‹ Traité de l'impuissance et de la stérilité (volume 2)Chapitre 58 sur 106 · AA · texte numérisé non relu

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IMPUISSANCE r.t!EZ LA FEBfME,

peut n*être représenté que par un pli de la muqueuse vaginale et aller jusqu'à la grosseur du poing.

Les accidents que la rectocèle vaginale détermine sont sifftout remarquables du côté des voies digestives ; il faut que la hernie ait atteint un certain volume pour empêcher la cqwlation.

Le toucher anal et les troubles de la digestion font toojours distinguer le prolapsus du rectum de la cy stocèle et de la procidence de la matrice et du vagin.

Ainsi que je le disais plus haut, la médecine n'a goôit eu pendant longtemps à opposer à la hernie vaginale et à la rectocèle que des palliatifs, c'est-à-dire des moyens de conleDtion dont les pessaires faisaient ordinairement la base. Hai$ des tentatives avaient été faites plus d'une fois pour amener la cure radicale de Tune et de l'autre de ces infirmités : ainsi, on parle (1) d'une opération pratiquée par Petruntî contre la hernie vaginale ; mais ce fait est révoqué en doute, et surtout par Velpeau, qui dit très-explicitement que la prétendue hernie vaginale opérée par le chirurgien italien pourrait bien n'avoir été qu'un abcès recto-vaginal (2). De même encore Malgaigne rappelle, dans le Mémoire que j'ai déjà cité, qu'il a reproduit (3) une opération tentée par Bellini (de Florence) pour une rectocèle du volume d'un gros œuf de poule ; mais il ajoute que, pour lui, cette rectocèle n'était autre chose qu'un prolapsus vaginal.

Dans ces derniers temps, la chirurgie a été plus hardie, et en Allemagne et en France on a tenté, non sans quelques succès, la cure radicale de cette infirmité.

Les procédés opératoires sont exactement les mêmes que

(i) Gazette médicale de Parie, 18:26, p. 424.

(2) Velpeau, Médecine opératoire, V édi». Paris, 1839, t. IV, p. iU.

(îî) Gazette médicale, 1836, p. 200.

DtFADT D'omOHISSION. — TCMKDRS DU VAGIN. hM

ceux que j'ai indiqués pour le traitement de la cyBtocèle ; ce sont des anaptasties par syntlièse quand elles portent sur le périnée ou la vulve, et des anaplasties par exérèse quand elles s'adressent au vagin. Ces dernières, lorsqu'elles sont possibles, ODt la préférence des opérateurs; M. MoUière, chirurgien de l'Hdtd-Dieu de Lyon, est d'avis que t'anaplastie contre la recto.eèle vaginale est praticable, qu'elle n'ofTre aucune gravité et qoe toujours elle doit 6tre tentée.

À l'appui de son opipion, M. Mollière rapporte une opération qu'il a pratiquée, avec plein succès, sur une femme 6gée de cânquante-quatre ans et qui portait, faisant saillie à la vulve, nne tumeur du volume d'une orange mandarine.

Le fait nous intéresse assez pour que nous reproduisions au moins le mode opératoire dont a fait usage M. le docteur MoUière.

« La malade, dit-il, étant anesthésiée avec l'étber et oouebëe sur le dos, les jambes écartées et confiées h des aides, J'introduisis dans ie rectum un pepsaire Gariel qui fut gonflé dfl ipanière à distendre la poche morbide et b la faire saillir kors de la vulve, comme pendant les efforts de déféoatioq. Cda fait, je disséquai au bistouri sur ia partie saillante de cette tomeur un lambeau ovalaire de ft à 6 centimètres de longueur nir 3 à A de largeur. Ce lambeau fut excisé; il comprenait toute l'épaisseur de la muqueuse vaginale et en grande partie celle du tissu cellulaire qui la double. Grâce au pessaire introduit dans le rectum et qui me servait de guide, je pus laisser parfaitement intacte la muqueuse de ce viscère.

» Tout ce premier temps de l'opération a pu être accompli sans hémorrhagie sérieuse ; je n'ai eu à arrêter qu'une seule petite artériole, qu'il m'a sufG de tordre.

I Les bords de cette large perte de substance furent ensuite réunis longitudinalement à l'aide de trois points de suture enchevillée et trois points de suture métallique plus superfl-

excitation indispensable à la fécondation, comme je le diiai ailleurs, et qui faisait défaut.

Je n'ai donc pas à m 'occuper ici de cette classe de corps étrangers.

tl en est d'autres qui, sans empêcher la fécondation, s'opposent complètement, ou tout au moins d'une manière douloureuse, au rapprochement des sexes ; de ce nombre e$tb très'-grande majorité des pessaires^ surtout s'il existe un piolapsus de la matrice assez prononcé et une laxité des parois vaginales assez grande pour laisser couler l'instrument cooteoteur, et par suite pour tie plus permettre à celui-ci de soutenir la matrice.

D'autres enfin, en obstruant complètement la cavité ?a|^ haie, déterminent tantôt la stérilité seulement et tantôt l'im* puissance et la stérilité, suivant la hauteur à laquelle le corps •étranger est arrêté.

Comme on le voit, la distinction est importante à faire, noo BOUS les rapports de l'ëtiolDgie et du traitement, mais ao point de vue des symptômes et surtout des accidents divers que peut entraîner la présence de ces corps étrangers.

Les motifs qui amènent Tintroduction d'un corps étrangtf dans le vagin âont nombreux -et variés; tantôt, comme je le disais plus haut^ c'est le médecin lui-même qui a placé on pessairo, une éponge ou tout autre objet qui, oublié par la malade, séjourne datis l'organe pendant un temps quelquefois très-long} tantôt c'est une pensée de luxure, l'app&t du plaisir vénérien qui a sollicité Tintroduction dans la cavité vaginale d'un corps quelconque, et qui, au moment du spasme cynique, comme disaient les anciens, a échappé des main§ de la femme Dt est resté dans l'appareil copulattur, protégé par un sentiment de honte ou de pudeur; tantôt enfin la pré-ence du Corps étranger dans le vagin est le résultald'un acte criminel ou de brutalité, comme dans le faitj observé par Dupu}trciN

DÉFAUT D^lNTROJÉISSiON. — CORPS ÉTlUlfGERS. Ai7

.: de cette fille de la campagne, qui portait un petit pot dont la

concavité regardait le col de Tutérus, et qui avait été placé là

^ par des soldats, après le viol commis par eux sur la jeune fille.

Quel que soit le motif qui ait amené le corps étranger dans - le vagin, il est incontestable que sa présence s'oppose plus ou moins à l'entier accomplissement de la fonction génitale. Je ne parle pas des autres accidents pathologiques qui en peuvent résulter, tels que la douleur, l'inflammation, la déchirure, la gangrène môme des parois vaginales, car je me dois renfermer dans le cadre de ma thèse.

A ce point de vue exclusif, la présence du corps étranger peut ne rendre que le coït, ou impossible, ou simplement douloureux, sans empêcher la fécondation; ou bien, tout en étant un obstacle plus ou moins absolu à la copulation, il peut, en même temps, s'opposer à l'arrivée du sperme dans Tutérus, et par conséquent rendre impossible l'imprégnation.

On conçoit très-bien^ en effet, que si le col de l'utérus abaissé s'engage dans un pessaire, le congrès sera incomplet, douloureux pour la femme, dont le museau de tanche aura à supporter les chocs de la verge, et pénible pour l'homme, dont le gland viendra heurter les parois endurcies du pessaire ; mais, malgré ces circonstances défavorables au plaisir, rien n'empêchera le sperme de venir frapper le museau de tanche, . de pénétrer dans l'utérus sans qu'il soit arrêté par la tuméfac* tion que présente ordinairement, en semblable occurrence, le col delà matrice, et d'accomplir l'acte de la fécondation*

Dans Tobservation de Dupuytren^ la femme était fatalement condamnée à une stérilité d'une durée plus ou moins longue» puisque l'ouverture intérieure de l'utérus était entièrement soustraite à l'action de la liqueur spermatique.

La thérapeutique des corps étrangers du vagin est basée sur les principes généraux de la médecine opératoire des corps étrangers en général. — Je ne dois donc pas m'y arrêter ici.

A&8 IMPUISSANCE CHfelZ LA FEMME.

— Seulement je ferai remarquer que dans certaines dramstances cette extraction est entourée des plus grandes difficultés, parce que très-souvent des concrétions se forment sur le corps étranger et en empêchent le glissement, et parte qu'aussi quelquefois des végétations fongueuses se dévdoppeDt sur la muqueuse, s'étendent jusque sur le corps étranger, et lui constituent ainsi des liens qui le retiennent en place. Dans d'autres cas, le corps étranger a perforé la paroi vaginale, i pénétré dans la vessie ou le rectum, et c'est alors par ces o^ ganes que l'on est obligé de l'extraire.

Gomme on le voit, la conduite du chirurgien ne peut toe réglée d'avance ; elle devra s'inspirer des circonstances relatives à la nature, à la position du corps étranger, aux complications qui l'accompagnent et aux désordres qu'il a déjà produits.

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