‹ Traité de l'impuissance et de la stérilité (volume 2)Chapitre 15 sur 106 · I CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

I CHAPITRE PREMIER

COPULATION § !• — ApIc vopDlalcar chez l 'homme.

La sécrétion spermaLiqiie, c'est-à-dire l'acte lesticulnire, a une action notable, non-seulement sur les cliangements que subit fa verge dans ses dimensions, mais encore sur l'énergie de l'acte copulateur lui-môrae. L'exemple des castrats avant Il puberté, dont les organes génitaux sont arrêtés dans leur développement, et dont les désirs vénériens et la vigueur mile sont h peu près nuls, ne permet aucun doute h cet igard.

Il serait donc logique de placer ici l'étude physiologique de la liqueur séminale; mais si l'on fait attention que c'est ^ ce liquide qu'appartient toute la puissance fécondante de l'horame, on comprendra que je réserve son liistoire pour le paragraphe assigné à l'acte fécondateur lui-même, et que je me concentre ici dans la seule étude des conditions de la copulation, en admettant comme normale la fonction testifiilaire.

Ces conditions sont au nombre de quatre, et si parfaitemenl distinctes entre elles, malgré leur union intime, par leur ordre de succession et par leurs manifestations, que l'absence de l'une n'entraîne pas fatalement la suspension des autres. Pour l'accomplissement de l'acte physiologique, elles se raanifeslenl dans l'ordre suivant: 1° désirs vénériens; 2° érection de la verge ; 3° expulsion d'un liquide spécial ; à° enfln, plaisir âu moment de cette évacuation.

Ces circonstances ne sont pas toutes exclusivement alTectées au coït; il en est une surtout, l'éjaculation spermatique, qui

6 PUYSIOLOGIE DE l'eSPÈCE.

est tellement essentielle à la fécondation, que je renvoie son histoire physiologique à la partie consacrée à Texamen de l'acte reproducteur proprement dit.

Je n'ai donc dans ce paragraphe qu'à m' occuper des désirs vénériens, de l'érection de la verge et du plaisir.

Les désirs vénériens ont des mobiles nombreux et variés : ils ne sont pas toujours, comme on pourrait le croire, sous J'empire de la volonté, car l'instinct qui les éveille chez les animaux à l'époque du rut les excite également chez l'homme; cependant, l'instinct n'a une action bien sensible que dans les premières années de la puberté, ou pendant une longue continence, ou au milieu de la vie calme et retirée des champs.

Plus tard, lorsque T&ge, l'habitude ou la satisfaction des besoins les plus pressants ont calmé les premières ardeurs de l'instinct, les désirs vénériens ne répondent plus qu'à la voîi des sensations ou de l'imagination.

Tous les sens ont la puissance de les éveiller. Ceux de la vue, du toucher et de l'ouïe ont une action si directe, qu'on pourrait les appeler les sens de l'amour. L'odorat jouit aussi d'une influence décisive, et la nature a placé dans les organes génitaux de tous les animaux une odeur sui generis qui surexcite leur sensualité ; certains parfums possèdent le même privilège, et la galanterie sait heureusement les mettre à profit. Le goût lui-même, moins favorisé que les autres sens, éveille parfois aussi l'appétit vénérien: un de mes amis ne pouvait jamais manger de la crème fouettée sans avoir immédiatement quelque idée voluptueuse.

Cependant, malgré la réalité incontestable du pouvoir des sen5ations sur le développement des désirs vénériens, il faut reconnaître que, dans la majorité des cas, cette puissance est insufGsante, et qu'il lui faut le secours de 1 clément moral.

Chez les animaux, c'est l'instinct qui seconde les sensations; chez l'homme, être de ndson, c'est la volonté.

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