‹ Traité de l'impuissance et de la stérilité (volume 2)Chapitre 97 sur 106 · INSUFFISANCE D*EXCITABILITÉ DU COL UTÉRIN · texte numérisé non relu

INSUFFISANCE D*EXCITABILITÉ DU COL UTÉRIN

culte de porter à terme le fruit de sa conception, et de lui communiquer une vitalité qui n'est pas inférieure à celle des autres enfants.

Comme on le voit, les excès copulateurs ne déshéritent la femme, ni dans le présent ni dans Tavenir, de ses droits h la maternité; seulement ces excès, se produisant au milieu de circonstances générales ou spéciales qui prédisposent à Tavortement d'une manière étrange, font classer les malheureuses qui les commettent, dans une partie du cadre nosologique où elles n'ont que faire, alors qu'elles devraient trouver place dans une division adjacente.

En est-il de même pour les excès amoureux? Je ne le pense pas, et c'est cette différence dans les résultats amenés d'un côté par les excès copulateurs, et de l'autre par les excès voluptueux, qui m'a fait considérer comme très-importante la distinction que j'ai établie entre eux.

Les quelques considérations qui vont suivre se rapportent à tous les excès voluptueux, qu'ils soient produits par le coït ou par la masturbation.

Sous le rapport des excès voluptueux par le coït, Paris est, sans contredit, la ville d'Europe qui offre le plus vaste champ à l'observation. Par l'état de ses mœurs, par la tournure de son esprit, par son amour du luxe, par les appâts sans nombre dont elle entoure les plaisirs, et par l'hospitalité qu'elle offre aux étrangers et que ceux-ci payent généreusement, Paris possède une classe de femmes, intermédiaires entre la prostituée et la femme honnête, qui, tout en prenant des amants par intérêt et par espoir de lucre, se réservent le droit de les choisir, et se sauvegardent ainsi un excitant à la copulation autre que le gain. On prévoit que je veux parler de ces femmes entrelenues et de ces femmes de théâtre que Ton ne rencontre que défigurées dans les autres capitales, et dont Paris possède des types aussi nombreux que variés.

722 STÉRILITÉ CHEZ LA FBSIlfS.

titre il peut être affecté d'un excès d'irritabilité qui, sous ^a^ tion de son excitant naturel, le sperme, montera jusqu'à l'état spasmodique.

Ce phénomène, appréciable dans les organes de la vie de relation, est inaccessible à nos sens dans les organes de la fie organique; mais son existence ne peut être mise en doute: c'est donc dans les causes multiples qui agissent sur l'innerration générale qu'il faut aller chercher les motifs de l'irritabilité et, par suite, de l'excès d'excitabilité du col utérin sous ^a^ tion excitatrice du jet spermatique.

Je n'ai point à énumérer ici toutes les circonstances qui agissent sur l'innervation générale ou sur quelque point isolé de cette innervation ; il me suffit d'en indiquer l'influence, et je renvoie, pour leur étude, aux traités généraux ou particuliers de pathologie.

Cette surexcitabilité du col de l'utérus n'a pas, sur la fécondation, une influence aussi fâcheuse quel'absence de sa vitalité. Si, en effet, les spasmes utérins semblent obéir à la loi qui règle l'exaltation des voluptés vénériennes, l'âge, les habitudes, la satiété, les distractions, les préoccupations d'esprit, la fatigue corporelle, etc., en modérant celle^i, calment ausfi les premiers.

Si, au contraire, — et il en est le plus souvent ainsi — le? spasmes utérins sont des phénomènes morbides de l'innenition, soit générale, soit locale, on leur oppose avec avantage tantôt les stupéGants : opium et tous ses alcaloïdes, belladone, jusquiame, etc.; tantôt les sédatifs: les bromures et le chloral; tantôt les antispasmodiques, parmi lesquels on donne la préRrence à l'asa fœtida, au castorum et à la valériane, comme avant une action en quelque sorte spéciale sur l'organe gcstateur.

Les uns et les autres peuvent également être administré} en lavement ou portés directement sur le col de Tutérus au moyen d'un tampon d'ouate.

1S&11FF1S4KCE d'excitabilité DU COL lîTÉBlN.

6 décèlent; enfin, le col de la matrice, examiné au spéculum, Joffraitdans sa forme, dans sa couleur et dans sa position, Kune altération capable de me rendre raison de la stérilité. ;, C'est alors que je pensais h la possibilité d'une lésion vitale, l que je songeais que peut-être la sensibilité, et par suite Bouâtabilité utérines s'étaient émoussécs et usées dans les excès Kftmes auxquels l'une et l'autre avaient été soumises. ,1 Le toucher et l'examen au spéculum ne pouvant rien me Ivéler, je n'eus d'autre ressource que de recourir à la tliéraeutiqiie, et de lever ainsi, par les résultats qu'elle me donnent, les difficultés du diagnostic. L'électricité fut évidemment figent qui sollicita le premier mes préférences; ce fut à ■^ en effet, que je demandai d'abord la confirmation de mes fjupçons.

J'expérimentai pour la première fois sur une jeune femme e viofît-trois ans, petite, nerveuse et douée d'un penchant Jte-prononcé pour les plaisirs de l'amour. Élevée à la pension esl^ïonnaires de Saint-Denis, elle avait lyie culture d'eslît qui contribuait à entretenir et à surexciter ses instincts toérieus. Dès sa sortie de la maison d'éducation, c'est-à-dire dix-huit ans, elle était devenue femme entretenue et avait ^couru tous les échelons de débauche et d'orgies dont est lalement accidentée la vie de ces malheureuse^!. Je la connus prs qu'elle était la maîtresse d'im de mes amis, qu'elle quitta ientôt pour s'attacher à un acteur en renom de Paris, avec Buel il lui vint l'étrange pensée de se marier. Elle crut que )Ur décider son amant à accomplir cet acte, il lui fallait jscuse d'un enfant, et que, semblable à l'araour du pointe, |B titre de mère lui ferait aux yeux de son raari une nouvelle ^nité. Que ce motif fût légitime ou chimérique, la jeune mme ne rêva plus, dès ce moment, que grossesse; dans )□ désir de réaliser un vœu toujours déçu, elle se rappela o^il une Époque où la gestation lui eût été une charge, je

Tavais interrogée et examinée au point de vue de t^a stérilité,! elle pensa qu'ayant dirigé mes études de ce côté, je poi lui rendre une faculté qui était alors le but unique de son ambition. Elle vint me voir. Aucun trouble général, aB-j cune lésion locale de l'appareil générateur, ne pouvant v] rendre compte de cette inaptitude à la fécx)ndation, je m» rétai, comme je Tai dit plus haut, à la pensée d'une altératMi vitale de Tutérus qu'expliquaient suffisamment d'ailleurs le excès vénériens précédemment commis. En conséquence, m'appuyant sur les succès obtenus par quelques praticiens a moyen de Télectricité (1), j'entrepris mon expérience dansk double but de contrôler un diagnostic difticile, et de tracer les limites d'action d'une ressource thérapeutique préconisée jusqu'alors sans indication précise.

Je me servis d'une pile à aimant de l'invention de MM. Breton frères ; l'un des pôles était appliqué sur Tabdomen de la jeune femme, tandis que l'autre, armé du pinceau métallique, fut immé4iatement porté sur le col de l'utérus, à travers un spéculum de verre, pour isoler la vulve et les parois vaginales.

Pendant un mois et plusieurs fois par semaine, je soumis la jeune femme, ainsi qu'il vient d'être dit, à l'action du courant électrique ; les séances duraient de dix à vingt minutes. Pendant tout le temps du traitement, le coït avait été suspendu, et la malade soumise à une très-grande régularité dans le régime et dans les mœurs. Au bout d'un mois de cette médication, que j'exigeais très-rigoureuse, je permis le rapproche ment sexuel qui, cette fois, amena une conception. La femme arriva au terme ordinaire de la grossesse ; raccouchement n'offrit rien d'anormal, et l'enfant, qui a aujourd'hui vingt ans, jouit de la santé la plus parfaite.

(1) Voyez Duchenne, De Véleciri$ation localisée et de ses applications à la patholofjie et à la thérapeutique. 3« édil., Paris, 1872, in-8.

DÉPUCEUENTH MOBILES bE l'lTËHL'S. 725

fliience sur la santé de la femme, mais dont la pathologie spéciale de la stérilité doit tenir grand compte, puisqu'ils se montrent au moment même où la position normale de l'oi^nne est le plus nécessaire.

Ces déplacements passagers et fugaces, qui ne laissent aucune trace après la copulation qui en fournit tout à la fois l'occasion et le mécanisme, ont peu attiré l'attention jusqu'ici, parce que,je le répète, ils ne portent aucune atteinte à la santé générale de la femme. Cependant ils sont bien réels, et je mis essayer de montrer que, presque toujours, il est possible de les reconnaître aussi sûrement qu'une déviation permanente.

Leur histoire est nécessairement distincte de celle des déplacements Qies; je dois donc les examiner séparément et faire ainsi deux classes, dans les altérations de position de l'utépus, que, pourprévenir toute équivoque, je distinguerai en:

A. Déplacements mobiles ;

B. Déplacements permanents.

A. — tK'piacPoieniH mokar*.

II est peu de femmes dont l'utérus et surtout le col se trouvent exactement dans l'axe du vagin, et qui, aune exploration attentive, ne décèlent une déviation légère, tantôt en avant, tantôt en arrière, ou tantôt sur les côtés; mais cette déviation est insuffisante pour produire la stérilité, ou, en nous servant d'un langage explicatif du phénomène, pour empêcher le passage du sperme de la verge dans la matrice, car beaucoup de ees femmes arrivent à la conception,

Chez celles dont le résultat delà copulation est négatif, et qui n'ont pas d'autres motifs de stérilité, il faut admettre que celte déviation légère s'accroît, pendant le coït, au point d'altérer assez profondément les rapports d'opposition de la verge

et du museau de taocbe pour ne plus permettre la transmission du sperme de celle-ci dans celui-là.

Ce déplacement ne se peut produire que par une mobilité extrême de Tutérus, au moyen de laquelle l'organe gestateur subit rinfluence des mouvements divers qu'exécute le bassin; cette mobilité est presque toujours constatable en dehors du eoït, grâce aux différences de position qu'affecte le col utérin selon la situation que Ton donne à la femme soumise au toucher vaginal.

Cette mobilité est amenée par diverses causes : tantôt elle est due à la laxité des tissus qui doivent maintenir la matrice en place; tantôt elle s'explique par l'engorgement d'un point de l'utérus qui, insufQsant pour déterminer un déplacement permanent, entraîne tout l'organe par son propre poids, lorsqu'une position favorable du bassin lui vient en aide; lantùt enfin la cause de ce mouvement de bascule siège dans un des deux ovaires.

Pendant le coït, Tutérus se déplace selon la position que la femme prend pour l'accomplir; aussi, comme je le disaii plus haut, on peut, en reproduisant cette position, constater directement la déviation utérine. Une mère de quatre enfanL^ dont les rapports sexuels ont toujours un résultat négatil dans la position horizontale, a été fécondée quatre fois alors que le bassin se trouvait dans la position verticale. En cette position, le col de Tutérus était bien dans l'axe du vagin; mais dès que la femme se couchait, on constatait une version très-prononcée, tantôt en avant, tantôt en arrière, tantôt sur les côtés, selon qu'elle se mettait sur le dos, sur le ventre ou sur les flancs. Cette mobilité en tous sens est incontestablement due à une grande laxité des ligaments.

Quand, au contraire, la direction du déplacement est déterminée par l'augmentation de poids d'un des deux ovaires ou d'une portion de l'utérus engorgée, la déviation de la matrice,

^ DÉPLACEMENTS MOBILES DE l'uTÉRUS. 727

^ on le comprend, ne se produit que dans une seule position. Ici encore la constatation du déplacement est facile, et même,

f dans quelques cas, la cause peut en être reconnue par le tou-

î cher rectal.

S'il fallait admettre, avec Hippocrate, que chez les femmes chargées d'embonpoint, la stérilité est due à une déviation de Tutérus amenée par la pression que Tépiploon excerce sur Torgane gestateur, on pourrait supposer le même pouvoir à la vessie distendue par Turine et à l'intestin gorgé de matières fécales. Huguier est même aller jusqu'à ériger en principes de thérapeutique contre les déplacements utérins la rétention des urines dans la vessie et la conservation des excréments dans le rectum ; mais ces moyens sont tout aussi incapables de redresser un utérus renversé que de produire le renversement du même organe. Chez la femme dont j'ai parlé plus haut, et dont la matrice avait une mobilité si grande, la réplétion du rectum et celle de la vessie étaient sans aucune influence, ainsi que j'ai pu m'en assurer plusieurs fois en pratiquant le toucher, la femme étant debout.

Je crois donc que les déplacements mobiles de l'utérus pendant le coït naissent de la position que prend la femme, et s'expliquent par l'une des deux circonstances que j'ai indiquées, ou par toutes les deux à la fois, c'est-à-dire laxité des ligaments et inégalité de poids sur un point quelconque de l'organe gestateur.

Sous le rapport de la stérilité, ces accidents n'ont aucune gravité, puisqu'ils n'ont pas empêché la femme dont je parlais tout à l'heure de devenir mère quatre fois ; c'est qu'en effet il suffit, pour contre-balancer leur influence, de conseiller à la femme une position convenable pendant le coït, et même, au besoin, d'immobiliser l'utérus au moyen d'une éponge ou d'un tampo IV d'ouate.

Quant à la cause du déplacement, qu'il est utile de com-

battre, moins pour obtenir la fécondation rendue facile par les quelques précautions que je viens d'indiquer, que pour prévenir des accidents ultérieurs plus redoutables, il faut dabofd en rechercher la nature et y conformer sa thérapeutique.

La détermination de Taxe de l'utérus peut être intéressante sous le rapport anatomique, mais elle estàcoup sûr d'une minime valeur sous celui de la pathologie, de celle surtout qui fait de la stérilité le sujet de ses études; c^est qu'à ce point de vue cet axe est celui du vagin, qu'il est toujours facUc d'apprécier malgré les variations de capacité auxquelles est soumis le conduit de la pudeur; en d'autres termes, c'est que l'axe de l'utérus se confond avec celui du vagin, ou pour mieux dire, c'est que ces deux organes n'ont qu'un seul axe, partant du milieu de la vulve et allant aboutir au sommet de la matrice, après avoir passé par l'ouverture du museau de tanche et le canal qui lui fuit suite.

Les déplacements de l'utérus dont il me reste àm'occuper, se font tantôt dans la direction de cet axe et tantôt en dehors du plan tracé par cet axe.

Cette distinction donne naissance à deux groupes de déplacements qui, eux-mêmes, se subdivisent en deux genres, selon que la totalité de l'organe ou seulement la portion la plus mobile, c'est-à-dire le corps, prend part à la déviation.

La direction des déplacements constituant le premier groupe est nécessairement celle de Taxe du vagin, et les diverses variétés de la maladie ne peuvent être que des degrés plus ou moins prononcés de ces déplacements.

La direction, au contraire, des déviations composant le deuxième groupe se montre dans tous les sens; mais pour la facilité de l'étude on a ramené toutes ces formes à quatre

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types principaux, selon que le déplacement se fait, pnr rapport au corps de l'utérus, en avant, en arrière, à gauche ou à droite.

Nous pouvons donc maintenant dresser le tableau suivant de lous les changements de position que subit la njatrice.

Premier genre. De la lolalîlé de l'uté- 1 rua : élévation èj:agèrée; abaisie- Pbeiiieii i-,BOurE. Itéplacemenlsl vient et chute. selon l'aie du vb^îd. iDeuj;icma genre. Du corps seulement :

I renversement, inversion, introixr- \ sioit de la matrice.

jPremier genre. De la lotalilù de l'uté- 1 rus : antévenion, rétroversion, la- Del-uême ghoupe. Déplacements) lêroversion.

hors de l'axe du vagia. iDeiixiénie genre. Du corps seulement :

F niitèflexion, rétroflexion, lalero- \ flexion.

C'est dans cetordrequeje vais rapidement examiner cesdiiferses altérations de position, en indiquant, pour chacune d'elles, le mécanisme au moyen duquel le sperme est empêché d'arriver jusque dans la cavitt^ utérine.

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