‹ Traité de l'hygiène publique d'après ses applications dans différents pays d'EuropeChapitre 35 sur 98 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

GÉNÉKALiTÉs, conslriictioii et conseil communal. — Org-anisation et règlements du service sanitaire. — Constatation des naissances et des décès. — Stutistiiiue démographique et médicale. — Secours en cas d'accident et de maladie subite. — Règlements sur les bâtisses : — Demandes d'aulorisulion et règles à suivre dans les constructions. — Hauteur des maisons et des appartements. — Cours, cheneaux, gouttières, etc. — Puits, citernes, fusses, puisards, puits d'absorption. — Latrines et égouts. — Constructions menaçant ruine. — Ordonnance sur la police de la voirie. — Ordonnance sur le débit des viandes. — Dispositions sanitaires relatives à l'air. — Dispositions sanitaires relatives à l'eau. — Contrôle des denrées alimentaires. — Marchés aux denrées alimentaires. — Service du nettoiement de la ville. — Abattoir de Bruxelles : — Dispositions générales.— Personnel. — Inspection. — Abatage. — Triperies. — Fondoirs. — Mesures spéciales de police. — Marché au bétail. — Lieux d'aisances. — Drainage des maisons. — Egouts publics. — Collecteurs et émissaire. — Mesures contre les maladies contagieuses. — Vaccination. — Déclaration des cas de maladies contagieuses. — Isolement et soins donnés aux malades. — Désinfection. — Dépôts mortuaires, inhum.ations et cimetières. — Prostitution. — Habitations ouvrières. — Hygiène scolaire.

Généralités, constructio.n et conseil communal. — Bruxelles, fondée au x° siècle, est située près de la rivière la Senne, afUuent de l'Escaut. Cette ville comprend une partie inférieure de la vallée de cette rivière au nord-ouest, et une partie supérieure sur un terrain qui monte peu à peu à l'est et au sud.

Autour de la ville proprement dite et réunis avec elle se trouvent neuf faubourgs qui étaient autrefois des villages. Peu à peu, ils sont devenus des villes, si intimement liées avec Bruxelles qu'il est tout à fait impossible pour un étranger de les distinguer. Cependant, chacun de ces neuf faubourgs a un conseil communal spécial, ce qui a été l'origine de beaucoup d'embarras, surtout dans les questions d'hygiène publique.

En vertu d'un règlement des lois de 1789 et 1790 qui presi^-it aux communes contiguës de prendre des mesures communes contre les épidémies, les faubourgs et la ville s'entendent ensemble pour ce; qui regarde les questions sanitaires. Le^ eaux et les égouts sont aussi communs.

A Bruxelles, comnje dans les autres villes belges, les bourgmestres cl b's échevins sont chargés de l'administration communale.

Le bourgniestre y a conservé presque la méuie grande aulorilé qu'il avail au moyen âge. A Bruxellc», son pouvoir pour tt)ut ce (pii regoj'de les allan-es communales est plus étendu que celui même du rni.

Il est le chef de toutes les admi:iislralions, y compri» celle du servii-r sam-

taire. Lui seul est le maître de faii-e de'truire les maisons insalubres, de faire visiter les demeures privées dans l'intérêt de la salubrité, etc.

Le bourgmestre est en communication directe avec le ministère.

Pour l'exécution des afîaires courantes, il dispose d'un secrétariat très nombreux.

Il lui est adjoint cinq échevins; cliacun d'eux est clief de sa division.

Le bourgmestre et les échevins sont choisis parmi les habitants de la commune pour une période de quatre années. Ils peuvent être réélus. Les échevins sortent de charge par moitié tous les deux ans.

Depuis 1794, un conseil communal aide au gouvernement de la ville pour décider les questions d'une importance majeure, pour examiner le budget, etc. Les vingt-cinq menibres de cette assemblée sont élus pour un temps déterminé par les habitants de la commune. Le bourgmestre est de droitle président de ce conseil. Il est tenu do lui présenter chaque année un compte rendu de l'administration de la ville. Ce rapport doit aussi contenir une relation de l'état sanitaire et tout ce qui a été fait au point de vue de l'hygiène pendant l'année écoulée.

Organisation et règlements du service sanitaire. — La capitale de la Belgique est, de toutes les villes du continent, celle qui possède l'administration sanitaire la plus complète.

A Bruxelles, la salubrité publique est confiée à une autorité spéciale, créée en 1874 et désignée sous le nom àe Service d'hygiène.

Il se compose : d'un médecin inspecteur, chef du service ; d'un médecin inspecteur adjoint; de cinq médecins divisionnaires; de cinq médecins divisionnaires suppléants ; de deux médecins auxiliaires; de deux médecins inspecteurs de la prostitution; d'un médecin adjoint pour ce même service; d'un dentiste pour les écoles ; d'un agent de salubrité * ; de deux agents pour la désinfection.

La section de la comptabilité comprend un chef de bureau, deux teneurs de livres et deux autres commis.

Le Service d'hygiène possède aussi un laboratoire avec un chimiste en chef, un préparateur principal et un autre adjoint.

Les obligations du Service d'hygiène sont :

a). La délivrance des cerliticatsen cas de maladie, de demandes de congé ou de retraite pour le personnel de la ville; l'examen de l'état de santé de ceux qui veulent entrer au service de la ville ; les secours médicaux en cas d'accident et de maladie subite; la surveillance de la prostitution; l'observation des gens soupçonnés d'être aliénés ; les soins médicaux aux employés de la police, du service des eaux, etc. *

b). L'établissement d'une statistique démographique et médicale.

c). La surveillance de l'hygiène scolaire.

(/). L'examen des plans de conslruetion au point de vue sanitaire ; la surveil-

' La police admiiiistralive surveille en outre l'observatiou des lois sanitaires et compte, parmi ses ibnctionnaires, dos experts chargés b])écialen)ent du contrôle des denrées alimentaires.

BRUXELLES -i.i;'.

lance de l'hygiène des habitations, des fabriques, de la voirie, et enfin de tout ce qui peut avoir une influence sur la salubrité publique ; la prise des mesures convenables contre les maladies infectieuses; la vaccination gratuite.

e). Le contrôle de la qualité de l'eau potable et des denrées alimentaires.

Ce fait singulier que clia(|ue membre du personnel médical a son adjoint tient à diverses causes dont la principale est que, aux termes du Gode civil, tout décès et chaque naissance (ordonnance communale du 1"'" octobre 1880') doivent être constatés à domicile par un médecin. Une autre raison est que tout fonctionnaire de la ville a droit à un mois de congé par an; il a paru nécessaire pour la marche régulière et sans interruption des affaires communales que, en cas de congé ou de vacances, il y ait là tout de suite un rempla(;ant familiarisé avec les fonctions.

Toutefois, les médecins adjoints ne sont pas seulement nommés pour rempliiles postes vacants. L'assistant de l'inspecteur en chef préside à la vaccination et dirige le service médical en cas d'accidents ; les médecins divisionnaires suppléants sont chargés de l'hygiène scolaire.

Constatation des naissances et des décès [Instructions pour MM. les médecins délégués pour la constatation à domicile des naissances et des décès). — Les prescriptions essentielles qui s'y rapportent sont les suivantes :

Aucun enterrement ne peut avoir lieu avant que le décès n'ait été constaté par le médecin divisionnaire après un examen complet et attentif du cadavre.

Cette constatation, ainsi que l'identité du défunt doit être certifiée selon un formulaire établi.

Pour les mort-nés, cette déclaration doit indiquer s'ils sont morts avant, pendant ou après l'accouchement, et dans ce dernier cas, combien de temps l'enfant a vécu après sa naissance.

Le médecin divisionnaire doit joindre à sa déclaration un certificat du médecin ou de la sage-feunne, présent à la naissance de l'enfant.

En temps d'épidémie, et toute les fois que la nature du cas l'exige ou (pie la famille en fait la demande, le médecin d(jit avertir la police afin (pie le cadavre soit immédiatement transporté au dépi'd mortuaire.

Si la mort a été causée par une maladie contagieuse, le médecin doit en informer sans délai le chef du bureau d'hygiène et donner, en conformité de ses ordres, toutes les instructions nécessaires pour empêcher la propagation de la contagion. En même temps la police sera prévenue, elle surveillera la désinfection et fera observer les autres prescri{)tions.

Lorsqu'un médecin divisionnaire a soigné le défunt, c'est à son sup[)léant de constater le décès. Celui-ci doit aussi constater les naissances (piand le médecin divisionnaire a procédé à raccouchement.

Chacjuejour ouvrable de trois à (juatre heures, au bureau dhygiène, les médecins s'informent des naissances et des décès à constater; les dimanches et

' Celte loi est mainteiKiiit en vij,'iiciir dans toute la Belt,Mi|ue. Dans les comniuiios il(;pourviies de mtidecin, celte lonnalué dcjit être accomplie par un nienibie de l'autorité communale.

jours de fêtes, cesl chez le concierge de l'hôtel de ville. Lorsqu'il n'y a aucun cas à constater, ils en sont avertis.

La constatation des décès et des naissances doit s'efl'ectuer au plus tard avant dix heures du matin le jour suivant.

Lorsqu'un cas e^t annoncé comme urgent, la constatation a lieu immédiatement.

La naissance d'un enfant doit être déclarée dans les trois jours qui suivent. Sont obligés de faire cette déclaration : le père de l'enfant ou en son absence, le médecin, la sage-femme ou quelque autre personne présente à l'accouchement. Si la mère a été délivrée, hors de son domicile, la déclaration doit être faite paK ceux chez qui elle séjourne.

Les médecins divisionnaires sont tenus de rapporter chaque jour, au chef du bureau d'hygiène, tous les cas constatés et de lui en remettre chaque semaine un résumé.

L'administration communale fournit les formulaires requis pour ces sortes de constatations.

Statistique démographique et médicale. — La constatation des naissances et des décès, effectuée avec la plus grande exactitude, a fourni les matériaux d'une statistique fort précieuse sur l'état sanitaire de Bruxelles. Ils ont été utilisés avec un talent remarquable par le chef du bureau d'hygiène, le D'' Janssens, qui en a fait la base de toutes les mesures à prendre.

Une statistique ainsi établie fait dès à présent partie intégrante de l'hygiène publique et se publie régulièrement dans toutes les grandes villes. Bruxelles, à cause de l'abondance, de l'exactitude et de l'ancienneté de ces statistiques (depuisl860) occupe la première place parmi les villes du continent.

Le bulletin hebdomadaire, que le bureau d'hygiène publie sur la situation démographique et médicale de Bruxelles, renferme aussi des données semblables relatives à la plupart des villes belges et à un grand nombre de cités des autres pays civilisés.

Ce bulletin hebdomadaire est devenu un organe international de l'état sanitaire dans toutes les contrées du globe.

Les renseignements qu'il contient ne peuvent manquer de provoquer une noble émulation entre les peuples pour faire disparaître les inconvénients (|ui engendrent les maladies, la misère et une mort prématurée.

On a aussi établi à Bruxelles une topographie médicale indiquant la morbidité et la mortalité dans les différents quartiers de la ville.

Outre les bulletins hebdomadaires, le bureau d'hygiène publie annuellement un annuaire démographique contenant un résumé des variations de la population et des tableaux statistiques indiquant les causes des décès. Il y a des tableaux relatant les décès suivant les quartiers, les mois de l'année et d'autres suivant les âges, sexes et positions sociales des décédés.

Dans cet annuaire sont encore consignés les cas de suicide, de meurtre, d'assassinat et d'accident.

La statistique sanitaire forme dès à présent pailout la base de l'hygiène publique. C'est à elle qu'il appartient de montrer les points faibles et le

BRUXELLES iJîjg

résultat des amélioratioas déjà faites. La manière dont cette statistique est rédigée permet aussi de mesurer le développement de l'hygiène publique. Dans Bruxelles, la mortalité par mille habitants a été la suivante :

De 1865 à 186J 31,96

De 1870 à 1874 28,50

De 1875 à 1879 27,34

De 1880 à 1884 25,22

De 1883 à 1888 21,92

Secours en cas d'accident et de maladie subite. — Bruxelles possède huit postes de secours pour les accidents. Dans chacun d'eux se trouve une chambre avec un lit tout près et disposé de façon à pouvoir servir de brancard. Il y a aussi une civière très légère, formée d'une pièce de toile dans un cadre en bois, une charrette sur ressorts pour y placer ledit cadre et une boite de pansement pouvant être fixée à l'essieu de la charrette.

Outre ces postes complets, on trouve quatre endroits où l'on a plafcé une boite de pansement et un brancard.

Des boîtes semblables se trouvent dans toutes les écoles primaires.

Le chef des postes de secours est l'adjoint du médecin inspecteur; la police et le corps des sapeurs-pompiers en ont la garde. Un exemplaire du Manuel des premiers secours en cas d'incendie, etc., est remis à chaque sapeur-pompier.

Règlement sur les bâtisses [S Janvier 1883). — Nous ne donnons place ici qu'aux dispositions intéressant l'hygiène publique.

Demandes d'autorisation et règles à suivre da?is les constructions. — Aunme construction ou reconstruction ne peut être entreprise sans l'autorisation préalable du bourgmestre et des échevins. La demande doit être accompagnée des plans et coupes du bâtiment projeté; les autorités ont le droit d'y faire les changements qu'elles jugent nécessaires dans l'intérêt de la salubrité, Ces plans doivent être drossés à l'échelle de 2 centimètres par mètre.

Il faut également une autorisation pour creuser un puits, réparer ou supprimer une fosse d'aisances, construire un égout ou un embranchement d'égout.

Aucun bâtiment ne peut être enduit avant qu'il nait été inspecté. La peinture ainsi que la forme de la façade doivent être approuvées par l'administration.

Le collège des bourgmestres et échevins '«hjit èti'c informé, par écrit, du jour où l'on se propose de mettre la main à l'œuvre.

L'emplacement de toute construction, reconstruction ou démolition d(jit être cnloun'' d'une barrièrt." en planches avec r(;tours de la hauteur do deux moires au moins ; les portes doiviMil s'ouvrir <-n iledans.

Pour garantir les ouvriers de tout accident, la peinture et autres ouvrages de cette sorte ne peuvent être eU'ectués (|u'à l'aide d'échelles volantes, d'échafauds ou de tel autre appareil dont remjiloi a été autorisi- par le collège des bourgmestres et échevins.

Un ouvrier doit stationner au bas de toute échelle appuyée sur le sol.

Les poulies, cordes et tous autres objets ou ustensiles servant aux travaux doivent être solides et en bon état.

Les échelles qui dépassent le premier étage doivent être élevées et maintenues debout au moyen de cordes avec poulies fixées à une hauteur suffisante de la façade.

En cas de suppression de fosses, de puisards ou de puits d'absorption, égouts, etc., ceux-ci, avant d'être comblés, doivent être curés à vif fond et désinfectés. Le collège peut exiger, en outre, la démolition partielle ou totale des maçonneries et l'enlèvement des terres qui seraient imprégnées de matières organiques. Pendant l'exécution de ces travaux, les propriétaires sont tenus de se soumettre à toutes les mesures que l'administration juge devoir leur prescrire dans lintérêt de la salubrité publique et pour éviter les accidents aux ouvriers.

En cas de réparation ou de démolition des égouts, les vases provenant de ces égouts ne peuvent être déposés sur la voie publique. Si leur dépôt momentané est inévitable, il ne peut se faire que moyennant l'addition d'un désinfectant efficace. Les vases doivent d'ailleurs être enlevées immédiatement.

Les pierres sont transportées à l'atelier toutes taillées, de manière à pouvoir être mises en œuvre immédiatement.

Aucun ravalement, aucune tadle ou sculpture ne peuvent être faits sur place que moyennant l'établissement, de chaque côté de la façade et sur toute sa hauteur, d'une cloison bien jointe, empêchant la poussière et les déchets de se répandre sur les maisons voisines ou de tomber sur la voie publique.

Les décombres et autres débris doivent être enlevés chaque jour.

Les matériaux employés pour les constructions doivent être de bonne qualité .

Les agents de l'administration doivent avoir constamment libre accès aux chantiers de construction. S'ils y trouvent quoi que ce soit à reprendre, les travaux sont suspendus et il en est donné avis au collège des bourgmestres et échevins qui statue en cas de contestations.

Les murs de fondation doivent être construits sur un bon sol, soit naturellement, soit rendu tel par des moyens artificiels. Toutes les mesures nécessaiies doivent être prises pour les garantir contre l'humidité.

Jlauteurs des maisons et des appartements. — Cours, cheneaux, gouttières, etc. — La hauteur des façades longeant les voies publi(jues est déterminée par la largeur de ces voies. »

Le maximum de la hauteur des façades est :

1° De 21 mètres sur les places publiques, les boulevards et les rues de 15 mètres

de largeur et au delà.

2" L)e 20 mètres dans les rues de 14 mètres. 3'^ De 19 » » » 13 ).

4" De 18 » » .' 12 »

o" De 17 » » " 11 »

fi" De 16 .. y » 10

7'^ De 15 mètres dan? les rues de 9 mèlres

8° De li » j> » 8 »

9° De 13 » » » 7

10'^ De 12 B » ). 6 B

11'' De 11 » » » o »

12'^ De 10 » » » 4 j.

13" De 8 » » » 3 mètres et en deçà.

La hauteur des façades est prise au milieu des bâtiments et mesurée à partir du dallage du trottoir jusques et y compris les entablements ou corniches de couronnement, ainsi que les attiques construits aplomb des façades et les mansardes tenant lieu d'attiques.

La largeur des voies publiques est mesurée sur le nu des murs de face.

La hauteur des étages, des rez-de-chaussée et des mansardes servant à Thabitation, doit être respectivement d'au moins 2'", 80 et 2"»,60 ; celle des entresols doit être de 3 mètres.

Les mansardes dont les fenêtres ont leur bord supérieur à moins de 2 mètres auTdessus du plancher doivent être munies de moyens de ventilation agréés par le collège des bourgmestres et éehevins.

Toute habitation doit être pourvue d'une cour, dont l'étendue est déterminée par le collèpçe des bourgmestre et échevins', selon les circonstances.

Les chencaux doivent être en métal, de grandeur suffisante et se diriger perpendiculairement jusqu'au niveau du sol où ils se déchargent sur le trottoir.

Quiconque veut faire établir contre un mur mitoyen ou non, une élable, un magasin de sel ou amas de matières corrosives, doit laisser 10 centimètres au moins de vide entre ce mur et les constructions projetées.

Puits, citernes, fosses, puisards, puits d'absorption. — Art. 72. — Les puits doivent être construits en briques spéciales, dites briques de puits; la maçonnerie doit reposer sur un rouet en bois de chêne ou de hêtre avant au moins 0"',08 d'épaisseur ou sur un anneau en foute ayant au moins G™, 025 d'épaisseur.

Art. 73. — Les murs des puits, citernes et fosses quelconques, à fumier, à purin ou autres, doivent être indépendants des murs servant de fondation aux bâtiments et être isolés de ceux-ci par un intervalle vide de 0"',]0 au moins.

Art. ~'i. — Entre un puits ou une citerne et une fosse, on iluil laisser une dislance de 2 mètres au mininmm.

Art. 74. — Le fond et les murs de toute fosse doivent avoir une épaisseur de 0'", 28 au moins; en outre, ils sont garnis, à l'intérieur, d'un revêtement étanche forme' de ciment ou de carreaux posés au ciment ; tous les angles rentrants d(jivent être arrondis.

Art. 76. — Toute fosse doit être couverte d'une voûte de 0"',18 d'épaisseur au moins, revêtue d'une chape étanche en mortier éniinennnrnl hydrauli(iuc.

* Qui en rélère au Bureau d'Hygiène.

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Art. 77. — Les ouvertures des puits, citernes et fosses doivent être fermées par des couvercles solides en pierre, en fonte ou en fer. Toutefois les puits creusés dans les cours et jardins ou dans des locaux ne servant pas d'habitation peuvent être ouverts, mais ils doivent, en ce cas, être entourés d'un garde-corps de 1 mètre au moins de hauteur et formé de murs en briques ayant 0'",^8 d'épaisseur au moins, de dalles en petit granit deO"\10 d'épaisseur au moins, ou de clôtures métalliques équivalentes.

La fermeture des fosses doit être parfaitement étanche.

Art. 78. — Il ne peut être établi aucune fosse d'aisances, aucun puisard pour eaux sales, ménagères ou autres, aucun puits perdu ou d'absorption.

Latrines et égouts. — Art. "9. — Tout bâtiment servant d'habitation ou de lieu de réunion doit être pourvu en nombre suffisant de latrines alimentées d'eau, ouvrant sur l'air libre par la porte ou par une fenêtre et disposées de façon à ne compromettre en rien la salubrité.

L'établissement de latrines communes pour plusieurs maisons peut être autorisé par le Collège, dans les cas où il est reconnu impossible de pourvoir chacune des habitations de latrines séparées. Le nombre de sièges doit être dans tous les cas d'au moins 1 par 25 habitants.

Art. 80. — Tout bâtiment servant d'habitation ou de lieu de réunion doit être pourvu d'un système de conduits assurant l'évacuation directe, vers les égouts publics, des eaux sales, ménagères ou autres, et des matières fécales liquides et solides.

Toute maison nouvellement construite doit avoir une canalisation séparée et être raccordée à l'égout public par un embranchement spécial à la maison.

Art. 81. — Les conduits sont construits en tuyaux de grès, en briques du canal ou en d'autres matériaux agréés par l'administration. Ils doivent être assis sur des fondations solidement établies, de manière à prévenir tout tassement et toute disjonction, et être parfaitement étanches.

Art. 82. — Les conduits principaux, faits en tuyaux, doivent avoir au minimum 0"\22o de diamôl.re intérieur. Les tuyaux sont en grès de bonne qualité et vernissés à l'intérieur. Les différents tronçons doivent être bien emboîtés les uns aux autres, sans saillies intérieures ; les joints sont garnis de mortier de ciment et rendus parfaitement étanches.

Les conduits principaux, faits en briques, sont composés de deux piédroits d'une brique d'épaisseur, d'un radier courbe ayant une flèche d'au moins 0™,06 et une épaisseur minimum d'une brique, et de dalles de recouvrement à battées bien jointives de 0™,07 d'épaisseur au moins. Ils sont maçonnés avec du mortier éminemment hydraulique et la surface intérieure est recouverte d'un enduit parfaitement lissé en mortier de ciment. Les dimensions en œuvre doivent être au minimum de 0™,30 pour la largeur et de 0'", 86 pour la hauteur.

Art. 83. — Les conduits secondaires doivent avoir 0™,12o au moins dans œuvre et être exécutés dans les mêmes conditions que le conduit principal.

Art. 8i. — Au point de jonction de deux conduits, le dessus du conduit embranché ne peut être plus bas que le dessus du conduit auquel il s'embranche ; la liaison doit se faire suivant un angle de i3o'' au moins.

Art. 85. — Les changements de direclion des conduits se font soit au moyen de couri^es, soit au moyen de coudes présentant un angle de J3o- au moins.

Art. 86. — Des regards permettant la visite et le curage doivent être établis partout où la formation de dépôts parait à craindre, soit à lintérieur des propriétés, soit sous le trottoir.

Ces regards sont disposés de façon à présenter une étanchéité complète aussi bien pour l'air que pour l'eau.

Art. 87. — Les agents de l'administration déterminent la position et le niveau du point où devra se faire la jonction du conduit principal avec l'égout public.

Partout où la chose est possible, ce niveau est tel que le débouché de l'égout privé reste libre, en totalité ou en partie, lors des plus hautes eaux dans l'égout public. Généralement la jonction doit se faire immédiatement en dessous de la naissance de la voûte de l'égout public ; en tous cas, à 0"','-îO au moins au-dessus du radier de cet égout.

Art. 88. — La pente des conduits doit être régulière et autant que possible de 0"',03 au moins. A cet effet, les bâtiments doivent être établis à une hauteur suffi.-ante par rapport au niveau des égouts publics, ou bien les conduits privés doivent être élevés sur des banquettes au-dessus du pavement des souterrains.

Dans ce dernier cas, l'administration impose les mesures nécessaires pour assurer une imperméabilité complète des parois et éviter tout suintement.

Art. 80. — Les tuyaux de descente pour eaux ménagères et matières fécales et pour eaux pluviales des cours et jardins doivent avoir 0"\'10 au moins de diamètre. Ils sont en plomb de 0'",006 d'épaisseur au moins ou en grès vernissé à l'intérieur et doivent être disposés de façon à pouvoir être aisément visités et réparés, et non pas maçonnés dans les murs.

Les raccords avec les égouts se font à l'aide de courbes ou de pièces coud('es sous un angle de I3o° au moins.

Art. 90. — Les décharges versant aux égouts le trop-plein des citernes doivent déboucher à l'air libre et non directement dans les égouts.

Art. *.)!. — (ïhacun des orifices destinés à introduire dans les conduits et tuyaux les eaux ménagères, matières fécales, etc., doit être muni d'une fermeture hydrauli(jue , dite coupe-air, placée aussi près que possible de l'orifice.

Art. 92. — Les coupe-air placés à l'intérieur des habitations doivent pn''- .-cnter une immersion de 0"',06 et être conformes à des modèles agréés pai- le collège. Les coupe-air placés dans les cours et jardins doivent présenici- ni e retenue moindre que ceux de l'intérieur des bâtiments.

Art. 93. - Dans le cas où, par suite de circonstances locales, le dcbmiclié d'un égout privé dans l'égout public ou celui d'un égout public dans un auti c égout public, est exposé à être immergé en temps de crue, un tuyau d'évml doit être établi vers l'extrémité amont de la canalisation intérieure. Go tuyau d'évent, muni d'une fermeture hydrauli<|ue à faible immer>ion. doit diboiiclier au-dessus des cond)les de la maison.

mo BELGIQUE

Pareil tuyau d'évent doit également être établi dans tous les cas où il y a deux coupe-air sur le trajet d'un même égout. 11 est placé immédiatement en dessous du coupe-air supérieur.

Art. 94. — Dans tout bâtiment qui n'est pas établi par rapport aux égouts publics à une bauteur suffisante pour éviter le reflux des eaux dans les souterrains, l'embrancliement d'égout doit être muni d'une vanne, d'un robinet, d'un clapet automobile ou de tout autre appareil de fermeture contre les eaux de crue. En même temps, les tuyaux de décharge des eaux pluviales des toitures, cours et jardins doivent être disposés de telle façon que ces eaux puissent, en cas de besoin, s'ccouler directement dans les égouts publics, sans l'intermédiaire des égouts passant par les souterrains.

Art. 95. — Tout propriétaire, avant de commencer une nouvelle construction, soumet à l'examen de l'Administration un projet, en double expédition, figurant l'ensemble des conduits et tuyaux depuis les étages supérieurs jusqu'à l'égout public, avec latrines, citernes, puits, pompes, robinets d'eau de la ville, coupe-air et autres détails.

Après examen et modifications, s'il y a lieu, l'une des deux expéditions est restituée au propriétaire, l'autre est conservée par l'Administration.

Le collège peut exiger la production de ces plans avant d'accorder toute autorisation de modifier des bâtiments existants.

Art. 96. — A raison de circonstances spéciales, le collège des bourgmestre et échevins peut autoriser ou prescrire des dérogations aux diverses stipulations du présent titre.

Constructions menaçant ruine. — Art. 98. — Lorsqu'un bâtiment, un mur de clôture, ou toute autre construction conliguë à la voie publique menace ruine, le bourgmestre en fait constater l'état par un des agents chargés de la surveillance des bâtisses, assisté d'un commissaire de police. Un procès-verbal de l'état des lieux est dressé par eux et transmis au bourgmestre, qui en donne immédiatement avis au propriétaire.

Art. 99. — Si le péril est reconnu inmiinent, le bourgmestre intime au propriétaire l'ordre de faire procéder, sans délai, à la démolition des constructions menaçant ruine.

En cas de refus ou de retard dans l'exécution de cet ordre, le bourgmestre fait réparer ou démolir lesdites constructions aux frais du propriétaire.

Si le péril ne nécessite pas de mesures immédiates, l'état des lieux est dénoncé au propriétaire, avec injonction de démolir, de réparer ou d'étayer provisoirement les constructions dans un délai déterminé.

Le propriétaire qui n'a pas commencé et achevé les travaux dans les délais fixés est traduit devant les tribunaux.

En cas d'absence du propriétaire, les travaux de réparation ou de démolition sont effectués d'office et à ses frais, sur l'ordre du bourgmestre.

Ordonnance sur la police de la voirie {ilo octobre 1865). — Tout propriétaire ou locataire est tenu de faire balayer tous les jours, avant 8 heures du matin en été et avant 9 heures en hiver, la moitié de la largeur de la rue

devant sa maison, jardin et enclo:> et de faire rassembler en tas les boues et immondices qui s'y trouvent. En temps de sécheresse, le balayage doit être précédé dun arrosage suffisant pour abattre la poussière.

Il est défendu de jeter ou de déposer sur la voie publique des immondices, résidus de ménages, débris de poteries, verres cassés et généralement toutes choses de nature à gêner la circulation ou à occasionner des exhalaisons nuisibles.

Il est également défendu de laissîr écouler, de rinlerieur des maisons, des eaux ménagères ou des matières insalubres.

Les ouvriers de la ferme des boues enlèveront, tous les matins, les immondices et résidus des ménages que les habitants leur apporteront ou placeront devant leurs maisons dans des baquets ou paniers.

Il est défendu d'uriner sur la voie publique ailleurs que dans les pissoirs qui s'y trouvent établis.

Les cafetiers, cabaretiers et débitants de boissons sont tenus d'avoir chez eux et d'entretenir dans un état de propreté des pissoirs à l'usage des personnes qui fréquentent leurs établissements.

Il est défendu de rien jeter dans les canaux, rivières, étangs et fontaines. Dans cette défense sont particulièrement compris les résidus des ménages, les débris de poteries, verres cassés et les animaux morts ou vivants.

Il est défendu de laver dans les canaux, étangs et fontaines de la ville des linges ou autres choses de nature à en altérer l'eau.

Il est interdit de jeter sur la glace, sous quelque prétexte que ce soit, de la terre, des pierres ou des immondices.

Le collège des bourgmestre et échevins est autorisé à interdire Ihabitation des maison-, logements et bouges dont la malpropreté, le défaut d'aérage ou «récoulement des eaux compromettent d'une manière permanente la salubrité j)ubli(iue.

Toute résolution en interdiction dhaI»itation sera précédée d"un rapport de la commission médicale locale et d'un avis motivé doimé, un mois à l'avance, aux propriétaires aussi bien qu'aux locataires.

Dans le cas où les propriétaires se mettraient à l'œuvre immédiatement a[)rès avoir reçu l'avis i)rescrit ci-dessus d'assainir leurs [irupriétés, il leur sera accordé un délai pour se conformer aux prescriptions du collège.

Oni)ONNA.Nci-: SUH LE DKiUï DES VIANDES (31 uiai 1878). — L'abatagc du bétail ne peut se faire (\uc dans les abattoirs de la ville.

La viande y est soumise à une ins|)ecti(tn suivant le règlement de 1877 (voyez ci-aj)rès) et est marcjuée d'une estampille.

A moins d'une autorisation spéciale, le transport des viandes doit toujours •■Ire effectué pendant le jour.

Les viandes aJjattues introduites dans la ville, tant fraiches (juc salées, sont examinées et estanqiillées dans des bureaux ad hoc. Les frais de celte inspection sont de 3 centimes par kilogramme.

I^e possesseur de la viande, présentée à l'inspection, eloit déclarer son nom, sa dem'îu.-e et l'en Iroit o'a la viande doit être transportée.

Gslte déclaration est consignée sur le certificat d'inspe .*tion avec l'indication du jour et de l'tieure où cette dernière a été faite.

La viande doit être portée immédiatement au lieu de destination.

Pendant le trajet, on doit montrer l'estampille et le certificat à toute réquisition.

Les viandes introduites dans la ville par des ])articuliers, pour leur propre consommation, sont exemptées de l'inspection. Néanmoins ils sont aussi tenus de déclarer leur nom et leur domicile si on le réclame.

Il n'est pas permis de transporter aucune viande par d'autres rues que celles désignées.

L'introduction des issues toutes préparées est permise aux mêmes conditions que celles de la viande. Les issues non préparées sont assimilées aux viandes fraîches, elles ne peuvent être préparées qu'à l'abattoir.

Toute viande reconnue malsaine ou de mauvaise qualité sera saisie et détruite, conformément aux ordonnances concernant l'abattoir (voyez ciaprès).

11 y a en tout trois bureaux d'inspection des viandes : un à la porte de Namur, un autre près de l'abattoir et le troisième aux Halles Centrales.

DISPOSITIONS SANITAIRES RELATIVES A l'air. — 11 cst naturel que, dans une ville aussi ancienne que Bruxelles, on trouve encore des rues étroites et tortueuses, bordées de hautes maisons qui empêchent plus ou moins l'air pur de pénétrer jusqu'au sol. Elles disparaissent peu à peu; le bureau d'hygiène et son chef si j)lein de zèle, le D'' Janssen.-i, ne se lassent pas, en effet, de répéter au bourgmestre qu'il est nécessaire d'améliorer cet état de choses.

Les vieux quartiers habités parla classe ouvrière ont fait place à d'élégants boulevards qui s'étendent, sans interruption, tout autour de la ville et la limitent presque des faubourgs. Un autre boulevard traverse le centre de la ville du sud-ouest au nord-est; un grand nombre de larges et nouvelles rues courent dans différentes directions.

Ces boulevards sont plantés d'une double rangée d'arbres sur tout le parcours ; en quelques endroits, il y en a une triple ou quadruple rangée.

Bruxelles n'est pas riche en places; il en existe cependant quelques-unes remarquablement belles. Nous citerons, en premier lieu, la place de l'Hùtelde-Tille où se trouve d'un côté cal admirable palais, et de l'autre la maison des anciennes corporations de métiers ; ces constructions rivalisent entre elles par l'ancienneté et l'élégance de leur architecture; la j)lace du Sablon, ornée d'un émouvant groupe représentant les martyrs Egmont etllorn; la place du Congrès où se trouve la colonne érigée en commémoration de la Révolution de 1830.

Bruxelles possède plusieurs beaux parcs, situés les uns aux extrémités de la ville, les autres au delà des limites même. Néanmoins ils procurent aux habitants un air fraiS et pur ; l'art et la nature ont concouru à les rendre aussi attrayants que {tossible. Ces parcs sont: lejardin botaniquesitué près du boulevard au nord de la ville; le parc royal à proximité du palais; enfin le

bois de la Ca:nbre et la fo.-êt de Soignei, à une petite distance de la ville. Ces derniers forment des parcs boisés des plus grandioses.

Les Belges sont loin d'égaler les Anglais relativement à l'idée qu'ils se font de l'importance sanitaire d'un air pur.

Dans l'intérieur des maisons, la crainte des courants d'air continue déjouer un grand rôle. Les dispositions pour la ventilation, en faisant pénétrer de l'air pur, font généralement défaut. On se calfeutre avec soin afin de ne pas prendre froid. Les hôpitaux et les établissements publics sont le plus souvent réduits à la ventilation par les fenêtres et les cheminées. L'éclairage, ici comme en Angleterre, se fait au gaz, mais les becs ne servent pas en même temps pour la ventilation.

Dans les écoles nouvellement construites, on a pourtant introduit unemeilb?ure aération en établissant un chauffage central disposé en même temps pour le renouvellement de l'air. Pourtant, ce système semble ici, comme ailleurs, trop compliqué pour ê're dirigé par des personnes dépourvues de connaissances techniques. D'ailleurs, il n'a d'elle i que pendant la saison froide.

Les classes dirigeantes belges sont bien d'accord en théorie sur l'utiliti- di' la ventilation; mais celle manière de voir n'a pas encore pénétré dans l'esprit du peuple. Ici, comme dans les autres pays du continent, on ne se soucie pas d'employer les moyens et les appareils les jikis simples qui sont cependant à la portée de tout le monde.

Dispositions sa.\it.\ires relatives a l'eau. — Grâce à la nature géologique du sol de Bru.xelles et de ses environs, on reçoit de grandes quantités d'eau de source pure. Autrefois, la ville était renommée pour sa richesse en sources {ropia fontiiDii). Une partie d'entre elles jaillissent sur des coteaux plus élevés que la ville; c'est la raison pour laquelle dès les xni^etxiVsiècle les habitants construisirent des fontaines publiques. Quelques-unes existent encore.

Des recherches ont montré que la contrée a trois couches aquifères. La couche supérieure est à une profondeur variant de 2 à 20 mètres et sort par des sources naturelles. La deuxième couche est à 50 mètres et la troisième 10 mètres au-dessous.

Par suite de celle richesse d'eau naturelle, on a basé rapprovisionnement sur l'eau souterraine qui possède foules les qualités d'une bonne polabililé. On ne la filtre donc pas artificiellement. Lille est chiii'c, (Vaiche et inodore. Sa tempi-ralure est de -f 10' à -\- 12 (1.

Les li-avaux pour l'Iiygiène i)ubli(pie à Ih-uxcUo datent de 1880. Peu de temps après, on sentit le besoin d'un afiprovi.^iniuu'menl pul)lic d'eau, parce qu'on soujxjonnail que celle i\c6 nombi'cux puits — il y en avait presque (Jans ch itpie cour — était une des causes des graves épidi'mics continurdjes. Mais pour des raisons écono.niipies on m' se mit à l'aMvre qu'en

■is;j2 '.

Il y a trois syslèuies d'approvisionnement d'eau. Dans \q \n\'n\\ov , anciennes

' Dopiiis 1001, il oxis'a.l lu ilufois une pelilc ciistrihiilio i d'caii dans le (|iiartici riclu'. .Tiitoiir (lu parc royal.

eaux alimentaires, l'eau de la couche supérieure, située plus haut que Bruxelles est conduite directement à la ville dans un réservoir près de la colonne du Congrès. Elle est distribué aux quartiers situés plus bas. Bruxelles possède ainsi 1,000 mètres cubes par jour.

Dans le second système, les eaux du Hain, Teau est captée aux sources de cette rivière, située à 22 kilumètres au sud et à 120 mètres au-dessus de la ville. Elle est recueillie dans de petits réservoirs en maçonnerie, munis de trous et placés à quelques décimètres au-dessous de la surface du sol. Des tuyaux en maçonnerie conduisent l'eau de là à un collecteur général, en maçonnerie aussi, sur lequel viennent, de temps en temps^ se joindre des branchements. Il s'agrandit peu à peu jusqu'à ce qu'il s'appelle le grand aqueduc d »nt la section al'", 70 de diamètre et l'",10 d'épaisseur. La pente est de 2/10 de millimètre par mètre. Il débouche dans un réservoir en maçonnerie de 20,000 mètres cubes ; son radier est à la cote 87,5 m. et le trop-plein à 2"\5 plus haut.

Une autre conduite, appartenant aux eaux du Hain, doit amener l'eau des parties situées plus bas, ce qui rend nécessaire l'élévation au moyen de pompes. On a construit pour cela un réservoir de 10 mètres de profondeur. L'eau y est amenée de 3 groupes de sources par 3 collecteurs. De ce réservoir elle est pompée et envoyée dans le grand aqueduc.

Dans le cours des années, on trouva que ce système était défectueux sous plusieurs rapports : les petits réservoirs et leurs conduites étaient, par suite de leur voisinage delà surface du sol, souvent détériorés; la bonne qualité de l'eau n'était pas constante ; les conduites étaient souvent bouchées. On remarqua aussi que l'eau diminuait dans les sources situées plus haut : un grand nombre d'entre elles disparaissaient dans le voisinage des réservoirs collecteurs pour reparaître plus bas en de nouveaux points d'émergence. Ces inconvénients résultaient surtout de ce que le réseau des tuyaux avait une pente trop grande, car il était placé trop près de la surface du sol. Partout où cela fut possible, les tuyaux collecteurs furent placés plus profundément, presque horizontalement et transformés en drains (tuyaux poreux).

L'eau recueillie dans les drains est ensuite menée aux collecteurs par des tuyaux en fonte.

Par ces travaux, la quantité d'eau provenant du Système du Hain, s'est élevée de 19,000 à 29,000 mètres cubes par jour.

Par suite de l'accroissement de la population, il fut nécessaire, pour la distribution d'eau de construire un troisième réservoir, le Château-d'Eau, situé près du parc Léopold. L'eau y est pompée par deux machines de 50 chevaux.

Les conduites dans la ville consistent en des tuyaux de fonte de diamètre variant entre 6 et 60 centimètres, pourvus de vannes, d'ouvertures de décharges aux points les plus bas et aux points les plus hauts. Dans les rues, à une distance moyenne de 60 mètres, il y a des bouches d'incendie.

La quantité d'eau devint cependant insuflisante au bout de quelque temps.

On fut donc obligé d'établir un troisième système, appelé les eaux du bois et de la forêt.

Dans le paragraphe précédent, on a m:>nLio:i;ié les grands parcs, bois de

BRUXELLES •2Ùli

la Cambre et forêt de Soignes, situés au nord de la ville ; ce fut par leur drainage que l'on se procura l'eau de ce système-

On reçoit actuellement, de là, 8,300 mètres cubes d'eau par jour. Il reste encore dans ces parcs une surface si grande non drainée que l'on pense pouvoir obtenir ainsi en tout 18.000 mètres cubes.

L'eau arrive place Jourdan, dans un réservoir d'une contenance de 20,000 mètres cubes; son radier est à la côte 53 mètres, et le trop-plein à o mètres plus haut.

La consommation moyenne par jour a lieu de la manière suivante :

Abonnements particuliers 9.o30™'

Services publics 7 oOO »

Dissipations et pertes 7.960 «

Total. . . . 2o.000"'3

Les frais d'établissement ont monté à ll,734,3o7 francs.

Les frais annuels se répartissent ainsi :

Intérêts 0 p. 100 du capital 568.700 fr.

Personnel 133.000 »

Fonctionnement et entretien 105.000 »

Total. . . . 8:>4.700 fr.

Un mètre cube d'eau prêt à être livré à la consommation revient donc à 6,1 centimes, si on le rapporte à la quantité que peut livrer l'aqueduc, c'està-dire à 37,000 mètres cubes par jour.

Si on le rapporte à la consommation moyenne (:2o,000 mètres cubes), il revient à 9,4 centimes.

Si c'est à la quantité payée (9.530 mètres cubes), le mètre cube d'eau revient à 22,3 centimes.

CoNTROLi: Dii:s Diî.NRÉES ALiMK.NïAiiiES. — Un laboratoire de chimie existe, comme un l'a dit, près du Bureau d'Hygiène.

Annuellement, les analyses et examens s'y élèvent en moyenne au nombre de i, 500.

En moyenne, on compte 700 examens de denrées alimentaii'es, 350 d'eau, et 450 d'autres obji-ls.

Dans ces quatorze dernières années, 8,226 analyses de denrées ont été faites, 605 ont montré qu'elles étaient falsiliées.

I^a plupai-t des falsifications provenaient du lait ; sur 539 échantillons, 224 étaiiMil adultérés; sur 276 de beurre, 81 falsifiés; sur 178 de vins, 25 falsiiiés. Le café (220 analyses) et le thé(2t2) ont été reconnus toujours [)urs. 11 n'en, était pas de mê:ne du chocolat et de la chicorée.

La surveillance des denrées alimentaires, à liruxellcs, apjiartienl surtout à la police administrative (jui, du reste, fonctionne aussi comme jn»lice sanitaire. C'est à cause de cela que le Bureau d'Hygiène ne peut avoir (lu'iiin' personne pour ces fonctions.

Pour la surveillance des denrées, la police a un pcrstumel bpi'-cial qui comprend :

Ua inspecteur en chef du service de la vérification des viandes;

Quatre experts inspecteurs ;

Un expert inspecteur pour la volaille et le gibier;

Quatre experts inspecteurs pour le poisson ;

Deux experts inspecteurs pour le beurre.

La vérification des viandes est préventive, comme on l'a vu au règlement, page 2(52.

En Belgique comme en Angleterre, on ne recherche pas les trichines dans la viande de porc qui est toujours mangée cuite. On n'a pas observé de cas de trichinose.

Mahcui':s aux denrées alimsn paires. — A Bruxelles, il existe deux grands marchés des produits d'alimentation. Dans un, le marché couvert ou le marché de la Madelalne, on vend des légumes, des fruits et de la volaille. Les entrées sont rue Duquesnoy et rue Saint-Jean ; à cause de la différence de niveau de ces rues, la halle est à deux étages.

L'autre marché, plus grand, est les Halles Centrales. II est en fer et verre, avec des sections pour la viande, la volaille, les légumes et le poisson. Le sol est dallé ; il y a des robinets d'eau pour le lavage ; cependant sa propreté n'est par comparable à celle de Méat market de Londres.

La vente de la viande est libre ; il est permis à qui que ce soit d'en vendre; mais la boutique et son agencement doivent être approuvés par les autorités sanitaires avant l'ouverture de la vente.

L'intérieur de ces boutiques est arrangé de la manière suivante : le plancher est en asphalte ou en ciment; les parois sont en marbre, verre, ardoise ou crépies et peintes à l'huile ; le plafond est crépi et peint à l'huile. Sur le plancher on sème de la sciure en couche légère ; chaque jour on la renouvelle. La viande est suspendue librement à des crochets. La cloison qui ferme la ])outique du côté de la ru3 est enlevée durant le jour de façon à laisser la boutique co:nplètement ouverte ; la plus belle viande est exposée là.

L'étal et la table sont en marbre ou autre pierre.

Dans chaque bouticjue il y a une distribution d'eau et un tuyau d'évacuation des eaux de lavage; de cette façon, la plus grande propreté est possible.

Le lait est vendu en boutiques ou j)orté dans des voitures que traînent des chiens. Les récipients où on le met sont en fer-blanc.

Il y a deux espèces de boutiques pour le lait : laiteries et vacheries. Dans les premières, le lait vient de la campagne; dans les secondes, il provient des vaches qui y sont entretenues.

Pour avoir des vaches en ville, il faut en solliciter l'autorisation au Bureau d'Hygiène qui oblige à l'exécution des prescriptions sanitaires.

Il en est de même si l'on veut ouvrir une laiterie; le lait qui s'y vend peut être consommé sur place ou transporté.

Service du kettoiemEiNT de la ville. — Bien que le règlement de police de 1865 impose aux propriétaires le nettoiement de la rue devant leurs maisons, c'est un service municipal qui en est chargé, car cette partie du règlement est tombée en désuétude.

Depuis 1881, le service du nelloiement est surveillé par une commission spéciale consultative. Elle est composée de Téchevin des travaux publics, président, et de quatre membres choisis par le conseil communal dans son sein.

Outre la surveillance, cette commission propose au collège des bourgmestre et échevins toutes les améliorations qu'elle juge nécessaires.

Les membres de la commission sont chargés tour à tour, pendant un mois, de l'inspection générale. Le membre en fonction pubhe, à la fin du mois, un rapport sur les travaux. Le rapport annuel sur les travaux de la commission est remis en même temps que le projet de budget.

Le personnel du service de nettoiement se compose de :

Un directeur;

Un chef de Itureau;

Deux chefs de dépôts;

Trois employés;

Un vétérinaire;

Trois inspecteurs surveillants;

Un magasinier;

Quatorze surveillants et piqueurs ;

400 à 4o0 ouvriers.

Dans ce nombre, sont comp:-is non seulement ceux qui s'oc(nii)enL du nettoyage j>roj»rement dit, mais encore des ouvriers charrons, forgerons, selliers, mécaniciens, débardeurs, etc.

Le matériel se compose notaniment de :

100 chevaux ;

il voitures balayeuses mécaniques, à ti-action de chevaux ; 81 tombereaux; 7o voitures d'arrosage ;

17 prames pour l'enlèvement des immondices. Les rues sont balayées à la main ou au moyen de balayeuses mécaniijues. On les arrose avant de balayer, aiin d'éviter la poussière. Le personnel est divisé en brigades ; une lirigade complète comprend : il tonneaux-arrosoirs ; 4 tombereaux à gadoues ; 10 chevaux ; lO charn.'tieis :

1 surveillant.

L'ari-usage, qui .>e fait à ]ii-u\ell<.'S avec beauc<»up de soin, fait partie du nettoiement. Il a lieu surtout à la lance, cependant on se sert aussi beauc(tu|» de tonneaux. Des ruelles étroites et certaines rues sont arrosées avec tant d'abondance, (ju'elles sont t(jujours jtarfailement propres.

Li's inmioiidices des cours sont enlevées à 7 heures du malin, du I " Oclubri' à (in février; à Oh. 30 en mars et sejilrmbre; à 6 heures du 1'' avril an 31 août.

Dans ces deinièrc-s années, il y a eu 110,000 mètres cubes d'immondii-cs ménagères et 0,300 mètres cubes de gadoues (immondices de balayage).

Les urinoirs publics, au nombre de 200 environ, sont régulièrement nettoyés chaque jour.

Toutes les immondices sont, à l'aide de tombereaux, transportées chaque jour au dépôt de la voirie sur le quai du canal de Willebroeck. Elles sont chargées sur des bateaux et envoyées directement chez les cultivateurs ou au dépôt situé à Evère, hors de la ville, sur le bord du canal de Willebroeck.

Les eaux ménagères et celles des water-closets s'en vont directement aux égouts.

Les fumiers d'écuries sont déposés en des fjsses étanches, en briques (voir p. 2o7).

Les écuries et leurs fosses doivent être approuvées parle Bureau d'Hygiène.

Il est permis d'entretenir des porcs dans la ville, mais en petit nombre dans le même lieu.

La construction des porcheries est déterminée parle Bureau d'Hygiène, leur propreté est surveillée par la police.

Abattoir d::: Bruxelles. — L'abattoir public et le marché au bétail sont situés près des boulevards qui entourent la ville ; cette partie s'appelle boulevard de l'Abattoir.

L'abattoir se compose de deux lignes de constructions, divisées en cellules comme en Angleterre.

Près de chaque cellule à gros bétail, se trouve une pièce pour le dépôt de la viande abattue et des peaux. Les animaux pour l'abatage y sont amenés successivement; s'il y en a plusieurs en même temps, ils sont attachés à la muraille extérieure.

Le petit bétail se trouve dans une stalle près de la cellule de tuerie. Le gros et le petit bétail sont abattus ordinairement dans des endroits différents.

La cellule de la tuerie consiste en une grande salle de oO mètres carrés avec deux grandes portes vis-à-vis l'une de l'autre. Le plancher est dallé et en pente vers son centre où se trouve une ouverture d'écoulement pour l'eau. Les parois sont en briques et crépies intérieurement.

A droite des abattoirs, dans une direction transversale, est un long bâtiment qui renferme des ateliers pour échauder les cochons, fondre le suif et traiter les tripes.

Du côté opposé et séparées des abattoirs par une vaste cour se trouvent deux lignes d'écuries pour le bétail.

Au milieu de la cour est située l'habitation de l'inspecteur ; près de l'entrée, il y a une autre maison renfermant les bureaux et les demeures des gens de service.

La cour est pavée, il y a des robinets d'eau et des tuyaux d'évacuation dans tous les endroits nécessaires.

L'abatage se fait par un coup dans le front au moyen d'un marteau émoussé ; l'animal tombe sur-le-champ. Les vaisseaux jugulaires sont ouverts puis le sang est recueilli dans des vases plats en fer-blanc et vidés dans des tonneaux placés hors de l'abattoir. H est transporté à une usine spéciale pour

la préparation de l'albumine et du guano de sang. Cette usine appartient à une société privée qui a acheté pour quelques années la concession de tout le sang de l'abattoir.

Les intestins sont recueillis et transportés dans la cour près des ateliers pour la cuisson. Ils y sont ouverts et la fiente est jetée à terre. Les panses sont alors traités dans les ateliers et préparés sous le nom de tripes.

Le contenu des intestins est emmené par les soins du service municipal du nettoiement et transporté aux bateaux du canal de Willebroeck.

L'abattoir appartient à la ville ; nous donnons ci-après les règlements les plus importants qui le concernent.

Dispositions générales. — Il est défendu d'abattre et de dépecer des animaux destinés à la consommation, de procéder à la fonte du suif brut, de préparer et de cuire les issues, ailleurs que dans l'abattoir public.

Les fabricants de tripes et fondeurs ont le droit d'établir dans leurs ateliers, les fourneaux, poêles, tuyaux, rafraichissoirs et autres appareils nécessaires à la cuisson des issues et à la fonte du suif. Mais ils soumettent au préalable les plans à l'approbation des bourgmestre et échevins. Ils sont responsables de tous les dégâts commis dans les locaux qu'ils occupent. Ils doivent faire gratter, laver et blanchir annuellement les murs intérieurs des échaudoirs et des ateliers, tenir les locaux et leurs abords dans un parfait état de propreté.

Personnel. — Le personnel attaché à l'abattoir se compose d'un inspecteur en chef choisi exclusivement parmi les vétérinaires ; d'experts inspecteurs, choisis parmi les vétérinaires ou les anciens bouchers; d'un receveur, d'un chef de service et de préposés.

Les inspecteurs, chef et experts, sont chargés de la visite des animaux sur pied présentés à l'abatage et de la vérification des viandes avant leur sortie.

L'inspecteur en chef fait un rapport des cas de maladie qu'il a constatés et gi'-néralement de tous les faits concernant la salubrité publique ou celle de l'abattoir.

En cas de contestation et de contre-expertise, deux experts arbitres sont appelés. Ils sont, chaque année, désignés par le collège des bourgmestre et échevins.

Avant d'entrer en fonctions, l'inspecteur en chef, les experts inspecteurs et les experts arbitres prêtent serment de remplir bien et fidèlement leurs fonctions.

Inspection. — Les animaux destinés à l'abatage sont préalablement visités par les experts inspecteurs.

Ceux qui sont reconnus ou même seulement soupçonnés être atteints d'une maladie contagieuse, ou être impropres à la consommation sont mis en fourrière pour qu'il soit procédé à leur égard conformément aux lois et règlements en vigueur. Après la tuerie, les parties internes du corps sont visitées ; si cela est nécessaire, les inspecteurs peuvent entailler la viande pour s'assurer de leur état réel.

L'état de santé est constaté par l'apposition d'une estampille.

Les viandes et issues suspectes ou nuisibles sont provisoirement saisies et enfermées dans un local spécial. Il est dressé un procès-verbal motivé de la saisie, de l'état des viandes et de leur quantité; ce procès-verbal est immédiatement envoyé au commissaire en chef de la police.

Toute viande saisie est enterrée ou dénaturée, s'il n'y a aucune réclamation, dans les vingt-quatre heures.

En cas de réclamation, un inspecteur et les arbitres experts procèdent immédiatement à une nouvelle visite. Leur décision est définitive. Les frais «l'expertise sont supportés par la partie condamnée.

Ceux qui, procédant à l'abatage, découvriraient sur une bête des symptômes de maladie, doivent en aviser aussitôt l'un des inspecteurs. S'ils trouvent un fœtus, ils préviennent de même un inspecteur qui le fait enfouir ou dénaturer.

La dénatura tion se fait à l'abattoir, en présence d'un préposé, selon le mode prescrit par l'adminislralion communale.

Ahatage. — Il peut avoir lieu à toute heure du jour et de la nuit. Ceux qui veulent tuer la nuit doivent, dans la journée, prévenir l'inspecteur en chef.

Le sang des animaux abattus est recueilli dans des baquets, versés dans des jDarils bien étanches mis sur des charrettes. Les fûts peuvent, pendant le travail, se trouvera l'entrée des échaudoirs; mais immédiatement après, ils sont placés aux endroits désignés par l'inspecteur en chef. On les enlève de l'abattoir tous les deux jours en été et une fois par semaine en hiver.

Les porcs ne peuvent être grillés; il est seulement permis de les échauder. •

11 est expressément enjoint aux bouchers de laver à grande eau les tueries et leurs abords après l'abatage et de tenir en un état constant de propreté les ustensiles dont ils font usage.

Les issues des bestiaux sont enlevées des tueries et transportées aux triperies après qu'elles ont été visitées aussitôt l'abatage.

Les vidanges et autres résidus sont enlevés dès que le travail est terminé. On les transporte directement aux endroits désignés par l'inspecteur en chef.

Triperies. — Il est défendu dans les triperies de se servir d'ustensiles quelconques en cuivre, en plomb et en zinc. Ils doivent être enfer battu ou étamé. On ne peut laisser écouler dehors les eaux sales ni déposer dans les cours

les résidus de la cuisson.

Fondoirs. — Les plans des appareils pour la fonte doivent être approuvés par l'administration communale.

Il est défendu, sans une autorisation spéciale du collège échevinal, de mêler à la fonte du suif aucune matière étrangère autre que l'acide sulfurique.

Mesures spéciales de police. — Nul ne peut être admis à l'abattoir sans une permission de l'inspecteur en chef.

Il est défendu de coucher dans les cellules d'abatage, bouveries ou tous autres locaux dépendant de l'abattoir.

Les bouchers et ouvriers ne peuvent sortir avec leurs vêlements de travail maculés de sang.

Les voitures de viandes, abats ou issues doivent être couvertes et munies du numéro de l'e'chaudoir de leur propriétaire.

II est expressément défendu de faire subir des tortures aux animaux.

Marché au bétail. — Le marché au bétail appartient à l'abattoir, mais il en est séparé par une rue. Il comprend deux va^tes halles, couvertes et séparées par une rue transversale. Le sol est pavé. L"intéiieur est divisé au moyen de barrières convenables pour retenir les animaux.

Les toits du marché au bétail proviennent d'une exposition établie sur ce même terrain, concédé par la ville à la condition qu'ils seraient conservés pour le marché au bétail.

Des jours spéciaux sont fixés pour le marché des diOérentes espèces de bétail.

A l'exception des vaches laitières entretenues dans la ville, il n'est permis de faire circuler le bétail que dans des rues déterminées. Chaque troupeau ne peut compter plus de io bœufs, vaches ou génisses. Un troupeau de plus de 8 bêtes à cornes doit être accompagné de deux conducteurs ayant au moins dix-huit ans.

Les règlements suivants y sont en vigueur :

Il est défendu d'exposer au marché des bêtes malades.

Les bêtes à cornes doivent être attachées séparément. Des garçons chargés de placer les bêtes au marché et de les mener à l'abattoir sont désignés par le collège échcvinal et munis d'une plaque numérotée.

Le marché aux peaux se tient une fois par semaine dans des lieux déteririinés, couverts d'un toit et dallés.

Le marche au suif a lieu deux fois par semaine. Il est aussi peimis de fain,' venir le suif du dehors.

Tout suif corrompu est immédiatement saisi et dénaturé.

Le suif amené les jours où il n'y a pas nuirché est déposé à ral)atluir.

Lieux u'aisancks. — Gomme on l'a vu dans le règlement des bàtissesde I88I5, les water-closets sont obligatoires à Bruxelles. Aussi il ne reste (|u"un très petit nombre de fosses d'aisances usitées autrefois.

Bruxelles, par son changement d'opinion relativement aux walcr-cln-fls, donne un exemple très instructif.

En plusieurs endroits du continent, i)ar ignorance des processus des transformations subies par les matières fécales mélangée d'eau, on s'oppose encore à l'introduction du système des water-closets qui est le meilleur do tous les systèmes de latrines. C'était aussi le cas de Bruxelles. Kn 1857, en elTel, un règlement sur les latrines fut promulgué; Cin y défendait rétablissement de water-closets sans une autorisation spéciale de l'autorité municipale qui devait en fixer les conditions.

Dès I8G0, le collège échcvinal exprimait l'espérance que l'ancien sy>leMii' serait bientôt remplacé par des water-clojels. La même année, un réglenienl

BELGIOUE

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parut, il ne permettait que ce seul système dans les maisons des rues étroites et des ruelles. Depuis 1883, c'est le seul système permis.

Les water-closets bruxellois sont construits d'après un modèle anglais. Une forme ordinaire est celle que montre la figure 91 *.

Drainage des maisons. — Les iirancliements d'égouts de maison sont pour la plupart en briques et maçonnerie, ovoïdes de 0™,30 à 0"\36 de diamètre. D'autres, sont en poterie vernissée avec un diamètre de 0™,!^3.

Les coupe-air des cuisines, buanderies, cours, etc., consistent le plus souvent en une sorte de petits puits en pierre (s^er/)>M/) dont la forme est représentée figure 92. La cloison du côté de l'orifice est immergée de 2 à 6 centimètres. De cette façon les gaz d'égout ne peuvent pénétrer dans la maison.

La figure 93 montre de nouveaux modèles de coupe-air. Ils sont utilisés pour les water-closets, les tuyaux de décharge des cuisines, buanderies, etc.

Fig. 91. — Water-closet belçe.

Égouts publics. — La canalisation d'une ville étant une des principales con-

Fig. 92. — Coiipe-air des cuisines.

Fig. 93. — Coupe-air de water-closets.

Echelle de 4 conlimèlres par mètre

ditions d'une bonne salubrité publique, on a trouvé que la construction des égoûts est un problème dont la solution est des plus délicates et des plus difficiles pour les ingénieurs sanitaires.

Précédemment, p. 141-144, on a indiqué les principes généraux d'après lesquels on construit à présent les égouts. Le système de ceux de Bruxelles offre cependant plusieurs singularités très intéressantes et diffère beaucoup de celui appliqué en Angleterre.

La canalisation a été commencée en 1847. Les premiers égouts n'étaient destinés qu'à recevoir les eaux ménagères. On ne fit pas, malheureusement, un système général, ce qui est encore le cas en plusieurs endroits. ïls furent construits sans aucun plan; des conduits à forte pente furent réunis à d'autres placés presque horizontalement; la disposition d'une rue déterminait exclusivement la forme et la place d'un nouvel égout pubhc.

Les inconvénients ne tardèrent pas à se montrer; des dépôts se formaient dans les canaux et des gaz infects de la décomposition en montaient. Quand il

' Les clichés des figures 91 à 101 ont été prêtés à l'auteur par l'aimable intermédiaire de M. Janssens, chef du service d'hygiène.

pleuvait fortement, les conduits principaux ne pouvaient pas évacuer toute l'eau; les parties inférieures étaient submergées; les gaz et l'eau d'égout pénétraient dans les maisons par les conduites. Le curage nécessitait beaucoup de peine et de grands frais sans donner de résultats satisfaisants.

On nomma une commission chargée de rédiger un projet complet d'un

Fii;. 94. — Egout du nouveau système.

Ecliello 1 centimètre-' p:ir mètre.

nouveau réseau d'égouts. Tous ceux établis depuis 1875 sont du nouveriu système et la plupart des anciens égouts ont été transformés.

En adoptant le nouveau système, on a eu surtout en vue : d'rmi)êcher la stagnation des eaux vannes sur tout leur parcours ; d'obvier le plus possible à la formation des dépôts ; de faciliter l'écoulement des vases dont le dépôt,

'si^

Fiff. 95. — Ivjniii M av;uil I87.">.

E(.'liell(.' I centimèlrc par mètre.

Fij. 96. — Puisards do relcntifi des sables. Echelle I ce ntimcti'C par mètre.

dii à lies circonstances locabis, ne peut pas toujours être évité; cl d'assurf>r la circulation de l'air dans les égouts.

IIYMKNK l'IItl.IOUK.

Pour obtenir ce résultat, les égouts ne sont pas comme autrefois, dirigés en droite ligne, de bas en haut, jusqu'au point le plus élevé de la rue, mais ils suivent une ligne brisée continuée même le long des rues parallèles à la partie la plus basse de la ville. Dans les rues fortement inclinées, les égouts ont une pente moindre que celle de la rue ; dans celles qui sont presque horizontales, la déclivité des égouts est plus grande. De cette façon, on a réparti le mieux possible toute la pente dont on pouvait disposer et évité par la régularité du courant toute formation de dépôts.

Tous les égouts du nouveau système ont la forme ovoïde et une hauteur de 2 mètres. La maçonnerie est en briques de 0,18 centimètres d'épaisseur, hourdées et égalisées intérieurement par du ciment. Ils sont généralement placés à 4 mètres au-dessous du sol (voir fig. 94).

La figure 95 montre un des grands égouts d'avant 1875.

Dans les anciens égouts, il y avait des puisards placés de distance en distance ; mais depuis 1852, ce système a été abandonné.

Les ouvertures, pratiquées à côté du trottoir, pour l'écoulement des eaux pluviales, sont toutes munies d'un coupe-air ayant 2 à 5 centimètres d'immersion ainsi que de puisards qui retiennent les sables et autres matières solides.

Fig. 97. — Collecleiir de droite.

ucs détails de leur construction se voient figure 96. Dans certains endroits, ces ouvertures ont de plus une grille horizontale pour arrêter les feuilles, brins d'herbe, de paille, etc.

Les regards des égouts sont placés droit au-dessus d'eux; ils sont recouverts d'un grillage pour la ventilation et pour que les gaz d'égout, en cas de grande pluie, ne puissent être chassés jusque dans les maisons.

BRUXELLES '2i:>

Collecteurs et émissaire. — Les égouts débouchent dans deux collecteurs généraux qui courent le long de chaque rive de la Senne jusqu'à l'extrémité de la ville, où ils se rejoignent sous le carrefour de l'avenue de la Reine et de la rue Masui ; le collecteur de la rive gauche passe auprès du pont Masui, sous

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