CHAPITRE II VIENNE
GÉNÉKALITÉS. — ADMINISTRATION SANITAIKE. — LÉGISLATION SANITAIHE. — Kè^lemOIlt SUT leS
bâtisses. — Organisutioii sanitaire. — Dispositions sanitaires relatives à Tair. — Disposi- • tioiis sanitaires relatives;! i'eaii. — Denrées alimentaires. — Dispositions sanitaires relatives an sol. — I.ps éeronts. — Système de vidange. — Ecuries. — Marchés aux bestiaux.
— Abattoirs. — Mesures préventives contre les maladies contagieuses. — Vaccination.
— Déclaration obligatoire. — Isolement des malades. — Désinfection. — Dépôts morîuaires. — Lieux de sépulture. — Prostitution. — Hôpitaux. — Logements ouvriers. — Hygiène des fabriques. — Hygiène des écoles.
Généralités. — La joyeuse cai)ilale de l'Aulriche, située sur la rive méridionale du Danube, dont un bras, le Donaucatial, touche la ville, couvre une surfaee de oo kilomètres carrés et compte 800,000 habitants. Avec ses nombreux faul)Ourgs, sa superficie arrive à i5o kilomètres carrés et sa jKipulation à 'l,!2oO,000 âmes.
Vienne occupe une plaine assez unie, bornée au sud par des collines d'inie hauteur considérable. Le côté Nord est Irtivorsé par le Donaucanal. le côté Sud [)ar la petite rivière de la Wien qui se jette dans le (;anal.
I^a ville est divisée en iO districts [Verwallung&bezirke) et administrée par le Conseil municipal [Genieiaderalh), dont le président est Bourgmestre. Les alVaircs courantes sont traitées par un magistrat, choisi par le Conseil municipal. 11 constitue le pouvoir e.xécutif et administratif; il se nomme Direclor. Les divers districts sont régis par des comwù'&ixowà [Bezirksaus&chït&se), présidées par le chef du district [liezirksvorsteher).
Les faubourgs possèdent encore leur propre udmiiiistralion.
Administraiion sanitaire. — L'hygiène |)tibli(iiie est dirigée |iar im Conseil dhygieiie {Dus iiKKjUlrallkhe Sanitfils-D/^jtarteinenl).
Les functions médicales proprement dites sont exercées [)ar le bureau m''iii;al (Slaf/f/ihi/sicfit), c(»inposé d'un médeein-chef (/V<//^^/^^^v), avec son adjoiiil et de 18 médecins de districts {lie:.irl\>i(ir:-le), avec 2 assistants.
Les médecins de districts sont eiiargés (h; la direction immédiate de l'hygiène piibliipie ; ils ont pour aides, des ins|)ecleurs sanitaires (.SV////7///.sv/»/'srhf^r). des pctileurs pour les malades et des veilleurs pi»ur les morts.
Le service de sauvetage, les moyens de Iransfiorl pour les malades sont égaleiiieiil de leur ressort, ainsi cpie les mesures à prendre p(Mir eoiubaltre
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les maladies contagieuses dont ils doivent observer attentivement les progrès; la vaccination est sous leur surveillance, ainsi qur les enfants donnés en pension, les sages-femmes, les établissements de bain, lesd<''bits d"eaux minérales, les dentistes et les inspecteurs des morts.
Les bâtiments et les institutions sanitaires sont e'galement placés sous leur inspection.
Des médecins particuliers sont attachés au service de la police, pour le sauvetage et la prostitution; à l'Assistance publique pour les soins des pauvres.
A la Municipalité est attaché un bureau statistique [Stalitisches Département), qui publie chaque semaine un compte rendu très détaillé, embrassant la météorologie ; le niveau des eaux souterraines et du Danube; la densité de la population (les deux sexes y figurent séparément), suivant la superficie et le nombre des maisons dans chaque district ; les mariages et les naissances (légitimes, illégitimes, mort-nés); un tableau des naissances; un des décès, avec leurs causes, pour quelques-unes des grandes villes du pays et de l'étranger ; les décès groupés par âge ; les mort-nés (légitimes et illégitimes) ; le nombre des cas de maladies qui doivent être notifiées séparément pour chaque district; les approvisionnements avec indication du prix.
Règlement SANITAIRE sur les ratisses {Gesetzdu U) janoier 1883). — Les terrains à bâtir doivent avoir une forme et une dimension telle que les maisons à construire aient du jour et de la lumière en quantité suffisante. Les rues doivent être tracées en ligne droite autant que possible et avoir une pente uniforme. Leur largeur ne doit pas être inférieure à 16 mètres au minimum.
La commune a l'obligation d'établir des égouts publics, dans lesquels les propriétaires de maisons feront arriver les eaux ménagères.
Tous les plans de construction devront être soumis à un examen rigoureux pour les conditions hygiéniques. Les plans approuvés doivent être constamment sous la main, dans les chantiers, à la disposition de ceux qui surveillent si l'exécution est conforme aux travaux.
On ne devra employer comme entrepreneurs que des gens agréés par l'administration, qui répondent de la bonne qualité des matériaux employés et de la solidité de la construction; tout changement d'entrepreneurs ou d'architectes devra être annoncé à la Commission des bâtiments.
Dans toutes les maisons oii il y a des chambres et des escaliers recevant la lumière par en haut, on aura soin d'établir une ventilation suffisante.
La hauteur d'une maison ne doit pas en général dépasser :2o mètres ; le plancher du dernier étage ne doit pas se trouver à plus de 20 mètres au-dessus du niveau de la rue. Là où le terrain est en pente, cette mesure doit être prise à partir du point le plus élevé; la maison ne doit pas avoir plus de cinq étages y compris la cave et les combles.
Chaque pièce d'un appartement doit recevoir le j^ur directement, être suffisamment aérée et avoir au moins 3 mètres de hauteur.
La grandeur des cours dépend : de la situation, de l'étendue et de la hauteur des bâtiments ; de l'exposition des cours voisines, du nombre de loge-
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ments donnant sur la cour ot do leur destination. Elles ne doivent pas èlre trop petites, car les conditions hygiéniques indispensables d'air et de lumière ne seraient pas suffisamment remplies.
Les courettes, situées devant un mur ou une cuisine, doivent avoir au moins 12 mètres carrés de surface ; celles qui éclairent un corridor ou des lieux d'aisances, 6 mètres.
Les cheminées de ventilation des latrines doivent avoir une section d'au moins 1 mètre carré et seront, comme les courettes, mises en communication avec la cour ou la rue, au moyen d'ouvertures de grandeur suffisante pour assurer la ventilation.
En règle générale, aucun plancher ne doit être placé à moins de 15 centimètres au-dessus du niveau de la rue et de la cour. Toutefois, si les prescriptions sanitaires sont minutieusement observées, on pourra établir un logement au-dessous de ce niveau.
Tout le local en sous-sol, ne servant pas de logement, devra satisfaire de uu"ime à toutes les exigences sanitaires en rapport avec l'usage qu'on en veut faire.
Les écuries doivent être pourvues de tuyaux d'écoulement et les planchers construits de telle sorte que le sol et les murs ne puissent être souillés.
Les fosses à fumier doivent être étanches et nninies d'un couvercle fermant hermétiquement. Elles seront établies aussi loin que possible des puits et des logements.
L'écoulement des immondices provenant des maisons et des terrains, doit s'opérer par des conduits de grandes dimensions {Hauscanale). du par des tuyaux de décharge d'une section plus petite.
Les conduits doivent être ovales, de 0"',60 de large sur l"',0o de haut, parfaitement étanches, soit en briques jointes avec (hi uiortier hydraulique, soit en béton. La pente doit être aussi forte que possible.
Les tuyaux de décharge sont en terre cuite vernissée, en béton ou rendus étanches d'une autre matière.
Les tuyaux d'eud^ranchement doivent avoir un diamètre de 18 centimètres; les tuyaux principaux auront une largeur proportionnée et seront construits de façon à prévenir les obstructions.
Les conduits d'écoulemenf doivent être établis aussi loin que possible des puits.
En gén(ii-al, il n'est pas permis de faire passer les conduits sous les ehambres habitées. Lorsqu'on ne pourra pas faire autrement, ils devront être entourés d'une couche de béton de L^i centimètres et les regards seront disposés de façon que l'accès des tuyaux n'olTre aucune difficulté.
Toutes les C(uiduites d'une maison seront aérées au moyen do tuyauxtlévent allant ju.s({u"au-dessus du toit et pratiqués de préférenee dans les cheminées.
I)ans les ([uartiers de la ville où des latrines autres que les water-idosels :5Lrûnt autorisées, elles seront conformes aux prescriptions de la Contmissiun des bâtiments.
Le local affeclf'' aux latrines aui-a HO cenliniètres de large. r".10de longueur, une bonne vt-ntilation et snl'flsaunneut de joui-. \j^ tuv;iu de eliulc qui ne
pourra être en bois se prolongera au-dessus du toit en conservant un diamètre égal dans l'intérêt de la ventilation.
Dans les quartiers pourvus d'une distrilmlion d'eau, l'installation des water-closets est de rigueur dans l'intérieur des maisons; les cabinets en dehors doivent être pourvus dun appareil de lavage si cela est possible.
Dans les quartiers qui ont l'eau, à chaque nouvelle construction ou reconstruction on établira un branchement spécial pour la maison ; dans les quartiers dépourvus de distribution, chaque nouvel immeuble sera approvisionné d'eau par d'autres moyens convenables. Aussitôt que le quartier est muni d'une distribution les propriétaires sont obligés d'y relier leurs maisons.
Il est interdit de placer un compteur à gaz dans un appartement.
Une maison neuve ou reconstruite ne sera habitée qu'après avoir été inspectée sous le rapport de la bonne exécution des travaux, de la siccité et de la salubrité.
Org.-vnisation sanitaire. — Dispositions sanitaires relatives a l'air. — Vienne, au point de vue des constructions, n'est pas une ville des plus salubres. Elle était encore en 'J809 entourée d'un double rang de fortifications qui ont été rasées pour faire place à d'immenses terrains à bâtir et à deux vastes rues circulaires : l'une, Ringslrasse. formant le cercle intérieur, enferme la ville ancienne; l'autre, Gûrtelstrasse , embrasse les anciens faubourgs. Les rues étroites et tortueuses, les habitations resserrées des vieux quartiers subsistent comme des souvenirs du temps passé.
Probablement cet état de choses traditionnel a mis obstacle aux dispositions plus conformes aux besoins actuels, contenues dans le nouveau règlement sur les bâtisses de 1883.
Celui-ci prescrit bien que l'étendue d'une cour doit s'accorder avec les conditions hvgiéniques, mais cette règle est annulée par le paragraphe qui permet de couvrir de bâtiments iusqu'à 80 p. 100 de la superticie d'un terrain. Aussi l'état et l'air intérieur des chambres qui donnent sur une cour sont tellement loin d'être satislaisants qu'on hésite à ouvrir les fenêtres.
La ville de Vienne est renommée pour sa grande mortalité, dans les maladies tuberculeuses, qui s'élève à 26 p. 100 delà totalité des décès'. Un air impur étant la condition la plus favorable à l'accroissement de cette maladie. Vienne peut servir d'avertissement aux auti"es localités, pour les engager à recourir contre ce fléau au préservatif le plus efficace, c'est-à-dire à un règlement garantissant aux habitations une quantité suffisante d'air et de lumière.
Dans son enceinte la capitale de l'Autriche ne possède qu'un petit nondjre de places ouvertes et de parcs : le Volksgarten, le Hofgarten el le Sladlpark situés près de la Ringstrasse et le Angarten dans le quartier nommé Léopoldstadt.
Les environs, par contre, renferment de magnifiques promenades parmi lesquelles le Prater, Schœnbrunn et Kahlenberg occupent le premier rang.
' A l.oniires, pour cette maladie, la iinutalité est de 15 p. 100; à Paris, de 16 et à Berlin de Va p. 100.
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La ventilation est généralement organisée comme en Allemagne ; elle oll're quelquefois pourtant des constructions originales; le système adopté pour le Grand-Opéra et pour l'hôpital Rudolf-Stiftung est particulièi-ement intéressant. L'un et l'autre ont été établis par le professeur Bœhm qui jouit d'une grande réputation dans cette branche.
Dans le Grand-Opéra, la ventilation s'opère par insufflation et aspiration. L'appareil d'insufflation est mis en mouvement par une machine à vapeur de 16 chevaux; les prisesd'air sont placées dans le jardin; l'air est amené par deux conduits souterrains vers le soufflet qui le pousse dans une pièce, d'où il passe par trois conduits dans une chambre chaufl'ée par des tuyaux à vapeur. De là, l'air est distribué dans la salle (parterre, loges, etc.). A côté des tuyaux à air chaud se trouvent dautres tuyaux à air froid; en cas de besoin, les deux sortes d'air peuvent être mélangés. Ce mélange s'effectue directement dans la chambre de surveillance, située au rez de-chaussée, par le moyen d'un registre. Des fils conducteurs électriques reliés à des thermomètres, placés dans la salle, indiquent dans cette chambi-e la température qui règne dans les diverses parties du théâtre.
L'air vicié s'échappe par des tuyaux partant des galeries et du plafond et aboutissant dans une grande cheminée commune au-dessus du lustre.
Dans l'hôpital Rudulf-Sliflung, le chaufl'age et la ventilation s'opèrent par les puéles en faïence placés dans les salles. Ces poêles sont à manteau (V. p. 411) pour échauffer l'air frais venant du dehors.
L'air vicié est chassé au dehors par des tuyaux qui débouchent près du plancher et, envelupi)ant le tuyau de la fumée, monlenl avec lui jusqu'audessus du toit.
Les tuyaux d'évenl ont encore au-dessous du toit des ouvertures munies d'une soupapi' pour la ventilation en été. L'air frais pénètre alors directement par les ouvertures pratiquées dans la muraillf près du plancher et par les ft'néli'es.
Dispositions sanit.\ires HKL.vïiviis a l'kau. — Depuis 1874, Vienne est approvisionnée par deux grandes sources, celle du KaiserOruH/ie/K/uel/e et celle du Slixenalciiierquelle, situées dans les Alpes de Styrie à une hauteur de ::î,000 mètres au-dessus du niveau de la mer.
L'eau est amenée par deux aqueducs en maçonnerie (|iii se joignent |)resde Ternitz, pour ne former (ju'un aqueduc jus(ju'iiu Knsenhiigel, j)rès de Vienne, où elle est réunie dans un grand réservoir.
De Rosenhugel, l'eau est amenée dans la ville môme par deux tuyaux conducteurs aboutissant, l'un à un réservoir a[ipelé Sckmeltz, aux conlins Nord-Ouest de la ville, qui contient /{8,8()8 mètres cubes, l'autre, le Wioierbery. au Sud-Ouest, qui en contient 17,501). Un conduit particulier part de ce dernier pour se diriger vers un troisième réservoir, le Laa<rl)erg, situé près du centre de la ville, d'une contenance de 5:2.1J86 mètres cubes.
Tous ces réservoirs sont placés à une telle jiauteur que l'eau arrive dans lijules les maisons de la ville par simple gravitation.
Depui- It.'s njonlagnes Jusqu'à Vienn(;, les canaux ont une longueur d'envi-
ron 100 kilomètres, mais rafnuonce d'eau n'étant pas la même en hiver qu'en été, la quantité' varie entre 25,000 et 114,000 mètres cubes par jour. Il a donc fallu aviser à se procurer un surcroît pendant l'hiver et on a établi au bord de la rivière Schwarza, près de la station de Pottschach, une prise d'eau particulière. Elle se comjiose de o puits de 10 mètres de profondeur avec un diamètre de 6, creusés dans un terrain acheté à cet effet et transformé en parc. L'eau est amenée de ces puits par des pompes et va rejoindre dans l'aqueduc celle qui arrive des montagnes.
Ces puits livrent 16,800 mètres cubes d'eau par jour. Néanmoins, cette quantité ne suffisant pas encore, on a entrepris des travaux pour prolonger les conduits des montagnes et creuser de nouveaux puits à une grande profondeur afin de se prémunir contre un manque possible d'eau des montagnes.
Une ordonnance municipale du 1'"'' novembre 1880 défend, dans les distributions d'eau des maisons, l'usage des tuyaux de plomb et autorise l'emploi des tuyaux de plomb doublé d'étain ou sulfuré.
Denrées alimentaires. — Le contrôle du commerce des denrées alimentaires est du ressort du Magistrat qui dispose à cet effet d'un certain nombre d'agents {Ma?'ktcomniissariat) chargés d'examiner la qualité des aliments mis en vente dans les marchés et les boutiques. Lorsqu'une marchandise parait suspecte, on prélève un échantillon qui est remis au bureau d'hygiène, Stadphyùcat, pour être soumis à une analyse. Les aliments et boissons corrompus ou falsifiés sont immédiatement confisqués et détruits.
La ville ne possède pas encore de Laboratoire et les échantillons sont analysés par deux chimistes particuliers avec lesquels s'est arrangée l'autorité communale.
Les dépôts d'eaux minérales sont visités chaque année parles médecins des districts et les inspecteurs.
La vente en gros des denrées a lieu dans un local appelé Grossniarkthalle , la vente au détail dans six halles plus petites situées dans les divers quartiers de la ville.
Quelques-unes de ces dernières ont été construites tout récemment, suivant les règles de l'hygiène, en maçonnerie et en verre ; le sol y est recouvert d'asphalte; elles sont abondamment pourvues d'eau pour les arrosages, et renferment une cave, une glacière, un local pour les inspecteurs, un bureau de pesage, des latrines, etc.
Le marché est ouvert au public de six heures du matin à midi.
Dispositions sanitaires relatives au sol. — Pavage et entretien des rues. — Enlèvement des ordures. —Les rues et les places publiques occupent une surface d'environ o millions de mètres carrés dont 3 à peu près sont pavés en pierres : 75,000 en asphalte, 6,000 en bois et le reste macadamisé.
Aux places de stationnement des voitures publiques, les jointures des pierres sont comblées avec de l'asphalte.
Pour le pavage, on dépose sur le terrain une couche de gravier de lo centimètres que l'on recouvre ensuite de 3 centimètres de sable.
Pour les rues en macadam, on pose d'abord un fondement de cailloux de
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30 centimètres sur lequel on étend la pierre concassée à une hauteur de 16 à !24 centimètres, puis on écrase le tout avec le rouleau en l'arrosant constamment.
Les deux tiers des rues sont arrosées chaque jour pendant la saison chaude.
Le nettoyage se fait pendant la nuit dans la partie centrale de la ville, au moyen de brosses mécaniques. Dans les quartiers plus éloignés, on nettoie dans la journée et à la main.
Les rebuts solides des maisons et des cours, ainsi que les balayures des rues, sont emportés dans des fourgons ambulants.
Lks égouts. — Le reseau des égouts de Vienne date en partie des xiv" et xV-' siècles, laplupai't d'entre eux, cependant, ont été exécutés dans ce siècle-ci. Le défaut d'unité dans le système des égouts ainsi établis fait cependant moins sentir (|u'ailleurs, parce que le terrain présente des conditions favorables.
Le terrain sur lequel la ville est bâtie est coupé par (juatre fonds de vallée traversés par des cours d'eau : l'Alsbach, le Waihringen Bach, l'Ottakringer Bach et la Wien qui se déversent dans le canal du Danube.
Les trois premiers sont convertis en canaux couverts servant de collecteurs géne'raux, la Wien est encore à découvert, mais elle ne reçoit plus les eaux d'égouts de l'intérieur de la ville, qui s'écoulent par des canaux particuliers, creusés de chaque côté de laj'ivière, et nommés Choleracandie, parce qu'ils ont été construits après les ravages du choléra de 1831 à 1834.
Outre ces voies naturelles d'écoulement, il existe encore dautres conduits collecteurs.
Le canal du Danube, dans lequel toutes les eaux cloacales de Vienne sont amenées, a une largeur de 47 mètres et une pente de 0,39 centimètres par kilomètre. Malgré sa masse d'eau considérable et la rapidité de sou courant, il se remplit de souillures à un tel point pendant les mois d'été, qu'on projette de conduire directement les eaux au Danube, en dehors de la ville, au moyen de collecteurs pratiqués le long des deux rives.
La pente n'est pas constante dans les collecteurs anciens; elle varie entre "2'", "20 et 17'", 40 par kilomètre ; dans le plus petit, celui de BriyiWntnii, dans la partie la plus basse de la ville, elle n'est même (jue de 1'", 70. La hauteur du conduit est de "2 mètres sur 1 ™, 05 de largeur.
Les collecteurs du second rang ont une pente favorable génér;ilemrMil de 0'", 90 et cette inclinaison est comnuHi(''m<'ut (•(•Ile des égouts unlinain-s <le la rue.
Pour leur forme et leur >tru(.-lure, les égouts de Vienne ollrt-nt phisi(;urs types ditférents suivant les époques de leur construction. Les plus anciens ont un fond plat et des parois verticales; d'autres |)lus récents ont le fond concave cl sont circulaires ; les derniers, enliti, construits après 187'2, sont ovoïdes. Leur hauteur varie entre 0'", 80 et 1 '", ")0, sur une largeur de 0 "', 60 a 1"", 10. Les nouveaux sont en béton avec des murs de ^22 centimètres d'épaisseur.
Pour les égouts des maisons, il en a été déjà question à propos du règlement sur les bâtisses.
Le curage des égouts publics comme des égouts privés est dans chaque district l'affaire de certaines personnes engagées par les municipalités. Tous les tuyaux sont nettoyés pendant la nuit une fois par mois; les immondices, enlevées par les regards, sont emportées au canal où on les rassemble dans des tonneaux chargés par des toues qui avancent dans le fleuve pour vider leur chargement au milieu du courant.
Il n'y a pas d'autre lavage que celui opéré par les eaux pluviales, qui sont toutes amenées dans les égouts, et la ventilation s'opère par les regards.
Les inconvénients inhérents au manque d'unité dans le système ont décidé les autorités à faire dresser un plan de reconstruction plus conforme aux besoins de notre temps.
Système de vidange. — Après avoir examiné mûrement cette question, Vienne s'est décidée à introduire obligatoirement dans la ville le système des water-closets, dans les quartiers où les conduites d'eau le permettent. Dans les autres, on fait usage du système de fosses mobiles.
Ecuries. — Marchés aux bestiaux. — Abattoirs. — Tout le bétail amené à Vienne doit être accompagné d'un bulletin de santé {Viehpass) et être examiné à l'arrivée par les vétérinaires de la ville.
Les écuries doivent être tenues parfaitement propres et suffisamment aérées. L'élevage des porcs dans la ville est interdit.
Le grand marché Ruxhesi'iSiUx {Central-Viehmarkt) a été construit en 1880-83 et a coûté près de 4 millions de francs.
Il est séparé en deux par une rue ; d'un côté le-^ bêtes à cornes et les veaux, de l'autre les moutons et les porcs. Les étables sont à proximité des lieux de vente.
La halle pour la vente des bêtes à cornes, Rinderhalle, est large de 114 "\ 40, longue de 152 ", 50 et couverte' d'un toit en plaques de tôle supporté par des piliers en fer, La façade de devant a des parois en maçonnerie et un vitrage, les autres côtés sont ouverts. Il y a place là pour 4,000 têtes de bétail et les étables peuvent en loger encore 2,140.
La halle aux veaux, /vrt^/j(??*Ar/7/(?, est un bâtiment fermé de 5,588 mètres carrés pouvant contenir 4.500 veaux.
La halle aux moulons, Schaf halle, également couverte, comprend un espace de 4,024 mètres carrés et contient 6,000 bêtes. A côté, se trouvent des enclos découverts où peuvent tenir 14,000 moutons.
La halle aux porcs, Schtoeinehalle, longue de 156 mètres et large de 100, possède 6,500 places ; dans les porcheries à côté 8,800 bêtes peuvent tenir.
Le sol est pavé partout; des postes d'eaux, établis aux endroits nécessaires, fournissent un arrosage abondant. Le fumier est emporté chaque jour.
A proximité du marché aux bestiaux se trouve un abattoir semblable à ceux que nous avons décrits.
VIENNE ifi?;
On peut compter comme abattoir Va stddtische Wasenmeisterei située dans le faubourg de Kaiser Ebersdorf.
D'après la loi autrichienne, chaque commune est obligée d'établir et d'entretenir un « Aasplats » c'est-à-dire un établissement pour la destruction des cadavres d'animaux, où l'on transporte et où l'on tue les bêtes malades. Vienne a dans ce but consacré à un établissement modèle à proximité du Donaucanal, une somme de 300,000 francs.
Les cadavres sont détruits par voie thermo-chimi(|ue en recueillant tous les produits utilisables. Cet établissement, qui est alTermé, se compose d'un grand bâtiment dont le milieu contient les pièces d'habitation; l'aile droite renferme les écuries, les remises et le magasin aux fourrages ; l'aile gauche, d'autres écuries pour les bêtes destinées à être abattues, une pièce pour le dépeçage des animaux sains, Schlagbrûcke, des magasins pour les produits préparés et des séchoirs.
Dans une aile transversale sont installés : une chambre pour la chaudière à vapeur ; un échaudoir pour les cadavres des bêtes malades et un autre pour les corps des bêtes saines ; une salle pour les machines et une pièce où les ouvriers changent de vêtements.
Le plancher de toutes ces pièces est recouvert d'asphalte, les parois sont enduites de ciment et polies à une hauteur de t mètres, chaque local a un poste d'eau pour l'arrosage.
Les cadavres sont dépecés et cuits dans des vases appelés digesteurs ; la graisse est recueillie. Les matières liquides servent à faire de la colle, la chair et les os sont pressés, séchés et convertis en engrais.
Si l'animal abattu n'est pas malade on conserve encore la peau, le poil, les cornes et les sabots.
Les cadavres des animaux malades, ([ui ne peuvent être utilisés sur-le-champ, -ont déposés dans des citernes et couverts de chaux.
Mesures préventives contuk les maladies contagieuses. — Vaccination. — En Autriche, comme nous le disions plus haut, il n'exista pas constamme'nt de contrainte légale pour la vaccination. Mais siuneépidémiede variole vient à se déclarer toutes les personnes sont obligées de se faire vacciner et revacciner et l'Etat fait son possible pour faciliter la mise en [)rati<jue de cette mesure que les communes sont chargées de faire exécuter.
La vaccine est opérée gi-aiuitement pendant l'été, dans les diflérents anondissements, par les médecins attachés à la police et ceux de l'Assistance |iublique.
Le premier vaccin est pris sur des veaux, ensuite <in inocule de bras à bras.
Vienne possède quatre bunîaux de vaccination, Inip/insliliUe, dont trois privés et le quatrième subventionné par l'Etat. Ils fournissent tous du vaccin animal et l'état sanitaire des veaux est contrôlé par un vétérinaii-e.
Déclvhation ouLKiATOiiu:. - Isolkment i»ks malades. — Li" mt'ileein est lenu de déclarer chaque cas de typhus, dysenterie, variole, scarlatine, rougeole.
iôA
diphthérie, ophthahnie purulente, coqueluche, érysipèle, fièvre puerpérale, hydrophobie et trichinose qui se serait présenté dans sa clientèle.
Sur sa déclaration, le médecin du district envoie de suite l'inspecteur sous ses ordres dans la demeure du malade pour procéder à l'examen du cas signalé.
Le médecin du district prescrit ensuite les mesures nécessaires à prendre pour le reste de la famille et le malade lui-même : isolement du malade, translation à l'hôpital, vaccination, désinfection, défense d'aller à l'école, au bureau, etc.
Lorsque la désinfection a été opérée, les mesures de rigueur cessent d'être appliquées; mais les instituteurs et les élèves, appartenant à des familles atteintes d'une maladie contagieuse, ne sont admis à se joindre aux autres que sur un certiticat du médecin du district constatant que la désinfection a été opérée par l'inspecteur sanitaire compétent.
Il n'existe pas à Vienne d'hôpitaux d'isolement. Cependant il y a auprès de.s hôpitaux ordinaires quelques pavillons particuliers pour les maladies infectieuses.
Près de l'hôpital Rudolf-Stiftung est installée une baraque en coutil peint, montée sur des cadres de bois et qui possède pour plancher une simple couche de béton appliquée sur le sol.
Désinfection. — Le désinfectant le plus employé à Vienne est l'acide phénique. On lave les murailles, le plancher et les meubles avec une solution
Fiij. 184. — Étuve à désinfection, système Thursfield.
au 5 p. iOO; on trempe le linge pendant vingt-quatre heures dans une solution semblable avant de le laver; dans l'eau du bain où ont été baignés des malades atteints de scarlatine ou de petite vérole, on mêle de i2 à 5 p. 100
d'acide phénique avant de vider la baignoire; on désinfecte les baignoires avec la solution ; dans le choléra, la fièvre typhoïde, la dysenterie, la diphtérie et la fièvre scarlatine, on désinfecte chaque jour les latrines avec Tacide pur; dans le typhus pétéchial et le choléra, ou dans d'autres maladies, si le médecin du district le juge nécessaire, on racle les murs des locaux infectés et on les enduit de blanc de chaux mêlé à o p. 100 d'acide.
Les fumigations sulfureuses sont également d'un usage fréquent. Un local, après avoir subi ce traitement, doit être aéré et purifié à fond.
Les objets non susceptibles d'être lavés sont désinfectés à la vapeur. Chaque arrondissement de la ville dispose pour cet usage d'une étuve à désinfection transportable, selon le système Thursiield reproduit ci-dessous.
Fi 2. 18.").
Môme étuve à dé-sinfection.
Cet appareil se compose d'une étuve cylindri(juc à double paroi, l'espace intermédiaire fait partie de la chaudière.
Lorsque l'eau s'échaulTe, la chaleur se communique à l'étuve et empêche la vapeur de se condenser.
L'appareil est facile à manier, il suffit d'un homme pour le Iransporter.
I*<iur le faire fonctionner, on remplit la chaudière par l'entonnoir G jusqu'à la hauteur marquée par le niveau indicateur, on allume le feu, puis on intro- <luit les objets dans le désinfecteur et on ferme l'appareil.
QuaruI la vapeur commence à se dégager, elle est conduite au fond ih* rf'tnvi- et s'en échappe vers le haut par une ouverliirc munit' d'un IIktjnonièlrc.
iiV(jn;M=: l'iULryiE.
JU
La désinfection continue ainsi pendant trente minutes. Cet espace de
Fig. 186. — ÉtLive à désinfection transportable de Thursfield.
Fig. 187. — Étuve fixe à désinfection de Thursfield. temps est reconnu suffisant pour détruire les bactéries et les spores; on verse
ensuite de l'eau froide dans la chaudière, ce qui refroidit assez l'appareil pour pouvoir enlever les effets, qui sèchent rapidement à l'air libre. Le prix de l'appareil est de 675 francs.
Si la figure 186 représente un appareil de grande dimension transporlable avec des chevaux, la figure 187 est une forme plus simple montée sur des chevalets.
Cet appareil est très répandu à cause de sa simplicité; il ne coûte que oOO francs, contient une literie entière, ou 10 à 15 habillements complets, et peut, en une journée, dé.sinfecter 10 à il charges.
Une autre sorte d'appareil désinfecteur en usage à Vienne est celui construit par l'ingénieur Briickner.
Cet appareil, reproduit figure 188, n'est pas de construction autrichienne,
Vi". 188. — Étiivo à (li'siiifectioii Driickner.
car c'c-ît h' c<''lèbro professeur Koch (pii lavait |triniilivoinent inslallt' dans son laboratoire de Berlin. L'idée fut reprise plus tard parl"lugge,qui en lit lapplication sur une plus grande échelle; il fut ensuite introduit à Vienne, lise compose de trois parties principales : la chaudière en cuivre A est placée au fond, au-dessus, se trouve la cage de désiiifccllon B, en fi-uillcs de tùlc galvanisée, recouverte d'une couche isolatrice, puis tout en haut, le chapiteau C avec un tuyau d'échappement pour la vapeur et un thermomètre.
Les vêtements sont déposés dans un panier en fil d'archal garni de toile cirée à l'intérieur. Ce panier ne touche pas les parois environnantes pour que l'eau de la vapeur concentrée ne puisse dégoutter sur son contenu.
Cet appareil est chauffé au gaz. Pour le chauffage au bois ou au charbon, Briickner a construit le même système à pose horizontale (fig. 189), qui, placé sur des roues, a la forme représentée par la figure 190.
Fij. 189. — Étuve à ilésinfection Bmckiier, chauffage au bois.
Fis:. 190.
ÉtLlve mobile de Briickner.
Dépots mortuaires. — Lieux de sépulture. — Dans chaque district de la ville il y a un dépôt mortuaire [Leichenkammer), où sont transportés, après décès, les corps qui appartiennent à des familles étroitement logées.
C'est au médecin du district à décider si le transport est nécessaire, car c'est lui qui est chargé de constater le décès et ses causes. Il doit en même temps examiner l'état de la demeure au point de vue sanitaire.
Dans tous les cas de morts subites, et lorsque la cause du décès n'est pas évidente, on doit procéder à l'autopsie des cadavres.
Les corps des malades atteints de maladies contagieuses no sont pas transportés dans les dépôts de la ville, mais à celui installé au lieu même de sépulture.
Les corps ne sont plus inhumés dans l'intérieur de la ville. Le principal cimetière Centralfriedhof) a été' établi à Kaiser-Ebersdorf, au Nord-Ouest de Vienne ; il a coûté o millions de francs.
Prostitution. — Les femmes, qui exercent notoirement la prostitution, sont inscrites et soumises deux fois par semaine à une inspection, dont les frais sont supportés par la commune, et qui a lieu au domicile du médecin. Chaque femme a un livret sur lequel la visite est consignée. Si elle est reconnue malade, son livret lui est retiré et on Tenvoie à l'hôpital.
Il n'existe pas à Vienne de maisons publiques de tolérance.
llùi'iTAUX. — Vienne possède trois hôpitaux [Das allgemeine Krankenhaus das Krankenhaua Wieden Qi Krankenanstalt RudoJf-Stiftung).
Le premier remonte à l'année 1784, mais il a été agrandi par de nombreuses constructions, et la quantité d'air respirable y est en moyenne de 38 mètres cubes par malade.
\jQ chaufîage et la ventilation se font au moyen de poêles à manteau, d'ouvertures se fermant à volonté, pratiquées dans le mur près du plancher, et de tuyaux d'aspiration qui traversent le toit.
Les cellules d'isolement, destinées aux hommes dans la section des aliénés, ont seules un cliaulfage central combiné avec la ventilation.
Dans riiùpilal Wieden, il y a en moyenne, pour chaque malade, 3ÎJ mètres cubes d'air. Le chauffage et la ventilation sont identiques à celui dont nous venons de parler et ces deux lu'qjitaux ne peuvent guère passer pour des modèles.
Le troisième, Rudolf-Stiftung, remplit mieux les conditions hygiéniques indispensables, bien que les salles ne soient pas isolées et n'aient de fenêtres que d'un seul côté.
Pour la ventilation, elle est organisée d'une manière satisfaisante, aussi simple qu'originale. Nous lavons décrite plus haut. (V. p. 459.)
Logements ouvriers. — A Vienne, on ne trouve que dans le quartier Favoriten un petit nombre d'habitations spécialement construites à cet égard. Ce sont des maisons de pierre à [dusieurs étages, avec un corridor central dans lequel sont placés les lieux d'aisances.
Le système d'arrosage n'étant pas introduit là-bas en 1887, l'air n'était naturellement pas pur, mais la propreté et l'ordre étaient exemplaires à cause de la surveillance minutieuse exercée par les autorités.
Hygiène des f.xbriques. — L'hygiène des fabriques est établie à Vienne selon les règlements en vigueur dans tout l'Empire et que nous avons reproduits plus haut (p. 450).
Hygiène des écoles. — Quelque temps après l'adoption de la nouvelle loi sur les e'coles primaires, un décret du 9 juin 1873 faisait connaître, d'une manière très détaillée, les dispositions relatives à l'hygiène des écoles.
Comme elles sont, à peu de chose près, analogues à celles déjà relatées dans ce volume, nous signalerons seulement celles qui sont mentionnées dans la loi autrichienne.
L'emplacement choisi pour l'école ne peut être définitif avant que le médecin ait donné son avis sur la convenance du terrain au point de vue sanitaire. Le plan doit être ensuite examiné par une Commission, composée d'hommes compétents en pédagogie, en technologie et en hygiène médicale.
Les classes du premier étage doivent être situées à 80 centimètres au moins de la surface du sol, et les fenêtres placées, si c'est possible, dans la direction du Sud-Ouest. Le vitrage supérieur doit être mobile autour d'un axe horizontal ou être disposé d'une autre manière pour bien ventiler.
A l'entrée du bâtiment, au pied de chaque escalier intérieur et à l'entrée de chaque classe, il doit y avoir un décrottoir ou un paillasson.
Les salles doivent être chauffées par un appareil de chautfage central ou des poêles à manteau, de préférence en faïence; s'ils sont en tùle, celle-ci doit être double, avec un espace intermédiaire de 3 centimètres. Les poêles seront dépourvus de clefs.
Outre l'aérage des classes, dont les portes et fenêtres doivent être ouvertes entre chaque leçon, la ventilation doit se continuer sans interruptions. Elle doit être établie de telle sorte que l'air pur, échauffé en hiver, entre en quantité suffisante et que l'air vicié soit expulsé sans courant d'air incommodant.
Pendant la saison chaude, les portes et fenêtres seront ouvertes s'il n'y a pas un trop fort courant d'air; autrement, on ménagera des ventouses en haut ou en bas de la paroi du mur opposé aux fenêtres, suivant le système d'ouverture ■employé pour les fenêtres.
Pendant la saison froide, pour renouveler l'air, on mettra les poêles en communication avec l'air froid au moyen d'un canal suffisamment large et l'on établira, pour l'air vicié, des tuyaux d'échappement, d'un diamètre égal; ces tuyaux monteront verticalement jusqu'au-dessus du toit, posséderont des ouvertures près du plancher et près du plafond et seront reliés à un foyer de chaleur, établis, par exemple, à proximité du poêle.
Chaque classe sera pourvue d'un thermomètre, placé à la hauteur de i"',2() ■à 1™,50 au-dessus du plancher. La température ne devra pas dépasser 4- 18" à 19'^ centigrades. Si elle tombe au-dessous de -}- 16'^, il faudra chauffer un peu, quelle que soit la saison. Chaque maître est tenu de veiller à ce que la ventilation soit effectuée convenablement.
Les classes, les escaliers et les corridors devront être balayés et époussetés soigneusement chaque jour. Le local entier devra être lavé de fond en comble au moins quatre fois dans l'année; pendant les vacances on blanchira les murs •et on veillera à ce que les croisées soient toujours maintenues bien propres.
Chaque école doit avoir des lavabos pour le lavage fréquent des mains.
Les élèves auront chez eux le moins de travail possible, il est même nterdit d'en donner entre la matinée et l'après-midi.
Les exercices intellectuels devront alterner avec les exercices physiques et plus les leçons approchent du soir, moins elles devront exiger de tension d'esprit de la part des élèves.
Les instituteurs veilleront à la propreté des écoliers. A cet elTet, ils feront une inspection de temps à autre ; les malpropres seront renvoyc's pour se laver dehors.
Les élèves doivent prendre l'habitude de satisfaire leurs besoins pendant les récréations ; il ne sera pas absolument interdit de sortir pendant les leçons, mais cette permission ne sera accordée à la fois qu'à un seul élève.
Les maîtres sont obligés de connaître les principes de l'hygiène publique, de les appliquer dans l'école et même d'user de leur influence pour que les enfants reçoivent dans leurs familles une bonne éducation diététique et physique. Ils feront grande attention pour que le développement corporel marche de front avec celui de l'intelligence.
Dans chaque commune, district ou province de la Couronne sont établies des autorités scolaires chargées de surveiller les écoles, de concert avec les autorités sanitaires.
Dans chaque district se trouve d'ailleurs une Commission permanente d'hygiène scolaire qui fait partie du Conseil des écoles; l'un des membres doit être médecin. Il est tenu de donner son avis dans les questions sanitaires et de remédier aux inconvénients qui s'y rapportent. 11 devra visiter de temps on temps les écoles du district, et rendre compte du résultat de son inspection en proposant les améliorations qu'il jugera opportunes.