‹ Traité de l'impuissance et de la stérilité (volume 2)Chapitre 38 sur 106 · IMPUISSANCE IDIOPATHIQUE · texte numérisé non relu

IMPUISSANCE IDIOPATHIQUE

J'appelle impuissance idiopathique rimpossibilité d'exercer le coîty en dehors de toute lésion apparente ou constatable des organes génitaux, en dehors de tout état patliologique d'un appareil quelconque autre que l'appareil génital, en dehors des lois physiologiques qui régissent les âges, les constitutions et les tempéraments, en dehors de l'intervention des facultés morales, en un mot, un état d'inertie de l'activité génésique que n'expliquent ni l'anatomie normale, ni Tanatomie pathologique, ni les rapports de sympathie physiologique ou morbide du sens générateur avec les autres fonctions de réconomie animale. C'est à cet état seulement que convient la dénomination de névrose ou de syncope génitale.

Cette névrose est excessivement rare.

Telle n'est pas, je le sais, l'opinion des auteurs qui m'ont précédé. Les anciens, privés des lumières de l'anatomie pathologique, ne pouvant, par conséquent, rattacher à certaines lésions locales l'inertie des organes génitaux, et n'ayant que des notions superficielles sur les rapports sympathiques des diverses parties de l'économie entre elles, rapportaient votontiers h des troubles de l'innervation ou de la force vitale, les

affections dont la cause et le siège véritables leur échappaient. Ce diagnostic, ou plutôt cette absence de diagnostic, a étendu sur le sujet qui m'occupe d'épaisses ténèbres qui sont encore loin d'être dissipées. Il n'en pouvait être autrement, puisqu'on mettait dans le même cadre, sans rappeler la confusion presque généralement admise de l'impuissance et de la stérilitéi l'impuissance symptomatique du diabète et delà spermator* rhée, à côté de l'impuissance consécutive à la misturbatknii

IHPUISSANCI lDIOI>ATtI»,IUG. 113

aui excès de tout genre, de l'impuissance amenée sympathiquement par un état particulier de l'estomac, des facultés morales, etc., etc., et toujours, pour masquer son ignorance, on accusait de ces désordres la force vilnle nu le système nerveux.

Du chaos dans lequel était plongée l'étiolngie do l'impuissance, ne pouvait sortir, on le comprend, une thérapeutique rationnelle : le hasard, entravé encore par une idée préconçue, fit tou8|]es frais delà médication. Comme l'innervation ou la force vitale étaient accusées d'înertin, on recourut, pour les relever de leur faiblesse, aux échaulTants de tonte snrtc, aux excitants de toute espèce, et l'on classa, sous le titre d'aphrodisiaques, des agents dont la liste est inépuisable; les trois règnes de la nature furent mis k contribution ; on fouilla les entrailles des animaux, on confia à l'alambic, les végi'-taux des deux mondes, et l'on soumit les minéraux aux réactions les plus aventureuses de l'alchimie. L'esprit recule épouvanté devant tout ce qu'inventa l'imagination pour réveiller l'énei^ic abattue de l'innervation génitale.

On athi plus loin encore : on appela à son aide la polypharmacie, et, grftce à son complaisant concours, on composa des préparations incroyables que l'on décora de titres pompeux, comme pour ajouter une vertu nouvelle à toutes celles qu'on leur prétait avec complaisance. Le nombre des formules aphrodisiaques que nous ont laissées nos prédécesseurs est immense et toutes n'offrent aucun intérêt.

Les modernes, grâce aux progrès do la chimie et k l'influence qu'a exercée la doctrine de Broussais, ne tombent plus dans les écarts d'une polypharmacie ridicule; mais, comme l'étiulogie de l'impuissance ne leur est guère mieux connue, et comme, suivant en cette voie les errements des anciens, ils continuent à rapporter k l'affaiblissement de l'ionervation la très-grande majorité des cas d'impuissance, ils poumiiveat la pensée, à l'exemple de leurs prédécesseurs, d'v"" ^'énergie

HOÏÏBJUTD.

IIA IMPUISSANCE CHKZ i/hOMME.

vitale et de relever les forces nerveuses du génésique. A cet effet, ils recourent indistinctement aux excitateurs et aux excitants généraux ou locaux, et prescrivent, comme au hasard, tantôt la noix vomique, le phosphore, rélectricité et tantôt la cantharide, la moutarde, les bains de mer et riiydrothérapie (1).

Cette simplification dans la médication n'amène pas de§ résultats plus heureux que les préparations polypharmaceutiques des anciens; et il en doit être. ainsi, puisque la môme confusion règne dans Tétiologie, et par conséquent dans le choix du traitement.

Cependant, quelques rayons de lumière ont pénétré les ténèbres de cette nuit profonde; les travaux de Lallemand (2), de Civiale (3), etc., ont dépouillé du titre de névrose certaines impuissances, dont la cause manifeste est dans la lésion d'une partie de l'appareil génital; mais leurs ouvrages, limités par leur nature même à une seule face de la question dont je dois embrasser Tensemblc, n'ont pu l'arracher tout entière aux nuages où l'ignorance et rimagînation l'avaient entraînée, et lui donner le caractère de positivisme qui distingue aujourd'hui à pou près toutes les parties de la science.

C'est le devoir que je me suis imposé en écrivant ce livre, c'est la route que je me suis tracée en étudiant l'impuissance et la stérilité.

En suivant cette voie tout opposée à celle de mes devanciers, je n'ai pas tardé à me convaincre que la névrose génitale, dégagée de toute lésion locale ou de toute sympathie, en d'autres termes que l'impuissance idiopathique était excessivement raie.

(t) Voy. Nouveau dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiffim,

an. Apiirodisiaot'f.. ,

(i) U\\\o]\\amh Des pertes séminales involontaireSy iSâ/à-iSUt. (3) Civiale, Traité pi'atique des maladies des organer 'gêàlU^^ naircSj Paris. 18^8 j •}^i\*if*

IMPUISSANCE IDIOI'ATIIIÛUE. 1 15

Cependant je l'ai bien maiiirestcmcnt observée, cuinme je le dirai tout & l'heure, et je doi:i, par conséquent, lui dontior ici une place.

Mais l'impuissauce idiopatliiquc est loin do se [irôsentur constamment avec les mômes caruclèrcs, ot il est tri's-fssontiol, h tous les points de vue, de déterminer d'une maniùje pn'-ciff les formes diverses qu'elle peut revêtir.

Rappelons sommairement que la foncliou gén^siaque n'ontic en activité qu'à la suite d'une excilybililé morale qui, t-llemôme, va nSveiller l'eïcilabîlilé physique, laquelle délermine d'abord la congestion des corps caverneux, et ensuite la ccjutractïoo des vésicules séminales et des conduits rjaculaleurs, et par suite la sortie de la liqueur f^éniinali>, et avec elle le plaisir.

Il y a donc, pour la mise en RClivité de la roncliun copulatrice, la nécessité de l'action de deux éléments : l'un njonit, qui correspond h l'instinct chez les uniniaux, et liinlre i imiplëtemcnt organique.

Cette action peut être diminuée ou sus|>e[idue dans cliucun des deux éléments, ou séparément, ou dans ions les deux ù la foÎB.

Quand l'eicitabilité Tait défant ù l'élénicnt moral, l'impuissance est surtout caracLérisée [lar l'absence des désiis ^l'nériens.

Quand l'excitabilité morale ne peut éveiller la sensibilité généûaque, l'impuissance est caractérisée par un trouble du cette sensibilité dont le point de départ se trouve, tanléit dans les centres nerveux, et tantôt dans l'appareil nerveux du î^ens génital lui-même.

C'est ce qu'on a appelé la névrose ou syncope génitale.

lEnfia quand l'absence des désirs vénériens s'accompagne de la Don-6rection de la verge par n'importe quel moyen (atloiHihementa, raves lascifs, chaleur da Ut, et^ijwr mr le dos,

plénitude de la vessie, etc.), Timpuissance est complète et affecte tout à la fois les deux éléments du génésique.

Ces trois formes d'impuissance ont un caractère commun : la diminution ou la suspension de Texcitabilité d'un des deux éléments, au moins, du sons génital, qui me les fait comprendre sous la môme dénomination : impuissance idiopaf/iique par défaut d* excitabilité.

Mais cette excitabilité, soit morale, soit organique, peut être déterminée et mise en jeu par des moyens artificiels qui Téloignent de son bui naturel, le coït, et par conséquent amènent Timpuissance.

J'appelle ce second genre d'anaphrodisie : impuissance idiopathique par perversion d'excitabilité.

Comme pour le défaut d'excitabilité, la perversion peut s'adresser ou à l'élément moral, ou à l'élément organique, ou simultanément aux deux éléments du sens génésiaqiic.

Quand la perversion affecte l'élément moral, elle amène cette impuissance ou cette répulsion pour le coït physiologique qu'éprouvent le masturbateur, le sodomiste, le pédéraste ot la tribade.

Quand la perversion affecte l'élément organique, l'impuissance est ordinairement constituée par l'absence d'éjaculation et par suite de plaisir, comme dans le priapisme et Taspenna* tismc.

Enûn quand la perversion atteint les deux éléments du génésique, la sensibilité n'a plus de boussole et subit, par lefiût même de cette espèce de folie, l'empire des excitants les plus étranges : c'est le satyriasis. , ,

Toutes les formes de l'impuissance idiopathique sont comprises dans les divisions que je viens d'énumérer; il me fiiut donc maintenant, pour légitimer la réalité de ces distinctionSi faire l'histoire des diverses variétés d'impuissance, et dire

DÉFAri' d'excitadilité. 117

ensuite les ressources que nous possédons contre chacune d'elles.

C'est le sujet de ce c!iapitrc.

§ I. — iMpMl— wee MlopMlil4B« jfmr diUmt d*«:icUMbllIté.

Cette espèce d'impuissance peut ôtre congénitale ou accidentelle.

Quand elle est congénitale, c'est -ù-dire lorsque le malade n'a eu ni dfeirs, ni érection, elle est presque toujours liée h un état déplorable de la constitution et t l'atrupliie, ou tout au moins à un arrêt de développement de l'appareil génital, de telle sorte qu'il est très-difficîie tie décider si, dans co cas, .l'impuissance est cause ou effet. Cependant Planqnc cite, d'après les éphcmérides d'Allemagne, un fuit d'impuissance congénitale au milieu des conditions les plus favorables au coït: B On n'aurait pas si bien réussi, dît-il, avec ce stnpide impuissant dont parle //(T/-/m(rn;f (I). Il était fort et robuste et avait les lesliculea fort gros, la verge courte, petite et flasque, mais il ne connaissait ni érection , ni semence, et n*avait jamais eu de sentiments d'amour (2). t

Cette observation laconique ne peut, on le comprend, servir de base àuneopinion; d'autre part.il ne s'est jamais présentât à mon examen un impuissant de naissance, sans vices de conformation ou sans maladies, et otTrant tous les caractères d'une parfaite vitalité ; aussi sui j-je porté à croire que cette impuissance idiopathiquc congénitale, si elle existe, est excessive' ment rare, et qu'il faut se mettre en garde contre les exemples qu'en pourraient citer des observateurs superficiels.

Cependant, une espèce d'inertie native de l'appareil géuilul se rencontre assez souvent au milieu des conditions les plus

(1) Sphemeridei germankœ, dec. 3, an. 1, ob. K>, p. 181.

<S) BibUoiktiiw choisie de médecine, t. IV, p. 239, art. IxpcissàKct..

JJ8 IMPUISSANCE CHEZ l'hOMME.

favorables de l'économie; il est vrai que cette faiblesse n'implique pas rimpuissance absolue; mais elle est si près del'anaphrodisie que la moindre circonstance peut l'anéantir et l'enrayer dans ses manifestations. Les malades connaissent parfaitement leur état et disent, en parlant de leur appareil génital : cest ma partie faible.

Le plus ordinairement les désirs vénériens prennent part i l'inertie des organes génitaux et sont comme eux languissants et paresseux. Pourtant ils no disparaissent jamais complètement, alors même que la faiblesse virile est arrivée jusqu'à l'impuissance.

Malgré leur peu d'énergie, lés organes génitaux sont bien conformés et ne portent aucune trace d'atrophie : les testicules ont leur volume normal, la verge est suffisamment grosse;* ï-eulement tout l'appareil est flasque et pendant; les testicules tirent en bas un scrotum pâle, allongé et sans rides, que le froid lie recoquille pas et que les attouchements amoureux émeuvent à peine; la verge, molle et froide, est comme exsangue; la circulation semble suspendue aussi bien dans le gland que dans les corps caverneux ; enfin Tartère dorsale ne se di-cèlc ([ue {)ar des battements filiformes et presque im- Ijerceptibles.

Pour ces hommes dont Tappareil génital est la partie faible, ainsi qu'ils disent, la copulation n'est ordinairement possible qu'à la suite d'une forte excitation génésiaque qui tantôt réveillo l'innervation endormie, tantôt active la circulationparesseuse, quand elle ne doit pas s'adresser, à la fois, à cesdoux fonctions également languissantes.

Le pronostic de cette espèce d'impuissance n'est pas ordinairement grave: sans doute l'art est incapable de remédier à certains vices de constitution, mais une thérapeutique rationnelle peut, comme je le dirai tout à l'heure, fortifier l'appareil génital en agissant, selon les circonstances,,soit sur Tin-

VtFKVT D'EXCU'AUILITÉ. 119

nervation, soit sur la circulation, et quelquefois sur les deux fuDetions en même temps.

Quand le défaut d'escitabilité frappe le sens g6nital dans le cours de son fonctionnement, l'impuissance qui en résulte rev6t un caractère différent, comme je l'ai dit, selon que les désirs \énériens sont conscrvésou sont éteints.

La physionomie de chacune de ces formes d'una^ilirodisic porte un cachet bien distinct et bien marqué. Dans le x>remier cas, la douleur du malade est extrême et le désespoir peut le pousser au suicide; ce n'est point seulement un sentiment de honte qui l'agite, mais un véritable sui>plLce qui lui rend la vie à charge et impossible; pour se guérir, le malheureux est capable des médications les pins excentriques, comme de s'envelopper, toutes les nuits, pendant plus d'un mois, dans des feuilles de choux, ainsi que le fit un homme de trente ans, d'une intelligence et d'une instruction nu-dcssns de la moyenne.

Quand les désirs vénériens, au contraire, se sont éteints avec l'érection, le malade n'éprouve qu'un sont iment de honte dont il est facilement distrait par les affaires on les préoccupations de la vie ; il n'a recours à la mùderine que lorsqu'il est marié ou lorsque, par des considérations de fortune, de position, de naissance, etc., il se décide à se marier. En dehors de ces deux circonstances, il est indifférent à. son infirmité qu'il peut d'ailleurs facilement cacher h la malignité publique.

Cependant il importe de savoir, au point de vue du pronostic et de la thérapeutique, si l'érection peut être produite soit par la masturbation, soit par des rôves lascifs, soit par la chaleur du lit, soit par le coucher sur le dos, soit par la plénitude de la vessie; ces érections anormales, qui bien souvent font sortir le malade de son apathie, établissent des degrés dans l'impuissance avec perle des désirs, et modifient le pronostic dans un sens plus favorable.

120 IHPDISSAflCE CHEZ l'uOMME.

Dans tous les cas le défaut d'excitabilité morale, c'est-à-dire l'absence des désirs vénériens, est toujours une chose -fAcheuse dans l'impuissance idiopathique ; elle rend le pronostic plus grave que lorsque les désirs sont conservés, et exige l'intervention d'une médication morale que le médecin ne peut indiquer qu'avec une réserve facile à comprendre.

Toutes ces différences légitiment la distinction capitale de l'impuissance jdiopathique en deux formes, basées sur la persistance ou la disparition des désirs vénériens, et me forcent à faire séparément leur histoire.

1° Impuissance idiopathigue avec persistance des désirs. — Elle peut se produire ou primitivement ou secondairement

Primitivement, l'impuissance survient sans cause connue, sans motif plausible, au milieu de la santé la plus parfaite. Rarement la virilité s'éteint tout d'un coup; au contraire, elle s'affaiblit progressivement, et le malade suit avec terreur les progrès de cette atonie jusqu'au jour où l'organe ne répond plus à l'incitation des désirs.

Secondairement, l'impuissance se montre à la suite d'un accident, physique ou moral, qui aurait pu entraîner et qui môme a entraîné l'inertie de la verge, mais qui, disparu depuis plus ou moins longtemps, ne peut plus exercer son influence sur l'énergie virile : une indisgestion, un brusque changement de température, une vive émotion, etc., [icuventen agissant violemmment sur l'innenation, laisser après eux une impuissance que le temps seul dissipe presque toujours, et qui n'exige pas une thérapeutique active.

Mais il n'en est pas de même de l'impuissance idiopathique primitive dont les causes sont obscures, et qu'il est impossible de rattacher soit à un trouble moral, soit à une lésion organique.

C'est la véritable syncope génitale des auteurs.

DÉFAUT d'eXCITABIUTÉ PHYSIOIIE. 121

Ce trouble âel'innervation quifait que l'excitabilité physique ne répond plus à l'excitabilité morale, est tantôt direct et tantdt indirect.

II est direct, quand sou point de départ est dons le système nerveux lui-mÊmc.

II est indirect, quand le point de départ est dans le système circulatoire dont l'insuffisance prive l'innervatioii des éléments nécessaires & son activité.

Dans tous les cas, qu'elle soit directe ou indirecte, il y a une névrose génitale dont le caractère principal et presquetoujours unique est un abaissement et même une suspension de l'activité fonctionnelle de l'appareil. . Quand la névrose est directe, c'est-à-dire quand l'innervalioD seule est atteinte, la verge est flasque et pendante, il es vrai, mais ne rentre pas, pour ainsi dire, dans i'iibdomen ; les corps caverneux sont résistants et élastiques : ou sent les battements de l'artère, et l'on voit de larges veines sillonner le pénis, tandis que le gland, rosé et tendu, offre une coloration pleine de vitalité.

Quand la circulation, au contraire, est le pi>int de départ de la névTose, le sang ne parvenant plus dans les corps caverneux, la vei^ se réduit en des proportions microscupiques, disparaît presque entre In peau des buu^^e^ et celle du pubis, Délaisse saillir ni artère ni veines, et présente unghind ridé, pAle et décoloré.

Comme le diagnostic dilTiTcnticl de ces deux él.its al delà plus baute importance pour l'instilution du traitement, ainsi qu'on le verra plus loin, on ne saurait avoir trop de moyens de l'établir.

Dans les cas oîi les caractères ci-dessus ne sfruiciit pas assez saillants pour former la conviction, on n'a qu'à recourir à l'électricité et à faire contracter les muscles ischio et bulbocaverneux.

122 IMPUISSANCE CHEZ l'uOMME.

Si la syncope est purement nerveuse, il y aura une demiérection, ou tout au moins le gland deviendra plus rouge, et les corps caverneux plus turgescents.

Si, au contraire, la syncope tient au ralentissement de la circulation de Tappareil génital, la contraction des muscles bulbo et ischio-caverneux n'arrête pas assez de sang pour colorer le gland, gonfler les corps caverneux, et produire un commencement d'érection ; la verge sort tout au plus des profondeuis où elle se tient enfouie, et laisse apercevoir un gland toujours pâle et toujours ridé.

L'état général aide à peine à établir un diagnostic dont les principaux éléments, je le répète, se trouvent dans Fétatdes organes génitaux eux-mêmes.

Cependant, quoique la syncope génitale puisse se produire avec tous les tempéraments, avec toutes les constitutions et avec tous les état^ de santé, il est bon de tenir compte de toutes ces conditions générales, d'abord parce que le médecin n'en doit jamais faire abstraction, et parce qu'en suite, il en peut tirer des indications utiles.

En effet une exagération, par exemple, de la sensibilité générale jieut amener un trouble dans l'innervation génitale, et par suite l'impuissance, comme je l'ai plusieurs fois observé.

Dans ce cas, l'état de la verge indique seulement que lepoint de départ de l'impuissance est dans un trouble de l'innervation ; mais on ne découvre la nature de ce trouble que dans les conditions de l'état général.

Un diagnostic exact est encore ici de la plus haute utilité, car, selon l'occurrence, il faudra recourir ou aux sédatifs ou aux excitateurs, dont l'usage intempestif aurait pour le moins l'inconvénient de perpétuer la maladie.

Quoi qu'il en soit, le traitement de la syncope génitale s'adresse plus spécialement à l'innervation ou à la circulation de

DfcFACT d'excitabilité PHTSUJUK. 123

l'appareil gëDésiaque, selon que le point de départ de la syncope a son siège dans le système nerveux on dans le système circulatoire.

Mais, comme presque toujours les deux systèmes se trouvent atteints & la fois, l'un directement et l'autre indirectement, il faut agir sur tous les deux, en insistant seulement» je le répète, sur celui qui paraît tenir les accidents sous sa dépendance.

Pour bien faire comprendre l'origine obscure, la murche lente et insidieuse de l'impuissance idiopathique avec conservation des désirs vénériens, je transcrirai l'histoire pathologique dont M. le docteur H. Max, médecin des hospices civils de Bruxelles, avait chargé un de ses malados qu'il envoyait prendre mon avis. Cette consultation, savnmmeiit et logiquement déduite, montre également une thérapeutique sage et excellemment ordonnée.

C'est une haute leçon de clinique que je suis heureux de mettre soua les yeux du lecteur.

« 11 y a douze ans, m'écrîvnitM. lodoctcurH. Max, M. K... a souETert d'une sciatiquc pour laquelle il a subi le traitement ordinaire : ventouses, v&icatoircs, calmants, etc.

M. K... a été atteint d'une affection du foie pour laquelle il a suivi , pendant deux années successives, une cnre à Vichy; sou état de santé, très-précaire avant ce (railement, s'est raffermi au point que, de son propre aveu, son état général n'a jamais été meilleur qu'aujourd'hui ( il est marié et père de deux enfants).

€ Lorsque M. K... s'est présenté chez moi, t la fin de juillet 1874, il était atteint d'une impuissance complète dont le début remontait à 2 ans 1/2 ; l'état géntra! était excellent, toutes les fonctions régulières, à l'exception de celles des organes génito-urinaires. L'examen physique des parties indiquait le manque de vitalité : la verge était atrophiée, le scroti

12à IMPUISSANCE CHEZ l'hOMME.

pendant, les tissus décolorés, les veines peu gonflées; rémission des urines était difficile, le jet faiblement lancé était en tire-bouchon, les érections manquaient absolument, même celle du matin déterminée par la plénitude de la vessie. Le méat urinaire laissait suinter un peu de liqueur prostatique, la prostate elle-même offrait et offre encore un certain degré d'hypertrophie; jamais de pollution; aucun symptôme du côté de la moelle épinière.

a Mon diagnostic fut : impuissance essentielle, amenée par la marche progressive d'une sorte d'atrophie des organes génito-urinaires, caractérisée par la diminution de l'afflux sanguin, et la semi-paralysie des ûbres musculaires.

« Le traitement établi fut le suivant : du 22 juillet 1874 au 24 septembre, lotions froides plusieurs fois par jour, et administration successive et à dose progressive : !• de la teinture alcoolique de noix vomique; 2° de l'extrait alcoolique de noix vomique associé à Téthiops martial : 5 graihmes d'étliiops, 10 grammes d'extrait pour 100 pilules, éprendre trois par jour.

« Le 24 septembre je joignis h ces premiers moyens rélectricité; un mois après je portai la dose d'extrait de noix vomique à 15 grammes pour 100 pilules. Nous atteignîmes ainsi le milieu du mois de novembre.

c( L'état du malade s'était considérablement amélioré; la verge était devenue plus forte, le scrotum se relevait, l'émission des urines était plus facile, le jet lancé plus loin et plus fort, enfin une érection franche précédait l'émission des urines du matin.

(( En présence de l'impatience du malade je voulus essayer l'effet des cantharides, tout en continuant la noix vomique et Télectricité. Je donnai 5 grammes de teinture de cantharides dans 200 grammes de sirop; une cuillerée à café le soir en se couchant, plus tard une cuillerée à dessert. Le traitement

IiÉFAUT u'EXClTAmUTÉ PIIVSIOVE- 125

suivi pendant un mois ne produisit aucun résultat appréciable; nous marquions le pns.

fl Le 19 décembre, je passai à la stryclinine pure : 15 centigrammes pour 36 pilules, Ji prendre 3 par jour; le 27 décembre je portai la dose à 30 centigrammes, et le 4 jiini ier 1 S75 à 35 centigrammes, toujours pour 36 pilules, h prendre trois par jour.

«Nous arrivâmes ainsi au 10 janvier; l'érection précédant rémission des urines du matin était bien caractérisée, nous obtenions même assez rr6qnemmenl une seconde érection presque complète, une heure ou deux après l'émission des urines.

« Je conseillai alors l'hydrothérapie, douches sur la colonne et douches péiinéales, concurremment avec la strychnine et l'électricité. Lerèsulot en fut escellent, etsous l'influence de ces divers moyens, nous arrivâmes à avoir, plusieurs fois, des érections nocturnes complètes.

"Le 7 février, je remplaçai la slrichnine par la teinture éthérée de phosphore, i grammes dans 120 grammes de véhicule; mais le résultat de cette prescription fut désastreux ; les érections que nous avions obtenues cessèrent complètement, et les functioDS digestives s'altérèrent. Au bout de 8 jours, je renonçai au phosphore, pour revenir à la strychnine.

* Nous nous retrouvons aujourd'hui au point où nous étions avant ludminislration du phosphore ; nous avons desérections, l'état général est redevenu excellent, mais les fonctions génératrices n'obéissent pas encore à la volonté du malade.

« En résumé, partant d'une impuissance absolue, fin juillet 1873, le traitement par la noix vomique, las ' ' le, l'électricité et l'hydrothérapie combinées, nous i

bout de sept mois, à une amélioration considén (

encore aune guérison complète."

126 IMPUISSANCE CHEZ l' HOMME.

La durée de cette impuissance remontant à plus de trois ans, et sa persistance, malgré le traitement le plus rationnel et le plus énergique, me firent penser à Thypertrophie de quelque ganglion comprimant les filets nerveux, ainsi qu'il arrive assez souvent pour le grand sympathique, et je conseillai i'îodure de potassium, tout en continuant les excitateurs et les excitants auxquels je fis ajouter l'application de sinapismes sur la verge.

Huit mois après, c'est-à-dire en novembre 1875, M. le docteur H. Max me renvoya le malade avec la nouvelle lettre suivante.

« Monsieur et très-honoré confrère, j'ai Tlionneurde renvoyer à votre observation Tun de mes malades pour lequel j'ai déjà eu recours à vos lumières, et qui, bien qu'ayant vu sa situation s'améliorer, n'est cependant pas complètement guéri.

(( J'ai scrupuleusement suivi vos indications jusqu'au moment où le malade est parti pour la campagne ; j'ai alors, mû par l'espoir de détourner le plus possible son imagination de son mal, conseillé la suppression de tout traitement, à l'exception toutefois du phosphore.

a J'avais essayé une fois déjà du phosphore sous forme de teinture éthérée dans une potion, mais il y avait eu très rapidement intolérance de l'estomac. La seconde fois j'ai eu recours aux granules d'acide phosphoriquc ; je n'ai eu aucun inconvénient de l'administration du phosphore sous cette forme, et le malade en prend encore aujourd'hui. Depuis une quinzaine de jours il s'est remis à l'électricité.

d Comme résultat nous sommes arrivés à obtenir une érection régulière chaque matin avant l'émission des urines» fréquemment une seconde érection quelque temps après avœr urine. Une forte demi-érection le soir, très rarement érection dans la journée.

DÉFAIT d'eXCITAUILITÉ UORAI.E. 127

« Je serais très satisfait de cette situation, si elle s'accentuait davantage ; mais depuis assez longtemps df^Jà nous ne gagnons rien; nous ne perdons rien, il est vrai, mais nou^ restons station naires.

f L'dtat général du malade est cxccitent, il n'a jamais été meilleur. ■

On voit par cette observation combien la névrose gtînitale résiste parfois aux moyens les plus rationnels et les plus énergiques; comme dans le traitement des autres névroses, il faut une persistance ft toute épreuve; ce n'est qu'îi ce prix qu'un finit par triompher d'un mal qui, pendant un longtemps, fnit le désespoir tout h la fois du malade el du médecin.

5" Impuissance idiopathique avec perte dus désirs. — Comme je l'ai dit plus tinut, celte forme de l'impuissance idiopathique n'est pour le malade ni un motif de d(!-se^]it)ir ni un sujet de honte, i moins qu'il ne soit marié nu qu'il \(nillc W devenir; mais elle est pour la tliérapeu tique, la iuimi' la pins ardue et la plus rebelle, parce qu'elle exige ton) hlafoisun traitement mond et une médication physique.

Dans maints endroits de cet ouvrage j'aurai à noter raljscnw des désirs vénériens, la rapportant à des causes nmllijilis cl diverses : tautût elle sora smisla dépciidanco d'iui i-iM. nnnbîde comme le diabète ; tantôt elle sera le signe d'une fatijiue eitrôme ou d'un repos trop prolongé des organes j;énitau\; tantôt elle se montrera solidaire de quelque |iré(iccu|>alioii intellectuelle et tantôt nous la rencontrerons au milieu de l'exultation de quelque passion affective.

Mais ici Tétiologie est plus obscure : bien que les désirs vénériens puissent disparaître subitement, tout d'un coup, cette absence arrive ordinairement d'une manière progressive, comme une fonction qui faiblit, s'allanguit et disparaît tout ft fait.

Les constitutions faibles et les tempéraments lymphatiques, ainsi que Tinertie native de Tappareil génital dont j*ai parié plus haut, sont des prédispositions à la perte de l'excitation vénérienne. Cependant on la rencontre avec les constitutioDs les meilleures et les tempéraments les plus robustes, comme chez les personnes qui font vœu de chasteté, et qui le tiennent.

Une continence absolue et sufGsamment prolongée est, en effet, une condition favorable à l'apaisement des désirs de la chair; au début, ces désirs s'irritent de ne point être satisfaits, mais plus tard la nature se lasse de la lutte et cède la victoire h la volonté persistante de l'homme.

C'est Thistoire d'une foule de bons prêtres et de religieux qui parviennent ainsi à ne pas transgresser leur vœu de chasteté.

Dans le monde, on trouve, plus souvent qu'on ne pense, des hommes qui, par un motif ou par un autre, s'imposent une continence dont rien ne les fait départir.

Ce sont, pour la plupart, des victimes vouées d'avance à la perte des désirs vénériens ; mais l'impuissance qui en résulte est alors consécutive à un excès de continence dont rhistoire a sa place marquée plus loin.

Ici Tanaphrodisie ne peut être rattachée ni à des excès, ni à un état maladif, ni à une aberration morale, ni à une lésion organique. C'est la névrose génitale complète à laquelle on ne peut attribuer que les causes prédisposantes que j'ai indiquées plus haut.

Dans cet état déplorable du sens génital il y a des nuances, selon que l'organe copulateur entre ou n'entre pas en érection sous l'influence d'excitants étrangers au génésique, tels que la chaleur du lit, le coucher sur le dos, la plénitude de la vessie, etc., ou bien si des éjaculations se produisent, ou non, pendant le sommeil, sous l'empire de rêves lasciEs et avec sensation voluptueuse.

DÉFAUT d'excitabilité HORALE. 129

Quand des érections anormales se produisent, quand des pollutions nocturnes ont lieu avec érection et sensation de plaisir qui éveillent le malade, la névrose génitale n'a pas la gravité qu'elle présente, quand il y a absence absolue d'érection et d'éjaculation.

Dans ce dernier cas, la paralysie est complète et la sécrftion testiculaire est presque nulle.

Quelquefois cette sécrétion n'est qu'amoindrie et alors, de loin en loin, les vésicules séminales se vident, et le sperme sort en bavant et sans déterminer de sensations voluptueuses.

Ces états sont graves au point de vue seulement de la fonction génératrice, car, je le répète, ils peuvent exister avec une bonne santé générale, avec l'intégrité de toutes les autres fonctions.

Aussi, comme les malades ne sont pas sollicités par les désirs, qu'ils sont, sous le rapport vénérien, dans une complète apathie morale qui ne trouble ni les autres facultés, ni les autres fonctions, cesmalades, jele dis à nouveau, ne se préoccupent de leur position que lorsqu'ils sont mariée ou veulent le devenir.

En dehors de ces deux circonstances et de quelques rares accidenls de la vie, les hommes atteints d'anaphrodisic morale et physique ne souffrent ni ne se plaignent de leur iiiQrmité: ils n'y pensent pas; ils n'ont mdrac pas le sentiment de honte qui poursuit le malheureux dont les désirs sont conservés, et ne fuient même la société ni des hommes ni des femmes. Dans leurs rapports avec ces dernières, ils apportent la plus complète indifTérence et n'obéissent qu'aux conventions du monde.

Un long temps peut se passer ainsi pendant lequel l'impuissance peut devenir irrémédiable.

Hais avant de porter un pronostic aussi ^beux et de déclarer la paralysie au-dessus des ressources de l'art, il but tenter

ROCBAUD. ^ g

130 uiPuissANCE CHEZ l'uommx;.

les ressources que la thérapeutique met à notre disposition et s'armer surtout d'opiniâtreté et de constance.

Au début, le traitement doit viser au sens intime et s'adresser b, sa sensibilité par des moyens moraux^ et physiques tout à la fois.

Sous le premier rapport, il faut observer une gradation lente dans le choix des excitants, afin de prévenir le dégoût' qu'inspirent toujours aux esprits froids des conversations trop libres, des lectures trop licencieuses, des peintures trop nues et des spectacles trop décolletés. La conduite à tenir varie avec chaque malade; elle doit s'inspirer de ses mœurs, de ses croyances, de ses habitudes, de ses affections, de ses travaux,, de la tournure de son esprit, etc., etc. C'est en cette occur* rence que le médecin a besoin de tout son tact, de toute sa* prudence et aussi de toute sa fermeté. Il doit ne jamais se h&ter, marcher lentement dans une voie pleine de périls, et toujours s'assurer du terrain avant d'y aventurer ses pas; comme pour une éducation à faire, il doit employer la méthode progressive, et ne rien précipiter ; — le succès est à ce prix.

Quant aux moyens physiques, ils doivent, au début, .seconder l'action du traitement moral , plutôt que réveiUer l'organe de la copulation. Par un régime essentiellement analeptique, par l'électricité appliquée aux testicules,, par des fumigations aromatiques sur le scrotum,, on se proposera d'activer la sécrétion testiculaire dont l'énergie est un excitant des désirs vénériens.

Quand ceux-ci, après un long temps, je le répète, de persévérance et de soins moraux et physiques, commenceront & renaître, on abordera, avec plus do chances de succès, la me* dication aphrodisiaque

Nous allons voir, dans un article qui leur est exclusivement consacré, quels sont les éléments de cette médication; mais

TUÉRAPKDTIQDE t» L'IHPDISSAXGE IDIOPATHIQCE. iU

je tiens d'ores et déji & protester contre l'existence d'agents spécifiques de la syncope génitale. S'il n'y a pas de remèdes aphrodisiaques, proprement dits, contrairement & ce qu'afSrntent les charlatans et les jongleurs, il est loisible & la médecine d'instituer des médications capables de réveiller l'innervation ou d'activer la circulation de l'appareil génital. Tous les agents de la matière médicale peuvent y concourir, depuis les excitants les plus forts jusqu'aux ëniollients les plus bénins, depuis les excitateurs les plus puissants juî^qu'aux sédatifs Jes plus énergiques.

Mais cette importante question de thérapeutique va m'oceuper, et l'on trouvera dans le paragraphe qui suit les él6< ments et tes indications de toutes les médications aphrodisiaques.

THËBAPEirnOOf: de l'iUPDISSAKCE lUlOPATUIQUE,

Les ressources dont la médecine dispose pour combattre la syncope génitale n'ont rien de spécifique; la matière médicale ne possède aucun aphrodisiaque, et cette dénomination ne coDYÏent ni & aucun des médicaments, ni h aucun des agents physiques, ni & aucun des moyens mécaniques dont je parlerai tout & l'heure.

Mais, parce ga'die manque d'un spécifique, la thérapeutique de l'appartil génital n'est pas plus désarmée que celle des autres sens ; elle trouve dans la matière médicale des éléments d'action qu'elle mêle et qu'elle combine et dont l'ensemble constitue une médication.

Quand la médication a pour but de réveiller et d'augmenter la vitalité du génésique, elle peut, sans forcer le sens des mots, être appelée aphrodisiaque.

La médication aphrodisiaque est, comme toutes les médications, variable selon les combinaisons multiples que le praticien lui impose. Cependant nous essayerons, à la fin de

132 MPLISSÀNCE CHEZ l'hOMME.

ce chapitre, d'en établir les bases et d'en formuler les indications les plus importantes.

Mais avant ce travail d'ensemble, il est nécessaire de faire . connaître les éléments dont se compose la médication aphrodisiaque, et qui se recrutent tout à la fois parmi les médicaments, parmi les agents physiques et parmi les agents mécaniques.

Ces nombreuses ressources s'adressent les unes à la circulation et les autres à l'innervation de l'appareil génital.

J'appelle les premières des excitants.

Je nomme les secondes des excitateurs.

Les unes et les autres exercent leur action ou d'une manière directe, quand ils sont appliqués immédiatement sur les organes copulateurs, ou d'une manière indirecte, quand ils s'adressent à l'économie toute entière, dont les modifications se font sentir sur l'appareil génital , comme sur toutes les autres parties de l'organisme.

De l'énumération que je vais faire dans l'ordre que je viens d'indiquer, de tous les éléments de la médication aphrodisiaque, je détacherai l'hydrothérapie, les eaux minérales et les bains de mer, auxquels je consacrerai un paragraphe séparé à cause de l'importance particulière que ces moyens d'action ont pris de nos jours.

Entre temps, et dans le cours de ce travail, je présenterai quelques considérations sur le traitement moral dont Tinfluenceest prépondérante dans la thérapeutique de l'anaphrodisie avec perte des désirs vénériens.

Quand de cette manière, nous connaîtrons toutes les ressources dont le praticien peut disposer (1), j'essayerai, comme

(1) Pour la liste des aphrodisiaques qu^admeUaicnt les anciens, on peut consulter : Venelle, Tableau de Vamour conjugaly t. I, p. 272, édition d'Amsterdam, 1732 ; de Lignac, De Vhomme et de la feminCy 1. 1, p. 147, édit. de 177i; et Bulletin de pharmacie, t. V, p. 193.

HiDlCAMENTS EXCITANTS. 1S3

je t'ai dit plus haut, de montrer les indications principnles de la médication aphrodisiaque.

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