CHAPITRE II BERLIN
GÉNÉRALITÉS. — ADMINISTRATION SANITAIRE — Rui'eau (1(1 st.itistiqiie. — Repliements sur les constructions. — Hôtelleries et débits île boissons. — r.aniis. — Dispositions sanitaires relatives à l'air. — Dispositions sanitaires relatives à l'eau. — Denrées alimentaires. — Contrôle relatif au commerce des denrées. — Inspection des viandes. — Les balles. — Commerce du lait. — Cuisines économiques. —Dispositions sanitaires relatives au sol.— Nettoyage de la voirie.— Système de latrines. — Canalisation. — Cliamps d'irrigation. — Etables et écuries. — Marchés aux bestiaux et abattoir. — Mesures préventives contre les maladies contagieuses. — Vaccination. — Hôpitaux d'isolement. — Désinfection. — Dépôts mortuaires, lieux de sépulture. — Prostitution. — Bâtiments publics. — Habitations ou vrières. — Hygiène des fabriques. — Hygiène des écoles.
Généralités. — La ville de Berlin, située dans la plaine de l'Allemagne du Nord, sur les bords de la Sprée, couvre une surface d'un peu plus de soixante kilomètres carrés. Le terrain, dont le niveau n'est qu'à 30 mètres au-dessus de la mer, est uniformément plat.
La ville s'est rapidement agrandie dans le cours des vingtdernières années. Sa population, qui en 1870 était de 700,000, se monte à présent à 1,400,000 âmes.
Des travaux sanitaires très étendus ont été exécutés dans l'intérêt de la salubrité publique, et cette ville a ainsi mérité de conserver son rang de capitale dans le nouvel empire d'Allemagne.
Dans toutes les branches de l'administration l'on rencontre un ordre et une discipline exemplaires, faisant partie pour ainsi dire du caractère national, mais fortifiés encore par l'esprit militaire qui, à la suite des derniers événements, a posé son empreinte sur le peuple tout entier.
En ce qui concerne l'hygiène publique, Berlin a pris Londres pour modèle et comme les institutions hygiéniques de l'Angleterre sont incontestablement les plus perfectionnées, celles de Berlin doivent être placées aussi au premier rang,
A Berlin, comme dans toutes les villes allemandes, le chiffre de la mortalité générale est très élevé : sa moyenne dans les dix dernières années a été de ^7 p. 1,000 habitants ;cela tient principalement à la quantité anormale de décès dans la première année de l'enfance, laquelle est de 24 p. 1 ,000 parmi les enfants légitimes, et de 5l2p. 1,000 parmi les enfants naturels, soit en moyenne 38 p. 1,000.
Les bons efTets produits par les récents travaux hygiéniques se manifestent clairement dans la diminution de la fièvre typlioïde.
Sur 10.000 habitants, il en succombait en moyenne, par suite de cette maladie :
De 1870 à 1874 9,7
De 1873 à 1879 5,4
De 1880 à 1884 2,9 •
De 1885 h 1888 1,4
Administration sanitaire. — La ville de Berlin forme h elle seule un gouvernement (Itegierung) qui fait partie de la province de Brandebourg ; le chef du Gouvernement de la ville est en même temps Préfet de police [Polizeiprasident). A ses côtés, naCo\\?-e\\\e^v vaéA\CQ.\{Regierungs-Medicinalrath) et .son adjoint {HïUsfsarbeiter) ont la direction des allaires sanitaires et médicales.
Comme les autres gouvernements, la ville de Berlin est divisée en districts, {Jlauptmannschaften) au nombre de dix dont chacun a son chef de police (Polizei-Hautpmann) et son médecin particulier (Kreisphysicus), hygiéniste préposé au service sanitaire du district.
Les médecins des districts s'assemblent une fois par mois, sous la présidence du conseiller médical du gouvernement, pour délibérer sur les questions relatives à l'hygiène et aux soins des malodes.
Ces fonctionnaires, qui sont à la tète des alTaires médicales, exercent en même temps le contrôle au nom de l'Etat. La mise à exécution rentre dans les attributions (les autorités communales, le bourgmestre, leséchevins et le Conseil municipal.
Des Commissions nomme'espar les autorités ui-baines s'occupent de la salubrité publique' : Tune est chargée spécialement de lasurveiUance des hôpitaux et des asiles, l'autre a sous sa dépendance les travaux publics [Baudeputalion), etc.
Conformément aux règlements sur les épidémies (^c'^/u/r^/io i'o?i 1835), il • xiste une Commission d'hygiène publique (SanHaUkoninii&aion) pour rtMisciiihlc (le la ville et des Commissions locales pour les dillerents districts formant «'nscmble les autorités consultatives dans toutes les ([uestions intéressant la sanli'; publique.
Leur compétence et leurs attributions sont les mêmes à Beilin que dans le reste du pays.
Bureau dk statistique. — Depuis l'année 1872, Berlin possède une administration slatistiqu(! pro[)i-(' qui se charge aussi de tenir les registres utiles au service de la police.
Voici les attributions de ce bureau :
L — Le dénombrement d(! la population par rajjport à la position sociale, aux moyens d'existence, à la demeure et ii la profession de chaque habitant: