‹ Traité de l'hygiène publique d'après ses applications dans différents pays d'EuropeChapitre 52 sur 98 · V. — La statistique de l'Assistance publique · texte numérisé non relu

V. — La statistique de l'Assistance publique

YL — L'ensemble des observations météorologiques et hydrométriques ; VIL — La statistique des fabriques (salaires, etc.), celle des écoles, etc. Le bureau est chargé, en outre, de rassembler les matériaux se rattachant à l'économie sociale dans tous ses détails.

RÈGLEMENTS SUR LES CONSTRUCTIONS [Bau- PoUzei-Orchiung du 21 décembre 1886). — Les terrains récemment acquis peuvent être couverts de constructions jusqu'au deux tiers et les terrains plus anciens jusqu'au trois quarts de leur surface.

Les bâtiments élevés sur un même terrain doivent être séparés par des cours de 60 mètres carrés de superficie et de 6 mètres de largeur au minimum ; la largeur des maisons ne doit pas dépasser 18 mètres.

Leur hauteur ne doit pas dépasser la largeur de la rue et, n'être, dans aucun cas, supérieure à 22 mètres. Si la maison est construite sur deux rues d'inégale largeur, elle aura une hauteur égale à la moyenne.

Les bâtiments élevés dans l'enceinte des terrains ne peuvent pas dépasser de plus de 6 mètres la largeur de la cour.

Les réceptacles à immondices doivent être imperméables et pourvus d'un couvercle à fermeture hermétique ; les eaux sales et ménagères doivent être déversées par des tuyaux étanches. et les excréments évacués soit dans l'égout soit dans les tinettes mobiles.

L'endroit où ces tinettes sont déposées doit être hermétiquement fermé et recouvert d'un plancher étanche.

Le plancher d'une écurie doit également être imperméable et les déjections recueillies dans des réservoirs étanches ; la porte ne doit pas s'ouvrir dans la rue.

Chaque terrain bâti doit être approvisionné d'une quantité abondante d'eau potable.

Les tuyaux d'écoulement pour les immondices doivent s'élever jusqu'audessus du toit afin d'assurer une ventilation suffisante.

Pour obtenir la permission de bâtir, il faut s'adresser à la police qui l'accorde après avoir inspecté les lieux. Quand les murs sont construits, on procède à une nouvelle inspection et l'on fixe le moment où les travaux de crépissage pourront commencer.

Une maison d'habitation ne peut être crépie que six semaines après l'achèvement de la maçonnerie.

Aucune maison ne peut avoir plus de cinq étages. Toutes les pièces destinées à l'habitation doivent être sèches et avoir des fenêtres de grandeur suffisante, placées dans le mur de la rue ou de la cour de dimensions réglementaires.

Pour les chambres qui, selon leurs destinations, doivent être éclairées par en

haul, il f'st permis de tolérer de? châssis à condition que l'on y établisse une ventilation suffisante.

Les pièces où l'on doit séjourner doivent avoir au nn'niinuni 2'",o0 de hauteur et ne pas se trouver à plus de 0"',oO au-dessous du sol environnant.

11 est défendu d'établir des sous-sols du côté de la cour, si la largeur de celle-ci est moindre que la hauteur des maisons avoisinantes.

Le plancher des appartements doit se trouver à 0'",40 au moins au-dessus du niveau maximum des eaux souterraines et être préservé de lair et de l'humidité du sol à l'aide d'une substance imperméable quelconque.

Les murs des sous-sols doivent e'galement être revêtus d'une couche préservatrice de même nature.

Les cabinets d'aisances et la chambre de bain doivent recevoir l'air et la lumière du côté de la rue, de la cour d'entrée ou d'une courette découverte de 10 mètres carrés au minimum et de deux mètres de largeur ; les premiers ne doivent pas être placés sous des chambres habitées.

Les couloirs et corridors qui ne communiquent pas directement avec l'air extérieur au moyen de fenêtres, seront munis de tuyaux ventilateurs, ayant au moins une section de 2o0 centimètres carrés.

Les dispositions de ce règlement doivent être appliquées aussi pour les maisons déjà existantes du moment que cela est jugé nécessaire pour le bien public.

HÔTELLERIES ET DÉBITS DE BOISSONS [PoUzei VerorâmniQ d H ?>0 janvier \%9>(i). — Les auberges et débits de boissons doivent être situés dans une rue complètement achevée et bien éclairée; tenus éloignés des maisons mal famées, ils devront être suffisamment aérés et garantis contre l'humidité.

Les chambres à coucher doivent être d'une grandeur suffisante ; le local fourni abondamment d'eau et pourvu d'urinoirs placés à distance et bien aérés.

Garnis {PoUzei VerordnuiiQ du 17 décembre '1880). — I. — 11 est interdit de loger, contre pniement, des personnes pour la nuit dans son-propre domicile, si les chambres, ([ui le composent, ne remplissent pas les conditions suivantes :

. a. Chaque personne doit avoir j)our sa part au moins 8 mètres carrés de surface et 10 mètres cubes d'air. Le volume d'air exigé est réduit à la moitié pour- les enfants au-dessous de six ans, et aux deux tiers pour ceux tle six à (juatorze ans.

b. Les chambres ne doivent pas être on communicalion dii-ocle avec les lieux d'aisances.

H. — Chaque sexe doit être logé dans une pièce séparée.

111. — Quiconque loge des étrangers à la nuit doit en avei-tir la police dans l'espace de six jours, par l'envoi d'un bulletin rédigé conformément à la formule ci-après :

Le soussigné loue dans sa diMiionro, rue n" élage. des lils pour

la nuit aux honniies et, femmes.

Sa propre famille se compose tle personnes, dont garronst-t (illes

au-dessous de 0 ans; garçons et fdles de 0 à 14 ans et autres

personnes hommes et de femmes.

Sont employées au couchage Jes pièces suivantes :

N» 1. Longueur Largeur Hauteur

No 2. - - -

No 3. - - -

(Le nom du lieu et la date.) (Le nom et la profession du logeur.

Ces indications sont vérifiées par la police qui délivre ensuite un permis de recevoir le nombre de personnes déterminé par la loi.

Les mêmes conditions sont imposées concernant l'espace et l'air à ceux qui hébergent la nuit des gens sans feu ni lieu (dans des locaux nommés Pennen); mais, en outre, il est prescrit d'avoir pour charpie personne mi lit à part avec coussin, paillasse, et couverture de laine si la pièce n'est pas chaulTée jusqu'à une température de \lL" G. Tous les mois la literie doit être lavée et la paille renouvelée.

Chaque pièce doit avoir un lavabo, des vases de nuit propres et de l'eau potable à boire.

Les chambres doivent être aérées de 9 heures à 11 heures et de 2 heures à 4 heures, balayées chaque jour et lavées une fois par semaine, ainsi que les lieux d'aisances.

Tous les six mois le toit et les murs doivent être blanchis à la chaux. Tout cas de maladie accompagnée de fièvre doit être sans retard déclaré à la police.

Dispositions SANITAIRES relatives a l'air. — La ville de Berlin ne possédait pas, dans son enceinte, de parcs un peu étendus, mais aujourd'hui son Thiergarten, vaste jardin environné de quartiers nouvellement bâtis, devient pour la ville un précieux réservoir d'air. Il couvre une superficie de 250 hectares. C'est là qu'aboutit la principale rue de la ville, Unler den Linden, plantée d'cfrbres dans toute sa longueur.

Partout où il était possible de le faire on a établi de petits squares ; notamment aux alentours des églises, lors de la régularisation des vieux quartiers de la ville, et aux endroits oîi plusieurs rues viennent aboutir.

Dans ces dernières années, on a créé aussi une cinquantaine de places publiques plantées d'arbres et ayant en tout une étendue de 30 hectares.

Les anciens marchés, devenus inutiles par la construction des halles, seront également convertis en plantations.

Aux confins de la ville, dans des terrains disponibles, on a créé de grands parcs, \eJIuinbuldthaiii au Nord, qui aoo hectares ; le Friedrichshain au Nord- Est, de 52 hectares; celui de Treptow q.\x Sud-Est, de 90 hectares, et le petit Thiergarten au Nord-Ouest, qui n'a que 6 hectares et demi.

Pour les conditions d'aération dans l'intérieur des maisons. l'Allemagne occupe l'une des premières places, car elle fait preuve d'une tendance libérale opposée à la vieille crainte des refroidissements.

Cela se remarque dans l'organisation de la ventilation des hôpitaux, des

écoles et autres bâtiments publics, aussi bien que dans les habitations privées.

A l'égard des hôpitaux, il se manifeste une tendance générale à s'affranchir des systèmes compliqués de chauffage et de ventilation centrale, en vogue il y a quelques années.

On a reconnu, comme en Angleterre, par une expérience chèrement acquise, que ces appareils compliqués rendent peu de services s'ils ne sont dirigés par des hommes compétents, sans compter que les dérangements inévitables dans leur application occasionnent souvent de grands dangers.

II existe en Allemagne un appareil de chauffage particulier qu'on désigne sous le nom de Mantelofen (poêle à manteau) ; en usage autrefois exclusivement dans les maisons particulières, on lui a maintenant reconnu tant de qualités qu'il est introduit dans les écoles et même dans les hôpitaux {Tempelhof, Dethanien) de Berlin.

Bien que sa construction diffère de celle des cheminées anglaises à ventilation (de Douglas Galton et de Boyle and Son, p. o9 et 102), l'idée est cependant la même, c'est-à-dire que l'air extérieur mis en contact avec le poêle pénètre, déjà réchauffé, dans les chambres.

Le poêle lui-même est en fonte, entouré d'un manteau de tôle et de fa'ience, entre lesquels est réservé un espace vide. Vers le bas, entre le manteau et le poêle, se trouve l'orifice du tuyau d'appel qui amène directement l'air du dehurs dans la chambre. Il y a de môme des ouvertures à la partie inft'-rieure du manteau à l'intéi-ieur de la pièce. Les unes et les autres peuvent être fermées au moyen de clefs. Le manteau est surmonté d'une grille.

Lorsqu'on veut réchauffer seulement l'air de la chambre, le tuyau de l'air extérieur reste fermé et on ouvre la clef du côté de la chambre ; 1 air froid au-dessus du plancher se précipite vers le bas du manteau et revient réchauffé par le haut. Cette circulation a bientôt ramené la chaleur dans la pièce.

Lorsqu'on a besoin de renouveler complètement l'air, on ouvre le tuyau d'appel et on ferme la clef du côté de la chambre. L'air vicié sort alors par des tuyaux d'échappement convenablement placés. Ces derniers sont disposés de telle façon qu'ils sont échauffés par les conduits de fumée du poêle.

En peu de temps l'air de la chandjre est ainsi renouvelé sans qu'il résulte un abaissement de température ou un inconvénient quelconque.

On peut se passer de tuyaux d'évcnt là où l'air n'a pas besoin d'être renouvelé promptement. Une partie de l'air vicié s'échappe alors par le poêle et entretient la cuinbuslion. La pression de l'air chaud qui entre, chasse une autre portion d'air vicié qui sort par les interstices des fenêtres et des portes; il se forme ainsi un courant d'air chaud qui sort de la chambre, tandis que dans le chauffage ordinaire l'air froid y pénètre.

En posant des tuyaux entre le manteau et les autres pièces on j)eul réchauffer l'air par le même poêle. Chacun de ces tuyaux est muni d'une clef de fermeture, de sorte qu'on |)eut établir en petit un chauffage central.

Les avantages de ce mode de chauffage et d'aérage sont évidents : installation simple et peu coûteuse; chaque pièce chauffée et aérée indépendam nient des autres; dérangement impossible; mil besoin de connaissances spéciales.

Le manteau préserve La chambre d'une chaleur excessive produite par le rayonnement.

Les poêles à manteau se chauffent soit directement dans la chambre, soit au dehors, et constituent les poêles à chauffage continu que Ton alimente par en haut.

Le plus simple de cette espèce est \q Meidinger Ofen, qui se compose d'un cylindre fermé par un couvercle par lequel on opère le chargement; le tuyau qui sert à l'échappement de la fumée est placé en haut et de côté ; la grille se trouve en bas, le combustible employé est du coke.

Ce poêle fut construit par le professeur Meidinger pour l'expédition de Koldewey au pôle Nord et rendit d'excellents services. Il a été fabriqué par l'usine de Kaiserslautern.

Cette même usine a construit depuis un grand nombre de types différents.

Fig-. 159. — Coupe du Zimmersch a cil lofe 11.

Fi"-. 160. — Ventilateur Luftsanorer.

La figure 159 représente la coupe (ï\xnZimmerschachtofen qui s'allume du côté du corridor et qui est fréquemment employé dans les hôpitaux, les écoles, les prisons, les salles de réunion, etc., etc.

Un appareil qui fait pendant aux air-pumps ventilators anglais et aux aspirateurs français est celui que les Allemands appellent Luftsauger (pompeur d'air).

Le plus répandu et le meilleur, construit par le professeur Wolpert, est reproduit figure 160. La construction en est remarquablement simple et pourtant d'un effet puissant, on l'ajoute soit à des tuyaux de fumée, soit à des tuyaux de ventilation.

Un autre appareil de ventilation dont on se sert dans les appartements est celui représenté par la figure 161. Il a été construit par Sarazin et fabriqué à Kaiserslautern. Il peut s'adapter à n'importe quelle sorte de tuyaux d'aspiration. Si ce dernier n'est pas en communication avec quelque autre foyer de chaleur, il peut être chauffé au moyen d'une simple lampe ; il convient parfaitement à la ventilation des cabinets d'aisances.

La figure 162 montre du reste comment il a été appliqué aux cabinets

d'aisances communs qui existent en Allemagne et qui ont un tuyau de chute aboutissant à une fosse fixe ou mobile.

En Allemagne, comme en France, il existe des ventilateurs mécaniques, mis en mouvement par l'eau de distribution. Le meilleur est celui qu'on appelle Aérophore construit par Treuller et Schwarlz à Berlin. Il se compose d'un

Fig. 161. — Appiireil de ventilation Sarazin.

Fii:

. 162. — Application d'un ventilateur Sarazin à un cabinet d'aisances.

tuyau dans lequel s'emboîte un soufllet mis en jeu par un jet d'eau fourni par l'eau distribuée. Suivant la position que l'on donne au soufflet, l'appareil peut servir à chasser l'air ou à l'aspirer.

Comme il ne fonctionne que [»ar des parties mobiles, le frottement le détériore.

Néanmoins, en raison de l'actif courant d'air qu'il peut produire, il est fort utile pour la ventilation des fabriques où se dégagent beaucoup de poussières. On peut dans ce cas le mettre en mouvement au moyen d'un engrenage par la puissance motrice qui dessert la fal)ri(jue.

D[Si'OsnioNS SA.\[TAiui;s i{I':l.vtivi:s a l'e.vl'. — Le terrain sur lecpiel est situé Berlin se couq)ose de sables poreux et le sol ne's'élève que de o uu'tres audessus du niveau de la rivière, aussi la ville est-elle i)nrl(iiit alxjndamment pourvue d'eau souterraine.

Jus(|u'en 18o2, époque où la première distribution d'eau fut établie, il y avait des puits presijuedans chaque cour; aussi les propriétair<'s ne se décidèrent que dillicilement à laisser conduire les eaux de la ville dans leurs maisons.

Merlin possède deux systèmes ou établissements d'eau : le plu> jim^ien, celui de Stralau {Slralauar Wassenvcrke), primitivement construit par une compagnie anglaise, tire s<ui eau de la Sprée en amont de la ville; le nouveau, celui du Tcgel (Tcfjeler Waaserwerke), au Nord-Ouest (!<• la ville, est alimnitè pur \v lac de ce nom rpii n'rsl à prnprcmriit parler qu'une siiniosili'; du Meuve Ilavci.

Dans chacun de ces établissements, l'eau pa^si- ilans un liltre a sable et en

sort limpide, pure et agréable au goût. L'usine de Stralau possède huit filtres découverts et trois couverts, celle du Tegel en possède dix-sept qui sont tous couverts.

L'eau des conduites de Stralau arrive directement dans les habitations, poussée par les machines ; celle qui vient du Tegel est envoye'e par des pompes dans les châteaux d'eau d'où elle est distribuée dans les maisons par lefTet même de sa propre pression.

Vu l'abondance d'eau contenue dans le sol et afin d'éviter le filtrage, l'eau destinée à l'aqueduc de Tegel fut d'abord recueillie dans des puits creusés à une grande profondeur.

Cette eau, qui, amenée à la surface du sol, était parfaitement claire et reconnue pure à l'analyse, avait toutefois la propriété de se troubler quand elle était dans les réservoirs. Cette altération donnait naissance à une espèce de champignon (spongiaire), le Crenothrix 2Jolyspo?Yi, qui se développait en grandes quantités et qui corrompait Teau.

On reconnut que l'eau ainsi troublée contenait du phosphate et de l'hydrate de fer mêlés à des parcelles de crenothrix décomposé. Ces éléments minéraux se formaient par suite de l'oxydation au contact de l'air des sels ferreux contenus dans l'eau souterraine. Les combinaisons ferriques sont une condition vitale du crenothrix.

Le filtre est écrémé en été tous les onze jours et toutes les quatre à six semaines en hiver ; alors le nettoyage ne peut s'opérer que dans les filtres recouverts. On n'enlève chaque fois que 1 à 1 i/i centimètre de la couche supérieure de sable ; lorsque cette opération a été renouvelée une cinquantaine de fois et qu'il manque à peu près 60 centimètres de sable, on le reniplace par une autre couche purifiée d'une égale épaisseur. Le gravier et la pierre du fond du filtre n'ont pas besoin d'être enlevés ni lavés, parce que le sable est fin et égal et que la filtration est lente et constante.

Ce dernier point est très important parce qu'un filtrage accéléré et inégal entraîne les matières solides retenues par les grains de sable.

A Tegel, chaque filtre est muni d'un mécanisme qui régularise la vitesse du filtrage pour la rendre absolument invariable et le nettoyage du sable se fait mécaniquement.

Les deux établissements débitent 146,400 mètres cubes d'eau par jour, ce qui fait un peu plus de iOO litres par habitant.

L'eau était fournie autrefois moyennant une rétribution s'élevant à 4 p. 100 du loyer, mais aujourd'hui la distribution est évaluée par un compteur.

Les analyses de l'eau, qui ont lieu régulièrement, se font au Laboratoire de l'Institut hygiénique.

Denrées alimentaires. — Contrôle relatif au commerce des denrées. — Il n'existe pas à Berlin de laboratoire spécialement affecté au contrôle des denrées alimentaires. Les analyses, reconnues nécessaires par la police, s'opèrent dans le laboratoire privé d'un chimiste, le D'" BischofT.

C'est une section spéciale de la police, dïle 3farkt-PoUzei, qui est chargée de ce contrôle sous la direction d'un Polizei-Hauptmann (officier de la police).

Les inspecteurs parcourent chaque semaine, pendant deux jours, un quartier de la ville et rapportent des échantillons pour Fanalyse des denrées déterminées chaque fois à l'avance. En prélevant l'échantillon, on remet au vendeur un bulletin sur la présentation duquel il est payé lorsque sa marchandise est reconnue irréprochable.

Pour le prélèvement de l'échantillon, l'inspecteur apporte des vases, boites, pots, verres ou enveloppes appropriés que l'on cachette sur place en les étiquetant. Tous les échantillons sont enregistrés dans un journal dont une copie accompagne les marchandises au laboratoire.

Toute denrée falsifiée ou altérée est confisquée et l'affaire portée devant les tribunaux.

Inspection des viandes. — En vertu tl'un arrêt rendu en 1887 par le Conseil municipal, toutes les viandes mises en vente à Berlin sont soumises à une inspection préalable faite par un service nommé slœdtisches Fleischschauamt. Il se compose d'un vétérinaire de première classe, de plusieurs vétérinaires d'un rang inférieur, de marqueurs, de micrographes et d'échantillonneurs,

A ce service ressort aussi l'inspection du marché aux bœufs et de l'abattoir appelé Central- Vïeh-undSchlachthof.

Le contrôle est organisé exactement comme à Paris; des bureaux d'inspection sont établis, outre celui de l'abattoir même, dans toutes les halles de V(inte et dans toutes les gares désignées pour l'entrée des viandes dans la ville.

Il y a cependant une différence entre le système français et le système allemand. A Berlin, en effet, toute la viande de porc doit être examinée au point de vue des trichines conformément aux prescriptions déjà énumérées.

A chaque bureau d'inspection est attaché un vétérinaire ; tout vendeur d'une marchandise condamnée a le droit d'en appeler à la décision du vétérinaire en chef.

Toutes les viandes apportées dans la ville doivent être accompagnées d'une déclaration de la police locale, du vétérinaire ou de l'inspecteur, certifiant i|u'elles pi'oviennent d'animaux reconnus sains au moment de l'abatage, ou bien être marquées et plomb(''es pour témoigner que l'animal a été lue dans un abattoir public dûment contnMé.

Bien que la ville ait organisé ainsi un contrôle des plus efficaces, la police a cependant sa part, confiée à un personnel spécial sous la direction du médecinvétérinaire de chaque département.

Toute marchandise avariée est saisie par la police.

Les halles. — Depuis l'année 1887, la vente des denrées alimentaires, qui avait lieu sur des marchés découverts, a été transférée dans quatre halles construites comme c('lles de Paris et de Londi'cs. On pense à en élever encore trois autres dans un avenir prochain.

La principale, la Central-Marklhallo , est située près tic la place Alexandre,

noQ loin de l'Hôtel de Ville et tout près de la gare des chemins de fer intérieurs, par l'entremise desquels l'approvisionnement a lieu pour la plus grande l)artie de l'arrivage.

Celte halle, à deux étages, est coupée par un passage qui la partage en deux corps de bâtiment. Les allées ont 2 mètres de largeur ; les stalles de vente, de H. mètres de profondeur, sont disposées de la même manière qu'à Paris. Leur surface varie entre 8 et 5 mètres carrés suivant la distance qui sépare les piliers ; cependant, il y a quelques emplacements qui en ont 10 et 15.

Les stalles pour la viande sont séparées entre elles par un treillage en fil de fer tendu entre les piliers de fonte, disposition qui permet à l'air de circuler librement. Les matériaux en fer sont tous zingués.

Le dessus des tables est en marbre blanc. Les petites log'^es sont fermées sur le devant jusqu'à mi-hauteur, les plus grandes sont ouvertes.

Il y a plusieurs rangées de bassins en marbre, avec de l'eau courante, affectés au poisson vivant et fermés vers le haut par un treillis en fer. Leurs dimensions varient entre i et i2, 30 mètres de longueur, sur une largeur de 0,90 centimètres et une profondeur de oO centimètres.

Les galeries supérieures sont principalement réservées à la vente des marchandises sèches, des poteries, des vaisselles, porcelaines, etc.

Sous le plancher court une rangée de caves.

L'éclairage se fait par la lumière électrique. La ventilation s'opère par les portes d'entrée, par des surtoits et par un système d'aérage par aspiration. Un système convenable d'écoulement et un arrosage abondant rendent le nettoyage facile.

Les frais de construction, sans compter la valeur du terrain, se sont élevés à 2.700.000 francs.

Commerce du lait (Polizei-Verordnung du 6 juillet i887). — Il ne peut être vendu que :

Le lait non écrémé (Vollmileh) contenant au moins 2,7 p. 100 de matière grasse et ayant un poids spécifique de 1,028 équivalent à 14" du lactomètre réglementaire de la police, à la température de + 15" C. ;

Le lait écrémé (Halbmilch) ayant 1,5 p. 100 de matières grasses, et à la température de 15" C, une densité de 1,030 écjuivalent à 15" du lactomètre officiel ;

Le lait maigre écrémé par force centrifuge (Magermilch) ne contenant plus que 0,15 p. 100 de matières grasses, et à la température de 15° C, un poids spécifique de 1,032 ou 16" du lactomètre de la police.

Le lait caillé n'est assujetti à aucun contrôle.

La vente d'un lait amer, visqueux ou acidulé, d'une teinte bleue, rougeàtre ou jaunâtre, ainsi que du lait sanguinolent, est prohibée.

Il en est de même du lait provenant d'animaux malades ou altéré par l'addition de substances étrangères quelconques.

Les personnes qui veulent vendre du lait doivent en demander l'autorisation à la police.

L'usage de vaisseaux en cuivre, laiton, zinc ou faïence mal vernissée, ainsi que ceux en fer, dont l'émail contient du plomb, e^t interdit. Tous les ustensiles doivent être tenus très proprement.

Les vases employés pour chaque sorte de lait doivent porter une étiquette lisible, qui ne puisse être enlevée, indiquant leur contenu.

Les voitures à lait qui restent fermées et sont munies de robinets doivent porter sur chacun de ces derniers l'indication du prix.

Le local pour la vente doit être proprement entretenu et soigneusement aéré; il ne doit pas être employé pour dormir ou soigner des malsdes, ni communiquer directement à une chambre où il s'en trouve.

Les personnes atteintes d'une maladie contagieuse ou celles simplement en contact avec les premières ne doivent en aucune façon être occupées à la manipulation du lait.

Ceux qui entretiennent des vaches sont tenus de les laisser examiner en tout temps par le médecin vétérinaire du district.

Pour régler, dans la pratique, la manière d'exercer le contrôle du lait, Tadministration a publié le 19 décembre 1887 une in^lrucVion {Ausfiiàrungs- Aniceisung) attribuant ce service à des contrôleurs attachés au service de la police, qui sont chargés d'examiner le lait avec de- instruments indiquant le poids spécifique.

Ces instruments sont un cylindre de verre et un laclomètre gradué. Avant de tenter l'épreuve, il faut que le lait ait été bien remué; le lactomèlre doit être laissé deux minutes au moins avant de regarder les degrés de léchelle ; il est muni d'un thermomètre gradué de telle sorte que 0" correspond au degré réglementaire de + 15" C. ; chaque degré au-dessus de 0 est ajouté au nombre marfjué par le densimètre et on en soustrait chaque degré au-dessous afin de réduire le poids à + 15" C.

Dans l'examen du lait, on tient compte en outre de lodeur et du goût. Lor.-^que le lait ne remplit pas les conditions voulues ou paraît suspect, on prélève un demi-litre d'échantillon que l'on met en bouteille cachetée et étiquetée alin de le soumettre à l'analyse chimique.

Le lait qui ne supporte pas l'épreuve réglementaire est jeté dehors, et les frais de l'inspection sont à la charge du vendeur cjui, de jdus, loml)Csous le coup de la loi.

(^uisi.NKS KcoNOMiQUES. — Lcs cfTorts qui ont été tentés, en vue de fournir aux

• lasses indigentes^une nourriture saine et substantielle, doivent être comptés parmi les mesures les plus importantes de l'hygiène sociale.

l'iii' d'elles est la création de cuisines publi(iues dites VolUskachen où les

• Mivrirrs peuvent se procurer des aliments chauds au plus lias prix possible. L'.MIemagne paraît se distinguer entre tous les autres pays par le caractère |iratiquc des elTurls dirigés dans ce sens.

l'ouilée dans l'origint' par la l)ienfaisance privée, celte (cuvre est subvenlionnée maintenant par les communes.

La ville de Berlin possède envii-on vingt établissements de cette nature. Les aliments sont préparés à la vajteur, ce qui les rend plus succulents, iniJÙ;M-; im iiLiycE. '27

Fig-. 163. — Fourneau Menageherd de Senking.

Fig. 164. — Coupe du Menageherd de Senking.

permet d'utiliser parfaitement les parties nutritives et offre l'avantage d'exiger moins de soin dans la préparation.

Le fourneau le plus simple et le plus pratique de cette espèce est le Senkings Menageherd, inventé par l'ingénieur Senking de Hildesheim et dont les figures 163 et loi font voir la construction.

Les chaudières ont des parois doubles entre lesquelles est un espace rempli d'eau (/";; les aliments sont ainsi cuits au bain-marie et ne peuvent pas être brûlés. Les vapeurs qui s'en échappent sont conduites par des tuyaux [g) dans un condensateur [c) où elles se condensent et s'amassent au fond, sous forme d'eau {h) qui s'écoule à l'égout par un tuyau de décharge {d).

Il existe des appareils semblables qui sont facilement transportables, à l'usage des troupes enma.*che, des associations ouvrières, etc.

DlSI'OSITIO.NS SAMTAIRES RELATIVES AU SOL. — IS'ETTOIE.MliNT DE LA VOIRIE.

La plupart des rues de Berlin sont pavées en pierres; quelques-unes, les plus aristocratiques et les plus fréquentées, sont en asplialte. Dans ces dernières années, comme à Paris et a Londres, on a introduit le pavage en bois qui a donné de bons résultats.

Le nettoiement des rues est à la charge de la ville et organisé d'après le système anglais. Il y a, comme à Londres, dans les principales rues, des réservoirs placés près des trottoirs, en forme de colonnes, pou:- recevoir le crottin de cheval que l'on enlève au fur et à mesure à l'aide d'un balai.

Les brosses mécaniques (V. p. 336) jouissent à Berlin d'une grande faveur. i)n a calculé qu'une brosse fait autant d'ouvrage que 14 hommos et que les frais ne se montent qu'à 1/H de ceux du travail manuel.

Le soin d'enlever les immondices des rues est abandonné à des entrepreneurs qui choisissent eux-mêmes les lieux de déchargement. La plus grande partie des débris est chargée directement sur des loues qui les transportent dans les campagnes pour être employées comme engrais.

Par contre, c'est aux propriétaires qu'incombe le soin de faire enlever de leurs cours les détritus solides. On les recueille dans des réservoirs hermétiquement fermés que l'on vide selon les besoins.

Pendant la sécheresse, on arrose les rues au moins deux fois par jour.

Systèmes de latrini^s. — Selon le nouveau règlement sur les bàlisses élabli eu IH87, les seuls systèmes de latrines adinisàBerlin sont les waler-closets et les fisses mobiles. Le premier organisé à l'anglaise; le second, pareil h. celui en usage en France, se compose d'une tinette placée dans un caveau isolé, dans lequel débouche un tuyau de chute qui traverse tous les étages de la maison et di>nt l'iirilli;!; supérieur s'élève au-dessus du li»it dans l'inlérét dr la venlilatittn.

Lv CANALiSATio.N. — A Berlin comme ailleurs, l'expérience a prouvé que 1rs conduits d'égouts établis sans plan général et sans ensemble, dans le bul unique de déverser les immondices dans le cours d'eau le plus rapproché, ont besoin au bout de peu de temps d'être refaits. Celle nécessité a j)oiir cause

les dépôts d'ordures produits par une pente trop faible et un lavage insuffisant, la formation de gaz méphitiques qui s'en dégagent , l'étroitesse des tuyaux dont le diamètre est insuffisant, vu la population toujours croissante, enfin l'inondation des eaux d'égout dans les locaux bas et les caves en temps de pluie.

La première canalisation de la ville de Berlin date de l'année '18o2. Le nouveau système fut inauguré vingt ans après en '187;2.

Avant d'entreprendre ces importants travaux, on envoya trois hommes compétents à Londres et à Paris pour étudier la question. Le système actuel proposé par l'un d'eux, l'architecte conseiller [Baurath) Hobrecht, est modelé sur le système anglais (V. p. '14!2).

Conjointement avec le système des égouts, on organisa une irrigation dans de si vastes proportions qu'elle suffit à purifier toutes les eaux cloacales.

Le terrain étant uniformément plat, la ville fut divisée en 12 districts pourvu chacun d'un système d'égouts [Radialsystem). Les eaux sales de chaque district sont recueillies dans une usine d'où à l'aide de pompes, elles sont poussées dans des tuyaux de fonte posés à une profondeur d'un mètre, jusqu'aux champs d'irrigation ; à l'arrivée, à la station des pompes, l'eau est recueillie dans un bassin de 1:2 mètres de diamètre, partagé au milieu par un grillage en fil de fer qui arrête les matières solides.

Les principaux égouts sont en maçonnerie de forme ovoïdale de 0"',90 à i mètres de hauteur. Les égouts secondaires sont faits en poterie vernissée avec un diamètre de 21 à 48 centimètres.

Les regards, recouverts d'une grille, sont à une distance de 60 à 80 mètres, là où la pente et la direction des tuyaux changent; ils sont généralement pratiqués de telle sorte que les différentes portions du réseau soient accessibles au nettoyage et au lavage.

Les eaux pluviales sont recueillies dans les rues par des puisards placés au bord du trottoir à 60 mètres environ les uns des autres et séparés des égouts par des siphons. Ils sont généralement couverts d'une grille qui arrête les gros objets.

En cas de pluies d'orages, des conduits auxiliaires emportent directement une partie des eaux dans les canaux ou dans la Sprée.

La ventilation s'opère par les regards et les conduits qui communiquent directement aux égouts. Le mode de curage et de lavage offre certaines particularités originales.

Les grands égouts sont parcourus par trois ouvriers chaussés de hautes bottes imperméables : le premier, qui porte une lanterne, soulève avec ses pieds les matières épaisses déposées au fond ; le suivant tient une pelle de bois avec laquelle il pousse la matière amassée devant lui; le troisième enfin muni d'un balai nettoie le fond déblayé par les autres.

Le lavage s'opère à partir du regard qui se trouve à l'entrée d'un conduit. On bouche l'orifice au mo3'en d'un tampon fixé à une chaînette; on renq)lit le puisard avec de l'eau tirée de laqueduc; puis on retire le tampon. En cas de besoin, le lavage est réitéré, et pendant l'opération, des ouvriers remuent le

fond des regards placés plus bas afin que les de'pots qui s'y trouvent soient emportés.

Les tuyaux secondaires sont nettoyés avec des brosses cylindriques {Wischer) de grandeur difîé rente, munies d'une corde à chaque bout. A l'un des bouts est attaché un flotteur que l'on introduit dans le tuyau et qui est entraîné par le courant, renf(jrcé au besoin par l'eau de distribution ; les hommes de service tirent la brosse à travers le tuyau. On emploie d'abord une petite brosse, puis après une plus grande.

Ces travaux s'exécutent à des intervalles réguliers ; chaque tuyau est lavé tous les douze jours, et chaque grand égout tous les vingt jours; par contre le curage à la brosse n'a lieu que de deux à six ans d'intervalle.

Le sable est retiré dans des seaux et emporté, besogne qui est payée à la mesure ; pour 110 seaux, les ouvriers qui travaillent dans l'égout reçoivent 3 fr. 7o et ceux qui travaillent au dehors 2 fr. oO.

Les champs dirrigatidn. — Les champs d'irrigation placés aux environs de

Fi;;, tô."). — Plan des champs d'irrif^alion de Berlin.

\. champs iiiigiiés li'Osdorf, Frieilorikeiidorf et Hcincrsdorf, 1 ,i4i hectares; i. Grossiiccreii, 077 h.: 3. K.ilkenhci'i;. Biirrkiicrsrelde. Hoheii-Schi'inhaiisen. Wartenbcrp. Blaiikciiliurg , Malchow, Hellersdorf. i,0(trih.;4. Rosenlhal, Blankeiifeiae. Mollei sfelde, OSii.h.: 5. Lac do Teg, 1 ; 6. Uitière Plier,.; 7. Canal non achevé (IS^^S pour le* eaux cliiacales.

Berlin se composent de quatre vastes terrains labourables disposés comme le montre la figure 16.j.

Outre ces champs plus étendus, il y a encore quelques parcelles de terrains

plus petites et quelques particuliers se sont arrangés avec la Ville pour l'irrigation de leurs champs.

La végétation des terres irriguées étant prodigieusement riche, c'était le seul moyen pour eux de soutenir la concurrence.

Les champs d'irrigation, appartenant à la Ville, couvrent un espace de 5,8:28 hectares. On y cultive principalement l'herbe, la bette et le blé. A Malchow il y a un établissement d'horticulture pour l'élevage de toutes les espèces de fruits et de fleurs.

On compte 1 hectare pour 2o0 habitants.

On avait construit pour Thiver de vastes bassins peu profonds {Staubassms) mais larges de plusieurs hectares où se déversait l'eau des égouts; au printemps, ils étaient défrichés et ensemencés. Depuis que l'expérience a démontré que le froid n'empêche pas une irrigation régulière'on a abandonné ce système.

L'eau des égouts forme avec la neige une croûte de glace, sous laquelle l'irrigation peut suivre son cours sans interruption.

L'état sanitaire de la contrée et de ses environs est l'objet d'une statistique exacte prouvant qu'il est satisfaisant et qu'aucun cas de maladie ne peut être attribué à l'irrigation.

Dans ces derniers temps on a employé aux irrigations des vagabonds, des malheureux et des internes des maisons de correction de la ville {Riimmels- ■burg), et l'on a remarqué qu'ils se portent beaucoup mieux à travailler dans les fermes que dans l'établissement.

Une superbe végétation charme les regards de celui qui parcourt ces ■champs ; aucune odeur désagréable ne se fait sentir, si ce n'est lorsque l'eau arrive, mais ces émanations ne sont pas plus fortes alors que celles des ■champs fumés à l'aide des engrais ordinaires.

Etablis et écuries. — Le règlement de Berlin sur les bâtisses renferme ■déjà des dispositions à cet égard.

Marcués aux bestiaux et abattoirs {Central Vieh-und Schlachthof). — En vertu d'une loi générale du 18 mars 1868 et d'une ordonnance supplémentaii-e ■du D mars 1881, les communes sont autorisées à établir l'inspection obligatoire des animaux de boucherie et de la viande avant qu'elle ne puisse être mise en vente.

Le marché aux bestiaux et l'abattoir de Berlin sont situés sur le même ■emplacement et occupent une surface de 11,76 hectares.

Sur la place du marché sont élevées plusieurs rangées d'écuries pour les •diirérentes sortes de bétail. Les bêtes arrivant de pays suspects sont placées ■dans le coin le plus reculé du terrain, dans une écurie séparée, avec un abattoir à côté.

Le sol est pavé en pierres, les galeries principales des stalles sont couvertes de fer sur une couche de béton et les autres sont en ciment.

L'un des côtés de remplacement est occupé par les abattoirs disposés en

cellules, avec une étable à cùlé pour le bétail destiné à être abattu. A l'autre extrémité se trouve l'abattoir de la police {Polizei-Schlachthaus) ou l'on amène les bétes et les viandes saisies.

Les abattoirs des bêtes à corne et des moutons se composent d'une partie médiane avec de chaque côté un abattoir mesurant 9 mètres de profondeur, o mètres de largeur et 5 mètres de hauteur; chaque cellule a son caveau.

Les toits des abattoirs et des caveaux sont voûtés, les parois de ces derniers sont enduites de chaux et dans les autres elles sont revêtues de ciment jusqu'à la hauteur de ^"Sfîo.

Le sol est recouvert dune mosaïque de Metlach en ciment. La ventilation se fait par les fenêtres qui vont jusqu'au toit et par le milieu pourvu d'un surtoit. Les caveaux sont aérés par des tuyaux spéciaux posés dans les murs. Le toit fait une saillie de 3 mètres pour intercepter les rayons du soleil.

La tuerie aux porcs est disposée de la même manière, avec une salle au milieu et des cellules de chaque côté, l'abatage et l'échaudoge se font dans la stalle du milieu qui est la plus spacieuse. Les cellules de côté, plus petites, sont destinées au dépe<^age et au triage de la viande. Les porcs sont poussés dans des couloirs étroits au bout desquels on les frappe du coup mortel.

Sur l'emplacement du marché il y a encore une triperie, une fonderie de suif, une fabrique d'albumine et une salle réservée au lavage des intestins.

Les ordures solides sont emportées dans des wagons sur rails qui aboutissent aux abattoirs ; les matières hquides sont chassées dans les égouts et s'écoulent dans les champs d'irrigation.

Tous les wagons qui ont amené du bétail sont nettoyés et désinfectés sur place. Il en arrive à peu près 80 par jour par des voies ditférentes. On les débarrasse de la litière et des ordures, puis on les lave à grande eau au dehors et au dedans, pour les frotter ensuite avec un pinceau trempé dans une solution de oOO grammes de carbonate de soude pour 100 litres d'eau à la température de 70" G.

On mélc du blanc de chaux à la litière et aux ordures dans la proportion de 450 kilogrammes pour chaque wagon.

-MlSUIŒS préventives CO.NTRE LIvS ÉPIDÉMIES. — VACCINATION. — Depuis 180^2,

il existe à Berlin un établissement, KonigUche linjifanslalt. qui a perdu une partie de son importance depuis la loi sur la vaccination oljligatoire (187i), mais qui continue cependant à être employé comme dépôt de vaccin.

11 est principalement organisé pour fournir du vaccin humain mélangé de glycérine ([u'on expédie dans des tubes de verre. Le directeur s'est arrangé cependant pour se procurer aussi du vaccin animal en se mettant en rapport avec l'école vétérinaire.

On choisit des veaux <(ui ont au moins de six à huit semaines, préférablcmunt (les femelles, que l'on nourrit uniquenii'nt de lait non écrémé. Le vaccin est pris le cinfiuièmc jour, on enlève la croûte, on gratte la pulpe qu'on broie avec de la glycérine puis on recueille le vaccin dans des tuLes capillaires que l'on ferme avec de la cire à cacheter.

La ville a résolu d'installer à ses frais un établissement, Stœâtische Imjjfanstalt, pour la culture du vaccin animal, et son intention est de le placer dans le Central-Viehof.

Berlin est divisé en districts de vaccination qui correspondent aux districts de police.

L'établissement Kôniglichelmpfanstalt comprend à lui seul un de ces districts.

Hù[>iïAUX d'isolement. — Les mesures préventives prises à Berlin contre la propagation des maladies contagieuses sont organisées d'une manière conforme aux règlements en vigueur dans tout l'Empire.

La ville a élevé un grand hôpital d'isolement composé de vingt-quatre pavillons détachés, à un étage, d'une baraque spéciale et un espace réservé pour la construction de six autres pavillons nouveaux.

Cet hôpital, das stsedtisdie Krankenhaus iVoabit, est situé sur une place presque libre de tous côtés dans le quartier de Moabit, à proximité du parc public, le petit Thiergarten.

Le terrain a la forme d'un rectangle allongé; les plus longs côtés tournés vers l'Est et l'Ouest, sont garnis de pavillons placés à angle droit. La distance entre chaque est de 17 mètres, et celle qui sépare les deux côtés est de 64 mètres. L'espace intermédiaire est rempli de pelouses, de groupes d'arbres et de buissons.

Les bâtiments construits couvrent une surface de 10,000 mètres carrés, dont 6,432 occupés par les hôpitaux et le reste par les communs, les dépôts mortuaires, etc.

Chaque pavillon contient une salle de 28'", 23 de longueur, de 6'", 90 de largeur et de 3™, 14 de hauteur. Les lits sont au nombre de trente, ce qui est trop dans un hôpital d'infectieux, car cela ne fait que 27 mètres cubes pour chaque malade.

La salle est éclairée par des fenêtres percées dans les murs longitudinaux, il y en a une entre chaque couple de lits.

Les matériaux employés pour la construction sont des carrés de bois intercalés de briques. Les murs intérieurs sont revêtus de planches peintes à l'huile en couleur claire. Le sol est formé d'une couche de béton de 8 centimètres d'épaisseur, appliquée directement sur la terre sablonneuse et recouverte de mortiers cimentés de 6 centimètres d'épaisseur.

Il n'y a pas de plafond, le toit se compose d'une double couche de planches peintes à l'huile en dedans et recouvertes au dehors de carton inq^régné d'as phalte.

Un surtoit longe le milieu du toit avec des ouvertures latérales pouvant de l'intérieur s'ouvrir ou se fermer.

A l'extrémité antérieure, un avant-corps, traversé par le corridor d'entrée, renferme adroite les chambres des gens de service et la tisanerie ; à gauche, la chambre de bains, les cabinets d'aisances et la lingerie. Le sol de toutes ces pièces est plancheié.

Le chaulfage s'opère au moyen de tuyaux de vapeur partant d'une chaudière qui sert aussi pour la cuisine et la buanderie. Un gros tuyau de vapeur court

dans un canal souterrain en mai^onnerie le long de la façade intérieure des pavillons et envoie à chacun d'eux un branchement, qui se ramifie en plusieurs conduits pour le chaufl'age des pièces et de l'eau nécessaire pour les bains. Dans la salle des malades, à 0"\30 au-dessus du sol, courent trois tuyaux de vapeur, deux au Nord et un au Midi, nninis d'un robinet pour régler la température. L'eau produite par la condensation retourne à la chaudière par un conduit spécial.

La ventilation est organisée très simplement. L'air pur s'introduit par quatorze ouvertures de 18 centimètres pratiquées dans les murs de chaque salle, à la même hauteur que les tuyaux de vapeur qui échauffent l'air à son entrée. L'air vicié s'échappe par les ouvei-tures latérales du haut.

L'éclairage se fait au .gaz, les lampes sont suspendues directement audessous du surtoit et concourent ainsi à la ventilation.

Le pavillon spécial d'isolement annexé à l'hôpital, également construit en bois de cloisonnage, mesure 15'", 67 de longueur sur 8 mètres de largeur et 3"',64 de hauteur. Il contient trois pièces séparées les unes des autres à trois lits chacune. Sur le devant une vérandah couverte de ii^joO, avec de larges portes aux deux bouts, établit un courant d'air frais.

La façade extérieure de cette vérandah est percée de onze croisées montant jusqu'au toit, qu'on enlève pendant l'été.

Il y a un cabinet d'aisance pour chaque chambre, placé dans un avantcorps attenant au mur laissé lil)re, parfaitement aéré et séparé de la salle par une antichambre.

Chacune de-; salles de malades a nu toit de forme pyramidale, au sommet duquel s'abouche un tuyau d'event surmonté d'un aspirateur Wolpert. Le sol est maçonné en briques et recouvert de mosaïque de Metlach.

Le chauffage s'opère parla vapeur, introduite dans des calorifères posés au milieu du plancher et construits de façon à pouvoir être entièrement ou partiellement échaufles. Ces derniers sont entourés d'un manteau de fer.

L'air pur est amené à l'appareil par un canal maçonné sous le plancher et s'échaufl'e en passant entre le calorifèi'C et le manteau.

L'air impur s'échappe soit par le tuyau d'évent du toit, soit par d'autres tuyaux aboutissant à une tourelle placée sur le plafond de la vérandah et dans laquelle >out disposés les réservoirs d'eau pour les bains.

Celle galeiùe peut être chaulfr-e aussi pai- des caloi-iféres à vapeur.

\ l'un drslioiilri (le la vérandah se trouve une |>elit»' c-hambre nmive où l'on jette par une trappe tout le lingt,' à blanchir; elle se vide par une porte ouvrant au gi-and air.

L'établissement possède un local de désinfection dans lequel passe aussi le linge.

Lorsqu'il ne règne aucune épidémie, une partie de l'hôpital est abandonné à d'autres malades.

Ces derniers cependant sont soignés de préférence dans le stœdlische allgemeine KranUenliaus Friedrichshain qui est un superbe hôpital à pavillons, dont qiuitre ont un étage et six deux étages. 11 y a encore deux pavillons d'isolement à deux étages et un à un seul étage exclusivement n'-servé aux ujalades diphihériques.

A^2ù ALLEMAGNE

Dans le local d'isolement il y a pour chaque personne adulte un espace de oT à 60 mètres cubes par lit, et de 31 à 4:2 mètres cubes pour chaque enfant.

A partie pavillon diphthérique chauffé à la vapeur, le mode général est une combinaison du chauffage par l'air et par l'eau accompagné de la ventilation qui s'y rattache. Chaque salle a de plus des cheminées ouvertes pour l'été et l'automne.

Afin d'activer la ventilation, les tuyaux conducteurs de la fumée passent dans le tuyau d'échappement.

Le transport des contagieux est confié à des entrepreneurs chargés d'entretenir les voitures nécessaires à cet effet, car en vertu d'une ordonnance relative à la désinfection du 7 février 1887, l'entrée des voitures publiques est interdite à ces malades.

DÈsnsFECTiON [Polizei-Ve?'ordnung du 7 février 1887). — Yoici pour la désinfection le règlement en vigueur à Berlin.

Chaque chef de famille est tenu dans le cas de maladie ou de décès : de choléra, petite vérole, typhus pétéchial, fièvre récurrente et diphtérie, de désinfecter les effets dont le malade s'est servi et la chambre qu'il occupait, en se conformant aux règles établies.

On procède de même dans les cas de : typhus abdominal, scarlatine maligne ou dyssenlerie, si la police l'exige. Le public est engagé à faire de même dans les cas de rougeole, coqueluche et phtisie pulmonaire.

Une maladie peut se propager :

\" Par le malade lui-même et ses déjections ; 'i'^ par les cadavres ; 3° parles aliments et les objets qui ont servi au malade ; 4° par les personnes en contact avec les malades ; 5° par la chambre du malade.

Pour la désinfegliou on doit tenir compte de toutes ces considérations, et les mesures doivent comporter :

1" Des soins minutieux de propreté à l'égard du malade, de sa chambre et des objets qui s'y trouvent ;

t" Un fréquent renouvellement de l'air;

3" La destruction des germes infectieux.

Les soins de propreté consistent à laver chaque jour le malade, à le changer de linge souvent.journellement si c'est possible, à nettoyer la chambre avec des torchons humides que l'on fuit bouillir ensuite dans l'eau pendant une demi-heure.

On renouvelle l'air, soit par les fenêtres dont on masque l'ouverture en hiver par un rideau, soit par le chauffage.

On détruit les germes infectieux au moyen de la vapeur d'eau surchauffée dans des appareils construits pour cet usage ; en faisant bouillir les linges ou vêtements dans l'eau pendant une demi-heure ; en les lavant avec une solution composée d'une partie d'acide phénique pur mélangé avec 18 parties d'eau (solution forte) ou avec 45 parties d'eau (solution faible j. On jette au feu les objets sans valeur.

Si le malade n'est pas transporté à l'hôpital, on devra l'isoler autant que possible dans une chambre à part, sans communication avec d'autres pièces.

Les objets qui se trouvent dans la chambre ne doivent pas en être enlevés

avant d'avoir été désinfectés ; le linge qui a servi au malade, les torchons et autres hardes susceptibles d'être lavés, seront trempés sans être secoués dans la solution faible d'acide phénique pendant vingt-quatre heures au minimum, puis un les fera bouillir dans de l'eau pendant une demi-heure et enfin on les savonnera dans un mélange de 20 grammes de savon de potasse pour 10 litres d'eau.

Toutes les excrétions des malades du choléra, du typhus, de la diphtérie, de la scarlatine et de la dyssenterie se feront dans un vase rempU au quart d'une forte solution d'acide phénique, on les déversera ensuite dans les latrines.

Les excrétions contagieuses sont : dans le choléra, les vomissements, les matières fécales et l'urine ; dans la diphtérie et la scarlatine, les mucosités expectorées par la toux, la salive de la bouche, les mucosités nasales et l'urine ; dans toutes les maladies typhiques et dans la dyssenterie les évacuci lions.

Les malades atteints de ces afl'ections ne feront pas usage des lieux d'aisance. S'ils s'en étaient servis avant d'avoir eu connaissance de la maladie, on nettoierait le siège et la cuvette des cabinets avec une forte solution d'acide phénique et l'on verserait dans la cuvette 3à 4 litres de la même solution.

Les aliments et les boissons ne doivent pas êtie conservés dans la chambre, ni y être consommés par d'autres que le malade. Les appareils de pansement «eront brûlés sur-le-champ et les instruments lavés dans une forte solution •l'acide phénique.

On prévient les mauvaises odeurs en emportant de suite les matières fécales les bandages, etc., et en aérant soigneusement. Les fumigations de substances aromatiques ne produisent aucune désinfection.

A la fin de la maladie les vêtements non susceptibles de lavage, tels (juc draps de lit. articles de soie, tapis, fourrures, meubles rembourrés (sauf le boisj sont emportés avec précaution, sans secousse ni époussctage à l'établissement de désinfection, après avoir été enveloppés dans une toile imprégnée d'un<' solution d'acide phénicjue. Ce trans[)orl doit être effectué dans les voilures de l'établissement.

Les objets en cuir sont lavés avec la solution, et les objets sans valeur sont brûlés dans le foyer de la demeure; il est défendu de faire la cuisine en même lem[)s. Les objets de grande dimension sont brûlés à l'établissement de désinfection.

Les meubles vei'nis, les tableaux, les ol>jets de métal et le> «jbjels d'art sont frottés avec des chiffons secs; pour les ta[iisserieset les murs |>cints on emploie du pain.

!><' plancher doit êtred'abr»rd humecté avec une forte ?olulion d'acide phénii|uc.

Si les murailles ont été salies par les déjections elles devront être liumeclifs avec la soluti<in phéniquée, i)uis raclées.

Tous les planchers sans exception, les portes, fenêtres et boi^erics non vernies devront après im cas de choléra, de variole, de diphtérie, de typhus pétéchial et de lièvre récurrente, être lavés avec une forte s«»lulion d'acitle

phonique qu'on devra injecter aussi dans les fentes des parquets; toutes les parties ainsi nettoyées devront être lave'es ensuite à l'eau pure.

Le pain et les chifTons employés pour le nettoyage seront jetés au feu, les pièces de toile qui pourraient encore servir seront plongées dans la solution faible pendant vingt-quatre heures, puis l)ouillies et lavées au savon de potasse.

Après avoir été purifiée la chambre devra être aérée vingt-quatre heures.

Il est défendu de se servir des voitures publiques pour le transport des malades contagieux qui devront être transportés dans des véhicules spéciaux fournis par la police.

Les malades complètement rétablis, avant de rentrer dans la vie commune, devront prendre un bain chaud ou du moins se laver entièrement au savon, changer de linge et revêtir des habits qui n'auront pas servi pendant leur maladie ou qui auront été de'sinfectés.

Les cadavres devront être ensevelis dans des draps trempés dans une solution d'acide phénique, mis dans le cercueil sans avoir été lavés et emmenés le plus vite possible sur un corbillard au Dépôt mortuaire.

Les personnes qui ont été en contact avec les contagieux ainsi que les gardes-malades des deux sexes devront se nettoyer le visage, les cheveux et la barbe avec le plus grand soin.

Les désinfecteurs doivent porter un costume spécial, dans l'exercice de leur fonction, et leur ouvrage terminé se nettoyer et changer de costume.

Lorsi|ue la désinfection n'est pas obligatoire pour les cas de typhus abdominal, de scarlatine ou de dyssenterie, c'est au médecin à décider si elle doit avoir lieu; de même pour la rougeole, la coqueluche et la phthisie pulmonaire dans chaque cas particulier.

En Allemagne, la désinfection est confiée à des gepriïfle Heildiener , sorte de chirurgiens brevetés, et à des désinfecteurs agréés par l'administration qui sont tenus de procéder à l'opération sans retard et au premier appel, moyen- •nant une rétribution fixe de 3 fr. 7o pour une chambre, avec remboursement du prix des désinfectants employés.

La ville de Berlin possède deux établissements publics de désinfection, l'un annexé à l'asile de nuit {Asyl filr Obdachlose) ; l'autre situé dans la Reichenbergerstrasse.

Il y a dans chaque établissement, trois étuves construites d'après le système Schimmel; leur construction ne dilfère pas beaucoup du système français Geneste et Ilerscher représenté p. 366. Les établissements sont divisés en deux sections distinctes, l'une affectée aux objets infectés et l'autre destinée aux obiets purifiés, et possèdent chacun une salle de bains, une remise, etc.

Les arrangements sont les mêmes que ceux du projet formé par la ville de Paris, p. 364 à 368.

Le décret de 1887 ayant rendu la désinfection obligatoire, on a reculé devant les difficultés de l'imposer pour tous les cas de maladies infectieuses. C'est cette difficulté qui a fait diviser les maladies en plusieurs catégories avec des obligations différentes.

Le nouveau règlement pour la désinfection dont nous venons de parler ne fait aucune mention du sublimé corrosif que l'on regardait généralement comme un

remède efficace et qui était signalé dans le règlement de 1883. Vu sa propriété de former des combinaisons insolubles avec l'acide sulfhydrique, lammo. niaque et l'albumine, Koch avait déjà, en 1883, émis des doutes sur son efficacité pour la désinfection des matières fécales ; Schiller et Fischer ont démontré qu'il ne détruisait pas les bacilles de la tuberculose. Ces faits et le caractère extrêmement toxique de cette substance l'ont fait exclure du nouveau règlement.

A côté de l'étuve à désinfection Schimmel à chaudière séparée, on se sert encore de plusieurs appareils moins coùleux et de construction plus simple parmi lesquels les suivants sont généralement reconnus les meilleurs.

Le désinfecteur Ilenneberg [Ilennebergs. desinfector) , installé dans plusieurs hôpitaux de Berlin, se présente sous plusieurs formes. La figure \^'o représente un appareil fixe composé de deux parties : la chaudière («), un foyer (6), un récipient pour l'air chaud {c) un réservoir pour la désinfection {d) en bois, et fermé en haut par un couvercle en tôle.

Fi^. 166. — Désinfeclciir llcnncberi,' lixe.

o, ouverture pour l'air frais; — p. tube itidicaleur , — q, lliermoniclrc ; — r, tiitimnoir de icniplissauf; coiiiiiiit pour reau ; — t, lohitiet de dccliarçe pour la chaudière; — v, tuyau de ^>ortie pour l'eau condensée

Les gaz [)r(»diiiLs par la coiiibiistion passent (b; la grille [e\ dans le tuyau d'appel (/■) en chaullant l'air du récipient (c) garni de laites en dedans jiour augmenter la chaleur; ils entrent ensuitt» dans le tuyau de fumée fr/).

Un tuyau (A) conduit la vapeur de la chaudière dans la chambre de désinfection (d), ce tuyau a un n»l>inet {i) qui ferme le passage à la vapeur de la chambre de désinfection el la fait Sdrlir à l'air [)ar le tuyau i/r). La vapeiii"

rso

sort de la chambre à désinfection par l'ouverture {l) pratiquée au fond du réservoir et se rend dans le tuyau {k}.

Quand la désinfection est achevée on fait sécher les objets en introduisant de l'air chaud par le tuyau (m) au moyen du robinet («).

Les appareils de o mètres cubes coûtent 730 francs, ceux de un mètre 1/125 francs.

La figure 467 reproduit un désinfecteur Henneberg transportable.

Fig. 167. — Désinfecteur Henneberg transporlable.

a, chaudière d'eau; — b, chambre de désinfection ; — c, robinet pour arrêter la vapeur et la faire passer au dehors; — d, tuyau d'émission pour la \apcur ; — e, cheminée avec toile métallique; — f, tuyau de vapeur aboutissant à la cliambrc do désinfection; — g, tuyau d'extraction pour la vapeur de celle chambre; — h, entonnoir de remplissage avec niveau ; — i, tablettes ponr les ol)jets à désinfecter; — k, rails pour pausser les tablettes dans la chambre de désinfection; — . 1, roulettes sur lesquelles entrent les tablettes; — m, ouverture par où s'opère la ventilation.

Les figures 168 et 169 reproduisent les appareils plus simples de SchcelTer et Walcker à Berlin. La chambre de désinfection se trouve dans la chaudière même qui est entourée d'une couche non conductrice de la chaleur. Quand l'eau est cchauffée, la température de la chambre de désinfection s'élève, ce qui empêche la vapeur de se condenser.

La figure 170 représente un appareil désinfecteur transportable de SchtefTer et Walcker.

Fier. 168. — Désinfecteur fixe Schaefïcr et Makker.

Fis. IC'J. — Dé.sinrecteiir mobile Schiffrcr et Walcker.

Fi;,^ 170. — Déiinfecleur transpoitable Schœffer et Walcker,

Dépôts MOKTUAiHES. — Lieux de sépulture. — Dans quelques cimetières de Berlin, des paroisses ont érigé des depuis mortuaires que rautoritc met à la disposition du puldic, en rengageaul à y faire transporter les cadavres le plus promplemcnt possible.

Les corps des indigents sont d'abord rassendjjés dans le dépositoire de Laucien cimetière, dans l'enceinte de la ville, d'oîi on les transpoile de nuit dans des voitures spéciales au Dépôt mortuaire situé au grand cimetière hors de la ville {Berliner Ostf'riedhof)[)ouv y être iiduunés le jour suivant.

Les juifs ont fait construire dans leur nouveau cimetière de Weissensee une chapelle mortuaire qui remplit toutes les conditions exigées par l'hygiène moderne et qui renferme des appareils pour nettoyer, isoler et envelopper les corps.

Un nouvel établissement, qui répond parfaitement à sa destination, a été construit dans le vieux cimetière Charité pour servir aux enquêtes, inspections, autopsies légales ainsi qu'à l'exposition des cadavres de personnes inconnues.

Les cadavres sont préservés de la putréfaction i)ar un appareil dans lequel la réfrigération est produite par l'ammoniaque et le chlorure de calcium, à linstar de ce qui existe à la Morgue de Paris.

Prostitution. — La loi du lo mai 1871 {Slrafgesetzbuch filr das deutsche Reichj statue à cet égard comme suit :

Toute femme, faisant profession de la débauche et placée pour cette raison sous la surveillance de la police, est punie d'emprisonnement, si elle enfreint les règlements établis dans l'intérêt de la sûreté', de la salubrité, de l'ordre, de la décence publique et des bonnes mœurs, ainsi que dans les cas où elle se prostitue sans être soumise à la surveillance de la police.

En Allemagne, le contrôle de la prostitution est donc établi légalement.

En dehors des femmes inscrites, il en existe àBerlin une multituile d'autres surveillées par la police et employées dans les brasseries, théâtres de bas étage, troupes de chanteurs, bals publics et cafés dits Wiener Cafés.

On a calculé que le nombre de femmes se livrant secrètement à la prostitution était dix fois supérieur à celui des femmes inscrites.

L'inspection a lieu au Bureau de police une fois {)ar semaine et toutes les femmes soupçonnées, après observation miimtieuse, de faire métier de la débauche sont appelées à l'inspection. La première fois on leur remet à titre d'avertissement un procès-verbal imprimé, dans lequel on les engage à gagner plus honorablement leur pain. Si, plus tard dans les rues ou sur les places puldiques. leurs allures sont reconnues suspectes, elles sont soumises à la surveillance réglementaire.

Bâtiments publics. — Les hôpitaux de Berlin les plus récents ont été construits sur le modèle des hôpitaux anglais et réalisent les exigences les plus minutieuses de l'hygiène.

Plusieurs d'entre eux se distinguent cependant de leurs modèles par leur chauffage central et leurs cabinets d'aisances qui ne sont pas complètement isolés.

Dans quelques-uns, conjointement avec le chaufTage central, on a placé des cheminées-, dans d'autres, le chaulfage et la ventilation si'opèrent par les poêles à manteau, déjà mentionnés, qui paraissent capables de rcmphicer le chauffage central un peu trop compli(iué.

Les hôpitaux affectés aux maladies contagieuses ont été décrits minutieusement plus haut.

Les autres bâtiments jjuIjHcs, écoles, théâtres, etc., doivjut rcnqjlir les conditions exigées pour l'air et la lumière, etc. J^es plans seront fournis aux mf-dci-iMs des districts pour ètr-e examini'-s au point de vu(; de riiygiène.

Habitations ouvrikhus. — Un n«; trouve pus à Berlin (Thahilations construites spécialement en vue des (dasses ouvrières, et chacun se loge oii il peut.

Les classes pauvres natundieujent, là comnn; ailleurs, habitent les plus anciens <|uarliers de la ville, les plus étroits, ceux où l'hygiène se trouve dans les conditions les plus dt'plorables.

Lu grand nondjre d'ouvriers, surtout ceux ([ui ne sont pas inarii's. habitent des /^("/<//('y<, ><uic dhôtels garnis de rang inférieur ou uuime n'ont ([ue des logements à la nuit {Sr/ilafslf'llrii).

.Nous avons déjà reproiluit les règlements appli(,'ables aux locaux de ce genre (p. 'dV.I-iUlj.

llYCilt.NK l'LUHQlJE. 28

i34 ALLEMAGNE

HvGiÈNE DES FABPiQUES. — Dcius le chapitre qui traite de l'hygiène des fabri({ues en général (p. i87). nous remarquions que l'inspection établie à cet égard en Allemagne a été impuissante à accréditer cette institution, parce que les inspecteurs ne possédaient pas les connaissances nécessaires en médecine. Il ne peut en être autrement vu le manque de direction hygiénique centrale.

Les inspecteurs remettent leurs rapports aux autorités qui en font un extrait au gouvernement. Il résulte de ces rapports que l'hygiène des fabriques n'a guère progressé.

Le conseiller de médecine, Pistor, chargé de résumer les rapports des inspecteurs de la capitale, s'exprime dans ces termes : « Quelle que soit l'importance que l'on attribue aux fonctions d'inspecteurs des fabriques, on ne saurait leur reconnaître la moindre compétence pour régler les questions d'hygiène ; la seule personne qui le ferait en connaissance de cause serait un inspecteur versé dans la science médicale. »

H existe à Berlin depuis l'année 1846, une Gewerks-Krankenoerein (association pour les maladies des différents métiers) formée par la réunion de tous les artisans, en vue d'entretenir une caisse commune pour se procurer des secours et des soins médicaux en cas de maladie.

La caisse est surveillée par un comité composé de délégués de tous les corps de métier. Chaque année on choisit un conseil d'administration de vingt-cinq personnes, faisant partie dudit comité, qui se réunit à la de'putation industrielle [Gewerbe députation des magistrates) choisie par le conseil municipal. Le président de cette députation est en même temps président du conseil d'administration de la caisse.

La ville de Berlin et ses environs sont divisés en 85 districts avec un médecin particulier pour chacun.

Le nombre des membres (\e cette association des artisans s'élève environ à 200,000.

Cette organisation est de la plus haute importance pour empêcher la propagation des maladies contagieuses ; c'est elle qui a permis d'établir la statistique exacte des maladies syphilitiques parmi cette classe de la population. Les données fournies par l'armée à cet égard sont aussi très précises. Ce sont là des ressources d'une valeur inappréciable pour arrêter les progrès du mal.

Hygiène des écoles. — Les ordonnances du 23 octobre 1879 et du 14 janvier 1880 renferment des règles applicables dans toute la Prusse et relatives au local des écoles.

La salle d'école ne doit pas dépasser 9 mètres de longueur : o"\70 à 7 mètres de largeur ; 3™, 20 à 3'",50 de hauteur.

Chaque élève des classes inférieures doit avoir pour sa part une superficie de plancher de 0"^^7 et celui des classes supérieures de 0™-,9.

La lumière du jour doit entrer à gauche ou venir par derrière, mais pas des deux côtés.

La surface des fenêtres doit être au minimum égale au cinquième de celle du plancher.

BERLIN i3y

La ventilation et le chauffage doivent être établis d'une façon convenable.

Les plans dressés pour la construction de nouveaux bâtiments d'écoles ou pour les changements à faire aux bâtiments existants doivent être soumis à l'examen et à l'approbation du médecin du district. C'est lui qui est chargé de surveiller l'hygiène générale des écoles.

Dans la Saxe, la Bavière, le Wurtemberg et le pays de Bade, le médecin inspecteur est tenu de visiter les écoles de temps à autre à cet égard et d'adresser aux autorités les observations qu'il juge nécessaires.

Quant aux prescriptions ayant pour but de préserver les écoles contre les maladies contagieuses elles ont été rapportées plus haut (p. 400-401).

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