MALADIES DES CANAUX ËJACULATEUHS ET DK LA PROSTATE
partager en deui grandes classes, selon les résultats qu'elles produisent- Dans la première classe se rangent les lésions anatomiques susceptibles de mettre obstacle à la direction normale du sperme, soit en s'opposant à sa marche, soit en lui faisant prendre une route diCTérente de celle qu'il doit suivre.
La seconde classe comprend les affections qui, laissant complètement libre cette portion de la voie spermatique, altèrent les condîtioas dynamiques par lesquelles s'accomplit la marche du fluide séminal.
Comme sans doute on le pressent, ces deux genres d'affections ont une symptomatologie tellement différente, qu'il est impossible de les rapprocher et de les confondre. Tandis que dans les secondes, une certaine quantité de liquide spermatique s'écoule au dehors, les premières sont entièrement privées d'éjaculation et ne laissent suinter qu'une simple humidité produite par les glandes qui tapissent le canal de i'urèthre.
Les premières créent à la marche du sperme un empêchement mécanique; les secondes, au contraire, ne lui opposent, qu'on me passe le mot, que des obstacles dynamiques.
Examinons donc séparément chacune de ces deux classes d'affections, où, comme on va le voir, il est nécessaire d'admettre des degrés.
1° Obstacles mécaniques à la marche normale du sperme. — Ces obstacles font tantôt dans les canaux éjaculateurs et tantôt dans la prostate.
Toutes les causes que nous avons vues précédemment susceptiblei d'amener l'oblitération des canaux déférents peuvent avoir une action analogue sur les canaux éjaculateurs; l'inflammation, la tuberculisation, te cancer, l'ossiQcation, ainsi que Lallemand l'a observé, le dépôt de concrétions terreuses, comme l'a constaté Mitchell, sont tout autant de causes
ROUBACD, ^
Ô0& STÉRILITÉ CUEZ l'uOMME.
qui peuvent empêcher le sperme de passer des vésicules séminales dans Turèthre.
Dans d'autres cas, Tobstacle siège dans la prostate; Tinduration de cette glande, ses dégénérescences, son hypertrophie, sa phlegmasie avec ou sans formation de pus, etc., sont éplement des circonstances capables d'amener, d'une manièreoo d'une autre, l'oblitération de la partie des canaux éjaculateurs qui la traverse.
Ces oblitérations, que la cause siège dans les canaux éjaculateurs ou dans la prostate, sont souvent très-difficiles à constater sur le vivant, quand Toblitération n^a lieu que pour un seul côté des voies spermatiques. Dans ce cas, le côté reï>té libre fournit assez de fluide pour que la sollicitude du malade ne soit pas éveillée et pour rendre beaucoup moins grave le pronostic au point de vue seulement où nous sommes placé. Sans doute, quand on songe aux circonstances nombreuses qui, eu égard à la délicatesse et à la multiplicité des organes, peuvent empêcher la fonction spermatique, il est toujours sérieux de constater une lésion dans un de ces organes doubles; car, par le fait de cette lésion, le malade perd plus que U moitié de ses chances de fécondité.
Cependant, en tout état de choses, il n'est point stérile; pour qu'il le devienne, dans le cercle où nous sommes à préseul enfermé, il faut que l'oblitération se produise à la fois dans les deux canaux éjaculateurs.
Cette simultanéité d'obstruction n'est pas commune; elle a été cependant observée : Lallemand, Ricord, Gaussail, Culle* rier, etc., ont rencontré dans ces organes, tantôt de l'encéphaloïde, tantôt du tubercule, tantôt des granulations osseuse et tantôt des matières morbides venues de la prostate.
Dans tous ces cas, l'éjaculation et même le suintement du fluide spermatique sont impossibles. Pas n'est besoin d'eiaminer au microscope le pus^ le liquide rendu pour y chercher
HAJ.AD)ES bES CANAUX KJACULATËURS ET HK LA PROSl'ATE. &9&
les Spermatozoïdes ; la quantité de ce liquide, à défaut d'autre caractère physique ou chimique, suffit toujours pour eu trahir la source. Cette absence d'éjaculalion, ou pluldt de fluide spermatique, est un symptôme capital, qui, rapproché des signes fournis par le toucher rectal et le cathélérisme, peut permettre de fixer la désignation exacte du siège de la maladie.
11 est des circonstances où le fluide spermatique manque compliStement^ comme dans les cas rapportés plus haut, tant que la verge est en érection, mais s'écoule au dehors en bavant, ou mêlé à l'urine, dès que le pénis revient à la flaccidité. « De la Peyronie (1) parle d'un homme qui avait déjà eu trois enfants, et qui, k la suite d'une gonorrhée dont il négligea le traitement, faisait de vains efforts pour éjaculer le sperme, qui ne sortait qu'en bavant, peu de temps après le coït; l'urine, cependant, était rendue sans difficulté, ce qui ne permettait pas de supposer un rétrécissement ou tout autre obstacle dans l'urèthre. A l'ouverture du cadavre, on trouva une cicatrice sur l'éminence de la portion du verumontanum qui regarde la vessie ; les brides de cette cicatrice avaient changé la direction des vaisseaux éjaculatoires, de manière que leurs ouvertures, au lieu d'être dirigées, comme elles le sont naturellement, vers le bout de la verge, l'étaientdanslesens contraire, c'est-à-dire vers te col de la vessie ; aussi le sperme ne pouvant plus se diriger vers le bout du gland était réfléchi vers le côté droit du col de la vessie (2). i
L'hypertrophie totale ou partielle de la prostate peut aussi changer la direction des conduits éjaculateurs et reproduire l'accident observé par de la Peyronie.
Ce dyspermatisrae, pour me servir de l'expression de Pinel,
(1) De la Peyronie, Sur quelques oOstacks gui s'opposetil à [éjaculalion naturelle de la semence. {Mémoires de l'Académie de chirurgie^ Paris, 1743, t. 1, p. i27.)
(2) Orfila, Traite de médecine légale, 4' âdit., I. I, p. 180.
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OU cet aspermalisme, pour employer une expression qui me paraît rendre plus fidèlement ce plicnomène, n'est pas toujours la conséquence d'une lésion de la prostate ; il est tantôt sous la dépendance d'un rétrécissement de l'urèthre, et tantftl sous celle de contractions spasmodiques de ce canal, et même de contractions semblables des conduits éjaculateurs.
Le diagnostic différentiel de ces diverses affections a la plus haute importance pour le traitement, car toute médication intempestive peut indéfiniment perpétuer Timpossibilité de l'éjaculation.
Le toucher rectal, le cathétérisme et récoulement deTurine sont les bases du diagnostic différentiel de la lésion de la prostate et de celle de l'urèthre. Il est impossible qu'un examen qui tiendra compte des signes fournis par ces trois modes d'investigation ne conduise pas à l'exacte détermination du siège de la maladie.
Mais cette CQrtitude est plus difficile à acquérir quand l'aspermatisme reconnaît pour cause un spasme nerveux. Les signes sont tous alors négatifs. Malheureusement il est certaines lésions de la prostate, telles, par exemple, que l'induration profonde d'un de ses lobes, qui échappent à tous nos moyens d investigation, et qui, par cela même, peuvent faire croire à un état spasœodique. Dans d'autres circonstances, au contraire, une légère hypertrophie de la prostate peut simuler des désordres fonctionnels dont elle est parfaitement innocente, et qui tiennent bien réellement à un état nerveui de cette partie des voies spcrmatiques : c'est ce qui, en effet, m'est arrivé bien positivement une fois. Par le toucher rectal, j'avais constaté un développement anormal du lobe moyen de la prostate, et je crus que l'impossibilité dans laquelle se trouvait le malade d'accomplir l'éjaculation n'avait pas d'autre cause que cette hypertrophie partielle de la glande, qu'expKquaient d'ailleurs plusieurs bleunorrhagies successives et mal