‹ Traité de l'hygiène publique d'après ses applications dans différents pays d'EuropeChapitre 46 sur 98 · Mitrailleuse à main · texte numérisé non relu

Mitrailleuse à main

Pour enlever le sable des égouts pourvus d'une quantité d'eau suffisante (60 litres par seconde au moins), on fait usage de vannes portatives appelées « mitrailleuses à main » (fig. 116). Quand la masse d'eau est un peu plus con-

Fig. 117. — Brouette mitrailleuse.

sidérable, on emploie la a brouette mitrailleuse » (fig. 117). Ces engins marchent avec une vitesse d'environ 60 mètres à l'heure.

* L'usine de Glicliy, d'où les eaux vannes sont envoyées aux champs d'irrigation près do Gennevilliers (voir plus loin), possède des modèles extrêmement intéressants et instructifs du système d'égouts de la ville de Paris. On peut les faire fonctionner à son gré.

PARIS 3;i7

Dans les égouts où la masse d'eau ne suffît pas pour emporter le sable, il faut le tirer à la main au moyen de rabot. Si la distance n'est pas trop grande, l'égouttier traîne ainsi le sable jusqu'au collecteur. Autrement on le monte dans des seaux, par les regards, jusque sur la voie publique et on l'emporte dans des tombereaux (fig. 111) jusqu'aux points d'embarquement sur la Seine ou le canal Saint-Martin.

Dans les rues, les plus fréquentées, pavées ou macadamisées, on a placé, aux bouches dégoûts, des caisses en tôle pour retenir le sable et le gravier. On les vide ensuite dans des tombereaux qui emportent leur contenu.

C'est par le moyen des bateaux et wagons-vannes que, dansles circonstances ordinaires, les collecteurs principaux sont débarrassés de toutes les immondices solides. Dans les égouts plus petits, il faut employer des méthodes difTérentes pour enlever toutes les ordures. Les ingénieurs classent les immondices solides des égouts en trois catégories : 1° vases composées de toutes sortes de particules ténues; 2'^ fumiers, consistant en brins de paille et débris végétaux un peu gros; 3" sables formés de détritus minéraux ayant une densité double de celle de l'eau.

Le procédé employé pour enlever le sable a été décrit précédemment.

Quant à la vase, il est en général facile de l'enlever, quand elle est sans mélange, au moyen d'un léger courant d'eau, ou à la pelle si l'eau manque. Si la vase est mélangée aux fumiers ou aux sables, on l'agite avec des rabots pour en faire la séparation.

Il y a cependant certains égouts où les vases ne peuvent être enlevées qu'avec certaines difficultés. C'est le cas des égouts à pente faible, affluents de collecteurs qui y déterminent souvent un courant de sens contraire. En ce cas, l'eau est toujours haute et sans vitesse dans ces égouts. Les làchures d'eau et le rabot n'y produisent aucun elTet. Alors on les débarrasse de leurs vases après avoir épuisé l'eau entre deux balardeaux.

Aussi, pour échapper à celle difficulté, on va donner aux égouts uin' pente convenable.

Les fumiers, réunis toujours plus ou moins aux vases et sables, forment facilement des barrages étanches qui exigent pour leur destru«;lion (h^s chasses 'ICau énergiques.

Dans les égouts voisins des halles, on a [)lacé, sous les bouches mêmes, des paniers à ordures en tôle de fer percés de trous. Les immondices y sont reçues et y restent tandis que les sables, les vases et l'eau s'échappent. Ces paniers, d'une contenance d'- 210 à 2UJ litres, sont retirés au moyen d'une grue et vidés dans des charrettes qui en emportent le contenu.

On conçoit aisément que le frottement des énormes masses de sables, (jui passent dans les collecteurs, nécessite inévitablement des réparations. 11 faut alors diriger les eaux dans d'autres conduits, où il se forme, car il.s sont remplis outre mesure, des dépôts qui montent jusqu'au niveau des trottoirs. Cela arrive aussi, de temps à autre, dans les giandes |iluies d'orage. On a

■ ngé pour y reméilier à établir plusieurs collecteurs uouvinuix donl b- tra(;<'!

L indifiur en ponctué sur la ligure 112.

Les difficultés du nettoyage des égouls à Paris empêchent les di-pôls d être

IIVIJUC.NE l'LHLigUK. 22

enlevés aussi vite qu'il le faudrait. Par suite, ils entrent en décomposition et dégagent des gaz fétides dont la présence se trahit par les bouches et les regards des rues.

On a cru, pendant un certain temps, que Ton pourrait obvier à cet incon-

Fig. 118. — Bouche d'égout Hanctin.

Le clapet dont le bord intérieur plonge dans Teau et intercepte la communication est mobile. Il peut, étant soulevé, être maintenu dans cette position au moyen d'un crochet fixé dans un creux de la plaque de fer placée au-dessus.

vénient en fermant les bouches sous trottoir au moyen de clapets ad hoc mobiles. Les figures 118 et 119 en offrent des modèles construits, le premier

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Fig. 119. — Bouclie d'égout Rogief-Motlies.

T, trottoir. — R, ruisseau. — B, entrée de l'égout, — H, chaussée. — C, réservoir recevant l'eau du rui.-seau. — A', clapet mobile s'ouvrant quand )e réservoir C est plein.

par la maison Hanctin ; l'autre, par la maison Rogier et Mothes. Mais par défaut d'autres ouvertures de ventilation, ces appareils produisent un effet opposé à celui qu'on avait en vue.

Les égouts nétant pas ventilé;:, les gaz des matières en décomposition •s'amassaient à un tel point qu'ils pénétraient dans les maisons; le travail dans les galeries était rendu extrêmement dangereux et la puanteur devenait insupportable dès qu'on ouvrait les bouches d'égout.

Les expériences faites à Paris ont confirmé pleinement cette vérité que, pour empêcher les égouts de répandre de mauvaises odeurs, il faut les préserver des dépôts, les laver et les ventiler soigneusement.

On a proposé de fermer les bouches des rues et d'employer des cheminées d'appel et des ventilateurs pour renouveler l'air. 11 est cependant notoire que des appareils de ce genre, d'ailleurs fort compliqués et difficiles à manier, n'exercent leur action que sur une petite portion des égouts; c'est pourquoi des ouvertures nombreuses et de grandeur suffisante seront toujours le meilleur mode de ventilation '.

Si donc on veut faire usage de coupe-air pour les bouches sous trottoirs, les ouvertures de ventilation doivent être placées dans la chaussée au-dessus de l'e'gout.

Drainage des maisons. — Branchements particuliers d'égouts [Décrets du 'IQ mars l^ori. Arrêtés des 19 décembre 18o4, 4 mai 1860, 24 avril 1866,

Fig. 120.

Siphon déversoir N. Cliadapaiix.

Fig. 121.

Coupe du siphon déversoir N. Chadapaux.

14 février 1872, 'i juillet 1879, 28 octobre 1881). — Toutes les maisons, situées dans une rue où il y a un égout, doivent y être reliées directement pour l'évacuation de leurs eaux pluviales et ménagères.

Ces branchements particuliers d'égouts sont établis aux frais des propriétaires. Ce sont des galeries en maçonnerie, avec une hauteur d'au moins l"',80etune largeur de ()"'.90. Dans les petites maisons des rues peu fréquentées, il est permis d'employer des tuyaux de fonte ou de poterie vernissée ayant un diamètre d'au moins 0'",30 et une pente de 0"',075.

Les branchements particuliers doivent aussi renfermer les tuyaux de dis- Iribulion des eaux {notables.

' On a récemment proposé en Angleterre la ventilation des épouts par des tuyaux déhouchant aux becs du gaz des rues. L'expérience est encore insuffisante. Il eemblc cependant que l'effet ne peut pas être ^'rand avec des tuyaux d'un diamètre aussi petit. En tout cas colle ventilation ne peut se faire que lorsque le gaz est allumé.

3iO

L'é<^oul particulier se termine au mur extérieur des habitations ; le tuyau d évacuation des eaux ménagères passe à travers le mur. Dans les viedles ms allaUons, , e termine par un siphon déversoir, dont une des formes sortant de chez M. ^oe ChSaux^est représentée figures 120 et 12r. Pour les appareds plus récents, on se reportera à la page 34o.

Le plan des égouts particuliers est dressé aux frais de l'administration par les ingénieurs des eaux et égouts. Le propriétaire a le droit de faire exécuter les travaux par un entrepreneur de son choix pourvu toutefois qu .1 soit accepté par l'administration chargée de la surveillance de la bonne exécution des travaux. Si le propriétaire néglige de faire exécuterles travaux, l'administration V procède à ses frais. Le paiement de la dépense est fait directement par le propriétaire à l'entrepreneur, mais il a le droit d'exiger la vérification du compte par l'ingénieur de la section.

Les propriétaires sont tenus de pourvoir à leurs frais au curage de leurs branchements particuliers d'égouts ; cet ouvrage ne peut être exécute que par des personnes autorisées par l'administration. Celle-ci peut, sur le desirdu pro. priétaire, se charger du curage contre une redevance fixe.

Dispositions particlilières relatives aux tuyaux d'évacuation des maisons. Urrétés préfectoraux des 10 novembre 1886 et !20 novembre 1887). - Dan^ ces arrêtés se trouvent aussi les conditions prescrites pour le système de water-

erjcr

Fi^. 122. l^i^- '-3

Réservoir de chasse N. Chadapaux. Coupe du réservoir de chasse N. Chadapaux.

closets en usage à Paris. Nous les mentionnons ici dans leur ensemble, bien que les systèmes des cabinets d'aisances ne soient décrits que plus loin.

Aux termes de l'arrêté du 10 novembre 1886, il est permis contre une

^ Ils sont défendus mainlenant à cause de leur fermeture défectueuse et uicertaine.

redevance annuelle fixe, d'envoyer à l'égout public toutes les eaux pluviales et ménagères, et les vidanges si la maison est située près dun collecteur de première ou de deuxième classe, ou près d'un égout pourvu d'un appareil de chasse.

Il faut, de plus, que la maison possède une distribution d'eau et un branchement particulier d'égout aboutissant à l'égout public.

En vertu du règlement du 20 novembre 1887, les maisons situées dans les rues où se trouve un égout peuvent y déverser leurs vidanges à condition que le système diviseur y soit appliqué et que la construction du tuyau d'évacuation et de l'appareil diviseur ait été approuvée par l'administration.

Ces appareils doivent être placés dans un caveau bien ventilé, dont le sol doit être imperméable et creusé en forme de cuvette.

Les dispositions suivantes sont communes aux deux arrêtés :

Tout lieu d'aisances doit être pourvu d'un réservoir de chasse ou de quelque autre appareil alimenté par la distribution d'eau, qui doit lui fournir, au minimum, 10 litres d'eau par personne et par jour.

Pour le nettoyage des cuvettes, la chasse d'eau doit avoir une force suffisante.

Ces appareils et leurs dispositions doivent être approuvés avant leur mise en place et examinés par l'administration avant leur mise en activité.

Fi^'. 121. — Réservoir de chasse Rogier et Motlies.

I.cs lif,'urfs 122, 123 cl 124 représenlcut des réservoirs du chasse approuvés par r.VdininisUalion. i^es deux preniiers sont coiislruils par la maison .Noél Cliadapaux et le troisième par MM. Hogier et Moitiés. Ces réservoirs qui se remplissent au moyen d'un Hotleur ù rol)iiiel, sonldu même système que les réservoirs anglais (voir p. 130', mais plusoonqiti<iués.

Tout cabinet d'aisances doit être muni il'une f<'rmelure hydraulique et permanente.

iJes appareils de ce genre peuvent aussi s'employer tians les latrines publiques, dans celles des ateliers, magasins cl de tout autre lucal fré(|U('nlc |»ar un grand nombre de {)ersonnes.

Tous les tuyaux d'eaux ménagères doivent avoir sous l'orifice de l'évier une fermeture hydraulique siphoïde.

Les tuyaux de décharge en plomb, d'un usage général en Angleterre (voyez p. 143), ont été adoptés en France.

Fi-. 1-J7. Fig. 1-J8. Fig. 1-29.

Siphons hYdraulic}ucs pour tuyaux de chute vcrticaui.

Les siphons représentés fig. 1:27, 1:28 et 1:29 sont d'invention purement française (système Noël Chadapaux) et sont munis d'un regard d'inspection.

Les tuyaux d'écoulement des eaux pluviales doivent être préservés de toute communication directe avec les égouts; toutefois l'air doit pouvoir toujours circuler dans ces tuyaux.

L'écoulement des eaux de pluie dans les cours se fait par des puisards à fermeture hydraulique, empêchant l'air des égouts de se répamlre dans ces cours. Ils servent aussi à intercepter la communication des gouttières avec les égouts.

Fi;,', nij. — Puisard, système M. Chadapaux. Fii?. 131. —Coupe du puisard, syslèine

N. Chadapaux ivprésonté n:^'ure 132 ou 133.

Fi^^ i:',l. Puisards, système Noël Ciiadapaux Fijj. 133.

Les tuyaux de vidanges, des eaux ménagères et pluviales doivent avoir un diamètre d'au moins 0'",08 à 0'",16 au maximum.

F\g. 135. — Puisard, système Rogier-Mothes, avec son tuyau d'évacuation. A, giille sur la cour. — T, tige servant à enlever la boîte C qui recueille les mutières solides. 15, liivau de sortie.

Les tuyaux de chute des cabinets d'aisances ne peuvent former avec la verticale un angle supe'rieur à 4o°.

Chaque tuyau de chute doit être prolongé au-dessus du toit juscju'au faîtage et s'ouvrir librement à son extrémité (fig. 134).

Les ordures solides des cuisines et autres semblables ne doivent pas être jetées dans les tuyaux de chutes et autres conduits.

Les tuyaux collecteurs au bas des tuyaux de chute doivent être, prolongés jusqu'à l'égout (fig. 134), Ils doivent être en ligne droite; à chaque changement de direction ou de pente, il se trouvera un trou d'inspection facilement accessible.

Les tuyaux de drainage doivent avoir une pente minimum de 0'",03 par mètre. Dans les cas exceptionnels où il ne peut en être ainsi, l'administration peut autoriser une pente plus faible à condition qu'il soit établi, dans ces endroits-là, des réservoirs de chasse ou quelque autre moyen semblable.

Le diamètre des tuyaux de drainage est fixé suivant la pente et la quantité d'eau qu'ils déver.-eut. En aucun cas, il ne doit être inférieur à 0"',i6.

Tout tuyau collecteur de drainage doit être muni à sa sortie de la maison d'un coupe-air hydraulique, forme siphon, ayant une plongée d'au moins 0"\O7 afin d'assurer l'occlusion entre les conduits intérieurs et l'égout public.

Chacun de ces siphons doit avoir à sa partie supérieure un regard de visite ; ils doivent être approuves par l'administration.

Les tuyaux de drainage peuvent être en poterie vernissée ou autres matières semblables. Les joints doivent être étanches et sans saillie intérieure.

;ii;j

L'emploi des luyaux de fonle de fer est également autorisé sur demande spéciale.

l-'ij^. 13(3. — Késorvoir de cliasse N. Chadapaux pour iuyau.\ de draiiiat-e.

La ligure 136 représente un appareil, système N. Chadapaux, ;ipi)licaljle en pareil cas. La boite carrée, à droite du réservoir, représente la partie extérieure d'un clapet formant le fond du réservoir. Dans cette boîte est une boule en fer; le tout pèse un peu moins que la quantité d'eau contenue dans le réservoir. Dès que celui-ci est rempli, le fond cède et la boite se relève; la boule roule en bas. Le clapet reste ouvert Jusqu'à ce que toute l'eau soit écoulée. Alors le poids de la boite et de la boule fait refermer lu clapet.

Dans les maisons où existent des water-clor-els, les fosses doivent être com- Ijjées OH converties en caves.

Fi;4. 137. — .Siplioii N. Cliadapanx.

l'I^. 138.— Siphon .N. Cliadapanx.

I-cs ligures 137 et 138 montrent des siphons horizontaux, système .N. C-hadapaux apjirouvés par l'administration. Le système de la ligure 138 contient en outre un clapet en verre (ixé à une pièce de caoutchouc. Il a pour but d'cmiiècher les gaz il égouts de pénétrer violemment parle siphon quand l'eau monte.

Tous les travaux mentionnés ci-dessus doivent être exécutés sous la surveil-

FiiT. 139. — Water-closet Rogier-Motlies. lance et le contrôle de l'administration qui est aussi clargée de l'inspection.

PAlilS

Lieux d'aisances. — Le système des cabinets d'aisances en usage à Paris laisse beaucoup à désirer au point de vue de Tliygiène. Si cette ville' est demeurée sous ce rapport dans un état d'infériorité, comparativement à d'autres

I•'ip^ liO. — WulLT-clo.sol N. Cliailuiiaux.

cités moins ini| oi'lanli s, c'cr^t suitmit parce (|iir riiygiènt' j)iil)li(|ue est abaudonm^e aux soins de la police. Lrs temps sont loin où l'on pensait i|u il sullisait. pour régler rhygii-nr pnbliipic, de possi'der du bon sens et des capacilcs

admiiiistralives. On n'avait cependant jamais douté qu'il ne fallut des connaissances techniques spéciales pour bien diriger les autres branches de l'administration.

La salultrité })ublique se trouve dans les mêmes conditions, comme le prouve parfaitement la statistique.

Les améliorations sanitaires n'ont pas produit à Paris sur la mortalité géné-

Fig. 141. — Water-closet à la turque.

raie et les décès par fièvre typhoïde, les mêmes elfets que dans d'autres villes. (Voir le chapitre qui traite de l'importance de Thygiène publique.)

W.VTER-CLOSKTS. — Ges cabincts daisances ont été admis, en quelque sorte à Paris, en vertu d'une ordonnance du ÎL juillet 1867 rendue par le célèbre Haussmann.

Elle a été remplacée par celle de 1887, mentionnée plus haut. Elle contenait des dispositions relatives à l'emploi des appareils diviseurs ou tinettes filtrantes qui ont été maintenues pour certains cas. Ces tinettes se composent d'un cylindre métallique percé de trous et renfermé dans un tonneau. L^> matières solides sont retenues dans le cylindre; les liquides s'écoulent dans l.tonneau et de là à l'égout.

Fi<,^ li2. — Cuiipe d'un water-closet à la tui(iue.

Cependant il arrive i\nr lorsqu'un cliaufie la tinetl.-.on n'y trouve plus i-uére que des restes de papier. Col don.; mu- erreur de croire que lOn peut pn.r '•e moven empêcher les excréments solides de pénétrer dans l'éj-out.

Quant aux w.iter-closels en usage maintenant, quelques-uns ollrenl le ly[»e anglais, comme on le voit (ignre i:-i9 (système Rogier-Molhes) et ligure I iO (svstème Chadapaux). Leur forme et leur apparence sont cependant intérieures aux waler-closets anglais (voyez p. 131 à 133).

Par rontre, les water-closels de construction essenticllemeul fianeaise présentent des types tout à fait originaux.

Par une contradiction étrange, la nation la plus policée a oh-tuiément con- ^•rvé le moih:; h- plus primilil <lr défécation ; elle se fait généraleiueut dans la position aceroupie, /< la lurqui^ comme on dit. Les mmveanx \valer-<-lo>ets IVan(;ais sont dis[)osés de la manière représentée ligures 1 U et I 'i±.

Il est certain qu'avec une construction semblable, il n'est guère |t()ssd)le de maintenir la pi<q)reté nécessaire; les 10 litres d'eau dont on dispose ne peu-

vent fournir une chasse suffisante, car ils sont projetés comme on le voit

figures 141 et 142.

Fig-. 143. — Suite de sièg'es de water-closet Kogier-JIothes. La figure 143 représente une suite de sièges à l'usage des écoles, fabriques, casernes, etc. Le lavage est automatique.

Fig. 144. — Réservoir de chasse automatique Rogier-Mothes, en usage dans les water-closets (fig. 143 où on le voit en A. et B).

Les appareils des figures 141, 142 et 143 sont du système Rogier-Mothes.

ÉVACUATION DES VIDANGES. — SvsTÈME Berlier. — La craiiite d'introduire les vidanges dans les égouts de Paris donna lieu à des essais d'évacuation de ces

Fig. 145. — Réservoir de allasse automatique Geneste Hersclicr.

matières excrémenlitiellcsau moyen de conduites spéciales, mais placées néanmoins dans les galeries des grands égouts publics. On en a fait une application

V'\'^. liO. — Disposition de l'appareil Berlier dans une cave.

partielle dans des (•Mdroit;^ du réseau d'égouts où la pente était insullisanlc et le courant faible.

Dans les systèmes [)neuuiatiques de Licrnur, en Hollande, cl de Hcilier, en

France, on se propose, par la rare'faclion de Fair des tuyaux au moyen de pompes aspirantes, de transporter les matières fécales dans une usine où on l;s transforme en poudrette et en sels ammoniacaux. On peut aussi les refouler de l'usine, sous leur forme naturelle, au moyen de pompes refoulantes, jusqu'à des champs d'irrigation.

Le système Berlier se distingue de celui de Liernur, principalement en ce que le second a un réservoir commun pour plusieurs maisons tandis que, dans le premier, chaque tuyau de chute d'une maison débouche dans un réservoir séparé relié à la canalisation générale.

Le système Berlier est mis en pratique depuis 1883-1884 dans la caserne de la Pépinière et dans trois cents maisons particulières des 8'' et 9'' arrondissements. Voici comment il est installé.

Dans la cave S sous la maison, est installé un double appareil en fer, à fermeture hermétique (fig. 146^ et 447). n

Fig. 147.— Détail de l'appareil Berlier (coupe).

L'appareil récepteur communique directement avec le tuyau de chute G des cabinets; la grille K empêche les corps durs et volumineux de passer dans la canalisation. Leur présence est constatée par un employé qui fait tourner l'arbre à palettes M. Les corps durs sont enlevés par la porte que l'on peut voir figu: c 146.

Tout ce qui passe à travers la grille arrive à l'évacuateur par le tuyau D L. L'évacuateu)- consiste en un cylindre A, dont le fond est un tuyau d'évacuation E aboutissant à la canalisation. Ce tuyau se ferme par un clapet formé

1 Partout dos caves sont disposées de manière qu'on puisse y installer des réservoirs pour latrines (fosses mobiles, tinettes filtrantes, etc.).

' Les clichés des fii.'-. Ii6 et 147 nous ont été obligeamment prêtés par le Secrétaire général de la Société française d'hygiène, le D' de Pietra Santa, qui voudra bien recevoir ici 'expression de notre gratitude.

d'une boule G fixée à un flotteur F que les matières excrémenlitielles soulèvent, de sorte que la soupape G s'ouvre et laisse partir les matières. Aussitôt après la soupape se referme et toute communication entre les tuvaux de la maison et la canalisation publique est interceptée.

La canalisation publique se compose de tubes en fer de 0'\1:2 a 0"\15 de diamètre placés dans l'égout public. Les vidanges aspirées sont amenées dans un grand réservoir à l'usine élévatoire de Levallois-Perret.

Fosses fixes. — Dans la plupart des maisons de Paris, on continue à em-

Fi;,'. 148. — Disposition orliiiiue criiiio fo-.sc fixe et veiililiilciir .Moiitnift.

lycr des fosses fixes. Il e^l vrai (jn'ou s'est appliiiué sans cesse à m diini

UYGli'.NK l'CULIOL'E. '-3

nuep les inconvénients autant que possible. Néanmoins, le système dans son ensemble offre des inconvénients si graves et si difficiles à surmonter que les améliorations les plus ingénieuses sont impuissantes à y remédier.

La figure 148 montre une disposition améliorée des fosses d'aisances. Le tuvau de chute commun aux garde-robes de tous les étages de la maison, monte jusqu'au-dessus du toit et se termine par un ventilateur Montupet. La fosse est en maçonnerie et crépie au ciment. La vidange s'effectue dans un tonneau étaiiche en tcMe de fer. Les matières fécales y sont aspirées par une pompe ; un tuyau plongeant dans la fosse les conduit au tonneau. A mesure que la pompe aspire l'air du tonneau, le contenu de la fosse s'élève dans le tuyau et vient se déverser dans le lonneau. Les gaz fétides qui s'échappent pendant l'opération sont conduits et se consument dans un petit fourneau placé près de la pompe.

On fait aussi usage de fosses mobiles, c'est-à-dire de tonneaux placés dans la cave sous le tuyau de chute. Ce système a été reconnu si peu pratique qu'on a proposé de l'interdire. Il est impossible de prévoir le moment où les tonneaux sont pleins, et, dans les habitations ouvrières, il en résulte de graves désagréments.

Ce fut la cause qui, du temps d'Haussmann, en 1867, les fit remplacer par des tinettes filtrantes précédemment décrites. Le public fut invité à jeter ses eaux ménagères dans les latrines; le tuyau de chute était ainsi nettoyé et le contenu des tonneaux dilué. Plus tard il fut ordonné d'établir dans les lieux d'aisances un conduit d'eau avec robinet (fig. 14'.)). En cela, on ne voulait pas

Fig. 149. — Garde-robe Rogier-Mothes ; la valve s'ouvre et se ferme automatiquement.

obtenir une chasse pareille à celle des water-closets (la disposition du système ne s'y prétait pas), mais on voulait seulement rendre possible le nettoyage de la cuvette même, qui se fait avec un balai semblable à un gros pinceau de peintre.

PARIS ariti

En vertu d'une ordonnance de police plus récente, le fond des cuvettes des garde-robes a été pourvu d'un clapet (fig. 149).

Ce n'est toutefois que dans les grandes maisons et les hôtels que l'on trouve des garde-robes à siège. La masse du public préfère, comme nous l'avons déjà dit, la position à la Turque.

Fig. 150. — Garde-robe à la tLir([ue de Rogier-.Molhes.

Dans les cabinets d"aisances de cette espèce, le sol est revêtu d'asphalte et incliné vers une petite ouverture, placée en bas sur le devant de la cuvette, par laquelle l'urine répandue sur le sol s'écoule dans le tuyau de chute. Parmi les obligations du concierge, celle de nettoyer ces lieux d'aisances est une des plus importantes.

Utilisation des vidanges. — L'un des princi[)aux désavantages des fosses lixes et mobiles est l'obligation d'avoir des lieux de dépôt des vidanges à proximité de la ville. Il y en a une vingtaine dans les environs de Paris. On a essayé d'atténuer autant que possible les inconvénients qui en résultaient, en élaljlissant dans ces dépôts, des fabriijues de poudrelte et de sulfate d'ammoniaque. Le plus vaste de ces établissements est celui de Bondy à 13 kilomètres de Paris. Il possède de grands réservoirs pour les vidanges qui y sont conduites dans des tuyaux ad hoc par la pression dune pompe refoulante placée au dépôt de la Villette, à l'extrémité Nord iXa Paris. Pour déti-uire les gaz délétères, on les dirige sur le foyer de la chaudière où ils sont brûlés.

La vidange des fosses et le tran<pui't des matières sont faits par des entrepreneurs.

A Bondy, les vidanges sont soumises à la distillation. Le gaz ammoniac tjui se dégage est absorbé par l'acide sulfuricpie. Le résidu, mêlé avec de lu chaux, est tamisé à travers une étoile de laine et vendu comme poudrelte.

GuAMPS d'irkigation de Gennevilliehs et d'Aciières. — Les essais d'irrigation ont commencé en 1867 à Glichy, tout près de Paris. Les résultats obtenus furent jugés si favorables (jue l'on expérimenta sur un terrain plus étendu situé de l'autre côté de la Seine (rive gauchej à Gennevilliers. (}\\ y établit en même temps une station météorologiciue poui- y faire des observations régu-

lières. On fit régulièrement l'analyse de l'eau d'égouts et de l'eau des drains des champs irrigués. Ces analyses faites chaque mois depuis 1887 sont à la fois chimiques et bactériologiques. En prenant la moyenne de ces analyses, on voit qu"il y a ' :

DANS l'eau des ÉGOUTS

DAMS l'eau

AZOTK

en lotullté

DES URALNS

TOTAL des iiiatièi'cs coiiibiislihles

Fixe

AZOTE

TOTAI.

(les malièies coiiil)ii.-.tililcs

Volatil

Total

Le célèbre bactériologue Miquel procéda dans le même temps à des recherches relatives à la quantité de bactéries contenues dans les mêmes eaux. Par centimètre cube d'eau, il a trouvé en moyenne :

Eau d'égout. Eau des drains.

-23.000.000. l.oOO.

Cette dernière quantité est la même que dans l'eau de source de la Vanne.

Parmi les différentes formes de microbes que l'on découvre dans l'eau des égouts, il y a environ 20 p. 100 de bacilles, 40 p. 100 de microcoques et autant d'autres formes bactériennes.

Miquel évalue le nombre des bactéries pathogènes contenues dans l'eau d'égout à un peu plus de 1000 par centimètre cube.

Les champs d'irrigation de Gennevilliers ont actuellement plus de 6U0 hectares. Le sol est partout drainé au moyen de tuyaux poreux qui conduisent l'eau dans cinq grands collecteurs d'où elle se jette dans la Seine.

L'eau de ces cinq drains principaux n'est pas d'une égale pureté. La plus pure est celle du drain d'Asnièresqui traverse le champ d'ex|)érimentationde la station météorologique. Son eau contient 0.2 d'azote et 89,8 de matières combustibles.

Dans un centimètre cube de cette eau, il y a en moyenne 54 bactéries, ce qui prouve d'une manière péremptoire la propriété que possède la terre de retenir les bactéries.

Dans son trajet à travers le jardin attenant à la station météorologique, ce drain forme un canal découvert dont le lit est garni de petits cailloux. Cela donne à ce ruisseau un charme tout particulier ; l'eau est limpide et miroitante; on en boit souvent.

Ces milliards de microbes ainsi arrêtés par la terre, n'offrent-ils pas de grands dangers? Les observations poursuivies depuis que l'irrigation est pra-

' Les résultats publiés ici dérivent des analyses chimiques qui nous ont été conimuni(iuJes par M. Ferdinand .Marié-Davy, aui|uel nous adressons nos vit's remercienieiUs.

tiquéeà Gennevilliers, ont montré qu'il n'a pas été possible de constater, pas plus là qu'en Angleterre et ailleurs, des cas de maladies dont la cause puisse être attribuée à la méthode employée.

On n'est pas encore parvenu à expliquer ce fait d'une manière satisfaisante. On admet que la lutte pour l'existence joue en ceci le principal rôle et que les microorganismes, qui transforment les matières azotées organiques en composés inorganiques, détruisent en même temps toutes les autres bactéries, inférieures en nombre. Un terrain bien préparé pour que cette opération puisse s'effectuer régulièrement paraît donc être un des moyens les plus sûrs pour détruire les microorganismes pathogènes.

Les expériences faites en Allemagne, où l'on a essayé d'introduire des cultures de microbes du choléra dans des fosses d'aisances, ont démontré qu'ils y périssaient en peu de temps.

Les belles recherches de Miquel ont de plus établi la certitude que les bactéries ne peuvent s'évaporer avec l'eau et qu'elles sont retenues par l'humidité. L'air filtré dans de la terre, humectée avec de l'eau d'égout, est complètement dépourvu de microbes ; de même l'eau remplie de matières en décomposition, évaporée et condensée dans un récipient stérilisé, ne contient pas trace de bactéries.

Les champs d"irrigalion de Gennevilliers reçurent d'abord les eaux vannes du collecteur du Nord, dont un branchement se dirige vers Sainl-Ouen où il franchit la Seine. On avait choisi cette direction afin que l'eau d'égout s'écoule par simple gravitation. Mais dans ces derniers temps on a établi àClichy, non loin de rembouchure du collecteur d'Asnières, une puissante usine élévatoire qui alimente une grande partie des champs de Gennevilliers et est surtout ilestinéc à refouler l'eau jusqu'à Achères quand l'irrigation sera commencée.

S'Dems

F\>^. I.M. — IMaii (le Gcmipvilliers et d'Aclières

1. \'-hcrcs 0 kilomètres — -', l'oissv, 8 kil. — 3, Le Vésinct, 8 kil. — 4, nueil. 10 kil. —3, II xiille», 5 kil - C, Bczoïis, : kil.

La ligure loi montre la disposition des champs de Gennevilliers et des iKuiveaux champs près d'Achères où aboutira le grand collecteur de Clichy. Les lignes (jiii parlent de son extrémité montrent la distance entre le champ d'irrigation et les localités voisines.

C'est à Alfred Durand-Glaye, Directeur du Service des égouls et de l'Assainissement de Paris, que cette ville doit cet agrandissement des champs d'irrigation. C'est à lui aussi qu'elle doit l'adoption de'finitive des water-closets.

Les champs de Gennevilliers appartiennent à des particuliers qui les cultivent ; la ville supporte les frais des installations du drainage. Les champs d'Achères, propriété de l'Etat, sont destinés à être divisés et loués à des agriculteurs.

A Gennevilliers, le sol se compose de sable mêlé d'argile. La culture y est très varie'e; il y a surtout des légumes: choux (20 à 40,000 par hectare), artichauts (60,000 par hectare), betteraves' 100,000 kilogrammes par hectare). De vastes vergers, dont les arbres sont chargés de fruits savoureux, occupent un espace immense. Une place assez considérable est consacrée à la culture des fleurs. Une autre partie des champs est convertie en prairies qui alimentent 800 vaches.

L'irrigation des prairies et des champs ensemencés se fait par le colmatage. Les légumes croissent sur des billons au bas desquels l'eau coule. L'arrosement des terres à culture maraîchère a lieu tous les deux ou trois jours. Les prés ne sont arrosés qu'après chaque récolte, ce qui arrive en moyenne 7 fois dans l'été.

Des expériences sur une vaste échelle poursuivies pendant longtemps finiront certainement par vaincre tout à fait la résistance que l'on oppose à l'irrigation. La surface du terrain dont Paris dispose actuellement est beaucoup trop restreinte. En comptant un hectare par 250 personnes, il faudrait pour Paris 10,000 hectares. Quand celte ville aura toute cette superficie et que le système des water-closets sera imposé par la loi, les améliorations sanitaires seront telles que Paris sera une des villes les plus salubres du monde.

Ecuries et vacheries. — A Paris, comme dans toutes villes de plus de 5,000 habitants, on est tenu, selon la loi sur les Etablissements insalubres, incommodes et dangereux, de se conformer pour les écuries et vacheries aux dispositions suivantes :

Une écurie duit avoir au moins 3 mètres de hauteur, mesurée du sol au plafond.

Le sol doit être imperméable et en pente, pour que les urines s'écoulent à l'égout ou, à son défaut, dans un puits étanche qui doit être vidé de la même manière qu'il est prescrit pour les fosses d'aisances.

Le plafond, qui est obligatoire, doit être hourdé à plein et plafonné ; si en habite au-dessus, il doit être en fer.

Dans les écuries, la ventilation doit se faire par des cheminées d'aération montant au-dessus du toit et ayant au moins 0™,40 de côté.

Les murs doivent être blanchis à la chaux une fois par an.

L'eau doit être employée en abondance pour le lavage des étables et écuries, des cour? et des ruisseaux.

Chaque vache doit disposer de 20 mètres cubes d'air et d'un espace de 1"\50 de large au moins.

L'étable doit avoir au minimum 4 mètres de largeur pour les vacheries à

un seul rang, et 7 mètres pour les vacheries à deux rangs si ie$ mangeoires sont adossées au mur, 8 mètres si elles sont au milieu.

Le fumier doit être déposé dans une fosse étanche ou sur un sol imperméable. Il sera enlevé au moins trois fois par semaine -l'été, et d€ux fois l'hiver.

Si les fosses à fumier sont contiguës à des habitations, il faut construire un contre-mur ou mur mitoyen.

Si les dépôts des fourrages sont placés à côté des étables, il faut les séparer par un mur en maçonnerie. Sils sont placés en dessus, l'aire du plancher doit être en ciment ou carrelée. Les réservoirs à drèches ou autres substances alimentaires fermentescibles doivent être fermés hermétiquement et placés sous un toit muni d'une cheminée d'évent.

Les abattoirs. — A Paris, il est défendu maintenant d'abattre le bétail ailleurs que dans les abattoirs municipaux. Ils sont au nombre de quatre : l'abattoir de la Villette, ceux de Grenelle, de Yillejuif et des Fourneaux.

A Pantin, il existe un abattoir spécial pour les chevaux; dans l'abattoir de Yillejuif, il existe aussi un local séparé pour l'abatage de ces animaux. Un vétérinaire qui y demeure est chargé de la surveillance et de l'inspection des bêtes avant, pendant et après l'abatage. La viande est utilisée presque uniquement pour la fabrication des saucissons.

L'abattoir le plus nouveau et le plus vaste est celui de la Villette, route de Flandres, entre le canal de l'Ourcq et le canal Saint-Denis.

Les abattoirs sont organisés sur le même plan que les halles; ils se composent de longs bàtim ;nts parallèles les uns aux autres. L'espace qui les sépare est couvert d'un vitrage et forme la cour de travail ; le sol est cimenté et en pente vers le centre. Là se trouve une rigole où, pendant toute la durée du travail, coule un courant continu d'eau qui emporte à l'égout les immondices liquides et autres. Des bouches d'eau sont établies là où c'est nécessaire.

Les bâtiments des deux côtés de la cour de travail sont divisés en cellules, nommées échaudoirs, ayant deux portes l'une donnant sur la rue, l'autre sur la cour. Dans chaque échaudoir, il y a deux poutres de fer pour y suspendre les viandes. Le sol est en ciment comme dans les cours de travail.

L'abatage peut aussi se faire dans les échaudoirs.

Au-dessus de chaque échaudoir, se trouve un compartiment pour placer l'outillage de la boucherie et les habillements des bouchers.

Les intestins sont portés dans une cour couverte; ceux qui sont destinés au commerce y sont débarrassés de leur contenu. Le reste ainsi que le fumier est transporté sur des chalands ou dans des charrcltes hors de la ville sans avoir subi de préparation préalable.

L'abattoir renferme aussi des étables pour le bétail. Le sol y est ;pavé eu pierres; des rigoles creusées derrière les stalles conduisent l'urine directement à l'égout. Les matières fécales sont emportées avec le contenu intestinal des bêtes abattues. D'abondants lavages y entretiennent la propreté.

Du reste, il y a sur les lieux tous les établissements nécessaires à rexpl<»il;ition des produits de boucherie tels que : local pour la fabrication des bou-

flins, charcuterie et triperie, local pour l'extraction de Talbumine et la préparation du guano de sang, fonderie de suif, etc.

La provision d'eau est partout abondante; l'ordre et la propreté font l'admiration des visiteurs.

Le sol de la cour est pavé en pierres.

Marqué aux bestiaux de la Yillette. — Ce marché, le plus considérable de Paris, est situé tout près du grand abattoir de même nom. Il n'en est séparé que par le canal de lOurcq; deux ponts les font communiquer. Plusieurs portes de ce marché s'ouvrent rue d'Allemagne, et des passages conduisent de là à la gare et au canal.

Il est ouvert tous les jours, mais les lundi et jeudi sont les principaux jours de vente en gros. Une quantité énorme de bétail y arrive la Veille et est placée dans les nombreuses stalles. Les jours de marché, les animaux sont conduits de grand matin aux préaux de vente réservés à chaque espèce. Ce sont trois vastes hangars couverts ; celui du milieu reçoit les bêtes à cornes et peut en contenir environ 5,000; celui de droite est occupé par les veaux et les porcs; celui de gauche par les moutons dont le nombre peut s'élever à 2o,000.

Les taureaux, dont la valeur comme viande de boucherie est beaucoup moindre que celle des autres bêtes à cornes, sont placés à part dans l'abattoir même; leur nombre dépasse rarement 200.

Le fumier déposé dans un endroit spécial, près du canal Saint-Denis, est transporté ailleurs par voie d'eau. L'approvisionnement d'eau est abondant pour le lavage des écuries, des hangars, etc. Le sol est pavé.

Chaque jour de marché, le bétail est examiné par les vétérinaires avant l'ouverture de la vente. Ils sont assistés dans cette besogne par des bouviers, qui amènent les bêtes suspectes, leur ouvrent la bouche, etc.

Si l'on trouve quelque bêle atteinte d'une maladie contagieuse, on inscrit sur-le-champ sur un bulletin ad hoc le nom et l'adresse du i»ropriétaire de l'animal. Cette note accompagne la bête à l'abattoir et doit être retournée au vétérinaire avec la signature de l'inspecteur de boucherie attestant que les sujets malades ont été abattus.

Les inspecteurs veillent également à ce que les étables, les quais de débarquement et les wagons soient désinfectés.

Cette inspection rigoureuse des animaux sur pieds a pour effet d'en faire acheter un grand nombre par des gens de la campagne. Des vaches laitières s'y vendent aussi pour les laiteries de la ville.

Mesures préventives contre les maladies contagieuses. — Vaccination. — La France est un des pays où la vaccination n'est pas encore obligatoire; toutefois elle y jouit d'un grand crédit, et le Gouvernement encourage de toutes les manières le public à se soumettre à cette opération. Elle est exigée pour l'admission dans certains établissements publics.

Selon la législation sanitaire, le (^^omité Consultatif d'Hygiène publique de France est tenu de propager la vaccination et les Conseils d'Hygiène sont

chargés de la surveiller. Plusieurs grandes villes ont même fondé des Instituts vaccinogènes.

La haute direction de la vaccine appartient à l'Académie de médecine de Paris. Trois fois par semaine, la vaccination v est pratiquée gratuitement. Elle envoie aussi du vaccin à tous les médecins qui en font la demande.

La Société française d'Hygiène à Paris, sous les auspices de son zélé secrétaire général le D"^ P. de Pietra Santa, a déployé la plus grande activité pour propager l'usage de la vaccine dans toutes les classes de la société. Elle a pendant longtemps pratiqué gratuitement des vaccinations avec du vaccin animal, et en envoie abondamment en province.

En outre, il existe à Paris des Etablissements particuliers de vaccination. Le plus ancien et le plus important, fondé en 1871, est celui de M. Chainbon qui ne fait usage que du vaccin de génisse. L'inoculation se fait directement du veau au bras de l'homme.

En vertu d'une convention avec les autorités, M. Ghambon pratique la vaccination dans les asiles et hôpitaux infantiles et militaires. Dans ce cas, le veau est transporté dans une charrette à chaque hôpital. Le vaccin est aussi sur demande envoyé en province.

L'opération sur les veaux se fait au côté droit de l'abdomen. On rase, à partir du milieu jusqu'à la naissance du cartilage des côtes, toute la partie comprise entre les jambes de devant et celles de derrière. Là on pratiqu<; ioO à 175 incisions longues de ^ centimètres et distantes de 3 à 4. On v introduit le virus en les écartant un peu avec les doigts.

On recueille le vaccin en serrant chaque pustule avec une pince; on en met de 8 à 20 à chaque fois. On enlève la croûte externe et le vaccin est' récolté dans des tubes capillaires. Quand on veut le conserver longtemps on y mêle un tiers de glycérine. Le virus vaccinal est d'abord recueilli dans des tubes larges et ensuite on le met dans d'autres [dus étroits. On les bouche en les trempant dans un mélange composé d'une partie de graisse et de deux |)arties de paraffine, après quoi, on plonge le tout dans du collodion.

On n'expédie que la lymphe; par contre la vaccination sur place se fait avec la pulpe que l'on recueille sur la lancette en grattant les pustules.

Au printemps, la vaccination est opérée dans chaque arrondissement de Paris aux frais de la Ville; des aflichcs préviennent le public et l'invitent à se présenter. Pour engager les familles pauvres à y amener leurs enfants, on leur accorde une petite gi-atilication en argent.

Isoli:mi:.nt i:ï soixs I)i:s mal.mjes. — De toutes les branches de l'hygiène jmblicpie, la prévention des maladies contagieuses est celle (pii fait le plus regretter l'absence d'un Code d'hygiène et d'une direction sanilaiie centrale. Les mesures préventives sont à Paris du ressort de la Préfecture de pcdice, de la Préfecture de la Seine, de l'Assistance publirjuc et des municipalités; il est évident que dans ces conditions le système doit beaucoup laisser à désirer.

Il n'est exigé aucune déclaration des cas de maladies contagieuses, sauf {tour les garnis. Le bureau de statistique, attaché à la Préfecture de la Seine, distribue, il est vrai, des bulletins de notillcalion à tous les médecins; mais

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en admettant même qu'ils soient envoyés régulièrement, ils n'ont cependant qu'une valeur statistique. Ils ne donnent pas nécessairement lieu à des mesures quelconques, à moins toutefois que la Préfecture de police ne le juge à propos, car cela la regarde. Le transport des malades et la désinfection dépendent des autorités municipales, tandis que le traitement des malades est à la charge de l'Assistance publique.

Les personnes atteintes d'une affection contagieuse sont reçues dans tous les hôpitaux, sauf les varioleux qui ne sont admis qu'aux hôpitaux Saint- Louis et Saint-Antoine où existent des pavillons séparés, spéciaux pour la variole. Dans les autres hôpitaux, les contagieux sont, à la vérité, isolés aussi, mais l'expérience a prouvé que les mesures, prises à cet effet, étaient insuffisantes, et que trop souvent l'infection se propageait dans l'intérieur de ces établissements. La statistique constate aussi à Paris une augmentation dans les décès par maladies infectieuses tandis que, dans d'autres villes où l'isolement est mieux organisé, le nombre de ces morts a sensiblement diminué. Ainsi à Paris de 1865 à 1869, la mortalité par affection infectieuse est de 3,20 pour 10,000 habitants; de 1879 à 1883 elle est de o,78. A Londres, pendant les mêmes époques elle tombe de 3,62 à 2,64.

Pour transporter les contagieux, il existe à Paris une station établie à l'Hôtel-Dieu. Son matériel se compose de deux chevaux, deux voitures et d'un cocher.

Lorsqu'une personne atteinte d'une affection contagieuse doit être transportée à l'hôpital, avis en est donné au poste de police le plus proche d'où on le transmet par télégraphe à la Préfecture, qui ensuite donne ses ordres à THôtel-Dieu. La désinfection des voitures est prescrite par le règlement, mais ce soin est abandonné au cocher sans aucun contrôle.

Un vaste projet relatif aux ambulances et aux hôpitaux d'isolement a été élaboré cependant par une Commission spéciale qui avait visité à cette intention la ville de Londres.

Ce projet a été présenté au Conseil municipal par son rapporteur le D'' Ghaulemps, et adopté le 17 juin 1887.

Avant que la décision du Conseil puisse avoir force de loi il faut qu'elle soit acceptée par le Conseil de salubrité d'une part, et que de l'autre l'emplacement des constructions soit fixé.

La question est toutefois assez avancée pour garantir que dans un avenir très prochain la ville de Paris se trouvera en possession d'un régime sanitaire parfaitement organisé.

Stations d'ambulances. — Le projet mentionné établit deux infirmeries, l'une sur la rive droite près de l'hôpital Saint- Antoine, l'autre sur la rive gauche prés de l'hôpital des Enfants malades.

Chacune de ces stations possédera douze voitures pour le transport des malades. Deux seront spécialement affectées au service de la variole, deux à celui de la rougeole, de la diphtérie, de la scarlatine et de la fièvre typhoïde. Les deux dernières enfin seront réservées aux autres maladies : coqueluche, érysipèle, etc.

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