‹ Traité de l'hygiène publique d'après ses applications dans différents pays d'EuropeChapitre 44 sur 98 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

PARIS (suite;

Dispositions sanitaires relatives au sol. — Pavage et nettoiement des rues. — Enlèvement des ordures ménagères. — Les égouts — Les collecteurs : [Bassin de la rive gauche.

— Bassin du nord. — Bassin central de lu rive droite.) — Forme et but des égouts. — Les égouts au point de vue sanitaire. — Pente et nettoyage des égouts. — Drainage des maisons. — Branchements particuliers d'égouts. — Dispositions relatives aux tuyaux d'évacuation des maisons. — Lieux d'aisances. — Water-closets. — Evacuation des vidanges, système Berlier. — Fosses fixes. — Utilisation des vidanges. — Champs d'irrigation de Gennevilliers et d'Achères. — Ecuries et vacheries. — Les abattoirs. — Marché aux bestiaux de La Villette. — Mesures préventives contre les maladies contagieuses. — Vaccination. — Isolement et soins des malades. — Stations d'ambulances. —

Hôpitaux. — Désinfection, — Dépôts mortuaires. — Cimetières. — Habitations ouvrières.

— Hygiène des fabriques. — Hygiène des écoles. — Ecole Monge.

Dispositions samtairer relatives au sol. — Pavage et nettoiement des RUES. — Paris a devancé toutes les autres villes pour le pavage des rues. Suivant l'historien Rigord, ce travail fut commencé sur l'ordre de Philippe- Auguste, en 1185. Le pavage ne fut d'abord composé que de gros blocs de grès d'environ 1 mètre carré placés à côté les uns des autres. Cela avançait si lentement que sous Louis XIII, la moitié des rues de Paris n'étaient pas encore pavées.

Ce n'est que depuis le commencement de ce siècle que le pavage est devenu général et qu'il a été établi d'après un système plus rationnel. Le plus ancien système est celui avec des pavés de pierre; il existe encore dans la plupart des rues des vieux quartiers et dans beaucoup de celles des nouveaux.

Le bruit occasionné par le roulement des voitures sur le pavé fut cause que l'on se mit à macadamiser les rues les plus fréquentées. Les ordures, la poussière, la cherté de l'entretien et surtout la grande quantité de sable enlevé qui pénétrait dans les égouts firent adopter d'abord l'asphalte sur lit de béton et dans ces dernières années le pavage en bois, comme à Londres (voir p. 1120). Ce mode de pavage parait devoir supplanter tous les précédents. Los interstices des pavés en bois s^ont combles avec du mortier de ciment.

Comme les immondices des rues de Paris sont jetés direclement dans les égouts, cette ville peut en être débarrassée en moins de temps que les autres. Mais cela nécessite une consommation d'eau très considérable et des cguuts dun diamètre très grand. Leur nettoyage oblige à une somme de travail notablement élevée (voyez plus bas).

Les regards des égouts se trouvent au bord des trottoirs à une petite distance les uns des autres ; les bouches d'arrosage sont placées à peu près de même. Pour arroser les rues un peu larges et les places publiques, on adapte aux bouches d'eau de longs tuyaux mobiles à joints et posés sur roulettes.

Dans les rues où l'arrosage à la lance ne se fait pas, on se sert de tonneaux (fig. 110).

Fier. 109. — Machine balaveiise.

Dans les rues étroites pour laver les bords de la chaussée, on pratique un petit barrage dans le ruisseau, près de la bouche d'eau, et on balaie l'eau et les ordures qui s'écoulent à l'égout. Le lavage des rues a lieu au moins une fois par jour.

Le balayage des rues se fait à la main, au moyen de balais, de râteaux pleins en fer ou avec lame de caoutchouc, ou mécaniquement avec des machines balayeuses (flg. 109) semblables aux hor.:ebrush de Londres (voir

Fii^. 110. — Tonneau ri'airosas'^.

p. 120). Celle qui est représentée ici est de la construction de l'ingénieur Léon Blot; le même modèle est en usage à Bruxelles (voir p. 267).

Dans les rues, où le réseau d'égouts n'est pas complet, les gadoues sont enlevées par des charrettes.

La figure MO est celle d'un tonneau d'arrosage de l'inge'nieur Blot; il est muni dune manivelle placée près du cocher qui peut ainsi, suivant qu'il est besoin, ouvrir ou arrêter le jet de l'eau.

Fig'. m. — Tombereau métalliiiue pour immouilices.

La figure 111 représente un tombereau métalliijue, système Blnt. pour recevoir les immondices des rues et les gadoues. II est également employé dans la Grande-Bretagne et en Belgique*.

Enlèvement des ordures ménagères. — La méthode suivie à Paris pour enlever ces ordures est la même que celle d'Edimbourg et de Bruxelles. Les immondices recueillies dans des boîtes sont déposées le matin de bonne heure, siu" le trottoir devant les maisons; des charrettes passent et on y vide les boites.

Avant la tin de 188i. toutes ces ordures étaient déposées lesoir dans la rue. Les clnlfonniers venaient y faire une ample récolte de chilfons, papiers, os, verre, cuir, etc. Les ordures se répandaient dans la rue, ce ({ui rendait le nettoiement plus difficile. Ce système fut défendu par un arrêté préfectoral du T mars 1887.

Les immondices sont en majeure partie transportées à des dépôts hors de la ville où on les laisse se putréfier pendant cinq à six mois. Au bout de ce temps, ils forment un précieux engrais, qui, vu son énorme (juantilé, trouve diflicilement son emploi. Une partie est emportée par des bateaux, surtout à Gorbeil en amont, et à Pontoise, en aval de Paris, f^e chemin de fer en transporte l'autre partie.

Ces masses, (]ui s'accuumlent clKujue année, occasionnent à la villt^ des frais considérables. Il y a quehjues années, on pouvait les vendre avec profit; actuellement elles imposent à la cité une dépense annuelle de deux uiillinns de francs.

Le moyen le plus pratique et le uioins dispendieux pour Paris d'être débarrassé de ces ordures st-ruit peut être de les brûler connue on le fait à Londres

' Cette cliarii'tte est pirtioulièroineiit pr()|»ie au transport des di-bris (ieuii-liquiilcs tics intestins (les l)ètes aitattue^. Klle est j^énéraliMiifiit en usage dans les abattoirs, comme on l'a vu dans la description de ceux d'hidiudujiu'^f (p. '23(5).

(voir p. 121). Actuellement ce sont des entrepreneurs qui sont chargés de les enlever ; l'adjudication de ce service a lieu tous les trois ans.

Les égouts. — L'établissement des égouts de Paris remonte à 1663; cependant les plus anciens de ceux qui sont encore en service ne datent que du commencement de ce siècle.

Avant la grande épidémie de choléra en 183!2, la longueur totale des égouts n'était que de 3o kilomètres. Les affreux ravages causés par cette épidémie démontrèrent l'urgence de mesures sanitaires énergiques. L'une de celles, qui furent exécutées immédiatement, fut de donner une plus grande extension aux égouts. De 1833 à 1839, on n'en construisit pas-moins de 8 kilomètres par an. Jusqu'en 1856 il en fut fait annuellement 3 à 4 kilomètres, de sorte qu'à cette époque leur longueur totale atteignait 140 kilomètres.

L'année 18o6 fait généralement époque dans les progrès sanitaires de Paris, car ce fut alors que l'énergique Préfet de la Seine, Haussmann, commença la réalisation des idées grandioses qu'il avait conçues pour l'embellissement et la salubrité de la Capitale.

Il eut un aide compétent dans la personne du Directeur des travaux, Belgrand, qui avait dressé les plans des aqueducs et des égouts et fait exécuter tous ces travaux.

De 1860 à 1869, on construisit chaque année une moyenne de 35 kilomètres d'égouts. Ces travaux se continuent encore aujourd'hui d'après les plans de Belgrand, suivant les besoins et les ressources dont dispose la ville.

La plupart des égouts d'avant 1856 se déchargeaient dans la Seine par le plus court chemin. Belgrand prit à tâche, non seulement d'empêcher le déchargement de nouveaux égouts, mais encore de supprimer celui de ceux qui s'y jetaient. Dans ce but, le nouveau réseau fut organisé de façon à recueillir dans de grands collecteurs toutes les eaux vannes dos petits égouts et à les emporter hors les murs.

Les collecteurs. — La ville fut divisée, d'après la nature du terrain, en trois zones pour la canalisation : bassin de la rive gauche, bassin du nord et bassin central de la rive droite.

1° Dassin de la rive gauche. — La rive gauche de la Seine est une plaine assez unie près des bords de la rivière et coupée de hauteurs vers son extrémité méridionale. L'une d'elles, aux environs de la cité, n'est séparée du fleuve que par une bande étroite de terrain plat. La rive gauche est coupée par une profonde vallée servant de lit à la Bièvre, petit cours d'eau qui autrefois se jetait dans la Seine près du Jardin des Plantes.

Pendant des siècles, la Bièvre a recueilli toutes les ordures de la contrée qu'elle traverse; par suite, elle est devenue un véritable cloaque; elle forme proprement à l'heure actuelle le point de départ du collecteur de la rive gauche [i) (fig. 112). La Bièvre a sa source à 30 kilomètres de Paris; la masse d'eau qu'elle apporte est parfois si considérable que l'on s'est vu forcé d'en dériver le trop-plein directement dans la Seine, près du pont d'Austerlitz.

Le grand collecteur, après avoir reçu la Bièvre, suit une direction oblique

vers le Nord-Ouest, en aval du fleuve dont il atteint la rive prés de la place Saint-Michel. De là, il se dirige sans solution de continuité le long du quai jusqu'au pont de l'Aima. Là les eaux vannes passent la Seine dans un siphon. Cette partie porte le nom de collecteur de la rive gauche (1). L'une de ses branches, le collecteur des quais (3), qui commence à l'extré-

Fi},'. 1 12. — Plan de Paris, figurant le tracé des collecteurs principaux et dns nouveaux proposés (d'après Humblot).

^^— i^^ Collecteurs ciistunts.

- Collecteurs projetés.

1, Collecteur de la rive gauche. — 2, Blévro. — 3, Collecteur des quais rive g:iuclie. — 4, Collecteur de Grenelle. — 5. Collecteur Bosquet. — C, tollLcIcur Marceau. — 7, Collecteur de Billy. — 8, Collecteur Montaigne. — 9, Collecteur Pcrcire. — 10, Collecteur du >'ord. — 11. Collecteur d'Asnière». — li, Collecteur de» quais rive droite. — 1.'), Collecteur des Coteaux. — 14, Collecteur des Petits-Cliauips. — 15, Collecteur de Ilivo'.i. — 16, Collecteur Sébaetopol.

mité Est de la ville près du pont d'Austerlitz, longe la Seine et rojoiiiUc grand collecteur près de la place Saint-Michel. Le collecteur de Grenelle (i) suit les quais, à l'Ouest, depuis les fortilicalions jusqu'au pont de l'Aima où il se réunit au collecteur jtrincipal (1).

Un troisième collecteur, le collecteur Bosquet (3), part de Moutrouge, court en biais vers le Nord-Ouest, longe l'avenue Bosquet et va se joindre au collecteur principal, près du pont de l'Aima.

Après que les divers collecteurs de la rive gauche se sont réunis près du pont de l'Aima dans le grand collecteur, il traverse la Seine au moyen d'un siphon et se continue vers le Nord-Ouest sous le nom de collecteur Marceau (6). Il rejoint à Glichy-Levallois, hors de Paris, le grand collecteur de la rive droite, collecteur d'Asnières (11), qui se déverse dans la Seine en aval du pont d'Asnières.

Le collecteur Marceau reçoit des branchements secondaires : collecteur du quai de Billy (7), réceptacle des immondices d'Auteuil et d'une partie dePassy; collecteur Montaigne (8) qui évacue les eaux vannes du faubourg Saint- Ilonoré, etc., ces deux collecteurs secondaires débouchent dans le collecteur Marceau, près du pont de l'Aima. Le collecteur Pereire (9) servant à Passy et aux Ternes, rejoint le collecteur Marceau, tout près des fortifications, aux Batignolles.

^" Bassin du noi^d. — La rive droite de la Seine, au bord de laquelle s'étend une vaste plaine, est occupée à la périphérie par des collines dépassant le niveau de la plaine de 23 mètres environ ; les collines de Montmartre et de Ménilmontant sont un peu plus élevées que les autres. Tout le terrrain compris entre ces deux collines et ayant plus de 'Ho mètres d'élévation déverse ses eaux vannes dans le collecteur du nord (10). Il se compose de deux bras dont le plus grand reçoit les immondices de Ménilmontant, et le plus petit celles de Montmartre. Ils se réunissent près de la porte de La Chapelle, et ne forment qu'un seul collecteur qui- se dirige à peu près en ligne droite au Nord jusqu'à Saint- Denis où il se déverse dans la Seine, en aval du pont.

H'^ Bassin central de la rive droite. — La plus grande partie du sol de la rive droite est desservie par le collecteur principal d'Asnières, qui est rejoint par le collecteur Marceau près de la Seine. Le collecteur d'Asnières part de la place de la Concorde, se dirige en ligne droite vers le Nord-Ouest et franchit les limites de la ville près de la porte d'Asnières.

Ce collecteur a trois grands affluents principaux. L'un, le collecteur du quai de la rive droite (l!2), longe le fleuve de l'Est à l'Ouest, et reçoit les eaux qui autrefois s'écoulaient dans la Seine.

Le plus long des aftluents est le collecteur des coteaux (13), qui prend naissance à l'Est aux fortifications, traverse toute la ville, suivant une ligne légèrement courbe et débouche boulevard Malesherbes dans le collecteur principal.

Entre les deux aftluents précédents, courent, dans la même direction Est- Ouest, le collecteur des Petits-Champs (14) et le collecteur Rivoli (lo).

Le collecteur Sébastopol (16) suit du Nord au Sud le boulevard du même nom, passe sous le collecteur Rivoli et aboutit au collecteur des quais.

Malgré ces immenses ouvrages, quelques parties de la ville déchargent encore leurs eaux sales directement dans le fleuve; toutefois, il existe plusieurs projets pour les faire se déverser dans les grands collecteurs.

Les eaux de tous les collecteurs coulent par gravitation, bien que leur pente

soit excessivement faible en plusieurs endroits. A Bercy, seulement, des pompes élèvent une partie des eaux vannes pour les déverser dans le collecteur des quais.

Forme et but des égouts. — Les égouts de Paris ne sont pas seulement des tuyaux d'écoulement; ils forment de véritables galeries souterraines où les ouvriers peuvent circuler librement.

Les plus grands mesurent jusqu'à 4™, 40 en hauteur et 5'", 60 en largeur; les plus petits ont 0™, 90, i^jOo ou 'l'",30 de haut. Leurs formes sont généralement semblables à celles de Bruxelles. Dans les plus grands égouts, l'eau coule au milieu ; de chaque côté, il y a des trottoirs. Dans les plus petits, de forme ovoïde, il n'y a pas de trottoirs ou il en existe un d'un côté seulement.

Les égouts suivent le milieu de la rue ; ils n'ont pas de regards dans la chaussée même, mais sur le trottoir. On pénètre dans les égouts par de petites galeries latérales qui y débouchent.

La raison pour laquelle on a donné aux égouts ces dimensions colossales est que, non seulement ils doivent servir à emporter les eaux vannes, mais encore donner place aux conduites d'eaux potables, aux fils télégraphiques et téléphoniques, aux tubes pneumatiques destinés au transport des dépêches, aux horloges pneumatiques, à la distribution de la force à domicile, etc. La crainte des explosions a fait qu'on n'y a pas placé les conduites de gaz.

On ne saurait nier que la diversité de ces usages n'offre de grands avantages. Ainsi, les conduites deau peuvent être surveillées facilement et chaque défaut peut être aisément réparé. Le sol sur lequel Paris est bâti est en grande partie miné par les catacombes, anciennes carrières, qui ont fourni les piei-res des vieux édifices de la ville. Avec un pareil terrain, des fuites dans les conduites d'eau pourraient occasionner de graves accidents.

Avec ces ég(mts, on n'est pas obligé de dépaver les rues pour les réparations aux conduites d'eau, etc.; il n'y a pas de poteaux télégraphiiiues avec des fils aériens dont les bourdonnements continuels sont si désagréables.

En outre, les égouts de Paris ont, relativement à l'enlèvement des immondices, une destination plus étendue que ceux des autres pays. Ce n'est pas seulement, en effet, les eaux ménagères et industrielles qu'ils doivent emj)orler, mais aussi toutes les immondices des rues.

Cet arrangement a permis d'entretenir constamment les rues de Paris dans un parfait état, et en même temps de rendre fort peu sensibles les inconvénients de l'arrosement et du balayage, car tout, en un clin d'œil, disparait dans les égouts par les regards placés sous les trottoirs à une courte dislance les uns des autres.

La galerie du trottoir à l'égout s'élargit à tel point, avec une pente si forle, qu'aucun engorgement ne peut s'y produire, ce qui fait (jue le curage y est opéré sans difficulté fig. 113). C'est par ces ouviM-tures que s'effectue aussi la ventilation des égouts.

Ce système accroît évidemment à un très haut degré les difficultés que rencontre le maintien de la propreté dans les égouts. Mais c'est une chose dont

un Parisien s'inquiète fort peu, ne pouvant jamais comprendre que si l'on est placé dans l'alternative d'avoir des égouls sales ou des rues malpropres, on puisse hésiter sur le choix.

Les égouts au point de vue sanitaire. — Au point de vue sanitaire, il faut, avant tout, se poser la question suivante : Quel est le système le plus propre à garantir parfaitement une ville contre les effets pernicieux des immondices ?

Est-ce le système ordinaire, dans lequel les ordures des voies publiques ne

Fig-. 113. — Regard d'égout.

pénètrent pas dans les égouts ? Est-ce le système parisien qui les fait enlever par ces derniers ?

La réponse dépendra des circonstances suivantes :

1° De la nature des matières dont les rues sont débarrassées par le nettoiement ;

2° De la possibilité de conserver les égouts à l'abri de tout de'pôt, d'éviter les décompositions qui s'y produisent et les gaz qui s'en dégagent;

3° De la difficulté que l'on éprouve pour rendre inolfensives les matières solides enlevées dans les égouls ;

4° Des risques plus ou moins grands que courent les ouvriers qui travaillent dans les égouts.

Les gadoues des rues se composent surtout de sable, provenant du macadam ou de celui qu'on répand sur le sol, de crottin de cheval et d'autres ordures en moindre quantité. Ces matières ne paraissent pas être de nature à compromettre la santé publique, si on a soin de les enlever dans des tombereaux comme cela se fait communément.

Transporté dans un lieu convenable, le sable mélangé de crottin et autres détritus ne peut occasionner aucun inconvénient sanitaire. D'ailleurs, rien n'est plus facile que d'en assurer l'innocuité en le soumettant à l'action du feu ; après quoi on peut même s'en servir pour faire des remblais.

Par contre, le sable introduit dans les égouts devient dangereux. Il présente, en effet, un obstacle sérieux pour le libre écoulement des eaux et

provoque des dépôts qui, selon les expériences faites à Paris, ne peuvent être complètement évités, quelque soin que l'on mette à tenir propres les égouts.

Les grains de sable se meuvent au milieu d'eau sale; des particules organiques d'origine obscure s'y attachent; il se forme une masse puante et graisseuse. Il est clair que si l'on est obligé de transporter en un lieu une semblable masse infecte, son dépôt sera d'une toute autre importance sanitaire que celui des gadoues qui n'ont pas été dans les égouts.

Relativement au quatrième point, les chiffres suivants, cités par Jlumblot sont les seuls connus :

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