‹ Traité de l'hystérieChapitre 7 sur 19 · C. Causes organiques · texte numérisé non relu

C. Causes organiques

II doit paraître singulier que nous admettions un ordre de causes provenant de la vie organique, nous qui, dans nos considérations physiologiques , avons précisé la délimitation des actes ou fonctions de cette vie avec ceux de la vie cérébrale, et qui, par anticipation, avons démontré par l'analyse des faits , que tous les phénomènes de l'hystérie appartiennent au système nerveux cérébral. Mais il n'y a là rien d'étonnant, ni rien de contradictoire , parce qu'en reconnaissant l'isolement des deux ordres de fonctions, en rendant à chaque système nerveux ses attributions, toutes ses attributions, rien que ses attributions, nous admettons tout ce qui est vrai. Or, les deux ordres de fonctions , bien qu'indépendants et l'attribut exclusif chacun de son système nerveux, n'en exercent pas moins l'un sur l'autre une puissante influence , parce que, dans l'économie, tout est lié, tout se tient, tout s'harmonise pour le bien commun. C'est un vaste ministère dans lequel chaque bureau travaille à sa spécialité, sans pour cela pouvoir s'isoler des autres bureaux; c'est ce grand consensus d'Hippocrate, qui fait 'qu'une cause qui agit sur un système ou sur un organe, va souvent retentir sur le système opposé ou sur un organe éloigné. Ne perdons jamais de vue cette solidarité des organes, et nous éviterons bien des erreurs, bien des mécomptes. J'insiste sur cette grande vérité , parce qu'elle est d'une haute importance en physiologie et en pathologie surtout, parce qu'elle n'est pas aussi généralement appréciée qu'elle devrait l'être, parce que surtout des hommes du plus grand mérite affectent quelquefois de la méconnaître. Ainsi nous admettons des causes capables de produire l'kystérie , quoiqu'elles agissent sur les

actes de la vie nutritive : absorption , circulation , sécrétion , nutrition.

Uabsorption ne peut guère être cause d'hystérie , surtout l'absorption cutanée , quoiqu'on en conçoive la possibilité. L'absorption pulmonaire le pourra mieux, parce qu'elle peut plus facilement introduire dans l'économie des miasmes délétères dont l'air aura été le véhicule, et qui pourront, par la circulation, être portés aux organes et y causer des effets nerveux, parmi lesquels l'hystérie viendra figurer. C'est de celte manière qu'on peut expliquer certaines crises qu'on voit survenir après avoir respiré un air vicié ou chargé de différentes odeurs. Quant à l'absorption gastro-intestinale, elle est la plus apte à produire d'abord la prédisposition , et , par sa persistance , l'hystérie elle-même. L'absorption d'un chyle mal élaboré , ou provenant d'aliments de mauvaise nature , ou modifié par des substances acres , solides ou liquides , ne peut que produire aussi de mauvais effets. On sent que des molécules de mauvaise qualité , sans cesse présentées avec le sang aux organes , doivent causer une sensation pénible et anormale, et l'on comprend jusqu'où peut aller cette sensation , si elle se prolonge ou se renouvelle un peu.

La circulation peut agir de plusieurs manières 6ur l'économie et sur le système nerveux , et par 6a régularité et par le sang. Lorsqu'elle est irrégulière , lorsque surtout elle suspend son cours, alors le sang, cessant d'arriver aux organes , y produit , par son absence , par le défaut d'excitation normale , un malaise réel qui peut aller et qui va souvent jusqu'aux convulsions. Plusieurs fois nous avons vu des crises hystériques se déclarer quelquefois même avant la syncope, aussitôt qu'une faible quantité de sang était sortie, et lorsque par conséquent il n'y avait encore que diminution dans sa quantité et non suppression complète. Si les évacuations sanguines sont répétées , et surtout si des hémorrbagies

naturelles ou pathologiques se renouvellent abondantes trop souvent, il en résulte toujours un état de malaise pour le système nerveux qui ne s'accommode pas de cette diminution dans la quantité de son incitateur naturel. L'économie se modifie et passe à un état qu'on désigne sous le nom de nerveux, et dans lequel l'impressionnabilitéetla mobilité sont très-grandes et passent quelquefois même aux crises hystériques par la seule durée et la réitération des évacuations et de l'anémie (obs. XIII).

Quoiqu'on ait quelquefois exagéré l'influence de la menstruation sur la santé des jeunes filles , on ne saurait cependant la méconnaître; elle est trop manifeste. C'est chez les jeunes filles surtout que ces variations et ces retards sont très-efficaces comme causes de l'hystérie. Elles déterminent une constitution particulière morbide , dans laquelle l'hystérie vient jouer un rôle très-grand. Freind , Chambon , etc. regardent la rétention du sang mentruel de ce molimen vitale dans l'utérus comme la cause déterminante de l'hystérie. Sans en admettre la théorie, M. Dubois reconnaît la fréquence de la cause à laquelle il n'ajoute pas cependant beaucoup d'importance , parce qu'il la regarde comme la cause banale de presque toutes les maladies de la femme. Ce n'est pas seulement par la quantité du sang retenu que la dysménorrhée et l'aménorrhée agissent, c'est plus encore par le trouble d'une fonction essentielle. Ce qui le prouve , c'est que la réapparition des règles rétablit la santé, quelque faible que soit l'écoulement. On a vu quelquefois aussi la rétention du sang menstruel par l'occlusion de l'orifice utérin , produire l'hystérie, à chaque époque mensuelle , jusqu'à ce qu'on eût ouvert l'obstacle. L'exagération de la menstruation amène aussi un état nerveux trop connu , qui peut favoriser et déterminer l'hystérie comme les autres convulsions.

Les sécrétions sont quelquefois des causes productrices de l'hystérie. Elles peuvent agir de deux manières : ou par ex-

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ces ou par diminution. Lorsqu'il y a viciation , l'organe sécréteur est malade le premier, et c'est à lui que doivent remonter les mauvais effets qui peuvent résulter de la mauvaise sécrétion. Les dangers des sécrétions trop abondantes sont connus et signalés depuis longtemps. On sait surtout combien elles agissent sur le système nerveux cérébral , dont elles augmentent la mobilité et la susceptibilité , et par conséquent la prédisposition hystérique , et quelquefois même l'hystérie. De toutes, la sécrétion la plus apte à produire cet effet est la sécrétion utérine et vaginale par la masturbation. Il est vrai qu'il se joint à la sécrétion une violente sensation voluptueuse , qui énerve bien vite après avoir d'abord surexcité vivement. Combien de jeunes filles sont prises de crises hystériques , tombent dans l'hystéricisme, par le seul effet de cette coupable habitude , contre laquelle on sollicite en vain des moyens de répression. Les auteurs de morale et d'hygiène, les traités de pathologie, les ouvrages spéciaux sur l'onanisme et sur les dangers de l'époque menstruelle, fourmillent de faits de ce genre. C'est par la môme raison que le coït (obs. XIV) et surtout son abus , deviendront aussi cause de l'hystérie. Louyer-Villermay,avec tous les auteurs qui placent le siège de la maladie dans l'utérus, insiste beaucoup sur les dérangements fonctionnels de cet organe. Il a raison dans bien des cas ; car bien souvent une menstruation pénible , retardée , diminuée ou variable, en est cause ; mais il en a exagéré la fréquence : car le plus souvent l'hystérie a lieu sans qu'il y ait le moindre changement dans la menstruation.

« La continence , dit M. Fabre , a été considérée par quelques auteurs comme une cause trop absolue. Les femmes hystériques citées par Forestier, étaient soumises à un grand nombre d'autres causes ; les religieuses , ursulines , carmélites , hospitalières , observées par Pomme, vivaient à la fin du dix-huitième siècle , à une époque où la morale des

maisons religieuses était singulièrement relâchée. Nous ne nions pas toutefois que la continence chez quelques femmes, vivant à regret dans l'isolement, ne puisse prédisposer et même déterminer l'hystérie ; mais alors la continence n'agit pas seule , et nous sommes porté à croire que l'abus des jouissances sexuelles, que l'onanisme surtout sont des causes plus positives. »

Nous persistons dans notre opinion à cet égard , malgré les raisons que M. Landouzy vient de faire valoir en faveur de l'influence du célibat, parce qu'elles ne détruisent pas les nôtres ni les faits.

La suppression intempestive d'une sécrétion ne peut que nuire de deux manières , et par le trouble d'une fonction qui s'arrête , et dont l'organe réagit sur les autres organes et sur le système nerveux , et par la cessation de la direction fluxionnaire qui s'opérait de ce côté , et qui fait refluer dans l'économie , sinon un liquide qui n'était pas formé encore , au moins un surplus de sang qui était destiné à en former les matériaux. Lorsqu'il n'en résulte qu'une légère pléthore, le mal n'est pas grand , maïs le retentissement qui a lieu ne se borne pas à si peu. Le plus souvent l'économie tout entière est émue et secouée, et le système nerveux en reçoit une puissante influence et quelquefois 1 » modification hystérique. L'effet sera toujours le même, quelle que soit la suppression d'hémorrhagie , de flux muqueux , de sueurs , et surtout de (lueurs leucorrhéïques et de lochies , etc.

Nous pouvons faire aux lécrêûons pathologiques accidentelles ou artificielles l'application de tout ce que nous venons de dire des sécrétions naturelles. Lorsque, par leur durée elles sont devenues habituelles, leur suppression ou diminution, ou leur augmentation de produit, exposent aux mêmes inconvénients. Ainsi les évacuations trop abondantes de pus, de matières encéphaloïdes, de mucosités, de sérosités, etc., épuisent et énervent l'économie, et amènent la prédisposi-

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tion hystérique et même l'hystérie. De même la suppression intempestive d'un cautère, d'un séton, d'une fistule, d'un foyer purulent, d'une carie, et même d'une dartre ou de toute autre affection chronique, qui entretenait une sorte de direction fluxionnaire pathologique sur un point, peut occasionner les accidents les plus graves, au nombre desquels sont comprises les névroses et l'hystérie.

Causes pathologiques.

Les maladies aussi ont bien* souvent été des causes de l'hystérie. Rien n'est plus facile à comprendre, et les exemples en sont nombreux. L'acte morbide est un désordre, une viciation de l'économie vivante. Quelle qu'en soit l'origine première, sa réaction sur le système nerveux est constante. Toujours il en est modifié de quelque manière ; toujours il en éprouve une souffrance plus ou moins grande, qu'il y ait douleur ou non. Tantôt l'impression faite par la maladie est brusque et subite, et c'est à son début que s'opèrent les réactions pathologiques de l'hystérie. Tantôt, et c'est le cas le plus ordinaire, la maladie parcourt ses périodes avec régularité, et ce n'est pas ordinairement pendant sa plus grande intensité que se manifestent les phénomènes hystériques ; ce n'est que lorsque la violence du mal a cédé, lorsqu'il, pour ainsi dire, cassé de tout concentrer sur lui, force vitale et congestion morbide ; alors, l'économie rentrant dans ses attributions, le système nerveux, qui vient de tant souffrir, reste plus impressionnable et réagit plus facilement pour opérer la mobilité et la motilité hystérique. Y a-t-il quelques organes dont les maladies disposent davantage à contracter l'hystérie ? Y a-t-il quelques maladies qui en soient la cause la plus ordinaire ? non, aucun organe ni aucune maladie ne paraissent plus spécialement destinés à produire l'hystérie. Nous l'avons vue survenir par la lésion de différents organes.

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Nous avons vu des affections diverses lui donner lieu. Cependant l'utérus semble avoir été le plus souvent le siège des affections qui l'ont occasionnée. Aussi les lésions de cet organe exercent une influence plus grande et elles la produisent plus souvent. Cependant remarquons en même temps que, le plus ordinairement l'hystérie a été le résultat, moins d'une maladie réelle de l'utérus, que d'une viciation fonctionnelle (obs. VII, VIII, XI, XIV, XV), et que la maladie la plus fréquente et à la fois la plus cruelle et la plus atroce de la matrice ne produit jamais l'hystérie pendant sa durée de plusieurs années, ainsi qu'on peut s'en convaincre, en consultant les ouvrages pratiques les plus recommandables sur ces maladies, de Dugès et Boivin, Lachapelle, Récamier, Duparcque, Lisfranc, Pauly. Si l'on en croit même M. Landouzy, lorsque le cancer utérin a causé l'hystérie à son début, l'affection nerveuse disparaît à mesure qu'il fait des progrès. La phlegmasie chronique paraît en être la cause la plus ordinaire (obs. IX, XII) ce qui n'empêche pas les autres lésions d'engorgement, de tumeurs, de kystes, de distension par polype, d'étranglement par pessaire, etc., de l'occasionner quelquefois.

L'inflammation a bien souvent été la cause de l'hystérie. Quoique nous n'ayions cité que la péritonite (obs. VI), la vulvite(obs. IX), la métrite (obs. XI), nous avons la conviction que l'inflammation de tous les autres organes, appareils et tissus, peut être aussi l'occasion de la maladie. Cependant nous ne nous refusons pas à croire que certains organes ou appareils aient une prédisposition plus directe. Nous avons même lu quelque part, que les phlcgmasies pleuro-pneumoniques n'occasionnaient jamais l'hystérie. Le fait peut être exact jusqu'à ce jour : car nous ne connaissons aucun cas d'hystérie qui soit le résultat de la lésion de ces organes. Mais nous ne leur donnerons pas pour cela un brevet de dispense. Ce qui n'a pas eu lieu encore , peut arri-

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ver demain. Car nous ne voyons point de raison qui puisse soustraire un organe et ses maladies à la loi commune d'impression et de réaction. Nous rappellerons que ce n'est qu'au début de l'inflammation, lorsqu'elle fait sa première impression sur les organes et sur l'économie, qu'elle agit sur le système nerveux pour produire l'hystérie, et que ce n'est pas par conséquent pendant sa plus grande intensité, puisque nons avons vu (obs. XII) qu'à la matrice surtout, ce n'a jamais été qu'après l'acuité et lorsque l'inflammation était en voie de résolution, que l'hystérie s'est déclarée. C'est ce qui pourrait expliquer pourquoi les phlegmasies chroniques ont été regardées comme des causes fréquentes d'hystérie. Nous ne pensons pas qu'il soit nécessaire de trouver l'enchaînement pathologique des actes divers par lesquels doit passer la cause, pour venir retentir dans le système nerveux et y produire l'hystérie. Quels que soient le siège et le caractère de la maladie, l'étiologie est la même. Le prurit de la vulve, simplement nerveux ou occasionné par uneéruption herpétique, les mêmes conditions de l'anus et du périnée, sont signalées par Louyer-Villermay comme des causes fréquentes.

D'autres maladies nerveuses, et surtout les névralgies, peuvent devenir cause d'hystérie. Nous avons vu une névralgie temporale causer des crises hystériques toutes les fois qu'elle se déclarait et quelquefois pendant sa durée. Nous avons vu bien des fois la gastralgie en provoquer de plus ou moins intenses. Deux fois nous avons vu une sorte d'angine de poitrine la produire. Ce que ces névralgies ont fait, d'autres le peuvent également, et les auteurs en citent de nombreux exemples.

Une foule d'autres affections peuvent occasionner l'hystérie, par la manière dont elles agissent sur le système nerveux, par l'influence que peuvent exercer sur lui leurs sensations viciées. Les différentes maladies de la peau, dar-

très, prurigo, etc. ; les différentes maladies des appareils de la respiration, toux nerveuse, catarrhe chronique, etc. ; de la circulation, anevrismes, rétrécissements, ossifications ; nous avons vu l'anévrisme de l'aorte provoquer des crises fréquentes d'hystérie par le trouble insolite qu'il opérait dans la poitrine. Les affections de l'estomac et de l'intestin sont une source fréquente d'hystérie. C'est ainsi que l'indigestion (obs. V), le ramollissement de la membrane muqueuse, l'embarras gastrique, etc., ont souvent occasionné la maladie. Il en est de même de l'appareil urinaire et génital. Les productions morbides, les hypertrophies, les glandes engorgées ou squirrheuses, sont capables de la produire. Nous avons vu (obs. VI) que plusieurs auteurs ont reconnu que l'hystérie, entretenue par la présence de glandes hypertrophiées, avait été guérie par leur ablation. La syphilis chronique peut, de même que les autres affections virulentes, devenir cause d'hystérie. Elle nous a paru plusieurs fois jouer ce rôle, surtout chez les femmes nerveuses qui sont dans une position où leur maladie est pour elles un sujet de grandes appréhensions. Nous avons trouvé (obs. XV) que la chlorose avait été la cause de l'hystérie, puisque les crises disparaissaient avec cette maladie du sang, et se reproduisaient avec elle. La viciation humorale des liquides nous paraît donc aussi devoir l'occasionner, lors même qu'elle ne serait pas le résultat de la chlorose, comme dans les scrofules, le scorbut, etc. On conçoit l'action du sang vicié sur le système nerveux; on conçoit comment cet incitateur naturel doit, lorsqu'il est de mauvaise qualité, produire sur les organes auxquels il se distribue, et sur les extrémités nerveuses avec lesquelles il se met en contact, une impression pénible qui les fasse souffrir et les écarte de leur rhythme naturel de sensibilité. Nous n'avons point cherché à calculer le nombre proportionnel des globules sanguins. Cette étude , bien qu'importante , ne nous a pas encore paru donner à

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MM. Andral et Gavaret des résultats assez positifs pour rien statuer sur elle. Cependant dans les cas de chlorose, et lorsque la malade est affaiblie par la longueur ou la récidive de l'affection, il est évident que le nombre des globules doit être moins considérable. Ce que nous n'avons pas fait, M. Marchand l'a fait, et il a trouvé une diminution constante do globules dans l'hystérie, ce qui l'a porté à en faire une aglobulie. Nous y reviendrons.

Toutes les maladies chirurgicales plaies, contusions, piqûres, luxations, fractures, etc., peuvent, en agissant sur le système nerveux , devenir cause d'hystérie , quelquefois seulement par la perte de sang (obs. XII [) qu'elles occasionnent.

Il est essentiel de rappeler ce que nous avons dit plus haut, que les maladies les plus douloureuses ne sont pas celles qui déterminent plus facilement l'hystérie, puisque le cancer, et même le cancer utérin, quelle que soit la violence des douleurs qu'il occasionne, ne la produit jamais ou presque jamais. Nous avons fait là dessus toutes les réflexions physiologiques qu'un pareil sujet pouvait inspirer. Nous n'y reviendrons pas.

Causes thérapeutiques.

Pour ne rien laisser à désirer, nous ajouterons à cette nombreuse série de causes, celles que nous appelons thérapeutiques, parce que les médicaments en sont les agents.

Nous ne pensons pas qu'il y ait de remèdes qu'on puisse regarder comme hystériques, ou propres à produire la maladie par une action spéciale. Ainsi nous repoussons tout ce que nous savons qu'on avait dit au sujet du café et du thé. Ils peuvent par leur action excitante occasionner la prédisposition, comme le ferait toute autre substance aromatique excitante ; mais ils ne produisent jamais d'emblée la maladie.

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à moins qu'il ne s'y joigne d'autres prédispositions et d'autres causes puissantes. Nous n'en dirons pas autant de différentes autres substances irritantes, tels que les purgatifs, les vomitifs, les vésicants, les rubéfiants, parce que nous avons eu plusieurs fois l'occasion de voir les effets hystériques de ces remèdes irritants, topiques ou internes. Nous n'en avons point cité d'observation particulière, parce que, nous le répétons , s'il nous eût fallu citer des faits qui signalassent toutes les causes, comme toutes les nuances de la maladie, nous aurions été entraîné à une foule d'observations, qui eussent dépassé les limites dans lesquelles nous devons nous renfermer, malgré notre désir de tout dire. D'ailleurs la chose est connue. Les auteurs en ont cité plusieurs faits, qui peuvent servir pour nous faire comprendre et admettre les autres, sinon comme faits arrivés, du moins comme faits possibles. Les médicaments qui agissent sur l'encéphale et sur le'système nerveux, même pour calmer, comme les narcotiques, ne sont pas moins propres à déterminer l'hystérie. Leur action sur le cerveau et sur les nerfs en modifie l'action et la mobilité, et quelquefois cette modification va jusqu'à faire naître les crises hystériques.

Il ne faut pas croire que toutes les causes que nous avons longuement énumérées agissent avec la même fréquence et de la même manière. Les causes cérébrales sont les plus communes et sous ce rapport, elles favorisent l'opinion de Georget. Elles sont plus aptes à produire les crises brusques et instantanées , lorsqu'elles sont elles-mêmes vives et subites. Elle produisent plus facilement l'hystéricisme ou l'hystérie avec crises répétées, lorsqu'elles sont moins vives, mais plus lentes et plus prolongées. Alors la maladie est plus profondément enracinée et plus difficile à guérir. Après cet ordre de causes, ce sont les viciations des fonctions de l'utérus qui engendrent le plus souvent la maladie. Elles causent

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rarement une crise isolée. Presque toujours elles déterminent des crises multiples, c'est-à-dire, une hystérie prolongée et à crises renouvelées sans autre cause ou pour la cause la plus légère.

Dans cette appréciation de la cause, il ne faut pas oublier les dispositions individuelles, les prédispositions spéciales et idiosyncrasiques, qui rendent un individu plus apte qu'un autre, et qui varient tellement que le même sujet supportera un jour l'action d'une cause, qui, le lendemain produira des effets intenses quoiqu'elle-même soit moins intense. Rappelons encore que beaucoup de ces causes agissent d'une manière lente, et commencent par produire, avant la maladie, une prédisposition en quelque sorte nécessaire. Tandis que beaucoup d'autres agissent d'une manière brusque , et déterminent sur-le-champ et d'une manière foudroyante les phénomènes les plus violents de l'hystérie.

Il serait facile d'étendre ces réflexions sur le caractère et les nuances des causes ; mais il nous suffit d'en avoir signalé quelques particularités, pour qu'on puisse se figurer tout ce qu'il en est et ce qu'il en peut être, et pour nous dispenser de pousser plus loin des considérations qui deviendraient 4rop longues.

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