‹ Traité de l'impuissance et de la stérilité (volume 2)Chapitre 98 sur 106 · I. — Déplacements svivast l'axe ru vagis · texte numérisé non relu

I. — Déplacements svivast l'axe ru vagis

A. — Déplacements de la totalité de l'ulérus.

Déplacement en haut. — I! est incontestable qu'une éliivalion eiagért'e de la matrice peut se produire à la suite d'une maladie de l'utérus, des trompes, des ovaires, et surtout, comme l'a très-bien indiqué madame Boivin (1) à la suite d'une péritonite ou d'une métro-péritonite, qui, par la for- malion de brides ou d'adhérences pathologiques, déterminent une fisité anormale de l'utérus. Cette élévation peut en-

(1) Madame Boivin, Recherches sur les causes les plus fréquentes de Vuvortemenl. In-8, IS28.

780 STÉRIUTÉ CHEZ LA FEMUE.

core être amenée par une tumeur siégeant dans le bassin, et dont le volume, en s'accroissant, refoule tous les o^gane^ qui Tenvironnent; on comprend que d'autres causes an»logues amènent le même résultat, et il ne peut venir à l'esprit de personne de contester la possibilité d'un pareil déplacement.

Sans doute le phénomène doit être admis en tant que résultat d'une force pour ainsi dire mécanique; mais en présence des obstacles qu'opposent à ce déplacement la mas^e intestinale d'abord et le propre poids de l'utérus ensuite, est-fl permis de supposer que cette élévation puisse être indépendante de toute lésion antérieure et se produire idiopathiquement, c'est-à-dire d'une manière essentielle? Je ne le peose pas, bien que le docteur Andrieux en rapporte une obsenation que sa brièveté seule m'engage à reproduire : t J'ai eu occasion, dit-il, de toucher une femme qui n'avait point eu d'enfants, chez laquelle il me fut impossible d'arriver jusqu'au col ; ce ne fut qu'après avoir fait vider le rectum et la \e55ie, et avoir prescrit une course à pied à la suite d'un bain de deux heures, qu'il me fut possible d'atteindre, en pressant fortement sur l'hypogastre , une des lèvres du museau de tanche. Cette femme me demandait le moyen de devenir mère, et lorsque je lui déclarai que ce n'était point à l'aide de breuvages qu elle pourrait arriver à son but, elle ne ?e présenta plus chez moi. Est-elle devenue enceinte? Je lignorc (1). »

Comme on le voit, cette observation est nulle pour rétiologit* du déplacement, et ne peut être invoquée ni pour, ni conlre • ressentialité de l'affection.

Sans doute il n'est pas facile de déterminer le point p^éci^

(M Andrieux, Traité complet de l*impui$$ance et de la êiéritiU- Brioude, 18iîl, p. "Irl^.

bÉFLACKHEMT E^t HAUT M l'uTÊRCS. 731

OÙ commence t'élat morbide et où Unit l'état normal. La hauteur à laquelle se trouve le coi est essentiellement variable; ï n'est pas un médecin qui, sous ce rapport, n'ait rencontré des différences nombreuses, sans que la santé de la femme en lAt le moins du monde troublée.

, Au point de vue spécial qui nous occupe, ces différences de BÎtualioii n'ont pas également une importance bien grande et n'eiercent qu'une influence minime sur la fécondation. I Cependant, si l'élévation de l'ulùrus était exagérée à ce point qn'iin trop grand intervalle separ.1L le gland du membre viril fit le museau de tanche, il pourrait arriver que le jet de la liseur séminale, ayant à franchir un trop grand espace, eût le temps de se dévier de sa direction rectiligne, et allât ainsi se perdre dans le cul-de-sac du vagin.

Sans doute, la stérilité, qui résulterait d'une pareille disposition anatomique ne serait que relative, car pour la prévenir U suffirait d'une verge dont la longueur serait en harmonie g^yec celle du vagin; mais cette harmonie est bien souvent ircéalisable, et son application ne peut, dans l'immense majorité fias cas, ôlro conseillée par le médecin. I. Heureusement celte infirmité est peu fréquente et rarement poussée au point d'empêcher la fécondation. Quand elle existe, elle est, comme je l'ai dit plus haut, liée h une affection del'it- (érus, des trompes ou des ovaires; ou bien encore elle est fmenée par la présence-d'une tumeur ou par des adhérences, fuites d'une péritonite ou d'une métrite. Dans tous ces cas, tF'estàces causes diverses qu'il faut adresser la médication, pour ^ pas compromettre la sauté générale de la femme dans des |îraillements inutiles et intempestifs.

Cependant il est permis de recourir à quelques moyen? înoffensifsetdont l'action locale peut, en toutes ci rconslances, ^ciliter l'abaissement de l'utérus ; tels sont, par exemple, les bains chauds longtemps prolongés, la marche, l'équitation,

la danse, et enfiin une ceinture épigastrique dont la pr^j s'exerce de haut en bas.

Hors ces moyens, j'estime dangereux et inutiles les tinl^l ments exercés sur l'utérus, soit directement, soitàTaided^ spéculum-ventouse, soit de toute autre manière.

Déplacements en bas. — Quand les déplacements de cette espèce sont peu prononcés, ils constituent bien plutôt une condition favorable qu'un obstacle à la fécondation, en ce qu'ils diminuent l'espace que doit franchir le jet de la liqueur séminale.

Quand ils sont plus considérables, quand l'utérus rempUtb totalité ou la presque totalité du vagin, la copulation edi rendue difficile et la fécondation devient aléatoire.

Enfin, quand le déplacement est complet, quand l'utérus pend au dehors de la vulve, le congrès et la fécondation sont également impossibles.

Comme on le voit, les déplacements de cette espèce, doniles trois degrés que je viens d'énumérer ont été désignés sous te noms à' abaissement^ de prolapsus et de chute de matrice^ exercent une influence néfaste sur la fécondité de la femme, sauf le premier degré qui peut constituer, comme je l'ai déjà dit, une condition favorable à la conception, surtout lorsque le congrès s'accomplit avec un homme dont la force d'éjaculation n'est pas considérable; cette circonstance, à laquelle on na pas donné toute l'attention qu'elle mérite, peut, dans quelques cas, expliquer la faculté procréatrice que certains indi?idus, tels que le vieillard, le débauché usé avant l'âge, etc., montrent avec telles femmes et perdent avec telles autres. — C'est un chapitre de plus à rayer de l'histoire des bizarreries de la génération.

Quoi qu'il en soit, pour que la fécondation soit possible, il convient de la ramener dans les conditions ordinaires de son accomplissement, et pour cela faire, on repousse l'utérus dans

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llnlérieur et on le retient en place par des moyens contentils, dont je n'ai point à m'occuper ici, et au premier rang desquels se trouvent les pessaires, les tampons d'épongé et les ceintures hjpogasiriquos, dont je dirai tout à l'heure quelques mots à l'occasion des déplacements de l'utérus hors de l'axe du vagin, c'est-à-dire à l'occasion des versions.

' B. — Déplacement du corps seul de l'utérus. — Iiitersion.

f Le déplacement dont il s'agit ici est, sans contredit, le plus : bizarre de tous ceux que subit i'ulérus : le fond de celui-ci se déprime en cul de bouteille dans l'intérieur mémo de son corps, se précipite vers l'ouverture inférieure, s'y engage et ' rient faire hernie au museau de tanche. Tout le corps de la I matrice peut ainsi s'invaginer el même, selon Dugès et raa- [ dame Boivin (1), la portion la plus inférieure de la matrice, 1 «"est-à-dire le museau de tanche, se retourner quelquefois ! de-même.

\ Ce phénomène étrange se montre le plus souvent à l'état laih^, si je puis ainsi dire ; mais on l'a aussi observé à l'état fH/tronique.

A l'étal aigu, il est presque toujours amené soit par quelque manœuvre intempestive ou brutale d'obstétrique, soit par la brièveté du cordon ombilical, et s'accompagne d'accidents graves qui, en menaçant prochainement la vie de la femme, le font sortir du cadre de cet ouvrage.

Mais il n'en est plus ainsi quand le renversement de la matnce se produit en dehors de l'enfantement ; ii est compatible, :îl est vrai, avec l'existence, mais il expose la femme à des dangers incessants et la prive des rapports conjugaux, contraire-

(1) Madame Boivin et Dugù'S, Trailé pratique des maludies de l'utérus. Pwis, 1«33. l. I, p. 231.

73A STÉRILITÉ CUEZ LA FKMIIE.

ment à Tobsen^ation de fécondation que l'on trouvera plm loin, et contrairement au fait rapporté par M. Courty, dW femme qui, dans cette position, pouvait se livrer au coït.

11 me faut donc arrêter un instant sur cet accident heureusement fort rare qui, malgré une étrange observation que je ferai connaître, est une cause fatale de stérilité.

Par cela même que le mécanisme de l'accouchement et les manœuvres obstétricales rendent le mieux raison de Tinversien de la matrice, la plupart des auteurs rattachent à ces causes le phénomène que nous étudions. Cependant Dailliez cite un fait tiré de la pratique de Baudelocque, où le renversement se montra chez une jeune fille vierge (1), mais où malheureusement Tautopsie ne confirma pas le diagnostic du câèbre accoucheur. Ce cas, peut-être unique dans la science, vient h l'appui des idées de Puzos, qui admettait des inversions do cause interne. Je ne rapporte point le fait de Baudelocque, parce qu'il n'a qu'une demi-certitude et qu'il n'est pas. en effet, à l'abri de tout reproche sous le rapport du diagnostic.

Mais, si le renversement de l'utérus n'a jamais été observé, d'une manière authentique et directe, sur des femmes qui n'ont pas enfanté, il a été rencontré assez loin de l'époque de l'accouchement pour croire qu'il n'avait avec lui que de? relations nulles ou tout au moins problématiques.

Bien plus, il existe un fait de fécondation avec renvwse ment de la matrice, et cette observation est trop curieuse pour que je ne cède pas au désir de la consigner ici : « La femme de Julien Roussin, métayer à Chambresais, près Château- Gonthier, Agée de vingt-huit ans, accoucha fort heureusemaot d'un enfant bien portant au mois d'octobre 1777; mais la

(I) Dailliez, Précis des leçons de Baudelocque sur le rentersementif la matrice, 1803, in-8«, p. 38.

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sage-ferame, en la déli\rant, renversa la matrice, et borne SCS w>ins, faute de savoir, à la repousser dans le bassin. Dix mois après, la femme Houssin, qui n'avait "éprouvé que des accidents très-simpies, se soupçonna prosse, parce qu'elle éprouvait des dégoûts et des incommodités presque inséparables des premiers temps de la grossesse. Au terme de trois mois, elle ressentit dans le bas-ventre, et surtout dans les reins, de légères douleurs, qui augmentèrent graduellement jusqu'au cinquième mois ; alors elles devinrent très-fortes, elles expulsèrent une masse considérable, que MM. Thuilier, médecin, et Vager, chirurgien de Gliâteau-Gontliier, virent et reconnurent pour la matrice renversée. Sans croire à l'existence d'une grossesse, M. Vager tenta trois jours de suite, mais inutilement, ta réduction de cette matrice; ne pouvant l'obtenir, il consulta de nouveau M. Thuilier et M. Paroissien, chirur;gien, qui lui conseillèrent de la repousser seulement dans le bassin, comme l'avait fait la sage-femme, puisqu'on ne pouvait espérer de faire pins. Six jours après, la femme, qui ne se croyait plus enceinte, rendit un fœtus bien formé, long de 6 pouces, qui n'était nullement altéré, que M. Vager vit et examina presque à l'instant de son expulsion. M. Cheirreul crut longtemps que la femme n'avait qu'un polype, que ses confrères de Château-Gonthier s'étaient trompés en le prenant pour la matrice; mais il leur rendit justice en 1782, iprès avoir examiné la femme et s'êlre assuré que le renverîement de ce viscère existait réellement et était entier; alors I pensa que le fœtus s'était développé dans une des trom-

L'ouvrage auquel nous empruntons cette observation bisarre la fait suivre des observations de Morcau, auxqueUes je

(1) Bibliothègue du médecin praticien. Taris, 1843, l. ïtMaladmdeB ftmmet), p. 3Gi.

ne puis mieux faire que d'adhérer, c Nous ne saurions, dit ce professeur, accepter cette explication. Si la conception ank eu lieu dans Tune des trompes, on n*aurait pas vu le fœtœ sortir de la cavité du vagin, mais de l'un de ses conduits, doot les orifices, placés près du fond de l'organe renversé, se trouvaient en dehors de la vulve ; ou, dans les essais qui furent tentés pour réduire l'utérus, on aurait trouvé l'unedes trompes gonflée, son orifice dilaté. Rien de cela n'a été observé; nous serions porté à croire qu'il n'y a eu primitivementqu une simple précipitation, et si plus tard le renversement sest opéré, il n'a eu lieu qu'au moment de l'avortement. Eo adaptant cette supposition, tout le merveilleux disparaît. >

Quoi qu'il en soit de ce fait, peut-être unique dans la science, le renversement de l'utérus doit être considéré comme un obstacle radical à la fécondation, et dont, par conséquent, on doit, par tous les moyens possibles, tenter la réduction. Celle-ci n'est pas toujours facile, et la tumeur a, conmienous l'avons vu, une tendance très-prononcée à se reproduire. Auss on doit s'estimer heureux de pouvoir contenir dans le vagin U matrice môme renversée, afin d'éviter l'ablation de cet organe, opération dont quelques rares succès ne^peuvent contre-baiancer les nombreux revers, qu'elle soit faite par la ligature, ou par l'instrument tranchant.

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