CORPS ÉTRANGERS DES OVAIRES
l'ovaire que la hernie de celui-ci met obstacle ii la féccindation.
La cause de rat obstacle est purement mécanique; elle se trouve dans la rupture des rapports topographiques qui unissent l'ovaire et la trompe. Dans le cas où l'un et l'autre sont compris dans le sac, il peut arriver que la trompe s'applique encore sur l'ovaire ; alors l'obstacle à la fécondation se trouve dans la courbure ou l'étranglement qui comprime la trompe à l'anneau, et qui s'oppose au passage de l'ovule.
Ces esplications, on doit le comprendre, sont purement hypothétiques; mais je me suis déjà peut-être trop arrêté à une affection dont ta rareté, surtout avec les conditions indispensables à la production de la stérilité, c'estr-ù-dire la hernie double des ovaires, me commandait plus de réserve et plus de briévelé.
§ IV. — forpa étruagvrm des ovnireiti
I, Je n'entreprendrai point ici l'éouinération fastidieuse de Il tfiuteâ les productions qui ont été rencontrées dans les ovaires, parce que l'influence qu'elles exercent sur la faculté génératrice est identiquement la même que celle des lésions organiques étudiées plus haut. L'histoire de ces productions, presque toujours euTennées dans des kystes, rentre pour nous dans l'histoire des kystes de l'ovaire (1), et, d'une manière plus générale, dans l'histoire anligénésique des lésions organiques de CCS organes. C'est donc au paragraphe U de ce chapitre que je dois renvoyer le lecteur.
(I) VoyeePéan, Orai-i"o/(tw»V; Paris, i 81)9, grand in-M. — Boinel, Traité pratique dei maladies des ovaires, Paris, 1867, in-M;— cl surlout !.. Caliez, Histoire des kystes de l'ovaire, Urimelltis, 1873, grand in-i, avec planches, couluuunt loul ce i^ui se raltache à celle questioi. iiitéressuuk-.
67& STÉR1UTÉ CHEZ LA fEMUK.
aiguës et leur convalescence, dans les anémies, la cUoro», en un mot dans tous les états caractérisés par rappamriss^ment du sang et Tasthénie.
Ces états, qui portent leur influence déprimante sur la fonction desovaires, se font également sentir sur l'utérus, et emp^ chent la chute de l'épithélium à la suite de laquelle se produit l'hémorrhagie. L'aménorrhée utérine est donc alors une complication de Taménorrhée ovarique fonctionnelle, mais corn |>lication heureusement peu redoutable, puisque le traitement de Tune se confond avec le traitement de l'autre.
Dans quelques circonstances, d'après Racibor^^ki, cette dépression vitale ne serait plus consécutive à des états morbides généraux, mais serait locale et primitive, c'est-à-dire i(/to/Mthique. t C'est une espèce de torpeur, dit-il, qui frappe plus ou moins directement l'ovulation, sans aucune maladie préalable. L'aménorrhée qui en résulte peut être plus ou mmi longue ; lorsqu'elle n'est que commençante et que tout pfulPi croire qu'elle ne doit pas être de longue durée, elle constitue ce qu'on appelle vulgairement des retards (1). >
Dans toutes ces circonstances l'établissement ou le ^ctal»li^sement des menstrues est possible, et avec leur retour apparaît l'aptitude à la fécondation.
L'attention du praticien se portera donc sur les moyen> capables de relever les forces générales, et de rendre par elle> assez d'énergie à la fonction ovarienne, pour qu'une \i^icu!o arrive à maturité, se rompe et émette un ovule, conditio^^ indispensables pour la menstruation et la fécondité.
Je ne dois pas m'éteiidre davantage ici sur un sujet qui furcément revient si souvent sous la plume, quand on traite de la stériliti'i chez la femme ; je n'ai dû, en cette place, qu'indiquer lestraitsgénéraux des troubles delà fonction cataméniale, dont
(1) Haciborski, Traité delà menstruation, Fans, 1808» p. 573.
ÉTATS MORBIDES DE l'oVULE. 659
U ne reste donc plus en cette place qu'à examiner les causes d'affaiblissement et de mort que l'ovule porte en soimême.
Ces causes peuvent s'adresser ou à l'embryon ou à la vésicule qui le renferme.
A. Maladies de F embryon . — L'arrêt ou l'absence de développement de l'embryon peuvent être occasionnés par une maladie des ovaires, par une maladie de l'ovule, par une irritation mécanique de ce dernier, par un état morbide général de la mère, ou par des circonstances que l'on ne peut souvent pas apprécier.
Au point de vue des ovaires, on ne peut contester que tout ce qui diminue leur nutrition n'affaiblisse la vitalité de leur produit, et qu'avant d'arriver à une atrophie complète ces glandes n'émettent des ovules dont les embryons ne peuvent supporter les métamorphoses auxquelles ils sont destinés. M. Delpech insiste sur les avortements presque toujours certains des ouvrières employées dans les fabriques de caoutchoucsoufQé; et j'ai moi-même souvent noté de fausses couches chez des femmes soumises, pendant quelque temps, à la médication iodée.
Sous le rapport de l'ovule, je dirai tout à l'heure les maladies qui l'affectent et qui, en altérant les conditions anato^ miques et physiologiques des enveloppes protectrices de l'embryon, entraînent fatalement le dépérissement et la mort de celui-ci.
Au point de vue de la mère, en laissant de côté les affections des ovaires dont je viens de parler, je ne connais que les maladies diathésiques et héréditaires, qui impriment au produit ovarien soit un affaiblissement, soit unmode particulier de vitalité. Dans l'état actuel de la science, et en ne tenant compte que de l'ovule, il est impossible de déterminer pourquoi, par exemple j une syphilitique fait une fausse couche^ tandis qu'une
autre, dans des conditions identiques, porte à terme un embryon sain ou contaminé.
Ici, pour le dire en passant, se dresse la question de Thérédite, question immense, et d'autant plus ardue que les lois qui la régissent sont constamment traversées par les accidents les plus imprévus et les plus bizarres.
Je ne puis ni ne dois aborder ici un semblable problème, et je reviens à l'embryon.
Quand celui-ci est frappé de mort, il se retrouve rarement dans les eaux de l'amnios ; il est dissous ou résorbé, et Tovule est bien réellement alors un œuf afœtal. Velpeau (1) et Breschet (£) ont trouvé plusieurs fois Tœuf comme une podie pleine d'un liquide albumineux, limpide et Olant.
La disparition de l'embryon n'entraîne pas toujours la chute de l'ovule; celui-^i, quand ses membranes sont intactes, peat Continuer son développement et faire croire à une grossesse qui n'est qu'unefaussegrossesseougrossesseafœtale; quelquefois l'ovule dégénère, tout en se développant, et donne naissance à ce qu'on nomme un mole; enfin la rétention prolongée d'un ovule sans embryon détermine l'hydrométrie ou hydropisie de l'utérus.
Maladies de fovule. — Les enveloppes d'un œuf, ou embryonnaire ou afœtal, peuvent être affectées de dégénérescenoe hydatique ou graisseuse, d'hydro-amnios, d'épanchements de liquide séreux entre le chorion et l'amnios, entre les deux caduques, d'hémorrhagies interstitielles, etc.
Cette dernière lésion paraît la plus fréquente, quoique per* sonne jusqu'ici n'ait fait une étude spéciale des maladies de l'ovule.
(1) Viâ^QJàMy Embryologie ou walogie humaine, Paris, 1833.
(2) Breschet, Études anatomiques, physiologiques etjHUhologiques it l'œuf dans Vespèce humaine. Paris, 1835.
ÉTATS MORBIDES DE l'OVULE. 631
Cependant Cazeaux dit : c Des épanchements de sang peuvent également se faire entre les divers plans membraneux qui constituent l'œuf (1). >
Deneux a trouvé de ces épanchements dans la cavité même de la caduque et du cborion, entre le chorion et Tamnios.
M. Gourty (2) cite une observation qui lui avait été communiquée par le professeur Dubreuilh, et dans laquelle Tépanchement s'était fait entre le chorion et l'amnios.
Enfin M. Degranges rapporte une observation à peu près semblable à celle de M. Gourty, et de laquelle il tire, au point de vuepathologique, les conclusions suivantes : a On trouve un épaississement très-marqué de toutes les enveloppes de l'embryon qui se sont réunies, comme feutrées , peut-être avec quelques éléments du tissu placentaire. Cet épaisissement est tel, qu'à la première vue on croirait avoir à examiner un petit utérus plutôt qu'un œuf humain.
c Cet épaississement est incontestablement de nature inflammatoire^ plus ou moinfi aiguë, conyne le démontre la rougeur des membranes épichoriale et choriale^ et l'arborisation sanguine de la membrane amnios tout entière > (3).
Ces altérations des enveloppes de l'ovule empêchent Tœuf de suivre son développement normal : tantôt l'embryon disparaît, comme je l'ai dit plus haut, et alors la fausse couche a lieu dans les trois premiers mois de la fécondation ; tantôt l'embryon va jusqu'à un développement qui ne lui permet pas d'être absorbé, et alors la fausse couche se fait plus ou moins tardivement, dans les conditions connues de tout le monde. Plus loin, en parlant des troubles de la gestation, je revien-
(1) Cazeaux, Traité de$ accouchements. Paris, 1870.
(2) Gourty, De Vceuf humain et de son développement dans V espèce humaine. Paris, 1845, p. 156.
(3) Degranges, Union médicale de la Gironde, ocXohvt 1858, p. 441.
002 STÉRILITÉ CHEZ LA FEMinC.
dwî s«r cette cause d'avortement précoce, et j'indiquerai, dans une vue d'ensemble, les précautions que les femmes doi- ^Y'nt prendre pour amener à terme le fruit de la conception.