‹ Traité de l'hygiène publique d'après ses applications dans différents pays d'EuropeChapitre 36 sur 98 · ig-. 98. — Ccllecteiir de gaiichê · texte numérisé non relu

ig-. 98. — Ccllecteiir de gaiichê

la rivière, pour gagner l'autre rive. Les deux collecteurs réunis portent le nom de grand collecteur ou émissaire. Il se dirige parallèlement à la voie ferrée

Vv'. 99. — Emissaire.

jusqu'à llaeren, au nord dt; Hruxelles, sur un parcours de o kilomèln-s; là -es eaux sont envoyées à la Senne.

Les deux collecteurs ont la forme d'une cuvette, bordée d'un trottoir de chaque côté et couverte dans toute sa longueur par un cintre, d'une hauteur suffisante pour que l'on puisse y circuler librement. Le radier a 2 mètres de profondeur et est placé plus bas que les égouts des rues.

Le collecteur de droite (fîg. 97) a une largeur de 1,70 m.; celui de gauche

(fig. 98) de 1,20 m. L'émissaire (fig. 99j a la mêuie forme que les collecteurs, seulement il a 2,20 m. de largeur.

Jusqu'en 1867, tous les égouts des rues de Bruxelles débouchaient dans la Senne dont les rives étaient habitées par la classe indigente de la population. Pendant la saison sèche, cette rivière n'était guère qu'un vaste cloaque découvert dont les bords étaient transformés en dépôts fétides. En temps de grosses pluies, l'eau, montant de la rivière, pénétrait dans les égouts débouchant au-dessous de son niveau, chassait les gaz dans l'intérieur des maisons, arrêtait l'écoulement des eaux vannes, inondait les soussols peu élevés et laissait après elle, en reprenant

; son cours, un énorme dépôt de vase dans la

i canalisation.

! En même temps qu'on introduisait le nou-

' veau système d'égouts, on prenait des mesures

contre les inconvénients sanitaires dont la Senne ' était la cause. Les maisons construites sur ses i bords furent démolies ; des boulevards, des

places et de larges rues remplacèrent les ruelles ; étroites et tortueuses. Le lit de la rivière fut

creusé plus profond, rectifié et canalisé dans : toute la traversée de la ville. En même temps

on isola les égouts pour les garantir contre

les variations de niveau de la rivière.

Sonlit est voûté sur unelongueurde2,lo0mètres; la construction en est représentée figure 100. La rivière est resserrée entre deux voûtes séparées par un mur. Les collecteurs courent de chaque côté.

Les trottoirs qui longent le lit des égouts sont garnis de rails en fer sur lesquels circulent des wagons de forme singuHère et employés au curage. Des anneaux de fer, placés de 25 en 25 mètres, servent à les attacher.

Des rampes en fer galvanisé sont encastrées dans le mur à 0,90 m. au-dessus du trottoir.

liiiiXKLLK^ -rn

A chaque intervalle de oO mètres, il y a alternativement sur l'un et Tautre trottoir, un regard, muni d'une échelle de fer.

Entre les collecteurs parallèles à la Senne et la rivière, on a pratiqué des ouvertures munies du côté de la rivière d'une soupape. Ces ouvertures sont placées au niveau des trottoirs de l'égout et sont destinées à déverser dans la rivière une partie des eaux des égouts au moment des fortes pluies. D'autres ouvertures mettent les collecteurs en communication avec la Senne dont l'eau sert à laver les égouts.

Ces ouvertures sont munies de vannes.

Les collecteurs ont généralement une pente de 30 centimètres par kilomètre : à certains endroits seulement elle augmente jusqu'à 50 centimètres. La pente étant très minime, il est nécessaire de débarrasser les égouts de leurs dépôts.

Ce curage se fait au moyen de vannes d'une construction particulière, appelées wri(/oHS->:a/ines (fig. 101). Ils sont enlièiement en fer et consistent en une vanne s'adaptant à la cuvette de Fégout et suspendue par des charnières à un

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Fif,'. 101. — Watron vanne.

wagon placé sur quatre roues ut courant sur les ruils îles trottoirs. Une vis permet de hausser ou de baisser la vanne selon les besoins.

Quand elle est baissée considérablement, l'eau est arrêtée, et, passant avec rapiiiité sous la vanne, entraîne tous les dépôts.

On fait usage, pour le curage des collecteurs, de neuf wagons de celte espèce.

L(;s dépôts étant C(jntinuellenient «Milevés, ils ne peuvent se décomposer et pnjduire des gaz fétides, .\ussi, l'air des colhcteurs n'est pas trop désagréable.

Des 1872, on a proposé d'utiliser l'eau des égouts à lirrigatiitn des champs de Loo et de Peuthy, près de Vilvorde, où il y a un terrain convenable d'en, viron 4.000 hectares. Les frais d'un pareil tiavail sont si considérables qu'on n'a pas encore pu se résoudre à le mettre à e.xéculion.

Depuis quelque temps, on emploie une petite partie des eaux d'égout à l'irrigation d'un terrain de 39 hectares, aux environ de Machelen.

Le grand collecteur se déverse à Ilaeren, dans la rivière, à 50 centimètres sous l'eau, ce qui fait monter l'eau sur les trottoirs de la dernière partie de cet émissaire ; aussi le nettoyage est impossible. Pour obvier à cet inconvénient, on a établi, à l'embouchure, des machines hydrauliques qui font, à certains intervalles, baisser l'eau suffisamment pour que les wagons-vannes puissent fonctionner. Cette opération doit se faire une fois par semaine.

Ces machines consistent en trois pompes centrifuges de 1,80 m. de diamètre, actionnées par trois machines à vapeur, chacune d'une puissance de iOO chevaux.

Le curage des collecteurs exige l'emploi de vingt hommes, y compris ceux employés aux pompes. Un nombre égal d'ouvriers sont occupés au curage des égouts de rues.

La longueur totale des collecteurs est de 18 kilomètres.

Les dépenses de cette grandiose canalisation se sont élevées à 27 millions de francs, y compris l'expropriation des 1,100 vieilles maisons situées sur le bord de la rivière et des autres terrains.

La voûte de la Senne et les collecteurs qui longent la rivière ont coûté 3,500 francs par mètre. La dépense s'est élevée de 3o0 à 400 francs pour les collecteurs dans la partie où ils ne la suivent pas. Les égouts des rues, de 2 mètres de hauteur, ont coûté 50 francs par mètre, y compris tous les travaux accessoires.

Les travaux, commencés en 1867, furent achevés en 1874.

Mesures contre les maladies contagieuses. — Vaccination. — La vaccination n'est pas obligatoire en Belgique, bien que son utilité soit reconnue par les médecins et l'administration. Le Gouvernement fait son possible pour engager la population à se faire vacciner de plein gré.

Afin d'obtenir de bon vaccin, on a créé, à Bruxelles, aux frais de l'Etat, un Etablissement de vaccin animal. Il est adjoint à l'Ecole vétérinaire et a pour chef le directeur même de cette école ; au-dessus de lui, existe une Commission de quatre membres nommés par le Ministre de l'intérieur. Elle se réunit une fois par mois dans le local de la vaccination pour en contrôler la comptabilité, l'exercice, etc.

A chaque séance, le directeur doit présenter un rapport sur les opérations de l'établissement et la Commission est tenue, chaque année, d'en rendre compte au Gouvernement.

Pour inoculer les veaux et en extraire le vaccin, on attache l'animal à une table spéciale. On rase le poil de la région abdominale et on lave cette place a/ec une solution d'acide phénique au 2 p. 100: on l'essuie ensuite soigneusement. On fait 80 incisions de deux à trois centimètres de longueur, à deux ou trois centimètres de distance l'une de l'autre.

Les pustules mûrissent en cinq ou six jours; si elles ne sont pas développées toutes simultanément, on recueille le vaccin en deux jours de suite.

Pour le récolter on saisit la pustule avec une pince ad hoc, puis

on détache la croûte extérieure qu'on rejette. La masse pulpeuse et la lymphe sont raclées avec une lancette, recueillies dans un mortier en porcelaine, broyées avec un peu de lactine (sucre de lait) et un tiers de glycérine. Avec une spatule d'ivoire, on presse la masse à travers un tamis fin en laiton pour la faire tomber dans un mortier d'agate où on la broie une seconde IVjis.

Le vaccin ainsi préparé est mis dans de petits tubes de verre de deux à trois centimètres de longueur et munis de bouchon, ou bien entre deux lames de verre dont lune, a une petite cavité dans laquelle on le dépose

Le tube ou les verres sont ensuite enveloppés dans des feuilles d'étain. Le vaccin que l'on veut conserver quelque temps est placé dans une glacière. On ne le délivre qu'après avoir abattu les veaux et les avoir reconnus sains.

Les enfants ne sont pas vaccinés dans l'Etablissement même.

L'origine de cet Etablissement vaccinal remonte à 1883.

En vertu des anciennes lois de 1789 et 1790 qui enjoignent aux autorités communales de prendre les mesures nécessaires contre les épidémies, plusieurs communes ont organisé la vaccination d'une manière digne d'éloges. Bruxelles, inconteslal)lement, mérite d'être mise au premier rang.

La vaccination est sous la dépendance de l'adjoint du Bureau d'Hygiène, elle s'opère tous les jours ouvrables dans un local, attenant audit bureau Elle est, ainsi que la revaccination, tout à fait gratuite.

Dès qu'un cas de variole se déclare, les autorités font distribuer, dans tous les quartiers infectés, des milliers de circulaires où sont indiqués l'action préservatrice de la vaccination et le lieu où on l'effectue.

La vaccination est même obligatoire jusqu'à un certain point, puisque tous les enfants, pour être admis dans les écoles publiques, doivent produire un • ertificat de vaccine. De même tous les pauvres assistés sont obligés, ainsi que leurs enfants, de se faire vacciner.

Les enfants des écoles doivent être revaccinés à l'âge de dix ans.

Les personnes qui fréquentent les cours du soir (écoles professionnelles) doivent aussi fournir un certificat de revaccinalion récente. La môme obliuatioa est imposée à ceux qui sollicileut un emploi municipal. Du reste, le <!ergé a été invité à engager les enfants, (jui l'ont leur i)remière communion, à - • faire vacciner ou revacciner.

DliCLVHATION DES CAS DE M VL.VDn:S CONTAGIEUSES. — ISOLE.MENT ET SOINS

DONNÉS AUX MALADES. — En vcrtu d'uu décrct royal du 31 mars 1818, tous les médecins, en Belgiiiue, doivent j)Oi'ter, à la connaissance du Bourgmestre ou <lii Hui( au (I Hygiène, chaque cas de maladie contagieuse qui s'est présenté dans leur district. Une semblable ordonnance, avec des dispositions plus rigour^-uscs, fut jiromulguée par lauturité communale de Bruxollcs le 18 novi-mbre 18iî4. Les asiles, prisons, hôtels, garnis, auberges, etc., sont soumis à l;i même obligation.

Les maladies qui doivent être notifiées sont: la variole, la scarlatine, la nnigeole, la fièvre typhoïde, le typhus, le choléra, la dij)htéric et la dysenlei-ic.

Dès qu'un cas a été dénoncé au Bureau, le médecin municipal procède à une enquête sur l'état sanitaire de la demeure du patient, sur les causes probables de la maladie ; il s'informe s'il y a d'autres cas dans la maison ou dans le voisinage, si les personnes en question ont été vaccinées, s'il y a des enfants, dans la mai^on, qui fréquentent l'école, etc.

Si le médecin traitant a indiqué tous ces points dans sa déclaration, il n'y a pas lieu à une enquête de la part du médecin municipal.

Aussitôt en possession des renseignements ci-dessus le médecin municipal fait son rapport au Bureau de santé qui ordonne les mesures jugées nécessaires.

La notification des cas de maladie se fait au moyen de formulaires dressés par le Bureau et fournis par lui à chaque médecin.

Par suite d'une convention faite le ^6 décembre 1874 entre les autorités de Bruxelles et celle de ses faubourgs, elles se font mutuellement part chaque semaine des cas de maladie signalés. De môme chaque commune est avertie sur-le-champ lorsqu'un de ses habitants est tombé malade dans une commune étrangère.

Bruxelles ne possède pas encore d'hôpitaux d'isolement pour les maladies infectieuses. Elles sont traitées dans les deux grands hôpitaux généraux de Saint-Pierre et de Saint-Jean. Le premier est surtout consacré au traitement des fièvres typhoïdes, le second aux autres maladies. Les typhoïdiques ne sont nullement isolés ; les malades atteints d'une autre affection contagieuse le sont autant que possible. Pour les varioleux, il y a un local spécial, ï^éparé, à l'étage le plus élevé d'un pavillon de l'hôpital Saint-Jean.

L'importance de l'isolement est toutefois pleinement reconnue, attendu que les médecins municipaux ont l'obligation, chaque fois que l'isolement à domicile est impraticable, d'engager les patients à se laisser transporter à l'hôpital.

Selon une décision du conseil communal de 1880, il est interdit de transporter des personnes affectées d'une maladie infectieuse, dans une voiture publique.

Dans ce but, il existe au Bureau d"Hygiène une voiture spéciale qui est mise à la disposition du public après demande à la police. Les pauvres sont transportés gratis; les autres paient une redevance de 50 p. 100 plus élevée que celle des voitures ordinaires.

La voiture est désinfectée après chaque transport.

Il est interdit au cocher des voitures publiques de transporter aucunmalade non muni d'un certificat de médecin constatant qu'il ne souffre pas d'une maladie infectieuse.

Les enfants des écoles, malades ou non, qui demeurent dans une maison où il y a une maladie infectieuse, ne doivent pas fréquenter l'école aussi longtemps que leur domicile est considéré comme contaminé.

Le D'" Janssens, directeur du Bureau d'Hygiène, emploie une méthode fort ingénieuse pour avoir un tableau net des maladies contagieuses. Un plan de la ville, aune grande échelle, collée sur du carton mince est placé sur un chevalet. Des épingles de couleurs différentes sont plantées sur toutes les mai-

sons où se sont déclarés des cas de maladies contagieuses. Les épingles noires désignent la variole, les rouges la scarlatine, les jaunes le typhus et ainsi de suite. Pour distinguer les cas du jour d'avec les précédents, on ne fait entrer les épingles nouvelles que jusqu'à la moitié.

Désinfection. — Les fumigations sulfureuses jouissent à Bruxelles d'un si grand crédit que l'on s'est abstenu jusquW ce jour d'employer la vapeur d'eau généralement en usage ailleurs. La désinfection se fait directement à domicile; il n'existe pas d'établissements publics pour cela, sauf un Poste sanitaire où Ton ne fait que désinfecter les gens bien portants qui viennent de localités contaminées.

On procède à la désinfection d'un local et de son contenu, dès que le malade est guéri, décédé ou transporté à l'hôpital. Elle est toujours exécutée par des désinfecteurs appointés par le Bureau d"Hygiène.

Les fumigations se font suivant la méthode déjà décrite à la page 60 ; toutefois, la quantité de soufre brûlée est de iO à 30 grammes par mètre cube.

On défait les matelas et les oreillers ; leur contenu est étalé pour que la fumigation soit plus complète.

Les effets sans valeur sont brûlés, les plus jietits dans la cheminée même du malade, les autres dans l'usine à gaz de la ville où on les transporte dans une charrette recouverte.

Pendant toute la durée de la maladie, les déjections sont désinfectées avec une solution concentrée de sulfate de fer ou une d'acide phénique au "2 ou 3 p. 100.

Tout le linge qui a servi au malade est i)Ouilli avec une solution de chlorure de zinc ou avec un mélange de :240 grammes de sulfate de zinc et de 1:20 grammes de sel de cuisine, dissous dans un seau d'eau (le sel de zinc brut ne peut être employé à cet usage, car il contient du fer et forme des taches de rouille).

Les latrines et les égouts de la maison infectée sont égaleuient désinfectés régulièrement avec du sulfate de fer ou de l'acide phénique en solution. On informe, en outre, le service de la voirie qui fait désinfecter de la luême manière les égouts publics du voisinage.

Afin d'avoir sous la main une quantité suffisante de sulfate de fer en solution, on suspend, dans un tonneau plein d'eau, une corbeille contenant 50 kilogrammes de ce sel.

Les cadavres des personnes mortes d'une maladie contagieuse sont ensevelis dans des draps imbibés d'eau phéniciuée {:2 à 3 p. 100). Le corps est ensuite immédiatement transporté à la cbaud)re d'observation du dépôt mortuaire situé aU'Cimelière d'Evere, en dehors de la ville. On l'y enterre dès que des signes certains de la mort se sont manifestés.

Chaque désinfection accomplie fait l'ubjet d'un rapptjrt [larliculier.

Dépôts .mortl'.vires, imiu.m.vïio.ns et cimetikhes. — Bruxelles po>sèdc deux dépôts mortuaires où l'on transporte les personnes décédées dans des loge-

ments trop étroits. L'un d'eux, situé dans l'intérieur de la ville, ne reçoit que les cadavres des personnes dont le décès n'est pas dû à une maladie contagieuse ; les autres sont transportés au dépôt mortuaire du cimetière d'Evere.

Dans la ville, le transport se fait sur un brancard à roues porté par les hommes du service des inhumations, après réquisition du médecin municipal et consentement de la famille. A moins d'urgence, ce transport n'a lieu que le soir.

En temps d'épidémie, le transport des cadavres au dépôt mortuaire est obligatoire, ainsi que dans les autres cas où le médecin municipal le jugerait nécessaire.

Aucun cadavre, sans autorisation expresse, ne peut être gardé dans ce dépôt au delà de quarante-huit heures après le décès.

L'ensevelissement et la mise en bière se font au dépôt. Pour le transport à ce local, il suflit qu'ils soient enveloppés dans un drap de lit.

Les dépôts mortuaires sont placés sous la surveillance du Bureau d'Hygiène qui veille à ce qu'ils soient bien aérés, désinfectés et proprement tenus.

Aux termes du règlement communal, l'inhumation des cadavres doit avoir lieu au bout de quarante-huit heures. Ce délai peut, au besoin, être réduit ou prolongé par l'autorité municipale.

Prostitution. — La prostitution est sévèrement contrôlée et réglementée à Bruxelles. Un commissaire et deux agents, faisant partie de la police, sont chargés de ce service. Des médecins spéciaux sont chargés des visites.

Les prostituées sont soumises à l'inspection ordinaire deux fois par semaine et à une visite extraordinaire s'il y a lieu. Les médecins inspecteurs relèvent du Bureau d'Hygiène et ne doivent recevoir aucun paiement des femmes visitées, ni des logeurs. Il leur est interdit aussi de donner des soins à ces femmes ou à leurs domestiques, quelle que soit raflection dont elles sont atteintes.

Chaque mois les médecins remettent au Bureau d'Hygiène un relevé des cas de maladie observés avec indication du genre de l'affection et de l'organe attaqué.

Toutes les femmes qui se livrent notoirement à la débauche, sont obligées de se faire inscrire et visiter.

Avant l'inscription elles sont citées devant le Bureau de police pour y subir un interrogatoire. H est dressé un procès-verbal de l'enquête ; il doit contenir les accusations et les réponses. On le transmet ensuite au Bourgmestre et au Collège échevinal qui seuls ont pouvoir de décréter l'inscription.

Lorsqu'il s'agit de mineures, on doit d'abord informer les parents et les exhorter à ramener leur enfant dans la bonne voie. S'il s'agit d'une femme mariée, on avertit le mari. Dans l'un et l'autre cas, la femme est cependant, jusqu'à nouvel ordre, soumise à l'inspection et placée sous la surveillance de la police.

Dès qu'une de ces femmes désire ne plus être rangée dans la catégorie des femmes inscrites, elle en fait la demande près du Bourgmestre et desEchevins

BRUXELLES 'iH'.i

qui en apprécient les raisons. Le mariage est un motif absolu de radiation sur les listes d'inscription.

Habitations olvhikres. — La question des logements ouvriers a été lobjet d'un vif intérêt de la part du Gouvernement et de plusieurs villes belges. Dans quelques-unes, Mons, Anvers, Nivelles, le Bureau de bienfaisance a élevé des cités importantes pour la classe ouvrière. Dans d'autres, à Liège, Tournai, Bruxelles, ce sont des compagnies particulières qui ont construit des logements de ce genre. Toutefois, les Sociétés de bienfaisance y participent pour des sommes considérables. Les autorités municipales ne manquent pas d'encourager et de faciliter ces entreprises, de toutes les manières possibles. C'est à elles que, dans les dernières villes nommées ci-dessus, on doit la formation de compagnies particulières pour l'étude de la question des habitations ouvrières.

C'est en 1868 que fut constituée, à Bruxelles, la première grande société pour la constiuction de logements ouvriers. Elle dispose d'un capital de cinq miiliuns de francs. L'administration charitable s'y est intéressée pour 1,300,000 francs.

Les maisons bâties jjur cette compagnie se divisent en deux catégories, qui' sont :

1° Des petites maisonnettes groupées quatre par quatre, entourées de jardins et destinées à l'habitation d'une ou deux familles;

"2" Des maisons plus vastes contenant plusieurs logements.

Les habitations de la première catégorie sont de deux sortes : il y en a qui occupent une surface de 22 mètres carrés et se composent d'une cave, d'une cuisine au lez-de-chaussée, de deux pièces à l'étage supérieur et d'un grenier; d'autres couvrent ;28 mètres carrés de surface et comprennent une cave, une cuisine et une chambre au rez-de-chaussée, deux pièces à l'étage supérieur et une mansarde. Cliacune de ces maisons a un jardin de 100 inèlres carrés.

Les habitations de la première catégorie ne se louent qu'à une seule famille, les autres peuvent être occupées par deux ménages.

Dans les grandes maisons ouvrières, les logements se conq)Osent d'une cuisine et d'une ou deux chambres. Chaque locataire a encore un grenier à sa disposition, s'il en a besoin.

Depuis sa fondation jusqu'en 1888, la compagnie a fait construire &i\ cites ouvrières coin[)renant 306 maisons habitées |)ar 526 familles.

Les logements ouvriers disséminés dans Bruxelles se louent à la semaine; ils sont, comme ceux des cités ouvrières, sous la surveillance du Bureau d'Hygiène.

Toutes les maisons en location doivent avoir un approvisioiiiiemenl d'eau suffisant f)Our les besoins des locataires.

On trouve, en outre, à Bruxelles, des logements à la nuit ou garnis ; le règlement exige que chaque personne y j)uisse disposer de 14 mètres cubes. L'autorisation d'ouvrir des logements de ce genre doit être demandée aux autorités ; c'est le Bureau d'Hygiène (jui les surveille.

S'il déclare un d'eux dangereux pour la santé, la Commission médicale

locale peut obliger le propriétaire à exécuter les améliorations nécessaires. En cas de refus ou de négligence de sa part, le Bourgmestre peut interdire l'occupation du garni.

Hygiène scolaire. — En Belgique, il n'existe pas de lois spéciales à l'hygiène scolaire. Le soin de surveiller l'état sanitaire des écoles incombe aux commissions provinciales et locales d'hygiène publique,

A Bruxelles, Anvers, Liège et Louvain, oîi il y a des Bureaux d'Hygiène, ce sont eux qui ont la surveillance de l'hygiène scolaire dans leurs communes respectives.

Bruxelles possède, sous la direction du D'' Jan^sens, une liAgiène scolaire si bien organisée qu'elle a pu servir de modèle dans plusieurs autres pays.

Relativement à l'hygiène générale des écoles, elle est surveillée par le Bureau d'Hygiène dans les écoles de l'État et de la commune. Dans Jes premières, toutefois, le contrôle ne s'exerce pas régulièrement; il se borne aux inspections relatives à l'état sanitaire et aux mesures à prendre contre les maladies contagieuses que la loi impose à la commission locale. Le Bureau d'Hygiène est pour cela le mandataire de cette commission. Par contre, dans les écoles communales, la surveillance concerne l'hygiène scolaire publique et privée, et a lieu avec les soins les plus minutieux.

Tous les projets et plans d'écoles, concernant leur situation, construction, installation, ventilation, chauffage, éclairage, drainage, lieux d'aisances, etc., doivent être examinés et approuvés par le Bureau d'Hygiène. Comme dans toutes ces questions, ce Bureau agit de concert avec l'administration des bâtiments publics, les plans de toutes les nouvelles écoles ont été en partie élaborés par lui.

Pour le chauffage, on eniphne dans les écoles nouvelles un syslème central à air, au moyen de batteries à vapeur; la ventilation a lieu aussi par ce système. Les latrines, placées dans la cour, sont divisées en plusieurs cabinets contigus, ayant chacun une porte particulière. Les matières fécales sont recueillies dans des réservoirs placés au-dessous , on les nettoie tous les soirs. Les ordures vont directement à l'égout.

Le Gouvernement établit, dans toutes les écoles subventionnées par l'État, le programme des études et les heures de classe,

La gymnastique est l'objet d'une grande sollicitude. Pour surveiller l'hygiène dans les écoles communales, il y a cinq médecins adjoints de la ville ayant chacun un district.

H y aune inspection au moins tous les dix jours; les classes et autres parties de l'école doivent être examinées au point de vue de la propreté, de la ventilation, du chauffage, etc.

Dès qu'on soupçonne un enfant d'être atteint d'une maladie contagieuse, on l'envoie chez le médecin de l'école.

Tous les cas de semblables maladies doivent, sans retard, être portés à la connaissance du Bureau d'Hygiène et du Directeur de l'école. Le Bureau prend les mesures mentionnées p, 28:2, et le chef de l'institution est tenu de veiller à ce que les enfants bien portants domiciliés dans les maisons infectées cessent

de fréquenter l'école et à ce que les enfants guéris ne rentrent pas sans un certificat portant que toutes les mesures ont été prises pour empêcher la propagation de la maladie.

Outre les affections énumérées plus haut, les enfants affectés d'une ophtalmie contagieuse ou de la coqueluche ne doivent pas non plus fréquenter Técole. Cependant ceux qui, habitant avec des enfants atteints de coqueluche, l'ont déjà eue, peuvent continuer à aller à l'école.

Le soin de traiter les enfants à domicile ne renti'e pas dans les attributions du médecin de l'école; c'est la famille ou les associations de bienfaisance qui s'en acquittent.

Cependant, dans quelques cas particuliers, il est du devoir des médecins des écoles de se charger du traitement médical des écoliers. C'est le cas pour les enfants de faible constitution, anémiques, scrofuleux ou affectés dun autre mal chronique tel qu'ils ne sont pas empêchés d'assister aux leçons. Les médecins des écoles sont obligés de leur faire subir un traitement dans Técole même. Les médicaments sont fournis par les associations de bienfaisance. Mais pour bien marquer qu'il ne s'agit pas dans ce cas de soins proprement dits, on désigne cette sorte d<,' traitement sous le nom de médication préve}itive.

Lors de l'entrée à l'école d'un enfant, on doit examiner sa constitution physique, sa taille, son poids, etc. Les résultats de cet examen sont contrôlés d ; temps en temps et inscrits sur un bulletin dont voici le formulaire :

VIL IJ-: DI-: lil'.LXELLKS

Ecole

Oh^'cri.aiionf; mcdicaks.

Nom de famille

Prénoms

Nationalité des parents..

Langue parlée

Lieu de naissance

Date de naissance

Défauts de constilulion.

Etat des fonctions visuelles.

Etat de la dentition.

Opérations denlairus pratiquées à l'école.

Examen iné licnl.

Date des ol)S"rvati(jns

Age

Taille

Poids

Circonférence de la tête . . .

Diamètre de la tète

Circonférence de la poitrine.

Diamètre de la poitrine. . . .

Capacité des poumons

Force

Couleur des cheveu.v

» des yeu.x

Classement n'^

Uevaccinalion pratiquée à l'école

sncct.'S.

sans avec

Médicatio:i préventive commencée le terminée le

Hésultats

o n s K K V V T I iJ N s

Tous les enfants qui ont une mauvaise dentition doivent se présenter une fois par mois au Bureau d'Hygiène, où ils reçoivent d'un dentiste les soins nécessaires.

Après chaque inspection, le médecin d'école doit faire un rapport au Bureau d'Hygiène suivant un formulaire donné par celui-ci. A la fin de l'année, il doit lui donner un résumé de ses travaux.

Une fois par mois, le médecin doit faire aux classes supérieures de l'école une .courte leçon sur quelque sujet d'hygiène indiqué par le chef du Bureau d'Hj'giène. Cette conférence ne doit pas durer plus de dix minutes. Pour donner une idée des sujets traités, nous citerons les suivants : de l'utiHté de la vaccine, de l'isolement dans les cas demaladie contagieuse, de la désinfection et autres semblables. On espère que les notions ainsi acquises par les enfants et transmises par eux dans leurs familles se répandront et profiteront à d'autres.

Tous les instituteurs et institutrices reçoivent, en matière d'hygiène, une instruction solide. Us doivent la surveiller dans les écoles. Le médecin n'a plus ainsi qu'à les contrôler et aies diriger.

Les instituteurs sont tenus de noter sur un tableau imprimé la température de chaque classe, quatre fois par jour : à 8 h. 30, 11 heures, 2 heures et 3 h. 30. Ce tableau est accroché dans la salle à côté du thermomètre ; à chaque inspection le médecin doit l'examiner.

Afin que toute maladie contagieuse soit découverte à temps, le directeur de l'école doit prendre garde à toute indisposition qui se déclare chez les élèves. Les symptômes qui marquent le début des diverses maladies infectieuses sont exposés dans un imprimé que le Bureau d'Hygiène a publié à l'usage des écoles.

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