La boite G a un fond mobile L pour son nettoyage.
Le brûleur, étant allumé, chaufl'e l'air qui circule dans le tuyau B ; celui-ci. à son tour, échaufï'e l'air du tube A.
Avec cet appareil, on peut porter la température de l'air du tube A jusqu'à + 40^ G. On règle la température par la puissance de la ilamine Bunsen au moyen d'un robinet ordinaire sur le tuyau de gaz.
Avec ce système d'aération, on envoie dans la salle i3.'lo8 mètres cubes d'air ])ur par heure, sans qu'il se produise de courant désagréable.
l'msoxs. — Gomme il est nécessaire de tenir les cellules complètement isolées les unes des autres, la ventilation des prisons présente beaucoup de difficultés. MM. Boyle et Son les ont résolues d'une façon fort simple et pratique.
Ils en décrivent la construction comme suit (ïis. 08) :
Supposons qu'il s'agit de la ventilation d'une aile de prison contenant trois rangs de 30 cellules, sur chaque côté, soit 180 cellides.
Troischeniinées enbriques, quadrangulaii'es, de 7o centimètres, sontplacées à distance égale l'une de l'autre, le long de chaque mur latéral de la prison. Elles se terminent au-dessus du toit par un air jjunqj veutilalor de i'"3o de diamètre. Sur la figure 68, une de ces cheminées est désignée par 7)iain exhaust shaft (principal tuyau d'épuisement).
Au-dessous du plafond, près du mur ou dans le mur, se trouvent à chaque étage des tuyaux horizontaux.
Figure 6^, on en voit la section dans le mur, une d'elles est désignée ])ar ventiUit'iiKj /lue for fwe cells, tuyau de ventilaton pour o cellules.
LO.NDHES
Chacun de ces tuyaux est relié avec 10 cellules au moyen de tuyaux spéciaux [séparât fine for one cell) de grandeur variable suivantla distance entre eux et la sortie dans la cheminée. Cette grandeur est telle que la quantité d'air enlevée est la même dans chaque cellule. Trois de ces tuyaux (un à chaque étage) communiquent avec une cheminée. Le diamètre des tuyaux horizontaux varie suivant la distance qui les sépare du haut de la cheminée, de manière à avoir un tirage égal à chaque étage de cellules. Une couronne de gaz [Ring of gas jels, fig. 68), fixée au bas des cheminées, chauH'e l'air et active le tirage.
Il n'est employé aucun clapet ni appareil, de sorte que la ventilation ne peut être interrompue par suite de négligence.
L'air pur, qui vient du corridor, est amené dans chaque cellule au moyen de tuyaux verticaux, encastrés dans le mur et fermés à leurs deux extrémités par de solides grilles de l'er. L'air frais entre dans le corridor, à ses extrémités, par deux larges ouvertures. L'hiver, on le fait circuler au-dessus de tuyaux d'eau chaude.
Cette figure 68 est la reproduction d'un cliché original de M.M. Boyle et Son. Le texte anglais signifie :
Sfparate /lue for one cell. — Tuyau de ventilation pour une cellule.
Thèse dotled Unes s/iew inel/iod of fixing /lues in existing prisons. — Les lignes pointillécs montrent la disposition de ce système dans les anciennes prisons.
Double casing /illed willi sound eadening substances. — Double revêtement en matières mauvaises conductrices isolant le tuyau de la cellule.
Un autre système de ventilation, employé dans les prisons est dû à M. Joshua .lel,l>((ig. 69).
Daprès ce système, counnfî on le voit sur la ligure, les bouches d'entrée <!(• l'air
i>\n et Ga'ijett I
"■"^/yy//////4
V\<^. 68. — Schéma de la ventilation d'un pribun. (,Syslènic Hoyie ami Son.)
sont placées au-dessous du plafond. L'air impur s'échappe par des ouvertures au niveau du plancher.
Cette méthode de ventilation a été proposée pour la première fois par le célèbre ingénieur français, général Morin. Ce système a pour but de maintenir une température uniforme dans une salle pendant la saison froide. Pour atteindre ce but et avoir une ventilation irréprochable, il est nécessaire que
Fig. 69. — Schéma de la ventilation d'une prison. (Système Josliua Jeblj.)
le courant dans le tuyau de sortie soit suffisamment fort. Si ce courant s'affaiblit, la ventilation devient insignifiante.
Pour éviter le chauffage de l'air dans la cheminée d'extraction, pendant la saison chaude, on a, en ces derniers temps, dans chaque chambre, muni les tuyaux de sortie de deux ouvertures avec clapets, l'une à hauteur du plancher, l'autre au-dessous du plafond. En hiver l'air impur s'échappe par celle-là, et en été il s'échappe par l'autre. Ce système de ventilation est assez employé, même dans des maisons de santé, écoles, etc.
Cependant comme on force le courant d'air à suivre une direction contraire à celle donnée par les lois de la physique, on ne peut jamais arriver à une ventilation absolument satisfaisante.
Dans la ventilation des prisons, il faut veiller à ce que le tuyau d'air vicié de chaque cellule soit d'une longueur suffisante avant de déboucher dans la cheminée commune afin d'éviter tout retour de l'air. Si ce tuyau débouche directement dans un tuyau commun longeant les cellules, il peut arriver facilement que l'air vicié de l'une passe dans l'autre.
Asiles pour les pauvres. — Un système ingénieux de ventilation de ces asiles et maisons de correction est dû à la maison Boyle and Son. On obtient un perpétuel changement d'air, dans chaque chambre et sans aucun courant.
LU.\DKE:S
ITii
Cela est très important, car la crainte du spectre du refroidissement est encorr si grande que, si l'on sent le moindre courant d'air, on s'empresse de boucher toutes les ouvertures par tous les moyens.
L'air pump ventilator A (fig. 70) de 40 centimètres de diamètre est placé au faîte de la cheminée B de 20 centimètres de diamètre. Elle est divisée en son milieu par une planche afin que le contact des courants des tuyaux de branchement ne gêne pas la sortie de l'air. Les branchements C ont 12*^'",o de diamètre ; ils sont reliés aux tuyaux E placés dans les murs dont le diamètre est 11"", 2o. Dans les appartements des étages supérieurs, il existe en outre de>
Fig. 'II. — Schéma de la ventilation d'un asile pour les pauvres. (Système Boyle and Son.)
tuyaux I) de 10 centimètres, partant d'une ouverture égale faite dans le jilafond et allant aux branchements G. Des tuyaux F, entre le plafond et le plancher, débouchent dans les tuyaux E. Ils conduisent l'air impur qui y pénètre |)ar une ouverture de 12"", o faite dans le plafond. L'air pur pénètre dans les salles par les tuyaux G, construits comme le montrent les figures37 A et 37 B, p. 105. Ils sont placés dans un coin de la pièce, aussi loin que possible des ouvertures desortie et à environ lm,80 au-dessus du plancher.
Chacun de ces tuyaux a 25 centimètres de longueur vl mesure 12"", 5 sur
Ce système de ventilation a été employé aussi avantageusement pour les
bâtiments particuliers et des ateliers. Il est reinarqualile par sa simplicité', son bon marché et la possibilité de ventiler chaque pièce indépendamment des autres.
Logements ouvriers. — Depuis qu'on a compris l'importance de l'organisation (le l'hygiène publique, la question des logements ouvriers, dans les grandes villes et dans les centres industriels, a justement préoccupé l'esprit des hygiénistes. Cette préoccupation est absolument légitime quand on songe que les maladies naissent et se propagent par la malpropreté, l'encombrement, l'absence d'air et de lumière solaire, etc.
Aussi celte question a été soulevée dans la législation sanitaire. Cependant les lois y relatives concernent plutôt les domiciles mêmes que la construction des maisons. En général, on a exigé que toutes les maisons ouvrières lussent enregistrées par la police sanitaire, qui y surveille la propreté, l'ordre, l'aération, l'alimentation d'eau, le nombre d'habitants, etc. D'autres lois établissent la surface et le cube d'iir rainima nécessaires à chaque habitant. Il y a en outre différents règlements pour empêcher la propagation des maladies contagieuses qui pourraient y éclater.
Toutefois, on comprend aisément que toutes ces mesures, quelle que soit leur importance, ne sont que palliatives quand il s'agit de constructions défectueuses au point de vue de l'hygiène. Si jamais les prescriptions sanitaires doivent être observées rigoureusement, ce doit êti-e surtout dans les maisons destinées à servir d'habitations ouvrières.
Dans les pays qui, en cette question, nous servent d'exemples, il est ordonné que les plans des constructions soient examinés au bureau d'hygiène par les médecins et architectes compétents qui en font partie. Ils veillent d'abord à ce que :
— 11 se trouve un espace suffisant autour du bâtiment pour que l'air y circule librement ;
— Des mesures soient prises pour le dessèchement et le drainage du terrain de construction ;
— La ventilation soit effective dans les maisons dont chaque logement doit être séparé des autres ;
— 11 existe des cabinets convenables, en nombre suffisant, et des installations pour déposer les ordures ménagères, telles qu'il n'en résulte aucun inconvénient pour la santé.
Il est clair qu'il est d'autant plus diflicile d'observer ces prescriptions que les maisons sont plus grandes. Aussi, partout où l'on recheixhe le mieux, on commence <î abandonner ces grandes cités-casernes pour préconiser le système dit cottage. Ce sont des petites maisons isolées pour une, deux ou tout au plus quatre familles. Actuellement, dans tous les pays, se trouve un nombre plus ou moins considérable de ces cottages qui constituent le type des maisons ouvrières de l'avenir.
Par des motifs faciles à comprendre, les états et les communes n'ont pas pu dresser un type bien déterminé d'après lequel tous les logements ouvriers pourraient être construits ; mais ils doivent exiger un contrôle pour ces maisons de façon à ce qu'elles soient construites suivant les exigences de l'hygiène.
Londres, outre qu'elle est la ville la plus peuplée de l'univers, est aussi une des premières villes industrielles. Il en résulte que la question des habitations ouvrières y est des plus difficiles.
Dans le chapitre de la législation sanitaire nous avons cependant vu avec quelle énergie, on cherche à améliorer légalement l'état de choses existant. Comme en Angleterre, les lois sont observées consciencieusement, les habitations ouvrières de Londres s'améliorent chaque année.
Ce résultat n'est pas seulement obtenu en rasant des quartiers, en élargis-
saut des rues et en construisant des logements salubres dans les vieux quartiers^ mais encore parles nombreuses communications qui ont permis de construirede vastes maisons ouvrières en grande partie dans les faubourgs éloignés.
Certaines industries, comme dans toutes les grandes villes, sont, à Londres^ localisées dans certains quartiers. La rive N. de la Tamise Long Shore, à l'E. de la City, est occupée en plus grande partie par des chantiers, des magasins et des fabriques de machines. Il est habité par des charpentiers, des^ matelots et des mécaniciens.
Wliitechapel, plus près à TE. de la City, renferme surtout des rafllneries de sucre; une grande partie des ouvriers sont des Allemands.
[)i\ns Delhnal oreen. Spitalfields Qi Shoredilch au N. de Wliitechapel . la filature de la soie est l'industrie proéminente. Les ouvriers sont en majeurepartie des Français, protestants établis là depuis la révocation de l'Édit de Nantes en 1685.
Diins Clerkenwsll, entre Islington et Ilatton garden, ce sont surtout desétablissements d'horlogerie et de métallurgie avec leurs ouvriers.
Pater Nosler Row, dans la City près de la cathédrale Saint-Paul, est entièrement occupée par les libraires et les relieurs.
Iloundsdileh et Leaden hallslreet sont des quartiers juifs
Sur la rive S. du fleuve, à Soulhwark et Lambeth, se trouvent surtout les fabri(iues de céramique, de poterie, de verrerie, de machines et les brasseries; à Bermondseij, ce sont les tanneries.
La mortalité de ces districts est très inégale. En 1884, elle était dans Whitecliapel de 30,7 p. 1,000 ; dans la City, de 27, '2 ; dans Shorcditch, de :2:2,7 ; dans Bethnal green, de -:2,4 ; dans Bermondsey, de 18, :2 ; dans Spitalhelds, de 1,74. Cette inégalité parait dépendre en grande partie des conditions du logement.
Les logements ouvriers les plus nouveaux et les mieux construits consistent en maisons d'habitation à deux étages divisées verticalement en deux. Chaquelogement est séparé par un vestibule spécial devant lequel se trouve un petit jardin.
Dans beaucoup de logements, la conduite d'eau vient dans la chamhre; d'autres n'ont l'eau que dans la cour. L'impôt de l'eau, fixé généralement à un'cerlain pourcentage du loyer, est payé par le propriétaire; la consommation est de cette faron libre et illimitée pour les locataires.
Les W.-C. sont placés dans des constructions spéciales dans la cour. 11 en est de même pour les dustbins (réservoirs à ordures ménagères) et pour les réservoirs à eaux ménagères. Les dustbins, généralement en tôle de zinc sont placés sur le sol loin de la maison et munis d'un couvercle.
Les logements ouvriers de Londres peuvent se diviser en trois catégories: 1" t:<,'ux construits et loués par des particuliers; "2" ceux construits par la commune ; li" ceux construits à la suittî di- legs.
La (l(jnali<iu hi plus grandiose a éti' fuite pai- rann'ricaiii Georges Pcabody, qui a légué l;j millions de francs.
L(3S habitati(jns Peabody, ([ui se trouvent dans plusieurs (juartiers de la ville, sont divist-s en 1, !2 ou I:} pièces louées bon marché. L'état sanitaire dans ces habitations a été remarquablement bon.
IIYi.lic.NK PUULKJUK. li
Mis5 Bardclt Coiitts, les ducs de Norlhuml>erland et de Bcdford, etc., ont aussi donné des sommes considérables pour la couslruclion de maisons ouvrières.
Conformément aux règlements en vigueur, les communes, aussi, ont construit un grand nombre de logements à bon marcbé. Ils sont bâtis, en partie, suivant le type décrit précédemment; en partie ce sont des maisons à plusieurs étages avec des corridors et des logements séparés entre eux.
Un grand nombre d'associations sont aussi propriétaires de logements ouvriers. Les principales sont : Metropolitan Association for improinng tlie dweUings for the industrial classes ; Socielij for improving Ihe condition of the Labouring classes ; the improved industrial dwellings Company; the Marylehone Association et Prince Albert Cottages.
Quelques-unes de ces Sociétés construisent des maisons neuves, tandis que d'autres ont pour but l'amélioration des conditions bygiéniques dans les vieilles maisons. Toutes ont moins le but de faire de grands bénéfices que d'améliorer le bien-être de l'ouvrier.
La statistique est des plus favorables relativement à l'état sanitaire de ces maisons ouvrières. La Metropolitan Association a une moyenne de 14 p. 1,000 pour la mortalité et 36 p. 1,000 pour la natalité; la Society for improving the condition of the labouring classes a eu une moyenne de mortalité de 20 p. 1,000.
La construction des logements ouvriers varie beaucoup. Les anciennes maisons sont de véritables casernes, où d'ailleurs les logements sont séj)arés, autant que possible, les uns des autres par des corridors et des escaliers.
On a abandonné ce système, mauvais au point de vue hygiénrque, pour construire des maisons en deux parties, chacune avec deux logements séparés. On construit aussi des cottages pour une ou deux familles quand le terrain est moins cher et la place favorable.
On trouve alors ces maisons groupées avec une école, une buanderie et des boulangeries au centi'e.
Quel que soit le mode de construction, chaque famille doit avoir son logement séparé, la maison doit être bi'-?n ventilée et pourvue d'eau.
Dans les anciennes maisons ouvrières, y compris les maisons Peabod}^ (de trois étages), les murs sont blanchis à la chaux ; il est interdit d'y mettre des papiers de tentures.
Dans les maisons de la Société Prince Albert Cottages, on a établi des tuyaux dans les murs pour la sortie de l'air vicié ; l'air pur entre chaud pendant l'hiver à travers la cheminée décrite p. 59.
Une partie des petites maisons ouvrières sont construites en béton, matière qui a été jugée très convenable. Les logements sont secs, et les murs peuvent être lavés et maintenus très propres.
Résumé scientifique sur l'hygiène industrielle. — Les dangers sanitaires qui résultent du travail dans les fabriques sont universellement reconnus. Cela constitue une branche importante de la science sanitaire : l'hygiène industrielle.
A mesure que l'industrie s'est développée, les gouvernements se sont vus obligés
LONDKES 179
de pr:'venir par la loi les inconvénients sanitaires qui en résultent et d'accorder aux travadleurs la protection nécessaire et possible.
Il n'existe cependant pas de conformité dans la législation sanitaire indinlriellc des diiTerentes nations. Le pays qui possède l'organisation la plus complète à ce sujet est sans conteste l'Angleterre. Toutefois, à cet égard, la Suisse et l'Autriche se distmguent d'une façon remarquable.
Les dangers auxquels est exposée la santé des ouvriers sont les suivants : i° Ceux causés pai- le siirmenage;
2° Ceux provenant des conditims défectueuses des ateliers; 30 Ceux qui ont pour origiw^ le travail même {poussière, gaz, jwisons, etc.) ; 40 Ceux causés par les machines {explosions, etc.); . ." ^''ux inhérents à Vouvrier {alimentation, conduite, lof/cmcnt).
Surmenage. — Il a pour cause aussi bien le travail trop prolongé, le repos trop court, ou le travail de nuit qu'une constante position du corps, contraire aux exigences de la nature ou qu'une activité partielle et par moment outrée des muscles.
En général, dans la législation il n'existe pas de réglementation pour les heures de travail des hommes au-dessus de dix-huit ans. On a estimé que patrons et ouvriers s'entendraient ensemble à cet égard. L'expérience a démontré que ces derniers étaient impuissants.
Les conséquences du surmenage provenant d'un travail trop prolongé sont: moindre résistance contre les inlluences morbides, inertie, indifTérence, défauts moraux, ivrognerie, vieillesse prématurée. L'expérience a aussi démontré qu'avec un travail trop prolongé, le nombre des accidents augmente par suite de la diminution de l'attention et de l'affaiblissement de l'élasticité des muscles.
Puisqu'il est de l'intérêt de l'Etat que toutes les classes de ses citoyens conservent liurs forces et leur santé atin d'être utiles à la Société et non à sa charge, il semble opportun de faire des lois relatives au maximum des heures quotidieimes de travail. En Suisse et en Autriche, il en existe; la journée de travail ne doit pas dépasser onze heuri;s. Dans ces deux pays, les fabricants ont déclaré ne pas avoir pei-du par cette application. Le repos pour les repas doit être d'au moins une heure à chaque
fois.
Le travail de nuit devrait être interdit. Les conséquences sont les mêmes que celles d'un travail diurne excessif. 11 est également prouvé que le travail nocturne fit. inférieur à celui du jour, tant en qualité qu'en quantité. Le nombre des industries
I des raisons techniques rendent nécessaire le travail de nuit est tellement faible i l'une loi prohibitive ne rencontrerait pas de sérieuses difricnltcs. En Suisse, on "occupe d'une loi semblable.
Les vieilles méthodes mauvaises de fabrication, qui demandent des positions
rporelles fatigantes, contraires à la nature ou des elforts excessifs des muscles, !■ Il vent être changées jiour des meilleures.
L'industrie, fiévreusement |)rogressive, s'est aussi empariîc du repos du dimanche.
1. :cicst un empiétement inadmissible qui ne saurait êlre toléré nulle part. L'iiidus-
t lieuse Angltjti'rrc ne s'est jamais rendue coupable d'une pareille faute et a fourni
cette minière la preuve que l'industrie ne soullVo aucunement du repos domini-
1 accordé aux ouvriers. Il n'y a que les patrons âpres au gain qui, [)our masquer
ir cupidité, prétendent le contraire.
1, 'exemple doimé' par l'.Vngletetcrre a été suivi jiar la Suisse; dans ces deux pays
suspension du travail le dimanche n'a produit aucun inconvénient.
Le vieux commandement divin, que le septième jour -doit être un jour de repos, '•nfcrmc une vérité si conforme aux lois de l'hygiène que les gardiens de la religion n' peuvent que trouver de l'appui auprès de tous les hygiénistes.
• tn insiste sur la nécessité que le peuple soit moral et religieux ; mais en même l'uips, ou force l'ouvrier à capituler avec sa conscience; on exige de l'ordre, de la
propreté, du goClt pour la vie domestique, mais sans lui laisser une seule journée qu'il puisse consacrer à son foyer et à sa l'amille 1
Travail des enfants dans les fabriques. — Le travail des fabriques offrant de nombreux dangers pour la santé des adultes, il est évident que l'organisme de l'enfant doit en souffrir encore plus. Son travail ne mettant en jeu qu'une partie de ses muscles, il en résulte une perturbation dans son développement physique, une déviation de la taille et une déformation du thorax. Les maladies des yeux sont deux fois et demi plus fréquentes parmi ces enfants que parmi les autres du même âge. Le travail prématuré dans les fabriques est également la source d'une foule de maladies chroniques des organes de la respiration et de la digestion.
C'est pourquoi dans tous les pays on s'est vu obligé de réglei- l'emploi des enfants dans les fabriques par des dispositions spéciales.
Ces règlements varient beaucoup quant au minimum d'âge. En Angleterre et en France il est permis, sous certaines réserves, de placer des enfants dans les fabriques dès l'âge de dix ans. L'Allemagne et l'Autriche exigent douze ans ; eu Suisse le minimum est de quatorze ans.
Dans les pays qui permettent l'emploi des enfants au-dessous de quatorze ans, la journée est limitée par la loi ; en Angleterre, elle est de six heures pour les enfants de dix à quatorze ans, de dix heures pour ceux de quatorze à dix-huit ; en France, les enfants au-dessous de douze ans ont six heures de travail, et ceux de douze à seize ans, douze heures ; en Allemagne le travail est de six heures de douze à quatorze ans, et de dix heures de quatorze à seize. En Autriche, les enfants de douze à quatorze ans travaillent huit heures, et au-dessus de quatorze ans, onze heures par jour. En Suisse oii les enfants âgés de plus de quatorze ans peuvent seuls être admis dans les fabriques, la durée du travail journalier est la même que pour les adultes, soit onze heures. Dans certains pays, on a statué légalement sur les heures de repos qui doivent êti'e affectées aux enfants pendant la journée de travail.
Outre que la durée du travail est réduite pour les enfants, le travail de nuit et celui de certaines industries leur est interdit dans tous les pays.
Toutefois les enfants ne peuvent pas disposer librement de leurs moments de loisir ; en Angleterre et en Allemagne, les enfants de douze à quatorze ans doivent employer trois heures de ces repos à fréquenter une école ; en France, les enfants au-dessous de douze ans disposent de deux heures. En Suisse, les enfants qui, à quatorze ans, n'ont pas achevé leur instruction scolaire sont tenus de la continuer après leur entrée dans une fabrique, mais alors ces heures d'école sont comprises dans les onze heures de travail réglementaire. L'expérience a démontré que les enfants employés dans les fabriques étant déjà fatigués par leur travail, l'instruction de l'école est pour eux d'une utilité fort problématique ; les instituteurs comme les hygiénistes devraient donc insister pour que les enfants eussent, dans la mesure du possible, terminé leur instruction scolaire avant de pouvoir être engagés comme ouvriers.
Travail des femmes dans les fabriques. — L'expérience a constaté que l'organisme féminin résiste plus difficilement que celui des hommes aux effets pernicieux du travail des fabriques.
Suivant les observations faites en Suisse, où l'on a sur ce point des données statistiques fort exactes, les cas de maladies dans les établissements industriels où travaillent en cojnmun des hommes et des femmes sont de lOU pour ceux-là et de 127 pour celles-ci. Le nombre des journées de maladie est de 150 pour les femmes et de 100 pour les hommes. La durée moyenne des maladies est de 117 pour celles-là contre 100 pour ceux-ci (Schuler).
Si l'on compare sous ce rapport les individus des deux sexes âgés de moins de dix-huit ans, la proportion pour les cas de maladies est de 174 contre 100 dans la totalité des fabriques ; les filatures de coton à elles seules donnent les chiffres de liiô contre 100.
Lu.\r)RES 181
C'est la preuve la plus convaincante de la npcessité qu'il y a de prendre par voie législative des mesures spéciales destinées à protéger les femmes occupées dans les diverses industries.
Il a été proposé de n'admettre dans les fabriques aucune femme âgée de moins de dix-huit ans, et d'en exclure aussi les femmes mariées qui d'ailleurs, pensait-on, devaient consacrer tout leur temps au soin de leur famille. Mais nécessité n'a point de loi, dit le proverbe. Beaucoup d'industries, en outre, ne peuvent subsister sans le concours du travail féminin. En Suisse, le quart du personnel employé dans les fabriques se compose de femmes ayant moins de dix-huit ans ; leur renvoi équivaudrait, d'après Schuler, à une diminution de 12 francs par personne dans les revenus de la population.
Le travail temporaire, c'est-à-dire qui n'existe qu'en certaines saisons, serait impossible sans une augmentation accidentelle de bras, fournis surtout par des femmes occupées en temps ordinaire à leurs travaux domestiques.
On conçoit que la législation relative au travail des femmes dans les fabriques doit être semblable à celle qui concerne les enfants, c'est-à-dire : Réduction de la journée de tmV'.iil, prohibition obsoluc de tout travail nocturne, et interdiction complète de certaines indui^lrirs.
Une réduction des heures de travail est nécessaire pour les femmes, non seulement afin d'empêcher un excès de fatigue, mais surtout pour leur laisser le temps de remplir leurs devoirs de famille.
Aux termes de la loi anglaise, les femmes et les enfants doivent être libérés de tout travail le samedi à midi, disposition que tous les pays feraient bien d'adopter. En outre, il faudrait que chaque femme mariée eût encore à l'heure des repas, afm de les préparer, une demi-heure de repos en sus de celle de son mari.
Relativement à la réduction de la journée de travail pour les femmes, l'Angleterre et la Suisse ont également devancé les autres pays. Dans la plupart des autres, tout reste encore à faire à cet égard. Le travail de nuit est plus généralement prohibé pour la femme.
Il en est ainsi en .\ngleterie, en Suisse et en Autriche ; cette défense n'existe en France que pour les femmes Agées de moins de vingt et un ans ; par contre, en Allemagne, il n'y a rien de statué à ce sujet.
Des prescriptions particulières sont nécessaires pour protéger les femmes enceintes et les accoucliées, vu que la .statistique a constaté une quantité énoi-me de fausses couches et d'enfants mort-nés. Tamlis que dans la Suisse tout entière, sur 100 naissance, il y a 3,0 de mort-nés, ces derniers étaient au nombre de 8,2 parmi les ouvrières des fabriques. La mortalité dans le cours de la première année est plus grande parmi les enfants dont le.s mères reprennent leur travail peu de temps après l'accouchement que parmi les enfants des autres classes du peuple. Dans le canton de Glaris, cette mortalité était de 20 p. 100 ; depuis la loi de 1864 défendant d'employer comme ouvrières les femmes pendant six semaines après l'accouchement, la mortalité des enfants de ces femmes n'a pas excédé la moyenne ordinaire en Suisse (Schulei'.
L'n travail prématuré après l'accoucliement engendre des désordres dans la région abdominaii'. Ce sont surtout certaines industries, telles que la fabrication des indiennes et le tissage du coton, (pii ont une grande innuencc; sur la santé de ces femmes.
Autant il est facile d'empêcher par des prescriptions légales que les accouchées ne reprennent trop tôt leur travail, autant il est difficile de trouver des dispositions convenables pour empêcher les femmes enceintes de se surmener. La grossesse n'est visible que dans un temps avancé. On sait par expérience que les femmes qui vont devenir mères sont justement celles qui, pour celle raison même, tiennent à travailler avec plus d'ardeur qu'auparavant. La Suisse est le seul pays où une loi défende aux femmesdc travailler pendantlcs quinze jours (pii précèdent l'accouchement .Mais celle loi a élé reconnue illusoire, parce que les femmes en cachent r('jioi|ue ou se livrent chez elles à des travaux encore plus pénibles.
La législalion devrait en conséquence se borner à interdire aux femmes enceintes un travail dans les fabriques qui serait de nature à compromettre leur santé par l'effet de subslances vénéneuses ou par des inconvénients mécaniques, et à statuer qu'aucune femme grosse ne peut être, contre son gré, astreinte à ce travail.
Travail surPLi':.MENïAiRE et exceptions aux lois en vigueur. — Dans beaucoup d'industries, il peut se présenter des cas qui exigent momentanément de la part des ouvriers un surcroît de travail. Pour éviter les abus, on a jugé nécessaire de régler ce travail exceptionnel par des dispositions spéciales et bien précises.
Il va sans dire qu'un semblable travail ne peut être imposé sans une autorisation qui, dans les cas d'urgence, doit pouvoir être accordée par l'autorité compétente la plus proche. Si ce travail est de courte durée, de quelques jours seulement, on doit pouvoir l'obtenir d'une autorité inférieure.
S'agit-il d'un espace de temps plus long, par exemple d'un ou plusieurs mois, il faut le consentement de l'autorité supérieure.
Sont considérés comme motifs valables : les accidents et les désastres causés par la nature, le manque d'eau, la crainte de la détérioration des matières premières, (par exemple dans la préparation des conserves de poisson), les ouvrages de la saison, etc.
Des ateliers. — L'hygiène des fabriques exige nécessairement que les plans de construction des ateliers soient soumis à l'examen et à l'approbation des autorités sanitaires. Dans les villes, il est généralement de règle que tous les bâtiments soient examinés par l'administration, relativement à leur solidité et aux garanties qu'ils offrent contre les incendies. D'ailleurs, les fabricants sont eux-mêmes intéressés à prendre des mesures à cet égard. Par contre, dans ces constructions, ils négligent ou méconnaissent le côté hygiénique ; aussi la loi doit nécessairement s'en occuper.
L'emplacement doit être salubre. Une fabrique ne doit jamais être mise dans un sous-sol ou autre lieu malsain. L'atelier doit être suffisamment éclairé; il faut donc qu'il ne soit ni trop long ni trop large. Les fenêtres doivent être hautes et atteindre presque la hauteur du loit, afin que le jour entre par le haut. Ou trouvera plus loin, dans le chapitre qui traite de l'hygiène scolaire, des indications plus détaillées concernant l'éclairage des écoles, indications également applicables aux ateliers. 11 est toutefois plus difficile d'établir pour ces derniers des règles précises, attendu que la clarté y dépend delà situation. Il faut donc, dans chaque cas particulier, considérer si le bâtiment esta découvert ou situé dans une rue étroite à maisons hautes, si les murs sont blancs ou sombres, s'il y a des piliers, des machines, etc., qui jettent de l'ombre sur la place où l'on travaille. Dans ces derniers temps, on a commencé dans plusieurs établissements, oii l'on possède une force motrice suffisante à employer la lumière électrique. On doit avoir soin alors d'entourer la lumière d'un verre dépoli, afin qu'elle n'éblouisse pas. Même avec les autres modes d'éclairage, il faut se garder d'une lumière trop vive en recouvrant le verre avec du lait de chaux ou au moyen d'abat-jour, de globes, etc. Les corridors, les escaliers et les cabinets d'aisances doivent être éclairés.
Partout où l'on emploie les machines à vapeur comme puissance motrice, le chauffage des ateliers se fait par la vapeur; c'est d'ailleurs un bon système. Les tuyaux doivent être placés de telle façon que tout danger d'incendie soit écarté et qu'en même temps aucune place ne soit exposée à un rayonnement trop fort. Quand on ne se sert pas de la vapeur, il faut adopter de préférence les poélesventilateurs ou le chauffage à l'eau chaude. Quant à la température nécessaire pour la fabrication, il règne dans beaucoup d'industries un fort préjugé qui se montre surtout par le fait que des industriels différents obtiennent le même résultat avec des températures très inégales. C'est ainsi que dans certaines lilalures de coton, on regarde une chaleur de 24' à 25» comme nécessaire, tandis que dans d'autres 18° à 2U" paraissent suffire. Dans les usines où Ton veut obtenir un prompt séchage, on tâche
d'y parvenir en élevant la température, au Heu de le faire en renouvelant l'air abondamment.
Comme l'on vise à économiser le combustible, tout en maintenant la même température, il est clair que l'air dans les ateliers finit par n'être plus supportable pour les ouvriers. Des instructions et des roulements concernant la ventilation intlispensable deviennent alors nécessaires.
•Mais, lorsqu'il s'agit de déterminer le minimum d'espace pour chaque ouvrier et la quantité d'air qu'il faut lui ménager par heure, il se présente certaines difficultés. L'air des fabriques n'est pas seulement vicié par la respiration et les émanations produites par l'éclairage, mais encore par les exhalaisons des matières employées, par les saletés et l'humidité des plancliers, des murs et des toits, par l'odeur des vêtements malpropres, etc. Toutes ces causes varient considérablement dans les diverses industries ; on conçoit alors qu'il faut laisser aux autorités sanitaires ou aux inspecteurs de fabrique le soin de statuer sur chaque cas particulier. Toutefois, il importe de fixer un minimum qui est de 12 mètres cubes d'air par personne qu'il faut renouveler au moins trois fois par heure. Quand il y a des dégagements de poussière, de gaz, etc.. l'air doit être renouvelé six fois par heure.
Dans les industries à travail manuel, l'encombrement et la viciation de l'air se rencontrent beaucoup plus fréquemment que dans celles où Ton emploie des machines, car elles prennent une large place qui empêche ces inconvénients.
Pour contrôler la qualité de l'air respiré, il faut que les inspecteurs de fabrique déterminent souvent, par des méthodes simples et facilement applicables, la quantité d'acide carbonique qu'il contient. L'un des inspecteurs les plus distingués de la Suisse, le D'' Schuler, a fait remarquer que ces analyses donnent souvent des résultats qui ne s'accordent pas avec l'impression reçue directement par les organes des sens; c'est quand la température est élevée qu'on peut le plus facilement se tromper.
Schuler a trouvé les quantités suivantes d'acide carbonique sur li),000 parties d'air :
Dans les salies où l'on presse les étoffes. . 4,7 — 6,3. .Moyenne 3,5
— impriiiierits d'indiennes 4,0 — 12. G. — 8,0
— lilalnres de coton 5,i — 14,8. — 9,0
— Garderies — » » — 9,5
— tissap:e.s — 7,i — 17,6. — 15,0
— blancliisseries de coton 12.ti — 22,0. — 17,0
— rabric(nes de bas tricotés 8.0 — 28,1. — 17,5
— — tricdts • « — 17,6
— — ci-ares 30,0 — 44,0. — 39,0
La ventilation par les lenêlres étant la plus efficace et la plus simple, surtout pendant la saison cliaude, il faut (^ue dans une fabri([ue toutes les fenêtres puissent s'ouvrir. Les vitres d'en haut doivent pouvoir s'ouvrir en dedans, afin ([ue l'aération puisse se faire aussi par le mauvais temps. Comme la venlilatioii doit être maintenue sans interru[)tion dans toutes les saisons, il doit exister dans les ateliers des conduites pour l'entrée et la sortie de l'air. Lorsqu'on construit un atelier en maçonnerie, il est bon de prati<|uer des tuyaux d'appel dans les murailles, car ils produisent très bon elfet. En cas de besoin, on devra aussi recourir aux forces mécaniques pour obtenir la ventilation nécessaire. Uelalivement à la ventilation des faltriques, il importe que le soin de la régler ne soit pas abandonné aux mains des ouvriers eux-mêmes, car l'expérience a prouvé que pai tout, sous l'empire de préjugés enracinés, ils sont ennemis déclarés de toute ventilation. Etant obligés par la modicité de leurs ressources d'économiser le combustible dans leurs demeures, ils n'tqjntuvent aucun besoin d'air pur; la crainte îles refroidissements Joue aussi un grand rôle.
\ cause de leur constitution débilitée et anémiée, ils sont particulièrement sensibles aux changements de température. C'est pourquoi la ventilation doit être
organisée de manière qu'il ne se forme pas de courant d'air froid ; ce qu'on obtient facilement en échaufTant Tair avant qu'il ne i^énètre dans les salles (poêle ventilateur). Ce mode n'est pas plus coûteux que si l'on chauffe l'air dans la salle même par les moyens ordinaires.
Le degré d'humidité de l'air est également d'une certaine importance pour le bo» état de la santé. Dans les habitations, celte humidité varie entre oO° et 60'j hygrométriques; elle peut être beaucoup moindre, soit 3.3° à 22'^, dans les fabriques où l'on travaille des matières qui absorbent l'eau, telles que le coton ei la soie. Si l'air introduit est surchaufTé, il devient trop sec, ce qui le rend désagréable et même nuisible.
Plus un local est bien ventilé, plus le degré hygrométrique se rapproche de celui ■de l'air extérieur.
L'entretien de la propreté dans les ateliers joue aussi un rôle sanitaire fort impor- «tant. Cependant on la néglige totalement dans un grand nombre d'usines. La possibilité de la maintenir dépend beaucoup des matériaux de construction. Dans la plupart des cas, il est impossible d'avoir un plancher propre ; l'eau s'y infdtre, les matières grasses et toutes sortes de débris s'y attachent. Il s'y forme aussi une couche qui, en se décomposant, exhale des odeurs désagréables. C'est pourquoi on doit recommander les planchers d'asphalle, ou déciment, qui sont imperméables, et par conséquent les meilleurs.
Les murs doivent être de préférence crépis à la chaux ou peints à riiuile. Dans le ,premier cas, ils doivent être blanchis à neuf une fois par an ; dans l'autre cas, il faut les laver avec de l'eau de savon. Une exception à celte règle peut êlre faite en .faveur de certaines industries.
Les machines doivent également élre maintenues propres et débarrassées d'huile -et de graisse.
De même, il faut surveiller avec soin le nettoyage des latrines, et pour cela employer le système le plus pratique pour empêcher la décomposition fétide des ►excréments. L'un des meilleurs procédés est l'emploi du earth-closet. Dans plusieurs industries, les rebuts sans valeur qui sont produits peuvent être utilisés comme ■substances de mélanges avec les excréments.
LXCONVÉNIENTS HYGIÉNIQUES DUS A LA NATURE DU TRAVAIL DES FABRIQUES. — AuX
inconvénients déjà mentionnés que présente le travail des fabriques viennent s'ajouter
■dans certaines industries, divers accidents occasionnés par les produits insalubres
■qui naissent du travail même.
Ces produits peuvent être inoiïensifs, en eux-mêmes, comme la poussière, les
•corps pulvérulents, etc.; ils peuvent consister en substances infectieuses transportées avec les matières brutes ou encore en i)roduits chimiques vénéneux.
Un fait constaté depuis longtemps par l'expérience est que des substances inoffensives pulvérulentes peuvent être l'origine de maladies. Cela n'a lieu que d'une manière médiate ; les membranes muqueuses, principalement celles des organes de
'la respiration, s'irritent et s'écorchent, ce qui laisse le champ libre aux microbes morbitiques pour pénétrer dans le corps. Aussi la phtisie pulmonaire est-elle fréquente dans les fabriques dont l'air est imprégné de poussière ; plus celle-ci est acérée et dure, plus elle est dangereuse.
L'expérience a prouvé que la poussière provenant de matières organiques est moins nuisible que celle des substances inorganiques. Uelativement à leur nocuité, les poussières organiques sont classées dans l'ordre suivant : farine, sucre, bois, os, cornes. L'action de la poussière est d'autant plus grande que le courant de l'air qui la renferme est plus violent ; cela semble prouver que la lésion et l'irritation des tissus muqueux est la cause primiipale des funestes effets produits. 11 est de même évident que plus l'air contient de poussière, plus il est insalubre.
Des observations dignes de confiance ne permettent plus de douter que la variole et le cliarbon ont é|,é transmis dans des usines, la première par des chiffons utilisés
LONDRES 1 S.j
pour la fabrication du papier, le second par des peaux. On est donc fondé à conclure que d'autres maladies contagieuses peuvent se propager par la même voie.
Dans un grand nombre d'industries, il se dégage des gaz nuisibles qui compromettent la santé des ouvriers ; cependant les observations recueillies jusqu'ici ne permettent pas de fixer le degré de nocuité des différents gaz.
On admet généralement qu'il y a danger pour la santé quand l'air est mélangé de gaz étrangers de manière à irriter les membranes muqueuses des veux, du nez et des voies respiratoires ; il en est de même si l'air est désagréable à l'odorat. 11 existe cependant des gaz délétères qui ne causent aucune irritation et n'ont aucune odeur particulière tels que l'oxyde de carbone produit en abondance dans les fonderies.
i.a santé des ouvriers court des risques encore plus graves dans les usines où les substances vénéneuses sont employées ou fabriquées. Les établissements de cette sorte nécessitent donc les précautions les plus rigoureuses qu'il est possible d'appliquer afin d'amoindrir le danger.
Pour protéger les ouvriers contre la poussière, on a inventé une foule de respirateurs, masques, lunettes, etc. ; mais on s'est convaincu par l'expérience que des lois même étaient impuissantes à les faire employer par les ouvriers, sans doute parce que ces moyens sont incommodes et les gênent plus ou moins dans leur travail. Des appareils d'appel d'air à chaque place sont p'us pratiques, en ce qu'ils attirent et emportent immédiatement la poussière qui s'est formée. On s'est aussi servi avantageusement de pulvérisateurs à eau pour précipiter la poussière. Ces appareils sont en général confectionnés spécialement pour chaque cas particulier.
Dans ces sortes d'industries, les principales mesures à prendre sont de fournir à chaque ouvrier un grand cube d'air et de ventiler soigneusement l'atelier. Toute matière première suspecte doit être désinfectée, afin d'empêcher, par celles qui sont contaminées, la propagation directe des maladies. Depuis ([ue l'on sait que la vapeur est le moyen le plus efficace de désinfection, il est permis d'espérer que l'on découvrira des moyens de la pratiquer à peu de frais sur une grande échelle.
Les gaz nuisibles doivent être ou neutralisés chimiquement ou expulsés.
Les fabriques où l'on traite des substances toxiques doivent satisfaire à toutes les exigences de l'hygiène relatives à leur construction, à leur ventilation et à des mesures spéciales de précaution, en même temps qu'elles doivent être soumises à une surveillance rigoureuse. 11 importe aussi, au point de vue sanitaire, que la journée de travail dans ces sortes d'industries soit réduite. Quand l'emploi des substances vénéneuses entraine des dangers inévitables, on doit les prohiber si possible. Le Danemark et la Finlande, entre autres pays, ont prouvé que cela peut se faire, puisqu'ils ont défendu qu'on emploie du phosphore jaune dans la fabrication des allumettes chimiques ; l'emploi de l'arsenic dans l'industrie est également interdit dans plusieurs pays.
liln Suisse, la loi sur les fabriques renferme une disposition fort pratique qui devrait être adoptée dans tous les pays. Elle enjoint à tous les établissements où la vie et la santé des ouvriers courent (juclque danger, de réduire les heures de travail jusqu'à ce que les mesures préservatrices nécessaires aient été prises. Cette prescription a produit d'excellents efTets.
En cas de danger imminent, comme celui d'une explosion, tout travail tloit pouvoir être suspendu jusqu'à ce que le danger ait disparu.
-VcciDK.NTS CALSKS l'AH LK THAVAll. HKS 1-AiiluoLKS. — Les accidents qui menacent l'ouvrier des i'abriques sont généralement de moindre importance que les dangers que faitcourir à sa vie cl à sa santé, la iialuie même de son travail. Mais ceux-là sont suliits, imprévus et ont un granil retentissement ; tandis que ceux-ci, approchant furlivemeuf, consumant peu à peu les forces vitales, échappent à l'allenlion.
Les ai;ci(lenls les jilus graves, dans les labri(pies, sont ceux (|ui ont pour cause l*expl()si<»ti df chaudières ; c'<!sl pourquoi leur contrùle a été dans la plupart des pays l'objet d'une loi pailicidiric. Le mieux est de laisser celle surveillance à des ingénieurs spéciaux.
Les accidents arrivent le plus souvent aux ouvriers qui travaillent dans des ateliei's où existent des machines, des orgafies de transmission, etc. Toutes les parties des machines qui offrent un danger direct doivent donc être recouvertes. Les avis pouvant difïérer quelquefois sur l'existence du danger, la loi anglaise statue que les fabricants ont le droit de soumettre celte question à l'arbitrage de trois personnes. Gela parait fort juste.
On doit aussi interdire qu'un trop grand nombre de machines ne soient placées dans une même salle ; elles ne doivent pas être trop proches l'une de l'autre, et il faut qu'il y ait entre elles assez d'espace pour qu'on puisse s'y mouvoir sans gêne.
A cet etïet, toutes les fois qu'on veut établir une nouvelle fabrique, le plan devra indiquer l'emplacement de chaque machine par rapport les unes aux autres.
Dans beaucoup d'industi-ies, il est nécessaire d'établir des règles relatives au costume des ouvriers pour les empêcher d'être saisis par les machines, brOlLés, imprégnés de substances nocives, etc.
Comme souvent les ouvriers ont montré de la répugnance à se conformer aux i^èglements de ce genre, il faut prendre soin de leur en démontrer l'importance, et de les instruire des dangers auxquels ils s'exposent en les négligeant. D'ailleurs, il faut que ces moyens préservateurs soient, autant que possible, organisés de telle façon que leur usage ne dépende pas de la volonté personnelle des ouvriers.
Un règlement avec des dispositions pénales pour chaque infraction, ainsi qu'une surveillance active de la part des contremaîtres, devrait exister partout.
Alimentation, geniie de vie et habitations des ouvriers. — Il ne doit pas être permis aux ouvriers de prendre leurs repas dans l'usine. Ce serait, dans certaines industries, telles que la fabrication de la céruse et des allumettes, une cause directe d'empoisonnement. D'ailleurs, même dans les autres fabriques, l'air est plus ou moins impur et chargé de corps étrangers, ce qui justifie cette défense.
Partout où les ouvriers prennent leurs repas à l'endroit où ils travaillent, il doit y avoir des salles à manger spéciales. 11 est même à désirer dans l'intérêt de l'hygiène qu'ils puissent y réchauffer leurs aliments, ce qui est chose facile et occasionne peu de frais dans les fabriques où l'on emploie la vapeur.
On sait que l'alimentation des ouvriers de lubriques est en général mauvaise. Cela provient moins de l'insuflisance de leurs moyens que du manque de temps pour apprêter leurs aliments. et de leur ignorance des soins du ménage. Dans plusieurs endroits on a l'usage d'établir des pensions alimentaires communes. Mais l'expérience a prouvé que les ouvriers ne s'en servent pas longtemps, bien que la nourriture y soit incontestablement meilleure et plus substantielle que celle qu'ils se préparent eux-mêmes. C'est une affaire de goût ; peut-être la cuisine est-elle trop uniforme et les mets trop différents île ceux auxquels les ouvriers sont habitués dès leur enfance ?
La création de sociétés de consommation serait par conséquent un bienfait autant pour les ouvriers que pour les patrons; ceux-ci, pour conserver un personnel robuste, devraient prêter tout leur concours à cette institution. Procurer à bon marché du lait et du fromage à l'ouvrier, c'est contribuer efficacement à sa santé. 11 est aussi de toute nécessité qu'il puisse avoir de bonne eau ou de la petite bière- Les spiritueux de toutes sortes, même la bière ordinaire, doivent être prohibés ; on doit aussi déJ'endre de fumer pendant le travail.
Afin que les ouvriers puissent entretenir la propreté de leur personne, chaque usine doit posséder des lavabos et un local isolé comme vestiaire pour que les vêtements soient à l'abri des poussières et des émanations malfaisantes.
Il doit être sévèrement interdit aux ouvriers de passer la nuit dans les usines ou ateliers.
Quand les patrons couchent les ouvriers, les inspecteurs des fabriques doivent exercer un contrôle à cet égard. Chaque ouvrier doit avoir un lit pour lui seul avec un certain cube d'air (12 mètrescubes au minimum etS™^,.! de plancher). La ventilation doit être organisée de manière à ce que l'air soit renouvelé au moins trois lois par
heure. Relativementauxlogementsouvriers, ou se reportera page 176, et suivantes. Le patron doit aussi prendre souci de la morale des ouvriers mineurs qui n'ont pas de iamille. Pour celte raison, la fabrique doit tenir un registre ad hoc ; on y inscrit, outre leur nom et leur âge, leur domicile et les noms des personnes qui prennent soin d'eux, ('e registre doit être contrôlé tous les mois et présenté à Linspecteur de la fal)rique. Tout changement de domicile doit être immédiatement déclaré et noté. La direction de l'usine est obligée de contrôler ces indications et de veiller à ce que les enfants soient logés chez des personnes d'une moralité reconnue. C'est aussi la direction qui doit encourager la création de jardins d'enfants et d'écoles alin d'éviter ([ue les pelits enfants ne séjournent auprès de leurs parents dans la fabrique même.
La fondation de caisses de secours en cas de maladie devrait être rendue obligatoire ; un médecin devrait être attaché à chaque fabrique, avec mission déconsigner dans un journal tous les cas de maladie et de rechercher jusqu'à quel point ils sont en rapport avec le métier des maladi-s. \}i\ rapport annuel avec des données statistiques devrait en outre être remis i)ar lui à l'inspecteur des fabriques.
Lnspection dk> Fahrioli:>. — L'expérience a montré que, partout, les lois sur les fabriques, aussi bonnes soient-elles, demeurent sans elVet lorsqu'il n'y a pas d'inspecteur compétent qui veille à leur observation. A l'égard de cette compétence même, il règne encore une certaine incertitude. Primitivement, avant qu'on se fût rendu un compte exact dfs circonstances qui méiitent le plus d'être prises en considération dans le travail industriel, on pensait que les inspecteurs devaient être des hommes du métier, car ainsi ils seraient plus à même de contrôler les mesures de précautions à prendre pour prévenir les accidents. .Mais lorsqu'on eut reconnu que les accidents sont presque insignilîanls auprès des dangers qui atteignent sans bruit l'ouvrier sous forme de maladies chroniques, provenant de l'industrie qu'ils exercent et (jue ces afTections ne peuvent être appréciées et combattues que par un médecin, on s'est dit que pour être inspecteur des fabriques, dans toute l'étendue du terme, il fallait nécessairement posséder des connaissances médicales.
Les progrès de la science sanitaire ont l'ait naître une classe spéciale de médecins qu'on pourrait nommer « techniciens hygiénistes ». 11 est hors de doute que ceux-là sont seuls compétents pour diriger et surveiller avec succès l'iiygiène des fabriques. Ce sont les médecins qui ont fait de l'iiygiène une science et indiqué les défauts qu'il est nécessaire de faire disparaître dans les fabriques, dans les écoles ou partout ailleurs, alin de mettre les individus à l'abri des ilangers conipronietlanls pour leur santé. On ne peut nier qui; les fonctions d'inspecteur des fabri(|ues ne puissent être remplies par des personnes dépourvues d'instruction médicale. Mais alors, elles ne formeront jamais qu'une police de santé, agissant d'après certaines règles lixes, incapable d'en apprécier les etfets ou de rechercher les causes de certains désordres,
La pathologie des fabriques, qui sert de base à l'iiygiène tle ces établissements, doit naturellement être conliée aux soins de techniciens hygiénistes, spécialistes versés dans la méilecine, de même que la direction de l'iiygiene publique ne peut être mise en d'autres mains que celles d'un médecin.
11 n'y a (jue les gens (jui ignorent les conditions de l'iiygiène industrielle aux yeux desquels elle consiste uniquement à |)révenir les accidents, qui j)uissent être d'un autre avis.
De nos jours, d'un nii';dei;in liygiéniste, en particulier dt; celui qui a éUnlié spécialement l'hygiène des hibrirpies, on doit exiger des connaissances lecbniques assez vaiiées pour qu'il soit à nn'-me de si^'ualer les dangers auxquels le travail expose, et d'indiipjer les moyens de les supprimer.
F/application de ces moyens est l'aflaire des tecliiiiciens de prolessiou et iloit être exécutée par le fabricant. L'inspecteur est cbargé seulement de veiller à ce que les mesures adoptées aboutissent au résultat désiré, [/essentiel sera toujours de savoir ce (|u'il faut faire et d'indiipier la voie à suivre pour alleindi't; le luit (]u'on se propose.
Dans les pajs où il existe des inspecteurs de fabrique, chacun d'eux a un district spécial. Cependant, on s'est aperçu que là où l'inspection est décentralisée complètement, il n'existe aucune conformité ni dans les mesures exigées, ni dans les résultats obtenus.
Il faut donc qu'il y ait un point de ralliement entre les divers inspecteurs, une autorité supérieure chargée de veillera ce que tous agissent suivant le même plan. Celte autorité doit rassembler leurs rapports et faire connaître au gouvernement et à la nation les résultats obtenus. Elle doit en outre soumettre aux inspecteurs les questions importantes qu'ils sont appelés à étudier et à résoudre. En concentrant ainsi leur commune attention sur un but déterminé, on parviendra à faire de précieuses expériences.
Centraliser l'inspection des fabriques, voilà donc le but qu'il s'agit de poursuivre. En Angleterre et en Autriche, elle est déjà organisée d'après ce- système ; aussi l'hygiène industrielle y a-t-elle fait d'immenses progrès. Eu Allemagne et en Suisse, l'hygiène est entièrement abandonnée aux soins des divers inspecteurs. Laconséquence en est, pour r.\llemagne, des plaintes et des résistances de la part des fabricants et aucun progrès. En Suisse, les défauts de ce système se font moins sentir, parce que chaque canton a son inspection spéciale et que les inspecteurs se réunissent souvent, de plus ils ont, dans l'un des membres du gouvernement fédéral, une sorte de chef auquel ils peuvent recourir.
La question de savoir quelle doit être l'étendue d'un district à inspecter n'est pas facile à résoudre. Pour éclaircir certaines questions, les inspecteurs sont obligés de faire des études détaillées qui leur prennent beaucoup de temps; d'autre part, il est nécessaire qu'un inspecteur de fabrique, pour être en mesure d'établir des comparaisons, ait un grand nombre d'industries différentes à surveiller. L'inspection d'une fabrique, en effet, ne doit pas seulement se borner au contrôle de l'exécution des lois, mais encore l'inspecteur doit recueillir des observations et étudier jusqu'à quel point des améliorations sont possibles. La première de ces deux tâches peut être remplie par des hommes capables et consciencieux appartenant à n'importe quelle classe de la société; la seconde ne peut l'élre que par des hommes compétents, c'est-à-dire par des médecins hygiénistes.
Il y a un grand nombre de voies pour arriver au but en question. Chaque pays réussira sans doute le mieux en prenant pour base de ses efforts l'ordre de choses déjà existant. Les institutions nouvelles, inconnues auparavant, ont besoin d'un certain temps pour être comprises; en attendant, on ne peut guèr'C espérer obtenir de suite les résultats que l'on a en vue.
Comme les meilleures lois ne sont d'une réelle utilité que si ceux qu'elles concernent en reconnaissent la valeur, l'hygiène générale et celle des fabriques devraient faire partie de l'enseignement dans toutes les écoles industrielles.
On a voulu faire entrer dans l'hygiène industrielle la protection des habitants voisins des fabrifiues contre les influences funestes qu'elles exercent. Bien que cette question ne soit pas ici à sa place, elle est cependant de la plus haute importance Gt les gouvernements des difl'érents pays n'ont pas manqué de s'en occuper.
Dans les règlements qui s'y rapportent, on a établi comme principe général que tout établissement industriel pouvant entraîner des inconvénients ou des désagréments pour le voisinage, doit être placé en plein air, à une distance suffisante des habitations et des localités habitées, et fonctionner de telle sorte que personne ne soit incommodé par sa présence.
Dispositions samtairi:s relativI'S a l'industrie. — La loi générale des fabriques de la Grande-Bretagne (the Faclory and Workshop Act. 1878) est applicable à Londres ainsi que l'amendenient de 1883, mentionné p. 43.
Voici encore quelques détails importants sur l'hygiène industrielle :
Lo.NDJiKS j^.)
La loi aiiglairîe olasse les élahlisseiueuts industriels d'après les irroiipes suivants : établissements textiles (textile faclories); non \.ex\.[\cs[no)i textile factories) ; ateliers [workshopsj : ateliers dans lesquels des enfants et des jeunes filles ne sont pas employés pour le travail ; métiers domestiques [domestic îvorkshops).
On appelle généralement fabrique (factory) un établissement où des machines à vapeur ou autres forces mécaniques sont en usage.
Certains ateliers sont également considérés comme fabriques, même lorsque aucune force mécanique n'y est employée. Par exemple : imprimeries, blanchisseries, teintureries, poteries avec des ouvriers salariés, fabriques d'allumettes, de capsules, manufactures de tabacs, ateliers de reliure, etc.
Les règlements concernant les établissements textiles sont les plus rigoureux, parce qu'une grande partie de leurs ouvriers sont des enfants et des femmes.
Les exigences de l'hygiène sont pour les ateliers les mêmes que pour les fabriques, mais certains règlements en vigueur pour les uns ne sont pas obligatoires pour les autres, à moins que leur nécessité n'ait été constatée par le secrétariat d'Etat.
Les métiers domesti(iues(c/o»ies/<^c îvorkshops) sontde petites industries exercées dans des habitations privées par des personnes appartrnant à la mêuie famille et demeurant ensemble.
Quelques métiers faciles, exercés à domicile, comme par exemple le tressage de paille, la coulure des gants, etc., sont exenq)ts des règlements en vigueur pour les fabriques.
Les fabri(jucs textiles et non textiles, ainsi que les ateliers où sontemployés des enfants et des jeunes filles, sont soumis à la surveillance des inspecteurs de fabriques; l'hygiène des ateliers (jui n'emploient ni enfants, ni jeunes filles, est surveillée par la commission de salubrité, et les métiers dumesliqucs par les médical officers of healtli.
Ainsi que dans les hôpitaux, la ventilation des fabriques et ateliers est remarquable par sa simplicité. On enqiloie toujours les fenêtres pour cela. L'ouvrier anglais ayant peur du courant d'air, presque tout autant que celui du continent, on cherche à établir une ventilation de façon à éviter ces désagréments.
Un procédé des plus simples est celui appelé « Ilinches liird's coslless ventilation ».
Les fenêtres anglaises ne s'ouvrent pas comme celles du continent au dehors ou au dedans, mais en deux parties se coulissant respectivement vers le haut et vers le bas. Quand la fenêtre est fermée, les cadres des deux châssis se joignent exactement. S'ils sont posés l'un sur l'autre, il y a un espace entre eux.
La ventilation du système Ilinches Lird se fait en élevant le châssis inffrieur de cinq à huit centimètres et enfermant par un liteau de bois l'ouveilurr ainsi formée dans le bas. L'air frais entre dans l'espace existant entre les vitres, y monte grâce à leur disposition et pénMr»' dans la piice uu il se mêle à 1 air chaud.
Comme ouvertures de sortie, on se sert généralement des tuyaux de cheminées ; mais comme l'air chaud ne s'échappe que difficilement par l'ouverlure de la cheminée qui se trouve placée près du plancher, on a encore pratiqué des ouvertures dans le tuyau près du plafond. Afin d'empêcher qu'elles ne laissent pénétrer la fumée, elles sont munies de clapets mobiles, se fermant sous l'efï'ort d'un courant d'air descendant.
Les tuyaux de cheminée ainsi em|)loyés pour la ventilation ne doivent pas être beaucoup plus étroits dans le haut qu'au foyer ; dans le cas contraire il n'y aurait pas de courant et les cheminées fumeraient parce que le tuyau ne pourrait pas contenir la quantité de fumée et d'air qui y serait introduite.
On fait aussi beaucoup usage de tuyaux de sortie spéciaux' munis de mitrons. Ou emploie d'ailleurs tous les ventilate urs dont il est fait mention pages 10M07.
D'après la loi générale des fabriques (p. 43, 44), aucun enfant au-dessous de seize ans ne doit être employé comme travailleur sans un cerliticat médical constatant sa bonne santé. A cet effet, le pays entier est divisé en districts qui sont soumis à la surveillance de médecins spéciaux et appelés « certifying surgeons districts ».
Lin des médecins pratiquant dans le pays est généralement chargé de ces fonctions par l'inspecteur principal des fabriques [the chief inspecta?').
Toute j)ersonne au-dessous de dix-huit ans désirant être employé dans une falirique, doit posséder un certificat constatant son âge ; examinée par le médecin, si elle est acceptée, on l'inscrit sur un registre spécial (l'egister of young persons) que l'inspecteur de fabrique a le droit d'examiner lors de ses visites.
Le certificat du médecin est payé par le fabricant d'après un tarif fixé.
En ce qui concerne l'espace réservé pour chaque ouvrier dans les établissements industriels, aucune règle générale ne se trouve dans les lois anglaises. Il appartient aux inspecteurs d'établir des dispositions selon les conditions locales et le genre de l'industrie. Il y a toutefois dans l'instruction pour les inspecteurs un passage où on fait remarquer que le minimum d'espace ne doit pas être au-dessous de 7 mètres cubes pour le travail à la lumière du jour et Il m'îtres cubes pour le travail à la lumière artificielle. Trois becs de gaz doivent être considérés comme équivalant à une personne.
Mesures contre les acgidexïs. — Suivant le degré de danger présenté par les machines, les Anglais, gens pratiques, les ont divisées en deux groupes : mill-gearing et machinery. L'on considère comme appartenant à millgearing tout axe vertical, incliné ou horizontal, toute roue, tube ou bloc auxquels la force de la machine est transmise pour mettre en mouvement un autre appareil de la fabrique.
Toutes ces parties doivent être garanties pendant que le travail s'eflectue.
Ensuite, doivent être protégés : toute courroie se trouvant dans un endroit où des personnes sont forcées de passer, tout balancier en relation directe avec la puissance mécanique, toute partie de machine à vapeur ou d'une roue à eau et toute transmission.
Comme machinery , est considérée toute machine ou partie de machine qui
LO.NDHKS lui
n'est pas comprise tlans rapiicllation de miU-fjearinfj. Toul ce qui concerne la madiinery doit-èlre prolrgc dans le cas seulement où l'inspecteur de fabriciue Texige, et s'il y a des diflérends, un arbitre est appelé à se prononcer. Il en est de même pour les chau lières remplies d'eau en ébullition ou de métal fiiiidu. placées de telle manière que des enfants pourraient passer à leur |)roximilé
Des j)rescriptions existent aussi pour se protéger contre les meules à aiguiser mises en mouvement par une force mécanique. Il est défendu aux enfants de nettoyer des machines en mouvement, appartenant au groupe machinery et aux femmes et jeunes gens de nettoyer celles du groupe millgearing. 11 est également défendu aux enfants, jeunes gens et femmes de travailler entre des parties iixes et d'autres mobiles d'une machine mue par une force mécanique.
Quand un ouvrier, dans une fabrique ou un atelier, a été blessé par une machine mise en mouvement par la force mécanique, ou s'il a été brûlé par une chaudière remplie de matière en ébullition, de façon à ne pouvoir travailler pendant au moins quarante-huit heures, le fabricant est tenu d'en informer par écrit l'inspecteur de fabrique. 11 doit aussi faire appeler le médecin de fabrique qui, sans aucun retard, doit examiner toutes les circonstances ayant trait à la blessure, et avant vingt-quatre heures faire son rapport.
Les honoraires du médecin pour ces rapports sont payés par l'État.
Ce système a été reconnu très pratique, parce qu'il porte à la connaissance de la direction générale une multitude de faits qui peuvent renseigner sur les accidents (pii arrivent le plus souvent et sur leurs causes.
Les mesures prises à ce sujet ont, pendant les quatre années (1883- 1887), réduit le nombre des accidents dans les fabriques d'Angleteri-e de 10,000 à 6,000 (Whymper).Ce système sert en même temps de contrôle pour s'assurer de l'activiti- des inspecteurs de districts.
De l'instruction scolaihe des enfants emi'LOvés dans les faijrioli::s. - llelaliv(;mcnt à l'enseignement des enfants eniployés dans les fabri(iues, les règlements suivants sont en vigueur : ,
Les enfants ne jxturront être acceptés pour travailler qu'après avoirsuM un examen pn'scrit, devant le cunscil de l'école de l'endroit.
Les enfants (jui travaillent chaque jour pendant la moitié de la journée ', doivent, pendant l'autre nuiitié, se rendre à l'école, sauf le samedi, qui est libre. Les heures de travail et d'école doivent changer chaque semaine.
Les enfants, qui travaillent tous les deux jours pendant toute la journée, iloivenl aller à l'école l'autre jour, mais non le samedi. Lesjours de travail <■! (l'école doivent également changer chaque semaine.
L'in>truclion des enfants est surveillée par le conseil d'école (School Hoard) (jui est placé sous la direction générale des écoles (Government éducation Department).
Cette dernière autoiité a dressé. |Jùur les enfants employés dans les fabri-
' Voir p. i i.
ques une série de cours coiitrùlés par des examens. 11 n'esl toutefois pas oIjHgatoire de les passer tous. Comparant la valeur du travail scolaire de chaque demi-journée ou de tous les deux jours, on a trouvé que le premier système est plus facile pour les enfants. Seulement si la distance entre la fabrique et l'école est grande, la dernière alternative mérite la préférence.
Inspection des fabriques. — Lorsque, en 183o, on a établi l'inspection des fabriques en Angleterre, quatre inspecteurs supérieurs et liuit inspecteurs subalternes étaient employés. A la suite de l'expérience des années, on a réduit le nombre des premiers en ne remplaçant pas les titulaires des places devenues vacantes, tandis que l'on a augmenté le nombre et le grade des autres.
Actuellement l'inspection des fabriques en Angleterre est administrée par un inspecteur principal [cliief ïnspector), o superintendants [super Intending inspectors) , SO inspecteurs [inspectors) et 10 inspecteurs assistants [junior inspectors).
L'inspecteur principal est responsable des inspection^ faites et de l'obéissance aux lois de fabrique dans tout le royaume. Sa résidence est Londres, et il dépend du secrétaire d'Etat auquel il doit rendre compte de tous les détails concernant l'application des lois.
Ses bureaux se trouvent dans le Ministère de l'intérieur [home office)^ ; il a comme personnel de bureau une multitude de secrétaires [clerks) et d'écrivains [writers).
Les superintendants sont soumis à l'inspecteur principal et surveillent les inspecteurs. Ils doivent résider chacun dans leur district. Les inspecteurs envoient leurs rapports chaque semaine au superintendant, qui les remet avec son propre rapport, à l'inspecteur principal.
Les superintendants visitent les fabriques et les écoles de fabrique dans leur district, soit seuls, soit accompagnés des inspecteurs locaux. Dans toutes les circonstances graves ils doivent demander les instructions de l'inspecteur principal.
Les inspecteurs sont directement soumis aux superintendants. Ils doivent employer cinq jours de la semaine à l'inspection des fabriques dans leurs districts et le sixième à la correspondance. Chaque semaine ils envoient au superintendant un rapport détaillé de leur travail. Sur l'ordre de celui-ci, leur supérieur, ils sont aussi tenus de porter les accusations pour délit contre les lois de fabrique. Si l'inspecteur a pour aide un inspecteur assistant, il arrange et surveille son travail, reçoit et remet ses rapports au superintendant. Les inspecteurs assistants exécutent tous les ordres que leur donnent les inspecteurs.
Les inspections s'elTectuent conformément aux règlements spéciaux.
Résumé scientifique de l'uygiène scolaire. — L'hygiène des écoles est à la fois publique et privée. L'hygiène publique comprend :
1° La situation du local, la. construction, la ventilation, le chauffage, l'éclaii'age,
' Les différents ministères sont, depuis 1870, sur un terrain commun, The Government Office. Le palais, qui a coûté 12.000.000 de francs, construit par Sir G. Scott en un style Renaissance très riche, est situé près Whitehall entre Downing Street et Charles Street.
le nettoyage, les cabinels d'aisances, le mobilier scolaire et le matériel d'enseignement ;
2« Les heures de classe, le temps pour le repos, les repas, les exercices, du corps;
3'^ Mesures pour prévenir le développement des maladies contagieuses et autres désordres de la santé.
L'hygiène privée comprend la surveillance de l'état de santé de chaque élève et de sa force individuelle de résistance contre les efforts que l'instruction peut nécessiter et les mesures nécessaires pour chaque cas particulier.
Il y a peu de pays où la loi réglemente en détail toutes les parties de l'hygiène générale des écoles.
Les hygiénistes doivent par conséquent exiger que la législation se complète à cet égard.
Sur l'emplacement et la construction de l'école. — Le terrain doit être libre, sec, situé autant que possible sur une élévation; il ne doit pas être placé près d'une eau dormante, d'hôpitaux, de cimetières, de fabriques ou de rues trop fréquentées ; il doit avoir une cour à l'air libre pour les exercices du corps.
En ce qui concerne la construction du bâtiment, il est à remarquer que les chambres de classe doivent avoir la forme rectangulaire avec une superficie minimum de l'"2,2o de plancher par élève. La hauteur ne doit pas être au-dessous de 4 mètres. La proportion la plus convenable entre la largeur et la longueur est comme 3 est à o. Le cube d'air par élève doit être de y à 6 mètres cubes avec une ventilation permanente.
Les ouvertures des fenêtres doivent être arrangées de façon que la lumière du jour éclaire chaque place. L'intervalle entre les fenêtres doit être aussi petit que possible. Leur superficie totale doit être au moins i/7 ou t/ti de celle du plancher. Elles doivent être rectangulaires ou très peu arquées. Elles doivent commencer à i"',20 au-dessus du plancher, se terminer à 0'",20 au-dessous du plafond et en général, n'être établies que sur un des longs cotes. Tous les carreaux supérieurs doivent s'ouvrir avec facilité et vers le dedans.
Chaque pièce servant de classe doit avoir une entrée séparée ef, si cela est possible, son tambour.
Le plafond, dans les chambres, doit être uni et de couleur blanche. Les corniches ne sont pas permises, car elles ne servent qu'à cacher la poussière.
Les murs doivent, jusqu'à la hauteur de l'",20, être lambrissés, crépis ou peints à l'huile. La couleur doit être claire.
Le plancher doit être ou du parquet dur et ciré ou, s'il est fait de planches, cimenté, peint et verni.
Les portes doivent, de préférence, être simples et avoir une largeur de 0"',90.
Si la maison comprend plusieurs étages, les escaliers doivent être droits. Après chaque espace di? 13 à 1(3 marches, il doit y avoir un palier. L'escalier doit avoir une largeur minimum de l"',oO à 2'"; la hauteur des marches ne doit pas dépasser 0">,16, et leur largeur 0'",30 à 0'",40.
Il faut pouvoir chaulîer et ventiler chaque pièce séparément; le cliaufTage local est par conséquent préférable au chauffage central. Plus les arrangements sont simples, meilleurs ils sont. La ventilation d'été doit être difTérenle de celle d'hiver.
.Vliu d'enipêcher l'expansion possible de toute maladie contagieuse, aucune chambre, dans la maison (|ui sert d'école, ne doit être hai)itre.
Les cabinets d'aisances doivent être établis d'après un système sans inconvénients. Los water-closets ou les cartli-clo-^els sont les plus rccommaudables. On peut encoie employer le système de fosses mobiles à condition que la surveillance soit sévère. Dans les écoles de garçons, il doit se trouver par chaque classe un cabinet d'aisance; dans les écoles de fille*, deux. Dans les écoles de garçons, il doit aussi y avoir des urinoirs. Les sièges doivent avoir une hauteur d<; 0"'.30 à (J"'.'iO. Les lunettes sont oblongues ; elles ont les mesures de 0"',2(ixO"',ll c( d- (i"',l(» du bord de devant.
HYGIENE PUBLIOUK
Les cabinets sont séparés par des cloisons allant du plancher au plafond. Les mesures qui conviennent le mieux pour ces lieux sont l'^jlO de longueur sur 0'",70 do largeur. Les portes s'ouvrent en dehors.
Le sol doit être imperméable; toute charpente doit être peinte ou vernie.
Les cabinets doivent être bien ventilés et placés de façon à ce que l'odeur ne puisse entrer dans les classes ou la cour de récréation.
Mobilier scolaire. — Depuis qu'on s'occupe de l'hygiène scolaire, un grand nombre de meubles pour écoles ont été construits; tous ces modèles se surpassent les uns les autres en perfection, et tous ont pour but d'empêcher le corps de se. déformer et d'arrêter le progrès de la myopie, conséquence fatale d'un travail fatigant. Les bases principales de la construction de ces meubles sont les suivantes. Ils doivent être faits au moins de trois grandeurs difterentes; les élèves doivent être placés non d'après leur savoir, mais d'après leur taille. Les bancs doivent être installés de telle sorte que l'élève puisse écrire assis et répondre debout aux interrogations sans aucune difficulté. La largeur du siège doit être de 0'",23 à 0'",28. La hauteur au-dessus du plancher doit être à peu près 2/7 de la longueur du corps 0'",30-0™,4o, mesurée de façon à ce que la cuisse et le bas de la jambe forment presque un angle droit quand les pieds reposent sur le sol. Les bancs doivent être pourvus d'un dossier.
Le pupitre doit avoir une largeur de 0"',:j8 à O'^,4o, et une inclinaison de 0'^,04 à 0"',0o. La place réservée sur le banc à chaque élève doit être de O'",o0 à 0"\60.
La hauteur du pupitre au-dessus du banc est généralement 1/6 de la longueur du corps, ou pour être plus exact 1/7 de la longueur plus 0"\06.
Banc et pupitre doivent être fixés l'un à l'autre. La distance entre les bords du siège et du pupitre est ordinairement ^ 0. Il y a cependant beaucoup de gens qui croient avantageux que cette distance soit négative (— ) ; c'est-à-dire que le bord du devant du pupitre excède celui du siège de 0'",03 àO'".06; dans ce dernier cas, le siège ou le dessus du pupitre doivent être mobiles pour permettre à l'élève de rester debout. C'est à cause de cela que cette construction est souvent peu pratique.
Se tenir debout quand la distance est 0 est déjà peu commode; aussi beaucoup de personnes préfèrent une distance positive (4-), qui doit être aussi petite que possible, parce que autrement la position du corps en écrivant est trop penchée en avant.
Les bancs d'école à deux places sont considérés comme les meilleurs.
En plaçant les bancs et les tables, il faut faire attention à ménager un espace de 0"',2o entre les rangs et une distance d'au moins 0'",(jO du mur.
Dr l'éclairage dans les écoles. — Une partie importante de l'hygiène scolaire est la prévention de la myopie. Un semblable désordre de la vue est surtout préjudiciable pour les classes pauvres, qui ont des difficultés à se procurer des lunettes convenables et qui sont souvent dans l'impossibilité de remplir avec elles certains travaux. C'est surtout depuis que l'instruclion est obligatoire que cette partie de l'hygiène doit être bien observée.
La myopie fort avancée peut produire, à une période d'âge postérieure, de sérieux désordres, tels que trouble du cristallin, infiammation de la rétine, etc., toutes choses qui démontrent la nécessité des mesures ayant pour but de conserver la vue des écoliers.
La myopie peut certainement être héréditaire; de même les enfants de parents myopes sont plus disposés à la contracter. Mais l'expérience a montré que, dans un grand nombre de cas, des enfants à la vue normale, nés de parents doués d'une vue normale aussi, ont été atteints de myopie durant les années de classe. 11 n'est donc plus permis de douter maintenant que la fatigue des yeux, par suite d'un mauvais éclairage, est une des principales causes de ce désordre de la vue. -L'éclairage dans l'école joue un rôle important. En examinant la situation
LONDRES lOIJ
(Je récole, nous avons exposii comment il l'aut procéder pour obtenir les meilleurs résultats.
Les bancs dans les classes doivent être placés de telle sorte que la lumière tombe du côté gauche; de chaque place on doit pouvoir apercevoir le ciel.
La commission d'hygiène scolaire de Paris a édicté la règle suivante : si l'œil est tenu à la même hauteur que la table, le ciel doit se voir du bord supérieur de la fenêtre vers le bas dans une étendue d'au moins 0"',30.
L'ophtalmologue bien connu, le professeur Colin, de Breslau, a constaté, à la suite de recherches, que, ahn d'éviter la fatigue des yeux, l'intensité lumineuse minimum qui doit éclairer chaque place doit avoir pour mesure 10 mètres de lumière *.
A la lumière du jour, 10 mètres de lumière répondent à un angle ^ (Haumwinkel), de 30" carré ^.
Les classes doivent de préférence avoir lieu pendant le jour.
Si l'éclairage artificiel est nécessaire, il doit, comme on l'a déjà dit, y avoir pour chaque place une intensité de 10 mètres de lumière au minimum.
La Oamme doit être entourée d'un verre et la lampe doit avoir un abat-jour.
11 faut remarquer, lors de l'établissement de l'éclairage, que la lumière est facilement limitée en plusieurs endroits par les têtes des élèves. 11 faut également remarquer que même les meilleures lampes, avec abat-jour à une hauteur de O"",?» ; udessus des tètes des élèves, ne fournissent pas les 10 mètres de lumière nécessaiies à une distance dépassantO'",oO de tous cotés.
Toutes les lampes doivent être placées de façon que la chaleur, aussi bien que les gaz de la combustion, soient éloignés et que la ventilation soit favorisée (voir p. 169, 170).
La lumière du soleil ne doit jamais tomber directement sur aucune place ; afin de l'empêcher il faut avoir des rideaux. Mais, puisque les places les moins favorisées sont éclairées parla partie supérieure de la fenêtre, il ne faut pas e mplcyer de marquises ou stores. Les plus convenables sont les rideaux se tirant par côté ou de bas en haut. Us doivent être d'une seule couleur mate. La toile non blanchie est une bonne malien;. M. (^olin propose, comme un bon abri contre le soleil, des verres dépolis.
Du MATKRlia DE l'e.nseigneme.nt. — Relativement au matériel, les livres doivent
• Ire imprimés en caractères nets et grands. La hauteur de \'n ne doit pas être moindre de I""",o et l'épaisseur du trait de 2;j millimètres. La distance entre les mots doit être au minimum de 2""",.') et entre les lettres de 0"i"',7o. Les lignes ne doivent pas avoir plus de 10 centimètres de longueur.
La commission française des écoles a adopté la proposition suivante due au D' Gariel : Les lignes des livres scolaires ne doivent pas dépasser 8 centimètres; l'impression ne doit pas contenir plus de 7 lettres par centimètre, et elle doit être si grosse qu'on la puisse lire avec une vue normale à une distance de 80 centimètres sous l'éclairage d'une lumière |>lacée à un mètre du livre.
Il est de règle générale ([ui; plus les caractères sont épais ilans les livres scolaires, meilleurs ils valent.
Une bonne forme est celle des caractères appelés Danzigcr ou Schiicllcr, «ians lesquels cha<iue Irait de la lettre et l'espace entre deux traits sont si grands qu'on l'aperçoit à la distance d'un mètre sous un angle d'une minute.
11 ne doit pas y avoir d'annotations en petit caractère. L'impression sur les cartes i;t i)lanches murales doit être grosse et claire, de façon que les traits s'aperçoivent de l'autre bout de la salle sous l'angle d'une miinite. La surface ne doit pas être biillanle.
' Un mène de lumière est l'intensité d'une luinièn; iionnale à la distance d'un mètre. * C'est ran<^le qui est formé par les rayons de lumière venant du ciel à travers la fcnôtre
• l la suiTace de la table de tr.ivuil.
' Un lie^ié carré est un (.iinv doiil les c<"'ti''s snrt i'"r;aii.\ à un ilt';;ié.
d<jG ANGLETERRE
Le papier des livres doit être blanc ou nuancé de jaune, d'une épaisseur égale, satiné et non transparent.
Le papier à écrire ne doit être ni pâteux ni rugueux ni quadrillé. L'encre doit être noire. L'élève ne doit pas en écrivant tenir son cahier du côté droit, mais juste devant le milieu du corps, cette position étant la seule qui permette de ne pas rester assis de biais. Si l'on tient le cahier droit, l'écriture devient droite et ronde.
On ne doit faire dans l'école aucun travail manuel obligeant à tenir l'objet à moins de 30 centimètres.
Des heures de classe, de repos, de repas et des exercices du corps. — L'organisme de l'enfant a un besoin impérieux de mouvement corporel; être. assis pendant longtemps et sans interruption fatigue aussi bien sa pensée que son corps et peut même être cause de troubles et de maladies. Le trop peu de mouvement pendant les années d'étude produit un désordre général de l'alimentation et du développement. Les conséquences sont une mine fatiguée et relâchée, une peau pâle, des muscles peu développés, une position du corps déprimée et une démarche traînante; en un mot tout ce qui est si bien caractérisé par l'expression de jeunes vuillards.
La législation récente des écoles, dans tous les pays, a fait des efforts pour prévenir ces tristes résultats de l'éducation intellectuelle. On n'est cependant pas encore arrivé à une entente complète relativement à ces règlements .
Il paraît que la proposition des Américains appelée les trois huit approche le plus près du but. Ils exigent pour les élèves 8 heures de sommeil, 8 heures de travail et 8 heures de récréation.
En Allemagne, on considère les dispositions de la Strasbiirgcr Commission'^ comme les meilleures. D'après celle-ci, le travail à domicile pour les écoles supérieures de garçons doit être réduit :
Pour la neuvième jusqu'à la septième (inclus) à 0 heures par semaine;
Pour la sixième et la cinquième, à 8 heures ;
Pour la quatrième et la troisième, à 12 heures ;
Pour la deuxième et la première, 12 à 18 heures.
Il est évident qu'avec si peu de travail à domicile on doit exiger des professeurs des capacités plus grandes. C'est à cause de cela qu'on demande en Allemagne de n'accepter pour précepteur qu'une personne ayant reçu une instruction soignée et ayant la vocation de l'enseignement. L'hygiène concernant l'instruction même doit aller en conformité avec le reste de l'hygiène scolaire.
L'instruction ne doit pas se faire pendant plusieurs heures de suite ; chaque heure d'étude doit être suivie d'une récréation.
D'après l'expérience faite en Finlande, la concentration des heures de classe dans la première moitié de la journée a été trouvée moins fatigante pour la santé générale des élèves, ainsi que pour les yeux, puisque les études se font à la lumière du jour.
Il faut quatre repas par jour aux enfants : un premier déjeuner avant de se rendre à l'école; le second, à un moment convenable entre les heures de classe: le troisième, lors de la clôture de l'école ; et enfin le soir, une heure, avant de se coucher.
La gymnastique et les exercices corporels réguliers devraient Jans les études occuper beaucoup plus de place qu'à présent. Les exercices tels qu'ils existent en France et en Suède constituent, après la gymnastique, un moyen très efficace de perfeclionnement du corps pendant les années de classe. Il faut toutefois remarquer que les exercices doivent avoir lieu en plein air, sur une place, qu'il ne doit pas y avoir de poussière, qu'ils doivent se faire par petits groupes afin d'avoir suflisamment d'air frais pour chacun.
Des mesures de prÉvethon des maladies. — On sait que les maladies contagieuses * Aertzliches Gutachtes iibcr das hôliere Scluilwcsen Elsass-Lothringens, Slrassburg, 1882.
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se répandent avec grande facilite par les écoles. Des mesures législatives détaillées pour prévenir cette propagation sont donc de toute nécessité.
Les maladies contre lesquelles des mesures s'imposent sont :
l"^La variole, le typhus exanthématique, le typhus recurrens, la rougeole, la scarlatine, la diphtérie, la dysenterie et le choléra;
2° La fièvre typhoïde, rinHammalion contagieuse des yeux, la coqueluche, la gale et le favus.
Les enfants frappés d'une des maladies désignées aux n°* l et 2 ne doivent pas venir à l'éco'e. 11 en est de même des enfants en honne santé dans la famille desquels se trouvent des malades du groupe i ou 2.
Les enfants ne doivent être reçus de nouveau à l'école que lorsque le danger de contagion peut être considéré comme passé. Comme durée normale de la variole et de la fièvre scarlatine, on compte six semaines, et pour la rougeole quatre semaines.
Avant de retourner à l'école, les enfants des familles malades doivent avoir pris un bain, et leur domicile ainsi que leurs vêtements doivent avoir subi une désinfection.
11 ne faut pas transporter les enfants malades d'un endroit à un autre ; ce n'est permis que lorsque le danger est passé.
Les mêmes prescriptions doivent être valables aussi pour les insliluteurs.
Si quelque personne domiciliée dans l'école vient à tomber malade, le médecin compétent doit décider si on doit fermer l'école ou si d'autres mesures paraissent suffire.
En temps d'épidémie, une propreté minutieuse doit être observée dans tous les locaux et surtout le terrain de l'école ; les pièces doivent être soigneusement aérées et les cabinets désinfectés journellement si cela parait nécessaire.
Si, malgré toutes ces précautions, de nouveaux cas de maladies se produisent ou si une épidémie grave menace de se propager, l'école ou certaines classes infectées doivent être fermées.
Si l'école a été fermée par suite du mauvais état général de la salubrité, il ne faut la rouvrir qu'après nettoyage complet, désinfection et avis des médecins compétents.
Les Directeurs des écoles, les parents et les tuteurs doivent, chacun en ce qui les concerne, être responsables de l'observation de ces prescriptions.
De l\ suRvriLL.VNci: de L"nvGi.';NE scolaire. — La situation que l'hygiène scolaire occupe maintenant dans tou.5 les pays civilisés n'a pas été acquise sans une lutle souvent acharnée entre les pédagogues et les administrateurs d'un côté, et les médecins de l'autre. Les instituteurs n'ont pas voulu permettre l'invasion d'une puissance étrangère sur leur territoire, et les administrateurs ont souvent méconnu de justes exigences. Ils considéraient que, si l'on en tenait compte, toute l'institution et l'école en subiraient un dommage bien plus grave que si quelques individus faibles en souffraient. Au lieu d'une réforme lente et successive dans le système scolaire, on avait craint une révolution complète, une fermeture de tous les vieux locaux servant d'écoles, etc., etc.
Les hygiénistes se sont trompés en faisant une différence maripiée entre l'hygiène publique et l'hygicne privée des écoles.
En examinant de plus près l'hygiène publique des écoles, chacun doit convenir (jue des médecins spéciaux ne sont pas absolument nécessaires. Car, bien que les médecins se soient aperçu les premiers des imperfections et aient pris l'initiative lies améliorations, l'hygiène publit|ue scolaire est si liée à l'inslruclion que c'est aux maîtres ii surveiller son application. Ils ne doivent pas en charger les autres, ils doivent être eu.v-mêmes compiHents.
11 va sans dire f|ue les médecins de l'Etat et des communes doivent inlervcnir |)0ur surveiller la construction des bâtiments t-t «j>our prévenir ii-s maladies contagieuses. Les écoles doivent être, comme tous les établissements [uiblics cl particuliers, sous la surveillance des autorités hygiéniques; c'est pourquoi, au point de vue
sanitaire, des inspections régulières doivent avoir lieu avec le directeur de l'école ; un rapport doit être ensuite adressé aux autorités supérieures.
Il est à souhaiter que des instructions spéciales soient publiées pour ces inspections.
L'état sanitaire des élèves ne doit pas être compris dans cette inspection, à moins qu'il ne soit en rapport immédiat avec les dispositions des locaux scolaires.
Le soin de l'état sanitaire des élèves appartient à l'hygiène privée.
On peut se demander si cette partie de l'hygiène scolaire ne doit pas être de la dépendance des familles elles-mêmes, ce qui est le cas dans la plupart des pays.
Si toutes les mesures qui appartiennent à l'hygiène publique des écoles ont été prises, il semble que l'Etat et l'école ont fait tout ce qu'on peut exiger pour préserver les enfants des influences nuisibles de l'instruction. L'hygiène scolaire ne peut viser que la protection générale qui est égale pour tous. -L'hygiène individuelle des élèves, qui ont chacun une constitution difTérente, des dispositions héréditaires pour certames maladies, etc., doit appartenir toujours aux familles, sauf dans les internats, d'autant plus que les enfants ne sont à l'école qu'un tiers de la journée.
Les mesures bienfaisantes que l'Etat, les communes ou les particuliers ont prises pour secourir les élèves pauvres et maladifs, pour les fortifier par les soins médicaux, parles colonies de vacances, etc.. sont des choses qui appartiennent plutôt à l'assistance des malades, qu'à l'hygiène scolaire.
DisposiTiOiVS SANITAIRES RELATIVES AUX ÉCOLES. — A Londres et en Angleterre en général, c'est aux médical officers of heallh et aux inspectors of nuisances de surveiller l'hygiène publique des écoles. Le premier doit prévenir la propagation des maladies contagieuses et s'enquérir de tout ce qui peut influer sur l'état sanitaire dans les écoles mêmes. Le second doit, tout en visitant les écoles, veiller à ce que la ventilation, le chauffage,, l'éclairage, le nettoyage, les lieux d'aisances, etc., se trouvent dans un état satisfaisant. S'il a remarqué quelques défectuosités, il doit en référer m bureau d'hygiène. Si les autorités communales ne veulent pas prendre des mesures pour les améliorations nécessaires, l'administration a le droit de diminuer, de retenir même les contributions d'Etat. En cas de refus, l'école peut être fermée.
L'hygiène privée scolaire, ou le soin de l'état sanitaire des élèves, appartient, dans les écoles primaires, au conseil de l'école et aux familles. Dans les écoles secondaires il y a des médecins, engagés par les administrations des écoles ; c'est eux qui doivent surveiller l'hygiène publique et privée, mais ils n'ont rien à faire avec le bureau d'hygiène ni avec l'administration. On doit plutôt les considérer comme des médecins particuliers.
Les classes ne sont chaufl'ées dans la saison froide que par des poêles, construits en général d'après le système de Douglas Galton (voir la p. 59) avec l'introduction de l'air chaud et pur par des tuyaux spéciaux ; en même temps l'air vicié est évacué par le tuyau de fumée. L'air frais est introduit d'ailleurs par des tuyaux de Tobin.
Dans les nouvelles maisons d'école, on trouve, outre lesdits établissements de ventilation, une corniche métallique longeant la salle entière audessous du plafond. Elle est construite d'après le système de M. Patt, et consiste en un tuyau en tôle divisé dans toute sa longueur en deux canaux par une plaque horizontale. L'air frais est introduit dans le canal inférieur, par
des ouvertures faites dans le mur : il sort dans la salle par de petits trous innombrables percés dans le tuyau. Le canal supérieur est aussi perforé pour recevoir l'air vicié qui sort par des tuyaux dévacuation spéciaux, montant verticalement des deux côtés du tuyau de fumée qui les échautîe. Les tuyaux d'évacuation sont munis en haut d'un aspirateur de ventilation, auquel en Angleterre on attache un;; grande importance (voir p. 101).
Les vitres supérieures, qui s'ouvrent obliquement en dedans, s'emploient
FIlt. 71. — Plaiiclier avec joints asplialti''s
aussi pour le changement d'air toutes les fois que le permet la température '.
Pour réclai.-age on se sert partout du gaz; chaque bec contribue aussi à la ventilation, comme dans les hôpitaux.
Ce qui est important, surtout dans les écoles, c'est que les planchers ne résonnent pas et qu'ils renvoient le son aussi peu que possible. La meilleure construction à cet égard, employée à Londres, non seulement dans les écoles, mais aussi dans les hôpitaux et dans d'autres bâtiments publics, consiste en un plancher de lames en bois, avec des joints asphaltés, posé sur une couche de béton (fig. 71).
* Le cliangement complet de l'air .se fait entre les heures de classes par l'ouverture des portes el des fenêtres.