I. — Excitants
A. — Médicaments excitants.
Nous les classerons d'après le règne de la nature auquel ils appartiennent.
Règke ixorgamql'e. — Nous trouvons dans ce règne et par rang d'importance : le phosphore, l'acide pliosphurique cl le chlorure de sodium.
Phosphore. — Le phosphore est, à coup sûr, l'agent qui mérite le mieux la quahlication d'aphrodisiaque. Alphonse Leroy et Bouttotz ont expérimenté sur eux-mêmes le phosphore et ont parfaitement constaté son action excitante sur lapparcil copulateur; les observations de Hartcop, cite par Faylar et Péreira de Londres, confirment les expi'rienccs di^ A. Leroy ; enfin, dans ces derniers temps, M. le docteur Delpccli, médecin de J'bdpital Necker, a préconisa le phosphore, comme nous le verrons plus loin (1), contre Fimpuissance des ouvriers qui travaiUent le caoutchouc vulcanisé. Cependant l'influence de cet agent sur l'appareil génésiaque n'est pas assez spéciliquc pour lui valoir une dénomination S[)écia]e; c'est un excilai.t énergique dont l'action se fait surtout sentir sur les sy.stèmcs nerveux, sanguin, sécréteur et musculaire ; il exalte les facultés intellectuelles et produitune diurèse abondante. Son administration exige les plus grandes précautions ; ou le donne h. l'intérieur dissous dans l'éther ou les huiles ; je me trouve bien de la forme capsulaire imaginée par M. Diijartlin-Daumotz; chaque capsule contient 1 milligramme d'huile phosphoréc ;
(1) Voyez le chapitre consacré i l'impuissance résullant de Tinloxic»- I par le sulfurt! de cartraai!.
tion par le sulfure de carboan.
13& IMPUISSANCE CHEZ l'hOMMË.
on en donne de 3 à A par jour. Â Textérieur, on emploie le phosphore en frictions, sous forme de Uniment ou de pommade.
Acide phosphorique. — AUbert cite, d*après Pelletier, un fait remarquable : un homme, dit-il, énervé par les plaisirs de Vénus, était tombé dans un état de marasme et de consomption dorsale ; dans un espace de temps très-court» il recouvra ses forces par le seul secours d'une limonade préparée avec l'acide phosphorique et le miel. — Comme le phosphore, l'acide phosphorique exige certains ménagements. On le prescrit à la dose de 20 à 30 gouttes dans un verre d'eau sucrée, à répéter plusieurs fois par jour.
Chlorure de sodium, — On a depuis longtemps constaté que les individus qui se nourrissent de salaisons sont très-prolifiques^ et on a même donné le nom de salaces h v^qwx qui sont très-enclins aux plaisirs de l'amour ; nous trouverons plus loin le sel marin parmi les condiments qui doivent entrer dans l'hygiène des impuissants, et dans la thérapeutique des bains de mer.
Règne végétal. — C'est le règne végétal qui nous fournit la liste la plus longue des excitants ; aussi, pour mettre quelque ordre dans leur énumération, rapprocher les espèces qui ont des caractères identiques, et aussi pour abréger cette nomenclature, je suivrai l'ordre alphabétique des familles admises par les botanistes.
Anonacées, — Cette famille ne nous présente qu'une seule espèce, le cananga (Uvaria odorata) qui croît aux Moluques. Ses fleurs, à odeur suave, entrent, avec l'huile de coco, de curcuma etc., dans une pommade que l'on imite en Europe sous le nom à' huile de macassar.
Aroidées ou aracées, — Je ne citerai de cette famille que Vaçore-vraiy le roseau aromatique, dont la racine fratche est employée, à Constantinople, pour faire une confiture
■AmCAHENTS FJÏC1TAKT8. 135
'Irè&^TépaDdue d«i8 les harems, afin d'exciter k l'amour. Champigtuuu. — La fausse oronrje, le bolet odorant,
ila moreile et la truffe jouissent, à divers degrés, d'une réputation excitante que l'expérience n'a pas toujours confirmée. Dans tous les cas, cette propriété ne se fait sentir que chez les personnes qui usent avec abondance de ces champi-
.gnons.
Conifères. — Tous les végétaux de celte famille sont remarquables par leur saveur aromatique et résineuse'; la iéréàen-
■thi7ie et le genévrier, dont l'action sur l'appareil urinaire est incontestable, ont été employés à relever l'énergie virile, & cause du voisinage et des rapports qui unissent l'appareil urinaire et l'appareil génital. C'est un mode d'action sembliible à celui des cantbarides dont je parlerai plus loin. Lc> baies de genévrier, employées à l'extérieur, comme tonique, sous forme de fumigations oude frictions, peuvent rendre do-t services. lA^abine, qui appartient à la même famille, a été également préconisée contre l'atonie des organes génitaux, à cause de l'action eicitante- qu'elle exerce sur l'appareil génital de la femme. Tous les emménagogues, rue, safran, cataire, etc. sont dans le mâme cas que la sabine,
iCraeifèns. — Toutes les crucifères sont stimulantes & des d^rés divers; elles doivent cette propriété à la présence d'une huile volatile qui leur communique une odeur aromatique; cependant je ne citerai gtiëre que la roquette dont Golumelle a dit :
BxetkU advetierem tardos cruca maritos, et quelques espèces comestibles, telles que les raves, les navets, la moutarde, etc. Cette dernière est précieuse comme -topique, et j'aurai plus loin l'occasion de parler des services ■qu'elle peut rendre dans le sujet qui nous occupe.
•Drimyrrhizées ou amomées. — Famille peu étudiée en botanique et qui cependant renferme de nombreuses espèces
136 IMPUISSANCE CHEZ l'uOMHE.
dont les propriétés excitantes sont incontestables. Je citerai en première ligne le galanga dont les propriétés aphrodisiaques ne rencontraient anciennement aucun contradicteur. Théopbraste qui, par ses nombreux écrits, mérita de lui donner son nom, herbe de Théophraste^ assure que cette plante a une grandissime vertu d'échmiffei* à paillardise ^ car, non-seulement, dit-il, si on en mange, mais si on en fait une application sur les parties génitales, on accomplit l'acte vénérien douze fois....', autant de fois que Ton veut; quant aux femmes, si elles en mangent, encore plus chaudes deviennent que les hommes.
En faisant la part de l'exagération à laquelle Théophraste est entraîné par son enthousiasme, on ne peut nier que le galanga ne possède des vertus excitantes ; malheureusement, cette plante, que Ton cultive dans l'Inde, se trouve difficilement dans notre commerce, et l'on fait souvent passer pour la racine du galanga, la racine du roseau aromatique dont j'ai parlé plus haut, et qui a quelque ressemblance avec celle de Tamomée. A côté du galanga je ne citerai que quelques espèces réputées excitantes : les unes pour leurs graines, comme le petit cardamome^ et les autres pour leurs racines^ comme les curcumasj Varotc-root^ les zédoaires et le gifh' get7ibre.
Iridacées. — Cette famille n'offre à notre attention que le safran qui rentre dans la classe des emménagogues dont j'ai parlé à Toccapion de la sabîne (famille des conifères).
Labiées. — Quoique presque toutes très-aromatiques, les labiées n'ont que de faibles propriétés excitantes; il e» est même, parmi celles qui contiennent du camphre, qui sont accusées d'avoir des propriétés contraires; la menthe^ d'après Hippocrate, serait dans ce cas : Si quis eam^ dit-il, sœpe comedat, ejus génitale semen ita colligtiescit ut ef/luat^ et arrigere prohibet et corpus imbecillum redit; il est vrai que
■ËDICAUENTS EXCITANTS. 1S7
Dioscoride et GaJien ne sont point de cet avis), et accordent b la menthe des propriétés aphrodisiaques.
Quoi qu'il en soit, l'infusion théiforme, ou quatre ou cinq gouttes de son huile essentielle dans un verre d'eau, constituent une boisson doucement excitante, Tort utile dans des cad d'irritabilité nerveuse. On peut mettre sur la même ligne les lavandes : lavande mâle ou aspic et lavande stxchas, dont l'huile essentielle produit de bons eiTets, en frictions sur tes organesgàaitaux; ta sau^e et enSn la mar/o/ciine,avecles fleurs de laquelle les juifs couvraient la couche des nouveaux époux.
Je ne puis oublierici les bains et les litières que l'on compose avec les labiées les plus aromatiques, telles que la sauge, la menthe^ le thym, le romarin, la lavande, le serpolet, et qui sont d'une si grande utilité dans tous les états de l'organisme, caractérisés par la faiblesse générale et le relâchement des solides.
Laitraeies. — Cette famille est presque entièrement composée de plantes aromatiques dont les ûcorccs sont singulièrement exciiantes, malgré le camphre que beaucoup d'entre elles renferment. Il faut citer, en première ligne, la cannelle trop connue pour nous arrêter longtemps ; le Culilawan qui fournit une huile volatile que l'on emploie en frictions sur les organes génituix, et avec laquelle les Chinois composent un onguent, le bobùri, qui jouit chez eux d'une immense réputation ; l'avocatier dont le fruit a été particulièrement recommandé par Scaliger pour l'usage qui nous occupe ; le mtisrndier qui fournit deux excitants énergiques : 1° la semence appelée noix muscade ou simplement muscade; 2° le macis, sortede cupule qui entoure l'amande h la base; enfin, cette liste se clôt par deux excitants plus faibles : le sassafras et le laurier naturalisé dans nos contrées.
Légumineuses. — L'arac/iide et la caroube ont des propriétés eidtantes trop douteuses pour que je ne les aie pas passées
138 IMPUISSANCE CHEZ l/llOMME.
SOUS silence, et avec elles la famille des légumineuses, si le souvenir de Pythagore ne me faisait un devoir de rappeler les fèves dont il défendait Tusage à ses disciples auxquels il pi*6chait la chasteté.
Lilliacées. — Les bulbes de quelques lilliacées, Vail^ Voignon et ses congénères, ont été consacrés comme aphrodisiaques par Martial, qui ne faisait que traduire les idées de son temps, quand il dit de l'ail etdeToignon :
Qui prestare virum cijpriœ ceriamine ne$cit, Manducet bulhos et bcne fortis crit.
Quant au poireau^ l'École de Salerne le recommande dans son 51* aphorisme commençant ainsi :
jPorrum fecundas rcddit persœpe puellas (1).
Magnoliers. — Cette famille ne contient que la badiane on <inis étoile, dont l'huile essentielle, la badianite, la rapproche de l'anis dont je parlerai tout à l'heure.
Meliacées. — Celte famille ne contient guère, à notre point de vue, que la cannelle blanche que l'on confond assez souvent avec l'écorce de Winter, et qui jouit, mais à un moindre degré, des propriétés excitantes de la cannelle de Cejlaa.
Myrtacées. — La plante qui a donné son nom à cette famille, le myrthe^ était autrefois consacrée à Vénus, et trèsvantée pour ses propriétés aphrodisiaques. Garidel qui écri- Tait son histoire des plantes de la Provence, en 172S, indique une liqueur huileuse, préparée avec les baies de myrthe pilées et un peu d'eau-de-vie, comme propre à raffermir les organes génitaux relAchés. On trouve encore daas cette famille, comme très-excitants, les fruits de quelqim espèces, tels que le clou de girofle^ qui n'est autre chose qiw li
(1) Édition Cliarles Meaux Saint-Marc avec le tetle laân a précédée d'une Introduction par Gh. Daretnberg. Pftris, f 8M.
MÉDICAMENTS EXCITAKTS. 139
fleur du giroflier, cueillie et sèchéc avantson épanouissement; ip piment ou poivre de la Jamaïque , fourni par le fruit du Mt/rlus pimenta, desséché avunt sa maturité.
OmbeUifères. — Il faut mettre en tête de cette famille une plante que l'on trouve rarement en Europe, mais qui jouit, en Chine, d'une réputation immense ; c'est {^genfj-sen</ ou ginseny que l'on confond presque toujours avec le ninzin, ninsi ou jiindsin qui nous arrive du Japon, et qui mérite moins que le ginseng, la qualification d'esprit de la terre, recette d^ immortalité. Je citerai, comme plus à notre portée, le c/iervi que Tibère, pour satisfaire ses débauches, exigeait des Allemands sous forme de tribut, et que les Suédoises, au dire de Venette, font prendre à leurs maris pour les exciter à l'amour ; le parti' caut dont Tournefort vante la racine préparée avec du sucre et du miel, et que l'on mAclic, comme Vaugélit/tie qui appartient à la mfime famille et qui jouit des mâmes vertus, niaiii à un moindre degré; enfin le daucns de Crète dont le fruit n'est pas sans quelque valeur.
Les O-ubelUtères contiennent aussi des plantes alimentaires excitantes, telles que carottes, panais, fenouil et céleri^ que nous retrouverons dans l'hygiène des impuissants.
Orchidées. — La plante qui a impose son nom à cctio famille, ïorchis, a des tubercules qui affectent la forme du scrotum, ce qui lui B valu la réputation d'aphrodisiaque dont elle a joui dans l'anUquité, et qu'elle conserve encore en Perse oii l'on fabrique, avec l'espèce satyrion, un élcctuaire capable, au dire de certains voyageurs, de faire faire des prodiges en amour. On prépare avec les orchidées que Itin cultive en Europe, une espèce de fécule appelée salep, qui n'a que des propriétés analeptiques. Mais à cAté des orchis dont les vertus stimulantes sont tbrt douteuses, nous trouvons la vanille , dont les propriété donoanient ndtantes BODt connues de tout le monda, et dinnee aipèOM de^owre, tels que le bétel, le
lAO IMPUISSAN'CK CHEZ i/hOMME.
pinang qui, mâchés par les peuples de l'Orient, éveillent et soutiennent chez eux l'appétit vénérien.
Papavéracées. — L'opium jouit dans Tlnde d*une grande réputation d'aphrodisiaque. Les Chinois préjxirent avec lui une espèce d*électiiaire appelé affioiiy et une liqueur connue sous le nom de madach; les femmes, dit-on, redoutent les approches des hommes qui font usap^e de ces pré|)arations. Sans aller aussi loin que les Chinois, il faut reconnaître que l'opium, associé aux aromates et surtout à Tambre gris, donné à petites doses et pendant un temps limité, possède une action excitante dont on peut tirer parti.
ItHtficres. — Nous appli(|uerons à la rue les observations que j'ai faites à loccasion du safran et de la sahine; quanta la fraxinrlle ou dictmne blanc ^ c'est un aromate qui pcul être employé conmu» le thvm et le romarin.
Solaim*s, — La mandrnijore doit sa réputation aphrodisiaque à la ressemblance que sa racine affecte avec la cui:?se; elle entrait anciennement, avec Valkékeiu/e et peut-être aussi avec quelque dtitura^ dans la composition des philtres amoureux dont les fables ridicules ne doivent pas nous arrêter pliL^ longtemps.
Sipwnthéiées. — Presque tous les végétaux de cette famille nombreuse ont dos propriétés stimulantes et toniques qu^ib doi\entà Thuile volatile et au principe amer qu'ils contieonent; cependant chez les uns, l'action stimulante prédominff tandis que l'action tonique est plus marquée chez les autres; tous appartiennent à des tribus distinctes; en eiTet les car' fliificres se distin'^uent par une amertume plus prononcée qui les fait emiiloyer comme toniques, alors que les corymr bi/rrvs s(»nt plus actives comme stimulantes, à cause de l'hiùle essentielle qu'elles contiennent. Je me contenterai donc de citer parmi ce dernier groupe : Yabsinthe^ Varmoise et h matricaire^ dont les propriétés cmménagogues nous rappel-
MËDICAHERTS EXCITANTS. Iftl
lent les considérations que j'ai fait valoir & l'occasion de la Sabine ; puis viennent la camomille^ la balsamite et la millefeuille, dont les infusions théifurmes peuvent seconder l'action d'agents plus actirs.
Je ne puis quitter cette famille sans rappeler qu'elle renferme des végétaux comestibles, tels que Vartidiaut, les hélianthes, et entre antres le topinambour, dont les préparations culinaires un peu aronaatisées sont assez excitantes.
Valérianacées. — MM. Trousseau et Pidoux indiquent , d'après Agricola, la valériane comme étant capable de doubler ies forces aux combats amoureux, et ils ajoutent : c 11 ne serait pas impossible, à la rigueur, que son odeur seule ait pu l^èrement exciter le système nerveux, n II faudrait alors attribuer la même propriété à l'assa-fœtida dont l'odeur est «ncore plus forte.
Verbénacées. — Nous terminons cette longue énuméralion par la plante que les anciens avaient consacrée ù Venus, à cause de ses propriétés aphrodisiaques, lierba veneris, et dunt nous avons fait verveine. L'expérience na pas justifié l'enthousiasme des anciens; mais comme léger rubéfiant, la verveine est utile en topique, et je l'ai souvent employée îi la place de la moutarde, quand je ne voulais produire qu'une faible irritaUoo.
RËGjn ANiHAL. — Les anciens avaient prêté à certaines producUons animales, telles que les bézoards et Vhippomane , des vertus merveilleuses que l'evpériencc n'a pas confirmées. Nous relierons donc leurs récits au nombre des fables qui ne doivent pas nous occuper.
Quadrupèdes. — Mais si les bézoards et l'hippomane doivent rester dans l'oubli où ils sont tombés, il est d'autres productions, fournies par quelques quadrupèdes, dont la valeur thérapeutique iacontestoble leur donne une place légitime dans le cadre qui m'occupe.
Je \eu\ i);irier ilu hni>c, do la ci relia cl ilu (d^tnrrum.
Ce sont des excitants généreux difTiisibles dont on )>eut s vent mettre à profil l'action antispasmodique.
En dehors de ces productions animales, la classe des drupèdcs ne nous offre plus que la chair des animaux qui fa^^ 1 partie de notre alimentation. Sans nous arrêter à ce que anciens ont écrit sur l'action aphrodisiaque de la chair du Ik et (lu re//, il est constant que certaines viandes sont excitantes que d'autres, toiles que celle du potx etdepresqo^» tous les animaux qui vivent à Tétat sauvage, le sanglier^ chevreuUj le lièvre, etc., dont Tétudc est plutôt du do] de rh}7;iènc que de celui de la thérapeutique.
Oiseaux. — Cette classe que réclame do préférence Ti culinaire, no nous offre guère aussi que des mets plus ou moi excitants, tels que la bécasse et d'autres espèces que Ton mode avec des aromates ou avec des truffes.
Insectes, — Dans le sujet qui nous occupe, cette classe noo^S' offre deux espèces intéressantes, la cantharide et le canA^ dwcj la première surtout invoquée par la débauche et àb— ' quelle on donne toujours la principale place parmi les médicaments dits aphrodisiaques.
Et cependant nul agent n'est moinsdignedecette appellation
que la cantharide, dont Faction sjur le système génital v!^ que hocondaire et consécutive à Taction inflammatoire qu'elle exerce sur le réservoir urînaire. La cystite cantharidienne • été Toi) jet de nombreux travaux que je n'ai pas à étudieriez» mais qui ne laissent aucun doute sur le mode d'action aphr^'^ disiaque de la cantharide.
boit que l'inflammation de la vessie, déterminée par f^ cantharide, se communique à l'appareil génital, soit que oett^ inflammation ne fasse qu'activer le système vasculaire de^ organes voisins, on ne peut et doit attendre une influence da méloé sur les organes génitaux, qu'après avoir déterminé une
MÉDICAMENTS KXCITANTS. AU
inflammation plus ou moins énergique sur le réservoir uri- ■MÛre.
A ce point de vue et sans parler des accidents que l'ingestion des cantbarides peut produire sur le tube digestif, comme tous les poisons acres, l'administration de cet agent comporte la plus grande réserve et de minutieuses précautions; on l'a vu, en eiTel, produire l'inflammation de la verge avec pissement de sang et même sphacële du pénis.
Depuis longtemps j'ai renoncé A la poudre, dans la crainte de son action vésicante sur le tube digestif; je n'emploie que la teiature alcoolique dans une potion ou mixture, le vin dans de l'eau sucrée, ou l'extrait alcoolique en pilules.
Gomme type de préparation aphrodisiaque cantharidienne, je citerai le ôaume de Giléail de Salomon qui a joui d'une immense réputation, et dont la composition cRt la suivante :
Cardimome 30 gratnmcs.
Cannelle 30 —
Ihume de ta Merquu i. —
Tûntare de cantharides 1 —
Alcoolâ 21 degrés 100 —
Sacre i50 —
On prenait de cette préparation une cuillerée à café dans du vin généreux.
Les anciens nous ont transmis fous le nom de bupresle sacré une préparation aphrodisiaque dont le principal rôle était joué par le carabe doré. Depuis les travaux deLatreîlle sous le rapport de l'histoire naturelle, et les expériences de Bretonneau au point de vue de la matière médicale, celte opinion ne saurait être soutenue; ii l'aut admettre que l'agent actif du bupreste, ou le carabe des anciens, n'était qu'une espèce de méloé.
Employées à l'extérieur, en fricUons, sous fonne de liniment, les cantbarides font partie des irritants fluxlonoaires»
iàk IMPUISSANCE CHEZ l'hOMME.
comme la moutarde et quelques renonculacées, les espèces, par exemple, qui composent les genres ClematiSy Anémone et Ranuncidus.
Plus loin, à l'article ventouse, j'indiquerai le rôle des iriitants, et je montrerai les services que l'on peut demander aui cantharides et à la moutarde, appliquées directement sur l'appareil copulateur.
Reptiles. — Galien, Pline, Dioscoride et après eux Venette, Lemire, etc., s'ils affirment tous les propriétés aphrodisiaques du scinque, ne peuvent se mettre d'accord sur la partie de l'animal qu'il faut employer ; lun veut que ce soient les reins; l'autre, au contraire, ne recommande que la chair qui entoure ces organes ; celui-ci vante les pattes, et celui-là, en désespoir de cause, n'affecte aucune préférence et recommande
toutes les parties de l'animal.
Qui croire, et à qui entendre? je pense qu'il ne faut croire à personne et encore moins aux vertus aphrodisiaques de ce saurien.
La tortue de mer n'offre pas plus de garantie que le scinque, surtout quand je songe qu'une seule partie de l'animal est recommandée et que cette partie est le pénis séché au soleil.
Quittons toutes ces fables et arrivons à des excitants un peu moins problématiques.
Poissons. — De tous temps, on a constaté que les nations ou les individus ichthyophages étaient très-prolifiques; on en a naturellement conclu que le poisson jouissait, à un haut degré, de propriétés aphrodisiaques.
L'observation est vraie dans le sens que nous donnons à ce dernier mot.
Beaucoup ont attribué cette action excitante aux salaisons et aux assaisonnements que l'on fait subir aux poissons ; mais» depuis les travaux de Fourcroy et de Vauquelin, cette explication ne peut garder son caractère absolu, et il faut admettre
EXCtTA.'VTS IMPONHÉHABLES. — CALOniQLK. 1&5
que le poisson est bien réellement excitant par lui-même, grâce au phosphore qu'il renferme; aussi celte action estelle pins marquée dans les espèces carlîlagineuser;, telles que les raies et les squales.
Presque tous les mollusques ont passé et passent encore pour exciter & l'amour. Je ne ferai que rappelcf le poulpe, la sèche, la moule et enfia les huHrcs que les Yiinitiens, confinais eu cette parole de Juvônnl :
Crandin qaœ modiis jaiii noeliOin ostrea morâet.
prirent l'habitude de manger à leur sotiper; ce que nous faisons encore aujourd'hui, sans attaclier à cette coutume rîmporlancc des riverains de l'Adriatique.
Je ne quitterai pas la classe des poissons sans rappeler que l'rtnjA^-eym dont la nature et l'origine ont donné liiju aune 'ciule d'hypothèses, est aujourd'liui regardé comme une excrétion morbide du cachalot, analogue aux calciil.-i liili.iiros humains; l'ambre gris figurait dans une foule de recettes aphroilisiaques et jouissait ancien nement d'une grande réputation sur ce point. Sans tomber dans les illusions et l'enthousiasme des anciens, il importe de conserver l'ambre gris parmi les excitants, au m£me titre que le musc et le castoréum.
B, — Excilmilx iiiiimi'li'i-tibifS.
L'agent par excellence de l'excitation générale ou locale est sans contredit le caloriqne. La médecine et ta chirurgie ont occasioQ de l'employer à des degrés divers de température, et c'est à ce titre que je vais l'examiner ici.
Calorique. — L'action du calorique sur l'organisme peut aller depuis la plus simple excitation jusqu'à l'altération et la âestructioo des parties soumises à son contact. La ehim met quelquefois à profit cette action destructive ; nui
nOQBAOD. (
l'l(5 IMPUISSANCE CHEZ l'h031ME.
sujet qui nous occupe, on n'y a jamais recours. Aussi il doit bien rester entendu que, dans tout le cours de cet ouvrage, à moins d'une déclaration précise, je ne parlerai jamais que d'une élévation de température compatible avec rintégrîtè de& tissus.
Comme je Tai dit plus haut, le calorique exerce une action générale ou locale, selon le mode de son application.
Les formes sons lesquelles on Tadmiiiistre comme excitant général sont : les boissons chaudes, l'insolation générale, l'exposition devant un foyer de chaleur, Téluve sèche et humide, tous les procédés de bains de vapeur, le bain liquide, les bains de boue ou de sable, le contact du corps de l'homme ou d'autres animaux, etc.
Les moyens dont on se sert pour produire l'action locale sont : l'insolation peu concentrée par des verres lenticulaires faibles, les douches d'air, de vapeur ou d'eau chaude, les bains liquides partiels, le cautère objectif instantané, l'application de briques, bouteilles, sachets, linges chauffés, etc., etc.
De ces derniers moyens la thérapeutique de l'impuissance ne retient guère que les douches de toutes sortes, et les applications locales des objets que je viens d'énumérer.
Je ne m'arrêterai pas ici à l'action des douches d'eau chaude ou de vapeur, tant générales que locales, parce que ces modes d'application du calorique trouvent rarement une indication dans le sujet qui m'occupe. Je ne veux signaler, en cette place, que la douche sèche, c'est-à-dire d'air chaud comme étant d*UD grand secours dans les cas de laxité et de mollesse des tissus. A cet effet, et à défaut d'appareil plus compliqué, on peut se servir d'une seringue qui fait l'office d'une pompe aspirante; dans la majorité des cas, il suffit de faire chauffer le corps de l'instrument avant d'y introduire l'air, par le refoulement en haut du piï^ton, et d'administrer la douche quelques minutes après ; dans les cas où une élévation plus grande de tempéra-
EXCITANTS MPOSOÉnABLES. CAUJIHOfE. 147
tiire est nécessaire, on fait d'abortl péniHier l'air dans l'intérieur de la seringue, et, après avoir hermétiqucincnt fernuî l'ouverture de la canule, pour prévenir la sortie de l'air qui se dilate sous l'influence de la chaleur, on chaufTo la seringue, ou au bain-marie, ou à un Foyer plus ardent.
Les douches d'air chaud se dirigent, soil sur les organes génitaux, sur le périnée ou les lombes, comme excitant local, soit sur la colonne vertébrale et à l'occiput, comme excitant giîuéral.
On peut remplacer l'air par la fumée rcsullaot de la calcination d'un «geiit médicamenteux. Dans quelques cas, de simples fumigations suffisent ; mais alors on doit toujours se proposer d'agir localement sur les oiganes génitaux. Le malade est assis sur une chaise peni'e, les reins entourés d'une couverture qui, embrassant le siège dans ses plis, tombe jusqu'à terre. Un réchaud est placô sons la chaise, et l'on projette, de temps en temps, sur la hraii^e qu'il conlicnl, le médicament en poudre dont on \ciit faire u>a;^e.
Dans les cas, au contraire, où l'action mécanique de la douche doitélre ajoutée à l'action physique de la chaleur et li l'aclioji médicamenteuse de l'agent, on recueille cette fumée dans une vessie ou dans un flacon l'i tube, et ou la fait passer dans la seringue préalablement cliaufTée.
Dans quelques cas, cepenilant, où le resserrement du système vasculoire général paraît ne pas être sans influence sur l'atonie des organes génitaux, en dimiiuiant racti\ité circulatoire de toute l'économie, on pourra recourir à l'étuve sèche ou humide, ou bien encore an bain russe. Mais on aura soin de limiter à un quart d'heure ou à une demi-heure au plus la durée de cette excitation, et en général de toute excitation produite par le calorique, car cette excitation prolongée est suivie d'un faiblesse et d'un épuisement général dont les organes génitaux prennent leur part.
l/k8 IMPUISSANCR CHEZ l'hOMME.
Froid. — Le froid, que je considère ici comme un simpi abaissement de température, et qui, dans les circonstances oi nous sommes placés, va rarement jusqu'à la congélation cl« Teau, doit présenter des propriétés opposées à celles de la cha — leur, c'est-à-dire avoir une action hyposthénisanto.
C'est ce qui a lieu, en effet, pour la glace, dont la médc? — cine et la chirurgie tirent de grands avantages dans les c«ms= de congestion et d'inflaumiation.
Mais si Ton se rond un (•om{)te exact de l'action du froid -^ précisément dons ks circonstances que je viens de rapi>eler*-y on se convaincra qu'elle est surtout caractérisée parle resser^^ — rement des tissus sur lesquels elle s'exerce, resserrement qim i empêche l'afflux du sang dans les parties malades, et qui facî- — lite l'écoulenient do celui qui constituait soit la congestion ^ soit rinflammatiou. Un froid moins intense doit nécessaire- — ' ment produire un effet moins énergique, et l'on peut ainsS ramener Taclion resserrante du froid à une action purement tonique.
C'est en effet ce que l'expérience a prouvé ; et bien souvent j'ai eu à me louer de raction modérée du froid dans les cas d'atonie, de relûchement du tissu de la verge.
Le fnûd appliqué d'une manière générale, comme dans les bains de mer, dans les bains de rivières, les douches de toutes sortes, surtout en été, est une puissante ressource entre les mains du médecin, comme j'aurai tout à l'heure occasion de le dire, en parlant de l'hydrothérapie, des eaux minérales et des bains de mer.
Mais dans l'impuissance idiopathique, c'est surtout à Tapplication locale du froid qu'il faut avoir recours; j'ordonne ordinairement, conmie simple adjuvant d'une médication plus énergicpie, des lavages à l'eau froide sur les parties génitales, le périnée et les lombes, tous les matins, etj'aieubien souvent à me louer de cette pratique.
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