MALADIES DES CANAUX ÉJACULATEURS ET DE LA PROSTATE
soignées. Convaincu de la bonté de mon diagnostic, j'insistai sur les émissions sanguines locales, et plus je recourais à ce moyen thérapeutique et plus il semblait au malade que son affection s'aggravait. Le malade se fatigua de l'inutilité de mes soins et alla cor>sulter un confrère, qui, mieux inspiré que moi, et profitant probablement aussi de Texpérience fournie par mon traitement, ordonna les bains, les onctions opiacées et belladonées, les antispasmodiques et le camphre à Tintérieur. Sous l'influence de cette médication, le malade recouvra l'exercice normal de ses facultés génératrices, et je pus constater Terreur que j'avais commise, en retrouvant intacte Thypertrophie de la prostate.
Que ce fait, dont les analogues se rencontrent tous les jours dans la pratique et que, par un sentiment mal placé d'amour propre, leurs auteurs mettent grand soin à cacher, que ce fait soit une leçon profitable pour le jeune médecin; car rien n'est aussi difficile que le diagnostic diCTérentiel des maladies de l'appareil génital.
Mais revenons, pour les résumer, aux lésions des canaux éjaculateurs et de la prostate, qui mettent obstacle à la marche naturelle du sperme.
Ces maladies, qui forment la première classe des affections de ces organes, considérées au point de vue de la stérilité, doivent se subdiviser en deux ordres : 1* celles qui créent un obstacle permanent à la marche du sperme, et qui sont caractérisées par l'oblitération de cette partie des voies spermatiques, quelle que soit la cause de l'oblitération ; 2» celles qui ne font que détourner le sperme de sa route naturelle et qui ne s'opposent à sa sortie que dans l'état d'érection de la verge.
Ainsi que je l'ai déjà dit, Taspermatisme, qui est lié aux affections du premier ordre, réclame une médication variable selon la nature de ces affections. Je ne reviendrai pas sur ce point qui m'a longuement occupé.
598 STËRILÎTÉ CHEZ l'hOMME.
L'aspermalisme, caractérisé par Timpossibilîté de l'éjaculatîon pendant rérection du pénis et par la sortie de la liqueur séminale lorsque la verge reprend sa flaccidité, est la conséquence, sans parler encore des états morbides du canal de l'urèthre, tantôt d'une lésion anatomîque de la prostate, et tantôt d'un état spasiaodique des canaux éjaculateurs, auqud participent souvent la prostate et le col de la vessie.
Dans le premier cas, lorsqu'il est possible de constater la nature de la lésion prostatique, le traitement de l'aspermatisme se confond entièrement avec celui de la lésion de la glande, puisque c'est cette lésion elle-même qui produit rirapossibilité de réjacnlation. Je n'ai point à faire ici l'histoire de ces diverses lésions, et je ne puis que renvoyer le lecteur aux traités généraux ou spéciaux de pathologie.
L'état nerveux des canaux éjaculateurs, de la prostate et du col vésical qui, en se contractant spasmodiquement sous l'excitation vénérienne, empêchent l'éjaculation de se produire, rentre dans la seconde classe des maladies de ces organes ; ces affections, en laissant complètement libre cette portion des voies spermatiques, n'altèrent que les conditions dynamiques au milieu desquelles s'accomplit la marche du fluide séminal; c'est cette seconde catégorie que je vais maintenant examiner, et qui ne crée à la marche du sperme, comme je viens de le dire, que des obstacles dynamiques.
2" Obstacles dynamiques à la marche du sperme. — L'éjaculation spermatique exige, pour son accomplissement, Faction réunie de plusieurs organes; il lui faut les contractions des canaux éjaculateurs, des vésicules séminales, des canaui déférents, et probablement aussi celles de l'épididyme, contractions multiples, comme on voit, auxquelles on doit encore ajouter celles des muscles du périnée et celles du muscle de Wilson, qui entoure de toutes parts la portion membraneuse de l'urèthre.