‹ Traité de l'impuissance et de la stérilité (volume 2)Chapitre 65 sur 106 · FRIGIDITÉ CONSÉCUTIVE. — EXCÈS DE COÏT · texte numérisé non relu

FRIGIDITÉ CONSÉCUTIVE. — EXCÈS DE COÏT

» Cette infirmité prend quelquefois un tel accroissement chez quelques filles, qu'elles ne peuvent plus faire leur métier, et que, devenues à charge à elles-mêmes, elles cherchent un asile pour y terminer leur triste existence : c'est ordinairement rinfirmerie de la prison qu'elles choisissent de préférence, et dans laquelle elles se font enfermer, etc. (1) >.

Parmi les infirmités dont Parent-Duchalelet vient de nous dérouler le tableau, les unes, et c'est à ce qu'il paraît le plus grand nombre, ne produisent aucune douleur, mais peuvent devenir, soit un obstacle à l'intromission de la verge, soit un motif de répugnance et de dégoût; les autres déterminent des souffrances qui, non-seulement éloignent les pensées vénériennes, mais encore empêchent toute manifestation de volupté ; dans ce cas sont les tumeurs des grandes et des petites lèvres, et quelquefois aussi les fistules vaginales.

Mais ces afTections, qui occupent dans le cadre nosologique une place spéciale, ne doivent pas m'arrêter plus longtemps.

Il me faut, au, contraire, parler d'une transformation que subit la muqueuse vulvaire et vaginale, et qui n^est pas sans influence sur le développement du plaisir erotique.

Cette transformation, bien connue du public qui a infligé à la femme qui la porte une dénomination caractéristique, n'est autre chose que la sécheresse et le durcissement de cette membrane : on dirait que la muqueuse, sous l'influence du contact souvent renouvelé de la verge, subit des changements analogues à ceux par lesquels passent chez le fœtus les téguments externes avant de revêtir les caractères épidermiques ; la muqueuse vulvaire et vaginale devient une véritable peau, un parchemin ridé, que n'assouplissent plus les sécrétions sébacées.

(1) Pareot-Duchalelet, De ki prostiiutiandans la ville de Paris. 3®édil. Paris, 1857, t. I, p. 235.

A88 IMPUISSANCE CHEZ LA FElfME,

Cette transformation, que j'ai eu occasion de constater chei des femmes qui» par métier, faisaient abus de leurs organes génitaux, tient peut-être moins aux excès du coït qu'à des lavages fréquents, soit avec de Teau froide, soit, et c*est le cas le plus commun, avec des substances aromatiques d astringentes. Mais que cette transformation reconnaisse ks excès de coït comme cause directe ou comme cause io* directe, toujours est-il que la sensibilité génitale en est profondément affectée, et que le plaisir vénérien est, sinon complètement suspendu, du moins considérablement affaibli.

Cet état, dont la femme a presque toujours conscience, est facilement reconnaissable au toucher. Le doigt, introduit dans te vagin sans le secours d'un corps gras, glisse difficilement entre les parties, et constate sans peine une sécheresse et des rugosités qui n'y sont pas ordinaires ; la température n'y est pas sensiblement diminuée ou augmentée, et l'on y sent rar^ ment les contractions fibrillaires déterminées quelquefois pir la présence de l'indicateur.

Sans doute, je le répète, le changement que je signale est insuffisant pour amener une complète frigidité ; mais il peut à ce point affaiblir la sensibilité génitale que le coït, perdant son stimulant naturel, devienne pour la femme un acte, sinon odieux, du moins à peu près indifférent.

Il importe donc, surtout si Ton se place au point de vuedes rapports conjugaux, d'obvier à un état qui, sans parler des inconvénients dont il atteint la femme, peut jeter entre te deux époux le trouble et le désordre.

Avant toutes choses, il faut interdire les lavages froids m aromatiques, que l'on remplace avec avantage par des io* jertions et des bains locaux chauds. On tient à demeure des cylindres mous, enduits d'un corps gras ; et dans queIquei^ circonstances, surtout si la muqueuse est p&le et dëcolorèei

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On porte sur elle une action irritative, comme celle de la taioularde, par exemple.

Mais si la transformation est complète, c'est-à-dire Ei les, ^rces de la sécrétion des Follicules sont taries, il ne faut pas l^rer les rouvrir et se bercer d'un espoir qui est au-dessus pes ressources de noire art. Cependant il importe de ne pas ■op se hùter d'arriver à cette conclusion, et l'on ne doit favouer vaincu que lorsqu'on a longtemps mis en usage les (Kscriptîons que je viens de formuler.

i 2' Action des excès de coït sur /es désirs vénériens. — Es- ^rol, d'après des tableaux statistiques qu'il avait dressés h la Upëtrière, établit que l'aliénation mentale est excessivement Rqupnte pormi les prostituées, mais que rien n'est plus rare Oiez elles que le délire erotique, que ce délire soit chronique,

bme dans la folie, ou qu'il soit le résultat de fièvres ou de adies aiguës.

Ed raisonnant par déduction, il faut admettre que la passion tique est bien affaiblie chez les prostituées, puisque le déqui est ordinairement le miroir dans lequel viennent se Iflëchii'Ies passions dominantes, ne porte que très- rarement -cntpreintc des idées vénériennes, et que, par conséquent, le iUer auquel elles sont condamnées, c'est-à-dire les excès de lulation, n'est pas étranger à cet alanguissement de l'aiiilon sexuel.

L'observation est ici d'accord avec la théorie; les excès vélérieiis, comme toutes les choses dont on fait abus, engeo- Irent la satiété, et, par suite, l'indifférence. Le monde nous iffre, dans les deux sexes, des exemples nombreux de cette sa- Wlti; aujourd'hui où les jouissances de l'amoiu' sont sou- 'Mt cueillies par un âge qui se devrait seulement préparer à ils savourer, on rencontre à chaque pas de ces jeunes blasés Nse font honneur de la sécheresse de leur cœur et qui, au

besoin, étaleraient volontiers Timpuissance et la flétrissure de leurs organes.

. La femme ne se soustrait pas plus que l' homme aux smte inévitables de là satiété ; elle ne jouit pas de Theureux privilège de garder en son âme, alors qu'elle abuse de ses organes gémtaux, les aspirations amoureuses et les désirs vénériens qmk remplissaient naguère. Le vide se fait également en elle,* alors elle tombe dans cet état d'apathie morale caractérisée par la suspension ou la ruine de tout sentiment.

Quand il n'y a que suspension, la nature, si on la seconde par le repos génésiaque et par une excitation morale habîfement conduite, la nature, dis-je, finit toujours par reprendie ses droits et par restituer à la femme les mobiles sensuels qui la font se rapprocher de l'autre sexe.

Quant à l'abolition définitive des désirs copulateurs à la suite d'excès vénériens elle est très-rare, et elle n'a guère fe» que lorsqu'elle s'accompagne de la frigidité physique. Dans ce cas, toutes les ressources de l'art sont inutiles, et la femme est en quelque sorte dans un sexe neutre. Mais je le répète, ces cas sont plus rares qu'on ne pense, et il suffit souvent, pour voir renaître les désirs, de substituer au libertinage une continence soutenue par les distractions, et. en même temps irritée par des excitations puisées surtout dans le domaine du moral.

Excès de perversion du sens génital. — Les formes soos lesquelles peut se présenter la perversion génitale sont aussi nombreuses que les aberrations d'une imagination déréglée. Sans parler du fellator et du cunnilingus (1) , je ne citerai,

(1) Pour toutes ces aberrations erotiques voyei, outre les poètes de la décadence romaine : \* Erotika BiblioUy par Mirabeau, 1783, iD-8; ^ Histoire de la syphilis dans Vantiquitéy par Rosenbaum, traduit par Santlus, 1847, in-8, etc., etc.

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