ABSENCE CONGÉNITALE DE L^URÈTHRE
!• Absence congénitale de furèthre. — Ce vice de. conformation se rencontre plutôt chez la femme que chez l'homme ; cependant ce dernier en a offert des exemples. Dans ces cas Turine s'écoule par l'anus ou dans les environs, soit que les uretères débouchent directement dans le rectum ou au périnée, soit qu'il y ait une vessie et un commencement d'urèthre. Dans le chapitre consacré aux vices de conformation de la verge, j'ai rapporté l'observation d'un nouveau-né dont le pénis était absent et dont les urines s'écoulaient par le rectum (1) . Je dois maintenant raconter un de ces rares faits observé chez l'adulte, et montrer que cette anomalie qui rend la copulation et par suite la fécondation impossibles, s'accompagne cependant des attributs attachés à l'existence de l'organe essentiel de la génération, c'est-à-dire développement de la barbe, gravité de la voix, étroitesse du bassin, désirs vénériens et recherche de la société des femmes.
Le fait a été rapporté, dans tous ses détails, par Goschler qui n'en a pas trouvé d'analogue dans les recueils et les ouvrages allemands.
Dans sa remarquable thèse de concours (2) M. F. Guyon en donne un extrait que je vais reproduire :
<f Patt, âgé de vingt-sept ans, homme d'une force peu commune, grand, fort; bien constitué, sauf les organes génitaux; barbe blonde et très-abondante, pénil couvert de poils touffus, scrotum régulièrement conformé, avec un raphé. La verge manfiue complètement ; Patt est né avec cette imperfection. Dans un examen minutieux, il n'y a pas moyen de trouver la moindre trace de pénis à l'endroit dont il s'agit. Le testicule droit et le cordon sont normaux ; à gauche, on constate une orchite aiguC
(1) Voyez la page 91.
(2) F. Ga|on, Des vices de conformation du canal de Vurèihre chiz l'homme et des moyens d'y remédier^ thèse de concours. Paris, 1863, p. 45, 46.
61 A STÉRILITÉ CHEZ l'hOMME.
pour laquelle le docteur Goschler a dû être consulté. Sur b paroi antérieure du rectum, à une hauteur de quatre lignes, se trouve sur la ligne médiane une ouverture arrondie don* nant issue à l'urine. En avant de Torifice anal, on remarqtt une partie cutanée, ridée, de forme triangulaire, se tiounsl sur le raphé. Semblable à une crête de coq, d*abord étroite, cette saillie mesure un pouce et demi de long et trois quaite de pouce de large, et se termine à la partie antérieure de Tanus. Elle est pourvue à son angle inférieur d'un appen£oe yerruqueux d'une ligne d'épaisseur, et consistant vraiseinldAblement en du tissu érectile, car il se gonfle toutes les fois qa'il y a des excitations génitales, auxquelles Patt est très-suj^ L'érection dure plusieurs minutes, elle est suivie ordinairement de la sortie, du sperme par l'ouverture du canal de Turèthre, et cette ouverture se trouve dans le rectum. Étant jdas jeune, Patt a remarqué, lorsqu'il montait à cheval sans selle, que l'épine dorsale de l'animal produisait l'excitation de si tumeur érectile, amenait un gonflement de celle-ci et en même temps des désirs vénériens. Depuis ce temps il se sert, pour arriver au même but, d'un b&ton, du dossier d'une chaise oa de tout autre corps analogue. >
L'observation de Patt a quelque analogie avec celle que rapporte Pinel (1), et dans laquelle la partie inférieure du caDal était intacte ainsi que le verumontanum, ce qui permit de sonder les conduits éjaculateurs et de constater la présence des conduits prostatiques.
EnlSn et pour terminer, avec un aimable philosophe, ce ch^ pitre où l'art n'a rien à faire, je rappellerai cette observation de Montaigne : a Je viens de veoir un pastre en Medoc, de trente ans ou environ, qui n'a aulcune monstre des parties génitales: il a trois trous par où il rend son eau incessamment, il eA
(1) Pinel, Mémoires de la Société médicale d*émulationy t. IV.
HTPOaPADrAS ET ËPI8PAOIA8. 016
barbu, a désir, et recherche l'attouchement des femmes (1). »
3* Obiilération partielle de furèlhre : hypospadiaa et épi- Spaàias, — ' L'urèthre peut être oblitéré dans une portion plus oo moins étendoe de son parcours, et alors les liquides gui traversent la partie restée libre, s'écoulent par une ouverture plus ou moins rapprochée des bourses, selon l'étendue de la portion oblitérée.
Cette ouverture s'ouvre tantàt i la face inférieure et tantdt & la face supérieure de la vei^e. Le premier cas constitue l-'hypospadias, etle.second Tépispadias.
■ Cette ouverture anormale existe quelquefois avec la perméabilité complète de tout l'urèthre, de sorte que celui-ci présente alors deux ouvertures, dont la première est située sur un point quelconque de la verge, et dont la seconde occupe ga place ordinaire au sommet du gland.
Dans d'autres circonstances, l'oblitération de l'urèthre ne commence que sur un point assez éloigné de l'ouverture anormale, de telle manière qu'une partie du liquide s'écoule directement par cette ouverture, tandis que la partie qui ne l'a pu franchir, est poussée jusque dans le cul-de-sac formé par l'oblitération, et est obligée de rebrousser chemin pour retrouver la seule issue qui lui soit offerte.
Toutes ces anomalies peuvent être considérées comme des variétés de l'hyposdias dont je vais maintenant m'occuper.
L'hypospadias, caractérisé par la situation de l'ouverture uréthrale externe à la face inférieure de la verge, constitue-t-i] une cause radicale de stérilité? Moschion, Galien, Paul d'Églne, Albucasis chez les anciens, répondent par l'affirmative; «non, dit Galien, parce que les hommes ainsi conformés manquent de semence féconde, mais parce que cette humeur, ralentie par la tortuosité du canal, ne se porte pas directement dans l'utérus. * Chez les modernes, quelques auteurs, et prin- (1) HoDtaigne, Sttai$ Paris, 1793, 1. II, p. 608
690 STÉRILITÉ CHEZ i/hOMBIE.
anatomiqiic qu'offrent tous les épispades dont nous possédons l'observation depuis Ruyscb, qui paraît être le premier à afoir noté cette anomalie. Salzmann Ta trouvée chez un jeune paysan âgé de vingt-deux-ans (1); Turèthre, normal depuis lavesae jusqu'à Tarcade du pubis, passait dans ce point entre lesdeux racines du corps caverneux pour aller s'ouvrir sur le dos de la verge. A partir de Témergence, l'urèthre n'était plus qu'une gouttière qui régnait tout le long du pénis jusqu^au sommet du gland ; celui-ci était très-volumineux ainsi que la verge, plus courte cependant que dans l'état ordinaire; l'urine suiTiit la gouttière sous forme de jet, mais sans s'éparpiller. Lesé^e^ tions étaient à peu près nulles, et Salzmann décida queee jeune homme était impropre au mariage.
« Nous avons vu, dit Ghopart, un garçon Agé de dix ansqjoi avait l'urèthre au-dessus du corps caverneux ; l'orifice du tst nul était près de la symphyse du pubis, et l'urine sortait par jet du côté du ventre; l'urèthre dans le reste de sa longueur était ouvert et formait une espèce de gouttière rougeAtre qd se terminait par une substance charnue, en forme de glani aplati et qui aurait été fendu dans la moitié de sou épaisseur (2). »
Le mécanisme que j'invoquais tout à l'heure pour expligoerl la faculté fécondante des hypospades. est plus compréhensibk dans l'épispadias qui offre constamment la gouttière dontb| première anomalie est quelquefois dépourvue.
Cependant les épispades sont généralement impropres à kl génération, à cause surtout de la petitesse de la verge, et dek non-érection des corps caverneux qui ne permettent pas l'ii' tromission, malgré les désirs vénériens qui existent, et lapri* sence normale des organes reproducteurs essentiels, cooMÏ
(1) Salzmann, De hemiâ vesicœ urinariœ, Strasbourg, 1732, obs.6
(2) Ghopart, Œuvres complètes. Traité des maladies des voies ^\ nairesy t. il, p. *289.
UÏP08PAD1AS ET ÉPISPADIAS. 621
on peut le voir par le travail de M. Dolbeau (1), le plus complet et le plus récent sur une ÏDârmité qui ne doit pas m'arrôter plus longtemps.
Quoi qu'il en soit et pour en revenir au mécanisme du pouvoir fécondant des hypospades, je dois déclarer que l'explication que je viens de donner se trouve depuis longtemps daiii; la science, et que, pour la souteiiir, Morgagni la corrobore ' par l'exemple du pénis des tortures et des vipères, dont le ' {dancher inférieur de l'urèthre manque naturellement et so
trouve suppléé, pendant le coït, par la tunique vaginale. - Je ferai également remarquer que cet artiOce dans le mé- '- canisme de la fécondation , serait annulé dans le cas où l'bypoi spadias se compliquerait d'autres vices de conformation de la verge, ce qui n'est pas rare, et dans celui où le gland se ren- '■'■ verserait en arrière pendant le coït, et s'interposerait ainsi ôi mtre la matrice et l'ouverture uréthrale; aggravation qui tt se présente souvent, parce que le gland ne participe pas & la 9' turgescence delà verge, ainsi que Morgagni l'a observé.
0 En résumé, l'épispadias est presque toujours un motif d'im- %t possibilité de féconder, à cause de la disposition de la verge •ttpù. ne permet pas ou qui ne permet qu'incomplètement le
coït.
gi L'bypospadias, au contraire, n'est une cause absolue et ra- ^dicale de stérilité : 1° que si l'ouverture anormale siège au *f- périnée ou à la base de la verge, avec oblitération de la partie
antérieure de l'urèthre; 2' que si, par l'effet de l'érection, af jeUe ne subit aucun changement de forme et de direction, et ■t^reste tournée en bas et en arrière; 3° enûn que si le gland et tfJBS corps caverneux n'entrent pas en érection.
1 Ces conclusionsque j'indiquais il y a vingt ans, ont été con- ' Armées par les travaux qui ont été faits depuis cette époqua
. (1) Dolbeau, De Vépupadim ou jtwure uréthrale supirimrt et de iraitement. Paris, 1860.
622 STÉRILITÉ CHEZ l'hOMME.
et dont le mémoire du professeur Bouisson, de Montpdlier, est le plus ccHuplet et le plus considérable (1).
Je ne puis ici qu'en donner les conclusions qui sont les suivantes : (( 1* Il est des cas où il y a possibilité de coït et de fécondation : ce sont la plupart de ceux où il existe un hjrpih spadias balanique avec ouverture anormale, libre et aasa large, ou un hypospadias pénien avec ouverture rapprochée du gland.
» 2'' Dans d'autres cas, il y a possibilité de coït sans fecoodation. Cette catégorie comprend Thypospadias pénien sa» gouttière uréthrale, ou Thypospadias scrotal, sans trop forte incurvation de la verge.
> 3« Il est des circonstances dans lesquelles le coït et la ficondation sont difficiles ou impossibles ; à cette catégorie ap* partiennent l'hypospadias scrotal, avec forte incurvation de b verge, et le plus grand nombre des cas d'bypospadias périoéil.
1 A'' Enfin, dans un quatrième groupe, on peut ranger hs cas où il y a impossibilité simultanée de coït et de fécondatioo. Ce sont les cas d'hypospadias vulviforme avec incurvation, iho» cidité du pénis et chryptorchidie. »
La chirurgie n'est pas désarmée dans tous les cas d1i|p(^ spadias ; on peut quelquefois, par un débridement ou une ans* plastie, refaire une ouverture uréthrale à peu près normale, cl remédier ainsi à la stérilité.
Mais dans les cas où ces anomalies de l'urèthre sontdei causes certaines et inguérissables d'infécondité, il est penÉ de recourir à la fécondation artificielle dont on trouvera pta loin l'histoire et le mécanisme.
3« Multiplicité des méats urinaires et de turèthre. — LV rèthre peut déboucher au gland par plusieurs ouvertaits> Fabrice de Hilden donne à une de ses observations un titt
{{) Bouisson, tribut à la chirurgie. J— De Vhypospadias et de0 traitement, Montpellier, 1861, t. 11, p. 484.
MULTIPLICITÉ DES UÉATS URINAIRBS. 62S
I: qui ferait supposer en même temps l'existence de deux urèthres :
De duplici duciu urinario (1) . Haller parie même de trois
1: ouvertures : Tria ostia mtmo glando (2), et Vidal (de Cassis)
\) assure avoir observé un fait analogue : « Il y avait encore ici
[g trois ouvertures, dit-il ; deux perçaient le gland, et la troi-
j sième était à la partie la plus inférieure de la fosse naviculaire,
i; à la base même du frein. Celle-ci était la plus large ; les deux
do gland, extrêmement étroites, ne laissaient passer Turine
ji que quand elle était fortement projetée ; le sperme ne pouvait
:i les traverser, etc. (3). > Ce fait n'est qu'une variété de Thypo-
n spadias incomplet dont j'ai parlé tout à Theure, et caractérisé
par deux ouvertures, dont Tune est à sa place ordinaire^ et
^^ dont l'autre siège entre le gland et les bourses, plus rappro^
,0 chée tantôt du gland et tantôt des bourses«
^ Cette multiplicité d'ouvertures doit-elle faire admettre la mul'*
^ tiplicité de l'urèthre, comme quelques auteurs l'ont cru d'après
^ l'observation de Fabrice de Hilden ? Cette question n'est pas
yt précisément pour nous d'une importance majeure, car il im-
^ porte peu, pour le résultat qu'il s'agit d'atteindre, c'est-à-dire
la fécondation, que le sperme s'échappe par deux voies diffé-
^j rentes, pourvu qu'il s'échappe dans les conditions nécessaires
"^ à l'imprégnation, c'est-à-dire avec une certaine force et dans
^ . l'axe de la verge. Cependant, un urèthre double modifierait
~^ assez profondément ces conditions, pour qu'il soit nécessaire
^ de rassurei* les praticiens sur l'existence de cette anomalie. Il
, est incontestable^ en effet, que plusieurs ouvertures ont été
observées au gland, et que toutes ne communiquaient pas avec
le même canal; mais il est également certain qu^il n'a jamais
^ - (1) F^abrlce de Hilden, Ob$erv. et cuvât chirufg. centuria. Bâle, 1606, ^ .cent. i.
^ (2) Haller. Elementa physiologiw, Lausanne, 1757^1766, t. VH ^ lîb. xxvu, p. 470.
(3) Vidal (de Cassis), Traité de pathologie externe, i* édit. Paris, IS fc* t. IV, p, 486.
62A STÉRIUTÉ CHEZ l'uOMM£.
existé qu'un seul urèthre. Les autres conduits qui s'ouvraiail à côté du méat urinaire, étaient de fausses routes ou des canaux artificiels, qui n'avaient aucun des caractères du caml de Turèthre.
4" Déviations de furèthre. — Les ouvertures anormales que j'ai dit tout à Theure constituer Thypospadias et Tépispa dias, ne sont pas toujours liées, ainsi que je Tai fait ranirquer, à une oblitération partielle de Turëthre ; elles sont quelquefois la conséquence d'une déviation de ce canal, comme i! arrive le plus ordinairement dans l'épispadias, par exempk, où Turèthre longe le dos de la verge.
Quelquefois les conditions normales des rapports de Torethre avec les corps caverneux sont encore plus profondément modifiées que je viens de le dire, et on voit Turèthre s'ouvrir à la région inguinale, ainsi que Haller en rapporte un exemple (1).
D'autres anomalies de direction peuvent modifier les rapports de Turèthre et de la prostate, à ce point que les canaui éjaculateurs et les vésicules séminales manquent, comme dars la très-curieuse observation d'hermaphrodisme rapportée par M. Bouillaud et dont il sera question plus loin.
Dans tous ces cas, la chirurgie désarmée reste impuissante devant une erreur de la nature au-dessus de nos ressources.
B. États morbides de l'urèthre. — Les accidents qui onlk pénis pour siège peuvent n'intéresser que le canal de Turèthre. ou s'adresser aux autres éléments qui constituent la veige.
Ces accidents se produisent le plus ordinairement de deboi^ , en dedans ; mais ils peuvent également être amenés par cb ' causes qui agissent de dedans en dehors. j
Les premiers, contusions, déchirures et plaies contusesdej Turèthre, sont presque toujours dus à une chute ou à un co^ qui a porté sur le canal ; la section totale ou partielle deTuri
(1) Haller, toc. cit.
THAUMATISME UE l'dRÈTHRI!. 625
Ihre, avec section ou lésion des autres lisaus de la verge, reconnaît pour cause tantât une opération chirui^cale, tantôt un accident volontaire ou involontaire, comme l'amputation du pénis dans des cas de désespoir ou de jalousie, ou un coup de feu, ainsi que je l'ai vu pendant le combat de juin 1848.
Les causes qui procèdent de dedans en dehors sont les corps étrangers proprement dits et les calculs, surtout les débris de pierres à la suite de la lithotritîe ; les instruments même qu'on introduit dans l'urèthre, soit pour broyer les calculs ou les extraire, soit pour évacuer la vessie ou pour cautériser un rétrécissement, etc., figurent aussi, pour une grande part, dans les plaies et déchirures de l'urèthre.
Tous ces accidents n'ont pas, au point de vue qui nous occupe, une égale gravité.
Si l'urèthre seul est accidentellement emporté dans la totalité ou dans une partie seulement de son parcours, depuis l'arcade du pubis jusqu'au méat, on se doit considérer comme en présence d'une espèce d'hypospadîas avec oblitération partielle de l'urèthre, et dont l'ouverture de celui-ci se trouve plus ou moins rapprochée du scrotum.
Dans d'autres circonstances, l'urèthre, sans éprouver une grande perte de substance, est simplement ouvert sur un point de son parcours, soit par une cause ayant agi de dedans en dehors, comme dans les cas de graviers, de fausse route pendant le cathélérisme ; soit par une action extérieure, comme dans les cas de contusions ou de blessures.
Cette ouverture non cicatrisée est généralement le point de départ de fistules et d'infiltrations urinaires qui, sans abolir d'une manière absolue la faculté procréatrice, la compromettent par les désordres dont deviennent le siège les organes externes de la génération, et aussi parle dégoût et l'éloignement qu'inspire cette dégoûlanle infirmité.
Dans les cas plus heureux où 1* ■ '^e l'urèthre a pu être
BOUBAUD. U)
626 STÉKILITÉ CHEZ L*U03IMB.
guérie, la cicatrice qui en résulte déforme et rétrécit quelqu^ fois le canal à ce point que, non-seulement le sperme e<t ralenti et arrêté dans sa marche, mais encore le pénis, pendant rérection, est tiré en bas de façon à rendre la copulatioo impossible ; on rentre alors dans le cas des coarctations de Turèthredont je me suis occupé plus haut, avec cette circonstance aggravante que cette cicatrice est presque toujours plus difGcile à faire disparaître que les rétrécissements, bien que les moyens réparateurs soient identiques dans Tud et l'autre cas.
Dans d'autres circonstances, Turèthre n'est pas seul atteint : les corps caverneux subissent sa destinée, soit qu'ils nëprouvent qu'une perte de substance, soit qu'ils disparaissent emportés, comme dans les cas de gangrène, d'amputation chirurgicale ou de perte accidentelle de la verge, etc.
Quand les corps caverneux ne sont que contusionnés ou blessés, le dommage n'est pas grand au point de vue de la fonction procréatrice ; tout au plus peut-on craindre une deformation du pénis qui, jointe à la cicatrice de la plaie uréthrale, vienne augmenter les difûcultés de la copulation dont j'ai tout à l'heure fait ressortir la gravité.
Lorsqu'un accident ou une opération ont emporté la verge, l'acte génital n'est pas toujours compromis ; si une portion tlu pénis est conservée, la copulation et la fécondation sont dan? quelques cas possibles; mais si, au contraire, la verge a été enlevée au niveau ou presque au niveau du pubis, rintri>mission ne peut avoir lieu, et, par suite, le jet spermatique, s' égarant à l'entrée du sanctuaire de la femme, ne peulp^if' venir jusqu'à l'organe gestateur.
Je sais bien qu'artificiellement, surtout si la femme ^ affectée d'un prolapsus utérin, la fécondation peut à la ngueur se produire ; j'ai même lu quelque part la description d'un appareil cylindrique, destiné à conduire le sperme ju^'
628 Stérilité chez l'hom^è.
parle pas de la douleur éprouvée par la femme qui, sou§ $on influence, se livre à des mouvements bien souvent contraire? à la fécondation, comme on le verra plus loin.
Une verge trop longue, en dépassant l'ouverture inférieure de Tutérus et en allant perdre sa tête dans le cul-de-sac vaginal, égare le fluide spermatique et réloîgnc.de son point de mire, qui est le museau de tanche. Un peu de précaution do côté de l'homme, ou un mouvement de recul du côté de It femme peuvent facilement obvier à ce désavantage.
Ces deux inconvénients sont rarement assez exagérés pour entraîner rinfécondité; d'ailleurs, comme ils n'affectent que le volume de la verge, et comme, d'autre part, la capacité du vagin et la position de l'utérus sont essentiellement variaMes, il s'ensuit que ces anomalies sont les causes d'une stérilité purement relative, et qu*elles n'annulent aucune des conditions de la fécondation chez Thomme, considérée isolément.
Mais il n'en est plus de même quand la verge ne |)Os>ède pas la rigidité de Tércction, car alors une des conditions delà fécondation chez Thomme, lejaculation, est fatalement détruite.
Il est incontestable que la stérilité n'est pas une cause d'impuissance. Celte pro^>osition a été bien souvent mise hors de doute dans le cours de cet ouvrage (1). Mais en est-il denn*'»nc pour la proposition renversée? En d'autres termes : l'impuis- ^ance est-elle une cause de stérilité?
En restant dans les conditions ordinaires du coït, je n'hésite pas à répondre par Taffirmative : oui, l'impuissance e?t une cause de stérilité.
Mais en se plaçant au point de vue de la sécrétion spermatique, je suis, au contraire, autorisé à répondre : non, l'impuissance n'altère pas le principe de la fécondité.
(1) Voyei entre autres les p. if)7 cl suiv.
FLAl!i;iljrrÉ DE LA VEaGK. 620
Eipliqiioiis-tious. — Je note que, dans les lignes qui vont Bjivre, je limite le mot impuissance à la seule flaccidité de la ?erge.
De toutes les conditions que j'ai reconnues nécessaires, du l6té de l'homme, à l'accomplissement de la fûcondation, la Isccidité de la verge n'en détruit qu'une : le lancement du |terme contre le museau de tanche, c'est-à-dire 1 ejaculalion léminale.
, Sans doute, on peut avec de l'art et de la patience introloire dans le vagin une verge mollasse, et assister à la déplt?lion des réservoirs spermaliques ; mais quelque effort que l'on bsse, on n'obtient jamais les saccades par lesquelles est lancé le sperme dans les circonstances normales.
La liqueur séminale ne pénètre point alors dans l'utérus : !• parce que, sortant sans force, elle ne franchit pas l'espace gui sépare le museau de tanche et le gland du pénis, en ad- Eoettant même que les plis du vagin soient snfûsamment tffacés; 2' parce que l'utérus, privé du choc de son excitant laturel, le sperme, se soustrait à cett'i contractilité que j'ai lit être si favorable à la conception,
Quoique ces défauts dans les conditions physiologiques du vît rendent parfaitement compte de l'infécondité qui accomngue l'impuissance, j'ai voulu savoir si, par une loi fatale le corrélation inéluctable, l'impuissance essentielle n'enratnait pas nécessairement la suspension de la sécrétion permatique.
Sans doute, il est parfaitement établi en physiologie que Drsqu'une fonction ne s'accomplit plus, les organes qui lui ont consacrés finissent par s'altérer et se perdre. Or, l'im- »uissance, étant une cause radicale de stérilité par impossibiîté de copulation, ne peut-on pas admettre qu'il existe une elle corrélation entre-l'organecopulateuret l'organe sécréteur i\i sperme, que la lésion de l'un am^ne une lésion identique
OSO STÉRILITÉ CHBZ l'hOMMS.
sur Tautre? Celte influence est vraie, jusqu'à un certain point, quand elle s'exerce des testicules sur la verge, car on sait qw les castrats et les eunuques, s'ils ne sont pas coraplétemenl impuissants, ne jouissent que de facultés viriles très-borD*e>.
En est-il de même de l'influence de Torpane copulateursur l'organe sécréteur du sperme, et conséquemment sur le produit de cette sécrétion? Il est difflcile de résoudre le problème d'une manière générale, malgré les facilités que semble de\air fournir le microscope. Cependant, sans revenir sur les cau>e> si nombreuses de l'impuissance, je vais essayer de formuler une réponse d'après les expériences que j'ai dirigées dans ce gens, en faisant observer que je n'ai tenu compte que delà sécrétion testiculaire, sans m'occuper des altérations qui peth vent en atteindre le produit et dont l'étude remplit le chapitre suivant.
Quand l'impuissance ne s'accompagne pas de spermatiffrhée, quand elle n'est pas le résultat d'un afTaiblissenient général, d'une détérioration de l'organisme, en un mot, quand elle n'a pour causequ'un trouble de l'influx nerveux ou quVH*' est produite par la faiblesse des muscles qui concourent aierection, ainsi que j'en ai un exemple au^ moment ou j'erri» ces lignes, j'ai presque constamment trouvé des zoospermt's dans la liqueur séminale, surtout lorsque l'impuissance non'montait pas à une époque trop éloignée. Chez le malade dont je viens de parler, la verge n'a qu'une demi-érection, inalirr»' la vivacité de désirs vénériens et malgré des |)ollutions nfturnes qui se renouvellent une ou deux fois par semaine. U masturbation détermine l'excrétion du sperme, avec jouis^sance et avec dos saccades assez faibles et proportionnées à la if niiité de l'érection. Chez ce malade dont l'impuissance e^i i^"^ venue, sans cause connue, pendant la traversée de Mont^i»!^' au Havre, la liqueur séminale contient des zoospermes. L'anapbrodi^ie date de six mois environ et s'améliore seosiblemeot
ÉTAT MORBIDE DU SPERME. ttSl
SOUS l'influence de la strychnine et sous l'action des courants galvaniques.
Mais (juand l'organisme est profondément altéré, comme dans le diabète; quand rimpiii^sance est le résultat de pertes îéminales ou autres, qui ont jeté la constitution dans l'afTaiblissement et le marasme, les testicules participent à cette foible-se générale, sans que le trouble de leur sécrétion puisse raisonnablementètre attribué à l'impuissance ; ce sont teux phénomènes concomitants de l'altération de l'organisme, Btils n'ont entre eux que les relations qui unissent les symîtflmesd'une même affection.
En résumé, l'impuissance en elle-môme, circonscrite dans e fait seul de la non-érection de la vei^e, n'empêche pas la sécrétion du sperme, de sorte que la possibilité de la copulation uï étant rendue, le malade conserve tous les droits à la féconlation.