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TABLEAU DE .MORTALITE
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Les chiffres ci-dessus ne permettent pas, il est vrai, de tirer des conclusions positives. L'i temps des observations est trop court; on ignore les conditions de vie de chaque individu; ce tableau de mortalité ne fait pas connaître si les affections pulmonaires ont été aiguës ou chroniques et dans ce dernier cas quelle était la constitution pliysi(|ue des décèdes. On n'y trouve aucune in<Iication de l'âge des égouliers ni de la durée de leur travail dans les égouts, ni du temps qu'ils sont employés à celte sorte de travail, ni s'ils travaillent dans
des galeries bien aérées, ou étroites, etc. Ce sont là des points qui doivent être pris en considération dans des questions de cette nature.
Ces chiffres montrent pourtant une mortalité de fièvre typhoïde deux fois aussi haute que pour tout Paris, et, en tout cas, on est autorisé à soutenir que l'air des égouts et l'obscurité altèrent les fonctions normales de l'organisme humain et que, par conséquent, il faut autant que possible éviter de faire travailler des hommes dans les égouts.
En comparant les systèmes des égouts de Paris et des autres villes, on est amené à conclure que ce dernier est préférable au point de vue sanitaire.
Pente et nettoyage des égouts. — Afin de prévenir, autant que possible, les dépôts dans les égouts, il faut leur donner une pente d'autant plus grande que la masse d'eau est moins considérable.
D'ailleurs, cette chute dépend naturellement des conditions du terrain et de la quantité de matières solides évacuées par les égouts; mais elle ne doit jamais être ni trop forte ni trop inégale, comme nous lavons expliqué page 442.
A Paris, les collecteurs principaux ont communément une pente de 0™,26 à 0"',30 par kilomèlre; pour les collecteurs secondaires, elle est de 0'",30 à ^''^SO. Cette inclinaison donne une vitesse d'écoulement de 0"',25 à O'",4o par seconde dans les grands collecteurs, et de 0'",30 à 0",90 dans les autres.
Dans les égouts ordinaires, la pente varie beaucoup; suivant la conformation du sol, elle est de 1 à 7 mètres par kilomètre.
11 est certain qu'une aussi grande variété de pentes doit déterminer des dépôts, surtout avec l'introduction de matières solides et de sables des rues.
Le curagî est alors aussi pénible que coûteux; le nombre des ouvriers employés à ce travail est à Paris de 850.
Dans les collecteurs principaux, la vitesse du courant varie entre 0™,25 et 0'",90 par seconde ; l'expérience a prouvé que si elle descend au-dessous de 0"',30) il se forme des dépôts de limon, et des dépôts de sables si elle est moindre de un mètre.
C'est pourquoi les collecteurs doivent être continuellement nettoyés afin que les eaux sales puissent couler librement. On se sert pour cela de bateaux vannes dans les grands collecteurs et de wagons vannes dans les petits.
Les premiers sont des bateaux munis d'une vanne placés à l'un des bouts; On l'abaisse au moyen d'une vis de façon à barrer le passage à l'eau. Les seconds sont des voitures courant sur des rails posés sur les trottoirs de chaque côté du canal ; ils ont également une vanne. C'est donc le même système qu'à Bruxelles, sauf que les bateaux et wagons sont plus grands, plus compliqués et plus solidement construits que ceux représentés figure 101. Ceux qui à Paris ressemblent à ceux-là portent le nom de wagonnets.
La quantité de sable mise en mouvement par le barrage de l'eau au moyen d'un bateau vanne, peut s'élever jusqu'à 200 mètres cubes ; pour un wagon vanne elle est de 50 mètres cubes et de 10 mètres cubes pour un wagonnet.
A mesure que le sable est entraîné le bateau ou le wagon se porte en avant mais il faut pour cela que la hauteur de leau derrière la vanne atteigne O^jSO à 0™,40. Si la masse deau est trop faible ou le dépôt trop grand, il arrive que les machines ont la plus grande peine à fonctionner.
Il a donc fallu prendre des mesures pour débarrasser d'une autre façon les égouts d'une partie de leur sable. On y a procédé en pratiquant au fond du radier des excavations ou réservoirs collecteurs. Le sable vient s'y déposer. Ces bassins de désablement sont formés de deux bassins parallèles accolés dont le fond est à 1 mètre en contre-bas du radier de l'égout (fig. 114). On les vide alternativement en fermant le passage de l'eau au-dessus de l'un d'eux.
Fi-. 114.
Bassins de tiésablemeiit dans les éj^outs.
A cause des diflicullés qu'olïre l'enlèvement de ce sable nauséabond, il n'a pas été possible d'établir de ces réservoirs ailleurs qu'à proximité de la Seine ou du canal Saint-Martin. Le chargement de leur contenu sur des bateaux est là beaucoup plus aisé. Quand ils sont un peu éloignés des quais, on charge d'abord le sable sur des wagons poussés sur les rails des cunettes jusqu'au point d'embarciuement.
11 existe des galeries spéciales entre le collecteur de Billy et la Seine, entre le collecteur du Nord et le canal Saint-Martin, où se meuvent des wagons servant à l'enlèvement dessables. Ces collecteurs n'ont pas de réservoirs ; le sable est recueilli directement au fond de la cuvette quand le courant des eaux vannes est peu abondant; on retient les eaux pendant quelques heures et on charge les sables sur les wagons en question.
La quantité de sable recueillie uniquement par les réservoirs atteint chaque année le chitfre énorme de 10,000 mètres cubes, ce qui peut donner une idée des masses de sable qui passent par les égouts.
Sur la rive gauche de la Seine, près du pont de l'Aima, des bassins de désablement ont été établis afin d'empêcher le sable de pénétrer dans le siphon (|ui fait passer les eaux d'égout à l'autre rive. Us rendent de grands services en diminuant la quantité de sable qui entrait dans le collecteur Marceau ; cependant on prévient maintenant l'obstruction du siphon, d'une façon très ingénieuse, au moyen d'une boule en bois (|u'on fait périodiipiement circuler d'une rive à l'autre, (^clle jjoule, arrêtée dans sa marche par les sables, retient les eaux et provoque ainsi entre elle et la base du siphon un courant
si rapide que le sable est emporté par l'eau à mesure que la boule avance
(fig. 115)1.
Dans les égouts de deuxième et de troisième ordre, où la quantité d eau est minime, on°a pratiqué à certaines places des vannes; l'eau s'y amasse en amont, et s'échappant avec force, nettoie la partie située en aval. Ces vannes
Fig. 115. — Siphon de l'Aima.
sont au nombre de 330; quelques-unes peuvent retenir jusqu'à 100 mètres cubes d'eau.
Ce système ayant des inconvénients, car, au moment où l'eau s'échappe, de la vase reste attachée à la paroi supérieure de l'égout, on a commencé a établir, pour le curage, des réservoirs de chasse alimentés par un mince filet d'eau venant de la distribution.