ROL*B*L'D
dans la partio postérieure de la grande lèvre droite une I meur arrondie, rénitente, du volume d'un gros marron, ^ soulevait la peau et faisait saillie en dedans de la vulve. Ce tumeur, un peu douloureuse au toucher, se prolongeait i partie latérale droite du vagin, sous la forme d'une saillie k gitudinale, longue de deux pouces environ, dureetrésistial la pression exercée avec le doigt sur cette dernière portion i occasionnait que des douleurs sourdes. La tumeur augmeot sensiblement de volume, devenait plus dure et plus tend lorsqu'on faisait tousser la malade. La jeune fille y ressent de temps à autre des engourdissements, et éprouvait de I gères coliques dans toute la partie inférieure de la ca\itc tbd minale ; du reste, les autres fonctions s'exerçaient libremef à l'exception de la marche qui était pénible, à raison de gêne que produisait la tumeur par son volume, et des douid qui s'y manifestaient lorsque la malade s'était fatiguée { quelque exercice forcé. Cette tumeur avait paru peuàpc sans douleur, depuis environ quinze jours; elle n avait jim causé de vives douleurs, de nausées, ni de vomissements, malade attribuait son e/fori à des mouvements considértbl qu'elle avait faits pour lever des paquets de linge et des b quets remplis d'eau. Gomme elle était habituellement cous péc, je pense que les efforts nécessités pour la défécation a dû contribuer aussi très-puissamment à la production de maladie. Ayant fait coucher la malade sur le dos, dans Upo sition ordinaire pour l'opération du taxis, je panins, àTei d*une pression assez forte, exercée méthodiquement Eelon direction de la tumeur^ à diminuer d'abord son volume H en obtenir ensuite l'entitTC réduction, laquelle se fltsulïib ment par l'ascension brusque des parties déplacées, qui glt sèrent tout à coup sous mes doigts en faisant entendre < bruit particulier quon a désii^Mié sous le nom de gargomU^ meni... Je pratiquai ensuite le toucher dans la position lerC
bÉPAUT b'iSmOMlSSlON. — TfMEUaS LU VAllIN. S35
ca!e du corps ; les viscères déplacés ne reparurent pas, et la jeune fille put marcher librement comme avant l'accident. Je touIms lui appliquer un pessaire en boiidon, aQn de comprimer el de retenir la portion relâchée du vagin qui avait livré passage à l'intestin, mais la malade ne voulut pas s'assujetlir à le porter; et, bien qu'elle ait repris ses occupations habituelles depuis cette époque, sa tumeur ne s'est point reproduite, et elle jouit actuellement d'une parfaite santé (1). »
Quoique M. J. Cloquet ne parle pas do la copulation et qu'il dise que toutes les fonctions, hors celle de la marche, se faifaient avec facilité et comme k l'état normal, il ne peut (ire douteux que le coït, s'il eût été tenté, aurait été sinon tntiérement impossible, du moins très-douloureux, La réserve de l'écrivain était commandée par la position de la malade, bien qu'il ait pratiqué sur elle le toucher vaginal.
Quoi qu'il en soit, par le fait que je viens de rnpporter et par les exemples analof^ues de A. Cooper relatés dans ses Œuvres chirurgicales et consignés dans le Traite' dns hernies de M. Lawrence, la hernie vulvaire n'offre aucun danger, n'cipose pas à la récidive et cède facilement à la réduction. C'est donc, par conséquent, une cause essentiellement passagèred'impuissance, et sans la rareté qui la caractérise je n'aurais pas donné à son histoire une place aussi éteiidue dans ce Uvre.
§ lia — Toitieara du vagla.
Comme pour les tumeurs de la vulve j'admetlraî pour celles du vagin deux classe; : A. les tumeurs produites par une lésion organique; B. les tumeurs constituées par la présence >Qormale et accidentelle d'un organe voisin.
(I) Mardi, Dictiantmire des iciencM midicalet, arl. Vulve, t. LVtll) P 118
AS6 IJJPUISSANCE CllKZ LA FJ£M1IE.
A. — TufMurs du vagin produites par une lésion organifut.
Gouformément à ce que j'ai dit des tumeurs de la \ultt, les tumeurs du vagin par lésion organique peuvent offrir, les unes un caractère aigu, les autres une marche chronique.
Mais les unes et les autres ne me doivent point arrôter loogtemps, parce que, je le répète, elles rentrent bien plutôt dao» le cadre des ouvrages généraux de chirurgie et d obstétrique qu'elles ne ressortent de mou domaine.
En effet, les tumeurs sanguines du vagin, si bien dêcriltf par Legouais et Deneux, sont presque toujours des accidenb de la parturition ; et les abcès du vagin, ou pour parler plus exactement, les abcès faisant saillie dans cet organe, et dont la fréquence s'explique par la présence du tissu cellulaire qui soutient les parois de ce canal, n'offrent rien de remarquable à notre ])oint de vue, si ce n'est qu'ils obstruent le libre paâ* sa^^e du vagin et éloignent la femme de toute copulation par les douleurs atroces qu'ils déterminent ])endant cet acte.
Les tumeurs h marche chronique, les kystes et les iK)lype» ne présentent réellenient dans leur histoire qu*un {>ointiuti^ ressaut à étudier : c'est leur diagnostic. Comme on vale^oir, alors que je \ais parler des hernies vaginales, il est de la plu» haute im|>ortance de distinguer les kystes et les iK)lyi)es(i« ces hernies, car si l'instrument tranchant doit ôtre iiortèdur les premiers, il faut soigneusement se garder d'ou\rirIa«e^i<? et rintestin. Mais toutes ces considérations appicrtiennent i la pathologie chirurgicale, qui fournit les éléments du dia* gnostic diOérentiel et les bases du traitement.
IL — Tumeurs du vnyin itruduites /Hir la présence d* un organe voisin-
Eu ('ganl aux organes qui avoisinent le vagin, il ne |ieut ) avoir que l'utérus, la vessie et le rectum qui vienneut bï^ hiTuie dans ce canal.
DCPAUT d'intromission. — TIÎMÏURS DU VAGIN. 487
Lî hernie détermini^e par la mntrinfi, c'est-à-dire par les fléilaeements de cet organe, par l'allonfremciit hypertrophiqiic le son col, etc., m'occuperont longuement dans une autre parie de cet ouvrage, ofi je me réserve de faire ressortir leur inluence fâcheuse tout à la fois sur la copulation et Hurla féconlilé de la femme.
La hernie produite par la présence de ta vessie m'occupera m instant sous le nom de cystocéle.
Enfin la hernie déterminée par la procidence de l'intestin s'arrêtera aussi un moment soiis les noms de hernie vaginale mprement dite et sons celui de rectorèle, quand c'est le recnm qui fait saillie dans le va^in et sort par la vulve.
Il ne faut pas croire que chacune de ces hernies se présenta ans la pratique isolément, dégagée do toute complication ; uns la très-grande majorité ries cas, la cystocéle s'accomipne d'un prolapsus plus ou moins prononcé de l'utérus, lia hernie vaginale et surtout la reclocèle se compliquent i cystocéle et quelquefois aussi d'abaissement de la ma-
Je ne les sépare ici que pour la clarté du discours, sachant ien que la nature ne se prête ni aux méthodes de l'art, ni Ji commodités de l'écrivain.
Cystocéle vaginale. — I ^'après les expériences de Rognetta (1) irle cadavre, et d'après les observations cliniques de Jobert leLamballe")(2), la cystocéle vaginale est produite, soit par
laxilé do la paroi antérieure du vagin, soit par le relAcheentdes moyens d'union qui existent entre cet organe etles irties environnantes, comme, par exemple, l'aponévrose qui
prolonge du col de la vessie et de la paroi postérieure du pus sur les côtés du vagin.
[1) Rognetta, Mémoire sur les prolapsus. 1833,
[S) Jobert (lie l.amballe), Mémoires de l'Académie de méd/'cine, l. Vlii,
l^i6 IMPUISSANCE CHEZ LA FBtfMK.
Il en doit être réellement ainsi, car la cystocèle se rencontre bien rarement chez les jeunes filles, tandis qu'on l'obserfe presque toujours chez les femmes qui ont eu beaucoup d'enfants ; la lenteur et les difficultés de Taccouchement ne paraissent pas avoir la môme influence que le nombre des parturi* tions; aussi est-elle plus ordinairement Tapanage de TAge mûr que de la jeunesse, bien qu'elle se produise, comme je l'ai dit, à une époque où les fonctions génératrices de la femme n'ont pas encore cessé.
Quoique la tumeur formée par le prolapsus de la vessie soit réductible à la suite de l'évacuation de l'urine, elle n'en cod« stitue pas moins un obstacle, je ne dirai pas insurmontable, mais du moins fort gênant pour la copulation. Située à l'entrée du vagin, entre les petites lèvres, elle en obstrue le pissage, soit par son volume propre, soit par les moyens conten* tifs qu'on lui oppose, tels que pessaire, éponge, etc. Aussi, en nous plaçant à notre point de vue exclusif, devons-nous acco^ der la préférence au traitement curatif sur les moyens palliatifs ordinairement mis en usage.
Ce traitement tout chirurgical porte , selon la cause qui a donné naissance à la hernie vaginale, tantôt sur le périnée, tantôt sur la vulve, tantôt sur le vagin, tantôt sur les deux premiers et tantôt sur tous à la fois.
Les opérations pratiquées sur le périnée et la vulve sont toujours des anaplasties par synthèse^ tandis que celles qui intéressent le vagin, sont des miaplasties par exérèse.
Ces dernières se pratiquent de trois manières :
1" Par les caustiques ;
2'' Par étranglement et compression mécanique des tissus;
3*» Par instrument tranchant.
Il n'entre pas dans mon plan de décrire toutes ces opérations; il me suffit ici de les indiquer et de renvoyer le lecteur, pour de plus amples détails, aux ouvrages de médecine
PÉFAUT |l*INTROMI88ION* — TUMECRS DU VAGIN. ASO
opératoire et au travail si remarquable de M. Emmanuel Bourdon sur les anaplasties périnéo-vaginales (1).
Cependant l'exérèse par instrument tranchant étant Topé-? ration la plus ordinaire, depuis les travaux de Joberl (de Lamballe) et de Marion Sims, je crois devoir reproduire la partie du mémoire où Jobert expose sa méthode.
Le chirurgien se proposait de diminuer le volume de la tu-* meur et de donner plus de résistance à la cloison vésico-va^ ginale. cr Je dessinai sur la tumeur, dit Jobert, au moyen du nitrate d'argent, les deux lignes transversales dont j'ai parlé, et, les attaquant h différentes reprises et à plusieurs jours d'in-^ tervalle, avec le même caustique, j'arrivai à détruire graduel^ lement et sans aucun accident inflammatoire toute l'épaisseur correspondante du vagin. Je ne reviendrai pas sur la longueur, la largeur de ces lignes : elles avaient six lignes environ. Cela fait, il me fut facile de reconnaître la situation et l'état des parties, de raviver sans crainte avec le bistouri les bords de la surface entamée par le caustique et de laisser le fond intact. Je pus très-facilement remettre en rapport les deux plaies sai* gnantes et les maintenir en contact au moyen de la suture entortillée (î). >
Jobert dit avoir pratiqué plusieurs fois avec succès l'opération dont je viens de faire connaître le but ; sa méthode a été plus ou moins modifiée par MM. Marion Sims, Panas, Verneuil, etc., mais le principe est toujours le même, c'est le rétrécissement du vagin. Quoique des faits assez nombreux et assez authentiques n'en démontrent ni la parfaite innocuité,
(1) Emmanuel Bourdon, Des anaplasties périnéo-vaginales dans le traitement des prolapsus de Vutérxis, des cystocèles et des rectocèles. Paris, J.-B. Baillièrc el fils, 1875.
(2) Jobert (de Lamballe), De la cystocèle vaginale opérée par un procédé nouveau, {Mémoires de V Académie de médecine. Paris, 1840» t. VIII.)