CHAPITRE VI
Siège de l'hystérie.
Les faits particuliers que nous avons cités, l'analyse que nous en avons faite à mesure, et celle que nous venons de présenter sur l'hystérie en général, nous mettent sur la voie, et déjà nous pourrions arriver à une solution satisfaisante. Mais il nous faut quelque chose de plus encore : il faut nous entourer de tout ce qui peut donner plus de force à notre opinion, dans un sujet aussi délicat et aussi controversé. Beaucoup d'opinions ont été émises : toutes s'appuyent sur des faits et des raisons que nous sommes loin de repousser mais dont il importe d'examiner toute la portée et toute la valeur avant d'aller plus loin, afin de nous faire une idée juste de ce qu'il y a de vrai dans chaque opinion, et de ce qu'il y a d'exagéré ou d'erroné. C'est donc par l'examen critique de chaque opinion que nous allons commencer.
Oserions nous aujourd'hui réfuter sérieusement l'antique opinion qui faisait consister l'hystérie dans les aberrations ou vagabondages de la matrice? déjàGalien avait fait observer que de semblables déplacements n'étaient pas possibles, et qu'en supposant que la suffocation en fût l'effet, elle serait bien plutôt occasionnée par l'estomac distendu par les aliments. Cependant bien longtemps après lui, la plupart des auteurs ont continué de croire à ces causes utérines. Ce qui avait porté Aétius, qui, mieux que personne, avait signalé leur impossibilité analomique, à justifier les anciens, en attribuant les phénomènes, qu'on disait occasionnés par les
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déplacements, à la réaction de la matrice sur le cerveau et sur les autres organes : Videturque, ajoute-t-il, utérus velut ad supernas partes ascendisse. Aujourd'hui personne n'y croit plus. L'anatomie mieux connue ne permet pas le moindre doute. La matrice est trop solidement fixée dans le bassin, pour s'en échapper jamais ainsi. D'ailleurs, comme Willis l'a déjà fait remarquer, ce ne sont pas les chutes et autres déplacements de la matrice qui occasionnent rien de semblable aux phénomènes de l'hystérie. Non point que nous voulions nier la possibilité de la production de l'hystérie par un prolapsus de l'utérus. Le docteur Suffert, de Berlin, a vu la réduction d'une chute complète de matrice guérir une femme de 48 ans, qui éprouvait depuis plusieurs années des crises fréquentes d'hystérie. Mais alors il n'y avait point de voyage, point de mouvements de cet organe. Il restait fixe et immobile dans le lieu où l'avait placé sa descente. Il n'agissait que par le malaise et l'irritation qu'il recevait de cette position anormale.
L'opinion qui a placé l'hystérie dans l'humorisme serait peut-être difficile à réfuter, si on voulait le faire sérieusement. Car, si elle ne peut pas établir les principes sur lesquels elle se fonde, on ne peut pas non plus les combattre ; et dans l'économie animale malade, il ne suffit pas de nier. Le vieil humorisme est tombé ; le solidisme et le vitalisme en ont sapé les bases vermoulues. Nous nous dispenserons de reproduire leurs longues luttes et leurs savantes et quelquefois ridicules discussions. Ce serait faire rétrograder la science que de rappeler ces vieilleries scholastiques. Nous la prenons où elle est et telle qu'elle est. En regardant la cause de l'humorisme comme jugée et perdue, nous ne voulons point nier l'altération des humeurs : l'expérience viendrait nous démentir à chaque instant. Nous ne parlons que de cet humorisme absurde qui s'appuyait sur des acres, des acides, des vices, des esprits, etc. Mais prenons garde aujourd'hui,
en reconnaissant la viciation des humeurs, de ne pas nous fourvoyer dans une route non moins vicieuse que celle des anciens. Nos discussions sur la forme, le nombre, le volume et la couleur des molécules et sur leur puissance, sur les animalcules , sur les pôles électriques et autres gentillesses de ce genre, seront-elles mieux traitées par la postérité, que nous ne traitons nos devanciers humoristes? N'aura-t-elle pas aussi ses Aristarques ? Et ne devons-nous pas trembler de paraître devant elle avec ces bagages microscopiques? Lorsque nous écrivions ces lignes, nous semblions prévoir qu'on ferait à l'hystérie l'application du microscopisme moderne. Ainsi que nous l'avons dit plus haut, M. Marchand vient de faire de la maladie une aglobulie, parce qu'il a observé une diminution dans la quantité des globules. Cet appauvrissement du sang peut, il est vrai, occasionner l'hystérie et les phénomènes nerveux les plus variés, par l'impression pénible qu'en reçoit le système nerveux, et nous l'avons signalé comme une des causes de la maladie. Mais il n'en est pas la cause unique et absolue, comme le veut notre honorable confrère. Qu'on jette un regard sur les cas d'hystérie rapportés par les auteurs, et l'on s'en convaincra aisément. Lorsque la maladie est chronique, la quantité des globules sanguins diminue ; mais cette diminution est effet et non cause. Elle est l'effet de la souffrance et de la diminution de l'alimentation. Nous avons vu aussi Yhyperglobulie ou hyperémie produire l'hystérie. D'ailleurs combien de femmes aglobuliques ne sont pas hystériques! et combien de femmes hystériques ne sont pas aglobuliques ! L'auteur ne nous paraît pas faire au système nerveux une part suffisante. Nous l'avons dit bien des fois : c'est en généralisant ainsi par anticipation et d'une manière absolue, qu'on nuit aux progrès de la science, ou qu'on l'empêche de profiter des bonnes choses que l'exagération fait bientôt repousser.
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Après la croyance aux pérégrinations utérines,, l'opinion qui a compté et qui compte encore le plus grand nombre de partisans, est celle qui place le siège de l'hystérie dans la matrice. Dans quelques lésions physiques, nerveuses, ou vitales qu'on la fasse consister, elle réunit la plupart des auteurs modernes. C'est à la puissante influence de l'utérus malade et à ses réactions sur l'organisme qu'ils attribuent tous les phénomènes qu'on observe. C'est l'utérus qui reçoit l'impression de toutes les causes, ou directement, comme dans les actes physiologiques et dans leurs nombreuses modifications, ou indirectement, comme dans les frayeurs, émotions, affections vives quelconques, dans les maladies des autres parties ou viscères. Tout va retentir dans cet organe, dispensateur et moteur général de tous les actes de la femme. Tout émane ensuite de ce foyer. Les réactions sympathiques expliquent tout, et l'action de la cause et la réaction de l'organe. En plaçant l'hystérie dans une affection nerveuse ou vitale sans lésion physique, sine materia , on prévient l'objection que peut faire naître l'intégrité du tissu de la matrice. Si l'on fait observer que la maladie s'est présentée à tous les âges, chez les filles, chez les femmes, chez les religieuses , chez les prostituées , on objecte que chez toutes la matrice conserve sa puissante influence et qu'elle ne perd jamais ses droits. Quant à l'hystérie qui a paru se développer et marcher sous l'influence de la lésion morbide d'un autre organe et se dissiper avec elle, on fait encore intervenir les réactions pathologiques, d'abord sur l'utérus, et ensuite de cet organe sur l'économie , ou bien l'on infirme la sagacité des observateurs, qui ont pu se tromper, et l'on élève ainsi des doutes sur la justesse des faits, aGn d'en atténuer la valeur et de les faire rejeter. Pour nous qui ne nous sommes fait aucune opinion préconçue, qui, par conséquent, ne rejetons aucun fait par esprit de système , et parce qu'il vient contrarier notre manière de voir, nous accueillons
tous les faits qui ont été recueillis et bien observés ; nous admettons surtout ceux que nous avons observés nous-même, parce que nous sommes bien sûr de ce que nous avons vu , nous sommes bien sûr que personne ne nous a induit en erreur. En raisonnant ainsi d'après tous les faits sans exception, nous arrivons à faire plus qu'élever des doutes sur la vérité du siège de l'hystérie dans l'utérus. — Et d'abord il nous paraît bien difficile d'admettre comme malade un organe qui jouit de toute la plénitude et de toute la régularité de ses fonctions, comme les auteurs en citent des observations nombreuses , comme nous l'avons vu dans les observations I, II, III, V, VI, XIV, XVI. Vainement on cherchera à se retrancher derrière la lésion vitale, derrière la modification spéciale nerveuse; on ne nous fera jamais croire qu'un organe qui exécute bien ses fonctions, et dans lequel il ne se passe aucun acte morbide, soit l'organe malade. A ce compte, la pathologie serait renversée de fond en comble, et il serait impossible de trouver rien de solide, rien de stable. Car enfin, ce que les uns voudraient pour la matrice, les autres n'auraient-ils pas le droit de le vouloir pour le cœur, paur le poumon, pour l'estomac, etc ? Dieu sait où nous conduirait ce dévergondage pathologique. L'analogie qu'on a cru trouver entre l'hystérie et les coliques et douleurs menstruelles ne prouve pas mieux en faveur du siège de cette affection dans l'utérus, puisqu'il n'y a pas une dame sur vingt qui voie l'hystérie être occasionnée par ces malaises. Il en est de même du spasme qui se fait sentir parfois chez quelques femmes atteintes de lésions utérines, lorsqu'elles éprouvent quelque influence morale. On remarque ces spasmes chez toutes les femmes nerveuses, lors même qu'elles n'ont pas la moindre apparence de lésion de l'utérus.
Ne savons-nous pas que c'est après l'âge critique de la femme que surviennent presque toutes les maladies de l'u-
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térus, et que l'hystérie ne paraît presque jamais alors, tandis qu'elle devrait faire comme les autres, si elle était véritablement une maladie de l'utérus? Pour nous qui nous sommes accoutumé de bonne heure à voir la maladie là où elle se montre et à en peser les actes avec une scrupuleuse attention, pour ne pas attribuer à un organe ce qui appartient à un autre, nous éprouvons plus que de la répugnance à croire malade un organe qui remplit toutes ses fonctions et dont il n'émane aucun acte pathologique. Si maintenant nous faisons la réflexion qu'une émotion (obs. I), une frayeur (obs. II, III), des chagrins (obs. IV), l'imitation (obs. XVI) , une indigestion (obs. V), une péritonite (obs. VI), une perte de sang (obs. XIII), une chlorose (obs. XV), une glande au sein et mille autres affections de différents organes ont été la cause et le point de départ de la maladie, nous ne concevrons guère comment le cerveau, l'estomac, le péritoine, le sein, etc., ont pu agir d'abord sur l'utérus pour que celui-ci réagît sur le reste de l'économie : car nous ne pensons pas qu'on veuille supposer que la matrice ellemême a reçu l'impression de la frayeur, des aliments, de la phlogose, de la glande. Il faudrait pour cela faire une supposition ridicule, ou bien que cet organe s'est transporté dans le cerveau, dans l'estomac, etc., ou bien que ces viscères sont eux-mêmes venus prendre la place de l'utérus ! ! et pourquoi faire ? pour employer la matrice comme moyen intermédiaire dans la production d'actes qui ne lui appartiennent pas, tandis qu'ils peuvent opérer directement euxmêmes cette réaction ? Quelle complication de rouages il faut admettre et supposer, tandis que la chose s'exécute et s'explique beaucoup plus simplement! Ces raisons, qui déjà sont toutes puissantes pour renverser la doctrine du siège de l'hystérie dans l'utérus, deviennent tout à fait péremptoires , lorsqu'on leur adjoint les faits d hystérie chez l'homme. Non seulement j'en ai observé (obs. XVIII)
quelques faits , mais d'autres observateurs nous en ont transmis un grand nombre, et c'est principalement sur eux que je m'appuyerai, afin qu'on ne puisse pas m'accuser d'avoir mal vu ou mal jugé. Il serait impossible de récuser un aussi grand nombre d'observateurs, d'ailleurs si désintéressés dans la question. Pison le premier s'est exprimé ainsi: hysterica pathemata omnia fere viris cum mulieribus communia sunt. De le Boë admet aussi la suffocation utérine chez les hommes, et il recherche dans un paragraphe quales viros ajjligat id malum. « Les vapeurs, dit Raulin, ont aussi acquis des droits sur les hommes. » Cullen assure que l'hystérie attaque les hommes aussi bien que les femmes, quoique plus rarement. Boerhaave le reconnaît aussi, voici comment s'exprime son savant commentateur : Et in viris similia quandoque mala observantur ; facile patet, uterum pro causa absoluta et unica passionis hysterica haberi non posse. De Gorter dit que la convulsion hystérique attaque les personnes des deux sexes qui ont souffert des évacuations trop considérables, etc. Sydenham l'admet indistinctement chez les deux sexes. Frédéric Hoffmann a cité une observation d'hystérie, dont un jeune homme fut atteint. Ailleurs il accuse l'inversion et la perversion du mouvement périslaltique des intestins, d'être la cause de la maladie chez les hommes, de la même manière que chez les femmes le mouvement spasmodique des nerfs : motus nervorum spasmodicus ex uteri vilio. Morgagni cite l'observation d'Antonius Ferrarinius , dont les crises furent regardées instar hystericis par Bamazzini et quelques autres médecins. Le professeur Leroy, de Montpellier, l'admettait chez les hommes; Whytt, Lory, Tissot, l'ont aussi reconnue chez lui. Pomme va jusqu'à la regarder tomme assez commune. « Tous les jours , dit-il , on voit des hommes que l'on pourrait appeler hystériques. » Louyer-Villermay lui-même cite plusieurs observations d'hystérie chez les hommes, quoiqu'il ne les regarde que comme
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des accidents nerveux , des mouvements convulsifs très-analogues à ceux qui caractérisent 1 hystérie. Maisonneuve a vu un épileptique prendre également des crises hystériques. M. Gardien pense que les hommes sont sujets à l'hystérie : il en a vu plusieurs ; mais il en a plus spécialement observé un dans le département de l'Allier. Le professeur Halle , cité parle docteur Monet, a vu plusieurs hommes éprouver tous les phénomènes qu'on remarque chez les femmes hystériques. Georgeten cite un exemple.. M. Trolliet, médecin distingué de Lyon , et qui aujourd'hui jouit à Alger d'une réputation si justement méritée, vient aussi , par des faits puisés dans sa pratique et dans celle des hôpitaux, démontrer que la maladie est commune aux deux sexes. Plus tard, M. Brachet, observant sur le même sol , est arrivé aux mêmes conséquences , tout en reconnaissant la plus grande fréquence de la maladie chez la femme. M. Cerise aussi reconnaît l'existence de la maladie dans les deux sexes.
Parmi les auteurs modernes qui ont fait de l'hystérie une étude approfondie, on ne saurait citer avec trop d'éloge M. Dubois, d'Amiens, dont l'histoire philosophique de l'hystérie et de l'hypochondrie est marquée au coin des talents supérieurs. Il admet l'opinion qui place le siège de l'hystérie dans l'utérus. Il n'en fait , il est vrai , qu'une excitation vitale primitive sans lésion physique ou organique apparente, et réagissant sur le reste de l'économie par ce grand consensus, cette conspiration si bien établie par Hippocrate, et constatée par tous les observateurs qui lui ont succédé et dont il invoque le témoignage. 11 réunit en sa faveur toutes les raisons les plus propres à en démontrer la solidité; mais par une concession que lui arrache la force de la vérité et des faits, il convient, pag. 261, que ce n'est que dans le plus grand nombre des cas. Cet aveu est précieux , et nous nous empressons d'en prendre acte. Pour qu'une opinion soit valide est vraie, elle doit réunir tous les faits en sa faveur ; un
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seul qui lui est contraire suffît pour la renverser, et voilà qu'on nous avoue que c'est dans le plus grand nombre des cas seulement, que le siège de la maladie est dans la matrice. Dès le moment qu'il n'y est pas toujours, l'hystérie ne peut pas être une maladie de l'utérus. Le point de départ fùt-il le plus souvent et même toujours dans la matrice, que le siège de la maladie ne serait plus dans cet organe , puisqu'on reconnaît qu'il est et qu'il peut être ailleurs. M. Dubois rejette les lésions organiques de l'utérus et des ovaires que Diemerbroëck , Yalsalva , Morgagni et tant d'autrts ont invoquées, parce qu'il les regarde comme bien insuffisantes pour prouver son opinion. Personne mieux que lui n'a su réfuter les raisons que Louyer- Villermay apporte en faveur du siège de l'hystérie dans la matrice. Il démontre avec beaucoup de talent et de vérité la futilité des deux pléthores spermatiques primitive et consécutive, de la pléthore sanguine, etc.
Louyer- Villermay avait fait valoir une raison qui lui semblait péremptoire. « Pendant les accès d'hystérie, dit-il , la main placée sur l'hypogastre reconnaît un mouvement vermiculaire , qui se fait sentir au doigt placé dans le vagin. » Ce mouvement vermiculaire de l'hypogastre se fait sentir dans tous les autres régions de l'abdomen et même du corps; il ne peut donc être d'aucune valeur. Quanta l'introduction du doigt dans le vagin , je doute que l'auteur l'ait jamais pratiquée. Cela serait , qu'elle n'aurait plus de valeur, puisque le même frémissement se fait sentir partout. Dans le fait très-remarquable qu'il a emprunté à la dissertation de M. Rullier, et dans lequel la jeune personne succomba à la violence des accidents de la strangulation , on ne trouva aucune lésion notable dans le tissu d'aucun des organes de la génération. Il n'y avait qu'une cougeslion veineuse dans le cœur et dans les veines céphaliques. Le même auteur insiste à plusieurs reprises sur l'écoulement muqueux ou spermatique vulvaire qui termine l'accès. Nous avons déjà apprécié à sa
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juste valeur ce phénomène qui , d'ailleurs, se présente chez beaucoup de femmes ou de filles, toutes les fois qu'elles éprouvent la moindre émotion , la moindre sensation pénible. M. Bécamier prétend aussi avoir constaté des contractions utérines pendant une crise. Indépendamment des raisons que nous avons fait valoir contre celte sensation, il en est une assez probante, c'est l'impossibilité où est l'utérus de se contracter pendant son état de vacuité.
Déjà vingt fois nous avons eu occasion de signaler l'absence des lésions organiques de l'utérus dans l'hystérie, et la fréquence de ces lésions sans coïncidence avec cette maladie. Selon la remarque de Georgct, « rien n'est si commun que ces lésions chez les vieilles femmes; à peine rencontret-on , en effet, un petit nombre de celles-ci sans altération, désorganisation , ossification, hydropisie, etc. , de l'utérus ou des ovaires , et je n'ai jamais observé d'hystérie chez elles; aucun auteur ne fait mention non plus de pareil événement. Il est bien singulier aussi que des cancers, des désorganisations les plus douloureuses ne naissent jamais de ces accidents. » J'emprunterai à M. Chauvin les paroles qu'il imprimait en 1840 dans le 4e volume de la Revue médicale, « Est-ce bien dans l'utérus que naît cette sensation de boule qui quelquefois ne se fait sentir qu'à l'épigastre , ou bien dans les ganglions nerveux du voisinage? L'utérus, cet organe musculo-membraneux qui est le moins nerveux et le moins sensible de toutes les parties du système générateur chez la femme , qui n'est destiné qu'a servir de réceptacle au fruit produit par les autres organes , qui , dans toutes ses maladies appréciables à nos sens, dans ses phases d'action et de repos, ne donne lieu à aucune convulsion nerveuse. Pourquoi veut-on que la matrice soit le siège du mal , lorsque le clou hystérique tourmente la tête, la poitrine ou un des membres? Quand on verra chez une femme des convulsions ou des désordres nerveux, on dira aussitôt : c'est de l'hystérie,