SECTION DEUXIÈME
STÉKILITÉ CHEZ LA fEIUlIt
La femme, dans l'acte de la génération, remplit un l'ôle essentiellement complexe, sans parler de la copulation dont je n'ai plus à m'occuper ici.
Comme l'homme, elle sécrète dans les profondeurs de ses organes un produit qui, pour arriver du lieu de sa sécrétion à celui de son excrétion , parcourt des voies aussi semées d'écueils et aussi fertiles en obstacles que celles que le sperme franchit pour aller des testicules au méat urinaire.
Pour l'accomplissement de ce premier acte de son rôle, la femme se suffit à elle-même; elle le remplit par les lois seules de son organisation, et le concours que quelques physiologistes ont prétendu que lui prêtaient certaines circonstances extérieures, telles que le climat, le coït, etc., est d'une importance secondaire et quelquefois douteuse.
Mais après cet acte qui, avec la sécrétion spermatique, est en quelque sorte le prélude de la fonction génératrice, il faut, pour que celle-ci s'accomplisse, que la femme sorte de son égoïsme et réalise ce que, dans un style figuré, madame de Staël appelait un égoisme à deux.
La part que la femme prend dans cette nouvelle phase de son rôle devient déplus en pliiscomplexe. Scs'organes étant le théâtre sur lequel va se passer le grand acte de la formation d'un nouvel être, elle doit recevoir et conduire jusqu'au produit de sa sécrétion propre l'élément indispensable que lui fournit le mâle, et, une fois ces deux éléments en présence, présider à leur union, et offrir un lieu convenable au rcsullat
de cette union, afin qu'il rencontre toutes les conditions nécessaires à son développement ultérieur.
En prenant séparément chaque partie du rôle si compliqué de la femme dans l'acte de la génération, on trouve cet acte partagé en quatre étapes, si complètement distinctes, qu'il est impossible de ne pas les accepter comme base d'une division méthodique.
Ces quatre étapes sont :
V L'acte de sécrétion et de progression du produit femelle, c'est-à-dire l'ovulation, comprenant la fonction ovarienne et la fonction tubaire;
2° L'acte de réception et de progression du produit mâle, comprenant les fonctions du col de l'utérus;
3° L'acte de réunion du produit mâle et du produit femelle, comprenant la fonction d'imprégnation ;
h" L'acte de gestation, comprenant les fonctions utérines.
Cette division, toute physiologique, me paraît être le guide le plus sûr pour nous reconnaître au milieu des causes si nombreuses et encore si mal étudiées delà stérilité chez la femme; aussi, après en avoir pesé les avantages et les inconvénients, je ne puis pas ne pas la préférer comme principe de classification des maladies qui me restent à examiner.
J'aurai dune quatre groupes bien distincts d'altérations fonctionnelles pouvant entraîner la stérilité chez la femme, et correspondant aux quatre actes physiologiques admis cidessus, à savoir :
Premier groupe. — Troul)lcs de l'ovulation.
Deuxième groupe. — Troubles de la réception spermatique.
Troisième groupe. — Troubles de l'imprégnation. Quatrièine groupe. — Troubles de la gestation. Chacune de ces divisions formera un chapitre de la patliotiénie de la stérilité chez la femme.