CHAPITRE II STOCKHOLM
Généralités — Organisation sanitaire. — Règlement sur les bâtisses. — Dispositions sanitaires relatives à l'air. — Dispositions sanitaires relatives à l'eau. ' — Denrées alimentaires. — Commerce du lait. — Dispositions sanitaires relatives au sol. — Nettoiement. — Canalisation. — Lieux d'aisances. — Ecuries. — Abattoirs. — Mesures préventives contre les maladies contagieuses. — Vaccination. — Isolement et traitement des malades. — Désinfection. — Dépôts mortuaires. — Prostitution. — Bâtiments publics. — Habitations ouvrières. — Hygiène des fabriques. — Hygiène des écoles.
Généralités. — La situation de Stockholm en fait une des plus belles villes du monde. Elle s'élève à l'endroit où le vaste lac Melar se joint à la mer Baltique. Ce lac se jette dans la mer par trois petits bras qui forment des îles sur lesquelles est bâtie la partie la plus ancienne de la ville: les autres parties couvrent les bords du lac et de la mer. puis la grande île de Kungsholmen dans le premier , quelques îlots de moindre étendue et la grande île Djurgârden à l'entrée de la mer Baltique.
Le terrain est très accidenté; la partie de terre ferme où se trouve la ville
est elle-même presque entourée d'eau, de Arstaviken et de Ilamarbysjôn au sud, de Brunsviken et Uggçlviken au nord.
L'origine de la ville remonte au xiii" siècle; elle couvre présentement (1889) une surface de 1,700 hectares et renferme une population de 22o.000 âmes.
D'importants travaux hygiéniques ont été exécutés dans le cours de ces dernières années et les effets en sont sensibles, vu le décroissement de la mortalité. Sur 1,000 habitants, elle a été :
De 27,0o de 187o à 1879; De 24,89 de 1880 à 1884; De 22,01 de 188o à 1888.
Organisation sanitaire. — Stockholm dispute à Bruxelles l'honneur de posséder le service sanitaire le mieux organisé de toutes les capitales du continent. Dans l'une comme dans l'autre ville, toutes les affaires qui ont rapport à l'hygiène puljlique sont dirigées par un Bureau de santé [HelsovUrdsbyran) ayant pour directeur le médecin principal de la ville {Fûrste Stadsldkaren).
A ce Bureau est attaché un inspecteur sanitaire ( Sundhetsinspsektôr ) médecin aussi, qui est le chef de la police sanitaire [Sundhelspolisen),
laquelle se compose d'un commissaire et de 11 agents [Sundhetskonstaplar).
Outre les attributions de la police de sauté, le médecin principal a encore sous sa direction la vaccination, la prostitution, les hôpitaux. ra3sista,nce médicale des pauvres, la médecine légale, la médecine vétérinaire, l'hygiène des écoles, des fabriques, des ateliers, des établissements de bienfaisance, des prisons, etc.
Il est assisté par un grand nombre de fonctionnaires; la médecine légale est confiée au médecin en second; l'assistance des pauvres à 14 médecins de dislricls {Distriktslœkare); la vaccination à des vaccinaleurs attitrés; l'inspection des prostituées à des médecins particuliers, et ainsi de suite.
La construction des b âtisses privées au point de vue sanitaire est la seule chose qui n'est pas du ressort du Bureau de santé; le soin en est abandonné à une Commission spéciale, ce quia donné lieu du reste à de nombreux inconvénients. Aussi, sur la demande expresse de la Commission d'hygiène, celte Commission spéciale prend l'avis du Bureau sur toutes les questions qui se rapportent à l'hygiène et à la salubrité des habitations.
Au Bureau est annexé un laboratoire de chimie pour les analyses d'air, d'eau, du sol ou de denrées alimentaires.
Le médecin principal doit présenter chaque année au conseil médical un rapport renfermant une statistique démographique et nosographique détaillée de la ville.
Les données démographiques lui sont fournies par des agents statisticiens [Rolemœnnen) analogues aux registrars anglais, chargés de noter tous les renseignements relatifs à la population.
Chaque semaine csl pul)lié par le médecin principal un bulletin contenant : un tableau des naissances, les chiflrcs de la population, la uiorlalilé et la morbidité des difTérenls districts, en spécifiant les sexes et l'âge; celle de la semaine comparée à celle des dix dernières années à la même époque; la hauteur barométrique, la température et la moyenne hydrométrique; la statistique démographique; la présence des maladies infectieuses compare'e à celle des dix semaines antérieures; les causes principales de mortalité dans quelques villes de Suède comparée avec celle des pays étrangers (pour la Finlande la ville
d'Abc); le mouvement des hôpitaux de la capitale et enfin les conditions météorologiques pour chaque jour de la semaine.
Toutes les adaires importantes sont transjnises à la Commission de salubrité, composée de la manière prescrite dans le Code d'hygiène, par le médecin principal qui en fait partie.
La police générale est obligée de seconder la j»olico sanitaire, en ce (jui concerne l'observation de ce règlement, et de dénoncer à la Connuission compétente toutes les infractions possibles,
Rkglk.ment sur les BATISSES (Kungœrelsen du 20 octobre 1876). — Dans tout nouveau quartier, il sera ménagé un espace pour la cour de chaque maison, conformément au règlement général pour les villes du Royaume.
Dans les quartiers anciens, cet espace sera pour le moins égal au lir-rs de la surface occupée par les bAtimenls.
Une cour ne doit pas avoir une largeur moindre de 4'", 50. Dans ces mêmes quartiers il sera permis, si les circonstances l'exigent, après un examen spécial, d'établir des courettes qui devront avoir alors 5°"',75 de superficie au minimum. Ces courettes devront avoir une entrée par le rez-dechaussée fermé par une porte à grille, et être pavées en asphalte, en ciment ou en quelque autre matière de même nature offrant un écoulement facile pour les eaux.
Aucun bâtiment ne pourra dépasser 20'", 23 de hauteur.
Dans les nouveaux quartiers on se tiendra pour ce qui concerne la hauteur des maisons par rapport à la largeur des rues aux indications du règlement général.
Si dans les anciens quartiers la largeur de la rue ne dépasse pas 10 mètres, une hauteur de 13 est autorisée ; pour une largeur de 10 à 13"",50 elle sera de 16'", 75 et au delà de 20'", 2o.
Les dispositions portent encore que les maisons de la première catégorie ne pourront avoir que trois étages, celles de la deuxième quatre, et celles de la dernière cinq.
A l'intérieur d'un terrain, les constructions n'excéderont pas la largeur de la cour, plus un quart.
Pour les constructions dont le toit est en pente des deux côtés, sa hauteur ne pourra excéder les 2/3 de la largeur du bâtiment, celle des toits à une seule pente ne défiassera pas les 5/7. Les gouttières doivent déboucher librement à une dislance de 12 centimètres de la rigole de la chaussée.
Aucune maison ne sera crépie avant six mois écoulés depuis l'achèvement de la maçonnerie.
En 1888, la Commission d'hygiène a demandé la modification du règlement dans ce sens : qu'il soit défendu d'élever les murs dans la période comprise entre Décembre et Mars ; que le crépissage ne puisse être opéré en même temps au dedans et au dehors; que toutes les maisons d'habitations, une fois l'aménagement terminé, soient inspecte'es non seulement par la Commission des bâtiments mais encore par un membre de la Commission d'hygiène.
Les tuyaux de cheminées de cuisine devront avoir au moins 30 x 36 centimètres, ceux des chambres 12 x 12 centimètres mesurés intérieurement, et chaque foyer doit posséder son tuyau spécial.
Les autres dispositions du règlement sanitaire seront rapportées à leurs titres respectifs.
Dispositions sanitaires relatives a l'air. — S'ockholm étant situé sur un espace très découvert, l'état naturel de l'air y est plus favorable à la santé que dans la plupart des autres villes.
Les vieux quartiers sont, comme dans toutes les villes anciennes, étroitement construits, mais ce défaut est compensé par les brises de mer rafraîchis santés qui purifient l'air.
Dans les quartiers modernes il y a de vastes jardins publics : le Kungstrœdgârden, jardin du Roi; le parc Berzélius, le Humlegarden, parc au houblon, et plus près à l'est le magnifique Djurgârden que la mer environne de tous côtés.
Au nord de Humlegârden s'étend tout un quartier d'habitations avec jardins qu'on nomme Villastaden, la ville champêtre.
L'importance d'un air pur y est plus appréciée que dans beaucoup d'autres pays, plusieurs dispositions en témoignent : là où les règlements sont incomplets, la Commission d'hygiène veille attentivement à tout ce qui peut réagir sur la santé publique et s'occupe énergiquement d'appeler l'attention des autorités sur tout ce qui est en contradiction avec les règles de l'hygiène.
Il faut convenir, à la louange de l'Administration, que ces réclamations ne sont pas repoussées par des motifs d'intérêts, ou accueillies avec indifférence, mais qu'au contraire elles sont toujours prises en considération.
Dans ces derniers temps, la Commission des bâtiments s'en est rapportée elle-même à la décision du Bureau d'hygiène pour les constructions de nature douteuse au point de vue sanitaire.
Suivant les termes du Code d'hygiène, la Commission de salubrité interdit la mise en location d'habitations insalubres.
Une disposition de la même loi enjoint de veiller à ce que tout local public soit suffisamment aéré, les hôtels et restaurants rentrent dans cette catégorie ; la Commission des bâtisses renvoie tout ce qui a rapport à ce sujet au Bureau d'hygiène avant que les plans de construction aient été approuvés.
La ventilation est contrôlée par la police sanitaire.
Dans les écoles et les hôpitaux, le système par l'air chauffé est le plus usité, soit pur le chauffage central, soit par la vapeur; dans les baraques de malades
Kl". l'Jl.
Ventouse iniiralc de Wiinaii.
cependant on ciiqiluio un niude daérugc plus simple dont nous juirlerou:^ pkis lo'n.
L'ingénieur sanitaire Wiman a rendu de grands services au système de ventilation directe. II fait arriver l'air frais par des ventouses pratiquées dans la muraille (à peu près le même système que Sheringham et" Boyle and Son), ou par des cheminées et des poêles de son invention qui aspirent en même temps l'air vicié.
La figure 191 représente une ventouse murale brevetée de Wiman. Le clapet est en tôle double avec une feuille de carton intermédiaire pour empêcher la condensation de la vapeur d'eau à sa surface ; il se règle au moyen de deux cordons, dont l'un, qui pend librement, est attaché à un œillet percé dans le bord supérieur, tandis que l'autre, fixé à celui d'en bas, passe dans une poulie. Le clapet a, comme la soupape Sheringham, des ailerons latéraux qui servent à diriger le courant d'air vers le haut sans lui permettre de s'échapper sur les côtés.
Fig-. 192.
Puêle ventilateur
Wiman.
Fig. 193.
Coupe du poêle
Wiman de la fii^. 192.
Fig. 194. Fig. 195.
Autre poêle Coupe du poêle
ventilateur Wiman. Wiman de la lig. 194.
Les quatre figures 192,193, 194 et 195 reproduisent la forme des calorifères ventilateurs de Wiman. L'originalité de leur structure est la cheminée isolée placée au centre du poêle (t]g. 193 et 195), dans lequel les gaz brûlants passent en sortant du foyer, et redescendent entre la cheminée el les parois latérales, jus(iu'au tuyau de sortie qui commence sous le foyer, près de la clef du poêle.
Ces appareils sont en briques réfractaires et recouverts de tôle, de fonte ou de faïence.
L'air vicié est aspiré par des tuyaux placés en haut, en bas ou au milieu du poêle (fig. 19!2 et 193). Dans ces derniers, la clef est placée immédiatement au-
dessous du ventilateur : l'ouverture pratiquée sous la clef sert de de'charge pour la suie.
Ces poêles sont organisés de façon à introduire de l'air chaud. L'air frais entre par le bas du poêle, s'échaulfe dans l'espace compris entre la tôle et le foyer et ressort par des ouvertures grillagées des deux côtés du poêle un peu au-dessus du foyer.
Wiman est aussi linventeur d'un mitron original dont la construction est représentée dans la figure 196. 11 se compose d'anneaux, joints ensemble, semblables à des cônes tronqués. Ces anneaux sont en fonte, ce qui les rend plus durables.
Fis:. 190. — .Mitijn Wiman.
Dispositions sanitaires maATivi:*^ a l'i:au. — En Suède, toutes les villes, dont la population dT-passc 10,000 lial)ita!its. |)Osséilent une distribution d'eau, (k'ilc de Stockholm a été achevée eni8t)l.
Dans les comuienccincnls la ville tirait ses eaux d'un golfe du lac Miolar. Arstaviki.'u : actuelleiamt elle est approvisionnée dans la proportion de lîO p. 100 en été, et de 90 p. 100 en hiver par sept grands puits creusés dans le terrain de riillablissenienl d'eau ; les eaux s'y infiltrent venant de l'ArsIavikcn ou du lae d»- llaunnarby, situi' de l'autre côté d'une étroite (diaiiie de collim-s sablonneuses.
lin creusant ces puits, on a ohle lu d 'ux avantages : l'eau, (jui se fravi; un passage à travers d'épaisses couehes de terre, arrive aux réservoirs plus pure que celle du lac et sa température en hiver est de deux à trois degrés
plus élevée que celle du lac, qui n'a constamment que + 0,5° à i ,5° G. difTérence importante, car elle empêche l'eau de se congeler dans les conduits pendant les hivers rigoureux du nord de l'Europe. En été, l'eau des réservoirs est, par contre, un peu plus fraîche que celle du lac.
Les puits sont couverts, et d'une profondeur inégale, variant de 4™, 40 à 1 mètre. Au fond, les parois sont composées de cylindres en fonte de '1™,70 de diamètre; au-dessus elles sont en maçonnerie et à la partie laplus rapprochée du sol, elles sont en granit.
Indépendamment du filtrage naturel, l'eau suhitune épuration ultérieure en traversant les filtres artificiels au sable d'une épaisseur de 0^,90 à 1", "20 selon la quantité de sable impur, enlevée de la couche supérieure.
Quand celle-ci s'est imprégnée de vase et de matières^ organiques, à tel point quel'eau ne filtre plus à travers, on l'écume, pour ainsi dire, à une épaisseur de 1 à 2 centimètres. Dans les mois de décembre, janvier, fe'vrier et mars, cette opération ne peut se faire que très rarement à cause de la congélation. Pendant le reste de l'année, on y procède deux à quatre fois pur mois.
Lorsque la masse filtrante a été diminuée de 30 centimètres, on y ajoute de nouveau une quantité égale de sable pur. Le sable enlevé peut servir encore après avoir été lavé par un arrosage pratiqué avec de fortes lances dans des caisses de bois appropriées à cet usage.
L'eau de l'établissement situé près de l'Arstaviken est amenée par des pompes dans deux châteaux d'eau placés à une assez grande hauteur et contenant 11,776 mètres cubes, de là elle est distribuée dans la ville par simple gi'avitalion. Les murs intérieurs et les voûtes de ces réservoirs sont en briques, à l'extérieur ils sont en granit.
La distribution des eaux a lieu par robinet libre, moyennant une rétribution fixe que les propriétaires acquittent à raison de i2 fr. 75 par chambre.
Il n'y a que les établissements industriels qui payent d'après un compteur.
Dans les quartiers pauvres et plus éloignés, on a établi une quantité de postes d'eau publics.
Au Service des eaux est attaché un chimiste qui soumet les eaux de l'Arstaviken, comme celle des puits et même l'eau filtrée, à des analyses périodiques. L'eau des conduits est en outre analysée au Laboratoire du Bureau d'hygiène.
Les tuyaux de fer et les tuyaux en plomb doublé d'étain sont seuls autorisés pour la distribution des eaux à l'exclusion des tuyaux de plomb.
En 1888, la consommation d'eau, qui s'accroît chaque année, s'élevait à 87 litres par personne et par jour. Sur celte quantité, les deux tiers étaient employés pour les besoins du ménage, et le reste pour les industries et les besoins publics.
Denrées -alimentaires. — En vertu des dispositions du Code d'hygiène, le contrôle des denrées est exercé par la Commission de salubrité, et les analyses nécessaires s'opèrent au laboratoire du Bureau d'hygiène.
Pour le contrôle des viandes, il existe deux bureaux d'inspection dirigés par deux vétérinaires. L'inspection n'est obligatoire que pour la viande de porc au point de vue des trichines, mais le Bureau reçoit une certaine quan-
tité de viande de bœuf apportée soit par la police de sauté, soit par les acheteurs et les vendeurs qui trouventleur avantagea soumettre leurs marchandises à une inspection préventive permettant d'en obtenir un meilleur prix.
La viande de porc dans laquelle on a constaté l'existence de trichines est confisquée et détruite moyennant une indemnité fixée.
Le vétérinaire de la Commission est chargé aussi de contrôler la vente des substances alimentaires qui s'altèrent facilement, telles que : poisson, gibier, charcuterie, œuf, etc. Le lait ne rentre pas dans cette catégorie, car la vente de cet aliment est l'objet d'une surveillance particulière.
Commerce du lait. — Depuis 1886 la vente du lait est organisée conformément au règlement suivant :
Le commerce du lait à Stockholm et :-ur le territoire de la ville ne peut avoir lieu que :
1'" Dans les vacheries où une pièce est spécialement destinée à cet usage :
2° Dans les boutiques ou magasins particuliers exclusivement affectés à ce commerce ;
3" Sur les places de marchés publics et dans les rues, aux conditions presiM-ites.
Ces dispositions ne s'opposent nullement à ce que les vacheries ou crémeries envoient directement à domicile le lait de leur clientèle.
Pour obtenir le droit de vente dans une crémerie, il faut en outre une déclaration par écrit adressée au Bureau d'hygiène avant l'ouverture du débit.
Tout local affecté à la vente ou à la conservation du lait doit être salubre, clair, aéré, convenablement arrangé et proprement entretenu ; il ne peut être employé avant l'approbation de la Commission de salubrité : il ne peut en aucun cas servir d'habitation ou de cuisine ou recevoir quoi que ce soit qui pourrait contribuer à corrompre le lait et à lui donner un mauvais goût.
Pour conserver et transporter le lait, on ne devra employer que des vases propres et bien conditionnés.
Tous les débits de laitages doivent avoir à leur devanture un écriteau in(]ii^uant le commerce et le nom du vendeur, et, dans l'intérieur, un exemplaire des instructions sera affiché au mur.
En cas de maladif, soit dans un logement situé près de la vacherie, soit dans une pièce faisant partie du local de vente, le Bureau d'hygiène devra être informé sans délai; si la maladie est de nature contagieuse, c'est le Bureau, qui prendra les mesures nécessaires pour (jue la propagation du mal ne puisse se faire par le lait.
Avant que les dispositions soient prises et les instructions données, il est défendu de vendre du lait de la vacherie, de la boutique ou du dépôt.
Si la maladie s'est déclarée dans la vacherie après (jue le lait aura été expédié au local de vente, celui-ci ne pourra sortir de ce local sans l'autorisation du Bureau, qui donnera alors les instructions nécessaires; on sera obligé de se conformer rigoureusement à ces instructions.
Le lait et la crème ne pourront être gardés et mis en vente s'ils ne sont francs de tout mélange aqueux et de toute altération étrangère.
HYGIÈ.NE PUBLIQUE. .il
La police sanitaire a libre accès dans les vacheries, crémeries et dépôts avec leurs dépendances, et elle peut, contre paiement du prix, se faire donner des échantillons de chaque sorte.
Toutes infractions à l'une des prescriptions susdites est passible, si le délit ne tombe pas sous la loi commune, d'une amende de 2 fr, 80 à 140 fr. De plus, les contraventions seront rendues publiques, s'il y a lieu, et le délinquant sommé de prendre à ses propres frais les mesures indiquées par le Bureau pour enlever ou détruire le lait incriminé.
Fig. 197. — Séparaleur Laktokrit Do Laval.
Les échantillons prélevés par la police sont examinés au Bureau sous le contrôle de l'inspecteur sanitaire.
Pour déterminer la quantité de matière grasse contenue dans le lait, on se sert d'un appareil ingénieux nommé Laktokrit' construit par l'ingénieur de Laval et reproduit figure 197.
L'appareil se compose : de tubes-éprouvettes en platine auxquels sont joints un tube de verre gradué et un gobelet (à gauche de la figure) ; d'une plaque représentée horizontalement, munie de trous pour recevoir les éprouvettes. Cette plaque s'adapte sur l'axe d'un Séparateur De Laval ordinaire et peut être mise en rotation à une vitesse égale à celle de ce dernier (6 à 7,000 tours par minute).
Un Séparateur avec Laktokrit est dessiné en coupe dans la figure 197, et un Séparateur complet pour l'écrémage du lait est reproduit dans la figure 198.
Lorsqu'on veut faire l'analyse, on mêle 10 centimètres cubes de lait dans un verre de l'appareil avec quantité égale d'une composition d'acide acétique concentré et de 5 p. 100 d'acide sulfurique concentré aussi qui fait dissoudre la
* Cet appareil, ainsi que le Séparateur De Laval, se fabrique dans les ateliers de la compagnie anonyme du Separator à Stockholm.
caséine. Oa ferme ensuite le verre avec un bouchon traversé par un tube de verre et on le place dans un bain d'eau bouillante pendant 7 à 8 minutes. Quand le mélange est bien échauffé, on l'agile fortement, puis on le verse dans le gobelet. On emplit l'éprouvetle en enfonçant sa partie inférieure dans le contenu du gobelet, puis on l'assujettit sur la plaque.
,^>CVf»<'^'
Fig. 198. — Séparateur de De Laval.
L'extrémité supérieure de l'éprouvette est percée d'un petil trou par où s'écliappe au remplissage le trop-plein du liquide.
Cet appareil permet de faire 'l!:2 épreuves à la fois ; si le nombre est moindre, il faudra placer les éprouvettes sur le plateau vis-à-vis les unes des autres.
On met le moteur en activité à sa vitesse ordinaire, on fait durer la rotation environ 5 minutes, au bout desquelles le résultat de l'opération peut se lire sur l'éprouvette, dont chaque degré correspond à 0,1 p. lOOde matière grasse.
Il est reconnu que cette méthode d'analyse donne des résultats aussi exacts <|ue l'analyse chimique.
\ji Séfiaraleur de la figure 197 employé dans les laiteries [iiur l'écrémagc du lait en vue de la préparation du beurre et au pied duquel le Laktokril peut être adapté, a encore une importance hygiénique : il arrête les substances étrangères contaminantes qui se trouvent dans le lait non écrémé.
Parmi les impuretés qui s'y dé-pos mt, on a découvert des bacilles tuberculeux et d'autres bactéries prouvant que le mouvement centrifuge a aussi pour effet de débarrasser le lait de ces matières.
Par co:itre, le lait ainsi traité est considérabIcMKMil moins riche en corps irras que celui écrémé par un autre procédé.
yOO SUEDE
Dispositions sanitaires relatives au sol. — Nettoiement. — Les rues sont o-énéralement pavées, la plupart en pierres taillées ; là où la pente dépasse 1™,20, on emploie le macadam comme moins glissant pour les chevaux ; les marchés et les places de stationnement des voitures publiques sont en asphalte ou en pierre cimentés.
Le nettoyage des rues et l'enlèvement des immondices des maisons sont à la charge de la voirie; toutes les ordures sont emportées en chemin de fer jusqu'au domaine de Riddersvik, qui appartient à la ville et se trouve situé à 12 kilomètres au bord du lac Màlaren, où elles sont ensuite vendues comme engrais. Il y a trois stations pour la voirie et tous les jours plusieurs trains parlent chargés pour Riddersvik.
Les détritus solides sont ramassés dans des tinettes étanches qu'on emporte chaque jour, et les matières liquides s'écoulent directement aux égouts par les conduits des maisons.
Canalisation. — La canalisation, commencée en 1866, est organisée sur le modèle anglais en vue de détourner les eaux pluviales, les eaux sales et l'eau souterraine des quartiers qui en sont incommodés.
Les ouvertures pour l'écoulement des eaux pluviales sont placées à une certaine distance les unes des autres au bord du trottoir, et pourvus de récipients où les matières solides se déposent. Entre ces récipients et l'égout, il y a des coupe-air. L'eau sale des maisons doit passer aussi dans des réservoirs placés dans les cours pour recevoir les eaux ménagères.
Les grands égouts en maçonnerie ont un diamètre de i™,20 à 1"\80 et sont en granit taillé et cimenté, soit de forme ovoïde, soit en forme de tunnel. Les égouts secondaires sont ovales avec un diamètre de 0,60 à 0,90 et également en granit.
Dans une très petite partie, 660 mètres environ, il sont rectangulaires et maçonnés en pierre meulière. Les tuyaux accessoires de 0,15 à 0,4o centimètres sont en poterie vernissée.
La ventilation des égouts s'opère par les regards placés au niveau de la rue ; ils sont établis de façon à fonctionner régulièrement sans lavages; cependant, dans les parties basses de la ville, il a été impossible d'éviter les dépôts, surtout aux embouchures qui s'ouvrent directement sur les cours d'eau des environs à 0,90 centimètres au-dessous de la surface.
Pour l'écoulement des eaux souterraines on a creusé à côté des égouts des fossés remplis de cailloux et de gravier. Là où c'était nécessaire et lorsque l'égout se trouvait à une profondeur suffisante, on y faisait a/river l'eau souterraine par des tuyaux disposés ad hoc. Dans ce cas, on avait soin d'empêcher que l'eau et les gaz de l'égout ne puissent s'échapper.
Lieux d'aisances. — Conformément aux prescriptions du Code d'Hygiène, c'est le système des fosses mobiles qui est appliqué à Stockholm ; toutefois la Commission a le droit d'autoriser l'installation de water-closets dans les maisons situées de manière à ce que les immondices puissent être éloignées par des conduits spéciaux qui les conduiraient à la mer.
STOCKHOLM ' ÎJOl
Le système anglais n'a pu être introduit sur une plus grande extension, l'ingénieur de la ville ayant exprimé la crainte que les excre'ments ne s'attachent aux parois en granit des égouts, en raison des aspérités de ces parois. Cependant, comme ces matières se dissolvent par l'effet de la chasse, cette crainte paraît peu fondée ainsi que l'avait déclaré déjà en 1883 le médecin en chef du Bureau d'hygiène.
A Stockholm, comme à Paris, on est encore méfiant relativement aux water-closets. A l'instar de cette dernière ville, les cabinets établis à Stockholm sont pourvus de tinettes filtrantes au nombre de trois, avec des filtres de calibres différents.
Suivant le calcul du médecin en chef, les 5/6 des matières excrémentitielles sont cependant ramenés dans les égouts et la salubrité y gagne. La preuve en est dans le rapprochement qu'il établit entre la mortalité dans les différents quartiers et le genre de canalisation de ces derniers. La mortalité y augmente à peu près dans la même proportion que le nombre des maisons privées de conduites d'écoulement.
Les tinettes en tùle employées dans le système des fosses mobiles sont intérieurement enduites d'asphalte et fermées hermétiquement, ce qui permet de les expédier pendant le jour.
Leur capacité est de 43 litres. Le Service des vidanges les fait emporter dans des voitures couvertes, à des intervalles réguliers, et conduire par le chemin de fer au iliddersvik.
Ces tinettes sont installées à chaque étage et reçoivent les déjections directement sans tuyau de chute.
La construction des cabinets d'aisances est conforme aux dispositions du Gode d'hygiène.
Des urinoirs publics sont établis en plusieurs endroits de la ville ; quelquesuns consistent en une sorte de caisse en bois remplie de tourbe dans laquelle tombe l'urine, et qu'une compagnie fait transformer en engrais.
Là où il n'y a pas de conduite d'eau, ce système est très praticable pourvu (pie le terrain autour de ces caisses soit rendu imperméable.
Ecuries. — Les règlements de la Commission de salubrité à l'égard des écuries et des établessont les suivants :
1. Les écuries doivent être construites à la dislance de 6 mètres au moins d'une rue et d'un autre endroit public, tel que places, fontaines, puits ou autres lieux d'approvisionnement d'eau.
lt. Il n'est pas permis de placer une écurie dans une maison d'habitation ni d'établir des logements au-dessus et à proximité, à moins que des arrangements spéciaux assez efficaces n'empêchent lair vicié d'y pénétrer par le toit ou les murailles.
3. Le sol de la cour doit être imperméable pour toutes les ordures liquides.
4. La façade lo igitudinale devra s'étendre de préférence du Nord au Sud et l'entrée sera placée du côté le moins exposé au vent.
o. Le ftlaiiciier devra s'élever au-dessus du sol environnant, être revêtu
HO'i SUEDE
de ciment ou d'asphalte pour le rendre imperméable, et avoir une pente assez forte pour que les eaux sales puissent être dérivées dans Tégout et ne pas se répandre dans les rues, les cours ou les places publiques.
6. La hauteur à l'intérieur doit être au moins de 3 mètres, le plafond sera étanche pour que les émanations de l'écurie ne puissent pénétrer dans le grenier à fourrage. Pour la même raison, les abat-foin seront munis de fermeture automatique ainsi que l'escalier du grenier s'il en existe.
7 . Les greniers à fourrages seront pourvus de lucarnes pour la ventilation.
8. L'espace occupé par l'écurie doit être calculé à raison de 21 mètres cubes pour chaque bête.
9. Les stalles doivent avoir environ 3 mètres de longueur sur i™, 80 de largeur, le plancher doit avoir une certaine déclivité sur les deux tiers de la longueur des stalles.
10. Le couloir séparant deux rangées de stalles doit être large de 1™, 80 à 3 mètres, le râtelier doit avoir 90 centimètres et la rigole pour les urines 30 centimètres.
11. Les bases des fenêtres doivent être assez grandes pour que chaque bête ait 0"'^ 5 de surface éclairée.
12. L'aération doit être évaluée à 20 mètres cubes au moins par bête et par heure ; en outre, les croisées seront munies de charnières pour qu'on puisse les ouvrir en été.
13. Pour la boisson et le lavage, il doit y avoir une abondante provision d'eau potable, la même de préférence ; s'il y a possibilité, on fera déverser les immondices liquides dans l'égout par voie souterraine.
14. Les fumiers seront recueillis dans une caisse à engrais mobile et étanche, placée au-dessus du sol, à 6 mètres au moins de distance d'une rue, d'un endroit public ou d'un approvisionnement d'eau quelconque. Cette caisse sera vidée à époques fixes, déterminées par la Commission de salubrité ; le fumier sera emporté dans des charrettes selon le règlement de police en vigueur dans les villes du Royaume.
Abattoirs, — Depuis l'année i^"!"! jusqu'en 18o0 environ, il existait à Stockholm des abattoirs publics construits par la commune où l'abatage était obligatoire, ainsi que l'inspection des animaux de boucherie et des viandes.
A cette époque, on dut raser les anciens abattoirs et les bouchers furent autorisés à effectuer l'abatage dans leurs maisons et sur leurs terrains. Cet état de choses provisoire subsiste encore aujourd'hui.
Toutefois un comité, institué en 1877 par la Préfecture pour examiner la question, a rédigé un projet en vue de construire un nouvel abattoir avec marché aux bestiaux, étables, échaudoirs, etc., selon les exigences de notre époque. Les frais étaient évalués à 3,150,000 francs.
Ceux qui veulent établir et exploiter une boucherie privée doivent être autorisés par la Commission de salubrité qui donnera les instructions nécessaires pour l'entretien et la propreté de ces établissements.
STOCKHCLM 50:j
Mesures préventives contre les maladies contagieuse?. — La vaccination. — Des médecins seuls peuvent exercer la profession de vaccinateurs.
Depuis 1884, il existe un établissement créé par la Commission de salubrité pour fournir du vaccin animal, il est dirigé par le médecin-vétérinaire de la commission. Le vaccin nest employé que lorsque le veau a été abattu et reconnu sain.
Isolement et traitement des malades. — Le projet présenté en 1884 par le médecin principal, le D"" Linroth, en vue d'organiser à Stockholm le traitement des maladies contagieuses comprend :
1. Un hôpital placé à une des extrémités de la ville, organisé d'après le système des pavillons et comprenant :
Un bâtiment pour la variole avec 20 lits.
— le typhus exanthématique. 20 —
— la fièvre scarlatine 35 —
— la diphtérie 28 —
— la rougeole 3o —
— avec cabinets d'observation au nombre de dix au
minimum, chacun avec un lit.
— pour l'administration, contenant aussi des logements
pour les médecins de l'établissement.
Des bâtiments pour les communs, tels que cuisine, buanderie, local pour la désinfection, le brûlage de la paille, écuries, remises, glacières et autres.
Une place sera réservée sur le même terrain à deux baraques provisoires, dont les plans et dessins seront tracés au complet à l'avance, de façon à être dressés sans retard en cas de besoin.
2. Une succursale de cet hôpital du côté opposé de la ville, organisé d'après le même système et comprenant :
Un bâtiment pour la fièvre scarlatine avec. . . 30 lits.
— pour la rougeole 2o —
— pour l'administration et deux salles d'observations.
— pour les communs de l'établissement.
3. Un établissement situé dans le groupe d'iles en deçà du Vaxholm, destiné à recevoir les malades contagieux arrivés par mer et comprenant :
Un pavillon avec 13 lits.
Un local de désinfection.
Un bâtiment pour l'administration et les communs.
4" Un local de désinfection, situé dans l'intérieur de la ville, pour les personnes bien portantes des familles infectées et les vêtements suspects d'infection.
liC nombre des lits disponibles serait donc de 148 au grand hôpital, de 57 dans la succursale, et de 15 à l'hôpital des iles soit en tout 220 lits.
La fièvre typhoïde peut, selon le D"" Linroth, ètie traitée comme par le passé dans les autres hôpitaux de la viUe.
Ce programme n'est pas encore (1889) réalisé, et on continue à utiliser les anciens hôpitaux pour les maladies contagieuses. Pour les besoins accidentels, on élève des baraques sur le modèle de la figure 199. Elles sont faites
ra°DDDDDDDDDDDDDDDD
Fig. 199. — Hôi)ital baraque.
i. salles de malades; — 2, vestibules; — 3, chambres des gardes-malades -^6, chambres de bains; — 7, couloirs: — 8, lieux d'aisances.
Echelle de 1/760
— 4, cuisines; — o, lingerie»
en planches doubles. Les interstices des parois, du plancher et du plafond sont remplies de poudre de charbon.
Une baraque de ce modèle a été dressée en dix jours dans le parc de Bellevue près de Brunnsviken, lors d'une épidémie variolique menaçante. Les frais se sont élevés à 18,000 francs environ.
Une baraque permanente (v. fig. 200) a été construite sur le terrain de l'hù-
UMUM LOnDDD
Fig. 200. — Banque permanente pour isolement.
i, salle de malade ; — 2. vestibule ; — 3, chambre de garde-malade ; — 4, tisanerie ; — 5, lingerie ; — 6, chambre de b:iin ; — 7, couloir; — 8, li.;, x ^'aisances.
pital Sainle-Maria pour servir de local d'isolement; sa longueur totale est de 3:2°', 30 sur 7"\oO de largeur, et lo"',50 de hauteur, entre le sol et le faîte.
La façade qui regarde l'Ouest est flanquée d'un avant-corps ayant 8 mètres de long et 5'", 5 de large. Les parois sont en planches de 7'='^^"'., 5 d'épaisseur, boisées et revêtues de carton en dedans et au dehors. Le toit est en carton enduit d'asphalte.
Le bâtiment contient deux salles de 13 lits, l'espace entre les salles est occupé par la chambre de la garde-malade, une lingerie et une petite cuisine pour la confection des tisanes. Derrièe le vestibule attenant aux salles, qui peut être partagé en deux parties, sont placées dans un avant-corps de bâti-
ment les latrines etja salle de bain. Les planchers des salles sont en asphalte, étendu sur une couche de béton qui repose directement sur le sol recouvert d'une couche de pierres cassées et de gravier. Les autres pièces, excepté la chambre de la garde-malade, ont également un plancher d'asphalte.
Dans tout le bâtiment les parois et les plafonds sont peints à l'huile pour être nettoyés facilement, par l'arrosage et le lavage.
Les salles ont 7,20 mètres carrés de superficie, et 30 mètres cubes pour chaque lit. Les fenêtres pratiquées sur les côtés longitudinaux des salles regardent l'Est et l'Ouest et sont au nombre de 11 dans chaque salle; elles ont 2 mètres de hauteur sur 1 mètre de largeur, leur superficie totale est égale à peu près au quart de celle du plancher.
L'établissement possède une distribution de gaz et d'eau. La salle de bain est pourvue de deux baignoires en cuivre. Les latrines sont établies d'après le système de fosses mobiles en usage dans la ville, mais de telle façon que l'urine s'écoule séparément par un conduit souterrain. On a ménagé dans le cabinet même des citernes en zinc pour les linges souillés qui sont soumis à un lavage continu opéré par un courant d'eau qui passe dans les citernes de bas en haut et va se déverser à l'égout. La rapidité du courant est réglée à volonté.
De cette façon le risque de la manipulation du linge sec porté par des malades contagieux est évité. Ce dernier n'est retiré de l'eau et tordu qu'au moment d'être livre au blanchissage. Les citernes sont munies d'un couvercle fermant à clef.
Le chauffage et la ventilation se font par une sorte de poêle à manteau en tôle, doublée de briques réfractaires. Le manteau ne s'élève que jusqu'à mi-liauteur du poêle, et en est éh^igné de 6 centimètres.
La hauteur totale de l'appareil est de 3"\60 ; son diamètre extérieur est de 0"',fiO ; sa surface calorifique de 7 mètres carrés. L'air frais entre par un tube de 0,60x0,30 venant du dehors, arrivant à la base du poêle, et s'échaufTant en passant entre le poêle et le manteau; ce conduit d'aérageest muai d'une fermeturc à coulisse.
Les fourneaux sont organisés en vue d'une combustion lente, chargés un petit nombre de fois dans la journée, et dépourvus de clefs.
L'air vicié s'échappe par des tuyaux cliauffes par les conduits de la fumée; chaque tuyau d'évent a une ouverture près du plancher pour l'hiver et une sous le plafond pour l'aération en été ; les soupapes de ces ouvertures sfuit fermées pour être hors de la portée des malades.
Le vilra-e supérieur des deux fenêtres opposées de chaque salle est garni de cliarnières en bas de manière à s'ouvrir en dedans et d'une plaque de tôle de ciiaque côté
Tous les conduits d'air sont disposés de manière à pouvoir être nettoyés sans diflicullé.
Pendant l'été, la ventilation peut être renforcée par un voiililaleur a eau, systèines Treutler et SInvartz, installé dans les combk'S au-dessus du centre de l'édifice. Ce ventilateur est mis en communication avec les salles et l'air exté-
rieur, de sorte qu'en fermant alternalivement des soupapes spéciales on peut opérer à volonté l'aspiration ou l'expulsion de l'air.
Les frais de construction de celte baraque se sont élevés à 36,000 francs.
Pour le transport des malades contagieux, la ville possède une voiture particulière analogue à celle de Bruxelles ; elle est revêtue en dedans de bois vernissé qui se nettoie facilement après chaque voyage.
Désinfection. — La ville possède pour la désinfection un local spécial composé de 4 chambres avec salle de bain, étuve et chambre pour l'inspecteur, qui prend soin de l'étuve. Cette dernière est construite par Reck de Copenhague.
Les personnes, qui ont habité avec d'autres atteintes d'une maladie contatagieuse, restent dans l'établissement pendant la désinfection de leur domicile et y subissent, ainsi que leurs vêtements, une purification complète.
Pour le transport des vêtements contaminés, on se sert de véhicules particuliers. Quant aux appartements, ils sont désinfectés par des fumigations sulfureuses, puis nettoyés et aérés.
DÉPÔTS MORTUAIRES. — Chaque paroisse possède son caveau mortuaire. Selon la règle établie par la Commission de salubrité, les cadavres ne peuvertt y être gardés plus de quarante-huit heures dans la saison chaude, et de soixantedouze heures dans la saison froide.
En ce qui concerne l'enterrement et les cimetières, on se conforme aux disposition du Code d'hygiène.
Prostitution {Ôfoerslathallareembetets fôreskrifter du il juin 187o). — Pour surveiller et contrôler les femmes publiques, on a institué un Bureau d'inspection sous la surveillance de la Commission de salubrité et sous la haute direction du médecin en chef de la Ville. Ce Bureau comprend une section médicale et une section de police; à la première sont attachés des médecins, en nombre suffisant, nommés par la Commission, sur la proposition du médecin en chef: la seconde dépendant de la Préfecture, se compose d'un directeur, d'un officier de police et d'un certain nombre d'agents.
Toute femme, qui notoirement fait du libertinage un métier, est regardée comme prostituée.
Toute prostituée devra se rendre au Bureau deux fois par semaine, et même plus s'il est jugé nécessaire, à des heures et des jours fixes, pour y être soumise à une visite sanitaire. Si elle négligeait de se présenter elle-même la Préfecture l'y astreindrait.
Les femmes soumises à l'inspection sont inscrites sur un livret spécial ou l'on consigne le nom de famille, le prénom de la personne, le surnom sous lequel elle est connue, son signalement, son âge, son lieu de naissance, sa demeure, ses parents, ses occupations précédentes et autres circonstances relatives à son genre de vie, ainsi que les motifs qui l'ont poussée à la prostitution.
On mentionne également si elle a été affectée d'une maladie vénérienne et où elle a été traitée.
Chaque fille soumise doit présenter son certificat d'état civil qui est déposé au bureau.
Les visites seront gratuites, toutefois il pourra être accordé une dispense de paraître aux inspections générales pour être visitée à une autre heure, moyennaïit une redevance dei fr. 40 chaque fois.
L'argent provenant de ces paiements est perçu par le chef de la section de police et sert à couvrir les frais d'entretien du bureau.
L'ordonnance renferme encore des règles disciplinaires et des dispositions pénales pour les femmes inscrites ainsi que des instructions pour les employés du bureau.
Une femme soumise à l'inspection peut en être exemptée si elle déclare retourner à un genre de vie honnête; dans ce cas, elle restera pendant trois mois sous la surveillance de la police ; mais si sa conduite ne donne lieu à aucune remarque défavorable, au bout de ce temps elle sera rayée du registre d'inspection.
Il en est de même lorsque les parents ou tuteurs déclarent vouloir prendre soin d'elle, mais dans ce cas il faut une décision de la Préfecture.
Le médecin doit envoyer de suite à l'hôpital toute femme ayant une plaie quelconque ou une sécrétion morbide des organes génitaux, sans juger si le mal est ou non contagieux.
Lorsque le directeur apprend qu'une femme inscrite a encore son père, sa mère ou d'autres proches parents, il doit les avertir par écrit du genre de vie qu'elle mène.
Il doit chercher aussi à découvrir les entremetteurs et les maisons de débauche ainsi que les charlatans et ceux qui logent des femmes atteintes d'un mal vénérien.
Bâtiments publics. — La ville de Stockholm possède plusieurs hôpitaux civils et plusieurs écoles construites selon les règles de l'hygiène.
Parmi les premiers, celui de Saint-Gôran sur le Ivungsholm mérite incontestablement le premier rang; mais l'hôpital du Sabbatsberg, composé de plusieurs pavillons en bois à un étage, le nouvel orphelinat au Nord de la ville et l'hôpital Sainte-Marie au sud, remis à neuf en 1886, satisfont également aux conditions requises, bien ([ue ne correspondant pas complètement au type anglais.
Dans ces hôpitaux, on a établi le chauffage contrai, système appliqué aussi de préférence aux autres établissements publics.
Nous avons donné ci-dessus une description détaillée de quelques intéressantes constructions.
ll.viHTATiONS ouvRiKRKS. — Eii Suèdc, pas plus qu'aillcurs, on n'est parvenu à établir de bons règlements pour la construction d'habitations ouvrières. Les plans ne sont pas examinés par la Commission de salubrité, mais bien par une Commission des bâtisses dans laquelle l'hygiène publique n'e^t pas toujours représentée. Aussi dans les constructions même les plus rccenti's, on n a pas toujours tenu compte des exigences sanitaires. Ce sont pour la plupart de
vastes casernes avec un corridor commun pour plusieurs familles, ce qui ne permet guère, en cas de maladies contagieuses, de prévenir la propagation.
Seules, quelques compagnies industrielles, ayant intérêt à conserver les bons ouvriers le plus longtemps possible, en ont fait bâtir de plus convenablement aménagées.
Celles qui se distinguent le plus sont situées sur le Kungsbolm et sont occupées par les ouvriers de lamenuiserie Ekman. Au nombre de 18, ces habitations forment un petit quartier à part, ayant la forme d'un parallélogramme. Les maisons en bois de charpente sont à deux étages et contiennent chacune deux logements, composés d'une chambre, d'une cuisine, d'une antichambre, d'un bûcher et d'une garde-robe.
Chaque local a son entrée à part. Les chambres mesurent^3'",60 à 4™, 60 de longueur et de largeur sur 2™, 70 de hauteur. Les lieux d'aisances, établis d'après le système de rigueur des fosses mobiles, sont dans un petit bâtiment isolé de forme octogone divisé en huit cabinets avec un tuyau d'évent commun, au centre.
Des petits jardins se'parent les différentes maisons et le loyer par an est de 280 à 300 f an es.
Hygiène des fabriques. — C'est à la Commission de salubrité que le règlement sanitaire de la Suède a confié le contrôle de l'hygiène dans les fabriques. Les dispositions qui s'y rapportent se retrouvent dans le Code d'hygiène ainsi que dans l'ordonnance concernant l'emploi des mineurs dans les fabriques, les métiers ou autres industries dans lesquelles la création d'inspecteurs spéciaux [Fabriksinspektorer) est également prévue.
Hygiène des écoles. — Le Code d'hygiène prescrit à la Commission de salubrité de contrôler l'état des écoles, surtout au point de vue de la ventilation. Voici les conditions imposées par cette commission à Stockholm * :
l.Les dimensions des salles doivent être telles que chaque élève possède 5 à 6 mètres cubes d'air respirable et environ l"^"-, 50 de plancher;
2. Tant que durent les leçons et les exercices, il faut qu'une certaine quantité d'air pur (environ 15 à 25 mètres cubes par heure pour chaque élève) soit introduit dans les salles. Cette mesure augmente de proportion selon l'âge des élèves. Un volume égal d'air vicié doit être en même temps chassé du local. Dans les salles de récréation, de gymnastique et de fêtes, l'air sera renouvelé deux à trois fois par heure. Pendant les récréations, l'air doit être renouvelé complètement dans les classes.
3. Dans les vestiaires, l'air doit être changé deux fois par heure. Un renouvellement complet doit y être possible;
4. La température des salles prise à un mètre au-dessus du plancher doit être maintenue à 17" G. environ pendant les classes ; celle des vestiaires et des salles de gymnastique à 14°. Autant que possible la température sera maintenue égale dans le sens vertical comme dans le sens horizontal ;
Conionriément au projeL du D' Almqvist et de riugénieur Westin.
5. L'air pur introduit par les conduits de ventilation ne doit pas avoir une température inférieure à+ 12^ et supérieure à + 40";
6. Les calorifères à chauffage central ne doivent pas être chauffés au delà de 40", sauf aux époques de l'année où la température extérieure s'abaisse jusqu'à — '20 ";
7. La température des surfaces calorifiques placées dans les classes ne doit pas dépasser 90", à moins qu'elles ne soient pourvus d'écran ou disposés de telle sorte que le rayonnement de la chaleur ne donne lieu à aucune incommodité;
8. Dans les classes, on ne doit garder ni vêtement ni objets de nature à vicier l'air;
9. Toutes les surfaces calorifiques doivent être closes hermétiquement et d'un accès facile pour le nettoyage et l'inspection. Les batteries de chauffe qui se trouvent dans les classes auront des ornements simples et des surfaces unies. On évitera soigneusement les nids à poussière;
10. Les ouvertures, pratiquées dans le mur extérieur pour laisser pénétrer l'air frais, ne doivent pas être placées à proximité des rigoles, latrines, urinoirs et autres endroits où l'air pourrait être infecté;
11. Les conduits de l'air pur et même de l'air vicié ne doivent pas être établis dans un terrain humide ni traverser des matières qui, même sèches, pourraient influer défavorablement sur l'air;
\û. Les ouvertures, par où entre l'air, seront placées de telle sorte que le courant ne frappe pas directement les personnes qui se trouvent dans la chambre. Les ouvertures par où l'air sort seront pratiquées, les unes près du plancher en vue de l'évacuation en hiver, les autres près du plafond en vue de la ventilation en été, ou dans les cas où il ferait dans la chambre une clialeu r excessive. Les ouvertures près du plancher seront assez hautes pour qu'aucune saleté ne puisse, pendant le balayage, s'introduire dans les conduits d'air;
13. Tous les tuyaux conduisant l'air au dedans ou au dehors doivent être pourvus de regards pour permettre de les nettoyer avec le plus grand soin ;
14. Les embouchures des conduites d'air, aussi bien celles des classes que celles du dehors, seront pourvues d'un gi-illage empêchant les gros objets de s'y introduire. Ces grilles seront adaptées de façon à pouvoir facilement être enlevées pour le nettoyage ;
15. La grandeur des tuyaux de ventilation sera telle que la rapidité du courant d'air ait une vitesse moyenne de 90 centimètres ;
16. L'air pur des classes doit être humecté dans la proportion de 50 à 00 p. 100 [)Our une température de 17 degrés;
17. Lorsqu'on emploie le système du chauffage central de l'air, les chambres des calorifères doivent être spacieuses et leurs portes assez grandes pour permettre à une personne adulte d'y entrer debout ; les parois de ces chambres seront blanchies et entretenues avec le plus grand soin. Des thermomètres permettront d'y contrôlera distance la température des classes. Les ouvertures pour la ventilation des classes pourront aussi y être réglées. Les iiuvcrtures de l'air frais doivent être ménagées de telle fagon que sa quantité près des calorifères ne dépende pas de la direction du vent au dehors;
18. Les produits de la combustion du gaz d'éclairage ne doivent pas se
fi 10 SUEDE
répandre dans l'air. Les tuyaux d'évacuation peuvent s'ouvrir et se fermer par les mêmes robinets qui sers^ent aux conduits du gaz.
19. Les châssis supérieurs des fenêtres des classes et des vestiaires sont munis de charnières au bas et de plaques latérales pour les ouvrir en dedans. Les croisées intérieures auront aussi des charnières;
20. On établira une bonne ventilation dans les cabinets d'aisances et autour des vases qui renferment les déjections. On emploie à cet effet deux systèmes différents : l'un pour aérer le local et l'autre indépendant du précédent pour aérer sous le siège. Les tuyaux d'évacuation montent jusqu'au niveau ou au-dessus du toit des maisons environnantes ;
21. Les urinoirs doivent toujours avoir un écoulement souterrain et être munis d'une conduite d'eau ;
22. Dans les caves, les réduits, etc., on établira des ouvertures pour l'air frais ainsi que des tuyaux d'évacuation ;
23. Tous ces endroits ainsi que les antichambres, les escaliers et les greniers seront proprement tenus, on n'y permettra aucun amas de poussière ou de saletés;
24. Pendant la saison chaude l'aérage ne se bornera pas à la mesure indiquée plus haut; mais les chambres seront aérées nuit et jour au moyen de ventilateurs pratiqués aux croisées ;
25. La superficie des fenêtres doit être au moins égale à la sixième partie de la surface du plancher ;
26. On établira en nombre suffisant des salles et des locaux de récréation;
27. Les planchers seront vernis à l'aide d'enduits à l'huile ; dans les pièces où une bonne ventilation est organisée, les murs et le plafond seront peints à l'huile.
Quant à la surveillance à exercer sous le rapport de l'hygiène scolaire, le règlement des écoles suédoises, établi en 1878, statue que dans les établissements d'instruction possédant des ressources suffisantes, il y aura un médecin chargé de soigner les élèves pauvres, et de rechercher les circonstances qui l)euvent influer défavorablement sur la santé des enfants.
Au commencement et vers la fin de chaque semestre le médecin devra procéder à l'inspection des élèves et en noter le résultat suivant un formulaire remis par le Conseil médical. A la suite de cet examen, le médecin décidera si un élève doit être dispensé en totalité ou en partie des exercices militaires ou gymnastiques.
A la fin du semestre il fera un rapport sur l'état de santé des élèves de l'établissement.
Ces dispositions n'ayant pas donné les résultats désirables, on institua un Comité chargé de traiter la question de l'hygiène scolaire. Le rapport de ce Comité, rédigé par le professeur Key, est le travail le plus instructif et le plus complet qui ait été fait sur cette matière.
Il renferme un projet détaillé relativement à l'inspection sanitaire dans les écoles publiques. Celle-ci serait confiée à des médecins particuliers qui s'adjoindraient chacun un instituteur pour l'exécution de certains travaux tels
que pesage des élèves, choix des meubles, etc., et la surveillance journalière de l'hygiène dans l'école.
Le projet ne semble pas complètement praticable parce que Ihygiène des écoles y est trop isolée de l'hygiène publique. C'est ainsi qu'il abandonne à la direction scolaire la question de la fermeture des écoles en temps d'épidémie, tandis que cette mesure rentre incontestablement dans les attributions des autorités sanitaires.
Ensuite, c'est le médecin de l'école qui, dans le projet, doit examiner et approuver l'emplacement des bâtiments, lorsque ce soin devrait être confié au Bureau d'hygiène, qui, s'occupant exclusivement des questions d'hygiène publique de cette nature, sera sans contredit plus compétent sur la matière que le médecin de l'école.
UYGIÈNK PUULIQUE. 33