‹ Traité de l'impuissance et de la stérilité (volume 2)Chapitre 44 sur 106 · PHYSIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

PHYSIOLOGIQUES

Je ne puis faire ici que de l'hygiène, de l'hygiène spéciale, si l'on veut, mais rien que de l'hygiène, car il n^3St permis à personne, au médecin moins qu'à tout autre» de transgresser les lois de la nature et d'établir des préceptes eo dehors :d6 la volonté qui régit notre organisation et régie les phases àè notre vie.

L'exercice de la fonction génitale n'a lieu qu'à r^jpeqof^le la plus grande activité organique, après l'enticor <Viii|tol>0' ment de l'individu et avant sa décadence. Les/ jqr** "^ * "" extrêmes de la vie humaine sont donc marquéjSSi] des organes de la génération. ; -

IMPUlSfllITCE STSlTOMATIQtE. — AfiES. 190

Il est impossible de déterminer d'une manière géiiciale les â^es prëtûs auxquels la puissance génitale apparaît et s'éteint ; il est, sous ce rapport, des prédispositions tenant aux causes les plus diverses, telles que le climat, le tempérament, l'état de maladie ou de santé, l'éducation, les habitudes, etc., etc., prédispositions qui donnent à chaque individu Ra pliysinnomie et son caractère, et par l'influence desquelles les organes génitaux ont en quelque sorte leurs lois propres d'évolution et de dépérissement.

Si la fonction génératrice n'était dominée que pardcscnuiies générales, indépendantea de nous, comme le climat, la constitution etjusgt/à un certain point le tempérament, etc., on pourrait préciser d'une manière assez^ exacte les époques diverses du cerde qu'elle parcourt ; mallieureusement il n'en est point unsi, et les modifications tes plus prorondes que subit son action lui viennent de circonstances changeantes et variables comme chaque individu.

On a dit depuis longtemps qu'il n'existait pas deux êtres humains parfaitement semblables; cette proposition, dont ji^ n'ai pas à discuter la vérité d'une manière générale, est inattaquable, appliquée au sujet qui nous occupe. Sous ce rapport, chacun est son modèle, chacun reste lui, et, plus qu'en toute autre circonstance, on doitrecommandcricile connais~toi toi~ mime du philosophe grec.

Aussi, adolescents et vieillards, vous que poussent vers des voluptés défendues et par conséquent pleines de dangers et d'amertume, soit de vagues aspirations vers des délices encore inconnues, soit le souvenir ou le regret de la perte d'un bien pour toujours irréparable, ne r^ardez jamais autourde vous, ne mettez pas votre ambition & suivre les traces de votre voiun : la mesure de vos forces est en toi" '

Certes les exemples de précociU ^

ne manqoeDt pas : bous ce npp

196 IMPUISSANCE CHEZ l'uOMME.

de notre sexe, saint Jérôme assure qu*un enfant de dix ans fit goûter les plaisirs amoureux à une nourrice avec laquelle il couchait, et qu'il finit par la rendre enceinte; Planque rapporte l'histoire de deux enfants qui, à Vàge de quatre ans, avaient les organes génitaux si développés qu'ils pouvaient accomplir l'acte vénérien (1)* L'ancien Journal de médecine renferme plusieurs observations de ce genre, et entre autres celle qui fut communiquée par Fagès de Gazelles, et dans laquelle il est dit qu'au mois de juillet 1753, il naquit à Gahors un enfant que l'on put croire en pleine puberté dès Tàge de quatre ans. Les organes de la génération avaient le volume et exactemeni la forme extérieure qu'ils présentent chez un homme de trente ans bien conformé; il montrait en même temps un penchant bien décidé pour le sexe, et il aimait, selon les expressions de l'auteur, à se trouver avec les filles nubiles^ auprès desquelles il manifestait les désirs les plus passionnés. M. le docteur Ruelle (de Cambrai) a observé un fait de puberté non moins précoce sur un petit garçon de trois ans et quatre mois (2).

Les exemples de vieillards dont les forces génitales se conservèrent jusque dans un âge avancé sont encore plus nombreux que ceux d'enfants à virilité précoce» Massinissa, roi de Numidie, engendra Methynnate, au dire de Valère Maxime, après 86 ans; Wadislas, roi de Pologne, eut deux garçons à ïàge de 90 ans ; enfin tout le monde connaît l'histoire du célèbre Anglais Thomas Parr, qui, à l'âge de cent ans, faisait partager à sa femme, qui en fit l'aveu, toutes les voluptés de la couche conjugale.

Sans doute, les exemples que je viens de rapporter et dont

(1) Bibliothèque choisie de médecine^ t I, art. Accroissement. (^2) Ruelle, Bulletin de V Académie de médecine. Paris, 1848,*t ¥ID» p. G-22.

IMPUISSANCE STMPTOMATIOUE. — AGES. 197

j'aurais pu sans peine augmenter le nombre, constituent des exceptions qu'il est bien rarement permis d'imiter, et prouvent qu'en cette matière il n'y a qu'une différence de plus ou de moins.

Et cela est si vrai que l'on rencontre tous les jours des hommes dans toute la force de Tâge, de 30 à 35 ans, par exemple, plus vieux, plus décrépits, au point de vue de la fonction copulatrice, que certains hommes de 65 à 70 ans ; et, parce que celui-ci montrera encore quelque valeur conjugale, le premier devra-t-il tourmenter ses organes fatigués ou usés avant l'Age? Non, bien évidemment non, et la science, d'accord ici avec la sagesse, lui prescrira de régler l'exercice de la fonction copulatrice d'après les forces qui lui restent et les désirs qui l'animent.

Jeunes et vieux imprudents qui voulez courir après des voluptés qui vous fuient, ne demandez ni au libertinage, n\ à la médecine une énergie factice et toujours funeste ; chaque âge a ses plaisirs, le vôtre ne doit point connaître ceux de l'amour; vous que sollicitent les charmes d'un monde encore inconnu, résistez à ces tentations étranges et nouvelles, et sachez être enfants ; la vie s'offrira à vous avec tous ses sourires, et les oi^ganes que vous aurez ménagés vous procureront plus tard des voluptés complètes et sans amertume ; et vous dont l'imagination a dû se réfugier dans la mémoire, éloignez de votre esprit les souvenirs trop doux et les regrets trop amers ; sachez être vieux (1); La Rochefoucault avance que la maxime est difficile à suivre; mais pour adoucir et faciliter votre obéissance à cette loi fatale de notre être, songez que la récompense de votre sacrifice est la conservation et la prolongation de la vie, ce bien suprême, ce don magnifique de Dieu.

On a prétendu, en s'appuyant sur l'exemple du roi David,

(1) RéveUlé Parise, TraUé de la vieiUme. Paris, 1853

198 IMPUISSANCE CHEZ l'hOMME.

qu'il était possible de redonner au vieillard les forces perdues, en le faisant coucher avec des adultes sains et bien portants de Tun ou de l'autre sexe, et surtout du sexe féminin. A cet effet, Boerhaave raconte qu'un vieux bourgmestre d'Â^lste^ dam, étant tombé dans un épuisement profond, ooucfaa, dV près ses conseils, entre deux jeunes filles, belles et d'une boone santé, et en retira un si grand avantage que, après quelgue temps de ce traitement, la grossesse d'une des deux femmes l'avertit de suspendre la médication, afin de né pas voir le remède devenir à son tour cause de la maladie. Le roi David, pour avoir été moins prudent, paya de sa vie l'usage trq[> répété du remède, quoique son historien ne l'accuse pas d'être sorti des bornes de la bienséance avec la belle Âbisag.

Est-il besoin de rappeler les arguments avec lesquels les anciens auteurs soutenaient une pareille médication ? La vie exhalée d'un côté et absorbée de l'autre I Quelle étrange fontaine de Jouvence I C'est la fable du vampire élevée à la hauteur de la science. N'est-il pas plus rationnel d^admettre que l'historien du roi David, voulant cacher les désordres de la vieillesse de celui que l'on appelait grand et saint entre tous, inventa cette explication physiologique que l'ignorance accepta d'abord et que la tradition consacra ensuite, sans que le jcr* vum pecus qui la recevait en héritage ait pris la peine d'en pénétrer le sens véritable. Abisag n'était pas autre chose pour le roi David qu'un médicament aphrodisiaque ; les deux jeunes filles dont parle Boerhaave répondaient à la même indication auprès du vieux bourgmestre d'Amsterdam.

Vieillards, fuyez cet aphrodisiaque comme les autres ; son action est peut-être plus terrible encore que celle dn phosphore ou du geng-seng ; n'étreignez pas dans vos bras^ sous prétexte d'une absorption imaginaire, de jeunes filles saines et belles, car, plus actif que la robe de Déjanire, leur feu consumerait bientôt vos chairs et tarirait les sources delà vie.

IMPUISSANCE SYMPTOMATIQUE. — CONSTiTLTiON. IftO

§ n* — Constitution, tomi^ranient.

Je n'entends parler ici ni des constitutions pathologiques c'est-à-dire diathésiques^ ni des accidents inoffensifs qu'entraînent parfois certains tempéraments, comme lobcsité par exemple ; les unes et les autres trouveront ailleurs leur place ; — je ne dois, pour le moment, considérer que les constitutions elles tempéraments compatibles avec Tétat de santé.

Qa'on me permette, en passant, de m'inscrire en faux contre les physiologistes qui ont fait de la santé un état type, auqud ils ont assigné des attributs immuables et des caractères imaginaires. Non, la santé n'est pas un état absolu; c'est au contraire un état essentiellement variable, autant dans ses manifestations que dans ses conditions d'existence. Parce qu'un homme aura une moindre vitalité et présentera un développement moins considérable des instruments de la vie cpie le type ordinaire de ses semblables, devra-t-on en conclure que Ik n'existe pas la santé ? Évidemment non. La santé, je le rApètOi n'est point un être abstrait, absolu ; c'est un résultat, c'est le fruit du jeu normal et régulier des organes ; que cette action se produise avec une activité plus ou moins grande, la conséquence n'en sera pas modifiée. Quand un convoi de chemin de fer, qu'on me permette cette comparaison, est lancé sur une voie, que la vitesse soit grande ou petite, le rx>nvoi n'en suit pas moins la même direction ; il peut y avoir une différence de vitesse, mais la marche est toujours normale, n en est de même de la santé : que la force vitale soit énergique ou languissante, pourvu que les organes ne soient point altérés, le résultat sera analogue, il n'y aura qu'une différence de plus ou de moins.

Ces considérations purement physiologiques ne sont pa*' aussi étrangères à mon sujet qu'elles semblent le paraît

200 IMPUISSANCE CHEZ l'uOMME.

car si la santé est compatible avec toutes les nuances de Torganisation harmonique, Timpuissance, état essentiellement pathologique, ne peut coexister avec aucune constitution et aucun tempérament tels que j'ai déclaré les devoir considérer dans ce paragraphe.

C'est ce que l'expérience prouve en effet.

Aussi je ne crains pas de poser en principe que, en dehors de tout état maladif, il n'existe aucune constitution et aocan tempéramentcapablesde produire l'impuissance chez rhomme.

Qu'on n'accuse pas cette proposition d'être trop absolue, elle est l'expression exacte de la vérité ; si elle est contraire h ce que l'on trouve généralement dans les auteurs, je suis convaincu que ceux-ci sont tombés (ipis l'erreur pour n'avoir pas suffisamment séparé ce qui était santé et ce qui était ma^ ladie. Ne serait-ce pas s'exposer à une confusion étrange que de prétendre, par exemple, que l'hystérie, l'épilepsie, etc., sont des attributs d'une constitution délicate ou d'un tempérament nerveux ? Sans doute une constitution semblable et un tempérament pareil peuvent être des causes prédisposantes de ces affections, mais à coup sûr l'hystérie et Tépilepsie sont des états pathologiques parfaitement distincts et indépendants de toute constitution et de tout tempérament.

L'impuissance est dans le même cas : c'est une maladie et non un attribut ; et en cette qualité, elle reconnaît des causes déterminantes, occasionnelles et prédisposantes.

Parmi ces dernières, une constitution faible et un tempérament lymphatique occupent le premier rang, comme je l'ai dit plus haut (1), et l'on conçoit qu'il n'en peut être différemment, si l'on considère que c'est au milieu de ces conditions organiques que la vitalité est la moins grande et les forces plastiques les moins énergiques.

(I) Voyez page ii8.

IMPUISSANCE SYMPTOM ATIQUE. TEMPÉRAMENT. 2201

De plus, et comme coasoquence forcée de ces prémisses, sous l'empire de pareilles circonstances, les désirs vénériens sont paresseux et la puissance virile languissante.

De tous les faits nombreux de ce genre que j'ai vus, je ne citerai que l'observation d'un avoué de première instance du tribunal de la Seine, qui, jouissant d'une santé parfaite malgré un tempérament lymphatique type^ ne s'abandonne aux rapprochements sexuels que tous les deux ou trois mois, avec une érection lente et difficile à se produire. Loin de se plaindre de cette apathie du sens génital, il s'en réjouit, au contraire, et se loue de ne pas subir le joug de passions qui l'entraveraient dans ses affaires et ses plaisirs de prédilection.

Évidemment cet homme, malgré la faiblesse de ses désirs et la difficulté de ses érections, n'est pas impuissant ; seulement la fonction génitale participe de la langueur qui frappe toutes les autres fonctions, et cette harmonie qui, sans nul doute, est le palladium de sa sant<^, serait à coup sûr rompue par des plaisirs vénériens plus vifs et une énergie génitale plus forte.

Pour conserver cette harmonie, si nécessaire au maintien de la santé, il faut bien se garder d'activer une fonction au détriment des autres ; aussi, dans les cas de cette nature, le médecin prudent et sage ne doit point céder aux sollicitations du malade qui, ne se préoccupant que de la faiblesse des organes génitaux, demande une médication excitante et purement locale.

Répondre à ce vœu imprudent serait non-seulement faire de la médecine pitoyable, mais encore s'exposer à jeter le trouble dans un organisme sain.

La modification à produire doit porter sur l'économie tout entière, et tenez pour assuré que l'activité génitale croîtra en .proportion directe de l'énergie de la force plastique.

C'est ici que l'on obtiendra un véritable trio une

car si la santé est compatible avec toutes les nuances de l'organisation harmonique, Timpuissance, état essentiellement pathologique, ne peut coexister avec aucune constitution et aucun tempérament tels que j'ai déclaré les devoir considérer dans ce paragraphe.

C'est ce que l'expérience prouve en effet.

Aussi je ne crains pas de poser en principe que, en dehors de tout état maladif, il n'existe aucune constitution et aucun tempérament capables de produi re l'impuissance chez rhomme.

Qu'on n'accuse pas cette proposition d'être trop absolue, elle est l'expression exacte de la vérité ; si elle est contraire h ce que l'on trouve généralement dans les auteurs, je suis convaincu que ceux-ci sont tombés d^s l'erreur pour n'avoir pas suffisamment séparé ce qui était santé et ce qui était maladie. Ne serait-ce pas s'exposer à une confusion étrange que de prétendre, par exemple, que l'hystérie, Tépilepsie, etc., sont des attributs d'une constitution délicate ou d'un tempérament nerveux? Sans doute une constitution semblable et un tempérament pareil peuvent être des causes prédisposantes de ces affections, mais à coup sûr l'hystérie et Tépilepsie sont des états pathologiques parfaitement distincts et indépendants de toute constitution et de tout tempérament.

L'impuissance est dans le même cas : c'est une maladie et non un attribut ; et en cette qualité, elle reconnaît des causes déterminantes, occasionnelles et prédisposantes.

Parmi ces dernières, une constitution faible et un tempérament lymphatique occupent le premier rang, comme je l'ai dit plus haut (1), et l'on conçoit qu'il n'en peut être différemment, si l'on considère que c'est au milieu de ces conditions organiques que la vitalité est la moins grande et les forces plastiques les moins énergiques.

(I) Voyez page 118.

. WPmSSAIfCK BTIIPTOHATIQUE. — CHLOROSE. 2iS

Aussi pas plus qu'ailleurs, la nalure, sous ce rapport, ne s'est montrée marfltre envers nous.

Dans toutes les maladies aiguës, quelle qu'en soit d'ailleurs la cause, l'inaction et le silence ont été imposés aux organes et au sens vénériens. Comme dans un pays envahi par l'ennem i et dont tous les corps d'armée abandonnent leurs retranchements et leurs garnisons pour se porter sur le point menacé, on dirait que les forces vitales délaissent les appareils où leur action peut sans péril être momentanément suspendue, afin d'opposer une réfistance plus énergique au mal qui se préseote.

Aussi l'impuissance, dans ces états pathologiques, est-elle un de ces symptAmes qu'il serait dangereux de combattre; il n'est venu à l'esprit de personne, que je sache, de songer à sauvegarder la vie de propagation pendant le coma d'une fièvre typhoïde, ou les accès d'une fièvre intermittente pernicieuse.

Je ne m'arrêterai donc pas davantage à une impuissance fatale et salutaire, je pourrai même dire naturelle, mais non physiologique, et j'aborderai la seule maladie de la circulation, qui, sans menacer immédiatement la vie de l'individu, offre quelquefois l'impuissance comme un de ses symptômes. Cette maladie est la chlorose.

Cblobose. — Il n'est plus aujourd'hui personne qui soutienne, avec Hoffmann, que la chlorose est une maladie spéciale aux femmes; les observations publiées par Copland (1), Roche (2), Désormeaux {3}, Tanquerel des Planches {h) et

(0 Copland, Dkt. of Fract. Medicine. I.ondon, I. I. p. 87.

(2) Roche, Nouveaux éléments de pathologie. Paris Itjil, t. Il, p. 389.

(3) Désormeaux, Répertoire général des srieacei médicales, arl. Ciilo-

RORC.

(i) Tanquerel des Planches, Presse médicale, n" 5i, juillet 1837, p. i25.

202 IMPUISSANCE CHEZ l'hOMME.

hygiène bien ordonnée et secondée, comme médicaments, par le quinquina, les ferrugineux, l'hydrothérapie, le massage^ les eaux minérales, etc. Un régime alimentaire fortifiant el tonique jouera nécessairement un grand rôle, à côté des exercices corporels en plein air et au soleil.

Les organes génitaux n'exigent pas ordinairement des soins spéciaux ; ils participent, comme les autres organes, au surcroît de vitalité que le traitement amène, et ce n'est que dans des cas assez rares qu'il est nécessaire d'agir directement sur eux. Dans les circonstances où il est utile d'éveiller et de surexciter le génésique endormi, en dehors du régime et du traitement fortifiants, il faut se garder de recourir à des excitants internes, afin de ne pas déterminer dans les premières voies une inflammation ou même un état d*irritation qui, en annihilant l'action digestive de l'estomac et des intestins, rendrait illusoires et impossibles les principales bases de la médication.

Ce sont les moyens externes et les moyens moraux que le praticien sage appellera à son aide.

Parmi les premiers, il aura à choisir entre les onctions, les fomentations et les frictions pratiquées sur le périnée, les lombes et la base de la verge, avec les substances aromatiques, ou avec les agents dont l'action ef;t excitante. Les frictions et les douches sur la fin de la colonne vertébrale offriront une ressource précieuse , en appelant vers les régions du bassin un afflux plus considérable de sang. L'électricité, le magnétisme el l'acupuncture, sans être formellement contreindiqués, seront d'un bien faible secours, car leur action, ainsi que je Tai dit autre part, est essentiellement excitatrice.

Les movens moraux doivent, dans cette médication directe, occuper une place importante. Les romans, les bals, les spectacles, tout ce qui parle à Timagination, tout ce qui éveille les désirs, tout ce qui s'adresse au sens vénérien, devra être mis

E SYI^FTOMATIQUK. CHLOROSE. 215

permanente, mais il n'existe de douleurs ni au ventre ni à l'estomac.

Les fonctions de l'innervation sont encore plus afTectées : la sensibilité physique est devenue tellement exquise que le moindre changement de température, que le plus petit bruit, le plus l^ger frottement, l'affectent d'une manière pénible ; la sensibilité morale n'est pas plus sauvegardée, car le malade ne peut lire sans pleurer et sans être profondément ému, je ne dis pas un roman, mais les nouvelles diverses enregistrées par les journaux ; le sommeil est nul et l'opium est impuissant à le rappeler.

Au milieu de ces désordres, les facultés intellectuelles ne sont pas restées intactes, et le malade est atteint d'une hy)Ki> chondiie profonde qui le pousse incessammentvers le suicide.

A ce cortège si connu des symptAmes de la chlorose auquel il faut ajouter la décoloration de la peau et la flaccidité des «hairs, il manquait un signe dont la présence n'est pas d'une absolue nécessité pour caractériser l'afTection, mais dont je devais tenir compte dans mon diagnostic.

Je veux parler du bruit de souffle signalé dans quelques artères, et surtout dans les carotides.

Hors ce signe, rien ne manquait au tableau ordinaire de la chlorose.

Les oignes génitaux ne présentaient extérieurement rien de particulier. La verge et les testicules avaient leur volume ordinaire, et la peau du scrotum se contractait encore sous l'impression du froid ou de ta main.

Les désirs vénériens étaient absents, et les plaisirs de l'amour inspiraient même, je ne dirai pas du dégoût, mais une indifférence bien proche de la répulsion.

Les érections étaient nulles, quelle que fût la nature des eicilaUons appelées à les provoquer. A des intervalles assez éloignés, et sans influence de rêves lascifs ou do pcn sées

20Â IMPUISSANCE CHEZ l/liOMME.

individus dont legénésique est paresseux ou s*est éteint avaDl l'âge, on se demande s'il ne conviendrait pas mieux de conâdérer Tobésité comme un signe de l'impuissance, au lieu d'e& faire un état pathologique dont Tanaphrodisie est un symptôme.

Sans doute, cette manière de voir est tout aussi vraie que celle que j'ai adoptée, et toutes les deux s'expliquent par les lois qui régissent les sympathies. Qu'on me permette d'édairer ma pensée par un exemple commun, et par cela même connu de tous.

A la suite d'une indigestion ou d'une mauvaise disposition de l'estomac, il n'est pas rare de voir survenir un violent mal de tête, une migraine intense ; de même un violent mal de tête, une migraine intense déterminent souvent des nausées, des vomissements, une véritable indigestion. N*est-îl pas évident que, conséquemment aux relations intimes qin unissent le cerveau et l'estomac, les maladies de Tun sont tour à tour causes et effets des maladies de l'autre ?

Ces sortes de sympathies, dont la physiologie tient grand compte, et que j'aurai moi-même à examiner dans une autre partie de cet ouvrage, ne sont pas limitées aux organes et aux fonctions normales de réconomie ; elles s'étendent à divers états pathologiques, et ce qui se passe entre l'obésité et l'impuissance en est une preuve certaine.

Ces deux affections, en effet, peuvent être tour à tour cause et effet l'une de l'autre ; et il n'est pas plus rare de voir un obèse impuissant qu'un impuissant pourvu d'un embonpoint considérable.

Ici je ne dois m'occuper de l'obésité qu'en tant qu'elle produit l'anaphrodisie.

L'obésité, il faut bien le reconnaître, n'est pas toujours le résultat d'une nutrition vicieuse ; elle est quelquefois due à une prédisposition particulière, à une idiosyncrasie spéciale:

IMPUISSANCE SYMPTOMATIOITE. OBÉSITÉ. 205

dans ce cas, elle est presque constamment accompagnée d'une impuissance, sinon complète, au moins d*une indifTcrence pour les plaisirs vénériens et d'une paresse des organes génitaux qui touchent de bien près à l*impuissance. Chez les individus atteints de polysarcie naturelle, la verge et les testicules contrastent étrangement, par leur petitesse, avec les formes énormes de toutes les autres parties du corps ; ils sont cachés et perdus dans un monceau de graisse, et leur présence est à peine signalée par quelques poils rares et clair-semés.

Dans Tobésité accidentelle, c'est-à-dire dans celle qui apparaît à l'Age moyen, à la suite d'une alimentation copieuse et succulente, d'une vie molle, sans fatigues physiques et sans préoccupations morales, les organes génitaux conservent ordinairement le volume qu'ils présentaient avant l'embonpoint, mais le développement énorme des parties voisines, avec lesquelles on les compare naturellement, les fait paraître plus petits; quelquefois, il est vrai, les testicules, obéissant à la loi physiologique qui proportionne le volume d'un organe à l'exercice de sa fonction, s'atrophient et rendent alors réelle la diminution des parties génitales externes.

Mais que cette atrophie soit vraie ou fausse, le coït est assez souvent rendu impraticable parle développement considérable de Tabdomen ; c'est un obstacle mécanique dont l'homme triomphe quelquefois par la position qu'il prend et qu'il donne à la femme, mais qu'il lui est, quelquefois aussi, impossible de surmonter.

La morale et les bienséances semblent se révolter contre de pareilles prescriptions médicales, et il me faut, pour les justifier, m' appuyer sur l'autorité de de Lignac : t On peut, dit-il, pour faciliter les époux, permettre la situation qui lour est la plus commode. La religion ne s'y oppose pas, lorscpin le but où tendent ces efforts est la multiplication de respect». Il est plus contraire à la sainteté des dogmes de la religion de

206 IMPUISSAxNCE CHEZ L*1I0MME.

jouir des plaisirs stériles que de chercher à les rendre féconds par les moyens qu'indiquent la nature et Tinstinct à tous les animaux. Je n'entends pas conseiller aux époux ces postures inventées par la débauche et le libertinage le plus effréné, capables de causer la stérilité, bien loin d'y remédier..... Que ces attitudes trompeuses, qui semblent offrir l'image de la volupté aux cœurs corrompus et flétris, restent dans les lieux où l'amour n'a jamais pénétré sans horreur, dans ces lieux oi le plaisir est un monstre auquel on sacrifie avec les transports de la fureur I L'hymen, plus attentif à donner de l'énergie à la volupté qu'à multiplier les sacrifices qui l'appellent, bannit de ses mystères tout ce qui peut effaroucher la pudeur et U décence, car il en est une, quoi qu*on disent les cyniques. Toute posture qui tend à écarter de la jouissance les fruits qu'on a lieu d'en espérer, est contraire aux lois naturelles; et toutes celles qui aplanissent les obstacles qui s'opposent à la conception doivent être admises dans les cas qui les exigent (i). »

Cependant, pour que l'obésité constitue un empêchement absolu au coït, il faut qu'elle ait atteint des proportions considérables, car l'esprit, poussé par le démon de la volupté, a des ressources infinies, et, sous ce rapport, l'homme n*est pas inférieur aux autres êtres de la création, dont le poëte a dît :

Et dans les doux instants de leurs folles ardeurs, Les bétes ne sont pas si hôtes que Ton pense.

Malheureusement l'obstacle mécanique n'est pas la plus grande difficulté à vaincre; l'obésité détermine une débilité génitale plus ou moins prononcée, et qui peut même aller jusqu'à l'impuissance complète. Les organes copulateurs ne sont pas seuls à subir cette influence : l'enthousiasme vénè-

(1) De Lignac, De Vhomtne et de la femme œnsidérés phf^uemeni dans Vétat de mariage y 177i, t. I, p. 389 et 390.

IHPUlSaANCE SIMPTOHATIQUE. — 0BË31TÈ. 207

rien s'affaiblit, les désirs s'éteignent, et l'homme parvenu à cet état n'a plus d'autres passions que celles de la table, et ne rêve d'autre bonheur que celui d'une vie sans agitation, dans la plus parfaite quiétude de l'flrae et du corps.

Quelquefois, et ce sont les cas les moins communs, l'aiguilloD intérieur ne s'est émoussé qu'incomplètement, et alors l'organe, devenu paresseux, répond faiblement et même ne répond pas du tout à la voix de l'imagination. C'est le cas de ces sybarites qui, voulant avoir toutes les délices à la fois, appellent k leur table somptueuse des femmes sémillantes d'esprit et de beauté, et dont les demi-toilettes, les poses lascives et les propos badins évoquent une ombre, un pAIe fantéme des vduptés de l'amour.

La durée et la gravité de l'espèce d'impuissance qur j'examine ici sont entièrement sous la di»pendance de l'obésité qui la produit : si l'obésité tient à une idiosyncrasie, k une prôdispositioD native, l'impuissance sera à peu près, comme cette «orle d'obésité, incurable. Seulement, si l'anaphrodisie n'est qu'incomplèft, c'est-à-dire, si les désirs vénériens ne sont que paresseux, si l'érection de la verge et l'éjaculation du sperme sont lentes k se produire, on s'adressera avec avantage à la médication excitante, tant interne qu'externe, tant générale que locale, secondée par l'exercice, la fatigue corporelle même, l'insolation, les bains de mer, l'hydrothérapie, certaines eaux minérales, etc., et un régime diététique approprié. Quand l'obésité est accidentelle, le traitement de l'impuissance se confond avec le traitement de l'obésité elle-même. Celui-ci est aussi variable que les causes qui peuvent donner naissance à la maladie principale; mais on peut dire d'une manière générale, que l'on doit surtout s'attacher à Faciliter et à augmenter les excrétions ; pour atteindre ce but, la manière de vivre et le régime diététique joueront un grand rêle. On raconte qu'un Hollandais, séduit par la nouvelle de la gué-

208 IMPUISSANCE CHEZ l'hOMMK.

rison radicale d'un obèse, obtenue au moyen d'une opéradon pratiquée par le chirurgien Rothonet, qui, pour le dire en passant, avait fait ce miracle en enlevant huit livres d'épiploon dans le débridement d'une hernie ventrale, ce Hollandais, dis-je, se rendit à Paris pour se soumettre à la même opération ; heureusement pour lui, un seigneur de sa connaissance se chargea de sa cure et le fit enfermer à la Bastille, d'où, après deui mois passés au régime du pain et de l'eau, le Hollandais sortit trop complètement guéri, à ce qu'il paraît, car il lui fallut suivre un nouveau régime pour réparer la maigreur extrême à laquelle il était réduit.

Quoique la durée et la persistance de l'anaphrodisie soient réglées sur celles de l'obésité, et que dans la plupart des cas, il ne soit pas nécessaire de diriger contre l'impuissance ud traitement spécial, il est utile néanmoins de ne pas entièrement abandonner à la nature le soin de réveiller les désirs vénériens, et de rappeler la vigueur perdue dans les organes copulateurs ; il la faut seconder dans ce but louable, et pour cela faire, on se conformera aux conseils que j'£ donnés plus haut, à l'occasion de l'impuissance amenée par l'obésité native, et on recourra aux excitants moraux dont j'ai parlé dans le paragraphe relatif aux tempéraments.

Amaigrissement. — Les causes de ramaigrissement sont encore plus nombreuses que celles de l'obésité ; mais quelle que soit la nature de ces causes, l'amaigrissement qui en résulte est toujours caractérisé par une perturbation qui amène progressivement, mais continuellement, une déperdition de substance.

C'est à ce titre que l'amaigrissement trouve ici sa place : mais, par cela même que je ne l'accueille qu'en vertu d'un de ses caractères les plus généraux, je ne dois présenter sur lui que des considérations générales, car j'aurai à l'examiner plus d'une fois et d'une manière plus spéciale sous les noms de

IMPDlSSAnat 8TlfPT0XATIQUB. — AMAIOBISSEUENT. 200

', consomption, etc., quand il se irouvera lié à certains états pathologiques, tels que le diabète, la spennatorrhée, etc., qui solliciteront particutièrement mon attention.

Le marasme, qui est le dernier degré de l'amaigrissement, par cela mfime qu'il attaque les sources de la vie dans les fonctions plastiques de l'économie, frappe de débilité et de mort toutes les parties de l'organisme, sans même en excepter les fiuiultés les plus nobles de notre élre, les facultés de l'àme et celles de l'esprit.

Pendant longtemps on a cru que les phthîsiqucs, dont le marasme est caractéristique, jouissaient d'une immunité qui, dans quelques cas allait jusqu'à l'excès de l'énergie virile. Mais les recherches du professeur Loraiti et les observations de M. Siredey ont fait justice de cette erreur, et ont établi, au contraire, que l'on rencontre presque toujours c^iez ks phthisiqua une atrophie relative ou un développement incomplet des organes génitaux, d'où une frigidité habituelle, sinon une imjnusiance véritable (Siredey).

En effet, on comprendrait difûcilemcnt comment, au milieu du trouble profond, de la désorganisation générale dont toute J'économie est frappée par le marasme, on comprendrait difficilemeat, dis-je, comment une seule fonction, la plus délicate, la plus capricieuse de toutes, resterait intacte et complète. Ce problème heureusement n'a point été posé à l'investigation de la science, et les faits nous avertissent que le sons génital et l'appareil copulateur participent au dépérissement général, et suivent dans leur marche descendante toutes les autres fonctions de l'organisme.

Avec la flétrissure de la verge et l'atrophie des testicules, les désirs vénériens s'éteignent et l'imagination s'affaiblit. Vainement on tente le malade par les images les plus lascives, par les discours les plus badins ; comme ceux dont parle l'Écriture, il a des yeux pour ne pas voir, et des oreilles pour

nODBADD li

210 IMPUISSANCE CHEZ l'hOMME.

ne pas entendre ; si Tàge lui permet des souvenirs, sa mémoire oublieuse ne lui retrace plus le tableau des voluptés passées, et son imagination n'a plus les longs espoirs ni les douces pensées dont parle le poète. A moitié descendu dans la tombe, peut-il donnera autrui la vie qui lui échappe? les forces qui lui restent, ne les doit-il pas consacrer à sa conservation propre ? La nature, plus prévoyante que nous, Ta voulu ainsi, et en glaçant notre imagination par le marasme, elle nous montre sa sollicitude même au milieu des maux dont elle nous accable.

Le marasme est ordinairement incurable, et la médecine n'est pas appelée à combattre l'impuissance qui l'accompagne.

Mais l'amaigrissement n'arrive pas toujours à cette limite extrême, et alors l'art peut intervenir avec des chances de succès.

Avant toute chose, il faut rechercher la cause de l'amaigrissèment et la combattre. Le nombre des causes qui peuvent amener cet état est, je le répète, fort considérable ; je n'ai pas ici à eu faire l'énumération, que l'on trouvera dans les ouvrages généraux de pathologie ; mais, je le redis encore, le traitement de l'impuissance ne doit venir qu'après l'éloignément de la cause qui a produit et souvent entretient l'amaigrissement. Au début la thérapeutique de cette sorte d'im* puissance puise ses principaux éléments dans l'hygiène et le régime diététique.

Les substances que les anciens appelaient analeptiques^ jouent ici un grand rôle : parmi celles-ci, les unes sont nourrissantes et les autres toniques et stimulantes ; c'est par les premières qu'il faut ordinairement commencer. On prescrit les bouillons de coq, de vieille perdrix, de chapon, de poule, légèrement aromatisés avec la cannelle ; le chocolat, le riz, le salep, le sagou, préparés au jus de bœuf; le mouton et la volaille rôtis ; quelquefois, selon l'état ou les dispositions de

IHPDISSAICCE anPTOUATIQUR. AMAIGHISSEMEIST. 211

l'estomac, on se trouve bien de l'usage du lait pur ou coupé avec le lichen d'Islande, car le meilleur analeptique n'est pas celui qui contient le plus de parties nutritives, mais bien celui qui est le plus facilement asijîmilable.

Il est nécessaire que ce régime diététique soit secondé par l'habitation à la campagne, la quiétude complète de l'Ame, un exercice modéré, les promenades à cheval, et par un sommeil long et tranquille.

Lorsque, sous l'empire d'une semblable hygiène, les chairs auront repris tout à la fois plusde volume et plus de ton, lorsque les forces générales auront retrouvé quelque énergie, il conviendra de passer aux toniques et aux stimulants généraux et locaux.

Le régime alimentaire est à peu près le même que celui que je viens d'indiquer; seulement, on donne la préférence aux viandes noires et rdties, comme bœuf, gibier, etc.; les truffes et les légumes frais en font également partie, ainsi que les vins (onéreux, surtout ceux du Midi.

Quant à la médication proprement dite, les ressources sont très-nombreuses, depuis le fer, le quinquina, le Colombo, elc.f jusqu'à l'hydrothérapie, les baÏDs de mer et les eaux minérales. Mais il faut se garder de précipiter sa marche et d'arriver trop tôt aux moyens les plus énergiques. 11 importe, avant tout, de ménager les voies digestives dont l'irritation ramènerait tout à la fois l'abattement général et l'atonie des organes génitaux ; le médecin réglera donc sa conduite d'après l'état des premières voies, et agira avec toute la circonspection que la science lui impose en pareille ocGurence.

Assez généralement il n'est pas nécessaire d'instituer un traitement local , parce que la débilité des organes de la génération n'est ici qu'une manifestation de k débilité générale.

22/k IMPUISSANCE CHEZ L*HOMME.

répétées, imprimées au système nerveux par l'épilepsie, Ii catalepsie, etc., peuvent amener, après un temps plus oq moins long, un affaiblissement général dont rinnervation génitale aura sa part, ainsi qu'il arrive quelquefois pour Touk, la vue, le goût, etc., etc.; mais alors Timpuissance (1) n'est plus symptomatique ; elle est le résultat plus ou moins éloigni d'un état morbide qui bien souvent même a cessé d'exister, et, dans ce cas, je la dois distraire de ce chapitre et en réserver l'étude pour celui que je consacre à l'impuissance consécutive.

ô. Névroses de V intelligence ou vésanies. — Les principes les plus simples de la physiologie indiquent d'avance les rapports intimes qui doivent exister et qui existent réellement entre les troubles de la fonction génératrice et les désordres de rintelligence. Seulement, quand on pénètre dans l'étude de ces troubles et de ces désordres, et que l'on remonte ôux causes des vésanies, l'esprit s'arrête devant des doutes qu'il n'est pas toujours facile d'éclaircir.

Je m'explique :

Est-il toujours possible de déterminer si TimpuissaDce, quand elle existe concurremment avec une névrose de Tinlelligence, est un symptôme de cette névrose?

Je ne le crois pas, et c'est ici que commencent les hésitations de l'esprit.

n est incontestable qu'un grand nombre des causes des vésanies peut également produire l'impuissance; telles soni, par exemple, les passions tristes, les préoccupations

(1) Le mot impuissance n'est pas rigoureusement Texpression dont je devrais me servir ici, car les troubles de l'innervation génitale, à la suite des névroses dont je parle, peuvent se traduire par un élat tont opposé A rim|iuissance, ainsi que le signale Esquirol à roccasion ^ Tépilepsie (Des maladies mentales y t. 1, p. 283). — C'est seulement pour ne pas abandonner mon terrain et ne pas empiéter sur celui des névroses, que je me suis servi du mot impuissance.

UPmSSANCB BrHPTOHATIQnK. — VË8A5IIH. £2S

fixes de l'Ame, les troubles de la digestion, les excès de toute nature, etc.

Il est également hors de toute discussion que certains symptAmA de vésanie peuvent, par leur présence seule, jeter l'orgbne copulateur dans l'anaphrodisie, comme cet hypocondriaque dont parie Belhontme qui, se croyant impuissant, l'était en réalité.

Par conséquent étant donnée une névrose de l'intelligence, la manie, la nostalgie, l'hypocondrie, par exemple, trois hypothèses se présentent :

1* Ou l'impuissance est liée à la névrose et en est un symptôme ;

2* Ou l'impuissance est une afTection intercurrente à la névrose;

3* Ou l'impuissance est un épiphénomène de la névrose.

Est-il possihie d'établir entre ces trois origines de l'impuissance un £agnostic différentiel qui, tout à la Toîs, satisfasse l'esprit et mette sur la voie des indications pratiques?

Je cnNs la solution de ce problème possible, mais non facile.

Deux circonstances doivent surtout attirer l'attention : l°Ies causes de la vésanie, 2° la nature objective des désordres de l'intelligence.

Sous le premier point de vue et en y comprenant toutes les formes de vésanie, depuis la simple illusion des seils jusqu'à la folie la mieux caractérisée, les causes se partagent en morales et en physiques, les premières bien plus fréquentes que les secondes. Selon Parchappe (1), les dit causes tes plus fréquentes de l'aliénation mentale se classeraient de la manière suivante pour les hommes : 1* abus de boissons alcooliques,

(1) De la prédominance des causes morales dans la génération dt la folie. {Annales médico-psychologiques, louic \I, p. 358).

HOUBWD. 15

226 IMPUISSANCE CHEZ l'hOMME.

2* revers de fortune, 3* perte d'une personne aimée, 4* frayeur, 6® idiotie, 6' chagrins domestiques, T colère, 8" dévotion exaltée, 9** amour contrarié, iO* inquiétude à propos d'argent.

Parmi ces dix causes d'aliénation mentale, il en est certainement six qui peuvent à leur tour produire l'impuissance, ce sont : les abus de boissons, la perte d'une personne aimée, la frayeur, les chagrins domestiques, la dévotion exaltée et Tàmour contrarié.

Voici, en eEFet, un exemple dans lequel les mêmes causes, perte d'une personne aimée et chagrins domestiques, ont donné lieu simultanément à l'impuissance et à l'hypocondrie, sans que la première fût sous la dépendance de ta seconde.

Un homme de lettres avait épousé, quelques mois avant la révolution de février, une jeune personne qu'il aimait passionnément; jusqu'à l'avènement de la république, le nouveau ménage ne connut aucun chagrin, car le mari, grâce à un travail fructueux et abondant, pouvait satisfaire les goûts et même les caprices de sa femme. La révolution de février brisa tout ce bonheur; en tarissant les sources du travail du mari, elle apporta dans le ménage d'abord la gène et ensuite la misère. La jeune femme n'eut le courage ni de supporter ce revers de fortune, ni d'accepter des espérances en un avenir meilleur. Un jour, elle quitta la maison conjugale, et Ton apprit qu'elle vivait à Londres, au milieu du lu^e et de l'opulence que lui fournissait un généreux amant.

L'époux abandonné fut si affecté de cette découverte qu'il tomba dans une misanthropie profonde, et fut en même temps frappé d'impuisssance.

Voici à quelle occasion il vint réclamer mes soins.

Une jeune veuve, par conséquent maîtresse de ses actions et juge de sa conduite, était, de tous les amis de l'homme de lettres, restée à peu près seule fidèle à son revers de fortune

IHPDISSAXCS STMPTOMATlunE. VÉ3ANIES. 227

«t b son malheur domestique. Les consolations qu'elle avait apportées au jeune ménage lorsque la gêne etla misère avaient successivement envahi son intérieur, devinrcntpUis pressantes et plus affectueuses lorsqu'un plus grand chagrin frappa le mari délaissé.

Celui-ci, soit par un effet de son imagination malade, soit que les attentions de )a veuve dépassassent réellement les bornes d'une simple amitié, vit un sentiment et des sollicitations d'amour dans les prévenances dont il était l'objet.

Il s'assura que, si ses suppositions étaient exagérées pour le présent, il pouvait du moins former les espérances les plusdouces, car la pitié, dans le cœur de la femme, est déjà une nuance de l'amour.

Malheureusement, le souvenir de la fugitive était sans cesse présent i son esprit, et toutes les fois qu'il Uii eût été permis de prouver àaon amie qu'il avait oublié l'infidèle, ce souvenir jetait le trouble en son âme et glaçait ses organes.

C'est dans cet état qu'il se présenta à moi.

En véritable hypocondriaque qu'if était, il me raconta dans leurs moiodres détails toute» les circonstances de sa vie : les joies de son mariage, les tortures de son abandon et les douceurs de l'amitié de la jeune veuve. Un double sentiment le poussait vers la possession de celle-ci : un sentiment de reconnaissance et un sentiment de vengeance; malheureusenient, il lui était impossible de prouver autrement que par des paroles, la gratitude dont son cœur était rempli pour son amie, €t le mépris dont il se croyait animé contre sa femme. Malgré lui, le souvenir, tantôt agréable, tantôt mauvais de celle dernière, l'obsédait sans cesse, remplissait son esprit des idées les plus tristci', et étouffait tous les désirs de son imagination et tous les efforts de sa volonté.

Bien évidemment, dans ce cas. L'impuissance et l'hypocondrie avaient la même cause ; mais c'était là leur seul point de

contact. Après cette origine commune, les deux affections devenaient si parfaitement distinctes, que Tune pouvait disparaître et l'autre persister : tels deux cours d'eau partis de la même source, dont un, après quelques sinuosités, se perd au milieu du sable de la route, et dont l'autre poursuit sa marche jusqu'à la rivière prochaine.

Le raisonnement, les distractions, un voyage à la mer et le retour au travail, secondés par une hygiène convenable, rendirent au malade ses facultés viriles sans le débarrasser des tristes préoccupations qui l'obsédaient. Bientôt même Torgasme vénérien devint assez impérieux pour faire craindre que tous ses désirs ne fussent pas l'expression d* un état normal et régulier.

Cependant cet orgasme était quelquefois terrassé, et l'impuissance rendait alors illusoires les apprêts à de nouvelles voluptés. Cette inertie, me disait le malade, se produit taolAt à la vue d'un objet qui fut cher à ma femme, et tantôt au sinh pie souvenir des caresses que j'échangeais avec elle ; aussi, pour prévenir le retour de ce souvenir, avait-il soin de ne jamais coucher avec sa maîtresse dans la chambre et surtout dans le lit qu'il avait partagés avec la fugitive.

Celte impuissance n'était que passagère; elle s'évanouissait avec l'émotion produite par l'impression ou le souvenir, et n'avait, comme au début, qu'un point de contact avec l'hypocondrie.

Dans cet exemple, comme dans quelques autres que je pourrais rapporter, la cause de l'impuissance n'était pas dans la vésanie elle-même, puisque la première avait cessé ou ne se produisait qu'accidentellement, alors que la seconde persistait toujours.

Les excès de travaux intellectuels et les excès de coït et de masturbation amènent aussi fréquemment les affections délirantes que les chagrins et les abus des boissons alcooliques.

IlfPTJISSANCE SmPTOMATIOUE. — V^JANIEB. 229

Or, comme l'impuissance se montre fréquemment aussi au milieu des mêmes circonstances, on peut facilement admettre que les troubles du sens génital sont complètement indépendants des troubles de l'intelligence ; et que, tout au plus, la même cause a donné naissance à In névrose vénérienne et & la névrose intellectuelle, sans que les devinées de l'une soient liées aux destinées de l'autre.

J'insiste sur ces origines communes de l'impuissance et des vésanies, parce qu'à mon avis, on a fait à la névrose intellectuelle une trop large part dans l'étîologie de l'anaphrodisie.

Certes, je ne puis méconnaître que, dans certaines circonstaoces, l'excitateur de l'orgasme vénérien est détourné au profit d'une idée délirante, et qu'alors l'impuissance est bien sous la dépendance de la vésanie. Mais il faut reconnaître aussi que ces cas sont plus rares qu'on ne pense, et que l'on a été induit en erreur par une communauté d'origine dont on n'a pas tenu assez compte.

Il est temps de remettre les choses en leur place et de ne plus donner aux vésanies un râle prépondérant dans l'étiologie de l'impuissance : qu'on y regarde de près, et l'on sera bientât de mon avis.

Cependant, ainsi que je l'ai dit tout h l'heure, certaines aberrations intell ectuelics détournent h leur pro&t le consensus erotique et produisent l'indilTcrencc vénérienne plutât que la paralysie de l'appareil copulateur. De ce nombre sont les vésanies partielles, à délire spécial, telles que l'hypocondrie, la mélancolie, la nostalgie, etc.

D'autres, en amenant la subversion des facultés intellectuelles et morales, peuvent affecter le sens génital d excitations anormales et produire la perversion du génésique. Telles sont les diverses espèces de manies.

Enfin les vésanies absolues, caractérisées par l'affaiblisse-

230 IMPUISSANCE CHEZ l'hOMME.

raent ou rabolition des facultés intellectuelles, comme le cr^ tinisme, rimbécillité, l'idiotie et la démence, présentent quelcfuefois des caractères tout opposés à rimpuissance, et sont marquées par une salacité pathologique.

En résumé, dans l'immense majorité des cas, Timpuissanoe et la vésanie reconnaissent la même cause, et, nial^'ré cette communauté d'origine, sont indépendantes Tune de l'autre, comme le sont deux flls d'un môme père. Par conséquent le traitement de l'impuissance doit s'adresser à la cause ellemême, et ne voir dans la vésanie qu'une complication dont, en saine pratique, il faut tenir compte.

Gei)endant dans quelques circonstances la vésanie est bien réellement le point de départ de troubles du côté des fonctions génitales ; mais ces troubles sont loin d'être constamment I» mêmes : tantôt il n'existe qu'une simple diversion du consensus éroti(|ue; tantôt il y a perversion morale du sens génital; et tantôt enfin il se montre une excitation morbide des organes vénériens, contrastant avec l'affaiblissement des facultés intellectuelles.

Dans ces cas, le traitement de ces troubles génésiaque? se confond avec celui de la vésanie; il est rarement utile de s'adresser directement au sens génital; au contraire, une thérapeutique spéciale peut, la plupart du temps, augmenter des» désordres que fait seul disparaître l'amendement des faculté intellectuelles.

§ IV. — D'aaie lotoxIcAtloA.

Qu'on me permette d'employer ici le mot intoxication dan son sens le plus large, dans son acception la plus général et d entendre, par cette expression, l'introduction dans Torgi nisme d'un agent morbide, virus ou jXHSon, capable de pr duirc les accidents les plus graves et même la mort, mais à

IMPUISSANCE SÏWI-TOMATIQUE. INTOXICATION. 231

iOiû de ne les amener que lentement et pour ainsi dire ïkiiagae.

Cette deniière circonstance distingue l'intoxication de l'empoiîOiiDenienl, Celui-ci, en effet, est caractérisé par la rapiditide l'action de l'agent morbide, et, lorsqu'il n'entraîne pas pniniptement la mort, il laisse quelquefois après lui des aliénons dont j'aurai à ra'occuper de quelques-unes, alors que irai l'impuissance consécutive.

Ite place, mon attention ne doit être acquise qu'à l'imfimnce-sijmptôme.

Al'occasion du mot virus, que j'ai écrit plus haut, je n'entrenipas dans une discussion stérile ici, sur l'existence, la nature, le^ propriétés, etc., des virus : je prends, je le répète , le mot intoxication dans son acception ta plus li^e, soit que l'agent morbide tombe sous nos sens, comme rsrsenic, le plomb, etc., soit qu'il déjoue toute analyse, le virus syphilitique; soit qu'il pénètre dans l'éconoiWe par la respiration , par les premières ou les secondes

1» Intoxication syphilitique.

L'action que le virus syphilitique exerce sur l;i fonction Stnilale, tantût est limitée aux organes giinitaux, et tantôt "e reteutit sur eux qu'après avoir pénétré l'organisme tout entier.

H nç peut être ici question de l'action purement locale qui m'occupera dans l'un des paragraphes suivants, et je ne l'ois m'arrôter, en cette place, qu'à l'imprégnation générale ^^ l'économie.

L'iotoxication syphilitique se manifeste sous des formes diverses dont la majeure partie a une importance à peu près nulle au {loint de vue qui m'occupe. Si l'on excepte, en effet,

232 13IPC1SSANCE CHEZ l'hOMME.

les exostoses intracr&niennes qui, par la compression qu'elles exercent sur le cerveau, troublent les facultés intellectuelles, amènent des paralysies soit générales, soit partielles, et, par suite, l'impuissance ; si Ton excepte encore, avec les accidents limités aux organes génitaux et dont j*ar remis à plus loin Texamen, la chlorose, dont parle M. Ricord, et la cachexie, dont je vais m'occuper, nous n'avons que faire de tous les accidents secondaires et tertiaires, adoptés par les syphiliographes.

Les faits de cachexie syphilitique ne sont pas rares, mais il en est bien peu qui attaquent profondément la fonction copulatricc ; quelquefois, il est vrai, le malade perd ses propriétés fécondantes, mais le sens génital est respecté dans ses désirs et dans son énergie.

Cependant il est des cas où la faculté copulatrice participe elle-même à l'altération générale, et je ne sais pas, sous ce rapport, d'exemple plus frappant que celui que M. Bourguignon, alors interne des hôpitaux, communiqua à l'Académie de médecine, le 12 juillet 1842.

Cette observation, excessivement curieuse, mérite de trouver place ici ; qu'on me permette de la transcrire en entier et dans toute son intégrité :

» Le nommé Prince (Charles), âgé de trente ans, est couché à l'hôpital des vénériens, dans la salle 8, lit A, service de M. Puche.

> A vingt ans, en 1880, après trois jours d'un coït suspect, douleurs dans le canal de Turèthre, plus vives dans l'excrétion des urines. Quatre jours après l'apparition de ces douleurs, une ulcération se montre au méat urinai re, et plusieurs autres, quelques jours après, à la base du gland. — Entrée à riiôpital des vénériens. Traitement : injections d'un liquide caustique dans le canal de l'urèthre, suivies d^un bain de iiég6 pendant quinie jours, jusqu'à cessation des douleurs ; fiharpie ftMhe sur les ulcères ; frictions mercurielles sur la

ivpuis. sTUPTOMATiQi'E. — INTOXICATION «VfHiunore. 23S artie interne des cuisses pendant vingt jours; la salivation !3 fait supprimer ; cicatrisation et sortie de l'hôpital après eux mois de séjour.

1 Ea 1832, uréthnte (Prince est entré au service, il va au 'al-de-Grâce) : traitement émollient, puis antibien norrhagitie. — GuérisoD.

»EnlSS3, ulcèredel'impassedu prépuce. Traitement : onaent mercuriel, bains locaux avec solution d'acétate de plomb . iuérisoa en quatre jours ; mais une marche forcée amène une dénite volumineuse. — Entrée k l'hôpital. Traitement : ponc- OD du bubon ; liqueur de \\'an-Swieten h la dose d'une ciiil- Téeà bouche pendant ving-quatre heures, jusqu'à salivation ; icUons mercurielles sur les cuisses quelques jours uprès. — uérison. — Durée du traitement : soixante-trois jours.

> A la fin de 1833, mal à la goi^e. — Traitement : gargasnies acidulés, tisane de Feitz, cautérisation de la gori^e avec Q pinceau trempé dans un acide. — Guérison après trois imaines de traitement.

» En 1835, après deux ans d'une santé parfaite (Prince est 1 garnison à Alger) , nouvelle infection ; les idcères siègent ir le corps du gland. Le malade les conserve trois semaines ins songer 6 les guérir. — Entrée à l'hôpital. Traitement : uns locaux, charpie avec onguent mercuriel ; prompte cicaïsaUon des ulcères. — Mais pendant le traitement, éruption e boutons sur le cuir chevelu; des croûtes leur succèdent, luit jours de frictions mercurielles, après avoir au préalable isé la tête, en font justice.

> En 1836, réapparition de l'éruption pustuleuse \ d'abord ornée à la tête, elle gagne bientôt le tronc et les membres. — ntrce à l'hôpital. Traitement : frictions mercurielles de la (ête iix pieds, peudant dix-huit jours ; tisane de salsepareille, pides de 1 à 8 (le malade ne sait pas dire quelle était leur naire et pendant combien de temps il les a prises). — Gutîrison.

234 iMPLissAXCE CHEZ l'homme.

» En 1838, céphalalgie des plus vives, d'une activité extrême la nuit. — Entrée à Thôpital du Dey. Traitement : vé^catoire à la nuque, vésicatoire monstre sur toute la tète ; leur eflfet est nul, et déjà commence pendant ce traitement l'étounante transformation qui doit s'opérer chez Prince.

» 11 était bien développé, vigoureux ; sa b.arbe était noire, longue et bien fournie, et cependant, au bout d'un mois, ses formes athlétiques ont disparu, ses membres sont chétifis et grêles ; sa barbe s'en est allée poil à poil -, ses favoris, ses moustaches ne laissent plus trace de leur existence. Le principe morbifîque porte encore plus profondément son actioD destructive : Prince voit ses organes génitaux menacés d*une atrophie presque complète. Il en est des poils du ^ubis comme de ceux de la face; ils tombent tous, sans exception. Sa verge, d'une dimension autrefois ordinaire, perd surtout de son volume, et ses bourses jadis grosses et pendantes, sont petites et fortement revenues sur elles-mêmes. Ce travail atropbique dure ainsi plusieurs mois, sans que la céphalalgie perde de sod intensité; elle ne cède qu'à l'application d'un moxa derrière l'oreille droite, au sixième mois environ.

)) Délivré de ses douleurs céphaliques, Prince reprend des forces, et obtient son congé définitif à la fin de 1839; il revient à Paris, où sa santé s'améliore encore. Mais son étrange caractère, sa répulsion pour les plaisirs de son âge, contrastent d'une manière étrange avec ses antécédents. Chacun s'en étonne et le lui fait remarquer ; il le voit, il le comprend, veut prendre sur lui de se faire l'homme d'autrefois, et ses efforts ne lui font que mieux sentir son impuissance.

)) Chose étrange ! quoique la convalescence et l'embonpoint se maintiennent, l'atrophie des organes génitaux n'en marche pas moins activement. Inquiet sur les suites de cette diminution progressive de ses organes sexuels, Prince se décide à faire l'épreuve de ses moyens, à constater ce qui lui

IMPDIS. SyjlPTOMATIQUE. — INTOXICATION SYl'IlILlTlQrE. 235'

reste de ses vertus prolitiques. Il se rend dans une maison publique, y rencontre une ancienne connaissance qu'il choisit de préférence, comme il ie faisait dans des temps meilleurs. Mais aujourd'hui c'est pour un tout autre motif : il a besoin de sa discrétion, peut-être de sa complaisance. En effet sa nature lui fait complètement défaut ; une masturbation prolongée a pu seulement lui procurer une légère sensation voluptueuse saDs la moindre éjaculation.

» Quelques mois se passent ainsi sans apporter de changement ft son état; mais au commencement de 18A0, une tumeur lacrymale se montre à gauche ; de vives douleurs, plus intenses la nuit, se font sentir au niveau des os propres du nez; enfin il rejette, au milieu du mucus nasal, des débris osseux, noirs, infects, sortant par la narine droite. — Tisane de Feitz; guôrison. — Durée du ^^éjour ù l'hôpital : deux mois.

> En octobre, même année 18âO, la céphalalgie reparaît plus intense qu'elle n'a jamais été; ta tumeur lacrymale se montre de nouveau ; des exosloses se sont développées sur le front à droite et à gauche, ainsi que sur les os propres du nez, et sont le siège de douleurs lancinantes. — Entrée du malade & l'hôpital ; traitement : sangsues sur la tumeur lacrjmalc,tisane sudorifique, iodure de potassium (110 gr. dans l'espace de six semaines). Le malade sort notablement ï^oulagé de ses douleurs; les exostoses se sont affaissées.

» En 1841, après dix mois d'une santé passable, les exostoses déjà existantes reviennent à leur premier volume ; elles sont aussi douloureuses qu'autrefois. — Entrée à l'hôpital. Au dire du malade, Cullerier aurait fait remarquer aux élèves un ramollissement du frontal ; les doigts, en comprimant le front au niveau des exostoses, faisaient céder la table externe. Traitement : frictions d'onguent mercuriel sur le front, pilules de Vallet. Les accidents sont palliés pour huit mois, et c'est le 26 janvier 18â2 qu'il entre à l'hôpital des VénéP'" ^'irla

236 IMPUISSANCE CHEZ l'hOMME.

cinquième fois, et toujours pour ses exostoses, et de plus pour des douleurs ostéocopes générales, plus prononcées la nuit C'est alors que le malade s'est présenté à notre observation. — Disons un mot de son état général, en passant en revue les différents organes et leurs fonctions ; cet examen est digne d'intérêt.

» Prince est d'une taille moyenne; il est bien développé; il était, dit-il, vigoureusement constitué; nous pouvons le croire : il était autrefois garçon de pharmacie à l'hôpital, et les infirmiers qui l'ont connu alors certifient qu'il était un fort gaillard. Quel changement aujourd'hui dans toute sa pe^ sonne! Ses traits portent l'empreinte d'une vieillesse précoce; ils ont une douce expression où perce l'insouciance; son regard est craintif, sa démarche chancelante ; ses mouvements lents et mesurés ; il y a de la femme dans son allure. C'est qu'en effet il en a pris toutes les formes : la peau est d'une parfaite blancheur, douce au toucher ; un léger duvet la recouvre à peine dans les régions où le système pileux était fort développé autrefois. Un tissu cellulaire abondant donne atout son corps de gracieux contours ; les extrémités supérieures et inférieures ont acquis des formes inconnues à notre sexe. La main, surtout chez un individu occupé plus d'une fois à de rudes travaux, a subi une transformation surprenante; ^a^ tiste la trouverait irréprochable : à ne voir que le doigt, Tanatomiste nierait le sexe. Les organes génitaux sont aussi ceux d'un enfant de cinq ans : leur blancheur, leur forme, leur volume, tout le ferait croire. Le toucher perçoit deux apparences de testicules de la grosseur d'une petite noisette. La verge a peut-être proportionnellement éprouvé une atrophie moins considérable ; le canal de l'urèthre a conservé en largeur les dimensions de celui de l'homme adulte ; le méat urinaire de Prince est même plus large que chez beaucoup d'autres malades couchés dans la même salle que lui.

mPEM, SylIPTMIATIQnB. — IMTOXICAIION 8ÏPH1L1TIQCE. 257

» Du reste, le moral s'est montré esclave du physique : en perdant les organes, il a perdu les fonctions. Son tempérament est le type du lymphatique; son caractère est fort doux, son intelligence obtuse, et la mémoire, fort bonne autrefois, est toujours trtï-infidèie. Les fonctions organiques n'offrent rien de particulier, seulement les liqueurs le mettent dans une excitation nerveuse remarquable. Deux verres de vin blanc, pris i différentes époques, lui ont donné des attaques épileptifonnes. — Dans notre examen nous n'avons point oublié les organes de la voix ; leur corrélation avec les organes génitaux nous le rappelait sufQsament ; mais la voix n'est que légèrement modifiée.

» Tel était l'état de Prince en janvier dernier. Aujourd'hui sa constitution s'est améliorée ; il semble se régénérer sous l'influence dn traitement qu'il a suivi et que nous noterons en quelques mots. H. Puche lui fait prendre son sirop antisyphililique composé, dont voici la formule :

lodfajdrsrgyrate neutre de polassiiini. 1 gramme.

Iode pur 1 —

Protoiodure de pottLssium 100 —

Eau distillée 398 —

pour 600 parties. — Dose du sirop de 25 à 100 grammes.

I Jusqu'à ce jour le malade en aurait pris au total environ 600 grammes. C'esten subordonnant le traitement aux symptômes, c'est en veillant surtout à l'alimentation du malade, que M. Puche est parvenu à arrêter les progrès effrayants de cet étlotement général. Aujourd'hui Prince est plus dispos, il se sent plus fort, il semble remonter peu à peu les degrés qu'il a descendus; toutes ses douleurs ont disparu. Les fosses nasales sont le seul point en souffrance, et, là encore, la nature prend le dessus. En effet, la nécrose élimine de temps en temps de petites esquilles, et le malade s'en trouve ou*

238 IMPUISSANCE ClIKZ l'hOMMë.

Notons cependant que l'apophyse montante de l'os maxillaire supérieur droit a presque entièrement disparu par suite de ces éliminations.

» Le léger duvet qui recouvrait les régions autrefois aboa- <lamment pourvues de barbe, devient plus touffu ; il noirdt; cela se voit surtout aux moustaches. Les organes génitam ^ux-mêmes reviennent de leur inertie. Le mois dernier, Prince a eu deux érections; ce sont les seules qu'il ait éprouvées •depuis le jour de ses fameux exploits; en un mot, notre malade marche incontestablement vers la conquête de la première nature.

> Nous n'avons rien dit de la chute des cheveux : le rasoir l'ayant plus d'une fois artificiellement produite, cet accident perdrait par ce fait beaucoup de sa valeur (1). »

Après cette intéressante communication, M. Bourguignon présenta à l'Académie le malade qui en était l'objet, et il fut facile de se convaincre de l'exactitude du récit que nous venons de rapporter.

II n'entre pas dans mon sujet d'exposer les ressources •qu'offre la thérapeutique contre la syphilis ; mais je dois noter, sans m'y appesantir, que le traitement de l'impuissance produite par le virus vénérien doit se confondre, comme dans l'observation précédente, avec la médication antisyphilitique elle-même.

2* Intoxication saturnine.

L'intoxication saturnine ne se produit que par suite de Y absorption y par les membranes muqueuses^ de préparations de plomb sous forme moléculaire. « Le plomb, dit Orfila, n'est point vénéneux tant qu'il est en masse ou en poudre

(1) Bulletin de l'Académie de médecine. Paris, 1842, t. VII, p. 97 i.

IHPUIS. STÏIPTOSIATIOfE. — INTOXICATIOH SATl'RÎSIXE. 259

■grossière, et qu'il ne se trnnsromie pa^i dans le canal digestif en oxyde ou en sel (1). »

L'intoxicalion saturnine que l'on appelle maladierle plomb, revêt des formes caractérisées par des ç;ympt6nies 'particuliers à chacune d'elles ; ces formes sont : In colique, Varthralgie, la paraiifsie, Vanesthésie fiXencéphalopathie saturnine.

Qu'on ne s'attende pas à trouver ipî la description de tous ce» accidents ; contenu dans les limites de cet ouvrage, je ne dois qu'exposer l'état des organes génitaux pendant l'intoxication saturnine.

A cet effet, Tanquerel des Planches, qui a porté sur la maladie de plomb une attention toute spéciale, va nous faire le tableau des désordres qui se passent dans les organes de la génération : k Nous avons déjà parlé, dit-il, des douleurs qui attaquent quelquefois le? organes génitaux. I^es testicules, le «ordon spermatique, la verge, l'utérus, le vngiii et les seins, peuvent en être le siège. Ces douleurs font éprouver une sensation de tiraillement, de dilacération et de tonstrictîon.

> Le plus souvent, la douleur occupe les deux testicules à la fois; très-rarement, un seul d'entre eux se trouve affecté. Mais plusieurs fois nous avons observé que l'un était plus douloureux que l'autre. Le plus ordinairement, lorsque la douleur est forte, il y a en même temps rétraction de ces organes vers l'aine au moment de ces exacerbations. Si te gauche se trouve seul endolori, il vient occuper une posïlion plus rapprochée de l'anneau que celui du côté droit, ce qui est l'inverse de la disposition normale. La compression diminue asseï souvent la douleur; aus=i plusieurs malades serrent avec les mains leurs testicules ou les soutiennent; presque toujours la suspension produit eu effet le môme résultat. Quelquefois aussi le scrotum se ride au moment des accès de douleurs, et

(1) Orfila, Traité âe toxicologie, 5< cdii. i. T, \>. 82S

2A0 IMPUISSANCE CHEZ l'hOMME.

se relâche pendant la rémission. Je n'ai jamais observé de rougeur ou de tuméfaction des testicules devenus douloureuL

)) Dans sept cas, nous avons constaté que la douleur siégeait à la base de la verge; toute Tétendue de cet organe était douloureuse chez vingt-quatre malades. Nous avons déjà parlé de la rétraction du pénis ; lorsqu'il se trouve retiré sur luimême, il est comme caché dans la peau du scrotum quand celui-ci n'est pas contracté. Les désirs vénériens paraissaù anéantis^ et nous n'avons JAMAIS observé d'érection nidétHh citation dé sperme pendant les plus violents accès de douleur, même lorsque les testicules étaient fortement tirés vers Tanneau inguinal.

» Plusieurs fois il nous a semblé que la douleur occupait le trajet du cordon spermalique, et qu'elle remontait vers Taine (1). > '

L'impuissance que signale Tanquerel des Planches peut se montrer avec toutes les formes de l'intoxication saturnine. J'ai connu un malheureux atteint d'arthralgie, par suite de l'usage d'une bière qui avait fermenté dans des vases de plomb, et qui, pendant tout le temps que dura son intoxication, même alors qu'il était en convalescence, fut incapable d'exercer le coït. Un de nos confrères, qui me l'a rapporté lui-même, éprouva la même impossibilité pendant un tempe assez long qu'il subit l'influence saturnine.

Il est nécessaire de rappeler ici les professions qui exposent à l'intoxication dont je parle, car dans quelques circonstances, alors que les accidents toxiques sont peu prononcés, elles peuvent mettre sur la voie de la cause de l'impuissance.

Ces professions sont :

Ouvriers cérusiers, ouvriers des fabriques de minium, de

(1) Tanquerel des Planches, Traité des maladies de plomb. Paris. 1839, t. I, p. n±

IMIOnSSAlICK SYMPTOHATIQUE. — INTOXICATION ANTIMONIALE. 241

fabriques de litharge, peiatres en b&timents, peintres d'attributs, de voitures, doreurs sur bois, vernîsspurs de métaux, fabricants de papiers peints, broyeurs de couleurs, fabricants de cartes d'Allemagne, ceïnturonniers, potiers, faïenciers, verriers, ouvriers des mines de plomb, afGueurs, plombiers, fondeurs de cuivre, fondeurs de bronze, fondeurs de caractères d'imprimerie, imprimeurs, fabricants de plomb de chasse, lapidaires, tailleurs de cristaux, ouvriers des manufactures de glaces, ouvriers des fabriques de nitrate, de chromate, d'acétate de plomb.

Quand l'absorption du plomb est la cause de l'impuissance, celle-ci n'exige pas d'autre traitement que celui de l'intoxicaUon saturnine dont je ne dois point m' occuper ici, et pour laquelle je renvoie le lecteur aux traités spéciaux sur la matière.

3° Intoxication antimoniale.

Dans son Traité de toxicologie, en parlant de l'action des vapeurs antimoniales, OrSta s'exprime ainsi : t M. Lobmcrer a vu quatre individus qui étaient fréquemment exposés h des émanations antimoniales dans un établissement où l'on préparait en grand du tartre stibié, du beurre et du verre antimoniés, où l'on fondait de la poudre d'Algaroth, et oîi il se dégageait surtout des vapeurs d'acide antimonieux, d'acide antimonique et de chlorure d'antimoine. Il a observé les symptâmes suivants : douleurs de téCe, difficulté de respirer, point de cdté et douleur pongitive dans le dos ; râle muqueux et sifflement dans la poitrine, expectoration di^cile de quelques grumeaux tenaces ; insomnie, sueurs abondantes et abattement général ; anorexie, diarrhée, dysuric avec écoulement de mucosités causant un sentiment de brûlure dans l'urëthre ; flaccidité de la verge, dégoiit du coït, impuissance complète; pustules sur différentes parties du corps, mais principalemcnl

HODBADD. 16

2i2 IMPUISSANCE CHEZ l'bOMMB.

sur les cuisses et sur le scrotum ; douleurs dans les testicHkiy atrophie de ces organes ainsi que du pénis (1). »

Mais Orfila ajoute :

€ Il n'est pas douteux que l'action prolongée de ces vapeun ne puisse amener la mort ; mais il n'est pas encore démooM que les accidents dont il vient d'être fait mention ne soiaol dus, en partie du moins, aux vapeurs arsenicales que foiu^ nissent la plupart des antimoines du commerce, lorsqu'ils sont chauffés ou traités par quelques agents énergiques (2^. »

D'après M. Lohmerer, l'intoxication antimoniale, et, pir suite, l'impuissance qu'elle produit, doivent être combattocf par les antiphlogistiqucs, le lait, et plus tard par Topiuro, b tannin, et surtout le quinquina à l'intérieur et en lotion.

4° Intoxication arsenicale.

On vient de voir qu'Orfila met l'impuissance au nombredes phénomènes qui accompagnent la respiration des vapeurs a^ scnicales.

Cependant tous les autours ne sont point de cette opinion, et plusieurs mt^me assurent que l'arsenic soutient la fonction génitale : MuUer lui attribue cette propriété quand Tarseoic est longtemps continué à petites doses, tandis qu'à des doses plus élevées il acquiert une propriété contraire, c'est-à-dire déprimante. M. Devergie a vu une excitation gcnésique chex une jeune fille qui prenait de l'arsenic pour une maladie h»* pétique; enfin M. Delioux de Savignac pense que 2 ou S mil* ligrammes d'acide arsénieux déterminent un chatouillement de Turèthre avec tendance à l'érection et à un véritable éi** thisme génital.

Mais, d'un autre côté, on fournit des faits qui prouvent gi**

(!) Journal de chimie médicale, année 1810, p. 62?>. (i> Orûla, Traité de toxicologie, t. I, p. 650 et 651.

IHPCIS. BTMPTOHATIQDB. — INTOXICATIOK 5ULF0-CARB0NÉE. 2AS

l'impuissance faitparUe du cortégË de l'arsénicisme. Rayer et Biettenont, chacun, rapporté un exemple, et M. Gharcot en a publié deui cas dans le Bulletin de thérapeutique.

Sans doute l'impuissance amenée par l'usage de quelque préparation arsenicale est rare; mais il sufGt qu'elle puisse se produire et qu'elle ait été observée pour que j'eusse le devoir de consigner cette action de l'arsenic et de ses composés.

6' Intoxication par le sulfure de carbone. C'est à M. Delpech, médecin distingué de l'hôpital Necker, que nous devons la connaissance de l'action toxique du sulfure de carbone sur les organes génitaux ; il lui a consacré deux mémoires intéressants d'où je vais extraire ce qui suit : Dans la première période de l'empoisonnement, les fonctions génératrices sont fortement surexcitées d'une manière le plus souvent passagère et fugace ; ce n'est que dans la seconde phaseque l'anaphrodisic se montre complète, c'est-àdire avec absence de désirs vénériens et impossihilitii d'érection. « C'est là, dit M. Delpech, l'un des caractères les plus formels de l'action du sulfure decarbone, seul uu additionné de chlorure de soufre ; et dans les ateliers il n'est mis en doute par personne. » {Nouvelles recherches sur l'intoxication spéciale que détermine le sulfure du carbone, p. 24).

L'intoxication par le sulfure de carbone a, sur le sens génital, une action analogue à celle que nous avons notée pour la castration avant ou après la puberté : t lorsque cette action dépressive s'exerce cliez des adultes, dit M. Delpech, on peut avec le temps et par un traitement convenable, en faire disparaître le plus souvent, en totalité ou en partie, les conséquences ; mais celles-ci sont beaucoup plus graves chez les sujets exposés de très-bonne heure à l'action du sulfure de carbone > et l'analogie entre l'action du sulfure de carbone et la castration est d'autant plus réelle que l'une et l'autre

2i& IMPUISSANCE CHEZ l'hOMME.

agissent sur les organes testiculaires, la première par l'atrophie, et la seconde par Tablation des testicules.

Quoi qu'il en soit, le médicament qui a le mieux réussi à M. Delpech pour dissiper les phénomènes d'intoxication sulfo-carbonée, est le phosphore à la dose de 1 à 3 milligrammes par jour ; cet agent agit-il comme stimulant ou remplacet-il les graisses phosphorées dont le sulfure de carbone a dépouillé la substance cérébrale ? On ne sait, mais toujours est-fl que le phosphore, soit en pilules, soit incorporé à des huiles, semble le spécifique de l'intoxication dont sont atteints les ouvriers qui travaillent le caoutchouc soufflé.

6° Intoxication iodique

Gomme tous les agents actifs de la matière médicale, l'iode a été loué et attaqué outre mesure. Parmi les reproches qu'on lui a adressé.-:, les accidents du côté du système nerveux et la fonte des glandes, par conséquent celle des testicules, sout les plus graves; comme ses partisans ne pouvaient nier ces faits, ils ont prétendu que ces accidents étaient excessivement rares, et que « c'est à peine si un médecin, dans le cours d'une longue pratique, a l'occasion d'observer un ou deux faits de ce genre (1). »

Je ne sais jusqu'à quel point on peut et l'on doit partager la confiance des partisans de l'iode, car il m'a été donné, dans l'espace de moins de dix-huit mois, d'observer quatre cas d'impuissance, avec atrophie plus ou moins considérable des testicules, survenant pendant ou immédiatement après le traitement de la phthisie pulmonaire par l'absorption des vapeurs d'iode.

Chez l'un de ces quatre malades, malgré l'impossibilité de

(1) Trousseau et Pidoux, Traité de théi^apeutiqne et de matière médicale, 9* édit. Paris, i875. 1. 1, p. 324.

IHPCISSÀNCK STXPTOIflTIQUB. — IKTOXICATIOFT lODlQUE. 2A6

l'érectioD de la verge, les désirs vénériens étaient conservés et les testicules a^'aient leur volume à peu prè^ normal. Chez les trois autres, qui offraient une bien évidente atropliie des testicules, l'indifférenee pour le coït était assez marquée pour ne leur pas faire regretter les voluptés perdues, et ils ne venaient réclamer mes soins que pour satisfaire soit le devoir conjugal, soit le désir d'avoir un enfant.

D'autres composas d'Iode, sans avoir une action aussi délétère que celle des vapeurs de cette substance, n'en agissent pas moins sur les organes génitaux. Un de mes amis qui, k la suite d'accidents syphilitiques assez graves, avait pris l'habitude d'user, au printemps et en automne, de l'iodure de potassium i dose dépurative, m'a avoué que, pendant tout le temps qu'il faisait usage de ce m^icament, il était moins porté vers les plaisirs de l'amour et perdait sensiblement de soD énergie virile.

Au moment où j'écris ces lignes, un de mes malades, dans toute la force de l'âge, à qui je fais prendre du piotoiodurc de mercure contre des accidents secondaires de la syphilis, m'a accusé une certaine défaillance dans sa virilité et une froideur pour les plaisirs vénériens, qui ont porté le trouble dans sou imagination.

Dans les deux cas que je viens de citer, il est impossible d'attribuer à la syphilis les accidents qu'éprouve le sens génital, car n n'existe ni cachexie vénérienne ni désordre local qui les puissent expliquer.

Quand l'action de l'iode se traduit simplement par une diminution dans les forces génitales, sans atrophie des testicules, il suffit ordinairement de suspendre l'emploi du médicament pour voir revenir les choses à leur état normal.

Quand les testicules sont entièrement atrophiés, la médecine doit déclarer son incompétence ; elle ne peut reTaire des organes perdus.

2A(5 IMPUISSANCE CHEZ l'uOMME.

Mais il est rare que l'intoxication iodique atteigne ces limites extrêmes du côté des organes génitaux, avant d'a?oir produit des désordres graves du côté de quelque organe important à la vie, de telle sorte que Ton a presque toujours affaire à une atrophie incomplète des glandes spermatiques, quand un malade réclame des soins contre l'impuissanoe, ' Dans ce cas, un régime analeptique, le séjour à la campagne et l'exercice au grand air, sont de toute nécessité, et font la base de la médication. Plus tard, et si aucun trouble n'existe du côté du tube digestif, les martiaux et le quinquina peuvent rendre des services ; mais, je le répète, il faut, avant toute chose, s'attacher à un régime reconfortant, et ne recourir que plus tard aux agents médicamenteux proprement dits.

T Intoxication alcoolique.

Quand on connaît l'action toxique de l'alcool sur le système cérébro-spinal, on est porté à croire que l'intoxication alcoolique doit exercer une action fâcheuse sur les facultés intellectuelles, sur la sensibilité et la motilité générales, et par suite sur le concensus erotique, sur la sensibilité et la motilité de l'appareil générateur.

Cependant quand on lit attentivement tous les travaux qui, depuis quelques années, se sont succédé sur cette question, on cherche vainement à grouper un ensemble de symptômes qui fasse de l'alcoolisme une entité morbide.

Je ne veux pas dire, Dieu me garde I que l'abus des liqueurs fermentées soit sans inconvénients et sans périls ; au contraire, il constitue un danger réel contre lequel on ne saurait trop réagir, même au point de vue qui nous occupe.

L'alcoolisme, soit aigu, soit chronique, n'a point une physionomie propre et distincte qui lui mérite une place dans la classification des maladies ; ses symptômes n'ont point un caractère général qui simpose; ils sont toujours individuels;

IMPCIBBAKCE STJIPTOlUTIQirB. — lin'OXlCATIOTt ALCOOLIQUE. 2A7

c'estrà-dire variables et changeants avec chaque sujet d'observation.

IL n'en peut être aulrement, puisque, je le répète, l'alcoolisme ne constitue pas par lui-même une entité morbide, ainsi qu'il ressort, je le dis encore, des nombreux travaux publiés sur la question.

Mais si l'alcoolisme ne peut être considéré comme un état pathotc^ique distinct, il est un danger réel pour les états morbides en germe ou en éclosion.

Je m'explique en prenant mes exemples dans te sujet môme de ce livre.

Si un individu est atteint de ce que j'ai précédemment appelé une impuissance idiopathique native, c'est-à-dire d'une faiblesse naturelle de l'appareil copulateur, l'abus des liqueurs fennentées, incapable d'amener par lui-même l'impuissance, accroîtra cette disposition native et rendra le coït impossible, alors que sans lui il eût été quelquefois praticable.

Autre exemple :

Un individu a une préoccupation, n'importe laquelle, de travail intellectuel, d'ambition de fortune, contraire, on le sait, aux pensées d'amour; sous l'influence de l'alcoolisme cette préoccupation va s'accroître et l'indifférence génitale sera augmentée au point que les désirs seront éteints et que le coït sera impossible.

C'est dans cette aggravation des dispositions morbides individuelles que réside le danger des liqueurs fortes.

Au contraire, si un individu a une grande propension pour les femmes, l'alcoolisme accentuera d'avantage encore cet instinct et cette force virile, et le malade montrera, comme dans quelques observations, une lubricité allant même jusqu'au satyriasis.

Il n'est donc pas exact de dire que l'abus des liqueurs fermentées amène par lui-même rimpaiBsaQoe et k il6riUt4^ pas

2i8 IMPUISSANCE CHEZ l'hOMME.

plus que les troubles de la vue, de l'ouïe et des autres sens. Cet article trouve son excuse, non dans la place que je lui donne, puisque je conteste à Tintoxication alcoolique d'être une cause d'impuissance, mais dans le besoin de réagir contre des banalités sans fondement, comme je le ferai à Tendroit de tous les préjugés et de toutes les erreurs dont notre sujet fourmille.

8** Intoxication médicamenteuse.

Ceux qui reconnaissent à certains agents des propriétés excitantes spécifiques à l'appareil génital, sont naturellement conduits à trouver à d'autres agents des propriétés essentiellement contraires, et à admettre l'existence de médicaments pi domptent r amour.

Les anciens avaient une foi égale aux aphrodisiaques et aux anaphrodisiaques ; parmi ces derniers le nénuphar, l'agnuscastus, le camphre, le nitre, la mandragore, le datura etc., occupaient la première place; il est vrai que les commentateurs n'étaient pas toujours d'accord, et que la même substance, l'opium, le camphre, le nitre, par exemple, figuraient alternativement parmi les remèdes capables d'exciter ou d'amortir l'orgasme vénérien ; l'esprit reste confondu quand on lit toutes les fables débitées sérieusement par Dioscoride, Matthiole et surtout Arnaud de Villeneuve.

Heureusement la science aujourd'hui ne se contente plus de ces histoires oîi le merveilleux jouait le principal rôle, et, moins crédule qu'autrefois, elle n'admet que des observations exactes et des expériences positives.

Or, l'observation et l'expérience de tous les jours prouvent qu'aucun agent n'a una action spécifique s\iv Y iv^ç^veW génital, soit pour l'éveiller soit pour l'endormir, et que la matière médicale ne possède aucun remède auquel on puisse rigoureusement donner le nom à' aphrodisiaque ou d'anaphrodisiaque.

IMPOIS. SntPTOHlHODI. — intoxication HtDICAMErrnEDSB. 2i0

Mus poar D'avoir pas un spécifique, la médecine n'est pas j désarmée et trouve dans la thérapeutique el l'bygiène les éléc ments de médications tour à tour aphrodisiaque et anaphrodisiaque.

Sans doute l'innervation ou la circulation de l'appareil génital sont modifiées par certains agents ; mais elles le sont au même titre que les autres fonctions de l'économie, soit primitivement si le remède est local, soit secondairement si le médicament est donné par les premières voies.

Les onctions, les frictions, les suppositoires, les lavemeotp, etc., avec des antispasmodiques et des narcotiques, agissent sur l'innervation génitale comme sur tous les autres points du système nerveux où ils sont appliqués ; de même les émoltients pour la circulation.

Les sédatifs généraux tels que les bromures, le chloral, le bascbicb, les narcotiques, l'opium, la belladone, le daturaetc-, portent sur l'innervation génitale l'action qu'ils exercent sur toutes les autres parties du système nerveux ; de même que le nitre, la digitale, l'aconit, les boissons délayantes, secondés par la diète et un régime végétal, ralentissent la circulation génitale, parce que la circulation générale est elle-même ralentie.

Il est vrai que ces agents peuvent amener l'impuissance si leur usage est continué longtemps, comme il arrive chez Jes orientaux, mangeurs d'opium ou de haschich; mais dans ces cas on a affaire & une impuissance consécutive & des abus dont l'examen doit m'occuper plus loin.

§ V. — Wmme «Veediua de l'*pparcU («Bllo-orlnMlre.

Il eût été plus logique d'examiner séparément les maladies des organes urinaires et celles des organes génitaux ; mais si l'on réfléchit que ces deux appareils ont les rapports les plus

250 IMPUISSANCE CHEZ l'hOXICB.

intimes de voisinage, on conviendra qu'il était difficile de lel séparer dans un examen pathologique; cette nécessité delii comprendre dans le même cadre ressortira bien maniiertii ment à Toccasion des maladies de la prostate et du canal A l'urèthre.

J'aurai donc à passer en revue, sous le rapport de VnnpâÊ sance : * i

V Les maladies des reins, des bassinets et des uretères; S"" Les maladies de la vessie ; S"" Les maladies du col de la vessie et de la prostate ;

V Les maladies des vésicules séminales et des conduits < culateurs ;

b"" Les maladies du canal de l'urèthre ;

6* Les maladies de la verge ;

7* Les maladies du cordon spermatique et des testicules, j

1* Maladies des reùis^ des bassinets et des uretères.

Diabète. — J'ai trop soutenu ailleurs (1) que le diabète' une manifestation de la didthèse urique, pour mettre le de cette aflection dans l'appareil urinaire ; mais pour la du discours et à l'ombre d'une convention que le h voudra bien admettre, je fais ici abstraction des théoriei Claude Bernard, de Marchai (de Calvi) de Mialhe, de chardat et des miennes, et je laisse le diabète dans le nosologique de l'appareil qui lui sert d'émonctoire.

Sans m'occuper, je le répète, de la nature du diabète, fi veux établir la relation existant entre les troubles de la IMI tion génératrice et les altérations de la sécrétion rénane, cfoiA dire entre l'impuissance et la présence du sucre dans I urines.

(1) Roubaud, Identité tTatigine de la gravellCj de la goutte^ éméiÊè et de Palbuminurie, mémoire prétenté à l'Académie des idaocet, IM

IHPCIS8AKCG SruimmATIQUE. DIABÈTE. S51

) Les fonctions génératrices, dit Valleiï à l'article Ghime, sont profondément troublées. Les érections n'ont plus ]; il n'y a plus de désirs vénériens ; parfois même, si l'on croit quelques auteurs, le testicule s'atrophie et le scrotum ienl flasque. Suivant M. Elliotson, cet étal s'observerait t fois sur di\; mais il eût été nécessaire de dire si naïades avaient été interrogés à ce sujet à toutes les ëpoide leur maladie; car cette altération des fonctions généices, qui a été remarquée par tous les observateurs, ne ient que graduellement, et l'on conçoit très-bien qu'à une pie rapprochée du début, elle peut être très-faible et peu feiable. Le même auteur a noté que la sécrétion du sperme lit de se faire (1). »

I vais essayer de suppléer au silence dont se plaint Val-

î diabète, outre les symptômes relatifs au produit urinaire, snte comme phénomène général et constant une diminunotable, et même la suppression entière de toutes les itioDs, à ce point qu'il semble que le système urinaire e en quelque sorte à lui seul la plus grande partie des eurs qui devraient avoir une direction différente. Ainsi la ration cutanée est suspendue et la peau présente «ne ice écailleuse, sèche et aride ; la sécriïtion des larmes, de la salive, éprouvent une diminution notable, et Duren et Thénard ont même observé que d'anciens ulcères jambes discontinuaient de suppurer et se séchaient spon- Dent.

en évidemment, la sécrétion spermatique n'est pas seule jnée au milieu des troubles qui atteignent toutes les s sécrétions, et l'observation de M. Elliotson sur lacessade la fonction testiculaire est parfaitement exacte,

Vailm, Guide du médecin praticien, b' édii-, parle docleurLorain. 1866, t. 1, p. 610.

262 IMPUISSANCE CHEZ l'hOMMB.

La sécrétion du sperme, sauf dans quelques rares exceptionsy est, comme nous le verrons plusloin, une des conditbii de la virilité ; par conséquent, cette sécrétion venant à diai* nuer d'une manière notable et même à cesser coroplétemoij^ la puissance virile doit décroître et même s'anéantir entito* ment. ^

Entre ces deux faits, c'est-à-dire la virilité et la spermatique, il existe une telle corrélation que l'on peut ji de l'énergie de Tune par la nature de l'autre. Un S| abondant, normal et bien lié est toujours l'indice d'M grande force copulatrice; je ne dis pas une éJaeuUM abondante, qu'on le remarque bien, parce qu'au produit 4| l'éjaculation se trouvent mêlés des fluides bien différents m sperme |

Il s'agit donc de savoir, pour marquer le commencemMij de la décadence virile, quand la sécrétion spermatique diM* nue d'une manière assez notable ou cesse de se faire.

Evidemment, le moment précis de cette diminution oa cette suspension ne peut être noté ; mais tout porte à qu'elle suit la marche des autres sécrétions, ainsi qu'il résulter de la remarquable observation, communiquée kVi demie de médecine par MM. Mialbe et Contour (1) , et aul laquelle concordent la plupart des faits que j'ai moinoM observés. Chez le malade de ces deux auteurs, Tanéantiflii ment de la force virile n'avait pas attendu, pour se produôl^ l'amaigrissement et le marasme ; l'impuissance s'était Ofl^ trée quelques mois à peine après la diminution des sécrétioi^* et comme rien ne décelait la continuation de la sécrétion ^Ni»^ matique, il est permis d'admettre que les testicules avaiflt suivi l'exemple des glandes lacrymales, salivaires, etc., etbi et que cette inaction avait enchaîné l'exercice de la virilité.

(1) BuUetin de r Académie de médecine, imWti 1844, t. IX, p. 977.

IMI'CISSAKCE SÏMVTOMATItïUË. — fllABfcTE. 253

I Plusieurs observations recueillies par moi-même, comme fi ledisais plus haut, m'autorisent à croire que les choses se jjiEseiil réellement ainsi, c'est-à-dire que ce n'est point à la fciblesse générale qu'il faut rapporter l'impuissance des dia- ►iljques, puisque celle impuissance se montre bien avant le liara^me, mais plutôt à la suppression de la sécrétion leslicu- Ire dont l'existence, concordant avec l'anéantissement ou la K-grande diminution des autres sécrétions, est attestée trabsence des désirs vénériens, des pollutions, etc., etc. D'après ces données, et en admettant, avec tous les auteurs, bs périodes dans le diabète, le début de l'anaphrodisie doit ■ placé dans la seconde période, la première étant rem- B par le développement de la cause qui produit la sus- Dsion de la virilité. — C'est ce que l'observation prouve en

s comme le diabète n'a rien de Q\e dans sa marche, jt sa durée varie de quelques mois à plusieurs années, cha- I période mol, à parcourir ses phases, un temps qu'il est ssible de déterminer ; on ne peut donc préciser d'une mae absolue l'époque de l'apparilion de l'impuissance à par- !du début de la maladie ; mais on peut dire que l'anaphroie apparaît d'aulant plus tardivement que la marche des iuomènes morbides est plus lenle et les sécrétions moins lEE, et qu'elle se montre d'autant pîiis tôt que l'évolution ]■ première période a été plus rapide.

tift durée de l'impuissance diabétique est entièrement suborta>ée à la persistance de la maladie principale ; c'est avouer ^uc-un traitement spécial n'est ici nécessaire. Dans l'obserfion rapportée par MM. Mialhe et Contour, le traitement par t alcalins que ces auteurs préconisent contre laglucosurie iffil, au bout d'un mois et demi environ, à triompher tout à ifois du diabète et de l'impuissance. Quel que soit donc le aode de traiteraenl que l'on adopte, celui de Rollo, celui de

254 IMPUISSANCE CHKZ l/flOmiB.

M. Bouchardat (1), celui de M. Mialhe, etc., on ne s'adres» jamais si)écialement aux organes de la génération, et, p qu'ailleurs peut-être, on se gardera de faire une médeduc symptômes.

2* Maladies de la vessie.

Depuis quelques années, mais surtout depuis les travaoi

Civiale (2), on a apporté une distinction nécessaire en

les afTcctions du col de la vessie et celles du corps de cet >

gane. Gt'tte soimration m*est, plus qu*à tout autre, indispi

sable. Si Ton réfléchit qu'au col de la vessie se trouvent riai

la prostate, ToriGce du canahde Turèthre et louvcrture dei<

naux éjaculatcurs, on comprendra le retentissement que i

vent avoir sur les fonctions génitales les maladies de ce

portion de Tappareil urinairc; tandis que le corps de la sem

relégué dans la cavité pelvienne, sans communication diiyi

avec les organes spermatiques, et n ayant avec les vésicul

séminales que des rap{)orts de juxta{)osition, ne peut ezeit

par ^es éUits morbides une influence directement spéciale!

les fonctions reproductrices. Seulement, les altérations dont

réservoir nrinuire peut être atteint sont rarement limitéesi

corps de Torgane ; elles envahissent assez souvent le col )

retentissent ainsi secondairement sur les voies génitales.

Il en est de même d'un culcui dans la vessie qui soUicitel malade à exercer des tractions sur la verge. Ces tractions a quelquefois pour résultat une hypertrophie molle et flas(|l tantôt du prépuce et tantôt du i)énis tout entier ; de telle soil que les rapports d'harmonie entre lorgane m&le et lorçu de la femme peuvent être rompus, et cette disproportion an ner une impuissance relative. Tons les auteurs qui ont éc

(1) Itouchanlat, Du dinhète sucré, on ylucosurie, son traiiememî I gif nique. Paris, I8r>l,in-i.

(1) Civiair, Traité pratique des maladies des organes

- CTSTOCÈLE INGUINALE. 256

J!n>U»8AI>CB STOPTOHATKjlJB. -

irla présence de la pierre dans la vessie ont noté l'hypertro-

iiede ia verge chez les calculeux, et je reproduirai tout à

leure ce que Civiale a dit sur ce sujet.

Mais il est un état anormal de la vessie que je dois signaler

i, parce qu'il est le seul capable d'amener l'impuissance.

Je veux parler de la cystocèle inguinale.

ta hernie inguinale de la vessie s'oppose de deux manières

fVcompliâsement du coït : 1° par la tumeur qu'elle forme

pubis; 2" parla rétraction de la ver,^e.

i'il n'existait que le premier empêchement à la copulation,

leurrait dire que l'impuissance ne snrait pas continue,

Bque l'évacuation de t'urine, en aiTaissant les parois vési-

sherniées, fait disparaître la tumeur.

lais la rétraction de la vierge est un obstacle qui est lié à

ÎBtence même de la cystocèle, et qu'il n'est pas possible,

conséquent, de faire disparaître à volonté.

ta conçoit, en effet, que le corps de la vessie, entraîné au

Drs du canal inguinal, exerce des tractions sur les parties

lui sont attenantes, et attire son col, et, par suHe, le canal

'urèthre, en haut et en dedans. La longueur du pénis est

e diminuée dans des proportions assez sensibles, et cette

miution est encore aggravée par la tumeur de la cystocèle

-même. La verge, chez les personnes atteintes de cette

imité, cachée sous l'arcade du pubis, apparaît comme un

«rcule au milieu des tissus et des poils qui l'environnent,

ne peut, mCme par l'érection, dépasser les éminencesqui

lominent, surtout quand la cystocèle est compliquée, ainsi

U arrive fréquemment, d'une hernie intestinale ou épi-

Ique.

ïien évidemment, cet obstacle mécanique se produit prin-

lleraent dans la cystocèle complète, c'est-à-dire lorsque les

ois antérieure et postérieure de la vessie se trouvent simul-

bnent engagées dans l'anneau, et, à plus forte raison,

250 IMPUISSANCE CHEZ l'hOMMB.

dans la cystocèle double, dont il n'existe qu'une seule obi vation, je croîs, rapportée par Verdier (1).

La réduction de la hernie est, on le comprend, le seul mëde à l'impuissance que ce déplacement occasionne» el renvoie pour le mode opératoire aux ouvrages spéciaux m matière.

3* Maladies du coi de la vessie j de la prostate et des comb

éjaculateurs.

En dehors de Tobstacle que les altérations de la prosi apportent à la sortie régulière du sperme, et qui sera Toi d'un examen étendu, alors que je rechercherai les causes la stérilité, les afTections profondes du col de la vessie et di prostate déterminent un développement considérable de verge qui, à lui seul, peut constituer une impuissance rdali

Cette hypertrophie, qui se montre aussi chez les calcah à la suite des tractions que ceux-ci exercent sur leur vei^ chez les individus atteints de rétrécissements de l'urèA par une action purement sympathique, m'occupera ton l'heure d'une manière spéciale.

Les conduits éjaculateurs, logés dans Tépaisseur de la pu tate, restent rarement étrangers aux altérations de cet orgai les vésicules séminales jouissent, à leur tour, quoique moi souvent cependant que les conduits éjaculateurs, de ce tri privilège, de telle sorte que Tétude de toutes ces affectM doit se trouver dans le même cadre et ne former qu'un i tableau.

Mais, en réfléchissant aux conséquences qu'elles entratm on ne tarde pas à s'apercevoir que, tout en déterminant ï puissance dans la large acception que nous avons donnée mot, ces affections, telles, par exemple, que Thypertroplûi

(1) Verdier, Mémoires de V Académie de chirurgie, t. Il, p. 32.

imiS. SÏMPTOMATIQUE. — BÉTBÈClSSliMENTS VRÉTllRArX. 257

la prostate et surtoutdu venimontanum, la spermatorriiée etc. , se traduise nt principalement, tantôt par un obstacle à l'excré- Liou normale du sperme, et tantôt par une altération dans la nature de ce liquide, circonstances qui ont pour résultat immédiat et certain la stérilité.

Jecrois donc plus rationnel et plus utile tout à la fois de remoyer l'histoire de ces maladies à la partie de cet ouvrage consacrée à la stérilité chez Thorame, me réservant de compléter alors la portion du cadre de l'impuissance que je néglige de remplir ici.

4" Maladies des vésicules séminales.

Les maladies des vésicules séminales capables d'entraîner rimpuissance, ont pour caractère comnmn la sortie involontaire du sperme, ce qui les a fait classer sous le titre unique ; fpfrmalorrhée .

Les causes de la spermatorrhée sont multiples et diverses, ais parmi elles les excès vénériens jouent incontestablement 1 rtle considérable. Or, comme j'ai à m'étendre longuement sur l'influence fâcheuse que ces excès ont sur la faculté copulatrice,je renvoie l'étude de la spermatorrhée, en tant que source de l'impuissance, au paragraphe relatif i l'action des abus des oi^anes génitaux, afin d'embrasser dans leur ensemble les résultats néfastes de cette cause si commune d'anapbrodisie.

5' Maladies de l'iirèthre.

Qt« les maladies qui affectent spécialement l'urèthre diftJinent plus ou moins le calibre de ce canal, de telle sorte çue, ramenées au point de vue qui nous occupe, elles rentrent toutes, par quelques points importants de leur histoire, dans ù famille des rétrécissements.

Ceux-ci consliluont une cause fréquente de stérilité chez Homme, en mettant obstacle à la libre sortie du sperme;

ROt'BAUD. 17

268 ixPi'issAiccE cHcz l'ooxue.

leur étude, oonime oclle des affections de la prostate, des \é^ culcs séminales oi des conduits éjaculateursy trouve donc m place dans la seconde partie de cet ouvrage*

Cependant ils ne sont pas sans exercer une influeciœ ^ chousc sur la fonction copuiatrice, et, comme cette influeMi est entièrement distincte de celle qu'ils ont sur le cours ielm semence, je vais l'exposer ici pour n'avoir plus à y revoir plus tard.

Les rétrécissements du canal de Turèthre agissent mth Tonction copulatrire en altérant, soit les conditions anatofli» quos de la vor^e, soit les conditions physiologiques de Yén^ tion.

Sous le premier rapport, la tuméfaction du prépuce est Oi accident que Ton rencontre assez fréquemment, et qui ak rien de commun avec la tuméfaction produite par Tinfilti^ tion de rurine. La plupart des auteurs qui ont écrit sur les 1^ trécissements de Turëtlire, prennent soin d'avertir de TerMe dans laquelle on serait tombé, s'il en faut croire Ch. BeU,tf; Civiale fait ainsi ressortir tt^ute rirajKirtaoce de celte distia^^ tion : < Au commencement de 18il, dit-il, il s'est présentédM le service des caiculeux deux maladcsaffectésderétrécisseoiai et de grandes difQcultés duriner, qui avaient l'extrémîtéil la verge très dure et très-volumineuse. Chez Tun d'eux, TinAih ration occupait le gland et le prépuce, dans l'étendue de tretft li^Mies environ; elle était la conséquence d'un rétrécissemeÉl fort long et très-ancien, que je fus obligé d'inciser profonde ment, à plusieurs reprises. Chez 1 autre, le gonflement énano^ du prépu(^e, avec induration extrême, se rattachait à ud^i^ ritable inûltration d'urine et à des Gstules (1). »

La cause do cette timiéfaction n'est pas connue; c'est d^ effet sympathique du rétrécissement.

<l) rivial»», Tmité pratique sftr le$ mnlnâin des organes pfH»^ Hrinairt$. 3' édit Paris, 18î^, 1" partie, p. 121.

IJII'LIS. SÏMrrOMATIQTJï:. — nÉTHÉClBSEMENTS UBÉTHBAUS, 259

Le ppépucp n'est pas toujours seul à éprouver cette hyper- Irophie : la verge tout cnlièTC peut augmenter de voliirae, et «l accroissement dn pénis, qu'il faut bien distinguer de ceux 4fK pmiluisenl lonanisme ou les tractions exero>es par le malade dans le cas d'un calcul vésical, est tout aussi inexplicable qne Is tuméfaction du prépuce. Écoutons encore sur ce sujet m des hommes les plus compétents en fait de maladies de l'itrètlirG : « On trouve, dit Cî™le, quelques malades chez Ifsqaels le pénis prend un développement extraordinaire. Presque toujours alors il y a des lésions profondes, soit de la prost»k, soit de la vesMC. On se rend difficilement raison de cette infloence, mais elle existe ', j'ai eu occasion de l'observer chez an certain nombre de malades, et Charles Bell en a fait le sijd d'une de ses belles planches sur les affections des organes g^nitaut. Il faut bien distinguer cet état de celui qui a pu toc déterminé par la masturbation on par les tractions que la plupart des caleuleuT ont coutume d'exercer sur leur verge. 0.' développement anormal du pénis m'a paru se lier cssentiril^menl aux efforts prolongés et longtemps continués que Ib Tnalades exécutent pour chiisser l'nrine de leur vessie. Ce qui fient & l'appui de cette opinion, c'est qu'on observe le m^tne phénomène chez certains calculeux qui se sont livrés pendant longtemps à des efforts analogues, dont la prostate et la vessie n'offrent aucune trace de lésions profondes, et qui n'ont pas contracté l'habitude de se tirailler la verge. D'ailil n'y pas seulement développement du péuis ici, car cet est en même temps empâté, dur et rigide; tandis que feswle influence des tractions et des tiraUlemeiits se borne gSniralement, du moins chez les vieillards, à l'allonger, en le Uissaiit mou el flasque {!). « Cette altération dans les conditions anatomiques de la verge

WCiïide, loe. cit., p. 121.

260 IMPUISSANCE CHEZ l'hOMME.

constitue un obstacle purement mécanique à la copulatioD, et ne crée qu'une impuissance relative.

Mais les rétrécissements de Turèthre agissent aussi sur les conditions physiologiques de l'érection, et compliquent d'une manière fâcheuse Timpuissance qu'ils déterminent, t Parmi ceux des autres effets locaux des rétrécissements de rurèthre, dit Giviale, qui méritent aussi de iixer Tattention des praticiens, parce qu'ils fournissent de précieuses notions pour rétablissement du diagnostic et l'appréciation des progrès de la maladie, se placent en première ligne les désordres qu'on observe dans les fonctions de la génération. Les érections n'ont pas ordinairement lieu comme chez l'homme en état de santé, soit que le pénis ne puisse plus se.redresser, à raison de la rigidité du canal, soit que le sang ne parvienne point en suffisante quantité dans les corps spongieux et caverneux (1). • Reybard n'est pas moins explicite que Giviale : c Contrairement à ce que nous avons vu plus haut, dit-il, les coarctfttions uréthrales peuvent devenir une cause d'impuissance génératrice par la difficulté ou l'impossibilité de l'érection (2). » Toute médication spéciale est ici contre-indiquée ; on ne doit s'attacher à combattre que le rétrécissement de l'urèthre, car la guérison de ce dernier amène celle de l'impuissance.

6* Maladies de la verge.

Les maladies qui ont la verge pour siège et l'impuissance pour symptôme sont aussi nombreuses que variées; mais toutes n'entraînent pas le môme genre d'impuissance : les unes altèrent le plaisir, que j'ai dit être une des conditions du

(1) Civiale, Traité pratique sur les maladies des organes géniUh nrinaires, p. 148.

(-2) Reybard, Traité pratique des rétrécissements de l'urèthre. Paris 1853, p. 170.

IUPIII9SAHCE STUPTOMATIQEE. — MALAmiiS DE LA VERGE. 361

coït normal ; les autres, en augmentant ou en diminuant le volume du pénis, détruisent les rapports d'harmonie nécessaires entre les oi^anes des deux sexes ; d'autres ciiGn s'opposent à l'érection même du membre viril.

Celte division, entièrement physiologique, m'a paru tout & la fois plus rationnelle et plus intéressante que celle qui aurait pour base l'anatomie pathologique, car, ainsi qu'on le verra tout à l'heure, de ces maladies si diverses, celles-ci attaquent la veiige tout entière, et celles-lJi n'afTectcnt qu'une ou plusieurs de ses parties.

A. — Insistance par altération tluplahir.

Dans ce groupe viennent se ranger toutes les phlegmasies simples ou spécifiques, avec ou sans ulcérations, dont le pénis ou quelqu'une de ses parties peut ^tic le sii^ge : le pliimosis et le paraphimosis accidentels, la balanite, la balaiio-postito, te chancre, la cristalline ou herpès prœptUialis^ l'inflammation simple ou' œdémateuse du fourreau, de la verge, et que Moulinié appelle pénitts (I), l'inflammation érysipélateusc, grangréneuse, etc., du pénis, sont do ce nombre. 11 suffit de cette simple nnumération pour caractériser ce groupe de maladies et pour faire comprendre combien peu nous devons nous y arrêter, tant elles rentrent dans le domaine de la pathologie générale.

B. — Impumance par altération du volume de la verge.

11 en est de ce groupe comme du premier ; il comprend la grande classe des dégénérescences, dont s'occupent tous les ouvrages de chirui^ie : dégénérescences cartilagineuse, osseuse, carcinomateuse, squirrheuse, cancéreuse, dont la plu-

(1) HQal\tûé, Maladiei âet orgaïui -wm. Paris, 18J9,

26A IMPUISSANCE CHEZ l'hOMME.

consistent à s'opposer à la sortie du sang pénien, en comprimant, par leurs contractions, la veine dorsale et les piliers de la verge.

Tous ces organes constituent un appareil hydraulique dont le jeu régulier, sous l'influence des désirs vénériens et deTiiinervation, amène et soutient la turgescence du pénis. Une altération quelconque dans Tune de ces parties troublera donc le jeu de tout l'appareil, comme il arrive pour les rouages d'une montre ou les engrenages d'une machine. 11 faut par conséquent rechercher les affections dont peuvent être frappés les systèmes musculaire et circulatoire de la verge.

Les muscles bulbo-caverneux et ischio-caverneux sont, comme tous les muscles de l'économie, exposés à la paraly^ et à Tanesthésie. Ces états morbides sont quelquefois indépendants de toute maladie des centres nerveux, mais le plus généralement ils sont amenés par une affection de la moelle épinière.

Dans le premier cas, ces états morbides rentrent dans ce que j'ai appelé l'impuissance idiopathique, qui fait le sujet du second chapitre de cet ouvrage ; dans le second cas, ils appartiennent à l'impuissance symptomatique des maladies de l'innervation qui nous a précédemment occupé.

Je ne puis donc que renvoyer le lecteur à ces deux parties du livre.

Les affections du système circulatoire du pénis sont excessivement rares, et sous ce rapport l'anatomie pathologique est d'une pauvreté désespérante. Cependant Scarpa, je crois, dit avoir constaté une fois Tanévrysme de l'artère dorsale de la verge, et ce fait, quoique unique peut-être dans la science, jette une vive lumière sur certaines circonstances inexplicables sans son secours.

Si Ton considère la ténuité et la délicatesse des vaisseaux artériels et veineux dans lesquels circule le sang nécessaire à

IHPUISSANCK STMPTOXÀTIQIIE. — MiLADISâ VE LA VERGE. 26&

l'excitation et à l'érection de la verge, on conviendra que nos moyens d'investigation doivent être souvent trop grossiers pour nous faire apprécier toutes les lésions dont ces organes sont susceptibles, et qu'il doit se produire, par exemple, des dilatations ou des ruptures de ces vaisseaux, sans qu'il nous soit possible de les apprëcïeri comme nous le faisons sur les gros troncs veineux et artériels.

Je ne me dissimule pas que je ne puis étayer cetle manière de voir sur quelque pièce d'anatomie pathologique, et que cette opinion est déduite à priori du fait rapporté par Scnrpa.

Mais si l'on réfléchit à l'actioii si souvent salutaire des astringents et des toniques locaux dans des cas de faiblesse et même d'impuissance complète, on conviendra qu'il n'est pas entièrement déraisonnable d'admettre, soit la résolution de quelque caillot sanguin, soit le resserrement, et par conséquent l'énergie impiimée aux parois des vaisseaux.

Les altérations de la circulation locale de la verge me paraissent encore démontrées par l'aspect que présente le pénis des impuissants par suite d'excès de coït ou d'abus d'onanisme. Ces malheureux ont presque tous une verge plus dure et plus résistante que dans les autres cas d'anaphrodisie : on dirait que le sang, amassé dans l'oi^ane, s'est coagulé dans les vaisseaux et ne circule plus. C'est qu'en effet, les tuniques de ces vaisseaux, trop souvent distendues par le coït ou la masturbation, perdent peu h peu leur élasticité etleurcontractilité, et finissent par laisser stagner le sang dans leur cavité doublée de volume.

Cette explication est si vraie, en faisant une large part & la fatigue éprouvée par l'innervation, que dans l'impuissance propre aux débauchés et aux masturbateurs, l'eau froide ou la glace même sont, de toutes les applications locales, celles qui réussissent le mieux.

11 ne me parait donc pas entièrement contraire k la vérité

encore en dehors de toute sécrétion et de toute excrétion da produit testiculaire ?

La solution de ce problème n'est pas seulement intéressante aux points de vue de la pathologie et du mariage ; elle acquiert une importance très-grande en médecine légale dans les questions d*adultère et de viol.

A côté de ce problème, il en est un autre d'un intérêt tout aussi majeur, qui complète l'ensemble de la question et que j'aborderai également quand l'heure sera venue : c'est de savoir si l'impuissance est une cause de stérilité.

Pour le moment, je dois me borner à la première proposition que j'ai formulée dans les termes les plus généraux.

Quand on étudie l'histoire des eunuques et des castrats (1), on est obligé d'établir une distinction fondamentale au point de vue qui nous occupe, à savoir : si l'absence des organes

(1) Ancillon dit que les jurisconsultes les partagent en quatre classes :

1° Ceux qui sont nés sans organes génitaux tant internes qu*exteroes; ce sont les véritables eunuques dont il cite un exemple que l'on montrait en 1701.

2<» Ceux à qui on enlève toutes les parties tangibles de la génération, verge et testicules.

3° Ceux chez lesquels on atrophie les testicules, soit en les malaxant comme dans l'opération encore usitée en médecine vétérinaire sous le nom de bistournage, soit en sectionnant les veines et probablement tout le cordon ; ceux qui étaient bistournés s'appelaient thlibiœ, et ceux qui étaient coupés se nommaient thlasiœ.

4® Ceux enfin qui, pour un motif quelconque, ne peuvent contribuer à la génération et que Ton confond tous sous le nom de spadoues {Traité des eunuques, par M*** D*** (Ancillon), 1707, in-18, p. 10).

Ces divisions des anciens jurisconsultes, d'après Ancillon, ne sont pas admissibles ; les deux premières classes ne doivent en faire qu'une, car les malheureux qui naturellement ou accidentellement manquent des organes externes de la génération sont impropres à la copulation et à la reproduction ; en second lieu, il faut faire une classe de ceux auxquels on coupe les testicules, tout en respectant la verge, et dans laquelle doivent trouver place les eunuques si recherchés des dames romaines, comme je le dirai tout à l'heure.

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