CHAPITRE IV
ÉTAT rATilOLOGFQUE Di; SPERME.
Li diatbèse est une vi-ritable constitution morbide ; elle im- (rime donc son caractère spécial à toutes les parties de l'orgalisme et communique aux produits des sécrétiens le principe nique qui la constitue ; c'est ainsi que s'expliquent certaines ransmissions pathologiques : celle des nourrices à leurs nourissons p^r le lait; celle de l'un des époux malade, au moyen es sueurs que l'antre vpoux absorbe. — C'est la contagion de iphthisîe admise par les anciens.
Le^produitsdelasécrf'tiontesttcnlaire et ceux do la sécrétion rarienne subissent aussi rinHuence des diathèses : tantôt ils snt taria dans leur source, comme dans la période avancée
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de la tuberculose; tantôt ils n*ont plus une vitalité îoiffisanie pour que le germe fécondé vive et se développe, comme dans rintoxication syphilitique; tantôt enfin ils communiquent au nouvel être assez d'énergie pour que la gestation s'accumplisse, mais ils lui impriment le cachet diatbésique dont eui* mêmes sont marqués.
D'autres circonstances, telles que l'alimentation, les habitudes de la vie, la mollesse, les vices, etc., portent également atteinte, comme les diathèses, aux produits des sécrétions testiculaire et ovarienne.
L'influence des unes et des autres, quelquefois méconnue chez les individus, est manifeste chez les peuples : Rome, tant qu'elle honora et pratiqua la pauvreté, put suffire à elle seule, sans admettre les peuples conquis dans son armée, à une reproduction inouïe d'hommes qu'elle perdait dans des guerres continuelles ; mais quand le luxe, et avec lui des vices de toutes sortes, eut pénétré dans les mœurs, une décmissance notable se manifesta dans le recensement des cilovens. TileLive se plaint de cette dégradation dans le chiffre de la population ; Auguste ordonne aux chevaliers romains de se marier: vaine précaution! les mariages des chevaliers romains sont stériles; le sénat s'emplit d'étranger^ qui convoitent le trône devenu vacant; et bientôt l'empire, dans lequel le luxe fait la solitude, tombe aux mains des nations du Nord, pauvres mais, fécondes.
En Asie, sous un climat fortuné et avec la faculté de prendre plusieurs femmes, les Orientaux manquent de bras pour défricher les terres.
En] Europe, les villes les plus riches seraient bientôt désertes, si les contrées pauvres ne comblaient annuellement, par des envois d'hommes, le déficit qu'y occasionne la richesse. U Suisse, la Savoie, l'Auvergne et la Galice sont les grandes ruches de l'Europe moderne.
ÉTAT MOKBIUE UV 31'EHME. 635
DdDs nos cités mfime une différence notable dans le nom- 3 des naissances se remarque entre les quartiers pauvres et quartiers riches.
Xoiis-raÔmes n'observons-iious pas les a\iiu[ages que cer- Ds individus retirent de leur absence des villes et de leur lur à la campagne, surtont quand ils se livrent & la chasse k des travaux cliarapétre'i?Tel qui part stérile revient quelsfois avec des enfants. La thérapeutique des établissements roiauK n'a souvent pas d'autre secret; cette influence peut rcher parallèlement avec celle qu'e\erce sur les esprits occupés, les plaisirs et les distractions dont on a soin de Tnir les établissements de ce genre.
Huis pour en revenir aux causes des altérations spermati- 68 — et je n'entends parler que de celles des noospermes je signalerai les diathèses, dont quelques-unes seulement, lypbilis, la scrofule, ta tuberculosOj etc., peuvent suspendre lécrétion testiciilaire ou détruire, en tout ou en partie, la îlité des spermatozoïdes; puis la spermatorrhée qui amène Q et l'autre de ces deux résultats; ensuite la débilité de la istitution, les anémies profondes, tes altérations de la vie stique, comme dans le diabète, la vieillesse, en un mot £ ces états misérables de l'organisme, dans lesquels les spermes ne f auraient trouver une vitalité qui n'existe pas; in, une vie molle et luxueuse, des habitudes de paresse, excès prolongés d'une nourriture succulente et recherchée, ssent sur les individus comme sur les peuples, en empAt, pour ainsi dire, les animalcules spermatiques, et en uffant leur énergie dans un noyau adipeux. 1 n'est pas toujours facile de reconnaître ces altérations, tout celles qui dépendent d'un état dialhi^sique. Lorsque la thèse doit entraîner la mort et qu'elle est assez avancée, les ■spermes sont peu nombreux et n'exécutent presque aucun ■uvemeol; r,\i voit que la vie leur manque; souvent même
OSA STÉRILIIÉ CHEZ l'hOMME.
la sécrétion testiculaire est tarie, et, comme dans les nécro| sies rapportées par Curling et Rayer, dont j'ai parlé ph haut (1), on ne rencontre plus d'animalcules spormatiqne Lorsque, au contraire, les spermatozoïdes ont assez de t» pour que la gestation ait lieu, tout en imprimant au nom être le cachet de la diathèse, l'altération du zoosperme, di 1 état actuel de la science, est impossible à reconnaître. ï examiné et étudié des spermatozoïdes de syphilitiques, det berculeux, de cancéreux, de rhumatisants, etc., dont lèse fants étaient atteints de ces diathèses, et j'avoue qu'il m'ié impossible, non-seulement de les distinguer entre eux, mi encore de les différencier des spermatozoïdes d'hommes n'c frant aucune diathèse.
Dans la spermatorrhée, dans les an(^mies prononcées, dif les cachexies pures ou diathésiques, dans la convalescew des maladies graves, en un mot dans tous les états de pr fonde débilitation de l'organisme, la sécrétion testicuW peut se suspendre ; mais, le plus ordinairement, elle se w tinue et donne naissance à quelques rares spermatozoïde sans force et sans énergie. Quelquefois les zoospermes sa assez nombreux sous le champ du microscope, mais les m out la tôte plus petite et les autres la queue plus courte qi les spermatozoaires bien conformés; d'autres foi> enfin, côté de quelques zoospermes à l'état normal, on trouve à cellules épithéliales, plus ou moins nombreuses, et cod* nant des granules; on dirait que la cellule épithéliale, en m^ de formation, s'est détachée avant terme, ce que \Vacner< Pouchet nomment la chute ou plutôt le renversement de répi Ihélium.
Cet arrêt de développement se rencontre surtout, et àififr rents degrés, dans le sperme des vieillards et dans celui «te
(1) Voyei la page 567.