C. — Moyens micaHiquei d'excUntion
Massage. — Le massage, employé comme moyen hygiénique chez tous les peuples de rOiiciit cl du iioni de l'Europe, dont il relève les forces et l'ùncrgie, s'admuiïsti'e toujours à une haute température, de 1b à 30 degré It6aumur, suit daus une étuve sèche, soit dans une étuvc humide, ïoitdauslebain. Comme il Cït toujours possible de varier la tcmpi'ralure de l'étuve et de modifier le milieu dans lequel ou place le malade avant ou après le massage, on comprend que l'on peut, selon la constitution individuelle, augmcnterou diminuer Icdegré d'excitation que l'on se propose.
4 II est difficile de croire, disent MM. Trousseau et Pidoux, qu'un pareil moyen n'ait pas une influence puissante sur l'homme malade. — aussi est-il d'expérience que dans les rhumalismcs aigus non fébriles, dans les rhumatismes rlironiqucs, dans les paralysies qui sont en voie de guérison, dans l'î'n puissance vénérienne, cette médication est suivie d'heur,.i:x résultats (I). »
l'ourlant le massage iic peut constituera lui seul toute la médication; c'est un adjuvant énergique dont j'ai retiré de bons effets dans maintes circonstances, mais, je le répf'ie, ce n'est qu'un adjuvant, ou plutôt un coniplémentdc niédlnition, comme dans les paralysies en voie de ijiti-fisoii .
M. Sarlandière, considérant la dillicnlté de rencDiiIrordans nos pays des personnes assez liabiles dans l'art du massage, et prenant égard ii la futi^'ue qu'il cause à celui qui l'exerce, a pensé que l'on pourrait atteindre le même but par lun; percussion molle, plus ou moins forte, plusouninins lente, à l'aide d'un corps non contondant cl placé au bout d'un lu\ier, afln
(1) Trousseau el Pidoui, Trititê de théivipeulique et de matière médicaie, 9' éJil.. t. [, p. HliS.
de moins fatiguer l'opérateur. A cet effet, il a fait confectionner des battoirs élastiques dont la palette circulaire, de quatre pouces de diamètre, est adaptée à un manche de dix pouces de longueur. Les palettes rembourrées de crin, sont recouvertes de flanelle pour les percussions à sec, et de feutre et de caoutchouc pour les percussions au milieu de la \apeur aqueuse.
Ce mode| de massage, dont je suis loin de contester les avantages, et dont l'action excitante est nécessairement limitée aux parties sur lesquelles elle s'exerce, a tellement d'analogie avec la flagellation, non-seulement pour le mode opératoire, mais encore pour les effets produits, que je renvoie à Tarticle Flagellationles considérations que je pourrais ajouter sur le massage par percussion.
Frictioîis. — On distingue les frictions en frictions sèches et en frictions humides.
Les frictions humides s'exécutent au moven d'une brosse en flanelle ou d'un tampon en un tissu quelconque, imprégné d'un agent médicamenteux, soit en poudre fine, soit en pommade, soit en liquide.
Les frictions sèches ou humides, qu'on les fasse tout le long de la colonne vertébrale, ou qu'on les limite au périnée et à la base de la verge, sont d'un puissant secours dans des cas nombreux d'impuissance.
L'action excitawle des frictions peut être singulièrement augmentée par la présence d'un agent médicamenteux qui, grâce aux modifications subies par la peau et par les bouches les plus superficielles des vaisseaux absorbants, pénètre avec plus de facilité dans l'organisme, et porte ses propriétés d'abord sur le point qui lui donne accès, et plus tard dans l'économie toute entière.
Flagellation^ urticatio7i. — « Je connais, dit Pic de la Mirandole, et il existe encore un homme dont le tempérament
H0YEK9 MËrAMuvEa d'kxcitatio:). IM
;imoureux et les excès n'ont peut-être jamais eu d'exemple : il ne peut caresser une femme, malgré la violeiito de ses dés\n, s'il n'est auparavant fustigé; en vain sa raison lui fait regarder comme un crime ce raffinement de voltiptc. Sa fureur pour ce cruel plaisir est telle qu'il encourape hii-niéme, et accuse de mollesse et de lâcheté celui qui le fouette, lorsque la fiitigue ou la pitié lui fout ralentir ses cfl'orts. Le patient n'est au comble de SCS plaisirs qu'en voyant ruisseler le Siin^ -dont une grêle affreuse deroups a couvert les membres uinncents du libertin le plus effréné : ce malheureux réchimc ordinairement pour ce service, avec les phis instanles supplications, la main de la femme avilie dont il veut jouir, lui ilnnuo lui même les verges qu'il a fait tremper, dès la veille, (!;ins le vinaigre, et lui demande à genoux la faveur insigne d'être ainsi déchiré. Plus elle frap[)0 nvec violence, plus clleaciiuicrt de droits & son amour et âi sa recouuais^iauce, en lui rotidant des feux qu'il n'avait plus, jusqu'à te que le dernier pi'rlode de la souffrance et l'épuisement total de ses forces lui fassent goûter la plénitude de la volupté en égale proportion. Tnnivoz un seul bomme pour qui le comble de la douleur et cotte espèce de torture doivent être celui du plaisir, et si d'ailleurs il n'est i>as entièrement corrompu, lorsque de sang-froid il connaîtra sa maladie, il rougira de ses exeùs et les dûtestera (1). >
La flagellation, employée comme moyen d'éveiller le sens "Vénérien, nous a été transmise parles anciens; presque tous les auteurs grecs et romains en font mention, ainsi que des fêtes instituées en l'honneur de Priape, pendant lesquelles les hommes et les femmes se buttaient niutuellenient do verges, pour mieux s'exciter itTamour. Tamerlan, celui-là inènic qui
()) Pic de le Hinniiole, (Emret comiitiles, Bolognp, llli'i, I vu) in- fol. ^- Contra astrologoK, lib. 111, cap. wvii.
162 IMPUISSANCE CHEZ L*UOMME.
se faisait appeler le Fils de Dieu, fut père de cent enfants, et ne parvint, dit-on, à cette innombrable progéniture qu'avec l'aide de la flagellation. L'abbé Terrasson, Tauteur du Voyage de Sét/iosj qui, au dire de Voltaire, prenait un goût particulier à se faire administrer le fouet par les courtisanes, s'attira une épigrammc connue dont je ne rappellerai que le dernier vers : Frappez fort, il a fait Séthos. J.-J. Rousseau a décrit refifet qu'il ressentit, étant enfant, à la suite de la correction que lui administra Mlle Lambercier : « Assez longtemps, dit-il, elle s'en tint à la menace, et cette menace d'un châtiment tout nouveau pour moi me semblait très-effrayante; mais, après l'exécution, je la trouvai moins terrible à l'épreuve que l'attente ne l'avait été; et ce qu'il y a de plus bizarre, c'est que ce châtiment m'affectionna davantage encore à celle qui me l'avait imposé. Il fallait même toute la vérité de cette affection et toute ma douceur naturelle pour m'empêcher de chercher le retour du môme traitement, en le méritant; car j'avais trouvé dans la douleur, dans la honte même, un mélange de sensualité qui m'avait laissé plus de désirs que de crainte de l'éprouver derechef par la même main (1). » A une seconde correction, Mlle Lambercier s'étant aperçue, à quelques signes, de l'espèce de sensualité qu'éprouvait Jean- Jacques, comprit que le châtiment n'atteignait pas le but qu'elle se proposait, et y renonça.
Plusieurs ouvrages ont été consacrés à la flagellation, et parmi les principaux on pourra consulter ceux de J,-H. Mei* bomius (2), de Doppet (3), et de l'abbé Boileau (4).
(1) J.-J. Rousseau, Confessions ^\\y. I.
(:2) Meibomius, De flagrorum usu in re medicâ et vcnereâ et lumbo^ nnn renumqae officio. Texte latin, Londres, 1765, in-32 et Francfort^ 1770, in-8 ; traduction in-32, an VIII (1800). Paris, chez Mercier.
(3) Doppet, Traité du fouet ou aphrodisiaque externe, par un amateur. 1 vol. in-32. S. D (1788). Paris, sans nom de libraire.
V4) Histoire des flagellans, par l'abbé Boileau, traduit du iatin, 1 vol.
MOÏESa UÉCAKIQUES b'iîXCITAl lOX. 155
J'ai élé moi-4aéme pluijieurs fois témoin de l'efficacité d'un ;>areil moyen ; mais scsefTets, essentiellement passagers, me 'ont toujours fait regarder comme la suprême .esp(>raNce de ceux qui n'en ont plus, et je l'ai miiî au rang des étranges auxiliaires de la débauche dont notre ministère ne doit jamais être le complice.
D'ailleurs on peut facilement remplarer la flagellation par d'autres moyens capables, comme clic, d'exciter la cimicur locale; on aies frictions sÈcliCâ uu humides, les fomentations, les ventouses, les sinapismes, les mo\as,iesvésicaloireset tou^ les révulsifs ; il n'est donc pas besoin de recourir ii une pratique barbare et que Ja débauclie a compromise.
Les motifs qui me font proscrire la flagellation me font également repousser Ytirlicalion, qui n'est qu'une variété de la flagellation violente dont on augmente la force par les aiguillons des orties. Le médecin, je le repëlc, ne doit point disputer aux lupanars une pareille ressource qui ne produit qu'un effet passager, et qui ne saurait entrer dans le domaine de la thérapeutique.
Ventouse. — J'ai déjà parle de ce moyen très-vnnié par Mondât {i). On se propose, à l'aide d'un cylindre orme d'une pompe aspirante, d'attirer le sang dans les corps caverneux et de déterminer mécaniquement une érection. Ce moyen, qui ne réussit pas toujours, pourrait ne pas être sans danger, si l'on agissait brusquement et avec violence ; il ne faut arriver que progressivement à un vide complot, et la durée et le nombre des séances sont proportionnés à la force élastique des tissus; de plus, on s'abstiendra de l'emploi d'un semblable
in-12. Amslerdam, 1701 (La traduction <Ju 1701 e^X la meilleure et la plus complète, elle conlieDl des détails suiijjritnés dans lodilion de 1732 donnée par l'abbé Grenel).
(1) Uondat, De la stérilité de l'homme et de la femme, 5* ûdil. Paris,
15A IMPUISSANCE CHEZ l'iIOMME.
moyen chez les malades irritables et dont la sensibilité générale ou locale est facilement mise en jeu; on ne devra guère j recourir que pour les sujets lymphatiques, pour ceux dont la circulation est paresseuse et chez lesquels le système vasculaire est, on quelque sorte, frappé d'atonie. Il suit de là que Tusage seul de la ventouse est complètement impuissant à produire une érection durable, et qu'une médication générale excitante en doit seconder et soutenir les effets.
Sinapisme. — Le but que l'on se propose avec le cylindre à pompe aspirante m'a donné l'idée d'arriver au même résultat en m'appuyant, non sur les lois de la mécanique, mais sur les lois vitales; j'ai penso qu'il était quelquefois préférable d'augmenter l'afflux du sang dans les corps caverneux cl le gland, par une modîGcation pathologique des tissus, modification qui n'offre aucun inconvénient, puisqu'on est toujours maître d'en graduer l'intensité. A cet effet, je fais préparer un cataplasme composé de farine de graines de lin et de farine de moutarde, dans des proportions différentes selon raction que Ton veut produire, et j'en enveloppe toute la verge, qui reste ainsi dans cette espèce de fourreau plus ou moins longlemp.-, de dix minutes à un quart d'heure d'ordinaire.
Ce moyen, que je suis étonné de n'avoir vu indiqué nulle part (1), m'a rendu parfois de signalés services et a lieureui^cment remplacé l'instrument mécanique dont je parlais tout à l'heure.
L'application sur la verge d'un sinapisme, même adouci pcr la présence de la farine de graines de lin , n'est pas toujours sans douleur, et le coït, exercé sous l'empire d'un semblable excitant, pourrait être plutôt un supplice qu'une volupté ; pour
{U II est vrai que Gesner et Chaplal vantent la moutarde comme aphrodisiaque, mais ils l'employaient sous forme de bains. — Voyez Tariicle Impuissance du Dictionnaire des sciences médicales, 1818, t. XXIV, p. 192.
HtDICAUKMTa EXCITATEURS. 155
' calmer cette souffrance qui, quelquefois, ne so fait pas sentir ou qui est passagère, j'ordonne de pratiquer sur le pénii; dos lotions avec l'eau fraîche, et cette simple précaution permet souvent au malade une copulation sans douleur.
lie cataplasme sinapisé est un moyen énergique, et qui, [jiir conséquent, rédome de la prudence et de la circonspection. En agissaot en aveugle, on s'e^ipose aupénitisou inflammation de la verge, et mfime & la gangrène de cet organe. 1! Tant, on règle générale, enlever le cataplasme dès que le malade accu-ïe ce qu'il appelle des picotements; presque toujours, iiii effet suffisant est alors produit, el l'on ne doit faii-e une nouM^ile application que te lendemain ou môme plusieurs jours aju-ès la première. Le nombre total de ces applications ne saurait i-tre déterminé à l'avance ; il est subordonné aux effct^i obtenus et h l'état d'irritation de la verge.
Bien évidemment la médication générale ne sera point négligée, et l'on y apportera d'autant plus de soins rjiie lo mulude sera moins senùble à l'action du sinapisme.
n. EXCITATECBS.
A. — MèdicaiHcnls exriinlmn.
Les agents médicamenteux, que l'on désigne srms le nom ^'excitateurs, ne s'adressent plus au système vasculairu et aux nutritions, comme les excitants, mais portent leur action sur les centres et les conducteurs nerveux qui président an\ contractions des muscles <Ie la vie animale et de la vie organique.
Si l'on se rappelle le r61c considérable que jouent les nerfs vaso-moteurs et les muscies de la verge et du périnée cliins le phénomène de l'érection du pénis, on comprendra toute l'importance qu'il faut attacher à des agents qui peuvent révciUer la contractilité de ces muscles et de ces nerfs.
156 IMPLISSANCM CHEZ L HOMME.
Au premier rang des substances médicamenteuses qui possèdent cette propriété, il faut mettre la noix vomique ^i^Wit deux alcaloïdes, la brucinc et la strijclmine^ cette dernière sur-l p tout. I a
Depuis longtemps déjà, MM. Trousseau et Pidoux avaienift note Taclion heureuse de la noix vomique contre l'impuissance. et leurs obscrvati^ons ultérieures n'ont pas démenti ce qalk I < écrivaient dès la première apparition de leur ouvrage : « non* 1 1 parlons maintenant, disent-ils dans toutes leurs éditions, de l'impuissance contre laquelle nous avons eu Tidée d'employer la noix vomique. Nous avons été conduits à cette médication, d'abord par l'analogie et ensuite par Tobservation dos phénomènes que nous avions excités chez un de nos malades. C ôtait u:j homme atteint depuis trois ans d'une paraplégie complèîc au-' tremblement général. Les membres thoraoiques et abil .minaux, la vessie, le rectum étaient paralysés du mouvemei:l;la sensibilité était conservée ; X i ntelligence était d'ailleurs enlicre. Depuis le début de la maladie, l'excitabilité des ûrganc> génitaux était complètement éteinte. Sous l'influence de la noix vomique, les mou\ements se rétablirent presque complètement, le tremblement cessa, et après un mois de traitement, survinrent des érections qui, d'abord faibles, acquirent bientôt la môme énergie qu'auparavant et revinrent chaque nuit. Bientôt, fixant notre attention sur ce curieux phénomène, nous constatâmes les mêmes effets sur un couvreur, Agé de quarante ans, qui avait un affaiblissement notable des extrémités inférieures et qui, depuis sept mois n'avait pu avoir de rapports avec sa femme. En quinze jours de traitement, il marchait d'un pas plus assuré; mais les organes génitaux étaient dans un état d'irritation d'autant plus remarquable qM les forces musculaires ne se rétablissaient pas aveo la mAme énergie. Nous avons, chez une femme, observé les mêmes effets. Enfin chez un jeune homme de vingt-cinq ai
MÉDICAMENTS KXCITAI EtiflS. 157
tu6 d'ailleurs comme un nthlëto, niais qui Aepuis ilix-hiiit mois qu'il était marié, n'avait en avpc sa femme que des ra]iports presque fraternels, nous sommes parvenus h lui donner une \irilité qu'il perdit bientôt, quelque temps après qu'il eut cessé l'usage de la noix vomiquc n (I).
Malgré ce dernier exemple, il n'est pas rare de Vdîr l'action de ta noix vomique persister, et les malades guérir soit de leurs paralysies, soit de leur impuissance, qui est ello-mûmu uni> ■; paralysie ou une faiblesse des conducteurs nerveux. £ Bien que l'action excitatrice que la noix vomique et, mitMJx ,; encore, que ta strychnine exercent sur l'îiinenatiDn génitul?. , n'ait rien de spécifique, puisque Inmîfme action se fait également sentir sur les autres parties du système nor\eiix, il faut tenir grand compte de cette influence , car, en di-liors tic cette substance et de ses deux alcaloïdes, nous n'avons que des agents dont la puissance est moindre et plus inci-i'' tainc. Ce sont :
1' hn fève de Saint-Ignace, qui se rapiiroche le plus de la noix vomique par la quantité de strychnine qu'elle nnitient;
2* LeBhus foxicodendfon et le Uhtsradiram, dont l'aetion est bien inférieure àccllcde la noix vomique;
S* La coca du Pérou, qui est plus célèbre par la tradition des Incas que par l'expérience ;
A" Enfin Vergot de seigle, qui, malgré son importance en obstétrique pour activer les contractions de l'utérus, et malgré ses bons effets dans le traitement delà spermatorrhée, ainï^i que je le dirai plus loin, n'offre pas, dans le sujet qui nous occupe, Jes mêmes garaatieB que la nrâx Tomique. Cependant OD ne sanrait avoi* * •Mksadisposition,
(t) Traité. $9 thérapeutique <f Icobi t* «dit. l- I.
f. 793; et 8* «dit., I. Il, p. IS.
«Sr>l IMPUISSANCE ClIKZ l'hOMME.
et c'est pour ce motif que j'ai signalé ces agents à côté delà noix vomique et surtout de la strychnine.
On emploie les uns et les autres, à Tintérieur, sous formede pilules ou de solutions, et à Textéricur, en frictions sur l'appareil génital où ils font office d'excitateurs locaux.
H. — Excitateurs impondérables.
Électricité. — Les applications thérapeutiques de l'élwtrieitô se sont modifiées, on le comprend, avec les progrès de la physique sur cette branche de la science : avant la découverte de Galvani, rélectricité statique ou de tension élaîtseule employée, soit sous forme de bain, soit sous forme d'étincelles (1) ; plus tard, après Tinvention de la pile de Volta, on s'adressa aux courants, soit continus, soit intermittents; et enfin, dans ces dernières années, lorsque Faraday et A. de la Rive (2) eurent fait connaître les influences réciproques des courants sur les aimants et des aimants sur les courants^ on recourut aux appareils consacrés à cette nouvelle forme d'électricité.
Mise ainsi en possession de trois modes différents d'éleclrisation : V électricité statique ou par tension ; *2° électricité galvanique ou par contact ; et 3° électricité magnétique ou par induction, la médecine se devait d'étudier leurs actions physiologiques et pathologiques diverses ; en d'autres termes, elle devait s'assurer s'il était indifférent de puiser à Tune de ces trois sources, ou s'il fallait établir entre elles des distinctions basées sur une diversité d'action.
C'est en effet ce qu'elle n'a pas manqué de faire.
(I) Voyez l'ouvrage du Mauduyt, Mémoire sur les différentes mnieres d'administrer Vélectricitéy et observations stir les eg^ets qu*^ ont produitSji vol. iii-8, 1781, imprimé par ordre du roi.
(f) De la Rive, Traité d'électricité [théorique et appliquée, ?^t\s. t85i el 1855, 3 vol. in-8.
UXOITATEUIIS IJIPOKDÉBAUMÎS. — ÉLECTRICITÉ. 15»
Le bain électrique positif a été généralement abandonné Jt cause de la nullité de ses efTcts, et le bain électrique négatif n'est conservé que par l'école italienne, en raison de son pouvoir liypastbénisnnt très-\anté par Giacomini.
L'électpisation par étincelles on par la bouteille de Lnyde a seule été maintenue dans la thérapeutique, et ses effets ont été depuis longtemps distingués de ceux du galvanisme : «Bien que l'électricité que l'on obtient ati moyen du frottement par la machine électrique -^uil du même nature que celle produite par la pile galvanique, nous devons fiiire remarquer cependant que lu première convient micu\ qniuid il s'agit d'exciter les mu---.:les de la vie de relation. Le galvanisme, au contraire, est préférable lorsqu'on veut agir sur la sensiliilllé et sur les organes délicats ou sur les muscles de la vie oi'^»niquc (l).rt
Duclienne (dd Boulogne) est loin de partager l'opinion de Pallas, qui est celle de tous ses devanciers. Dans unou\rige VniiKirtiint (2), ce savant regretté, apiés avoir reprociié àl'électricité de tension de n'agir que sur les muscles superlit-lels, et de produira des commotions qui ne sont pas sans danger, concliitde la manière suivante : <i En somme, dit-il, l'excitation musculaire par réiectricité statique doit être exclue, selon moi, de la pratique, d'autant qu'elle peut être remplacée par un autre agent électrique qui excite plus énergi- (juemcnt et plus efficacement la conlractilité musculaire, sans oITrir aucun de ses inconvénients. »
Cependant Duchenne est obligé de reconnaître que l'élcc- Irisation par étincelles ou par la bouteille de Leyde n'est pas toujours aussi insignifiante qu'il le prétend, et il s'en console en avouant que a ces résultats prouvent seulement que cer-
(1) hi\l&%De l'iHflaenceileJ'électrkilé atmosphérique cl tenatrc sur t'organUalion, 1 toI. ïd-S. Paris, 1817, p. 75. {it Itucbennc (de Boulogne), De l'électrisation locaU$ée, 3* édition.
160 iMPrissANCi: chez l'homme.
taines paralysies guérissent toujours sous l'influence de l'électricité, de quelque manière et sous quelque forme qu'on l'administre. » Ces résultats heureux ne sont pas aussi exceptionnels que semble le croire Duchenne, car le docteur Gol ding Bird, cliarizé de l'application de rélectricité h l'hôpital Guy, à Londres, qui ne se sert que delà machine à frottement, accuse des succès presque constants dans le.^ paralysies qui ne sont pas sous la dépendance d'une atTcctioii dos centres nerveux.
L'électricité par contact ou le galvanisme agit à travers 1» tissus, dans la pins grande profondeur, sur les muscles, >ur les os môme, et de plus son action peut être limitée sur un point donné. Sa puissance excitatrice ne se dcvelopj)c qu'avec un courant intermittent, car Malteucci, tirant des déduction? thérapeutiques do ses vivisections, a conseillé remploi d'iiu courant continu, comme hyposthénisant du système iiencjix dans le tétanos. Mais pour obtenir cette puissance excitatrice, pour lutter contre des paralysies du mouvement, celles surtout dans lesquelles la nutrition musculaire est altérée et la sensibilité diminuée, il faut recourir à des batteries trè? fortes, de 102 h 120 piles da Bunsen, dont l'emploi, on le comprend, pourrait ne pas être sans danger. D'ailleurs, comme le fait justement remarquer Duchenne, les appareils galvaniques (batteries de Gruikshank, de Bunsen, piles de WoUaslon) sont difficilement applicables dans la pratique, soit à cause de leur volume, soit à cause de remploi des acides qu'ils nécessitent, soit à cause des gaz qui s'en dégagent. Enfin l'intensité de leurs courants est trop variable pour être soumise à une graduation exacte et précise.
Duchenne, dont toutes les préférences sont acquises à l'électricité d'induction, en fait ressortir comme il suit les avantages ; « L'électricité d'induction, dit-il, est celle qui convient le mieux à Texcitation musculaire dans le traitement
EXdTATEUBS IHPOMDÉR ARLES. — UAtiNÉTtSME. 161
des paralysies du mouvement, dans les affections choréiques ; OD peut en effet l'appliquer à la contractilité musculaire san*^ produire de douleurs, sans craindre de surexciter le sujet, à quelque dose qu'on agisse, pourvu que les intermittences du courant soient assez éloignées les unes des autres.
» Il est souvent besoin d'un courant des plus intenses dans le traitement de certaines affections musculaires. Alors, l'clectridté d'induction est la seule applicable, parcequ'elle n'exerce pas d'acUon calorifique, comme l'électricité de contact.
» EnOn les appareils d'induction peuvent, sous un petit volume, agir sur la contractilité avec une puissance considérable; ce qui focilite singulièrement leur application (1). n
Grftce aux courants électriques, qu'ils soient dus au galvanisme ou à l'électricité d'induction, on peut porter l'action thérapeutique de cet agent jusque dans les profondeurs les plus reculées des organes, ce qu'il était impossible d'obtenir avec l'électricité statique. Le vérumontanum, les conduits èjaculateurs, les vésicules séminales, tous les points du parcours de l'urèthre peuvent directement recevoir l'influence électrique et être traversa par un courant, sans que les parties voisines participent & cette excitation.
Je ferai connaître le mode opératoire, au fur et h mesure que les indications se présenteront; mais j'ai tenu ici à indiquer d'avance les ressources nouvelles que l'électricité dynamique a mises entre les mains du praticien, en variant à l'infini les modes de son application.
Haghëtishe. — Les expériences d'Oh^rsted, d'Ampère et d'Arago ayant démontré l'identité des phénomènes magnétiques et des courants électriques, j'aurai peu de chose à ajouter, sur la vertu thérapeutique des aimants, à ce que j'ai
(1) Dnctienne (du Boulogne), De t'ékciriiation localisée et de non appJJcalio» à la pathologie et ù la thérapeutique, 3' édit. ParU, 1872, p. 33.
[lOUBAUD. It
16 2 IMITISSANCE CHEZ L*UOMMG.
dit des propriétés excitatrices de réiectricité, d'autant plus que des insuccès par le magnétisme me font toujours préférer, dans le traitement de Timpuissance, Télectrisation, soit statique, soit dynamique.
Les plaques aimantées ne conviennent guère que chez les sujets pusillanimes, chez les personnes excessivement irritables, et dans les cas de sensibilité exagérée des organes génitaux.
C'est à ce titre que les armures aimantées du père Hell trouvent ici une place.
Ces armures sont composées, on le sait, de plusieurs pièces d'acier aimanté, percées à leurs extrémités de trous destinés aux lacets à Taide desquels on les attache les unes aux autres, en ayant soin de les opposer pôle à pôle, c'est-à-dire que le pôle sud de Tune regarde le pôle nord de l'autre.
Dans les expériences que j'ai faites sur les organes génitaux, je me suis servi de deux ou trois plaques. L'une entourait la verge, surtout à sa base, où se trouvent les dernières fibres de l'ischio-caverneux ; l'autre, placée au périnée, jusque sur le bulbe del'urèthre, embrassait le bulbo-caverneux dans toute son étendue, depuis le muscle transverse du périnée, le sphincter et le releveur de l'anus, jusqu'à la racine des corps caverneux. Enfin, dans les circonstances où je me suis servi de trois plaques, je mettais la troisième à la partie inférieure des lombes, dans la portion du sacrum correspondante au plexus sacré.
Les plaques peuvent rester en place depuis quelques jours jusqu'à un mois ; mais il faut avoir soin, lorsqu'elles doivent demeurer en contact avec la peau plus de quinze jours, de les faire réaimanter avant ce temps, ou de recouvrir la face interne des armures d'une feuille d'argent ou de platine.
EXCITATEURS MÉCANIQUES. ACUPU?fCTUHE. 103