‹ Traité de l'impuissance et de la stérilité (volume 2)Chapitre 28 sur 106 · ACTE OVAKIEK. S · texte numérisé non relu

ACTE OVAKIEK. S

quent de la fonction génitale; il est des vieUlardi qui pour le coït et la procréation valent de jeunes hommes.

§ D. — A««« «varlcM*

Quelques animaux n'ont qu'un seul ovaire, comme les myxinoldes et quelques squales; Hatbke n'a rencontré qu'un seul ovaire et qu'un seul testicule chez plusieurs poissons osseui. Chez la plupart des obeaux, h l'exception des rapaces, il ne se développe que l'ovaire et l'oviducte gauches; mais ceux du cdté droit existent à l'état rudimentaire chez le fœtus. D'autres animaux inférieurs,au contraire, comptent un nombre plus ou moins grand de ces organes : ainsi, chez tes vers cestoTdes, les organes génitaux m&les et femelles se répètent dans chacun de leurs anneaux parvenus à maturité.

Dans l'espèce humaine , dont je m'occuperai désormais eKctusivemenl, les ovaires sont au nombre de deux, flottant dans le bassin el appendus au repli postérieur du ligament large; leur tissu propre, que, depuis Baër, on désigne souvent sous le nom de stroma, renferme, pendant tout le temps que l'individu est apte à la génération, un nombre plus ou moins considérable de vésicules ou petits sacs membraneux, fort apparents , que l'on connaît sous la nom de vésicules de de (iraaf.

Ces vésicules doivent un instant Qxer notre attention.

A. — VéikaUs Ae de Gvaaf-

L'ovaire de la femme eu présente de douze i vingt, d'après la plupart des observateurs ; Rœdcrcr et quelques antres assuro!it en avoir compté jusqu'à cinquante; outre celles-ci, Berry et Pouchet en ont signalé encore un grand nombre d'autres que le microscope seul permet d'apercevoir.

36 PUYSIOLOGIE DE l'e^PÈCE.

Ces vésicules ont une double enveloppe : Tune, externe, plus forte, rétractile, ne se distingue pas du tissu propre de l'ovaire; Tautre, interne, appelée membrane épilhéliale granuleuse de Baër, composée de vésicules microscopiques à parois translucides, sillonnée de vaisseaux, selon Pouchet, et en manquant entièrement selon MM. Bischoff et Courty , forme un sac entièrement fermé. C'est cette membrane granuleuse qui, en s'accroissant considérablement, constitue plus tard les corps jaunes. D'une ténuité excessive, à ce point qu'il est très-difficile de l'obtenir intacte par la dissection, elle n'est pas égale partout ; lorsque la vésicule de de Graaf se prépare à émettre son œuf, la membrane granuleuse se trouve refoulée vers le point où va se produire la déchirure et forme autour de l'œuf un coussin protecteur au milieu duquel il est placé, et auquel Baër avait donné le nom de cumulus ou disque proligère.

Le liquide renfermé dans la vésicule de de Graaf est trèsabondant, clair, visqueux, ne contenant que de rares granulations moléculaires et des goutles d'huile. Quand on ouvre la vésicule de de Graaf, ce liquide s'en échappe avec force et entraîne avec lui le disque prolifère ayant encore l'ovule dans son épaisseur.

B. — Ovule,

L'œuf préexiste à la fécondation ; sans recourir à l'analogie,

des observations directes ont rais cette assertion hors de doute,

non-seulement pour les vertébrés et les mammifères, mais

encore pour l'espèce humaine. On a constaté les œufs à divers

degrés de développement sur des individus vierges et même

'. dans les premiers temps de la vie. Duvernoy, après les avoir

notés chez les fœtus de quelques poissons , assure que l'on

ii^ leut reconnaître les premiers vestiges des œufs dans les

'^ vaires de jeunes filles de quatre ans et sur ceux des sujets

ACn OVARIEN. 37

morts peu de temps après la naissance. Carus a décrit det ovules trouvés dans les mêmes conditions d'Age. Ritchie a conflatéqueles ovaires des enfants nouveau-nés et des enfants pins âgés offraient quelquefois, en assez grand nombre, des vésicules ovariennes qui sont le siège d'une injection très-vive à partir de la sixi&me année, et qui ont déjà un volume assez considérable, depuis celui d'une graine de coriandre jusqu'à celui d'un petit grain de raisin (vers la quatorzième année). Dans ces derniers temps, MM. Négrier, BischoO*, Courty, et Coste en particulier, ont fait des observations confirmatives des faits constatés parleurs prédécesseurs.

Le nombre des œufs contenus dans l'ovaire est excessivement considérable, eu égard à ceu-x qui doivent être fécondés. D'après Coste, l'ovaire de lafemme, destiné k n'émettre qu'une petite quantité d'œufs, n'est pourtant pas moins richement pourvu que celui des mammifères les plus féconds ; d'oïl il faut conclure qu'un très-grand nombre de ceux-ci doivent avorter de bonne heure, périr et être résorbés. Je dirai tout & l'heure comment les autret>, ayant subi toutes les phases de leur développement, sont expulsés de (a vésicule qui les contient; je dois h présent faire connaître Ja structure anetomique de l'œuf.

Il a la forme d'une petite sphère d'un diamètre de 1/1 6° à 1/20* de millimètre : Huschke dit l'avoir trouvé arrondi, mais oblong, chez une jeune lille de six semaines. Son volume augmente un peu après sa sortie de l'ovaire; sa couleur c^t jaunâtre, claire, translucide. Plusieurs observateurs en ont trouvé deux et môme trois dans la même vésicule de de Graaf.

On n'est pa-i d'accord sur la position qu'il occupe dans la vésicule. Suivant Wagner, l'œuf du cliicn, encore très-petit et non parvenu à maturité, serait situé au centre du fuUicul?, et h maturité il serait très-près de la membrane interne ;

38 PHYSIOLOGIE DE LESPÈCE.

Bischoff prétend que c'est sur la membrane granuleuse qu'il se trouve implanté; Pouchet, au contraire, assure, d'après les observations sur la truie répétées un grand nom* bre de fois, qu'il se développe à la surface interne de la membrane granuleuse, mais, qu'une fois formé; il est placé au point le plus superficiel de Tovisac, et conserve invariablement la même position et ses rapports avec le disque proligère.

La structure de Tovule présente trois points à examiner : !• la membrane vitelline; 2° le vitellus; 3° la vésicule ger^ minative.

Membrane vitelline, — C'est l'enveloppe protectrice du vitellus, à laquelle on donne aussi les noms de chorion^ de zone transparente Aq BBL'éVydecolemmapellucidumie Kratîse, Glose de toutes parts, elle apparaît sous forme d'anneau fort clair et large, dont les contours externe et interne sontaccusés par deux lignes circulaires bien tranchées, tandis que Tinter* valle est parfaitement transparent; cette écorce a une épais-» seur de i 60 000' de milimètre et offre une assez grande solidité ; elle est formée d'une substance tout à fait homogène, incolore et sans granulations.

Vitellus. — Contenu dans la membrane vitelline, il consiste en une quantité innombrable de très-fins granules, unis ensemble par une humeur très-visqueuse et susceptible d'éprouver un retrait en masse, lorsque l'eau pénètre par endosmose entre lui et la membrane vitelline

Vésicule germinative ou de Purkinje. — Découverte par Coste, et étudiée par MM. Jones, Valentin, Bernhardt, c'est une petite vésicule de 0""*,036 à 0"'",OâO, très-fragile et transparente. Elle est située au milieu des granules du vitel* lus qui peuvent la dissimuler. Elle est hyaline et renferme un liquide qui contient des granules d'un jaune verdàtre. Ceux-ci la remplissent en partie et forment à son centre un noyau ^'avançant presque jusqu'au contact de la paroi interne. C'est

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cet amas de granules colorés qui cunetitue la tache germinaliveAe Wagner dont l'existence aélé constatée dans l'espèce humaine, les mammifères et la plupart des animaux.

L'œuf queje viens de décrire ne peut, on lecomprend, subir des accroissements ultérieurs sans briser et abandonner la vésicule de de Graaf, et par conséquent sans sortir de l'ovaire. Je vais rapidement décrire ce double travail d'expulsion qui s'opère, soit il l'époquedelamenstruation, soit sou«rinfluence (le l'excitation du coït.

On sait que les vésicules de de Graaf sont d'abord très-petites et ensevelies dans le tissu même de l'ovaire. Elles s'arrêtent quelque temps à ce premier d^rô de développement pendant qu'il s'en forme de nouvelles; puis elles gagnent le bord libre de cet organe, apparaissent & sa surface, mais ne s'isolent et ne se pédiculisent jamais, comme chez l'oiseau. Toute la portion de la vésicule qui s'élève au-dessus de l'ovaire devient mince et transparente, tandis que les vaisseaux, comprimés par suite de la dilalaiion, s'atrophient, s'oblitèrent même dans le point le plus saillant.

G. — Ej:puùion de l'ovule.

Parvenus ainsi au toime de leur accroissement, les vésicules uemblent rester stationnaires jusqu'au moment otl une surexcitation provoquée, foit par la maturité de l'œuf, soit par le rapprochement des sexes, vieiit en déterminer la rupture. Sous l'influence de cette stimulation qui déter* mine en môme temps, comme nous allons le dire, la contraction des ûbres musculaires du ligament large, le liquide qui les remplit eBt sécrété en plus grande abondance et distend la cavité outre mesure; aussi ses parois, pressées d'autre part par le slroma congestionne de l'ovaire, se déclii* rent dans le point le plus-culminant, et, en se rétractant, espriroent avec violnnce le liquide qu'elles contiennent.

AO PHYSIOLOGIE I>K i/kSFKCE.

Le liquide exprimé par le retrait du folliculç, rencontrant sur son passage le disque proligère et l'œuf qu'il renferme, détache et entraîne celui-ci, pendant que, de son côté, le pavillon de la trompe vient le saisir et le diriger vers son intérieur, par Taction contractile dont la trompe est douée, et par celle des cils vibratiles développés sur le pavillon et dans son intérieur, et dont l'action s'exerce de dedans en dehors, selon les observateurs qui en ont constaté Texistencc.

La rupture de la vésicule ne se fait pas sans une inflammation assez intense, laquelle se traduit par une sorte d'hypertrophie et de tuméfaction de la membrane interne, et par la dilatation des vaisseaux qui se trouvent dans son épaisseur. Le feuillet externe, au contraire, fibreux, élastique, en rapport avec le stroma de Tovaire, ne participe pasàTinflammation, et commence à se rétracter. La rétraction de ce second feuillet, coïncidant avec la tuméfaction du premier, qui est lié, avec lui, dans certains points par des brides fibreuses, détermine dans le feuillet interne la formation de plis qui, croissant de plus en plus, arrivent bientôt au contact et donnent à l'intérieur de la vésicule ovarique l'aspect des circonvolutions cérébrales, a Ce n'est qu'en dernier lieu et assez tard, dit F. A. Pouchet, que les circonvolutions, après s'être avancées lentement vers la partie centralede la vésicule, parviennent à s'y rencontrer et à se confondre, et alors la cavité de cet organe se trouve désormais totalement remplie pai* l'extension de la membrane propre; alors celle-ci constitue un corps plus ou moins globuleux ou ovoïde, dont l'iatérieur présente une couleur d'un rouge grisâtre pâle, et une consistance pulpeuse qui semble tout à fait analogue à la substance grise du cerveau : c'est là le corps jaune y corpus hiieum (1). >

(i) F. -A. Pouchet, Théorie positive de Vovulaiion spontanée. Paris, 1847, 4 vol. in.8.

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