LKSIONS ORGANIQUES J)RS OVAIRES
tranchées, de véritables soiilTrances ; quelquefois l'écoulement sanguin de l'utérus est remplacé par une épistaxis, par une hémorrhagie auriculaire ; on assure même l'avoir vu prendre pour théâtre la paume delà main, etc., etc. Quoi qu'il en soit, on peut dire que l'ovulation réauliére, c'est-à-dire l'expulsion d'un œuf arrivé à maturité, se trahit constamment par quelque phénomène; que, dans l'état normal, ce phénomène est une hémorrhagie utérine; mais que, cette manifestation venant à manquer par un motif quelconque, il se produit un ensemble de signes sur la portée desquels il est impossible do se méprendre.
En est-il de môme dans les cas d'absence ou de suppression hémorrhagiques par suite de l'altération des ovaires? Non, certes non. Si l'hémorrhagie utérine ne s'est jamais montrée, et si cette absence est liée à la non-ovulation, on cherche en vain quelque symptôme révélateur du côté des seins, des lombes ou de toute autre partie de l'organisme. Aussi je suis convaincu, et les faits sont ici d'accord avec la théorie, que les femmes qui ont été fécondées en l'absence du flux cataménial ressentaient toutes, aux époques qui auraient dû être marquées par cet écoulement sanguin, des phénomènes insolites, soit généraux, soit localisés sur un point de l'économie.
Si l'affection des ovaires entraîne la suppression de l'hémorrhagie utérine, l'habitude des menstrues antérieures éloigne la pensée que cette suppression est duc à une idiosyncrasie ; de plus, la sécrétion, le développement et l'expulsion de la vésicule Graatiennc ne se faisant plus par suite de la maladie des ovaires, on ne remarque pas, aux époques menstruelles, les phénomènes insolites que j'ai dit remplacer quelquefois l'hémorrhagie cataméniale, malgré la parfaite intégrité des ovaires.
Gomme on le voit, l'absence ou la suppression de l'écoulement menstruel, liées à une lésion des ovaires, ne sauraient
être confondues avec l'absence du même écoulement dépendant d'une idiosyncrasie.
Mais, dira-t-on, par cela même que l'hémorrhagie cataméniale est produite par la face interne de l'utérus, ne peut-il pas arriver que, par suite d'un état pathologique, cet organe se refuse à cette hémorrhagie, sans que pour ce motif la fonction ovarienne soit interrompue ou seulement même troublée? Sans doute, et je reviendrai plus loin sur ce point intéressant, la matrice peut ne pas répondre à l'excitation de l'ovaire qui, lui, sécrète un ovule, le porte à maturité etl'expulse. Nous retombons ici dans les cas d'ovulation sans menstrues, où celles-ci sont remplacées par les phénomènes anormaux dont il a été plus haut question.
Nous sommes donc en mesure de formuler les lois suivantes, qui me paraissent être l'expression la plus exacte de la vérité :
1° L'ovulation régulière, c'est-à-dire la sécrétion, le déveoppement et l'expulsion d'une vésicule Graafienne, peut, dans quelques rares circonstances, se produire sans hémorrhagie menstruelle, et cette absence être le résultat d'une idiosyncrasie. Dans ces cas, où la fécondation est possible, la menstruation est toujours trahie par quelque phénomène, soit général, soit local.
2° L'ovulation régulière, c'est-à-dire la sécrétion, le développement et l'expulsion d'une vésicule de de Graaf, peut se produire sans hémorrhagie menstruelle, par suite d'un état morbide de l'utérus. Dans ce cas la fécondation est possible, eu égard^ bien entendu^ à la fonction ovarienne, et la menstruation est toujours trahie par quelque phénomène, soit général, soit local.
3° L'ovulation régulière, c'est-à-dire la sécrétion, le développement et l'expulsion d'une vésicule de de Graaf, interrompue ou supprimée par une maladie des ovaires, suspend eu
ALTÉRATIONS DE POSITION DES OVAIRES. Oa^
tarit toujours l'écoulement cataraénial, et cette absence de l'hémorrhagie menstruelle n'est jamais remplacée périodique^ ment par un phénomène anormal quelconque.
Si, maintenant, à ces données déduites de la fonction menstruelle on ajoute les signes fournis, soit par les moyens directs énumérés plus haut, soit par les antécédents de la malade, soit par les altérations déjà subies par le reste de l'économie, etc., etc., on arrive à un diagnostic à peu prés certain de la stérilité dont le siège est dans les ovaires, dont la cause est une altération de ces organes, et dont, conséquemment, le pronostic et le traitement se confondent avec le pronostic et le traitement de cette altération ellemême.
Je dois donc renvoyer le lecteur à l'histoire pathologique de chacune de ces affections, car je ne puis les admettre dans le cadre restreint de cet ouvrage.
§ III. — Altérafioniii de pofsition des ovaires.
Quand on songe, d'une part, à la multiplicité et à la variété des circonstances qui peuvent entraîner les ovaires loin de la position qui leur est assignée, et d'autre part à l'influence considérable que ces dérangements exercent sur les conditions de la fécondation, on s'étonne de ne pas voir un nombre plus grand de femmes stériles que celui que l'on rencontre. C'est qu'ici encore la prévoyance de la nature a été extrême, et qu'elle a su proportionner la valeur de ses assurances, qu'on me passe le mot, à la gravité du danger.
La présence de deux ovaires est tout à la fois une garantie physiologique et une ressource thérapeutique : elle est une garantie physiologique, parce qu'elle double les chances de l'exécution de la fonction confiée h ces organes; elle est une ressource thérapeutique, parce que dans les cas, par exemple,
de déplacement d'un des deux ovaires, le poids ou les mouvements de l'autre peuvent ramener le premier dans sa position normale, et lui permettre ainsi de reprendre ses fonctions interrompues.
Quoi qu'il en soit, cette dualité ne crée pas une immunité absolue; de même que nous avons vu précédemment que l'absence, l'atrophie, l'inflammation ou toute autre affection pouvaient simultanément attaquer les deux ovaires, de môme ceuxci peuvent rompre à la fois les rapports qui les unissent aux trompes, et laisser tomber, sans espoir de fécondation, et se perdre dans les profondeurs du bassin, le produit de leur sécrétion.
Ces changements de position sont simples ou compliqués : simples, si l'ovaire, altérant seulement ses rapports anatomiques, reste plus ou moins flottant dans le ventre; compliqués, si l'ovaire, s'engageant dans une ouverture normale ou accidentelle, cesse de nager dans l'abdomen.
Dans le premier cas, il n'y a que déplacement ; dans le second, il y a hernie.
Disons quelques mots de chacune de ces deux manières d'èire.
Déplacements des ovaires. — Les déplacements des ovaires se rangent sous deux chefs, selon la cause qui les produit : tantôt ils sont la conséquence d'un état pathologique des ovaires mêmes, et sont déterminés par l'augmentation du volume et du poids de ces organes; tantôt ils sont le résultat d'adhérences avec les parties voisines, et sont amenés et entretenus par la présence de brides ou de toute autre production anormale.
Dans la première variété, le déplacement s'opère de deux manières bien différentes : ou les deux ovaires voient simultanément augmenter leur poids et leur volume, ou un seul est malade pendant que son congénère reste sain. Dans le premier cas, le mécanisme du déplacement est direct : les deux