‹ Traité de l'hystérieChapitre 11 sur 19 · TP.A1TR · texte numérisé non relu

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c'est l'utérus ; et, si l'on voit la môme chose chez un homme» on ne voudra pas que ce soit de l'hystérie , quoique souvent l'ensemble des symptômes soit mieux caractérisé. On pourrait presque aussi bien dire que les femmes n'ont jamais la goutte , que dire que les hommes n'ont jamais l'hystérie. »

Comment enfin accorder cette opinion avec les causes contradictoires que Broussais est forcé de lui reconnaître ; indigestion , gastrite , frayeur, émotion , péritonite , etc., causes toutes étrangères à l'utérus ? Ce qui a pu l'induire en erreur, ainsi que les auteurs dont il a partagé les errements, c'est qu'il a adopté d'une manière trop absolue l'opinion qui ne veut reconnaître d'hystérie que pendant la vie utérine, pendant la durée de la période menstruelle ; tandis que de nombreux, exemples d'hystérie se sont manifestés soit avant la première menstruation , soit après l'âge critique. On a môme vu des femmes de 80 ans enôtre atteintes, ainsi que Chambon l'a observé chez une de ses parentes, et M. Beau, de Beaucaire, chez une femme de 60 ans.

Il ne nous convient plus d'examiner, si , comme l'ont voulu beaucoup d'auteurs, Pujol , Lisfranc, Duparcque, etc. , la lésion de la matrice est capillaire et inflammatoire, ou si elle est purement nerveuse et vitale , ainsi que l'ont voulu Pinel , Gardien , Louyer-Villermay, M. Dubois, d'Amiens , etc. Une phlegmasie chronique produit l'hystérie , on en conclut que la phlegmasie est nécessaire. Malheureusement on ne s'appuie que sur les faits qu'on a observés, et personne ne peut tout voir. Aussi, bien souvent il n'y a aucune lésion; alors les vitalistes sont triomphants. Nous pouvons apprécier ces deux manières de voir qui, d'ailleurs, se résoudront d'elles-mômes par la seule force des choses, par l'obscrvavationetla méditation. M. Landouzy s'est vivement prononcé en faveur du siège de l'hystérie non plus seulement dans l'utérus, mais dans tout l'appareil génital delà femme, et surtout dans son svstôme nerveux, modifié d'une manière im-

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possible à préciser, et réagissant ensuite par des irradiations s'étendant , par les nerfs des deux vies , à tous les organes- Comment se fait-il que plus loin (p. 253 et 352) il admette des hystéries occasionnées par la présence des entozoaires , et guéries par leur expulsion? Comment se fait-il que dans sa 4e observation il voie les crises se renouveler sous les moindres influences morales ou atmosphériques? Comment encore une jeune fille (dans sa 151e observation) a t-elle pu devenir hystérique par une frayeur et guérir par une autre frayeur? Comment enfin , dans sa 365e observation , les tubercules pulmonaires ont-ils pu seuls occasionner l'hystérie , puisqu'ils étaient la seule lésion pathologique?

M. Bouillaud , ne croyant pas à la présence des nerfs dans l'utérus, nie , contre l'opinion de M. Fovilie, que ce viscère en soit le siège et qu'il y participe en rien, ce que M. Lan-, douzy réfute très-bien.

Que peut-on trouver de plus convaincant contre cette opinion que ces divergences, que ces hésitations parmi ses partisans les plus déclarés? Le docteur Schutzemberger fait presque tout dépendre de l'ovaire , dans lequel il place une excitabilité spéciale. Cependant il admet quelquefois le point de départjdans d'autres organes, et plus particulièrement dans le système nerveux sensitif , et dans la moelle épinière, dont l'action réfleclive se manifeste par les contractions couvulsives indépendantes de la volonté.

Ceux qui ont placé le siège de l'hystérie dans le cœur, l'cs^ tomac , le poumon , l'intestin , etc. , parce qu'ils avaient vu la cause agir d'abord sur ces organes et en faire le point de départ de la réaction morbide , ont été moins heureux que les partisans de l'opinion précédente, parce que les cas dans lesquels la maladie arrive de cette manière sont infiniment plus rares , et que dès-lors c'est forcer un peu trop l'induction que de vouloir ainsi généraliser quelques faits. Nous ferons les mêmes objections et avec plus de raison. Chez les

personnes hystériques ces organes sont ordinairement sains, et ils exécutent parfaitement bien leurs fonctions ; d'un autre côté, lorsqu'ils sont malades, ils ne donnent presque jamais naissance aux phénomènes de l'hystérie. Nous nous abstenons de pousser plus loin cet examen , nous craindrions , comme on dit , de prêcher des convertis.

Nous pourrions faire à l'encéphale l'application de ce que nous venons de dire des autres organes , et nous dispenser de faire sentir en particulier le vice de l'opinion qui place dans cet organe le siège de l'hystérie , si Georget n'eût pas fait naguère tous ses efforts et employé tous les raisonnements les plus séduisants pour rétablir celte opinion. D'ailleurs, dans la peinture qu'il fait de l'état de la femme hystérique, nous retrouvons toutes les modifications du système nerveux cérébral, et rien de constant dans l'encéphale ou qu'on ne puisse rapporter à l'affeclion nerveuse dont il émane , et cependant , nous ne craignons point de le dire , il a beaucoup exagéré les accidents cérébraux. Jamais, en effet , lorsque la maladie est simple, les fonctions du cerveau ne sont primitivement altérées. Combien de fois la boule hystérique , les agitations intestinales et les convulsions sont si évidemment étrangères à toute influence cérébrale , qu'on ne peut pas comprendre qu'au moins alors on puisse encore les placer sous sa dépendance. Et lorsque , dans les grandes crises , le cerveau se trouve compromis , c'est lui qui reçoit l'influence et non qui la donne. Il est d'ailleurs impossible dans ces grands désordres de trouver où est le point de départ, quels sont les organes influençants et les organes influencés. C'est dans les faits les plus simples qu'il faut chercher l'analyse des phénomènes, parce que là ils sont plus isolés , plus dégagés de toute complication. Esquirol demandait un jour à Georget pourquoi l'hystérie (encéphalie) n'amènerait pas plus souvent les lésions de l'intelligence comme cela arrive pour l'épilcpsie, celui-ci répondit que c'étaitparec

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que dans l'hystérie le cerveau était moins fortement affecté. Moins fortement affecté ! lorsqu'il est la cause de crises et d'accidents aussi violents. Une mauvaise cause s'accroche à toutes les raisons. Rappelons aussi que jamais Esquirol n'a vu l'hystérie simple amener la folie , ni même la démence , et que , lorsque la chose a paru arriver, il a toujours été facile de trouver à cette terminaison une cause plus probable et plus satisfaisante. Chose remarquable! Georget n'a pas cité un seul fait d'anatomie pathologique d'après lequel il pût expliquer les phénomènes en leur trouvant une cause probable. Cependant il a formé son opinion sur un théâtre bien propice : c'est à l'hospice de la Salpétrière. Là sont entassées les vieilles hystériques; là surtout les autopsies sont faciles à faire. S'il avait trouvé ces altérations , aurait-il négligé de s'en servir, puisqu'elles auraient été la preuve la plus convaincante de sa doctrine? Dans le fait que Willis rapporte en faveur de l'affection du cerveau , la malade , hystérique depuis longtemps , mourut subitement d'une attaque d'apoplexie ; on trouva un épanchement sanguin récent et rien de plus. Cet épanchement n'a pas pu être la cause de l'hystérie, puisque celle ci , lui étant bien antérieure , aurait préexisté à sa cause. Ces considérations suffisent pour infirmer l'opinion que nous examinons. Georget s'est trompé dans l'appréciation des actes morbides. Oui, sans doute /les convulsions et les sensations sont dépendantes de l'influence cérébrale qui régit les nerfs , mais il ne fallait pas s'arrêter là, il fallait aussi tenir compte : 1° des influences qui viennent agir primitivement sur l'encéphale ; 2° de l'état pathologique des nerfs eux-mêmes , que l'anatomie pathologique semble vouloir effacer du nombre des organes susceptibles de maladies , parce que trop souvent ils viennent contrarier ses prétentions déeues.

Les preuves que M. Voisin vient ajouter en faveur de cette opinion , sont renfermées dans six observations fort intéres-

santés et qui méritent une sérieuse attention , parce que les faits sont toujours les meilleures raisons et les plus grandes preuves. Les trois observations empruntées à la thèse de M. Moreau de Cadillac sont trois affections cérébrales avec crises convulsives. Le resserrement du gosier n'a rien eu de semblable à la sensation de la boule hystérique : c'était une constriction nerveuse analogue à celle de notre observation XVII. Ainsi elle ne prouve rien. — Les trois faits que M. Voisin a recueillis lui-même sont trois cas d'épilepsie, dans lesquels se sont développés quelques phénomènes nerveux insolites, qui n'avaient aucun rapport direct avec l'hystérie. Ces trois faits ne sont pas plus concluants que les premiers. Quand on voit une opinion réduite à s'appuyer sur des observations aussi peu favorables , on ne peut que désespérer d'elle et regarder sa cause comme perdue.

Conséquent à ses principes phrénologiques , M. Gall a placé le siège de l'hystérie dans le cervelet, parce qu'il y avait placé le siège de l'amour physique et la correspondance avec les organes génitaux. Mais au milieu des raisons les plus séduisantes , il ne cite aucun fait qui puisse justifier et soutenir sa manière de voir. M. Imbert ne pouvait pas moins faire que d'adopter l'opinion de Gall , et de l'étayer de toutes les raisons les plus propres à convaincre. Cette opinion serait la plus facile à renverser, si nous voulions le faire sérieusement; mais nous attendrons pour cela que la phrénologie replace dans le cervelet le siège des fonctions génératrices qu'on en a complètement délogées par les faits les plus positifs et les raisonnements les plus convaincants.

Au milieu de ce conflit, M. Foville a cherché , dans son savant article hystérie du dictionnaire de médecine et de chiruigie pratique, à concilier les deux opinions qui lui paraissaient les plus rationnelles, en admettant deux variétés de la maladie. L'une aurait son siège dans l'utérus, et les phénomènes émaneraient de la modification morbide de cet

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organe. L'autre dépendrait de l'encéphale , et ses caractères séméiotiques seraient fournis par les réactions de cet organe alors malade , tout en conservant dans la matrice le siège primitif de la maladie. Sa réfutation se trouve toute faite.

Une opinion nous reste à examiner. C'est celle qui fait de l'hystérie uue affection nerveuse. Nous la regardons comme une des plus importantes, comme la plus importante peutêtre. Cependant, nous ne nous dissimulons point le vague de cette expression. Avec elle, il est vrai, il est facile de tout expliquer, parce que les nerfs se distribuent partout. Mais on n'a précisé ni les nerfs, ni même l'ordre des nerfs qui sont affectés ; on a encore bien moins indiqué leur mode d'altération. Regarderons-nouscommeunesolution, lorsqu'on nous dira vaguement avec Hoffmann, Prost, etc., que les nerfs de l'épine, les ganglions, les plexus, le cœur, etc., se prennent? Sur quoi serait fondée cette énumération d'organes présumés malades? On ne le dit pas, et l'on serait bien embarrassé de le dire, en réfléchissant aux fonctions de chacun ou à ses influences fonctionnelles. Si nous consultons les opinions des auteurs sur la nature de l'affection, en seronsnous plus avancés, en voyant l'un admettre les explosions des esprits vitaux ou animaux, un autre des accumulations d'éther, celui-ci supposer la gêne des fluides nerveux par des obstructions de ses conduits, celui-là croire à la sécheresse et au raccornissement des nerfs, cet autre à leur faiblesse et à leur relâchement ; un autre admettre des courants électriques, des accumulations galvaniques, etc.

Quel parti prendre au milieu de ce conflit d'opinions plus ou moins vraisemblables, mais toutes plus ou moins entachées de vices essentiels?

Un esprit exact et nourri de connaissances positives en physiologie pathologique n'en admettra aucune exclusivement et telle qu'elle est. Cependant il n'aura pas besoin de

rien créer : les matériaux existent, ils ne sont que disséminés, il suffît de les rassembler et de les coordonner. Pour arriver à ce but, 1° nous rappellerons les principes de physiologie que nous avons exposés plus haut et qui peuvent seuls nous faire apprécier les phénomènes de l'inervation et les actes pathologiques; 2° nous ferons connaître les différentes altérations pathologiques qu'on a trouvées après la mort, et nous en déduirons l'influence qu'elles ont dû exercer dans le développement des phénomènes ; 3° nous nous appuyerons sur les faits que nous avons vus, ou plutôt sur la nature en action, afin d'analyser les actes morbides et de les rapporter à l'organe malade.

Si nous interrogeons le cadavre, et que nous lui demandions par l'autopsie l'organe malade ou le siège de l'hystérie, nous éprouverons un grand désappointement ; car il ne nous apprend rien; ou plutôt, à juger par cette investigation, tout rentrerait dans la confusion, tout deviendrait chaos. En effet, la plupart des auteurs n'ont, le plus souvent, dirigé leurs recherches que d'après leur opinion préconçue, et ils n'ont cherché les altérations que dans les organes où d'avance ils avaient placé le siège de l'affection. Ou bien, les occasions de faire de semblables recherches se présentant rarement, ils ont inscrit ce qu'ils ont vu, et ils ont tout rapporté à ce fait, sans tenir compte de ce que d'autres auteurs avaient pu voir de leur côté. C'est de cette manière que se sont multipliés mille formes différentes et mille sièges différents pour une maladie unique et toujours identique. C'est de cette manière qu'aujourd'hui encore cela se pratiqué bien souvent, et que le travail incomplet qui en résulte ne tarde pas à être renversé par les faits nouveaux qu'il n'avait ni compris ni prévus. Nous allons en juger. Harvée a vu un dépôt d'humeurs acres dans l'ovaire causer l'hystérie. Vésale a trouvé les ovaires plus gros qu'une balle, et remplis, tantôt d'une humeur jaune, tantôt d'une liqueur fétide de plu-

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sieurs couleurs. Riolan en a trouvé un qui était endurci et plus gros que le poing. Rullier a recueilli un fait semblable. Heurnius a vu aussi l'altération des ovaires, de même que Bauhin, qui a rencontré aussi l'occlusion de l'orifice utérin» circonstance qui s'est représentée à MM. Piorry, Dance, Tardieu et Seurre. Diemerbroé'ck rapporte qu'il a rencontré autour de la matrice d'une personne qui avait succombé à un accès hystérique une tumeur remplie d'un liquide jaune. Binningerus a vu les ovaires, les trompes de Fallope et les vaisseaux spennatiques excessivement enflés et farcis d'une humeur épaisse, blanche, un peu endurcie, pareille à un stéatome du poids d'une demi-livre. Managéta dit avoir trouvé la matrice et les testicules remplis de liqueur séminale corrompue, pareille à du lait caillé endurci. Un cas analogue s'est présenté à M. Louis. M. Girard a trouvé un squirrhe de l'utérus et un kyste dans l'ovaire droit. M. Piorry a rencontré la désorganisation d'une partie de l'utérus, et une fois des adhérences de l'épiploon avec l'utérus et les ovaires : une autre fois il a vu les ovaires volumineux, noirâtres et parsemés de foyers hémorrhagiques. Une tumeur fibreuse de l'utérus avec un cancerau rectum a été rencontrée par le docteur Seurre. Blancardus a ouvert une femme hystérique dont le mésentère était parsemé de glandes squirrheuses de forme et de volume différents. Rivière a trouvé un ovaire de couleur noire et de la grosseur d'un petit œuf. Après avoir établi l'influence que les organes peuvent exercer, Pujol dit qu'on a toujours le moyen de s'assurer que les maladies hystériques sont un produit et un effet symptomatique des inflammations lentes de la matrice ou de ses appendices, parce que ces parties sont toujours engorgées et souvent abeédées et ulcérées. Il rejette en conséquence l'hystérie sine materid ou purement nerveuse. M. Duparcque dit avoir toujours rencontré un engorgement chronique de la matrice avec augmentation de volume. Bonct avait déjà fait la même

remarque; il a vu aussi quelquefois leur altération. C'est aussi l'opinion de M. Lisfranc, qui attribue cet engorgement à une phlegmasie chronique ; il n'est pas cependant exclusif ni absolu dans son opinion. Délius cite plusieurs faits dans lesquels l'hystérie fut causée par la présence des vers dans les intestins. L'auteur dans lequel on se plaît à puiser, lorsqu'on veut des recherches positives d'anatomie pathologique sans prévention et sans influence aucune, Morgagni, a trouvé une fois une dilatation anévrismale à l'origine de l'aorte ; une autre fois l'estomac énormément distendu et descendant jusqu'au niveau de l'ombilic, ce que Valsalva avait prédit ; une autre fois encore un calcul dans un rein. Le plus souvent il a rencontré quelque altération des organes génitaux, soit des ovaires qui étaient durs, squirrheux, désorganisés; soit dans l'utérus, dans lequel existaient des tubercules, des ulcères, des kystes, des granulations, etc. Ainsi que nous l'avons déjà dit, Willis a rencontré un épanchement de sérosité dans le cerveau, et d'autres fois des altérations dans le mésentère. M. Ollivier, d'Angers, a trouvé dans unecirconstance une inflammation des membranes de la base du cerveau et un kyste au centre du bulbe rachidien. Pomme, faisant aboutir les nerfs aux surfaces des membranes muqueuses, a cru voir une preuve de leur raccornissement dans l'expulsion de plusieurs pseudo-membranes, formées dans l'estomac, les intestins et la vessie ; ce qui était le résultat de l'inflammation de ces organes. 11 a reconnu l'obstruction de différents viscères, du foie, de la matrice et des ovaires. Il cite aussi M. Comte, qui vit un engorgement des deux mamelles causer l'hystérie, puisque celle-ci guérit en même temps que les tumeurs. Licutaud, l'un des fondateurs de l'anatomie pathologique, après avoir médité tous les faits d'altération qu'il a recueillis dans les auteurs ou qu'il a observés lui-même, s'exprime ainsi : « Elle (l'hystérie) nous manifeste dans les ovaires des engorgements de toute es-

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pèce : on y trouve une liqueur limpide, jaunâtre ou noire, bourbeuse ou purulente ; des matières sébacées, caséeuses, plâtreuses, et quelquefois des poils ; leur substance a paru squirrheuse, leur surface chargée de tubérosités, d'hydatides et autres tumeurs enkystées, depuis la grosseur d'un pois jusqu'à celle du poing. On a vu encore la matrice, les trompes et les vaisseanx spermatiques contenant, ainsi que les ovaires, une matière blanchâtre de différente consistance. L'orifice de la matrice a été trouvé fermé par une cicatrice qui était la suite de déchirements qui peuvent arriver par l'accouchement laborieux. On a rencontré, déplus, l'estomac déplacé, et son fond entraîné vers le bassin ; une prodigieuse dilatation du duodénum, par un étranglement qui était à la fin de ce boyau; des obstructions au colon et au rectum, par une matière blanchâtre, stercorale et desséchée : des squirrhes au mésentère ; de la pourriture au pancréas, à l'épiploon, qui forme quelquefois une hernie, etc. On a trouvé le poumon squirrheux, tuberculeux, ou affecté de toute autre manière. Le cœur a paru extrêmement grossi ; ses ventricules remplis d'un sang noirâtre et fort épais ; des concrétions polypeuses, etc., sans parler des inondations, tant de la tête que des autres cavités. » On lit dans les mémoires de Trévoux, année 1764, p. 45, un fait d'hystérie qui fut guéri par l'ablation d'une glande cancéreuse au sein. M. Raynaud a vu également , Journal hebdomadaire , septembre 1829, une hystérie guérie par l'extirpation d'une petite tumeur placée au-dessous du sein, pratiquée par le professeur Boyer. F. Hoffmann a vu, chez une jeune fille, un abcès au col causer des crises hystériques pendant sa durée. Le docteur Landouzy a rencontré l'altération des glandes de Peyer. Une autre fois il a trouvé des tubercules pulmonaires ainsi que Bonet l'avait déjà observé. Je terminerai les citations sur les altérations organiques par ce passage remarquable de l'un des hommes qui ont le plus et

le mieux étudié l'hystérie. « De tous ces faits, dit Louyer- Yillermay , nous tirerons les conséquences qui suivent : 1° L'hystérie le plus souvent existe, sans aucun changement perceptible par nos sens, dans les organes génitaux de la femme ; 2° elle peut même se prolonger pendant très-longtemps, et n'apporter aucune altération dans ces viscères ; 3° rarement détermine-t-elle des lésions organiques : les altérations des tissus de l'utérus et de ses annexes sont alors les plus fréquentes; 4° celles-ci existent primitivement, l'hystérie s'y adjoint quelquefois, ou en est le résultat : cette circonstance s'observe très-rarement ; 5° enfin, les deux maladies , cette névrose et une lésion organique de l'utérus, peuvent être réunies : ce qui constitue une complication. » Dans sa confiance illimitée dans les autopsies cadavériques, la médecine a peut être exagéré l'importance et l'utilité de ces lésions. Il n'est pourtant pas vrai que tout soit là. Il n'est pas vrai non plus que l'état pathologique, la modification morbide soient toujours établis par la forme, l'étendue et le caractère des lésions. Tous les jours elles occasionnent de nombreux mécomptes. Aussi, dans la maladie qui nous occupe, nous voyons avec peine les auteurs se torturer l'imagination pour enrégimenter l'hystérie dans ces lésions, et s'efforcer de lui en trouver toujours et constamment quelqu'une. M. Fourcade Prunel, par exemple, dit sans autre preuve ni critique, « qu'on trouve des ulcérations au col de l'utérus, des squirrhesde l'ovaire, des corps étrangers développés dans la matrice, et presque toujours d'horribles gastro-entérites, etc. » Dugôs et Boivin ont fait l'autopsie d'une fille hystérique. Ils ont trouvé les ovaires remplis de tubercules et quelques autres lésions des organes génitaux. Mais que conclure d'une observation dans laquelle les accidents hystériques avait cessé depuis longtemps ? Elle ne ferait que prouver l'influence déjà si bien connue des organes génitaux malades sur le système nerveux prédis-

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posé. Déjà J. Franck élevait des doutes sur la valeur de ces résultats cadavériques. Nous croyons plutôt, dit-il, qu'il faut les attribuer aux maladies accidentelles dont les affections hystériques ne sont point exemptes.

D'après les faits ainsi recueillis et plus ou moins vaguement exprimés, peut-on conclure quelque chose de positif? La première réflexion qui se présente, c'est que ni les organes génitaux, ni l'estomac, ni le foie, ni la rate, etc., ne peuvent être exclusivement, le siège de l'hystérie. C'est d'après cette observation fréquente et cette variation continuelle des résultats cadavériques et des symptômes morbides, que M. Montgellaz a été conduit à nier l'existence de l'hystérie comme affection essentielle, comme maladie sui generis, et existant par elle-même, et à la regarder par conséquent comme toujours symptomatique d'une lésion locale quelconque, dont le siège le plus fréquent se trouve dans la matrice ou les organes de la génération ; assez souvent dans le cerveau, quelquefois dans les organes digestifs et dans d'autres parties du corps. Une foi robuste dans la doctrine physiologique de la localisation organique a pu seule conduire à une pareille erreur.

En poursuivant avec sévérité notre examen des conséquences des autopsies , nous espérons arriver à des données plus satisfaisantes. Si aucun organe en particulier ne peut en être le siège exclusif, l'hystérie résiderait-elle donc dans tous les organes ensemble, ou indirectement dans chacun en particulier ? ou plutôt résiderait-elle dans quelqu'appareil commun à tous? Etudions comment chaque altération a dû agir sur l'économie, et la conclusion sera facile.

Si l'hystérie avait son siège dans tous les organes à la fois, ils seraient tous constamment malades, et leurs fonctions seraient dérangées; or, le plus souvent aucun organe n'est altéré, toutes les fonctions s'exécutent librement. Cette opinion ne serait donc qu'une supposition fausse et erronée.

33f) TRAITÉ

Si un seul organe était le siège exclusif de 3a maladie , il faudrait trouver constamment le môme organe malade. Or, nous avons vu que la plupart ont présenté des altérations. Cette opinion est donc inadmissible. On ne peut pas plus supposer que ce soit le même mode d'altération qui l'ait occasionné, tel que serait le cancer, le squirrhe, l'inflammation , etc., puisque nous avons vu que rien n'est plus variable que ces différentes altérations.

Pour bien apprécier le tissu ou le système qui est le siège de l'hystérie , et son mode d'affection , il faut chercher de quelle manière les altérations que nous avons signalées ont pu agir dans la production de cette maladie. Rappelons d'abord que chaque organe , indépendamment de son lissu propre, est composé des tissus généraux suivants : nerfs , vaisseaux sanguins et lymphatiques, et tissu cellulaire. Puisqu'aucun organe pris isolément ne peut être le siège de l'hystérie, ce doit être nécessairement l'un de ces tissus : ils sont tous également répandus dans l'économie , et ils concourent ensemble à la structure des organes. Tous peuvent être lésés : lequel peut l'être de manière à produire les phénomènes hystériques?

Si c'était le lissu cellulaire, la maladie serait d'autant plus facile, qu'il serait plus abondant ou altéré dans les points où il est généreusement distribué. Or, il en est autrement : les personnes qui ont de l'embonpoint , et surtout cet embonpoint des phlegmatiques , sont rarement atteintes d'hystérie. En outre, les organes dont les altérations causent le plus souvent l'hystérie, tel que l'utérus , les ovaires, le foie, la rate, la membrane muqueuse gastro-intestinale, sont presque dépourvus de ce système : tandis que les paquets de tissu cellulaire qui occupent les flancs , le bassin et les régions sous cutanées , peuvent êlre malades et longuement malades, sans que l'hystérie en soit jamais le résultat.

Ce ne sont pas les vaisseaux lymphatiques , puisque le

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tempérament dans lequel ce système prédomine est le moins exposé à l'hystérie , et que les vaisseaux et surtout les ganglions peuvent être et sont bien souvent engorgés, suppures, comme on le voit chez les scrofuleux , sans qu'il se développe aucun phénomène hystérique.

Les vaisseaux sanguins ne peuvent pas plus être les organes de transmission, puisque le tempérament sanguin dispose peu à l'hystérie , et que les inflammations aiguës qui lui sont propres , en sont rarement la cause. Une personne prend de fréquentes crises , sans que les vaisseaux ni le sang soient jamais altérés. Par eux-mêmes les vaisseaux ne peuvent jamais transmettre au loin une maladie ; leurs affections sont toujours locales. Ils peuvent être altérés, rongés, détruits de mille manières , le mal n'est jamais que dans le point affecté ; ou s'il s'étend , c'est de proche en proche et par continuité de tissus , comme cela a lieu pour tous le9 organes et pour tous les tissus. Mais il n'en est pas de même du sang, il peut s'altérer dans un organe et porter au loin la maladie et son influence. Cette théorie humorale , admissible pour d'autres maladies , ne peut pas l'être pour l'hystérie. En effet, si un principe délétère était introduit dans le sang et en viciait la masse , il exercerait une influence constante et uniforme sur les organes et sur les tissus. Ce que le liquide altéré aurait produit aujourd'hui , il le reproduirait demain et à chaque instant, parce que le contact étant perpétuel , il devrait produire sans cesse les mêmes effets. Cependant les paroxysmes hystériques sont des semaines , des mois et des années sans reparaître; quelquefois même il n'y en a qu'un , et le plus souvent leur apparition est subite, sans être précédée ni accompagnée d'aucune altération ni organique ni sanguine.

Les nerfs enfin sont-ils cette voie de transmission ou plutôt de réaction des parties malades sur l'économie pour produire l'hystérie? Si nous considérons que les nerfs sont les organes

do la sensibilité et de i excitabilité contractile, et qu'en se distribuant à toutes les parties du corps, ils entretiennent cet ensemble , cette harmonie de fonctions, ce consensus de solidarité , qui fait que , lorsqu'un organe souffre , tous les autres souffrent aussi, nous serons disposé à les regarder comme le moyen de transmission. Nous le croirons davantage, si nous envisageons que les principaux phénomènes sont des actes dépendants plus ou moins directement de l'influence nerveuse : ce sont des spasmes, des contractions convulsives, des sensations de globe , de strangulation, de suffocation , de douleur, de défaillance, etc. Les nerfs seuls peuvent opérer ces phénomènes , parce que seuls ils en sont les agents incitateurs. Ainsi , quel que soit l'organe malade, cerveau , matrice , foie , rate, poumons , etc., les nerfs qui s"y rendent en reçoivent une impression morbide , qu'ils réfléchissent sur les autres organes, sur toutes les autres parties , soit par leurs anastomoses , soit par la médiation de l'encéphale ou de la moelle spinale , lorsque cette médiation est nécessaire pour établir le cercle de communication. Supposons le point de départ dans l'utérus, et la sensation du globe antipéristallique : les nerfs utérins sont affectés dans l'organe malade. Comme ils sont fournis par le plexus hypogastrique, qui lui-même reçoit beaucoup de filets sacrés, ils transmettent l'impression de malaise et de souffrance qu'ils ont reçue, d'abord à ces plexus , puis de proche en proche au plexus mésentérique et au gastrique , et enfin à la 8e paire, et par le moyen de celle ci aux fibres contractiles du canal digestif. La communication peut se faire aussi par la colonne vertébrale , et par les rameaux qu'elle envoie aux organes de l'abdomen. Elle peut d'autant mieux s'opérer ainsi, que chaque crise un peu forte s'accompagne de convulsions dans les membres , phénomène pour lequel l'intervention de la moelle épinière est indispensable. Quelle que soit au reste la voie de communication , elle existe ; c'est par le système

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nerveux qu'elle s'opère : c'est donc par lui qu'a réagi l'utérus malade. Ce système doit être le siège de l'hystérie , puisqu'il en est le véritable et seul moteur et agent. Cette conséquence serait anticipée , parce que l'expression générale de système nerveux et d'affection nerveuse qu'elle entraînerait, ne peut pas être reçue ainsi sans examen : elle laisserait trop de vague, elle ne nous conduirait point au but que nous cherchons. En effet, au lieu d'un système nerveux, il y en a deux , et chacun préside à un ordre de fonctions bien différentes. Auquel de ces deux systèmes appartient l'affection? Appartient-elle à tous les deux? Yoilà ce qu'il faut déterminer, parce que de là dépend la connaissance du siège de la maladie et la solution de la question. Mais pour cela il est essentiel de bien spécialiser les phénomènes morbides.

Dans les faits que nous avons cités nous avons cherché , par l'analyse, à réduire leurs phénomènes à leur plus simple expression. En présentant ainsi la nature vivante , nous avons pu, pour ainsi dire, la prendre sur le fait. Pour cela nous avons dû en élaguer toutes les nuances , toutes les variétés et toutes les complications dont elle est susceptible, afin de nous renfermer dans ses phénomènes essentiels , dans ses véritables signes caractéristiques. C'est en lisant ainsi dans le grand livre de l'observation que nous pouvons arriver à une solution satisfaisante.

Eh bien ! qu'avons nous vu? par quels phénomènes la maladie s'est-elle manifestée à nos sens? Déjà nous avons vu comment les causes nombreuses de l'hystérie ont agi sur l'économie, et par le ministère de quel système nerveux les impressions ont été reçues et transmises. Nous savons que le système nerveux cérébral est l'agent de cette transmission. Par la même analyse physiologique nous avons vu que tout venait retentir dans ce système nerveux et qu'il était seul , constamment seul, le foyer et l'agent de tous les phénomènes essentiels. Spasme ou contraction antipéristallique du tube

digestif, de l'estomac , de l'œsophage et du pharynx, senaa" tion d'un globe accompagnant ce spasme, contractions cloniques violentes des membres et du tronc; voilà les phénomènes propres à l'hystérie. Or, quels en sont les organes , quel en est le siège ? Ce sont les muscles qui se contractent, il est vrai, mais la physiologie nous apprend qu'ils ne se contractent ainsi , que parce qu'ils reçoivent l'impulsion de cette contraction vicieuse et intense. Or, l'agent ou les agents de cette impulsion sont les nerfs cérébraux ; ce sont donc les nerfs cérébraux qui sont les premiers ainsi pervertis et excités ; ce sont donc eux qui sont le siège de la modification pathologique. Cette opinion est encore fortifiée par cette sensation de globe qui parcourt différentes régions pour venir se fixer au larynx. Elle est une sensation perçue, elle appartient de droit au système nerveux cérébral ; car aucune sensation perçue ne peut exister ailleurs que dans ce système , et ne peut être reçue et transmise que par lui. Celte sensation parait se renfermer presque exclusivement dans les limites des pneumo-gastriques : elle en est donc l'apanage exclusif. C'est ce qui a porté quelques auteurs à y placer le siège de l'hystérie , et à regarder cette maladie comme une névrose de ce nerf. Nous reconnaissons le rôle important et essentiel que joue la paire vague dans cette affection ; mais nous ne la regardons pas comme le siège et l'agent exclusif. Ces convulsions si violentes ne peuvent pas être le résultat pur et simple de la réaction d'un seul nerf : elles ont leur caractère spécial qui leur donne leur physionomie et leur existence propre. Combien de fois n'avons-nous pas vu des névroses aiguës et bien douloureuses de ces nerfs sans qu'il on résultât de convulsions ! Combien de fois n'avons-nous pas vu aussi le spasme œsophagien et la sensation globuleuse (Ire bien faible, paraître même manquer au milieu descrises convulsives les plus effrayantes. Les convulsions ne sont pas plus l'effet du spasme pneumo-gastrique, que ce spasme lui-

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môme n'est l'effet des convulsions. Ils sont simultanés et indépendants; ils sont liés pour l'ensemble de la maladie ; mais ils ne sont ni cause ni effet l'un de l'autre. Nous restreignons donc au système nerveux cérébral le siège de l'hystérie ' puisque seul il est à la fois l'agent de la perception de la cause , et l'agent des phénomènes qui en sont la conséquence. Nous devons rappeler que le cerveau, conservant ordinairement l'intégrité de ses fonctions , nous paraît étranger aux phénomènes de l'hystérie. 31 n'y prend qu'une part secondaire ; l'impuissance où il est de manifester sa volonté ne dépend point de lui. Il ne peut pas se faire obéir des organes qui sont soumis à son influence , parce que les nerfs , agents de la transmission, se refusent à son exécution. La volonté y est; la transmission seule est en défaut. Cette circonstance serait même une preuve de plus en faveur de la lésion du système nerveux cérébral , abstraction faite de l'encéphale. C'est ici que la théorie de M. Matteucci sur l'action réflective de la moelle épinière trouve une heureuse application, en fournissant une explication satisfaisante de ce phénomène. C'est elle qui dans ces cas réagit seule sur les nerfs moteurs; cependant , il ne faudrait pas pour cela en faire le siège exclusif de la maladie , à l'exemple de quelques auteurs. Beaucoup de phénomènes lui sont en effet étrangers : tels que la sensation du globe ascendant, le spasme du pharynx, du larynx , de la langue , des yeux , etc.

Nous excluons le système nerveux ganglionnaire et ses attributions de toute participation essentielle à l'hystérie, parce qu'il n'y prend aucune part active, au moins dans les cas ordinaires et franchement dessinés. La circulation reste impassible au milieu du cortège effrayant d'une crise. Les sécrétions et exhalations , la nutrition ne paraissent pas troublées. Les cas où cela arrive sont des cas exceplionncls,dans lesquels il est facile de suivre l'enchaînement d'influence cl de réaction consensuelles d'un système sur l'autre. Les phéno"

mènes alors sont la conséquence de cette association harmonique, qui rend tous les organes dépendants et solidaires les uns des autres.

S'il pouvait encore rester quelque doute sur la vérité de notre opinion , si le siège de l'hystérie dans le système nerveux cérébral pouvait encore éprouver quelque opposition , nous engagerions à lire le fait intéressant que M. Prus a consigné dans le Journal général de médecine , janvier 1829. On y trouve une preuve de plus en plus incontestable de notre opinion. L'hystérie n'a jamais affecté tous les nerfs à la fois : elle a parcouru successivement et alternativement la huitième paire , la cinquième , le nerf sciatique , etc. C'est un des faits les plus précieux que je connaisse , parce qu'il analyse en quelque sorte la maladie, en la localisant d'une manière partielle.

M. Brun, d'Angoulême, a communiqué à l'académie royale de médecine en 1828, un fait d'hystérie, dans lequel la maladie commença par une névrose de la poitrine, espèce de toux convulsive qui ressemblait à un aboiement, et qui, après avoir résisté plusieurs mois à tous les calmants et antispasmodiques , prit le caractère d'une véritable hystérie. Une chose digue de remarque et que M. Louyer-Villermay a signalée dans son rapport sur cette observation, c'est que chez celle jeune malade, la titillation de V utérus et du clitoris était parfaitement insensible. Ce fait intéressant nous présente, d'une part , la transformation d'une névrose du système nerveux cérébral en une autre névrose du même syslème , ce qui se conçoit facilement parce que ces transformations sont fréquentes; d'autre part, une insensibilité des organes génitaux qui contraste avec les prétentions de l'opinion qui place l'hystérie dans l'irritation vitale ou nerveuse de ces organes.

Je n'ai pas cru devoir chercher quels nerfs étaient plus spécialement affectés, parce que tous le paraissent également. Si le nerf de la huitième paire joue un plus grand rôle ,

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cela tient bien plus au nombre des organes auxquels il se distribue et à l'importance de leurs fonctions, qu'à la plus grande fréquence ou à la spécialité. En effet, les yeux, les mains, etc., sont aussi souvent agités que le larynx, l'œsophage, l'estomac, les intestins; mais on fait peu attention aux premiers , parce qu'ils ne jouent qu'un rôle secondaire dans la vie générale ; tandis que les seconds jouent un rôle important , et que la lésion de leur fonction est très-sensible et compromet facilement les jours des malades. Cependant il serait possible que cette paire de nerfs fût plus constamment et plus fortement affectée , et qu'elle le fût d'une manière spéciale dans celte sensation du globe ascendant. Si je ne soutiens pas cette opinion comme je l'ai fait dans mon mémoire sur le siège et la nature de l'hystérie , c'est parce qu'elle ne me paraît pas aussi absolue , ni aussi importante qu'elle a pu me le paraître alors.

En combattant mon opinion sur le siège de l'hystérie dans le système nerveux cérébral , mon honorable compétiteur me fait dire une sottise qui est bien loin de ma pensée. Selon lui je fais varier le siège de l'affection autant qu'il y a d'organes dont la lésion primitive peut donner lieu aux divers phénomènes qui constituent la névrose. C'est la cause qui varie son siège ; mais l'hystérie, jamais. Ce n'est ni le péritoine , ni l'estomac, ni le cœur, etc., qui est le siège de la maladie, c'est toujours le système nerveux qui reçoit dans ces organes, comme dans l'utérus, l'irritation morbide qui fait éclore l'hystérie quand le sujet y est prédisposé. Que dirait M. Landouzy si nous lui demandions comment la matrice produit et la sensation du globe ascendant , et les convulsions, et les spasmes, et les douleurs diverses? Si nous lui demandions si c'est bien elle qui exécute ces actes , comme il semble l'insinuer dans un lapsus calami auquel il n'a pas pris garde?

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