‹ Traité de l'impuissance et de la stérilitéChapitre 104 sur 164 · FRIGIDITÉ SYMPTOMATIQUE. — TEMPÉRAMENT. A · texte numérisé non relu

FRIGIDITÉ SYMPTOMATIQUE. — TEMPÉRAMENT. A

cas, et il eu doit être ainsi, puisque les éléments à combattre sont d'ui^e naiure si dissemblable.

Dans le p.'eroi'^r cos, c'esi-j.-dire dans la frigidité par lempérameollympb^tliique, il iaut surtout insister sur la médicalion géucrale que tout le monde connaît, et dont le fei", les toniques, les analeptiques, riiydrotlicrapie et les bains de mer fout la base, et ne pas se hâter dagir, so"t loca'ement, soit spécialement, sur les O'.'ganes génitaux. Dans le second cas, au contraire, c'e^t-à-dire dans la frigidité amenée par la prééminence de l'élément intellectuel, aucune médication générale n'est nécessaire; il faut s'adresser, d'une manière presque enclusive et en même temps, au consensus génital, cest-à-dire au foyer des désirs vénériens, et à l'organe lui-même, instrument de ces désirs.

Lorsque le but de la première médication est atteint, et lorsque l'organisme a été relevé de l'allanguissement oii le tenait l'abondance des humeurs blanches, il peut se présenter la nécessité d'agir sur les facultés génésiaques tant morales que physiques; en d'autres termes, il peut être nécessaire d'éveiller les désirs vénériens endormis et l'appareil génita languissant.

Sous le premier rapport, on met en usage les excitants moraux dont j'ai donné ailleurs la nomenclature; mais dans l'emploi de ces moyens, qui touchent de si près aux prescriptions de la morale, le médecin ne doit jamais oublier le respect auquel ont droit le sexe auquel il s'adresse, l'âge et l'état social de la malade, l'honneur et les vertus du foyer domestique, dont ne peuvent ni ne doivent jamais se départir la femme, l'épouse et la mère.

Comme médication excitante de l'organe copulaleur, je place en première ligne les moyens locaux, tels que bains de mer, lotions froides ou chaudes sur la vulve et les lombes,, frictions sèches ou composées sur le périnée, fumigations aro-

liQll IMPUISSANCE CHEZ LA FEM5IE.

matiqiies sur les parties externes de la génération, et enfin, dans quelques cas, l'électricité.

Les agents médicaux internes, décorés du nom d'aphrodisiaques, tels que phosphore, acide formiquc, ginseng, etc., ne paraissent pas avoir sur la femme la même action que sur l'homme. J'ai fait, sous ce rapport, quelques expériences qui ne m'ont amené à aucun résultat décisif; mais il est vrai de dire aussi que l'influence qu'ils exercent sur le génésique de l'homme est si inconstante et si fautive, que l'on ne peut sûrement pas conclure à leur entière inanité sur la femme. Il n'en est pas de même des cantharides, qui, chez les deux sexes, agissent, non comme aphrodisiaques proprement dits, mais bien en déterminant une irritation \ésicale qui retentit sur l'appareil génital, grâce au \oisinage qui rapproche celui-ci de 'appareil urinaire. On peut donc, au besoin, recourir aux cantharides, soit en friction sur le périnée et les lombes, soit à l'intérieur, avec toutes les précautions qu'exige l'administration d'un agent aussi toxique, et que je n'ai point à rappeler ici.

Dans le traitement de la frigidité par tempérament intellectuel , c'est aux excitants moraux qu'on donne tout à la fois la préférence et son attention. Il faut d'un côté diminuer l'importance de Télément intellectuel qui prédomine, et de l'autre éveiller la partie sensible de l'âme.

Pour remplir la première indication, on a presque toujours à lutter contre des tendances ambitieuses, n'importe le but de l'ambition, contre des goûts de vanité, des habitudes d'amour-propre ; on dérange souvent des calculs, on traverse parfois des espérances : n'importe, mettez dans vos prescriptions de la persistance et de la fermeté ; le succès seulement est à ce prix , car la femme, qui est toute tête, a une force de volonté peu commune.

En même temps que l'on arrache la emme à ses préoccu-

FRIGIDITÉ SYMPTOMATIQUE l/uN ÉTAT PATlIOLOr.IQlE. /|05

pations, tantôt graves, tantôt futiles, on lui procure des distractions capables d'éveiller tout à la fois sa sensibilité morale et sa sensibilité physique. Ces distractions ne sauraient être les mômes pour toutes les femmes : aux unes, il faut le bal, les spectacles, la société des hommes; aux: autres, la poésie, les romans, la solitaire contemplation desbeaux-arts ; chez celles-ci, la vue de la nature, la solitude des bois, le charme de la campagne, excitent de tendres émotions; chez celles-là, enfin, l'ame ne s'ouvre qu'aux impressions douces ou aux émotions terribles des voyages.

On ne peut donc, à priori^ fixer les règles à suivre dans le choix de ces distractions. L'élément moral a, pour se déterminer, tant d'excitants divers, tant de mobiles à nuances si changeantes, qu'il faudrait, pour tracer ces règles, établir le bilan de chaque individualité et dresser l'inventaire de chaque âme en particulier; c'est impossible : cette tâche, cette pénétration des individualités morales doit être laissée au tact du praticien, à l'observation du médecin età Tesprit d'analyse du philosophe.

Quant aux moyens purement physiques que l'organe copulateur peut réclamer en pareille circonstance, j'estime que les excitants locaux dont j'ai parlé tout à l'heure sont tout à la fois les seuls et les meilleurs que l'on puisse employer. Les cantharides, tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, doivent être proscrites; les bénéfices qu'on en pourrait retirer ne sauraient compenser les dangers dont s'accompagne souvent leur administration.

§ II. — iVigidtté symp<omatSqiic d'un ê<at pathologique»

Comme je l'ai fait pour l'impuissance, je diviserai les maladies qui s'accompagnent de frigidité : 1" en celles qui intéressent toute l'économie; 2" en celles qui n'affectent que les organes de la génération.

IlOUBAUD. on

A. — Maladies générales.

Il ne peut ôtre ici question des maladies aiguës ; cette réserve, que j'ai déjà établie plusieurs fois dans le cours de cet ouvrage, ne doit plus désormais se trouver sous ma plume.

Parmi les affections compatibles avec l'existence, on a cité l'embonpoint excessif comme pouvant entraîner la frigidité. Je ne partage point cette opinion : le développement énorme des formes et de l'abdomen peut s'opposer au coït, à l'intromission de la verge dans le vagin, en un mot au rapprochement des eexes, mais il n'éteint ni les désirs, ni la sensibilité génitale chez la femme. J'en pourrai citer plusieurs exemples, un entre autres, d'une femme dont les passions étaient si ardentes, que, ne pouvant les satisfaire avec son mari, elle payait un étranger pour se faire masturber, malgré les principes religieux et honnêtes qu'elle avait puisés dans sa famille.

L'excessive maigreur n'est pas non plus une cause de frigidité; elle est même souvent l'attribut des femmes passionnées.

Quelques affections nerveuses s'accompagnent parfois d'insensibilité génitale : l'épilepsie est dans ce cas ; d'autres, au contraire, comme l'hystérie, amènent dans quelques circonstances une telle surexcitation génésiaque, que le coït est comme une source de voluptés amères et même de véritables souffrances. Dans les excès de la sensibilité les deux extrêmes se touchent : la jouissance est sur la lisière de la douleur.

Dans les névroses de l'intelligence et du sentiment, la sensibilité génitale est quelquefois abolie, mais plus généralement pervertie. Dans l'idiotie, dans la folie, les femmes éprouvent parfois un e répulsion profonde pour les rapprochements sexuels ; tandis que, dans d'autres circonstances, elles s'abandonnent à la masturbation avec une sorte de fureur,

A peu près toutes les maladies dont les centres nerveux sont le siège peuvent amener tout à coup ou progressivement, par

t-illGIDlTÉ SYMPTOMATIQUE. — MAI-ADIES GÉNÉRALES. llQ'^

suite des troubles qu'elles jettent dans l'innervation générale, l'anéantissement partiel ou total de la iaciilté voluptueuse. D'abord ces affections, quand elles intéressent les orqanes intracrâniens, respectent rarement rintclligence, et tarissent^ par conséquent, les désirs vénériens dans leur source môme ; en second lieu, elles altèrent plus ou moins profondément les fonctions du système nerveux sous la dépendance duquel se trouvent toutes les impressions, et par conséquent les impressions vénériennes.

D'autre part, toutes les maladies débilitantes, toutes celles qui attaquent la vie plastique, peuvent enlever aux organes du plaisir la force qui leur est nécessaire pour réagir sous les impressions vénériennes, les recevoir et les transmettre au consensus intime.

Enfin, certaines intoxications éteignent le sens vénérien chez la femme, et, parmi elles, la plus remarquable est sans contredit l'intoxication que subissent les ouvrières employées dans les fabriques de caoutchouc soufflé. M. ledocteur Delpech, qui a fait de cette intoxication une étude remarquable dont je me suis déjà occupé à l'occasion de l'impuissance de l'homme, s'exprime ainsi sur ce sujet : h CheÉ la femme, dit-il, les fonctions génératrices s'amoindrissent dans la même proportion que chez l'homme; la sensibilité spéciale diminue et disparaît, le désir des rapprochements sexuels s'éteint. Dans l'observation 12, Tindifférence de la malade devint telle sur ce point, qu'elle fut abandonnée pour cette cause par son mari (1). »

En dehors de ces quelques circonstances exceptionnelles, la femme n'est point déshéritée de son droit aux jouissances vénériennes, et, sous ce rapport comme sous beaucoup d'autres, son aptitude au plaisir est plus tenace que chez l'homme.

(1) Delpech, Nouvelles recherches sur r intoxication spéciale fjue dJtermine le sulfure de carbone (Annales àliygiènc publ. et de med. Icrj., 1863, t XIX, et tirage à part, p. 20).

llCS JMPLISSANT.E CHEZ LA FEMME.

Un traitement spécial n'est nécessaire dans aucun de ces cas ; la maladie mère, si je puis ainsi dire, doit seule et presque cxcUi>ivcnient attirer l'attention du médecin, puisque la frigidité alors n'est qu'un symptôme qui doit disparaître avec l'affeclion qui lui a donné naissance et l'entretient.

B. — Maladies locales.

Par maladies locales j'entends les maladies qui affectent une ou plusieurs parties de l'appareil génital ; aussi les diviserai-je, pour la clarté du discours, en maladies des organes externes et m.aladies des organes internes de la génération.

Maladies des organes externes de la génération. — Je ne puis ni ne dois ra'arrcter à l'inflammation, ctautres altérations de la vulve et du vagin qui changent en douleurs les plaisirs du coït; je ne veux pas davantage aborder les tumeurs et les dégénérescences des mêmes régions, qui, en empêchant le rapprochement sexuel, privent fatalement la femme des voluptés vénériennes; je ne dois m'occuper ici que des maladies qui affectent lasensibiïilé érotique, laquelle, ainsi que je l'ai déjà dit et comme je vais essayer de le démontrer encore, n'a pas son siège exclusif dans le clitoris.

Le phénomène physiologique du plaisir vénérien chez la femme se traduit, il est vrai, par un changement dans le volume et la direction du clitoris ; cet organe éprouve une véritable érection et se courbe en bas, entre les deux nymphes, pour présenter son extrémité libre, sa partie la plus sensible, aux frottem,ents de la verge pendant l'acte du coït ; à n'en pas douter, le clitoris joue un rôle, et un rôle très-important, dans la manifestation du plaisir erotique chez la femme, puisque l'érotomanio, — et les exemples n'en sont pas rares, — a été guérie par l amputation de cet organe.

Mais ce double fait, l'un physiologique et l'autre patholo-

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