‹ Traité de l'hygiène publique d'après ses applications dans différents pays d'EuropeChapitre 31 sur 98 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

GÉNÉRALITÉS. — Divisioii sanitaire de la ville. ^ Orgai)isation et législation sanitaires. — Dispositions sanitaires relatives à l'air. — Dispositions sanitaires relatives à l'eau. — Dispositions sanitaires relatives au sol. — Nettoiement. — Canalisation. — Lieux d'aisances. — Etables. — Abattoir?. — Mesures contre la propagation des maladies contagieuses. — Vaccination. — Isolement et soin des malades. — Désinfection et sépulture. — Prostitution. — Edifices publics.— Habitations ouvrières. — Hygiène industrielle. — Hygiène scolaire.

(jrii.\ÉR\LiTÉs. — La inagnKique capitale de l'Ecosse est située sur la rive sud de la vaste embouchure du Fortli. Son territoire ne s'étend pas jusqu'à la mer, quoiqu'il n'y ait aucune séparation entre elle et la ville de Leith qui lui sert de [)ort.

Le sol est très accidenté. Dans l'intérieur de la ville, s'élèvent à l'est les hauteurs de Castle Hill (117 m.) avec l'ancien et fameux château, à l'ouest les Calton Ilill (9!2 m.). Tout près d'Edimbourg, du côté sud-est, se dresse l'Arthurs Seat (240 m.) dont le prolongement est formé par les Pentland Hills (ooO m.) qui s'étendent à l'intérieur du pays sur une longueur de 45 kilomètres.

La ville occupe une superficie d'environ 13 kilomètres carrés ; deux vallées, de direction ouest à est, la divisent en trois parties. Au midi et sur les flancs de Castle Hill, c'est la vieille ville. Elle offre un très grand intérêt à l'historien et à l'archéologue ; pour l'hygiéniste elle est un objet de sérieuses méditations sur la question de savoir comment il est possible de satisfaire aux exigences de l'hygiène sans porter atteinte aux vénérables souvenirs historiques.

La vallée qtii borne au nord la vieille ville, est en grande partie couverte de magnili(pies jardins ( Princes strcet Gardens), avec le superbe monument de Walter Scott et plusieurs statues des hommes illustres de ce pays. De l'autre coté des jardins est la nouvelle ville, fondée en 1768, située sur un plateau qui se prolonge du côté est et se termine par le Caltun Hill. Au nord, la nouvelle ville est bornée par une vallée qui traverse la petite rivière, Water of Leith d(jnt les bords escarpés et couverts de jardins ofl^rent le coup d'œil le plus pittoresque.

Au nord de la Water uf Lcilli se trouve un faubourg de nouvelle date, et bien bâti.

C'est du côté du midi que la ville a pris la plus grande extension; c'est là que se trouvent les grands faubourgs de Newington et de Morningside (Southern Suburbs). Depuis la destruction, en 1800, des remparts de la vieille ville, ces faubourgs en font partie tout en constituant un quartier séparé.

En 1888, Edimbourg comptait 262,733 âmes, s'clevant à 350,000 si on y comprend la population de Leith. Ce port est une ville spéciale avec une administration et une organisation sanitaires particulières.

Les parties les plus basses d'Édiinbourg sont à 30 mètres, et les parties les plus élevées à 60-7o mètres au-dessus du niveau de la mer.

Cette ville n'est ni commerçante ni industrielle; c'est un centre artistique et scientifique. Aussi, l'imprimerie et les professions qui s'y rattachent constituent-elles la principale industrie de la cité.

Son Université et sa Faculté de médecine sont les plus renommées de la Grande-Bretagne ; on y trouve encore un grand nombre d'écoles en tout genre.

Le climat est agréable ; la couche hygrométrique annuelle a une épaisseur moyenne de 0 "\ 65.

La mortalité y est maintenant d'un peu moins de 19 p. 1,000. Les chiffres suivants montrent l'influence des améliorations accomplies dans le service sanitaire :

En 1863, la mortalité était de .... 2o,*8 1,000.

De 1875-1879, — .... 21,7 —

De 1880-1884, — .... 20,0 —

De 1885-1888, — .... 18,8 —

Division sanitaire de la ville. — Edimbourg forme trois grands districts sanitaires (Old-Town, New-Town et Southern Suburbs), qui se confondent avec ceux de l'Assistance publique.

Pour avoir une idée plus exacte du service sanitaire, le D'" Littlejohn, médical officer of liealth très actif, a divisé la ville en 19 sous-districts. Il a fait une statistique pleine de renseignements sur la salubrité, non seulement de chaque district, mais encore de chaque rue et de chaque maison. Cette statistique a été poursuivie régulièrement pendant vingt-cinq ans. On comprend donc combien la salubrité de chaque maison est connue du bureau de santé. Aussi, avec le temps, il s'est formé cette pratique intelligente de ne louer une habitation qu'après s'être informé de sa salubrité près du Board of Health. Cela a eu pour conséquence de faire améliorer les conditions sanitaires de leurs maisons par tous les propriétaires soucieux de louer.

Organisation et législation sanitaires. — Le service s^ani taire est dirigé par un seul bureau dont le chef est un Mjdical office.' of Health. Les autres employés sont un secrétaire et trois inspecteurs sanitaires.

Los instructions à l'usage de ces employés sont les mêmes qu'en Angleterre.

Le surveyor ou ingénieur sanitaire fait aussi partie du service de salubrité;

mais il a un bureau spécial ; ses rapports avec le bureau de santé ont ua caractère purement consultatif.

La surveillance de l'observation des lois dliygiène appartient du reste à la police. Pour rendre sa tâche plus facile, elle a divisé son service d'une façon pratique.

L'inspection supérieure des garnis (Gonnnon lodging liouses) est faite par l'officier le plus âgé de la police (senior lieutenant), un autre a les logements ouvriers, et ainsi de suite.

Les questions les plus importantes du service sanitaire sont décidées en dernier lieu par le Town Council (conseil municipal).

Outre la loi dhygiène publique, il y a des ordonnances municipales sur l'hygiène; elles se trouvent en partie dans VEdiaburgli municipal and police Act of iS'9, où elles constituent des ordonnances particulières telles que : Edinburgh slaughter houses Act, 1850; Edinburgh markels and customs Act, 1874, etc.

Ces ordonnances, se rapportent aux descriptions des différentes dispositions de la loi générale.

Dispositions sanitaires relatives a l'air. — Les conditions concernant l'hygiène de l'air dans les différentes parties de la ville, diffèrent entre elles plus que dans n'importe quelle autre cité. Gela est dû à la position accidentée, à l'ancienneté et à l'inégalité des constructions des quartiers de la ville.

L'ancienne ville, sur les flancs de la colline du château qui, au commencement de ce siècle, était encore environnée de murailles, manque absolument de jardins publics et de places plantées d'arbres. Les maisons y sont étroites et souvent sans cour.

La hauteur des bâtiments (quelques-uns atteignent dix étages^ est un obstacle e-ssentiel à la pénétration du soleil et de l'air jusqu'au sol de la rue, souvent humide. De plus ces maisons, autrefois demeures de la noblesse, sont maintenant presque exclusivement habitées par les classes les plus pauvres, ce qui contribue à rendre encore plus difficile la purification de l'air de ce quartier.

Toutefois, dans ces derniers temps, en élargissant des rues et en rasant bon nombre de vieilles maisons, on a amélioré il'une façon remarquable les conditions de salubrité de l'air.

La preuve ({ue ces mesures ont été couronnées de succès est la faible mortalité générale, à la^juelle d'ailleurs les autres améliorations sanitaires ont contribué.

Les habilanls de la Grande-Bretagne, beaucoup plus (jue les autres peuples, ont une notion juste de l'importance de la ventilation, de sorte qu'ils réagissent contre les dangers de la mauvaise construction des bâtiments. Même <|uand il fait froid, les fenêtres des hautes maisons s'ouvrent ; enfants et adultes, sans crainte des refroidissements, respirent l'air plus pur des couches supérieures.

La vieille ville, cependant, est entourée de trois côtés par des places grandioses. Au nord, les magnili(iues Princes slreel gardens s'étendent de l'ouest à l'est, à travers la ville; à l'est, est le Qiieens J*ark, près du palais llolyrood

Ce parc se continue sur les grandes hauteurs de Arlhurs Seat, qui est entouré d'une belle promenade, Queens Road. Au sud, se trouvent des prairies (meadoivs), d'immenses champs où le public se livre à toutes sortes de distractions en plein air; l'équitation pour les riches et le jeu du foot bail pour les moins favorisés delà fortune.

La ville neuve, où habite maintenant la fashion, possède de larges rues bien aérées, coupées par des places rondes, ovales ou carrées, appelées circus, crescents et squares, bien plantées d'arbres et avec du gazon. Il existe de belles

Fig. 72. -Coupe. Fig. 73. —Élévation. Fig. 74. — Autre élévation.

Ventilateur de Buchan.

promenades en différents endroits des rives du Water of Leilh ; l'imposaiU Calton mil avec sa magnifique vue se trouve à l'est de la ville neuve.

Dans les faubourgs, les maisons sont plus rares, elles ont des jardins, cl donnent aux habitants un avant-goilt de la campagne avec son air pur et frais.

Dans la ville neuve, les maisons n'ont jamais une hauteur supérieure à la largeur de la rue ; généralement elle est moindre. On ne peut bâtir des maisons, avec des cours closes par des murs, et encore moins avec des courettes. Les maisons comme dans toute la Grande-Bretagne, ne sont jamais bien grandes, car elles sont pour une seule famille. Chacune doit avoir une cour ouverte sur le derrière ; il en résulte qu'au centre de chaque groupe existe une grande place libre, divisée, pour chaque habitation, par des murs de la hauteur d'un homme. Ces

places ou cours intérieures, présentent souvent un tapis de verdure avec ou sans arbres; elles sont fort bien tenues. Vues d'une fenêtre d'un étage supérieur, elles offrent un curieux coup d'œil, en dévoilant certains épisodes bien intimes de la vie de famille.

La ventilation des maisons est en Ecosse la même qu'en Angleterre. L'amélioration imaginée dans l'un de ces pays trouve facilement son adoption dans l'autre. Un appareil équivalent de l'air pump ventila tor de MM. Boyle and Son est Vexhaust ventilalor de l'ingénieur Buchan, de Glascow.

La fig. 72 est une coupe de ce ventilateur représenté fig. 73; sa base A est posée sur un oadre en b tis B, placé sur le faîte C.

Fig. 7u. — VL'iitiliitfur Bucliaii avec ratiti-iluwn (Iraiii^lU valve l»ux.

Il est beaucoup employé pour la ventilation des églises, des salles de conférence, écoles, hôtels, fabricpies, hôj)itaux, etc.

La figure 7-4 est une forme j)lus ornementale du môme appareil.

Pour éviter que le courant d'air ne soit repoussé vers le bas, et alin de supprimer les inconvénients qui en résulteraient pendant la saison froide ou par des vents violents, M. Buclian a construit son anli-doicn (IrnuglU valce box,

qui peut être joint à son ventilateur. Sa disposition est représentée en coupe figure 75.

B est le ventilateur breveté Buclian, placé sur l'échafaudage K du faîte. LF est le tuvau de sortie, partant de la chambre à soupapes A (valve box), posée sur une planche M au-dessus des chevrons, J est le plafond. G sont des valves se fermant seules et équilibrées de façon à s'ouvrir au plus faible courant d'air ascendant et à se fermer au courant descendant. D est une vitre existant de chaque côté de la boule A afin de voir le fonctionnement des valves. E est une plaque d'un certain poids, à laquelle est fixée une corde N passant sur le bloc G. Par ce moyen le ventilateur peut être fermé pendant que l'on chauffe, et le courant peut être réglé.

Les proportions relatives du mitron et du tuyau de sortie sont généralement telles que le diamètre du premier est le double de celui du second. La proportion diminue cependant pour des tuyaux au-dessus de 17'"", 5. Ainsi, par exemple, un tuyau de 20 centimètres n'a besoin que d'un mitron de 37"",^}, un de 30 centimètres un mitron de oo centimètres, et un de 30 centimètres un de 90 centimètres. Pour des tuyaux au-dessous de 6'"', 5. le mitron au contraire doit être d'une grandeur un peu supérieure au double du diamètre.

La puissance de la ventilation dépend naturellement de la force du vent et de la différence de température entre l'intérieur et l'extérieur. Les bâtiments en plein air n'ont besoin que de la moitié des ventilateurs nécessaires pour les bâtiments élevés dans les rues étroites. Pour les églises contenant plus de 300 personnes, on compte en moyenne une ouverture de sortie de 6""^l25 par personne, ou d'après un autre calcul, par 3"'^55 d'espace. Plusieurs petits tuyaux sont préférables à un gros et peuvent déboucher ensemble dans un grand. Dans ce cas, l'aire du tuyau principal peut être moindre de un quart que celle des petits tuyaux.

Pour les bâtiments sans entretoit, il suffit d'avoir des ventilateurs sur le faite, directement sans tuyaux de sortie. Seulement, si on veut les réunir à une boite à soupapes (val^^e box), il faut entre le ventilateur de cette boîte un tuyau d'une longueur de 0"',6U à 0"',90. La valve box est établie comme il est montré en 0 11 dans la figure 7o.

Pour les écoles, petites églises, salles de réunion et en général chambres dont on fait usage quotidiennement et pendant assez longtemps, on a besoin d'une superficie de sortie de 15 à 25 centimètres carrés par personne.

Dans les hôpitaux, ou chaque malade a 40 à 50 mètres cubes, il faut 12 à 16 fois plus de superficie de sortie de l'air que dans les écoles.

Pour les chambres ordinaires, il faut compter des tuyaux de section de 626 centimètres carres, et en plus, pour chaque personne, 25 à 100 centimètres carrés.

Un autre appareil très ingénieux est celui appelé ventilaleur Honeyman ou Diaphragma, imaginé par le célèbre architecte écossais John Honeyman, de Glascow.

Cette construction, représentée parles figures 76 et 77, consiste en une longue boîte à air, placée horizontalement entre les chevrons dans l'entretoit. et

s'ouvrant à l'air libre à travers les murs des deux côtés opposés. Elle peu^ aussi être fixée au-dessus de l'entretoit, s'ouvrir de chaque côté du toit, ou passer d'un mur faîtierà l'autre.

Le fond de la boite à air est en pente à l'extérieur, et est couvert de plomb et de zinc afin que la pluie puisse facilement s'écouler.

Au milieu de la boîte à air, communiquant avec l'ouverture de la chambre, se trouve le diaphragme.

La figure 76 montre un diaphragme convenable pour ventilateur au-dessus de l'entretoit. La figure 77 en représente un semblable ajusté dans l'entretoit.

Quand le vent souffle dans le'ventilateur par A, les valves B se ferment; l'air passant par l'ouverture D augmente de vitesse et produit un courant ascendant

Ki;^. 70.

Vciitilaleiir Hoiievman.

allant vci"s l'exirrieur E. L'air des chambres est ainsi aspiré et passe par F.

Les valves sc^r.t en soie huilée ou imperméable, elles sont disposéesde telle façon qu'elles sont ouvertes quand l'atmosphère est calme; alors l'air impur de l'appartement sort des deux côtés.

Ce ventilateur {tarait présenter des avantages sous beaucoup do rapports. On peut le placer sans qu'il soit besoin d'arrangements décoratifs à l'extérieur; il a une large ouverture de sortie sans causer de courant il'air ni en haut ni en bas. Contrairement aux autres ventilateurs (pii cn'eiit des courants d'air dans des petits tuyaux par l'action du vent dans de grands tubes, ici le eourant est |)roduitdans un grand tube par l'action diivetitsur un j)elit.

Dispositions SANiTAnii:s iu;laïivi;s a i.'kai'. — Édimiiourg possède une disli-iliutioii d'eau depuis 1681. Jusqu'à cette date, l'eau enqjloyée dans la ville, iHait unifpiement fournie par îles sources jaillissantes îles flancs de («istle llill. Aujoui-d'hui même, il en existe encore un grand nombre dont on se sert, l^a |)r(Mnière distribution d'eau amenait celle-ci de sources diveises aux iilenloiirs dr la ville par des tuyaux en bois.

IIYCIKMC l'UULKJL'K. lîj

La Compagnie des eaux actuelle a été fondée en 1819; l'eau venait des puissantes sources Grawley Springs, dans les montagnes de Pentland. Gomme celles-ci étaient insuffisantes, la Compagnie a construit un aqueduc amenant l'eau deMorfoot Hills à 60 kilomètres de distance. L'eau vient de la montagne à une telle hauteur (650 mètres), qu'on n'a pas besoin de pompes élévatoires.

Cette eau est cependant trouble, surtout pendant les temps pluvieux, et il faut la fdtrer. Les bassins de filtration, à Colington, sont à environ 5 kilomètres au sud de la ville.

L'eau amenée au moyen de tuyaux en fonte de fer est reçue à Colington dans un grand bassin collecteur. De là elle s'écoule dans les bassins de filtration puis dans un réservoir, d'où elle se dirige vers la cité. Colington occupe une position si élevée au-dessus d'Edimbourg que l'eau, par simple gravitation, atteint les points les plus hauts de la ville, même le vieux château construit au sommet de Castle Hill.

Le filtre se compose, comme d'habitude, de quelques couches de pierres par ordre décroissant de grosseur, de gravier, et enfin de sable. Les pierres occupent le fond du filtre. Les immondices restent dans la couche supérieure de sable, aussi doit-on enlever celle-ci de temps à autre. Quand l'épaisseur de la couche a été amoindrie jusqu'à un certain point, on y ajoute du sable purifie'. Ordinairement, ce nettoyage est long et très coûteux, car on enlève manuellement le sable, on le nettoie et ou le reporte dans le bassin. Comme chaque bassin d'eau a une superficie de 3000 mètres carrés, on comprend quelles grandes quantités de sable doivent être remuées à chaque lavage, même lorsque la couche supérieure seule est nettoyée.

A Edimbourg (Colington), on emploie pour laver et purifier le sable un moven aussi simple que pratique. C'est dans le bassin même que l'opération se fait.

Au-dessus de l'ouverture d"un tuyau qui amène l'eau du collecteur au filtre. est ajustée une caisse en tôle placée de manière que le tuyau débouche au milieu du fond de la caisse. Au-dessus de cette ouverture, on place un espèce de couloir à travers lequel passe l'eau en jets. La caisse mesure H mètres de longueur et 1 mètre de largeur; un des petits côtés est un peu plus bas que les autres.

0-1 remplit la caisse partiellement avec du sable sali et on ouvre le robinet ; l'eau venant du fond met le sable en mouvement; celui-ci tourbillonne et est ainsi lavé. L'eau sale s'écoule par le bord le plus bas de la caisse et est évacuée au moyen de canaux. Afin de purifier le sable d'une façon égale, on le remue de temps en temps dans la caisse.

Deux tuyaux semblables existent dans chaque bassin pour que le transport du sable à la caisse soit plus facile.

Il est ai-ié de comprendre quelle grande économie de travail présente celte iuéthode de nettoyage.

On a màme su employer l'eau sale du lavage. On la recueille dans deux grands bASsins et on l'emploie à l'arroiage des cha nps situés plus bas.

Toutes les maisons d'Élimbourg ont actuellement une distribution d'eau. On ne peut construire aucune maison sans se conformer à cette règle. Dans les

EDIMBOIRG

quartiers pauvres où les maisons sont habilées par plusieurs familles et où il n'y a pas de water-closets (voir plus loin), des robinets d'eau se trouvent sur le palier à chaque étage.

Dans les rues et sur les places publiques il existe un grand nomlire' de fontaines avec des coupes au service des passants. Quarante-neuf anciens puits sont encore en usage.

L'impôt pour l'eau est payé partout dans la ville par le propriétaire de l'im-

Fiu-. IS.

Buîie Gleiilielil pour le iiettuifuicMit des coniluites (rt'aii.

meuble. Il est d'un certain pourcentage du loyer. On évite ainsi, de la part des locataires, une consommation trop économi({U9. Les compteurs d'eau ne sont pas permis.

L'expérience a démontre que. dans les tuyaux de conduite, lise forme, avec le temps, des inscrustations et des dépôts de boue qui obstruent les tuyaux. On a construit des appareils spéciaux pour enlever ces dépôts.

Les figures 78 et 79 montrent un appareil très ingénieux, imaginé par la maison Glenfleld and C", de Kilmarnock (Ecosse), pour le nettoiement des grands tuyaux de fer. A chaque courbe de la conduite est ajusté sur elle-même un tuyau de la furme montrée fig. 78. Lorsfiu'on veut nettoyer, on enlève !'■ couvercle et on introduit l'appareil (iig. 7'J) dans cette boîte, rextrémité

F'iir. '!».

Alii'aicil (llciiCu'Id iimir le iiotldicmeiit des ciiidiiiles ij'eaii,

poiiiliii- dans la direction du crturant. On ferme; l'aïqiarcil est poussé par la pression de l'eau et l'onclionnc en grattant les di'qiôts.

Cet af)pareil est en usage dans [)liisieiirs endroits d'Kcosse.

l'idir les lny,iii\ plus petits, la méiue m.iisMii a construit ini appareil plus sinqde, c'est une sorte de pelle ovale en tôle, de la forme du tuyau, et fixée contre lui à l'aide d'un ressort. Un manche en bois permet de la pousser en avant et en arriére poui' gratter les dé[)ôts.

Dispositions sanitaires relatives aux aliments. — Ainsi qu'il a déjà été dit les Sale of food and drugs Acts sont en vigueur en Ecosse, Une des fonctions les plus importantes des inspecteurs sanitaires d'Edimbourg est le contrôle de l'observation de ces règlements. La confiscation et l'examen de ce qui est saisi s'opèrent de même qu'il a été décrit pour l'Angleterre et Londres.

Outre ces règlements généraux relatifs à la vente d'aliments gâtés ou falsifiés, Edimbourg possède encore dans le même but des dispositions assez rigoureuses. Les mesures contre la vente de viande d'animaux malades sont ici plus sévères que dans aucun autre endroit du monde. La tuerie ne peut se faire que dans l'abattoir pour la ville et les alentours dans un rayon de 3 kilomètres '.

Avant de les abattre, on examine tous les animaux et la viande après l'abatage. Toute chair d'animaux malades est de'truile ou rendue impropre à l'alimentation.

Les bêtes qui sont trouvées à l'abatage atteintes de pleuropneumonie, sont remboursées aux trois quarts de leur valeur comme dédommagement à leur propriétaire.

Les viandes foraines doivent être portées à l'abattoir, et être examinées avant la mise en vente. Le propriétaire de chaque bête ou partie de bête paye à l'abattoir les mêmes impôts que si l'animal y avait été tué. Il ne peut introduire en ville ni peau, ni cornes, ni ongles.

Ces règlements, rendant la viande importée plus chère que celle abattue en ville, ont atteint le but voulu, c'est-à-dire qu'on amène presque uniquement des bêtes vivantes; par suite le contrôle est plus exact.

Pas plus qu'à Londres, on ne recherche les trichines dans la viande de porc. La population ne la mange que bien cuite et des cas de trichinose n'ont jamais été constatés. Le commerce de viande est libre; les magasins et les marchandises sont cependant soumis à une surveillance rigoureuse de l'inspection sanitaire.

En sus des règlements cités précédemment, le commerce du lait est soumis aux prescriptions suivantes :

Tous les locaux destinés au commerce du lait doivent être approuvés au point de vue sanitaire par le bureau de santé.

Des cas de maladie dans la famille du vendeur ou parmi ses domestiques doivent être signalés. Les prescriptions données alors pour éviter le développement de la maladie par le lait doivent être suivies avec une exactitude absolue.

Les inspecteurs sanitaires sont chargés du lait. Ils prélèvent de temps en temps des échantillons et les remettent au chimiste de la ville (public analyst)-, pour l'examen prescrit par la loi.

Dispositions sanitaires relatives ausol. — Nettoiement. — Relativement à la construction et au nettoyage des rues et places publiques, on a, à Edimbourg comme partout où l'on cherche à arriver à quelque perfection, remis ces soins

' Ces environs apjinriicnncnt encore sons d'autres rapports au district sanitaire d'Édimbouri^. (Voir les lois sanitaires pour l'Ecosse.)

- Ce cliimisle, un des pliarmacieiis de la ville, touche 2,500 francs par an et est en outie pavé pour chaque analyse laite dans son labjratoire.

à l'adniinislraliun de la ville. Les rues principales sont généralement pavées en pierres; les plus récentes le sont en l)ois sur une couche de béton, comme à Londres. Les rues secondaires sont pour la plupart macadamisées. Le long de la voie des tramways, les espaces entre les pavés sont remplis d'asphalte.

Les trottoirs des rues principales sont en granolithe, sorte de pierre artificielle en blocs de 1 à 2 mètres carrés.

Les principales rues sont balayées de très bon matin, et toutes les boues sont enlevées avec les immondices. Dans les autres rues, le nettoiement se fait même pendant la journée.

Les ordures ménagères sont emportées tous les jours. Il est défendu d'avoir dans les maisons des réservoirs à ordures [dustbin) comme ceux de Londres. On met les ordures dans un récipient qu'on place dans la rue le soir et qui est vidé le matin de bonne heure. Les immondices sont emmenées par des voitures soit à l'abattoir municipal pour les mélanger aux ordures de cet établissement, soit à un dépôt hors la ville près du chemin de fer qui les transporte plus loin.

Canalisation. — Dès le commencement de 1860, Edimbourg possédait un réseau complet d'égouts. D'après les règlements locaux, chaque maison dans la ville doit évacuer ses eaux sales directement aux égouts. Le terrain de la ville est particulièrement favorable à l'écoulement des eaux vannes. Les deux vallons qui coupent la cité vont en pente vers la mer; les égouts de chaque partie d'Edimbourg peuvent facilement être reliés aux collecteurs dans ces terrains favorables-

Le collecteur principal, suivant la vallée au nord de la vieille ville, va à la ferme d'irrigation de Graigenlinny. Les eaux vannes y servent à fumer de grands champs; c'est une entreprise privée. Le propriétaire de la ferme a fail un contrat avec la ville.

Les arrangements sont très primitifs, dès que le collecteur est sorti de la ville, il devient un fossé ouvert qui conduit les eaux dans les champs. Là, il se ramifie avec un grand nombre de petits canaux servant à répandre l'eau sur le sol. En certains endroits, les ruisseaux latéraux sont munis de petites écluses d'endiguement, pour permettre à l'eau de s'épandre sur certaines parties des champs; le superflu est envoyé à la mer. Dans les environs de la ville, il y a d'autres champs arrosés de la môme fa<;on par les eaux vannes des autres égouts.

Dans l'autre vallon, qui coupe Edimbourg cuule le Waler of Leil/t. Cettr rivière recevait autrefois l'eau des égouts des parties de la ville allant en pente de ce côté. iMais dès 1803, la rivière est devenue si sale, qu'on s'est vu obligé de ne plus y envoyer l'eau d'égout. Elle est maintenant recueillie dans un grand collecteur en fonte de fer qui le conduit directement à la mer, à environ un demi-kilomètre au sud des nouvt-aux docks de Leilli. Le C(tnduit débouche, dans un réservoir intercepteur, à une hauteur suflisanl.> pour que les eaux vannes puissent s'écouler librement, ménie à marée haute. De ce réservoir part un tuyau qui suit le fond de la mer jusqu'au niveau dr l'eau à m;irèt' iiassi-.

Les égouts de rue sont le plus souvent des tuyaux en terre cuite vernissée. Leur forme a été perfectionnée de diverses manières dans ces derniers temps. Les figures 80 et 81 représentent deux des plus nouveaux types construits par l'ingénieur sanitaire, W. Bachan.

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Fig. 80. — Coupe d'un tuyiu de drainage ellipticiueavec nervures.

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Fig. 81. — Coupes d'un tuyau de drainage cylindrique.

La figure 80 est la coupe d'un tuyau appelé egg-shaped ribbed drain pipe (tuyau de drainage elliptique avec nervures). On sait que la vitesse du courant est plus égale dans les tuyaux de forme ovale que dans ceux cylindriques, même quand la quantité d'eau est moindre. Ils exigent aussi moins d'eau pour leur curage. Les nervures A A sont dans toute la longueur du tuyau et servent à le faire tenir dans une position fixe. L'espace intermédiaire est rempli soit avec du ciment, pour rendre les tuyaux plus solides, soit avec du gravier qui sert de drain pour les dessèchements. On fabrique aussi des tuyaux cylindriques avec des nervures semblables.

Il y en a d'autres munis de traverses (fig. 81) (jui soutiennent les joints et les tiennent en place; traverses et tuyaux ?^ont d'une seule pièce.

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L'ouverture ovale E permet d'exa:niner et de nettoyer le tuyau, elle a 45 centimètres de longueur. Le couvercle, en fonte de fer de l'^" , :25 d'épaisseur, est luté au ciment ou à la terre glaire afin de fermer hermétiquement.

Les tuyaux d'écoulemciU des eaux de la surface des rues dél)Ouehenl dans les égouts. Ils sont au niveau de la chaussée, munis d'une grille qui empêche la chule des immondices solides. Ces ouvertures servent aussi pour la ventilation. A certains endroits, on a aussi employé pour la ventilation des

Fig. 83. — Coupe-air Buchan.

Fiij. 8i. — Appai'^'l Biiclian pour recueillir les S'iiisses.

égouts, les gouttières des maisons ou des tuyaux spéciaux montant Justin audessus des toits.

Les tuyaux placés hors de la terre sont généralement en fer; ils passent le long des murs extérieurement se déversant ilans la cour. Les tuyaux d eau de

i;j,r. S5. — Vidui:' de Holieil Hruwii ami Sun.

|)luic servent fré(iu(;mmcut u la déchargedes waterclosels. des baignoires, etc. Les dispositions sont du reste les mêmes (|ue celles décrites pages 7:2 cl L-io.

Ainsi que nous l'avons dit plus haut (p. 75), tous ces tuyaux doivent être

réparés des égouts par des c(uqie-air. Ceux employés générah'ment en Lcossc

..ni construits par l'ingénieur Ihiclian: ils sont représentés figures 8l' et 83.

Ces sii)hons sont faits d'ai.r.-s le même ni. »dMe que le lyp.- proposé parle

Local Governmenl Board (fig. 17 A.). Ils en diffèrent en ce que les parois de l'ouverture descendent verticalement et forment des angles très marqués. Cette disposition produit une chute d'eau aidant à la désagrégation des matières solides; c'est pourquoi on lui donne aussi le nom de Cascad-Action drain trap.

La figure 84 est celle d'un appareil inventé par M. Buchan pour recueillir les matières grasses (Grease trap).

On l'adapte aux tuyaux de décharge des cuisines afin de séparer des eaux ménagères la graisse liquide qui s'écoule avec elles et qui en se refroidissant se dépose sur les parois des conduites et finit par les obstruer.

Un vidoir pour évier, usité en Ecosse, est représenté figure 8o. 11 a été inventé par Robert Brown and Son de Paisley qui le fabriqîient en terre cuite vernissée.

Fi-. 86.

Fi"-. «■;

Ciivelte ft ."^iphori du Perfect front outlet Closet.

Lieux d'aisances. — Dans toutes les habitations de la classe aisée à Edimbourg on fait usage de water-closets. Ils sont semblables à ceux d'Angleterre, avec quelques petites différences dans la forme de la cuvette, comme on le voit dans les figures ci-jointes représentant des types de la maison Robert Brown and Son.

Les figures 86, 87 représentent le Perfect front outlet Closet. Il se compose soit de deux pièces, cuvette et siphon^(fig. 86), soit d'une seule pièce (fig. 87). Comme son nom l'indique les excréments sont aspergés par devant, mais l'ouverture de chute est placée de manière qu'on ne la voit pas, ce à quoi on tient beaucoup en Grande-Bretagne. La quantité d'eau nécessaire est de neuf litres comme pour les autres water-closets. Le tuyau de chasse a 8 centimètres de diamètre.

Le tuyau de ventilation est adapté de manière à être enlevé facilement quand le siphon a besoin d'être nettoyé.

EDIMBOURG 23'i

Les cuveltes, représentées figures 88 et 89, appelées Tlie Fercjuslie Pedestal

Fig^. 88. — Cuvette du cluset tlie FerrjxisUe pedeflul.

Yv^. 8',(. - Aiilie vue de lu iiièiin' ciivcllt'.

50 reconimrindfiit par leur Imiii iiiarrln- (>l leur siiiiplicili- ; elles priivciil aussi

servir d'ui'iiKiifs et d'éviers. Pour toutes ces cuvettes, il n'y a besoin que d'un simple siège en bois à charnières pouvant se relever.

Le water-closet de la figure 90 est d'une forme plus élégante; il en existe ■de toutes les couleurs, même dorés en dedans et en dehors.

Dans les logements ouvriers à Edimbourg, chaque famille ne peut avoir des pi-ivés particuliers; aussi les water-closets ont-ils été reconnus peu pratiques surtout dans les vieilles maisons qui n'ont pas de cour oli l'on puisse, comme à Londres, y placer les latrines.

Dans ces demeures, on fait usage de tonneaux, (jui chaque nuit sont vidés,

Fig. 90. — Xuiivel^e forme tlii closet the Ferguslie pedeslal.

nettoyés et désinfectés. Toutes ces maisons ont dans la rue une bouche à eau, et une conduite à l'égout; les tonneaux y sont vidés directement, curés et •enduits intérieurement d'acide phénique.

Etables. — La coutume, existante à Edimbourg, de tenir des vaches dans l'intérieur de la ville remonte sans doute au temps où c'était une place forte. En 1863, le nombre de ces animaux s'élevait à 2,013 et l'on se plaignait à juste titre des inconvénients qui en résultaient, Depuis lors, l'inspection du bétail et le nettoyage des étables [Byrea) ont été exercés avec tant de rigueur

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que le nombre des vaches, selon toutes probabilités, ne s'est pas accru en même temps que la ville et que toute nuisance provenant de là est empêché.' dans la mesure du possible.

Le droit d'entretenir des vaches dans l'enceinte de la ville, est soumis, outre les règlements de la loi générale, aux dispositions suivantes :

Toutes les étables doivent être enregistrées et mesurées ; c'est d'après leur grandeur que l'on détermine le nombre des vaches qu'il est permis d'y loger.

Elles doivent être de temps à autre inspectées par l'architecte de la ville {Superintendant of Streets and Buildings). Toutes les lois que le plancher ou les tuyaux de drainage ont des fissures ou donnent lieu à quelque autre observation, le dommage doit être immédiatement réparé, après simple avertissement.

Chaque étable doit avoir un robinet d'eau pour la laver et la nettoyer. Le fumier doit être enlevé chaque jour.

Dès qu'une vache est morte, il en sera donné avis à l'inspecteur (jui devra rechercher la nature de la maladie.

Les porcs ne peuvent être entretenus que dans les quartiers situés aux extrémités de la ville. La demande devra être faite à part, elle ne sera accordée que si le local et les autres arrangements ont été approuvés par le Bureau d'hygiène.

Abattoirs. — L'abattoir public d'Ediudtourg est situé près de Fountain Bridfje et fait d'un côté face au canal qui, parcourant une des contrées les plus fertiles du pays, relie Edimbourg à Glasgow. Cette position a été choisie à cause des facilités qu'elle olIVe pour faire emporter les débris par la voie du canal.

L'abattoir est entouré dune haute muraille; lentrée en est interdite au public. Au milieu du terrain, on a construit deux bâtiments parallèles, divise's en cellules précédées chacune d'un espace où l'on place les bêtes destinées à être abattues. Le sol est en pente vers le dehors. Une rigole, qui longe les ikàtiments conduit aux égouts les eaux sales. Chaque cellule est pourvue d'un robinet d'eau, le sol est pavé en dalles degranolithe exactement jointes.

Le sol est partout pavé de pierres carrées.

A proximité des abattoirs, il y a dans' le même enchjs :

1" Des hangars couverts pour le bétail ; le sol e>t jonché dune grande (luantité de tourbe formant litière;

2" Une étaJjle isolée pour les bêtes malades avec un endroit j)our le déptM de leur viande ;

3° Un bâtiment [lour le tiailemt'iil îles intestins, du >uil'. des cornes, des sabots, des peaux, ctte. ;

i" Un séchoir pour la préparation de l'albumine (s('runi desséché).

La préparation de ce produit est fort simple bien «pie \v plus ?-ouvenl, <in veuilh- le tenir secret. Dès (pie le sang•c^t coaguh', on le coupe en morceaux avec un couteau à large lame, et on le met dans des recipii'uls en fei--blanc dont le fond est percé. Le sérum li(|uiile passe alors dans une boile placée au-dessous, [)uis est ensuite séché à une température de U)". L'albumine ainsi obtenue forme

un précieux article de commerce qu'on emploie dans les teintureries et manufactures d'indienneS; où elle remplace le blanc d'œuf sec qui est encore plus cher et qu'autrefois on employait exclusivement à cet usage.

Le sang caillé (fibrine), reste de la préparation de l'albumine, est emporté dans un établissement particulier;

5° Cet établissement sert à la préparation du guano de sang. II s'y trouve une chaudière à vapeur dans laquelle se vaporise la plus grande partie de l'eau contenue dans le sang. La masse est ensuite desséchée complètement à la vapeur, après qu'elle a été épandue sur une plate-forme. Le produit est une poudre employée comme engrais;

&° Le bureau, près la porte d'entrée, avec comptoir et cabinet pour le chef de l'établissement et le vétérinaire.

L'abatage se pratique de la même manière qu"à Londres. Les juifs tuent, là aussi, à leur manière, c'est-à-dire eu tranchant par une forte incision transversale les vaisseaux du cou de l'animal.

Devant chaque cellule sont placées deux brouettes, l'une pour le sang, l'autre pour les intestins et autres issues non utilisables. Elles ne doivent pas entrer dans l'abattoir même.

Les détritus sont emportés ainsi jusqu'à une place derrière l'abattoir; là on les charge dans un tombereau à un cheval. Quand il est rempli, il est conduit au dépôt près du canal, en dehors de l'enceinte de l'abattoir.

On y apporte chaque jour une assez grande quantité d'immondices de la ville. Elles sont étendues en couches de 0™,50 d'épaisseur, sur lesquelles on dépose les débris de l'abattoir, puis on recouvre le tout d'immondices sèches, Cette masse, ainsi mélangée, n'a plus rien de dégoûtant; on la charge immédiatement sur des toues qui l'emportent dans la campagne. Les détritus recueillis dans la matinée sont ainsi enlevés dans la même journée.

On paie 200 francs de loyer annuel pour une cellule. Plusieurs bouchers peuvent s'associer pour la location en commun.

Il est paye' en outre pour chaque pièce de bétail abattue :

Bête H corne 60 centimes.

Porc 30 —

Veau 30 —

Mouton 10 —

Cerf ou chevreuiL . . . 30 —

Les personnes qui n'ont pasde cellule paient le double.

Mesures contre la propagation des maladies contagieuses. — Vaccination. — La vaccination se fait à Edimbourg dans trois dispensaires publics [dispensaries) , où les malades pauvres reçoivent gratuitement des consultations et des médicaments. C'est aussi là que les étudiants en médecine sont instruits dans la pratique de la vaccination qui dans la Grande-Bretagne ne peut être exécutée que par un médecin.

Isolement et soin des malades. — Edimbourg est peut-être la seule ville du monde où la déclaration des maladies contagieuses ait reçu le plus com-

plet développement possible. L'expérience a prouvé que pour de semblables notifications, les prescriptions légales ne suffisent pas. Le D"" Liltlejohn, pensant avec raison que pour arrêter la propagation d'une maladie contagieuse, il est absolument nécessaire de connaître tous les cas qui se sont manifestés, a fait adopter le décret suivant qui se trouve dans YEdinburgh Municipal and Police Act 1879:

« Pour pouvoir aviser aux mesures les plus efficaces contre la propagation des maladies contagieuses, tous les médecins pratiquants de la ville doivent, sous peine dune amende de 50 francs, prévenir dans un délai de vingt-quatre heures, le Médical ofTicer of Health de tout cas de choléra, typhus, fièvre typhoïde, diphtérie, variole, fièvre scarlatine et rougeole qui s'est présenté dans sa clientèle. II doit donner en même temps l'adresse du malade. Le médecin touche 3 francs par chaque notification dont le diagnostic est juste.

« Afin de faciliter la déclaration, il sera remis à chaque médecin par le Médical officer of Health des formulaires imprimés et portant le timbre postal officiel. >

Ces formulaires fournis par le médecin delà ville se composent d'un carnet de feuilles et d'enveloppes timbrées avec suscription imprimée. Les feuilles ont la forme suivante :

iV'"

Cas de

au n»

déclaré

Edinhunjh intinicipnl and Police Act 1879.

Au Médical officer of Health.

Il y a un cas de

au étage.

Age : .,.. - .. Sexe : —

Nulle mesure inuuédiale nécessaire.

(Nom.)

On détache la partie droite et on la met dans l'envelojtpe timbrée (jui porte l'adresse:

Edinbur<j/i Munici/Hil and l'olive Acl IHTJ. \y I.ITTLi;.H)ll>i.

.MEUICAI. UMICKIl OF lli;.\l,ÏII.

l'itlici' (llinmhcr,

Les cahiers de iormulaires et les enveloppes sont remises à clKupie médecii avec une lettre imprimée dans laquelle se trouve le paragrapiie du réglemeni nninicipal mentionnée plus haut. Kn outre, on y lit ce (pii <iiil :

'2:'>b KCUSSE

« Si un cas quelconque vous paraît exiger le transport à l'iiôpital; ou si la demeure du malade, son voisinage ou quelque autre circonstance vous paraît exiger l'attention de l'autorité sanitaire, vous n'avez qu'à rayer le mot « nulle » dans la phrase « nulle mesure immédiate nécessaire ». Aussitôt après avoir reçu la feuille ainsi conçue, un inspecteur sani'.aire prendra sous ma direction les mesures nécessaires.

« Si par contre, vous conservez le mot « nulle j>, cela veut dire que vous jugez inutile ou inopportune toute démarche de la part de l'autorité sanitaire. En pareil cas cependant vous recevrez quinze jours plus tard une demande d'information émanant du Bureau d'Hygiène pour savoir si vous ju^ez son concours nécessaire ou désirable pour désinfecter les chambres et les vêtements du malade. »

Cette mesure est entrée en vigueur en 1879. Depuis on a commencé à déclarer aussi d'autres maladies contagieuses que celles spécifiées dans le Municipal Act.

Aussitôt qu'un cas de maladie contagieuse est annoncé, les inspecteurs sanitaires en recherchent soigneusement les causes probables. On examine particulièrement si l'agent de propagation est l'eau, le lait, d'autres substances alimentaires, ou le contact avec d'autres malades. On examine aussi de quelle manière cela a lieu, ainsi que l'état de la demeure, de la propreté, etc. On procède sans retard autant que possible, aux mesures propres à faire disparaître les causes de la contagion et à empêcher son extension.

Edimbourg possède pour le traitement des maladies contagieuses un hôpital de ^00 lits déjà ancien ; mais grâce à sa situation sur une place ouverte, sa cour spacieuse et à l'espace considérable dont jouit chaque malade (environ 50 mètres cubes) il répond parfaitement au but auquel il est destiné. 11 y règne en outre une extrême propreté et l'aménagement en est somptueux.

La ventilation se fait, comme d'ordinaire en Angleterre, par les fenêtres, dont le vitrage supérieur s'ouvre en dedans et par les cheminées, système Douglas Galton. On y a ausà un système de chauffage par l'eau chaude; on fait passer l'air pur sur les batteries.

Les déjections contenues dans les vases de nuit sont seules désinfectées au moyen d'acide phéni(|ue ; celles des water-closets sont chassées, à chaque visite, par 13,0 litres d'eau. Dans l'hôpital se trouve une éluve de dé.sinfection à chaleur sèche d'ancienne construction. Elle est en tôle, cylindrique ; on y suspend des paniers en fil d'archal, pleins des pièces à désinfecter.

Le médecin en chef et son adjoint ont leur domicile dans l'iiôpital,

La garde des malades est confiée ici, comme dans tous les hôpitaux de la Grande-Bretagne, à une infirmière en chef [superinlendcnt nurse) et à des aides [nurses).

L'importance de l'isolement dans les maladies contagieuses a tellement pénétré dans l'esprit de la population que des malades aisés sollicitent même leur admission à l'hôpital. 11 est permis à chaque malade de s'y faire soigner par son médecin particulier. Le transport des malades s'efTeclue par les soins du bureau sanitaire.

Les autres hôpitaux de la ville ont des locaux isolés pour les cas suspects.

Dès que le caractère conlagioux iruno inaladio est constaté, celui qui en e>l affeclé est i.umédiatement transféré à l'hôpital des fiévreux.

DÉsi.NFi:cïio.N ET sÉPLLTUKE. — EIlcs sont Organisées conformément aux prescri[)tiuns des lois sanitaires et ne présentent aucun intérêt particulier.

PiiosTiTUTiON. — En Ecosse, pas plus que dans le reste du pays, la prostitution n'est soumise à une surveillance préventive. Selon lEdinburgli Municipal and Police Act, il est interdit aux femmes de rôder et d'importuner les passants iloiter and importune j^cissengers). Une première infraction à ce règlement <"st punie dune amende et la récidive entraîne rempriïonnemenl.

Les individus atteints de la syphilis ne sont ici soumis à aucune contrainte. Les formes primaires et secondaires de ce mal se présentent rarement dans les hôpitaux. Par contre, les formes tertiaires s'y rencontrent très fréquemment. Il est très rare d'observer des cas aussi graves que ceux que l'on trouve dans les hôpitaux de la Grande-Bretagne.

Édifices publics. — Le grand hôpital d'Edimbourg-, Ihe Royal Infirmary, dispute à rhôj)ital Saint-Thomas, de Londres, l'honneur de posséder la construction la mieux comprise au point de vue de l'hygiène parmi les hôpitaux de la Grande-Bretagne. Commencé en 1870, il fut terminé en 1879.

11 contient 6G0 lits; les frais de construction se sont élevés à 10 millions de francs.

Il est bâti dans un magnifique style gothique écossais, et a trois étages. Il se compose d'un corps central et de huit pavillons séparés dont quatre sont place's, deux par deux, de chaque côté du bâtiment principal. Les quatre autres, à 60 mètres de dislance des premiers, en sont séparés par une cour ouverte que traverse une galerie couverte reliant les deux constructions.

Les quatre pavillons avoisinanl le bâtiment central communiquent ensemble par des corridors couverts et à deux étages. Les autres pavillons ne sont reliés entre eux que par une galerie à un seul étage.

Des bâtiments spéciaux renferment les salles d'analomie, d'isuienient jiuur les cas douteux et pour les cas d'érysipèle ainsi (ju'uii logemenl puur le per. sonnel d'administration.

Les pavillons sont construits comme celui île la ligure o, page o7. Les salles des malades ont !28,o mèti-es de longueur; 7,8 mètres de largeur: 't.t mètres de hauteur. Chacune d'elles renlerme fis lits, de sorte (ju'il y a par lit un peu plus de 'di mètres cubes.

La ventilation et le chauiïage sont du méun,' système fiue ceux des hô|iitaux Herbert et Saint-Thomas (p. 160 et suivantes). Cependant les cheminées sont j)lacées, non au milieu de la salle, mais c<mtre les murs.

Le rez-de-chaussée est occuj)é par la cuisine, les magasins de pni\ i-i(jn>, les salles à manger des inlirmières et des gens de service, etc.

Tous les aliments sont cuits a la vapeur, et les viandes selon la mode anglaise, sont rôties devant h* l'eu.

Entre les pavillons et tout autour, on a ani(''nagé de vastes places libres, cm[)loyécs comme jardin, jeu de iiaunie ou auln-s diverli-seuieiits des gardesmalades et des convalescenls.

L'hôpital possède pour ces derniers un grand élablissemenl situé au nord de la ville sur les collines de Corstorphine.

IIabitattons ouvrières. — Depuis quÉdimbourg a cessé d'être une place forte et a pu s'étendre à mesure que sa population s'accroissait, les familles aisées ont abandonné les hautes maisons et les rues étroites de la vieille ville; les pauvres les y ont remplacés. Moins les rues sont larges et les logements confortables, plus le prix en est modique et par suite plus la population qui y habite est pauvre et entassée.

Afin d'améliorer cet état de choses, quelques-unes des maisons les plusdélabrées de la cité furent démolies et remplacées par des habitoitions ouvrières [dus conformes aux besoins de notre temps. Cependant ces changements n'améliorèrent que peu l'état sanitaire parce que ces maisons n'étant construites que dans un but de bénéfice, les logements y étaient trop petits, la ventilation défectueuse, etc.

La bienfaisance intervint alors. A l'exemple de Londres, des sommes considérables furent données par des particuliers et il se forma une société pour construire des logements ouvriers à bon marché. Un grand nombre de familles ouvrières se trouvèrent ainsi dans une meilleure situation qu'auparavant. Mais les misérables demeures qu'ils quittaient furent occupées par de plus pauvres encore.

Ces nouveaux logements étaient encore trop chers pour certains. Aussi un généreux philanthrope, le D'" Foulis, tenta un autre essai. Il acheta un groupe de maisons dans la partie la plus pauvre de la ville, les fît nettoyer, restaurer, et les transforma en demeures très petites, mais très utiles pour les misérables.

Ce ne fut pas tout. Les logements furent surveillés de manière à apprendre l'ordre et la propreté aux habitants. On a beaucoup de patience sous ce rapport, mais si l'un ne veut pas s'y accommoder il est obligé de déménager.

L'heureux résultat obtenu par cet essai donne lieu à beaucoup de réflexions et peut servir partout de modèle.

A Edimbourg, on trouve un grand nombre de garnis (common lodging houses), et il n'y a pas beaucoup de villes où ils soient aussi bien tenus.

Chaque lit est pourvu de deux draps propres et de matelas. Sur le mur est affiché « il n'est pas permis de fumer et de cracher ». Ce qui augmente encore l'agréable impression que l'on a de ces garnis, c'est qu'on y trouve descabinets de toilette {lavatories) et des water-closets très propres placés dans ces dits cabinets.

La location, fixée par les autorités, ne doit pas dépasser 30 centimes par jour.

lIvGiKME INDUSTRIELLE. — Commc il CL déjà été dit, le Factory and Workshop Act 1878 est en vigueur dans toute la Grande-Bretagne, Quant à l'hygiène industrielle en Ecosse et à Edimbourg on se reportera à la page 188 et suivantes.

Hygiène scolaire. — Les règlements la concernant sont rapportés page ;211. Leur application est surveillée par le directeur, l'administration scolaire {School Doard), les inspecteurs sanitaires et les Médical officers of Health. Les familles sont chargées de l'hygiène scolaire privée

HYOIKNK PUBLIQUE.

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