IMPUISSANCE CONSÉCUTIVE
J'ai, dans le chapitre précédent, passé en revue les états divers, physiologiques ou pathologiques, qui s'accompagnent de l'altération d'une ou de plusieurs des conditions que nous avons reconnues nécessaires pour constituer, chez l'homme, le coït normal ; je vais maintenant m'cccuper des circonstances qui, disparues depuis un temps plus ou moins long, lais ent, comme trace de leur passage dans l'organisme, l'inaptitude à l'acte copulateur.
DIPUISSANCE COHSÉCDTIVE. — MAI^DISS GÉNÉRALES. 273
Parmi ces circonstances, les unes, purement, et entièrement physiques, ne sont pas autre chose que les états pathologiques, litnaladîe proprement dite; les autres, au contraire, soumiies à noire libre arbitre, ont eu besoin pour se produire, de l'incitation interne que l'on appelle la volonté.
C'est dans cette division que je comprendrai toute la matière de ce chapitre.
Les états pathologiques qui laissent après eux l'împiiisfance sont excessivement nombreux; la majorité de ceux qui la Winplent au nombre de leurs symptômes, peut êlre rangée dans cette catégorie, car les altérations locales, soit de I'îd- Miration, soit des tissus, sont souvent assez profondes pour «irvivre à la cause qui les avait produites. Ce fait, d'un ordre i pathologie générale, se montre tous les jours, par exemple, d*:.s les affections comateuses, dont la paralysie on l'anesthéàe persistent, en tout ou en partie, après la disparition de l'apopleiie ou de l'accident cérébral qui leur avaient donné naissance.
Je me suis ailleurs suftisamment occupé des affections qui s'accompagnent d'impuissance, pour qu'il me soit permis de ne plus y revenir ici; je dirai seulement, d'une manière généwle, que la suspension de la fonction copulatrice peut persister, dans les cas où la maladie n'avait pas son siège sur l'appareil fiênilal lui-même, toutes les fois que l'innervation ou les forces I^liques de l'organisme ont été profondément troublées, «nime, par exempte, dans à peu près toutes les affections pîïes des centres nerveux, et dans les maladies débilitantes «>W les convalescences sont longues et pénibles.
Quelquefois ces mêmes affections, sans avoir produit l'im-
KOCBAl'D. 18
27i IMPUISSANCE CBEZ l'hOMMS.
puissance, et m6mé après avoir occasionné un état tout à lut contraire, lèguent au malade ce triste accident. J'ai obsené un fait de ce genre, et il en existe plusieurs exemples dan la science ; ce fait a rapport à une apoplexie du cervelet qui, pendant tout le temps qu'elle dura, produisit une espèce iê priapisme, et laissa, après sa guérison, une impuissance couplètc qui ne se dissipa qu*après plusieurs mois d'une média» tion localement excitatrice.
Les pertes trop abondantes de sang (hémorrhagies) , d'o. rine {polyurie)^ de matières fécales {dysseiiterié)^ etc., agit* sent comme les maladies débilitantes, et doivent être rangte dans le cadre de celles qui portent atteinte aux forces plastiques
En résumé, les maladies générales auxquelles Timpuissaiitt. consécutive peut être rapportée se divisent en deux graiidei> classe : l"* celles dont l'action délétère s'est exercée sur rinno^ vation ; 2** celles dont rinfluence s'est principalement bit sentir sur la vie de nutrition.
Dans le premier cas, Timpuissance a surtout pour caractèit l'impossibilité de l'érection ; presque toujours les désirs véné* riens subsistent, l'organe seul fait défaut.
Dans le second cas, au contraire, la flaccidité de la ittgt s'accompagne presque constamment d'indifférence pour k sexe ; l'apathie morale est au niveau de la faiblesse génitale, et le malade, privé de désirs, n'obéit qu'à sa raison en voultnt ressaisir des jouissances vers lesquelles rien ne le pousse.
Aussi la médication, est-il besoin de le dire, diffère ooiiplétement dans l'un ou l'autre cas : excitatrice lorsque VïtOrpuissance est consécutive à une affection des centres nerveux, elle est fortifiante d'abord et excitante ensuite, lorsqii Tanaphrodisie succède à des altérations des forces [daitft' ques.
J'ai dit ailleurs (1) les ressources qu'offre chacune decfl^
(1) Voyez les pages 133 etsuÎTantes.
mPUlSSAKCK COHStiCUTIVE. — MALADIES DE LA VERGE. 27b
iêdicalions; je n'y reviendrai pas ici, et j'aborde la partie la lus intéressante de ce paragraphe, c'est-à-dire celle qui se i|ijH)rte aux maladies dont l'appareil génital est le siège.
En première ligne, et pour ne rien omettre, je dois signalée tt acddctits traumatiques et la gangrène qui ont emporté 'ngane copnlateur, ainsi que les alTections diverses qui ont iéterminé l'amputation de la verge. — Insister sur ces cïe- ODslances serait tomber dans les Facéties de M. de la Palisse. -Cependant on s'est demandé si le congrus était encore posiUe alors qu'il ne restait plus au-devant du pubis qu'un raOE- Uu de lerge. — La question est fort intéressante, je l'avoue, n point de vue de la médecine légale et de la fécondation, laiâ elle me paraît complètement résolue par rapport au coU lique je l'ai déûui.
En effet, le gland étant le siège du plaisir spécial, suî genet, que procure l'excitation vénérienne, il est bien évident l'en l'absence de cet organe; la sensation spéciale dont jfr irie ne se produit pas, et que le congrès ne peut dcteE- ; iner qu'une manifestation de la sensibilité générale. Aussi, I admettant que l'érection du morceau restant de la verge it suISsante pour permettre un rapprochement sexuel, lait est incomplet et l'impuissance réelle par défaut de véri- Ue volupté.
D'ailleurs, lorsqu'il est admis que tes corps caverneux d'ua )ni( accidentellement raccourci se peuvent gorger de sang ms une érection normale, la question du coït perd j^de son importance, à cause de toute absence de ne reste véritablement d'intéressant que ^^tion de fécondation, tant an point de vue de la méde- "■l^gBle que par rapport à l'ordre social.
Cen'esl point ici le lieu d'aborder ce problème, que je ren- "f i une autre partie de cet ouvrage.
J&^ia même réserve pour les maladies du testicule, du
J^a^ia. même réser<
276 IMPUISSANTE CHEZ l'hOMME.
cordon spermatiqiic, des vésicules séminales et de la prostate, qui seront mieux placées dans le cadre réservé à la stérilité, «t je ne m occuperai ici que de quelques affections de la veige dont les suites peuvent entraîner l'inaptitude à la copulatiuo.
Le phimosis se présente en première ligne, quoique la difficulté du coït qui lui succède doive être rapportée, moins à h maladie elle-même, qu'au mode opératoire qui a amené si guérison.
Écoulons sur ce point J.-L. Petit, qui, discutant les avantages qu'offre l'incision unique et supérieure du prépuce sur la double incision latérale, dit, avec cette grande raison qd Ta si haut placé dans Testinic des chirurgiens : « Outre I» avantages que procure rinciïion qui partage le prépuce en deux parties éizales, on peut ajouter que Tincision ou les incisions latérales sont difformes et nuisent aux fonctions de It verge; l'incision latérale découvre le gland d'un côl»'» seulement, [ïendant que la partie du {^land opposée est entièrement cachée, sans qu'on puisst» la découvrir, surtout lorsqu'il y t gonflement et inflammation ; car alors le prépuce ne {leut plier, soit [>ar son épaisseur, soit par sa dureté. Après la puérison, la difformité qui reste nuit à la génération, en ce que le prépuce se trouve tout d'un côté et forme un paquet de peau (pii rend l'introduction de la verge difficile et même douloureuse; mais la difformité e^t encore plus grande lorsqu'il couple des deux côtes, parce qu'il reste un lambeau entre te deux n»upures, qui fait à [»eu près le môme effet quedaoite cas précédent (1). »
Ces sages et judicieuses observations n'ont pas pmi oontri* bué à faire abandonner riiieisi(»n ou les incisions latérales dM^ l'opération du phimosis; mais si le mode opératoire que.fNÊr' crit J.-L. IV'tit avait été employé, et si les lambeaux niédiaii^
(I) J.-L. Petit, (JEuvres complètes, p. 698.
l>tP0ISSAI«CE CONSÉCUTIVE. MAJ.ADIES l)K LA VERGE. 277
présentaient !' incommodité doQt il est question, il ne faudrait pas hésiter, ainsi que le propose le chirurgien que je cite, à Élite l'amputation de ces lambeaux.
Avant de quitter le domaine de la médecine opératoire, je dois signaler encore toutes les opérations pratiquées sur la lei^e, comme capables de déterminer, à la suite des cicatrices, Me courbure de cet organe qui rend impossible, ou tout au moins très-difficile son intromi-^sion dans la cavité vaginale.
Soit que l'opération n'intéresse que le fourreau de la verge, tommi' dans les cas où l'on veut artificiellement former un jnépuce dans le paraphimosîs naturel; soit qu'elle atteigne le ^rps spongieux de l'urètlirc ou les corps caverneux, le résultat est identique; des adhérences s'établissent, dans le pr&iniercas, entre les parties des téguments incisés, de sorte que b, peau, retenue par ces adhérences, réiîlste sur ces points au .éételoppement de la verge et l'incline fatalement de ce côté : danj le second cas, les adhérences ont lieu entre les cellules des corps spongieux de l'urèthre ou des corps caverneux, et la «mrbure est déterminée par l'impossibilité qu'éprouve le sang de pénétrer dans ces adhérences, pendant qu'il remplit toutes les autres parties de l'organe copulatcur.
Les mêmes effets se produisent aussi dans les étals pathologiques qui amènent des solutions de continuité dans les tJs- Msde l'appareil içénital, comme, par exemple, dans les cas de brûlure ou de gangrène qui enlèvent quelques portions du «rutum ou de la peau de la vei'ge.
Cet accident, c'est-à-dire la courbure de la verge, dû à une .BMlrice vicieuse ou h des adhérences des cellules du tissu ,fcïctile, serait sans nul doute prévenu, s'il était possible de "ïintenir l'érection du pénis pendant tout le traitement de la "laladie ; malheureusement celte érection ne peut être obtenue PËUdant un si long temps, même d'une manière artificielle; ""sis le dommage n'est pas à regretter, car un priapisme, ve-
*W IMPUISSANCE CHEZ l'hOMMB.
nant compliquer les accidents inflammatoires dont s'accom* gnent toujours les circonstances dont il est ici question, poai^ rait occasionner des accidents plus graves que la malade principale et que Tinfirmitë dont elle est quelquefois suivie.
Celle-ci est, à son début, rarement au-dessus des ressources ideTart; mais il est à craindre de voir échouer toute Ihérapcotique, lorsque les adhérences sont anciennes, ou lorsque dei érections vigoureuses ne succèdent pas à la cicatrisation.
Dans les circonstances opposées, c'est-à-dire lorsque te adhérences sont récontes et que le sang afflue avec abondaM dans les corps caverneux, il suffit, la plupart du temps, de seconder simplement la nature. Les fondants, tels que les iodores, le mercure et la ciguë, appliqués localement, rendent de Irès-grands services, si, en même temps, je le répète, les é^e^ lions de la verge se soutiennent régulières et énergiques.
Cette dernière condition est si importante qu'elle a été soigneusement notée par J.-L. Petit : « J'ai remarqué, dit-il, en parlant des adhérences qui se forment entre les cellules do corps spongieux de Turèthre et des corps caverneux pendant Tînflammalion blennorrhagique, j'ai remarqué que ces tumeurs se fondent ordinairement pendant le traitement d'une chaude-pisso cordée ou de toute autre inflammation de U verge ; mais qu'elles subsistent toujours à ceux qui perdent rérection et qui ne la recouvrent point pendant le traitement ou immédiatement après (1). »
Ces lignes de J.-L. Petit nous apprennent qu'à côté des accidents traumatiqucs ou des opénitions pratiquées sur 1* verge qui font le sujet de ce paragraphe, on doit placer les in* flammations uréthrales ou du pénis tout entier, quelle que sa» d'ailleurs la nature de ces phlegmasies. On ne peut nier qti " n'y ait là, en effet, une cause bien réelle d'adhérences entre J^
(i) J.-L. Petit, loc. cit,, p. 716.
WPtnSSAKCE CONSêCUTIVE. — ABCS ET EXCÈS. 279
iles du tissu ércctile ; j'ai eu occasion d'observer plusieurs les tumeurs qui en résultent, mais toutes celles que j'ai s n'étaient plus assez volumineuses pour entraîner une rburede la verge; je me rappelle, entre autres faits, celui I oimmisâaîre-priseur chez qui toute blennorrhagie (et il »ail souvent) était annoucée par la présence, au corps spon- X de l'urèthrc, d'une de ces petites tumeurs qui disparaisà la sut'edu traitement antiblennurriiagiquc, sans jamais r inquiété le malade.
^pendant on comprend que la courbure de la verge puisse amenée par l'inflammation de l'urèthre ou du pénis, •4-dire par les adhérences que ces états déterminent; ervatiuii de J.-L. Petit reste tout entitre, et, dans ce cas, tidications thérapeutiques font confurmes h celles que j'si ]uées plus haut, à l'occasion des courbures de la verge édant à des opérations ou à des accidents traumattques tel organe.
■ linpuUwtnce CDiiH^eulIve A des exeta.
lujours dépendantes de !a volonté, les circonstances qui faire le sujet de ce paragraphe se distinguent, par ce carac- . des états morbides dont je viens de parler, qui, eux, ne Jrtent pas de la conscience, comme les maladies graves, Es OU chroniques, affectant l'économie générale ou lies à quelque point de l'appareil génital, ais ce caractère, excellent sans doute pour déterminer physionomie, ne sufflt pas pour les faire mettre parmi les « de l'impuissance; ïl faut, pour qu'elles aient cette înice, que leur action se soit répétée souvent et pendant un rie temps plus ou moins long ; eu d'autres termes, il faut ly ait excès dans l'exercice de la fonction mise en jeu par
h^t excès dans 1
2S0 IMPUISSANCE CHEZ l'hOMME.
ces circonstances, et par conséquent abus de la circonstance morbifique elle-même.
Les mots excès et abus ne doivent point être pris dans un sens absolu; leur histoire pathologique est liée à tant de circonstances diverses, physiologiques et morbides, que ce qui est excès pour Tun est simplement usage pour l'autre. L'âge, le tempérament, la constitution, les habitudes, l'état de santé'ou de maladies, etc., jouent nécessairement ung^randrdle dans rhistoire des excès et des abus; aussi par cela même que les excès se rangent parmi les causes les plus fréquentes etl» mieux connues de Timpuissance, il faut, dans l'étiologie de cette dernière, pour ne pas tomber dans des erreurs regrettar blés, tenir grand compte de toutes ces influences et ne pas adopter sans examen la conviction des malades, surtout de ceux qui ont des prétentions médicales ou qui lisent les livres relatifs à notre art.
A. — Excès médicamenteux.
Les substances dont l'usage abusif peut entraîner l'impuissance seraient, s'il en fallait croire les anciens, aussi nombreuses que variées. Peu d'auteurs se sont tenus dans la réserve qu'observe Venette sur ce point, et il est peut-être utile de rappeler ici rapidement quelques-uns de ces agents dont la réputation fut anciennement très-grande.
En première ligne se place le vitex ou agnus castiis^ avec les branches et les feuilles duquel les dames d'Athènes, selon Dioscoride (i) se dressaient des lits pendant les fêtes consacrées à Cérès. Arnaud de Villeneuve va même plus loin que son devancier; il prétend que, pour apaiser les aiguillons de la chair, il suffît de porter un couteau dont le manche
(1) Commentaire de Matthiole, mr le l*' livre de Dioscoride , eh. cxvi-
IHI'UISBAMCE CONSÉCUTIVE. EXCÈS HÉDICAME.TTKCX. 3S1
lierait fait avec le bois àe cet arbrisseau. C'est sur la foi de ces témoignages que l'agnus castus était employé dans les monastères, à l'anéantissement des désirs contraires à la chasteté de ces saints lieux.
he néuuphar doit sa réputation à Pline, qui assure t que ceux qui en prendront pendant douze jours, se trouveront incapables de contribuer & la propagation de l'espèce ; et que si l'on en use l'espace de quarante jours, on ne sentira plus les aiguillons de l'amour (1). »
La laitue, dont on a tant vanté les vertus anaphrodisiaques, doit tout l'honneur dont elle a joui à un charmant épisode de la fable. Vénus, d'après le récit des poGtes, voulant oublier ses amours adultères, ensevelit Adonis sous une feuille de laitue, et garda, dès lors, gr&ce à celte plante, une chasteté peu compatible avec ses goûts et ses habitudes.
Le café, que ses propriétés excitantes eussent dû mettre à l'abri de tout reproche d'anaphrodiâîe, a été vivement attaqué dans une thèse, restée célèbre, et soutenue, en 1696, à la Faculté de médecine de Paris; il a été accusé de rendre les hommes et tes femmes mhabiles à la génération. Stenzel, venu ensuite, compte aussi Ilropuissance parmi les maladies qu'entraîne l'usage immodéré du café, et, à cette occasion, il raconte une histoire qui, malgré son authenticité apocryphe, mérite d'être connue : c L'usage modéré du café, dit-il, loin d'affaiblir la force de ceux qui sont d'un tempérament vif et robuste, et qui ont les parties de la génération en bon état, sert au contraire à les exciter à l'amour. Il produit des effets contraires chez les personnes faibles qui abondent en plilegme, qui ont beaucoup de particules terrestres superflues, et dont les organes de la génération sont languissants. De ce nombre était Mahmud Kasnin, roi de Perse, qui était grand preneur de café et qui
(I) Pline, BMoire du monde, liv. XXV, cbap. vu.
Otp)
\M\'\ \-^^ \ \( ! < III / I. ll(»M>!r.
URMiic; ils suflirait'iil à eux seuls pour rendre compte de Ira.puissance qui succède à ces abus, si d'autres circonstances, que les plus simples notions de la physiologie nous enseignent, ne concouraient aussi à produire l'anaphrodisie.
Tout le monde sait, en effet, qu'après un copieux repts,»^ tout si Ton a fait usage de liqueurs spiritueuses, les forces génitales sont loin de répondre à l'ardeur des désirs; ceux-cisontle résultat de l'exaltation de l'imagination, nt^e sous l'empire de l'excitation des voies digestives, et sont des amorces trompeuaei sur lesquelles l'homme prudent se garde de fonder de trop grandes espérances.
Nul n'ignore que pendant le travail de l'estomac, toutes la fonctions animales, c'est-à-dire toutes les fonctions de relation semblent s'anéantir et abandonner leur vitalité à l'organe digestif, qui, lui, a besoin d'un surcroît de forces pour se dèbi^ rasser des aliments qui le remplissent. L'homme qui digèn ne pense plus, se meut difficilement, et ne jouit, pour ainri dire, que d'une sensibilité obtuse; en un mot, le roi de b création descend au niveau de la brute.
Ces excès, longtemps continués, en enlevant joumellenient une partie de leurs forces aux organes génitaux, les appaufriisent suffisamment pour les empêcher de remplir convenablement leurs fonctions.
La gastronomie poussée à l'excès agit donc de deux nu* nières différentes sur le sens génésique ; en d'autres termes, elle porte atteinte à deux conditions du coït 1* aux désirs véné* riens, 2* à l'érection de la verge.
C'est donc par conséquent sur ce double terrain que doit marcher la thérapeutique.
Mais avant de rien entreprendre, il est d'une absolue néceisité qu'une vie régulière et frugale ait succédé aux excès (fi ont donné naissance à l'impuissance ; la fonction digestive sert ramenée à un type normal, et pour cela faire, le régime ili-
MPCISSANCE CONSÉCUTIVE. — EXCÈS d'iNTEMPÉRANCE. 295
mentaire sera réglé sur l'état sain ou morbide des voies diges-
tites.
Cette conditioD remplie suffit, dans beaucoup de cas, pour
[éveiller tout à la fois les désirs vénéneos et l'énergie de la
TCrge ; il ne faut plus que savoir attendre et persister dans la
sage et prudente hygiène qui constitue la médication. Quelquefois cependant ces prescriptions sont insuffisantes,
el alors i! faut que la thérapeutique intervienne d'une manière
plus active.
Pour rappeler les désirs éloignés, on recourt auï excitants
moraux de toutes sortes : les conversations et les livres badins, Ik tableaux, les gravures et les marbres représentant des scènes d'amour, les spectacles grivois, les théâtres, les bals, Its concerts, sont tour à tour mis en usage, et leur emploi judicieusement réglé sur les goûts du malade. Cette dernière lirconstance est plus importante qu'on ne peut le croire, car la médication atteint un but diamétralement opposé à celui que l'on poursuit, si elle froisse un sentiment ou un instinct quelconque. J'ai vu l'exhibition que l'on faisait autrefois, à Paris, fie femmes complètement nues, sous le nom de lableaux «i- MWï, non-seulement inspirer une profonde répulsion pour » femmes, dont la beauté des formes était cependant manifele, mais encore produire une véritable anaphrodisie que perpétuait le souvenir de ce spectacle. J'ai également connu un malade qui, malgré son vif désir de lire le roman de Jus- '"W, de M. de Sade, n'a jamais pu surmonter le dégoût qu'il éprouvait dès les premières lignes de cet ouvrage.
Ilfaut donc, sous peine de manquer complètement son but, apporter une certaine circonspection dans le choix des excitais moraux, et ne se décider qu'après avoir minutieusemeut consulté les goûts, les habitudes et les tendances morales du malade.
En même temps que les désirs vénériens sont ainsi solli-
28A IMPUISSANCE CHEZ L*UOMMB*
viron quarante ans, qui, ayant échappé à un état apoplectique occasionné par la vapeur de charbon, resta tellement impuiâ- ^nt pendant six mois, qu'il était absolument insensible à toutes les caresses que sa femme, qu'il aimait jusqu'à la jalousie, mettait en usage pour l'exciter. 11 reprit complètement ensuite son état naturel (1). >
L' impuissance produite par l'abus des narcotiques ou des agents dont l'action est analogue à celle des stupéfiants, respecte d'ordinaire les désirs vénériens, et n'est caractérisée que par l'impossibilité de l'érection. Le système nerveux est sed atteint, c'est sur lui seul qu'il faut agir.
Mais ici une difficulté se présente : convient-il de s'adresser aux masses encéphalique et spinale, ou ne faut-il porter sa thérapeutique que sur l'appareil génital même? Quelques ei« périences que j'ai faites, et quelques observations que j'ai recueillies, m'ont convaincu que, dans la majorité des cas, il fallait s'abstenir de tout excitateur général, surtout des moyens internes, tels que la brucine, la strychnine, la noix vomique, eic* , 6lc.
Au contraire, l'électricité, limitée aux oignes génitaux, me paraît, dans les cas dont il s'agit, d'une efficacité bien supérieure à toute autre médication. On ne dédaignera pas les frictions sèches ou excitantes tout le long du rachis, car elles peuvent être considérées comme les succédanés de la flagellation.
Il est inutile de marquer que toute thérapeutique est vaine, si l'usage des substances qui ont amené l'impuissance, n'est pas complètement suspendu. C'est une condition sine qud non de réussite, et toute médication doit commencer par là.
11 est une autre classe d'agents, dont l'action, toute difTé-
(1) Fodéré, Traité de médecine légale, etc. Paris, 1813, 1. 1, p. 382.
IMPUISSANCE CONSËCLTIVE. EXCÈS UËDICAUENTEL'X. !28&
^nte de celle des narcotiques et des sédatifs peut cependant aussi produire l'impuissance.
Ce sont les fondants.
Tout le monde sait l'influence exercée sur les glandes par le mercure, l'iode, le brome, l'or, l'argent, etc., influence qui peut aller jusqu'à l'atrophie de ces organes. J'ai interrogé un Urès-graad nombre de syphilitiques soumis, soit aux mercuriaux, soit aui préparations d'iode, et presque tous m'ont avoué un aETaiblissemeat de l'organe sexuel, après une durée plus ou moins longue de leur traitement. De plus, j'ai constaté plusieurs Tois l'impuissance complète et absolue chez des phthisiques rendus & la santé par l'inhalation souvent répétée des vapeurs d'iode (1).
Aucun doute ne saurait s'élever sur la réalité de l'action anaphrodisiaque des fondants, d'autant mieux que l'anaphrodisie se trahit quelquefois par l'atrophie même des testicules. Cette dernière altération n'est pas constante ou du moins n'est pas toujours appréciable, soit que l'on n'ait pu tenir compte de l'état antérieur du testicule, soit que l'épsississomcnt ou l'inflltralion de quelque tunique redonne à l'organe le volume qu'il aperdu, soit par tout outre motif.
.Cependant, avouons-le, pour que le genre d'impuissance dont il s'agit se produise avec une certaine gravité, il est nécessaire que l'usage des fondants ait été continué longtemps, comme, par exemple, dans le traitement de la phthisie pulmonaire par la méthode de MM. Piorry et Ghartroule. C'est UDsi que certaines professions exposent ceux qui les exercent à perdre leur virilité, comme on peut s'en convaincre chez les ouvriers qui manient le mercure et ses préparations. J'ai examiné un certain nombre de miroitiers et de doreurs, sur métaux, et, chez presque tous, j'ai constaté
(1) Voyei la page 24i. -
296 JMPDISSAMCE CHEZ l'hOMMI.
ment de la vie morale, l'organe digestif et le sens génitily oo doit comprendre la double influence exercée sur cdui-d pir les excès de boissons alcooliques.
c( Ceux qui boivent beaucoup de vin, mesmement tout patf » dit Plutarque, sont lâches à l'acte de la génération, et M 1 sèment rien qui vaille, ni qui soit de bonne trempe pour lufli » engendrer ; ains sont leurs conjonctions avecque lesfemmei, » vaines et imparfaites (1). » Cette observation est bien pi» vraie que celle de Pline, qui prétend que le vin rend geniU compagnon à Fendroit des dames. L'enquête ordonnée! Londres en 1720, sur les causes de la diminution consid^ rable que l'on avait constatée dans le nombre des naissuces, et de laquelle il résulta que Tivro^nerie en était la cause principale, vient à l'appui de l'opinion de Plutarque, alors même que la science ne lui donnerait pas entièrement raisoo.
Et en effet, les excitations successives et souvent répétées que laissent après eux les excès alcooliques (2), finissent ptr émousser la sensibilité générale, de telle sorte que le sens génital se perd tout à la fois par l'abolition des désirs et par l'anéantissement de Torgane scnsitif lui-même. L'ivrogne de profession n*a plus de goût que pour son vice, et le penchant qui l'entraîne le i)ousse à une brutalité dont la source n'est ni dans son cœur, ni dans son imagination, ces deux foyers du sens génésiaque.
Quelle que soit la boisson fermentée dont Tivrogne fasse abus; que l'alcool soit à Tétat de presque pureté, comme dans l'eau-de-vie et le trois-six ; qu'il soit mélangé à des substances
(1) Traduction d'Ainjot.
(2) L*alcoolismc a une physionomie dont j ai parlé page 216, etqu*iliie faut pas confondre avec ses conséquences dont il est ici question. AapmiA de ^iie de 1 impuissance, il importe de bien distinguer Vetat actif àtYû» coolisme qui peut exalter le sens génital, et Vétat consécutifs qui amène toujours un aiïaililissement de Fappareil copulaleur.
IBIPUISSANCR CON8ÉC11TIVE. ESt±8 MC8CULA1RES. 287
L'épuisement, qui, par lii fatigue, se produit dans l'inner- Talion, et l'état atonique de l'estomac, rendent parfaitement Domplc de l'impuissance qui succède aux excès de marche, de Bourse, etc., mais cette impuissance est essentiellement paseafère, et le repos et le sommeil, en réparant les pertes de l'inbneneux, ramènent l'énergie dans l'appareil générateur. Cependant, si les excès de l'exercice musculaire se prolonint d'une manière continue, de façon que l'épuisement ner- Dx ne se répare qu'imparfaitement, il peut arriver que lestffiaes reproducteurs soient affectés de ce manque d'équiliet participent plus ou moins & la caducité précoce qui qipe tout l'organisme.
Pourtant il faut reconnaître qu'une semblable impuissance l escessivement rare, et que l'action des excès des exercices tih se porte plutôt sur le cotisoishs moral que sur l'appareil lilal lui-même. La fatigue corporelle allanguît l'esprit et les passions; la force vitale, consacrée tout entière à arer les pertes éprouvées, semble n'avoir plus assez d'énei^ !pour seconder l'imagination dans ses rêves amoureux et' limages lascives. Près d'un homme épuisé par la marche (ont autre exercice, la femme élale en vain les séductions ses caresses et de sa beauté ; ses charmes ne reprennent il leur empire que lorsqu'un repos et un sommeil répara- Wr ont redonné à l'imagination la vigueur qui engendre les Ifeirs.
Presque toujours le régime alimentaire doit venir au seteors de cette première condition de succès; on donne, au iISnjt, la préférence aux aliments dont la digestion est facile •Isux sucs nutritifs. L'état de l'estomac, on le comprend, détatnine la nature de ce régime, car, nul ne l'ignore, une sub-i «iDceest d'autant mieux assimilée qu'elle est plus facilement' figérable. On ne peut donc, sous ce rapport, tracer une règle' épriori.
298 IMPtlSSANCE CHEZ l'hOMME.
\era dans leur mise en pratique les conditions que j'ai indiquées comme indispensables à leur succès (1).
Quant à Tinertie de Torgane génital lui-même, il faut, po« la pouvoir combattre heureusement, se rendre complète modifications pathologiques qui l'ont produite. S*il m*était jÊh mis de détourner un mot de sa signification précise, jedinà que, dans le cas dont il s*agit, TaO^ection est une phlegmmà nerveuse chronique déterminée, comme beaucoup de phhf^ masies chroniques, par une succession plus ou moins rapiil de stimulations.
Par conséquent, toute nouvelle stimulation, quelle que sol, sa nature, est formellement contre-indiquée.
Mais si Ton réfléchit que les stimulations alcooliques se Ml presque exclusivement fait sentir dans les centres neneui, ê surtout au cerveau, et que TaO^aiblissement des extrémités i pu être amené par la privation do Tinflux nervoux, donlk centre faisait une dépense trop grande par suite des stiniiib* tions dont il était le siège, on comprendra qu'il ne faut teoiF dans une proscription absolue que les excitateurs généraux.
Et en effet la strychnine, la brucine, la voix vomique, etCf n'ont aucune action dans les circonstances qui nous occupenli quand elles n'aggravent pas les accidents qu'il s'agit de coflh battre.
I-.OS excitateurs locaux, tels que Télectricité et TacupunC* turo, ont une action plus certaine que les excitateurs génfr raux, mais il ne faut pas croire qu'ils réussissent d'uni manière constante ; je les ai vus échouer assez souvent.
La médication qui a paru me donner les résultats les pttt satisfaisants est la médication par le calorique, appliquée looi lement, soit sous forme de bains, soit sous forme de fumigt tions simples ou aromatiques. Pour obtenir ce dernier effet, I
(1) Voyez les pages 17i cl t02.
IJfPCISSAnCE COSSÉCLTIVE. — EXCfes INTEI-LECTrELS. 299
malade est assis sur une chaise percée, au-dessus d'un réchaud contenant quelques charbons enûamniés sur lesquels en verse ia poudre des aromates dont on veut faire usage. Ce mode d'eieilation, dont j'ai déjà parlé ailleurs {!), doit ôtre rappelé lootes les fois que l'occasion s'en présente, car il rend d'émiaents services dans le traitement de diverses formes d'irapuis- 'ODCe.
Quelle que soit la médication que l'on ait appelée à son aide, et quelque assurée que paraisse la guérison obtenue, on ne ,dûil jamais oublier que de tous les accidents produits par riTrognerie, l'affaiblissement génital est peut-èlre celui dont .Il récidive est la plus constante au moindre retour vers la vî- Beuâe habitude. J'ai donné des soins à un sommelier de res- -laurant qui, à chaque excès de liqueurs alcooliques qu'il comiloetlait, perdait tout énergie virile, et qui ne la recouvrait ju'avec fa sobriété et après une ou deu.v fumigations aromatiques. Je le répète donc, la guérison n'est durable qu'au prix de la tempérance, et le médecin, ménager de son honneur, ne i'M[H>sera pas aux chances d'une médication presque à coup sûr iQutile, si le malade, en réclamant ses soins, ne fait qu'un Kntenl d ivrogne,
n. — Excès intellectuels.
I On a. observé, dit de Liguac, que les mariages des gens de lettres n'étaient pas ceux qui rapportaient le plus à l'État : j'ai lu dans une fable inconnue aux anciens, a dit Diifresni, <]u'Apollon s'étant marié un jour, l'Hippocrène tarit le lendeniaiii. Un génie marié est un génie stérile. En effet, continua DuCreani, les productions de l'homme sont bornées; il faut opter, de laisser h la postérité ou des ouvrages d'esprit
) V'iijei la page 1 1".
290 IMPUISSANCE CHEZ l'uOMME.
aurons donc à examiner Tintempérance par excès d'aliment» et rintempérance par excès de boissons.
1* Intempérance par excès (T aliments. — Les excès d'aliments, considérés au point de vue de l'impuissance, ont un triple mode d'action :
l"" Ils amènent l'obésité, qui, ainsi que nous l'avons ?u, constitue quelquefois un obstacle mécanique à la copulation.
2'' Us absorbent, au profit d'une seule passion, tous les stimulants de la vie morale.
8* Enfin, ils enlèvent à Tappareil génital tout ou partie de l'énergie vitale.
L'obésité m'a longuement occupé dans une autre partie de cet ouvrage (1), je n'y reviendrai pas ici.
Je ne m'arrêterai qu'aux deux autres modes d'action des excès de table, que l'on peut réunir dans le môme cadre, paioe qu^ils découlent de la même loi physidogique.
Cette loi est la suivante :
Tout organe ou tout appareil d*organes fonctionnant avec excès, a besoin d'un surcroît d'activité qu'il enlève aux autres organes, et plus spécialement à ceux qui entretiennent avec lui des rapports sympathiques, ou qui, déjà affaiblis, ont moins de force pour lui résister.
J'ai déjà dit, et j'exposerai plus longuement tout à l'heure, que les organes qui ont avec l'appareil génital les relations les plus intimes sont l'estomac et le cerveau, en tant que ce dernier organe est considéré comme le siège des facultés intellectuelles.
Je n'ai donc à m'occuper ici, d'une part, que des rapports de sympathie qui unissent l'estomac et les facultés morales d'où naissent les désirs vénériens, [et d'un autre côté del'in-
{{) Voyez la page 203.
UIPUI8SAKCK COKSCCHTIVE. — EXCÈS b'iNTEHPËBAKCE. 291
fluence qu'exerce l'organe digestif sur l'appareil de la copula-» tion.
Sous le premier rapport, les excès de table, répétés d'une manière continue, agissent de deux manières sur l'organe de la pensée : tantôt en lui enlevant et en appelant vers l'estomac une grande quantité d'influx nerveux, afin de débarrasser les voies digestives des aliments qui les surcbargent ; et tantât en déterminant dans la masse cérébrale de petites congestions qui, souvent renouvelées, finissent par porter un trouble profond dans les fonctions de l'encéphale. Les grandes idées et les nobles passions sont incompatibles avec les plaisirs exagérés delà table. Les gastrolâtres^ pour me servir de l'heureuse eapression de Rabelais, arrivent, à la longue, à perdre le sentiment de leur personnalité et à se dépouiller de tous les nobles attributs qui distinguent l'homme de la brute. Voyez dans quel profond avilissement tombent les Roiuains, lorsque, abandonnant les vertus antiques, ils s'asseyent aux tables somptueuses de leurs empereurs. Vainement l'amour les sollicite, la beauté les appelle ; leurs pensées, leurs désirs, leurs passions sont ailleurs et poursuivent un autre but ! Semblables au Grec Philoxène, qui ne formait plus que le vœu d'avoir un gosier long comme l'oie, afin de mieux savourer les mets, les gastrolâtres concentrent dans un seul de leurs organes toutes leurs sensations, tous leurs plaisirs, toutes leurs voluptés; ù quelquefois leur imagination engourdie éclaire leur pensée d'un faible et fugitif éclair, ils s'en servent, non pour ressaisir un lambeau de leur individualité perdue, mais pour se replonger, avec une nouvelle ardeur, dans leur crapuleuse débauche, en rêvant, comme disait d'Aigrefeuille, une Académie de la gueule.
La diminution et quelquefois même l'étoufTemenl des désirs vénériens, amenés par les excès de table, ne sont certainement pas sans influence sur l'énergie de l'organe copulateur lui-
802 IMPUISSANCE CHEZ l' HOMME.
de femme sans mamelles^ et ils la garantissaient des traits de l'Amour avec la tête de Méduse.
Cette influence de la contention d'esprit sur les désirs lénériens est connue de tout le monde, et beaucoup d'homme^ au milieu des circonstances de toutes sortes qui, dans kr j grandes villes surtout, les sollicitent à la débauche, ne àm faire honneur de leur continence qu'aux préoccupations vreuses qui remplissent leur existence.
Au point de vue purement physique, les excès de Irai intellectuels exercent sur l'organisme une action débiiil constatée par tout le monde : <( Le travail du cabinet, dit seau, rend les hommes délicats, affaiblit leur tempérami et r&me garde difficilement sa vigueur quand le corps a perk! la sienne. L'étude use la machine, épuise les esprits, les forces, énerve le courage, rend pusillanime, incapabiei résister également à la peine et aux passions (I). » R( n'est pas moins explicite : « L'union de l'âme et du ooiyi| dit-il, est telle qu'ils partagent réciproquement le bien et mal qui leur arrive; l'esprit est incapable de s'occuper qi le corps est fatigué par les exercices excessifs, et une applici» | tion trop soutenue à l'étude détruit le corps, en dissipant kl esprits animaux qui sont nécessaires à sa réparation (2).» Tissot, si compétent en pareille matière, explique, comme i suit, l'action du travail intellectuel sur le dépérissement de l'organisme : « Pour comprendre, dit-il, ces influences te travail de l'esprit sur la santé du corps, il sufBt de se rappeler: 1** un fait que j'ai déjà indiqué, et que le sentiment apprend à toute personne qui pense et qui s'obser\e penser, c'est qut le cerveau est occupé pendmt que Ton pense; 2"* que toute partie du corps qui est occupée se fatigue, et que si le travail
(1) Préface de NarcîMe, œuvres diverses, t. I, p Ht, (t) Kauiuxriiii, Opéra omniay p. G48.