PAR[S
La voiture destinée à une maladie déterminée ne devra en aucun cas être employée pour une maladie difTérente et afin d'éviter toute méprise chaque remise sera divisée en six compartiments.
L'écurie devra être aménagée pour six chevaux. Toutefois deux seulement y seront entretenus en permanence dans les circonstances ordinaires.
A chaque ambulance seront attachées un certain nombre d'infirmières chargées d'accompagner les malades ; elles seront logées dans l'hôpital voisin et feront le service à tour de rôle.
Le personnel de la station se composera d'un chef, de deux cochers dont l'un marié et d'une femme de service qui pourrait être la femme de ce dernier. Toutes ces personnes auront leur domicile dans l'établissement même.
Le personnel ainsi que les infirmières devront être nourris gratuitement.
Les frais d'entretien de chaque station sont évalués à 70,000 francs; les voitures reviennent chacune à :2o,000 francs.
Ces dernières seront construites comme celles de Londres, avec une place pour l'infirmière, au chevet du malade, et devront avoir comme à Bruxelles un tiroir pour les vêtements et le linge.
Après chaque course elles devront être lavées à grande eau.
Les stations seront reliées par téléphone avec l'Assistance publique et la Préfecture.
Les hôpitaux. — Dans le projet en question, on construirait près des barrières, à l'entrée de la ville, quatre hôpitaux dont deux aifectés aux varioleux, un aux diphléritiques, et un enfin aux malades atteints de rougeole.
Les deux premiers devront contenir chacun 70 lits et il sera réservé, à proximité, un terrain pour élever, en cas de besoins, des baraques supplémentaires pouvant donner place chacune à 80 malades.
Le sol devra être nivelé, recouvert dasphalte et pourvu de tuyaux d'écoulement, de façon à ce que les locaux temporaires puissent être installés dans l'espace de qu'-lques jours.
Au cas où il faudrait disposer d'un nombre de places encore plus grand, on projette d'établir à Créteil, au S.-O. de la ville, sur un terrain appartenant à l'Assistance publique, un hospice {)0ur les convalescents. L'emplacement convenable serait même déjà choisi et le terrain préparé éventuellement.
A l'hôpital des Enfants malades, qui possède un pavillon séparé pour la di()htérie, il ressort des expériences faites, que ce mode d'isolement ne préserve nullement de la contagion les malades d'une autre catégurie. La maladie se propage par l'intermédiaire des médecins, des étudiants et du personnel.
Le nombre des places étant aussi insuffisant, on voudrait élever un hôpital d'isolement, afin d'y transporter les malades chaque fois qu'on pourrait le faire sans danger.
Cet établissement serait placé près de Bicêlre, sur la limite méridionale de la ville.
Les pavillons d'isolement actuels seraient en outre détachés des hôpitaux pour avoir un personnel et une alimentation séparés.
La nécessité de mesures énergiques contre les progrès de la diphtérie, à Paris, ressort clairement des données statistiques ci-jointes. Moyenne des décès de diphtérie par 10,000 habitants :
de 1863 à 1869 4,32
en 1885 7,40
A l'égard de la rougeole, les observations les plus concluantes ont e'té faites récemment par Antoine Béclère à l'Hôpital des Enfants-malades.
Elles démontrent que cette maladie se communique surtout, sinon exclusivement, pendant la période prodromique et durant Téruptioii. C'est ce qui explique pourquoi elle se propage si facilement dans les écoles, et plus le nombre de celles-ci s'accroît, plus la rougeole devient fréquente.
A Paris, les décès ont augmenté dans la proportion suivante :
Moyenne des décès de rougeole par 10,000 habitants :
de 1863 à 1869 3,18
en 1883 6,80
Ces chilTres démontrent la nécessité d'arriver promplemenl à isoler les malades.
Dans le projet cité plus haut, il serait question aussi d'établir à Ivry un hôpital de 80 lits, contenant un local séparé pour les cas douteux.
La fièvre scarlatine est comparativement rare en France et Paris semble être un terrain peu favorable à cette maladie.
Sur 10,000 habitants, la mortalité moyenne par scarlatine n'a été que de 0,9 dans la capitale de la France ; tandis qu'à Londres elle était de 1,7; à Edimbourg de 1,2 et à Berlin de 3,2.
Aussi a-t-on jugé suffisant à Paris d'avoir un pavill m séparé auprès de chaque hôpital d'enfants.
Dans le but d'atténuer la propagation de la coqueluche, on a songé à fonder un vaste établissement d'isolement, comprenant une école et un hôpital. Mais ce n'est là qu'un projet d'avenir et il suffirait pour le moment d'organiser pour cette maladie des pavillons isolés.
Pour éviter la contagion dans les Dispensaires et les salles de consultation des hôpitaux, on a proposé de réserver trois salles pour les maladies contagieuses. Les malades sont inspectés à leur arrivée, envoyés dans les pavillons d'isolement lorsque la maladie est franchement déclarée et dans les différents services lursque les sujets sont suspects.
La désinfection. — A Paris, le service de la désinfection rentre dans les attributions de la Préfecture de police qui reçoit chaque jour des mairies une liste des décès avec l'indication des causes de la mort.
Lorsqu'on se trouve en présence d'un cas de maladie contagieuse, la Préfecture* avertit télégraphiquement le commissaire du quartier. Celui-ci remet à la famille une notice rédigée par le Conseil d'hygiène publique et de salubrité en faisant connaître les moyens à employer pour la dé^infeclirui. Il l'informe, en outre, que, si elle le désire, la désinfection sera opérée gratuitement par le service des désinfecteurs.
Si la famille accepte cette proposition, le commissaire de police adresse à la Préfecture une dépèche mentionnant le nom et l'adresse de la personne chez qui la désinfection doit être faite. Quelques heures après, les désinfecteurs procèdent à l'opération qui est faite au moyen de l'acide sulfureux obtenu par la combustion du soufre.
Pendant que les pièces condamnées restent soumises aux fumigations (quarante-huit heures), les habitants du logement, s'ils sont indigents, sont placés dans un hùtel du voisinage, par les soins et aux frais de l'administration.
La quantité de soufre brûlé est de :20 grammes au muins par mètre cube.
La désinfection ainsi opérée par des agents spéciaux, est évidemment plus efficace que celle qui peut être faite par les particuliers eux-mêmes, n'ayant pas l'expérience nécessaire; mais comme elle n'est pas obligatoire, les résultats sont insuffisants.
Actuellement, il y a dans la plupart des hôpitaux de Paris des étuves à désinfection par la vapriir deau sous pression ; dans la banlieue, il yen a qui sont transportables, et (jui. sur la réquisition du médecin, sont mises gratuitement à la disposition du public.
En adoptant le projet relatif aux stations d'ambulances et aux hiipilaux d'isolement, le Conseil municipal a approuvé également celui qui lui était pré- -enté par la même Commission en vue de régler la désinfection à Paris.
Ce projet consistait à construire deux Etablissements de désinfection, l'un .lu Nord, l'autre au Sud de la ville, qui se composeraient de deux sections entièrement séparées, l'une destinée aux objets infectés, l'autre aux mêmes objets purifiés.
Les étuves encastrées dans le mur de séparation des deux sections seraient construites de faeon à s'ouvrir de chaque côté. Les objets contaminés entreraient d'un côté et sortiraient de l'autre.
A l'extrémité serait un local pour le surveillant «pii pourrait de ses fenêtres l'xaminer les deux côtés à la fois.
L'établissement renfermerait aussi une salle de bains pour les désinfecteurs obligés de se nettoyer a[)rès l'opération, et une buanderie.
Le personnel comprendrait : un surveillant, deux désinfecteurs, un chauffeur qui aurait la garde des objets purifiés; une personne chargée de la réception des objets infectés et de leur introduction dans le fourneau ; deux cochers pour amener et reconduire les elfels infectés et désinfectés; un teneur de livres, et une servante mariée avec un des hommes de service.
Tout ce personnel serait nourri et logé dans rétablissement du côté salubre. Les employés de la partie infectée seraient tenus de se nettoyer avant
les repas et, la journée terminée, de prendre un bain en soignant tout particulièrement la barbe et la chevelure. Ils quitteraient leurs vêtements de travail avant de passer du côté des logements.
L'étuve à désinfection reconnue en France somme la meilleure, est celle que représente la figure 15:2. Elle a été construite par deux ingénieurs sanitaires de Paris, MM. Geneste et Herscher.
L'étuve consiste en un gros cylindre de métal E enveloppé d'une couche isolatrice et disposé de faeon à s'ouvrir à ses extrémités. Le fond du cylindre est garni de rails sur lesquel glisse, de l'extérieur à l'intérieur et réciproquement, un chariot fait de lattes C, où l'on place les objets contaminés.
A. la sortie on fait repasser ce chariot sur un chevalet VV pourvu de rails.
A l'intérieur du cylindre enhaut eten basse trouventdes batteries de chauffe formées de tuyaux en fer de petites dimensions.
Fig. 152. — Etuve à désinfection Geneste Herscher.
La batterie supérieure munie d'un écran vers le bas, empêche la vapeur de se condenser et de faire des taches aux vêtements en tombant dessus goutte à goutte. Elle active le séchage des effets désinfectés. Ces batteries sont chauffées par un tuyau particulier.
L'appareil est mis enjeu par la pression, sa soupape de sûreté supporte un poids de 0,7 kilogramme, la température peut allerjusqu'à 116° G.
La désinfection s'opère dans quinze minutes, le séchage exige vingt minutes. Cinq minutes après introduction de la vapeur, on l'intercepte pendant une demi à une minute.
La figure 133 représente un autre appareil de désinfection sans chaudière; il a été inventé par le D'' Gibier et construit par Pierron et Dehaître.
Il se compose d'un chaudron avec son foyer, de trois segments de tôle galvanisée, appliqués l'un sur l'autre et d'un couvercle qui, de même que les segments, est joint hermétiquement au moyen de vis de pression.
Au-dessus du chaudron est placée une grille en tôle galvanisée, comme les parois qui sont recouvertes d'une substance isolatrice.
Cet appareil se composant de plusieurs pièces est transportable et susceptible d'être installé dans une chambre ordinaire. Dans ce dernier cas le tuyau d'échappement de la fumée est conduit dans la cheminée de la chambre.
Quand le feu est allumé et que les vêtements sont disposés dans l'appareil,
on visse le nombre de ïCgnienls nécessaires ; lorsque la vapeur commence à se dégager avec abondance, on lient le robinet de dégagement femré jusqu'à ce que le thermomi-tre arrive à 100' G.
La désinfecliou est opérée en une lieure ou deux.
Pour que les vêlements ne soient pus tcichés par l'eau condensée dans la
Fig. 1Ô3. — Eluve à lii'siiifectioii du D' Gibier.
parlK supérieure de l'appareil, on les recouvre d'une épaisse pièce d'éloilV lissent scchés ensuite au grand air.
Cn appareil de ce modèle est en usage depuis 188G, dans le refuge de nuit de la rue de la Ijuclierie ; il y a rendu de grands services, vu le peu de frais qu'il exige.
Telles sont les mesures proposées en vue de combattre l'extension des maladies contagieuses. Au point de vue hygiénique, il ne faut guère s'attendre à des résultats Lien satisfaisants avant la déclaration obligatoire des cas de maladies infectieuses et la désinfection surveillée par des médecins hygiénistes.
Le seul sy?tème qui conduirait droit au but, serait la création d'un Bureau d'hvgiène ayant pour chef un médecin qui tiendrait dans ses mains tous les fils de l'hvgiène publique et auquel seraient subordonnés les bureaux d'hygiène des arrondisï^ements.
De même que l'administration de la justice ne pourrait être confiée à des personnes étrangères aux lois, de même des hommes, dépourvus de connaissances spéciales, sont incapables de diriger une organisation hygiénique.
Dépôts mortuaires. — Les mesures préventives ayant pour but d'empêcher la propagation des maladies étant encore très imparfaites à Paris, il s'ensuit naturellement que les Dépôts mortuaires n'existent pas.
lin projet dans ce sens a été élaboré par une Commission du Conseil municipal et a été présenté en 1887, par son rapporteur, le D' Chassaing. Les membres de ladite commission avaient étudié en Angleterre, en Belgique et en Allemagne, les institutions similaires.
Ce projet n'a pas encore été exécuté. Il ne donnerait que des résultats insuf- Usants, parce que le transport des morts hors de leur domicile n'y est dans aucun cas rendu obligatoire et n'aurait lieu que sur le désir exprimé par la famille du défunt.
Le dépôt recevrait les morts sans distinction de maladies et serait divisé en cellules, de telle sorte que chaque corps soit séparé des autres.
Il n'est question dans ce projet [xjur Paris tout entier, que d'un seul dépôt contenant dix cadavres.
Le seul dépôt connu actuellement est la Morgue, située derrière Notre- Dame ; elle ne reçoit que les cadavres devant être soumis à une autopsie et les corps de personnes inconnues, déposés là jusqu'à leur reconnaissance.
Dans la salle d'exposition des cadavres, la température est maintenue à plusieurs degrés au-dessous de zéro, par un système de réfrigération qui retarde la putréfaction.
Cimetières. — En vertu d'un décret du 7 mars 1886, les cimetières doivent toujours être hors des centres de population et à une distance de lUO mètres au moins de tout puits ou de toute habitation.
Les fosses doivent avoir !2 mètres de longueur sur 0"',80 de largeur et l"',oO de profondeur.
On peut obtenir une place distincte, concession perpétuelle ou temporaire, moyennant une rétribution spéciale. A défaut de concession, les corps sont inhumés dans une fosse commune ayant les mesures précédemment indiquées et dans laquelle un espace de 0'",20 doit être ménagé entre chaque cercueil.
Les rangées de tombes doivent être distantes de 0"',50 les unes des autres; au bout de cin(| années la fosse commune peut être employée à nouveau.
Les familles qui possèdent des concessions perpétuelles, y font souvent construire des caveaux murés en maçonnerie, et ayant une grande profondeur. Ces caveaux sont recouverts par des dalles en pierre que l'on soulève lorsqu'un nouveau membre doit être enseveli.
Les cercueils reposent ainsi l'un sur l'autre, mais le dernier doit toujours se trouver à 1™,30 de profondeur.
Des règlements spéciaux sont établis pour obvier aux accidents et aux incommodités que l'ouverture répétée des tombes pourrait occasionner.
L'administration est saisie d'un nouveau projet concernant l'établissement d'un cimetière particulier pour les concessions perpétuelles.
Au cimetière du Père-Lachaise, on a récemment établi un four d'incinération qui a été livré au public en 1889.
La prostitution. — A Paris, l'on a reconnu que, cinq fois sur six, la syphilis avait pour origine la prostitution clandestine, ce qui démontre péremptoirement la nécessité de soumettre à uncontr(:)le sévère les per^onnes qui se prostituent pour gagner leur vie.
Les filles inscrites, qui ont un domicile privé, sont examine'es tous les quinze jours et celles qui logent dans une maison de tolérance, une fois par semaine. Celles qui sont malades ou suspectes, sont transférées à la prison de Saint- Lazare où elles sont détenues jusqu'à ce que tout danger de contamination ait disparu.
Constructions publiques. — Les hôpitaux. — La plupart des hôpitaux de Paris datent des anciens temps, ils ne sauraient offrir, par conséquent, aucun intérêt particulier au point de vue hygiénique.
Les nouveaux établissements, tels que l'hôpital Tenon, l'Hôtel-Dieu, l'hôpital Lariboisière, la maison d'accouchement, l'hôpital des cliniques, etc., etc., sont construits d'après le système des pavillons isolés et possèdent un chauffage central combiné avec la ventilation. Celle-ci s'opère généralement par aspiration, l'air étant appelé au dedans ; par extraction, l'air vicié étant f^hassé au dehors.
Les hôpitaux sont, pour la plupart, construits luxueusement. L'Hôtel-Dieu, qui contient 450 lits, a coûté 40 millions de francs.
Sous le rapport de l'hygiène et de l'organisation pratique, ils ne peuvent cependant soutenir la comparaison avec les hôpitaux anglais que nous avons décrits plus haut.
Habitations ouvrikres. — La question des habitations pour la dasso ouvrière a depuis longtemps, en France, attiré l'attention de rAdininislralion et des particuliers.
F'in 18o:J, dix millions furent alloués par le Gouvernement dans le but d'améliorer les logements ouvriers. Cette somme fut donnée sous la forme de subventions pouvant s'élever au tiers des frais de constructions dont le uiodo devrait être approuvé |)ar l'aulorité.
C'est aussi uncsubveutiim de 300,000 francs qui adonné naissance aux cilén ouvrières de Mulhouse (Alsace) si renommées dans le monde entier. La Com-
HYGIÉ.NE l'LBLlyL'E. -i
pagnie, qui lut constituée alors, a fait bâtir, depuis cette époque, environ 986 maisons, rangées soit par groupe de quatre, soit sur une seule ligne.
Les groupes ont été jugés plus avantageux; chacune des habitations forme un carré, séparé des autres par une plantation d'arbres. Les latrines sont placées en dehors de la maison et les excréments sont reçus dans une fosse étanche.
Les ruelles, séparant les habitations, sont larges, bien pavées, pourvues de trottoirs et plantées d'arbres. De distance en distance, sont installées des fontaines dont l'eau est excellente.
Ces maisons ont coûté de 1,850 à 2,800 francs; le prix de location ne représente que le 8 p. iOO de cette somme. En payant un bail un peu plus élevé, l'ouvrier peut acquérir la maison qu'il occupe.
Pour les célibataires des deux sexes, il existe des maisons particulières avec chambres meublées; mais ces derniers ne peuvent devenir propriétaires.
Aucun ouvrier ne peut vendre sa maison, sans que l'acquéreur soit agréé par la Compagnie.
Il doit s'engager en outre à maintenir l'ordre et la propreté dans sa demeure, à cultiver son jardin. Il ne lui est pas permis de sous-louer.
Une colonie ouvrière fort remarquable est celle qui a été fondée à Guise par un maître de forges, M. Godin.
C'est un vaste établissement habité par M. Godin et ses deux cents ouvriers formant ainsi une seule famille, ce qui a fait donner à la colonie le nom de Familistère de Guise.
Chaque habitant est, depuis sa naissance jusqu'à sa mort, l'objet de soins attentifs. Une nourricerie est spécialement affectée aux enfants. Dès qu'un enfant vient au monde, son nom est inscrit au-dessus du berceau qui lui est destiné. Chaque fois que la mère est obligée de s'éloigner, elle n'a qu'à porter son enfant à la place qui lui est réservée. Elle a la certitude qu'il recevra tous les soins nécessaires.
Les enfants plus âgés reçoivent jusqu'à 14 ans une excellente instruction. Des instituteurs choisis appliquent les meilleurs méthodes.
Les jeunes gens ont ensuite le choix de participer au travail de la fabrique, d'entrer en apprentissage, ou de choisir une autre profession plus en rapport avec leurs aptitudes personnelles.
Chaque famille a son ménage à part et peut se procurer au détail, avec les prix de gros, tout ce dont elle a besoin. Les soins médicaux et les médicaments sont fournis gratuitement.
A ce vaste établissement sont annexés un théâtre, une bibliothèque, une salle de jeux de toute espèce, pour occuper l'ouvrier à ses moments de loisir.
M. Godin a monté son usine par actions : les ouvriers peuvent ainsi en acquérir et devenir intéressés dans les affaires de la maison.
Les premières tentatives ayant pour but d'améliorer les conditions sanitaires des logements ouvriers à Paris ont été faites par M. Valladon, qui fit construire en 1848, dans un passage qui portait son nom, un certain nombre de maisonnettes qu'il vendit à des ouvriers par annuités
Le pris>Hg>' a l'ail place a iiiir rue et les pelile.s juaisuiia sont remplacées par de vastes eonslruclions qui n'appartiennent plus à des ouvriers.
Sur les 10 millions alloués en 18o!2, l'Etat a fait bâtir, sur le boulevard Diderot, dix-sept maisons qui ont coûté deux millions de francs. Elles sont à plusieurs étages, contenant chacun deux logements de trois pièces avec cuisine et un de deux pièces avec cuisine également.
Une somme de i, 200, 000, prise sur ladite allocation, fut accordée à titre de subvention à des particuliers qui s'engageaient à bâtir pour le triple de cette somme.
Il était stipulé que le prix de location n'excéderait pas 8 francs par mètre carré. Les plans devaient être approuvés par l'architecte du Ministère des travaux publics.
Des particuliers et des compagnies firent construire plus tard une se'rie de maisons d'après le système adopté à Mulhouse. Le locat;iii-e était mis à même de s'en rendre propriétaire peu à peu.
Près de l'avenue Daumesnil. l'empereur Napoléon III fit élever quarantecinq maisons qu'il céda pour 100.000 francs aune compagnie formée d'ouvriers propriétaires d'une action de 100 francs de ladite compagnie. Cette comp;ignie contracta ensuite un emprunt pour agrandir le cercle de ses opérations, mais l'entreprise rapporta si peu de profit, qu'on renonça bientôt à ce genre de spéculations.
Parmi les hommes qui ont rendu le plus de service dans cette question des habitations il faut citer M. E.Cacheux, «juiena fait une étude approfondie. De concert avec M. E. Muller, il a publié un grand ouvrage intitulé « Habitations ouvrières en tous pays», qui a obtenu une médaille d'or à l'Exposition hvgiénique de Londres.
M. Cacheux acheta des terrains et construisit des groupes d'habitations qu'il vendit ensuite par annuités. Il a calculé qu'il faudrait encore 100.000 logements pour que les ouvriers de Paris puissent avoir une demeure salubre.
M. Cacheux, ne reculant devant aucun obstacle, avait formé le projet de ■instituer une Société qui s'imposerait la lâche de réaliser son programme, il faut espérer que ses efforts seront couronnés de succès.
llvGiKNK itKs FABRIQUES. — Outrc Ics règlements déjà mentionnés plu> haut (p. -98) concernant l'hygiène des fal)i-i((ues qui s'applicpie au pavs tout entier, il existe encore des dispositions particulières édictées pour la ville de Paris et le déparlement de la Seine, relatives à l'inspection de ces sortes d'établissements.
Celle-ci est (-(tnliée à (fiju/.e inspecteurs ehargés de visiter au moins deux fois par an. dans un district •l^'lerniin»', tous les établissements classés. Ces inspee'tions doivent avoir lieu a des époques fixes.
L'inspeeteur doit signaler les infractions aux ai-rèlés d'autoi-i^.'ilion et proposer toutes les mesures (|ii'il juge nécessaires, dans l'inlérel de la santé et de la sécurité des ouvriers.
Si (les changements inipoiianls ont i\r e\( cillés dans le mode de l'ahriealioii des produits ou dans les dispositions du h»eal. l'inspecteur doit en
donner avis, pour peu que ces changements soient de nature à nuire à la salubrité générale.
L'inspecteur doit signaler àTadministration tout établissement installé sans autorisation légale.
Il donne son avis sur les demandes en autorisation de nouvelles fabriques et sur les réclamations de toutes espèces se rapportant aux établissements de son district.
Les douze inspecteurs ont à leur tête un inspecteur principal.
HYGiiiNE DES ÉCOLES. — Lcs écoles françaises diffèrent essentiellement de celles des autres pays parce qu'elles sont en général des internats. Dans les écoles primaires où ce n'est pas le cas, on a tenu compte des besoins matériels de l'enfant auquel on fournit à bas prix la nourriture dans l'école. Ceux qui apportent leurs provisions les font réchauffer dans la cuisine de l'établissement.
Les internats renferment des pensionnaires, des demi-pensionnaires et des externes.
Le contrôle sanitaire des écoles incombe au maire de chaque arrondissement et au Conseil d'hygiène et de salubrité qui lui est adjoint. C'est la loi du 30 octobre 1886 qui a rendu obligatoire la surveillance de l'état hygiénique des écoles par des médecins-inspecteurs.
L'inspection s'efl'ectue d'après un règlement spécial comprenant des dispositions relatives à la santé des enfants et aux conditions du local.
Elle comprend aussi les écoles privées.
Les inspecteurs sont recrutés parmi les médecins de la commune ou du département; leur nomination doit être approuvée par le Préfet.
Dans le département de la Seine et à Paris, l'inspection médicale des écoles a été réglée par une ordonnance du 43 juin 1879. Le règlement actuel a été sanctionné le 15 décembre 1883 et renferme les prescriptions suivantes :
Les écoles de Paris sont divisées par groupes ayant chacun son médecin et soumis à une revision tous les trois ans.
Les écoles fondées dans cet intervalle sont rattachées au groupe le plus voisin.
Les inspecteurs doivent être docteurs en médecine; ils sont nommés par le Préfet de la Seine sur une liste de présentation dressée par le maire de l'arrondissement. La liste doit porter deux noms par poste, et les inspecteurs sont nommés pour trois ans.
Chaque école sera visitée régulièrement deux fois par mois, et même plus, sur la réquisition du maire.
L'inspecteur visitera chaque mois les vestibules, préaux, lieux de récréations, latrines, urinoirs, etc., avec le Directeur, auquel il devra faire part de ses observations, s'il y a lieu, et des améliorations utiles à apporter.
On passera ensuite à l'examen des classes; l'éclairage, le chauffage, la ventilation et le mobilier seront examinés soigneusement, puis on procédera à la visite des élèves, particulièrement de ceux désignés par la direction comme plus faibles ou plus souffrants. L'inspecteur examinera les dents, les yeux, les oreilles et se rendra compte de l'état général de chaque enfant.
Le résultat de l'examen sera consigné sur un registre spécial contenant un questionnaire précis sur la propreté, l'éclairage, etc.
L'inspecteur inscrira dans une colonne séparée les noms des élèves qu'il trouvera nécessaire de renvoyer à leurs parents pour cause de maladies et notera la nature ou le caractère contagieux de ces dernières. Il marquera le nombre des enfants absents pour cause de maladie et en général toutes les causes morbifiques.
Si l'état d'un élève réclame des soins spéciaux, la' famille sera avertie par écrit.
Les enfants atteints d'une maladie contagieuse sont renvoyés sur-le-champ dans leur famille, avec une lettre prévenant qu'après guérison l'enfant ne pourra rentrer avant d'être passé à la visite médicale.
L'inspecteur lui délivrera alors, s'il y a lieu, une attestation déclarant que son retour n'ofï're plus aucun danger.
Le Comité supérieur dhygiène remettra à tous les chefs d'institution une liste des maladies contagieuses et des signes diagnostiques qui aideront à les reconnaître.
Si le directeur remarque chez un élève des symptômes alarmants, il devra le renvoyer de suite dans sa famille avec une lettre expliquant les motifs du renvoi et recommandant d'aller à la visite du médecin de l'école.
L'enfant guéri ne retournera à l'école qu'avec un certilicat du médecin. Pareille formalité est exigée des enfants manquant à l'école volontairement; dans ce dernier cas le directeur prendra des informations sur la maladie et si elle est reconnue contagieuse, veillera à ce que les presci'iptions soient observées.
Le médecin de l'école examine chez lui, aux heures de consultation, les enfants qui ont besoin de certificat.
L'inspection terminée, le médecin, dans les vingt-quatre heures, devra rédiger un rapport sur l'état sanitaire des écoles de son ressort et envoyer au maire des formulaires destinés à cet usage.
Les rapports des médecins seront examinés par le maire ; s"il en ressort quehjues particularités urgentes, l'autorité supérieure devra en être instruite bans retard. Les affaires de moindre importance seront portées devant le Conseil scolaire.
En cas d'épidémie et sur la demande expresse du médecin-inspecteur, le maire a le droit de faire fermer l'école d'urgence; ce dernier [)révicndra alors la direction et les autorités administratives.
Le maire présente au Conseil scolaire les rapports trimestriels contenant le résultat des inspections, et à la fin de chacpie semestre ledit Conseil rédige un rapport détaillé sur l'inspection effectuée dans chaque groupe. 11 signalera les améliorations proposées par le médecin, en y joignant son avis motivé.
Dans ces derniers tenips, l'opinion publique s'est élevée avec force conli'c le surmenage intellectuel des écoles. Cette question a été brilhunmenl et s<M'ieiisement traitée par la Société française d'hygiènf et l'Académie de métiecine de i^aris.
Dans l'espoir (jue le (Iduvernenicnl prt'iidi'a promplenienl des mesures
Plan du Rez-de-ch
aussee
Fio-. loi. — Plan de l'Ecole iMonsre.
générales contre ce surmenage exagéré, quelques écoles privées se son empressées de mettre à profit les nouvelles idées.
PARIS 37o
La première entrée dans cette voie est l'école Monge, que Ton regarde avec juste raison comme le modèle-type du système en France; aussi allons-nous lui consacrer ici une description étendue, accompagnée de figures que nous devons à l'obligeance de l'éminent Directeur de l'école, M. Godart.
Ecole Monge. — A l'instar de la plupart des écoles françaises, l'école Monge est un internat où l'on reçoit des pensionnaires, des demi-pensionnaires et des externes. Les enfants peuvent y entrer dès l'âge de cinq ans dans une division spéciale, et les jeunes gens qui ont fini leurs classes passent dans l'Ecole préparatoire aux Ecoles du Gouvernement.
Située sur le boulevard Malesherbes, dans un des nouveaux quartiers de Paris, l'école Monge est bâtie sur un espace ouvert de tous côtés et occupe une surface de 11,128 mètres carrés. La nature du terrain et la disposition des bâtiments sont représentées figure 154. Ces derniers sont â trois étages avec rez-de-chaussée.
Toute la partie centrale est occupée par un vaste espace à toiture vitrée, un espèce de préau couvert, de 2,800 mètres carrés, où les élèves prennent leurs récréations en cas de mauvais temps. Le long du premier et du second étage court un grand balcon donnant sur le préau qui est partagé en deux par une barrière séparant les deux divisions (petits et grands), qui ont chacune leur gymnase.
Le toit vitré porte au milieu un surtoit dont les côtés verticaux, d'une hauteur de l"',oO, peuvent facilement s'ouvrir pour aérer le préau.
Il y a encore, en fait de cours, celle d'entrée pour les omnibus, la cour spéciale de l'École préparatoire, celle des divisions classiques, celle de service et celle de l'infirmerie.
Cette dernière, installée dans le coin le plus reculé du terrain, est complètement séparée des autres bâtiments.
L'infirmerie renferme au rez-de-chaussée, une chambre (a) pour les domestiques malades et une cuisine ; les bains (c), la pharmacie {d), une chambre de consultation (e) et une salle pour les convalescents (/"). Une grande chambre de malades (g) se trouve à l'extrémité du bâtiment.
L'étage supérieur comprend une salle pour les maladies contagieuses, avec un local pour la mère qui désirerait soigner elle-même son enfant.
Los autres lettres marquées sur le plan désignent : salles de musique h; salles de bains i; caisse, comptabilité, agent administratif, y, k, l; un salon d'attente 7m; cabinet du directeur vi; secrétariat o; salle du conseil ;j; concierge q; directeur des études, censeur, ?'; classes, s; salles de répétition, d'inli'rrogation, de jeux, l C /"; chambre de l'inspecteur u; logement de la direction, v; laboratoire, t<j; grand amphithéâtre, x; et enfin cabinet de physique, ij.
Le premier étage est occupé pai' les classes, les salles de dessin, les cabincls des professeurs et les dorloiis. Le second, par des appartements et di'scliambres à eiMicher.
La cuisine, l'office, le cellier et les salles à manger occuj)ent le sdus-sul.
(ÀASSES. — Les classes «uit 10 mètres de longueur sur- 8 lic largeur et
4 de hauteur : le nombre des élèves est pour chacune d'elles de trente au maximum. Les murs sont peints à l'huile jusqu'à la hauteur de un mètre, puis recouverts de papier jaunâtre, couleur de mais.
Elles reçoivent la lumière des deux cotés, mais plus directement de gauche, car sur la droite le jour vient du préau couvert autour duquel la plupart sont installées. Dans les classes n'ouvrant pas sur le préau les vitres des fenêtres de droite sont dépolies pour adoucir la lumière.
Le châssis supérieur des croisées se meut verticalement en glissant dans des rainures, de façon à pouvoir être baissé (fenêtres à guillotine).
Fig. 155. — Pupitre de l'Ecole Monge.
Un système de chauffage central à l'eau chaude est combiné pour l'aération du local tout entier.
L'air vicié est attiré dans deux pièces sous le toit, la température y est maintenue élevée par des batteries d'eau chaude et par les tuyaux des chaudières. En été, elles sont chauffées par deux chaudières de petite dimension.
Les bouches de ventilation sont calculées pour fournir par heure, à chaque élève, 25 à 30 mètres cubes d'air frais.. La température est maintenue à •14-16 degrés centigrades.
L'éclairage artificiel se fait au moyen de lampes à gaz fixées au plafond. Celui-ci étant divisé par deux lignes se coupant à angle droit, on obtient quatre surfaces de grandeur égale au milieu desquelles est suspendue une lampe, pourvue d'un abat-jour en forme de cône et incliné vers le plan horizontal sous un angle de 30 degrés. Au centre du plafond est placé un bec
de gaz (30uvert d'un cylindre en vei-re dépoli. Devant le tableau une lampe avec un réflecteur vertical projette la lumière sur le fond noir.
Chaque bec est muni d'un régulateur (rhéomètre Giroux) qui assure à la flamme une intensité régulière. Le gaz n'entre pour rien dans la ventilation.
Chaque élève a son pupitre qui repose sur un pied en fonte vissé au plancher, et sa chaise à dossier qui est mobile (iig. loo).
Les cabinets d'aisances, qui se trouvent les uns à côté du préau et les autres au bout des cours de récréation près des dortoirs, sont divisés en cellules. Les parois sont entièrement revêtues de faïence et le plancher est en bois de chêne.
Le siège est un cylindre de fonte auquel est adaptée une cuvette en porcelaine aboutissant directement au tuyau de chute qui débouche dans une tinette filtrante. La lunette se compose uniquement d'un cercle ovale en bois d'acajou verni que l'on peut enlever facilement pour le nettoyer.
Le peu de largeur de cet anneau empêche que l'élève n'y pose les pieds, et on s'applique à apprendre aux enfants la manière d'être assis convenablement. Tout l'appareil est complètement isolé.
Au-dessus de la lunette en bois, court un tuyau de cuivre percé de trous, communiquant à un réservoir dont l'eau vient laver la (buvette. Le mince filet d'eau qui découle du tuyau ne produit pas un lavage suffisant et, selon l'usage en France, une personne chargée du nettoyage le complète au moyen d'une brosse.
Le tuyau de chute n'a pas, de siphon et ne se trouve fermé par aucun mécanisme. Chaque cuvette a son tuyau d'évent qui part du tuyau de chute, ayant le même diamètre, et se dirige vers une conduite pratiquée dans le mur en cominunii-ation avec un tuyau d'appel cliaufîé au gaz.
Ce système est tenu pour satisfaisant, il est cependant trop compliqué pour pouvoir servir de modèle; en outre, il rend indispensable la présence d'une personne chargée du nettoyage de la cuvette après chaque évacuation.
L'eau y est amenée sans doute abondamment comme dans les waterclosets anglais, mais non de façon à empêcher tout dégagement d'odeurs.
Les urinoirs établis contre la paroi opposée des cabinets, constamment arrosés par un filet d'eau, sont parfaitement construits.
En aucun [jays peut-être l'accusation du surmenage des élèves n'est aussi justifiée qu'en France. A l'école Monge, malgré les idées nouvelles adoptées, les classes durent de 8 heures et démit; du matin à o heures et demie du soir. Il y a une interruption d'une heure et quart pour le déjeuner, entre M heures et midi ; trois récréations, la première d'une demi-heure, les deux antres d'un quart d'heure, soit en lout deux heures et (piart seulement de loisir depuis le matin jusqu'au soir.
Les petits élèves de la division préparatoire sont assujcitis a peu près au même régime, car leur temps d(; récn ali(ui n'est (jue d(; deux heures et demie.
Tous lesj(nidis. l'après-midi est consacrée à une promenade (pii n'est pas obbgatijire pour les demi-pensionnaii'is et les externes. Les enfants sont cun-
duits à la campagne dans les voitures de lEcole; si le temps est mauvais, on les mène aux Musées. Chacune de ces promenades a encore un but pédagogique.
L'efficacité de ces promenades au point de vue sanitaire a engagé le Directeur à les rendre journalières, en envoyant ses élèves passer trois heures sur les pelouses du bois de Boulogne. Ce régime, qui est suivi depuis plus d'un an, a amené les meilleurs résultats tant au point de vue de la santé qu'à celui du travail plus productif, l'organisme des enfants étant jnoins surmené.
Pendant les vacances, les élèves entreprennent, sous la conduite d'un professeur, des excursions plus lointaines et même hors de France, afin de visiter les pays étrangers.
L'école, étant un internat aussi bienqu"un externat, présente naturellement une certaine quantité d'arrangements inconnus aux écoles des autres pays.
Fin-. 156.
Lavabo.
On y fait trois repas par jour : à 8 heures, café ou chocolat : à 11 heures et demie, le déjeuner composé de viande, de légumes et de dessert; à 6 heures du soir, le dîner, potage, viande, légumes et dessert. Entre les deux grands repas, les enfants reçoivent un morceau de pain.
La grande salle à manger ou réfectoire est établie dans le sous-sol. Elle a 4™,'iO de hauteur. Les tables, rangées sur deux lignes, contiennent chacune 10 places. Le plancher est en carreaux de terre cuite cimentés; les parois sont recouvertes de faïence sur toute la surface ; le plafond et les piliers sont peints à l'huile et vernissés.
Les tables sont en marbre, les bancs en acajou verni. Aux deux extrémités
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tie la salle, deux postes d'eaux, sur lesquels oq visse des tuyaux d'arrosage, fournissent le liquide nécessaire pour nettoyer par aspersion les murs, le plancher et le plafond. On arrive ainsi à éloigner toute odeur.
Le long- de la salle règne un corridor où des robinets coulent sur une rigole d'écoulement, pour que les élèves puissent se laver les mains avant le repas.
La température ordinaire est de 14° à 16'^.
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Fi?. 157. — Salle de bains.
Les dortoirs sont de vastes salles contenant de 24 à 32 lits, séparés les uns des autres par une cloison do 1"',80 de hauteur. Ces petits cabinets ont chacun leur fermeture.
Au milieu de cette grande pièce est une large allée oii se trouvent les lavabos, comme nous le montre la figure ioB.
Ces appareils consistent en une tablette de marbre dans Kupiellr surit encluissées des cuvettes mobiles basculant autour d'un axe. .\u-dessous. une rigole pour l'écoulement de l'eau sale qui est conduite directement aux cabinets d'aisances où elle contribue au lavage. Chaque lavabo porte le numéro
du lit correspondant. Chaque salle a son cabinet et une chambre réservée au brossage des vêtements.
Les dortoirs sont peints à l'huile en couleur claire. La température d'hiver doit y être de 10° à 12°.
La salle de bains, dont la figure lo7 montre l'aménagement, est située au rez-de-chaussée. Chaque baignoire est placée dans une petite cellule. Au milieu de la pièce, deux rangées de cuvette en terre cuite pour les bains de pied, ayant chacune un siège placé devant.
Deux chambres spéciales sont réservées aux bains de vapeur et à l'hydrothérapie.
L'eau des bains vient de deux réservoirs placés dans les combles; elle est chauffée par une chaudière à vapeur établie dans le sous-sol
Coupe G H
Fig. 158. — Coupe de la salle de bains.
La température du bain se règle en haut et par conséquent un seul robinet suffit pour préparer le bain.
L'eau, en sortant de la baignoire, s'écoule dans un petit caniveau qui passe entre les deux rangées de cuvettes représentées dans la figure lo8.
La température est maintenue dans la salle entre 18 et 20'^ C.
Les internes prennent un bain complet tous les quinze jours et un bain de pieds deux fois par semaine.
L'école a son service médical particulier. Lorsqu'un élève a été absent pour cause de maladie, il n'est autorisé à rentrer en classe qu'après avoir été examiné par le médecin auquel il doit apporter une déclaration écrite du docteur qui l'a soigné.
Un dentiste examine une fois par mois la bouche de chaque enfant, et s'il y a nécessité d'une opération, avis en est donné aux parents.