ACTE SÉMINAL
1)11 jsuiie ijludianl allemand, Loiiis Hamm. Leeuwenhoeck, à qui ils furent montrés, en fit l'objet de ses études, et peu de lemp* après, Hartsœker les décrivit ponr la première Fois dans le Journal des savants. Ils se rencontrent clitz tons les animaiu à l'époque du rut, et n'apparaissent chez l'homme qu'à l'Use oii s'établit la fonction génératrice, Ceux de l'homme, comme ceux d'un très-grand nombre d'animaux, présentent une [«rtie renflée fl laquelle on a donné le nom de corps ou de iflf, tX un filament que l'on désigne sous le nom de queue ; la tête est ovoïde et un peu aplatie ; la queue, faisant suite à la fro^ e.\trémilé du corps, est assez épaisse k son origine, s'amincit peu à peu et se termine par un filament très-délié. A un grossissement de 300 ou ÛOO fois, on voit que leur longueur totale est de 1/20' de millimètre, et que le grand diamètre de leur tête est de 1 /200' fi 1 /300' de millimètre.
Quand on les observe au microscope, les animalcules spermaliques se font surtout remarquer par la rapidité et la nature lit leurs mouvements : ils ne suivent aucune direction délerniinée; ils vont en avant, reviennent en arrière, plongent BU fond du liquide ou arrivent à sa surfaee, se heurtent, se croisent entre eux, passent entre les lamelles épi théliales ou les globules rauqueux qui les environnent ; en un mot, ils semblent obéir à une impulsion volontaire. D'après Henle, ils pïiiïenl parcourir un espace de 2 centimètres en sept ou huit iiinutes. Ce mouvement, qui parait être produit par les onduliiions de l'animal, cesse après quelques instants, sous l'in- Biiencedu froid, d'une température élevée ou du dessèchement; mais en dehors de ces circonstances défavorables, les spermaiDïdes peuvent, pendant plusieurs heures, manifester leur «istence ; Wagner assure même qu'il a noté ces signes de vie iprès vingt-quatre heures.
Cepeûdant les animalcules spermatiques, observés dans les organes de la femme qui les doivent normalement recevoir,
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vivent un temps beaucoup plus long dans ces organes ; plusieurs observateurs ont acquis cette certitude, en examinant le sperme trouvé dans le vagin, et surtout dans Tutérus et les trompes de Fallope. Leeuwenhoeck pensait que les spennaioïdes pouvaient se mouvoir dans ces organes pendant huit Jours; Prévost et Dumas ont vu les zoospermes s*agitant encore, dans les trompes de chiennes, sept jours après le co!t, et Bischoff a observé le môme phénomène dans les trompes df lapines, huit jours après l'accouplement (!)•
La motilité des animalcules spermatiques est diminuée et même détruite par certaines circonstances que les observateurs ont notées; parmi elles je citerai le froid, le chaud, Télectricité par décharge, les acides, l'acide cyanhydriquc (Prévost et Dumas), la strychnine (Wagner), les narcotiques, le mucus vaginal dont Tacidité est augmentée, et le mucus utérin dont Tal- •calinité est plus prononcée (Donné) ; d'un autre côté, le mucus, la salive, le lait, le pus (Donné), (2) l'urine (Wagner), n'ont aucune influence sur cette même motilité.
On a également remarqué (pie les spermatozoïdes n'ont pt^ toujours la même énergie, la même densité, les mômes dimeosions depuis le moment où ils se rencontrent dans le testicule, jusqu'à celui où on les examine après le coït. Ils peuvent èlt« plus ou moins nombreux, très-rares, remplacés par des produits incomplets, et môme man({uer complètement chez certains malades. Duplay, dansunjravail dont j'aurai à m'occuper plus tard (3), avance que la sécrétion spermatique s'effectue encore chez les vieillards de quatre-vingt-six ans, quoiqu'die
(I) nisrhotr, Traité du di'Vfloppemnit de r homme et des mammifèrei, trad. de rallemaiid par AJ.-L. Jourdau. Paris, fH43.
{t) Donné, Courn de mirrosropie complémentaire des études médh cates. A natomie microscopique et physiologique des fluides de rêconomii, Paris, 1841.
(3) Duplay, Rechtrches sur le sperme d'*s vieillaidi (Archives f*$ wû^ decine, 1852, i* série, t. XXX, p. 385).
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soit moins abondante que chez l'adulte, et que, conirairement à l'opinioQ généralement admise, les spermatozoïdes se retrouvent encore dans leur Jiqueur séminale. Enfin, dans ses recherches sur l'oblitération des voies spermatiques(i}, M. Gosselin a constaté que le nombre des animalcules va en augmentant, depuis le testicule et l'épididyme, oîi ils sont très-rareâ, jusqu'aux vésicules séminales où ils sont très-nombreux.
La nature des spermatozoïdes a donné lieu à de nombreuses controverses: Les premiârsobservateurs,Leeuwenhoeck, Spallanzani, etc., n'éIe\aieot aucun doute sur leur animalité, et, s'appuyant sur cette opinion, Ehrenberg les plaça parmi les microzoalr&< suceurs, tandis que Czermak, les faisant rentrer dans les infusoires, classa les uns dans les vibrionides, les autres dans les cercaires, etc., etc.
Leur organisation a été diversement décrite par les auteurs. Vaientin a signalé dans les spermatozoïdes de l'ours un suçoir antérieur, un anus, des vésicules stomacales ou des circonvolutions d'intestin. Gerber assure avoir distingué des organes de généraUoD dans les spermatozoïdes du cabiai. Schwann prétend qu'il existe, au centre de la tête des spermatozoïdes de t'homme, une ventouse ou un suçoir analogue à celui des cercaires etd&idouves. F. A. Pouchat(deRouen), sur les travaux duquel j'aurai à revenir bientôt, a noté en avant une sorte de ventouse stomacale, en arrière une circonvolution intestinale, faisant suite à ce premier organe, et a reconnu que toute la surface des spermatozoïdes est recouverte d'un feuillet épitbélial.
Mais l'animalité des spermatozoïdes est vivement attaquée aujourd'hui : ces prétendus animaux ne seraient autre chose que le produit d'une cellule embryonnaire.
Les travaux et les observations de Wagner, de Lallemand,
0) Gosselin, Archives de médecine. Paris, 1847, t. XIV, p. 105.
de Hallcmann, et surtout de Kôlliker, ont le plus contribué à propager cette manière de voir. M. Charles Robin, se rangeant sous ce drapeau, a mieux peut-être que ses devanciers décrit le développement des spermatozoïdes, dans un Mémoire qui Qxa tout d'abord l'attention du monde savant (i). Depuis cette époque, l'école histologiquc est intervenue avec ses procédés minutieux d'investigation et voici , en quelques mots, les résultats auxquels elle est arrivée.
Le testicule appartient à la classe des glandes en tùbe^ c'està-dire que le liquide sécrété est produit dans de longs tubes minces et filamenteux. Ces tubes séminifëres sont tapissés à l'intérieur par un épithélium ou couche de cellules.
Lorsque ces cellules, par le fait de la vitalité, augmentent de volume, on voit apparaître dans leur intérieur , d'abord un point brillant qui est la tête d'un futur spermatozoïde et auquel s'ajoute bientôt un filament plus ou moins enroulé sur lui-même qui est la queue du même spermatozoïde. En même temps ces cellules se détachent de l'épithélium et cheminent dans les tubes séminifëres vers le bord postérieur du testicule; pendant ce trajet, ou même plus tard, au niveau de Tépididyme, elles se brisent et laissent échapper les filaments qu'elles contiennent et qui sont les spermatozoaires ; les débris des cellules et le liquide qu'elles renferment complètent la composition du sperme testiculaire.
Je dirai plus loin comment M. Gh. Robin , par suite de l'assimilation qu'il fait de l'ovule mftle à l'ovule femelle, explique le rôle des spermatozoïdes dans l'acte de la génération.
(1) Charles Robin, Mémoire sur C existence trun œuf ou ovule chez les miles comme chez les femelles {Comptes rendus de V Académie des sciences, 1848, t. XXVII, p. 427.)