‹ Traité de l'hystérieChapitre 5 sur 19 · CHAPITRE IL · texte numérisé non relu

CHAPITRE IL

Déflnlttou.

Une des choses les plus difficiles en médecine est de bien définir une maladie. On le comprendra sans peine, si l'on envisage toutes les conditions qu'exige une définition pour être bonne. Elle doit en effet renfermer en peu de mots tout ce qu'il faut pour caractériser la maladie d'une manière précise, et pour la différencier de toutes les autres. Il en est si peu qui approchent de ce degré de perfection , que les auteurs , voyant les vices et les défauts de celles qu'avaient successivement données leurs prédécesseurs, ont cherché à faire mieux dans de nouvelles définitions. On pourra en juger. En voici quelques-unes. Louyer Villermay la définit par une description succincte et assez étendue , ou plutôt il ne la définit pas.

Georget en a donné la définition suivante : « L'affection généralement désignée par les auteurs sous le nom d'hystérie , est un état morbide du cerveau , sans fièvre , principalement caractérisé par une suspension ordinairement

db l'hystérie. 203

incomplète de ses fonctions sensoriales, intellectuelles et morales , avec des mouvements convulsifs plus ou moins généraux du système musculaire , lequel revient par accès dans l'intervalle desquels cet organe n'offre le plus souvenl que de très-légers désordres, et quelquefois aucun, avec peu ou point de trouble dans le reste de l'organisme , surtout dans le commencement. »

Voici la définition qu'en donnent Pages et Boivin : « L'hystérie est une névrose chronique , dont les principaux symptômes se manifestent hors de l'appareil génital, quoiqu'il en soit le point de départ, et consistent en lésion de contractilitè et de sensibilité dans les organes de la vie nutritive et de la vie de relation , sans altération notable de l'intelligence. »

M. Colombat , qui recueille bien jeune les fruits amers de l'excès du travail , dit que l'hystérie consiste dans une lésion nerveuse de l'appareil utérin, revenant par accès apyrétiques, qui se manifestent moins par des symptômes locaux que par un sentiment de suffocation et de strangulation , suivi d'une perte plus ou moins complète de connaissance , et accompagnée de phénomènes convulsifs et spasmodiques des organes de la vie organique et de la vie de relation. »

Dans sa Bibliothèque du médecin praticien, M. Fabre a dit: L'hystérie est une névrose convulsive, apyrétique, ordinairement de longue durée , dont les accès sont caractérisés par des convulsions chroniques générales avec sentiment de suffocation et de constriction à la région cervicale, et sans perte complète de connaissance.

M. Landouzy a présenté sagement pour définition l'énumération des principaux phénomènes de la maladie.

Ces définitions et toutes celles que nous pourrions y joindre , ont donc visé au même but , celui de faire connaître la maladie. Aussi elles présentent toutes des caractères gêné-

raux semblables. Si, malgré la difficulté que doivent faire naître la nature et le siège encore controversé de la maladie, nous nous permettons d'en hasarder une, c'est pour remplir le cadre que nous nous sommes tracé. Sans croire avoir mieux fait que les autres, nous dirons: L'hystérie est une névrose du système nerveux cérébral, qui se manifeste plus ou moins brusquement par des crises de convulsions cloniques générales , et par la sensation d'un globe ascendant dans le trajet de l'œsophage , à l'extrémité supérieure duquel elle vient se fixer , pour y causer une menace de suffocation imminente.

Cette définition ne fait rien préjuger. Elle indique seulement les deux caractères essentiels et indispensables de la maladie.

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