FRIGIDITÉ CONSÉCUTIVE. — EXCÈS DE MASTURBATION
kpanni les vices les plus communs, que Tonanisme, la tribadie et la sodomie.
Ki . Gomme les observations que l'on peut faire sur chacun s d'eux s'appliquent à toutes ces perversions du sens géni- 5 !•!, je ne m'occuperai — et Ton comprend pourquoi — que -■ de la plus fréquente et la mieux acceptée, je veux dire Vonainùme.
5 Excès de masturbation, — Tous les auteurs qui ont pris la masturbation pour sujet de leurs études se sont plu, dans une - intention louable sans doute, mais qui bien souvent n'a pas f atteint le but qu'ils se proposaient, se sont plu, dis-je, à rem- I brunir sans mesure les couleurs avec lesquelles ils peignaient j les maux qu^entraîne celte funeste habitude; l'ouvrage de 'Hssot est resté, sous ce rapport, un livre classique.
Si ce n'était pas sortir de mon cadre, il serait facile de prouver cambien ces peintures sont tout à la fois exagérées, Inutiles, et même dangereuses ; la stricte vérité est suffisamment hideuse par elle-même, pour qu'il ne soit pas nécessaire de la charger d'images purement imaginaires.
Cependant il est incontestable que les excès d'onanisme attaquent la vie dans sa source et pervertissent quelquefois la sensibilité d'une manière étrange. A notre point de vue la perversion que je viens de signaler se porte moins sur la sensibilité physique que sur la sensibilité morale ; car sous le rapport, organopathique, la sensibilité générale est bien plus souvent atteinte que la sensibilité génitale.
Mais celle-ci, par suite des troubles apportés dans la sensibilité morale, ne se soustrait point à l'influence néfaste de l'onanisme ; elle la subit d'une manière bien réelle, quoique indirecte, et mérite par conséquent que Ton s'y arrête.
Le masturbateur, quel que soit le sexe auquel il appartienne, finit toujours par se complaire exclusivement dans ses plaisirs solitaires, et passe progressivement, vis-à-vis de l'autre sexe.
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de rindifférence à Taversion la plus prononcée. — Ce canotera est constant et a été noté par tous les observateurs.— k ne cherche point à en trouver les motifs dans une timidhé poussée à Textrême, ou dans un sentiment exagéré de lajudeur; car si la timidité ou la pudeur peuvent être le point de départ, ou mieux encore, l'excuse de la masturbation, elles ne sauraient être la source de la perversion qui affecte la sensibilité morale. L'habitude ne me paraît pas davanta^ rendre raison du trouble que je signale, et je préfère k considérer comme un désordre morbide intimement liée l'onanisme, ainsi que le sont la 'consomption, le rachitisme, la folie, etc.
D'ailleurs Téloignement pour les plaisirs du coït n'est pas h seule atteinte qu'éprouve le moral qui, sans parler de l'affaiblissement profond des facultés intellectuelles, peut aUer jusqu'à la folie et la démence : tout le monde sait que le masturbateur se révèle par un cachet tout particulier de son être moral, et que je n'ai pas à faire ressortir ici.
La répugnance que le masturbateur éprouve pour les rapports sexuels n'est en aucune façon comparable à la satiété qu'engendrent les excès de coït : ceux-ci étouffent la voix des voluptés génésiaques, quelle que soit d'ailleurs l'image soos laquelle se présentent ces voluptés, tandis que les excès d'onanisme ne glacent que les désirs de la copulation, et laissent subsister, s'ils ne l'augmentent encore, l'ardeur pour les plaisirs solitaires.
Sans doute la frigidité que ces habitudes entraînent n'est, à proprement parler, qu'une frigidité relative, puisqu'il reste à la sensibilité génitale un mode de manifestation. Cependant, en rentrant dans les lois de la physiologie, et en considérant que l'onanisme n'est pas l'excitation naturelle de la sensibilité génitale, on peut dire que l'aversion éprouvée par les mastu^ bateurs à l'endroit du rapprochement sexuel constitue un état
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morbide du moral, aggravé par la perversion de la sensibilité ' génitale.
C'est donc à la cause première de tous ces désordres, c'est-àdire à Tonanisme, que la médication doit d'abord s'adresser; oe n'est qu'après l'éloignement définitif de cette cause que Ton. peut, s'il en est besoin, ramener dans la voie normale Texcitant vénérien qui s'épuisait en des plaisirs solitaires.
Je n'ai pas à raconter tous les moyens mis en usage, prières, menaces, terreurs, appareils protecteursou contentifs, etc. , etc. , pcMir prévenir ou combattre la funeste habitude de la mastur* bation ; les ouvrages de Tissot (1), de Deslandes (2) et de Fournîer (3) renferment, sur ces divers points, des instructions précieuses et auxquelles je renvoie.
Cependant le point de vue spécial sous lequel je suis ici placé, c'est*à-dire la masturbation chez la femme, me fait un devoir d'insister sur un moyen que les auteurs cités plus haut n'ontpas suffisamment indiqué, et qui m'a bien souvent réussi, alors qu'avaient échoué toutes les ressources ordinaifes du raisonnement et de l'intimidation.
Ce moyen est la mise enjeu du sentiment maternel, auquel bien peu de femmes sont insensibles. Nous verrons plus loin quelle est l'influence exercée par la masturbation sur les facultés procréatrices de la femme; en attendant, il nous suffit de savoir que cette influence est acceptée comme néfaste par les gens du monde, et que le médecin est toujours cru quand il fait remonter jusqu'à elle la stérilité future ou présente d'une femme.
Il peut même aller plus loin, et réveiller, toujours au nom
(i) Tissot, Onanisme, dissertatian sur les maladies produites par la masturbation,
(2) Deslandes, De l'onanisme et des autres abus vénériens considérés dans leurs rapports avec la santé. Paris, 1835, in-8.
(3) Fournier, De Vonanisme, causes, dangers et inconvénients pour les individus) la famille et la société, 2^ édit, Paris, 1876.
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du sentiment de la maternité, les désirs et les plaisirs sexnè que Tonanisme avait glacés; il suffit d'évoquer la nécessitée la volupté dans le coït, pour que rimagination retrou^ks douces images, et par suite les ineffables sensations, compagne de Tamour.
Mais qu'en de pareils conseils préside une sage pradeixx; car presque toutes les femmes savent que la fécondation s s'accomplit pas fatalement au sein de la volupté, et elles povront sur ce point citer l'exemple de telles ou telles è leurs amies qui sont devenues enceintes au milieu de l'indifirence vénérienne la plus complète. Il faut, en semblable cn^ constance, prévenir tout conflit entre le médecin et la malade, parce que celle-ci, en une matière qu'elle croit être plutôt de la compétence de son sexe que de celle de Thomme de Tait, s'en réfère toujours à l'expérience acquise soit par elle-mènie, soit par ses compagnes ; aussi, je le répète, la plus grande <vconspection doit être observée sur ce point, et Ton verra pte loin, alors que j'établirdi les conditions nécessaires à la féootdation, les arguments que l'on peut tirer de la présence oi de l'absence du plaisir pour la génération.
Mais si le médecin échoue sur ce point, c'est-à-dire s'il ne peut convaincre la femme de la nécessité du plaisir sexuel pour la fécondation, ou s'il s'adresse à une femme enceinte ou déjà mère, il lui reste la ressource de plaider la cause des enfantSi et de les lui montrer frappés de rachitisme ou de scrofule : »■ rement une femme résiste à de pareils arguments, car dans ses rêves dorés déjeune fille ou de mère, elle donne à ses enfants une beauté idéale et une santé impossible.
Je le répète, le sentiment de la maternité, adroitement dirigé, est, chez les masturbatrices, un moyen puissant, noD* seulement pour les arracher à leurs funestes habitudes, mai^ encore, dans quelques circonstances, pour éveiller en leur imagination les tendres pensées et les amoureux désirs.
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